SINAS @iBoat

dans MUSIQUE

Quelques jours après leur concert à l’I.Boat… Et à quelques minutes du suivant, Le Type a rencontré Sinas Apple-Nectar pour une petite interview en bonne et due forme. (Si vous les avez malheureusement loupé sur ces deux concerts, ils seront au Chicho le 16 Mai)

Dans une ambiance de bar-pmu-du-samedi-soir, quelques bières et un micro nous créent un microchosme peuplé de synthé et d’oranges. Car oui,  si Sinas Apple-Nectar c’est deux frères et un beau-frère, c’est aussi des oranges. 

Le Type : On vous connaît assez peu au final, vous pouvez nous parler de votre projet, de votre univers?

Romain : Notre projet est un projet familial, frères, beau-frère, on a eu la même envie de live en fait ; notre projet c’est de s’éclater sur scène dans un premier temps. De jouer façon “groupe à guitare” mais de faire du synthé. C’est ça qui nous plait à la base.

Bastien : Supprimer toutes les guitares. Faire un groupe de rock mais arrêter de se prendre la tête avec des amplis, des grattes. Du coup on se prend trois fois plus la tête à brancher les synthé (rires) mais au moins on a supprimé tout ce qui était cordes.

Julien : Ouais et puis on était fan de groupes comme M83 ou The Postal Service, des trucs qui mélangeaient de la pop mais qui étaient assez puissants en même temps. Ils remettaient au goût du jour le synthé sous une nouvelle forme, pas que le truc type 80’s mais un truc aussi un peu plus contemporain…

Bastien : …avec un petit côté Reggie and The Full Effect où c’est un peu punk, avec des synthé derrière, quelque chose de rentre-dedans. En fait, quand on a commencé à écouter de la musique, à faire de la musique, on a été bercés par ces musiques là. Du coup on s’est dit qu’on allait récupérer cette énergie, le faire à notre sauce mais garder ce synthé avec ce côté punk et énergique. Ça a été le trait d’union entre nous trois.

L’envie de recréer ces ambiances synthé de l’époque?

Romain : Des groupes comme Reggie ceux sont des groupes qui ont sorti des albums à la toute fin des années 80 début 90. Pour moi, ils étaient un peu précurseurs, ils ont sorti des choses qui auraient pu tout à fait être valables dans les années 2000. C’était ce côté un peu vintage…

Bastien : Un truc un peu méchant (approbation générale)

Julien : Avec des synthé qui soient un peu pop (deuxième approbation générale)

Romain : Quelque chose qu’on voulait vraiment respecter sans se prendre la tête, c’est jouer comme “un groupe à guitare”. C’est à dire jouer sans automation, il n’y a pas de pistes pré-enregistrées, il n’y a pas de séquences…

Romain : Ouais on a vu M83 récemment… C’est supposé être un bon groupe. On les a vu deux fois et on avait la sensation d’écouter un CD mal mixé. C’était trop pesant en terme de basses et du coup ça prenait le dessus sur tout le côté harmonique. Il est censé être un mec qui trifouille des synthé à longueur de journée et je trouve qu’en live il se casse pas trop la tête.

Bastien : Par contre il danse vachement bien ! (rires)

Le Type : Ah! Ah! Revenons à nos moutons (oui, Le Type aime les expressions d’un autre temps… Et alors ?) votre nom, Sinas Apple-Nectar… Pourquoi ?

Romain : Alors on avait trouvé ça à l’époque où ces deux là (il montre Bastien et Julien) jouaient avec un autre groupe. Je passais pas mal là-bas… En tant que frère. Un jour on s’est dit qu’on voulait monter un groupe avec un pote, on avait réfléchi à des noms, on avait fait une liste. Dedans il y avait Sinas Apple-Nectar. On avait trouvé ça sur une bouteille de jus d’orange, en hollandais “jus d’orange”, c’est “Sinas Apple-Nectar”.

Bastien : C’est les trucs à la con, tu sais, le matin, tu prends ton petit déjeuner, tu tournes la boite de Banco et tu te mets à lire. Bon généralement lire du grec tu as du mal, question d’alphabet. Tu passes rapidement et tu as l’anglais etc… Puis tu finis par tomber sur un truc qui te plait et tu en fais le nom de ton groupe.

Julien : C’était ça ou Zubrowka de toute façon! (rires) Sinas c’est un mot qui est aussi utilisé pour qualifier les montagnes ou les cratères sur la lune.

Bastien & Romain : Oui enfin ça, on l’a trouvé après !

Julien : Oui, oui, mais ça qualifie mieux notre musique, un truc un peu lunaire, un peu spatial…

Bastien : …et de Sinas Apple-Nectar on est passés à Sinas. C’était un peu long, notre agence de marketing à New-York nous a conseillé de faire plus court. (rires)

Le Type : Qu’est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Julien : Parce qu’on était pas doués en sport en fait ! (rires)

Romain : Perso je ne dirais pas qu’il y a quelque chose qui m’a donné envie de faire de la musique. Petit on a tous été musiciens. J’ai été musicien seul pendant très longtemps… bande de salauds ! (rires) C’était un peu le moment de rattraper le temps perdu. J’ai vécu pas mal de temps en Angleterre et quand je suis rentré c’est là où on a décidé de concrétiser ce dont on parlait depuis plusieurs années, c’est-à-dire monter jouer ensemble avec mon frère et mon meilleur pote. Après, je pourrais pas dire ce qui m’a donné envie de faire de la musique, c’est venu comme ça. J’étais petit, j’écoutais de la musique, je tapais sur des tables, on m’a mis derrière un piano et c’était parti !

