The Procussions + Lateef the Truthspeaker @Rocher de Palmer

dans MUSIQUE

Il aime le hip hop, Le Type. Il aime Odezenne, il aime Triptik, mais il aime aussi leurs cousins éloignés d’au-delà des océans, les buveurs de Brandy, tout ça. Le 6 avril, la West Coast débarque au Rocher de Palmer : the Procussions et Lateef the Truthspeaker traversent vents et marées pour servir leur hip hop old school à Bordeaux. Non seulement Le Type a la ferme intention d’être au rendez-vous, mais il vous conseille vivement de vous y pointer aussi.

Oubliez Xzibit, Bow Wow et the Game : place au hip hop indé et underground avec l’hyperactif Lateef the Truthspeaker et le très attendu come-back des showmans que sont the Procussions. Pop, rock, électro, jazz… les rappeurs s’imprègnent du meilleur de chaque genre pour nous offrir leur hip hop engagé et métissé.

Si par malheur vous étiez passé à côté de leurs trois premiers albums, vous avez forcément déjà entendu (et apprécié) the Procussions. C’est bien simple : depuis son dernier opus 5 Sparrows for 2 Cents, le crew a enchaîné les collaborations remarquables. On peut citer Hocus Pocus (notamment dans le très bon « Hip Hop ? »), Ohmega Watts (« That Sound »), ou encore Symbolic One & Illmind (« High Powered »).

Mais avant tout, the Procussions, c’est un CV musical sans erreur de parcours. En 2003, l’aventure débute avec l’excellent …As Iron Sharpens Iron, qui fait du bien au paysage hip hop. Immédiatement comparé aux sons de the Roots et Tribe Called Quest, l’album de 18 pistes offre des beats et scratches solides, des éléments jazz, funk ou même rock qui se mêlent en une musique hip hop puissante, proche des Pharcyde, Pete Rock voire Run DMC. Pas uniquement de simples MCs, les Procussions sont de vrais compositeurs, musiciens et paroliers comme les années 2000 n’ont que rarement su produire.

The Procussions sortent l’année suivante Up All Night, enregistré en une seule nuit, de 22h à 6h, d’où le nom : « debout toute la nuit »… Ce qui n’empêchera pas les MC, avec les moyens du bord (un micro, un studio, un piano Fender Rhodes et une batterie), de produire là un très bon son, beaucoup plus jazz fusion que leur précédent opus. Les scratches et gros beats ont été remplacés par une batterie hyperactive, des notes de piano qui s’affolent, soul et old school comme on aime. Puis en 2006, the Procussions sort son deuxième album studio : avec des featurings de taille (Talib Kweli, Afrobots, ou encore l’écrivaine Renée Alston pour le traumatisant « American Fado »), 5 Sparrows for 2 Cents laisse parfois entrer flûtes et guitares pour des mélodies ultra travaillées. Un vrai régal à l’écoute, qui n’oublie pas pour autant les beats enragés des premières heures. On vous laisse écouter par vous-mêmes :

C’est sur ce chef d’œuvre que the Procussions laissent leur musique pour morte (exception faite des fabuleux featurings cités en début d’article), jusqu’à… aujourd’hui. Les voilà de retour sur scène et bientôt dans les bacs, avec pour nous donner l’eau à la bouche un EP vivifiant que le groupe nous laisse écouter sur leur site internet. Mieux encore, « The Fringe » y est actuellement en téléchargement gratuit… C’est dire si le but de ce come-back n’est pas de se faire des sous. Alors on vous laisse écouter un dernier son avant d’enchaîner sur Lateef, histoire de vous convaincre.

Fils de deux Black Panthers, le Truthspeaker brandit ses textes comme des étendards (« We The People »), sur des musiques qui prennent aux tripes, quelque part entre KRS-One, The Clash et Kraftwerk. Rien que ça. Son album solo Firewire est une véritable pépite pour les amoureux de hip hop « classique », mais pas seulement : amateurs de funk, de punk, de r’n’b, tout le monde s’y retrouve. Pas très étonnant de la part de Lateef, qui collectionne les projets musicaux : membre fondateur du collectif Quannum Projects, du groupe Latyrx formé avec Lyrics Born, l’artiste sait s’entourer. Firewire est le fruit de collaborations avec des musiciens tels que DJ Shadow, Chief Xcel (cf le très Jurassic 5-ien « Let’s Get Up ») mais aussi Del the Funky Homosapien (« Oakland ») et Dan the Automator. Si ces deux derniers noms ne vous disent rien, faites un tour du côté des crédits de Gorillaz… Assez de mots, place au son :

Bref, entre the Procussions et Lateef the Truthspeaker, le Rocher nous offre du lourd, en ce premier samedi d’avril. Alors entre ça et mater Garou, Bertignac, Jenifer et Pagny s’extasier sur le déclin de la musique française sur TF1, notre choix est fait ; pas vous ?

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