Bastien : Ouais en écoutant de la musique !

Julien : Et l’envie de jouer nos trucs ensemble.

Le Type : Jouer vos trucs, ça passe par ces innovations live avec les différents objets électroniques que vous utilisez pour créer des sons uniques ?

Julien : Je pense qu’il y a un côté geek quand on aime les synthé.

Romain : Ouais, moi je pense qu’il a un petit côté Gifi … (rires)

Julien : C’est sûr, il ne faut pas me laisser dans un Gifi j’achète tout ce qui passe… En fait, le fameux boitier qui crée ces sons, c’est un thérémine. Le thérémine à la base interagit avec la main et crée des notes. Là, mon thérémine, il réagit pas à la main et ne crée pas de notes, mais réagit à la lumière et crée des ondes sonores plus ou moins aiguës, basses etc…. J’ai trouvé ça sur internet, c’est un mec qui bricolait ça. C’était vachement sympa, quelques euros pour un truc de bidouillage. On est un peu sur ce truc là, récupérer des petits trucs, des synthé, les brancher avec des pédales, c’est aussi un des points de départ de Sinas.

Bastien : Ouais, toute la culture circuit bend, les mecs comme ça qui récupèrent des jouets pour bébés les démontent et en font des instruments un peu lo-fi.

Le Type : Ce qui est un peu l’origine de l’électro en fait…

Romain : Voila, c’est du bidouillage puis une recherche musicale, une recherche de son.

Julien : Comment créer quelque chose de mélodieux avec quelque chose qui peut sembler ne pas tenir la route.

Bastien : Du coup pendant les balances, les ingé-son nous demandent souvent “C’est voulu ce son là?”.

Le Type : Au niveau de votre univers visuel, sur scène c’est assez particulier. Il y a vos lumières et même des baskets qui clignotent, (rires) votre clip est lui aussi très lumineux, qu’est ce qui vous a déterminé vos choix de mise en scène ?

Romain : La musique c’est une ambiance, et les lumières font que l’on crée une atmosphère avant même que le concert ne commence.

Julien : Le fait qu’on soit aussi un peu statiques derrière nos synthé joue beaucoup. C’est une manière de combler le fait que l’on ne puisse pas bouger sur scène.

Bastien : Les lumières développent aussi le côté analogique. Le néon c’est le prolongement du synthé. Et puis orange, c’est logique pour nous. Ça évite aussi le blafard d’un néon blanc dans un bar ou ce genre de choses. L’ambiance, c’est pour ça que les gens se déplacent

Julien : Et puis c’est comme si on amenait un peu de chez nous en concert avec nos néons et nos pieds de synthé orange.

Le Type : Et comme ça on vous reconnait !

(Ensemble) Oui c’est vrai ! Ça marque les gens généralement.

Le Type : Un petit jeu de projection : d’ici 5 ans, vous vous voyez où ?

Romain : Au stade de France! (rires)

Julien : Avec de plus gros néons! (rires) Non, plus sérieusement, on aimerait bien jouer ailleurs qu’à Bordeaux pour voir si ça plait, si ça prend. Continuer à composer, enregistrer et surtout continuer à répéter sans se prendre la tête. On a déjà sorti quatre titres en fait, donc on voudrait un peu étoffer ça, sortir un vrai album.

Bastien : Modestement, sortir des morceaux, faire des concerts et éventuellement s’exporter hors de Bordeaux. De toute façon on est pas des professionnels, on bosse à côté. Julien est ambulancier, je suis décorateur, et Romain est serveur. Quand on a des dates on compose avec notre emploi du temps.

Romain : C’est à nos patrons qu’il faudrait poser la question!

Le Type : Une question tout à fait à côté, si vous deviez donner votre nom à un objet, qu’est ce que ce serait ?

Romain : Un synthé !

Bastien : Moi j’aurais dit un presse-agrumes, sans déconner, c’est la première image qui m’est venue… Un presse-agrume !

Romain : Et bah un synthé – presse-agrumes alors, tu joues et tu presses sur le côté.

(rires et appréciation générale)

Le Type : Nous avons une rubrique qui s’appelle “Du Nouveau, Du Bon, Du Vieux”, est-ce que vous pouvez nous donner un nouveau, un bon et un vieux son que vous recommandez ? 

(Ils se répartissent la tâche.)

Bastien : Take On Me de a-ha qui n’a pas vieilli, bon le mastering est un peu pourri… Mais le clip, pour l’époque, est assez hallucinant.

Romain : Du bon, Reggie and the Full Effect, Thank You For Staying, c’est du bon mais c’est aussi de l’ancien. Du punk à synthé qui trouve le bon dénominateur commun entre les deux.

Julien : En nouveau, rien à voir avec le synthé, mais 4 Guys From The Future. C’est un truc assez original, je les ai vus à l’I.Boat, ça mélange un peu électro et de classique… C’est cérébral !
Si t’as envie de voir les Sinas, leurs oranges et leurs baskets qui brillent : on se retrouve au Chicho le 16 mai à partir de 21h00 !

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