Le Manichéisme du cinéma américain

dans ART ET CRÉATION

Pas besoin d’avoir signé une thèse en sémiologie des écritures typographiques pour atteindre cette vérité : le cinéma américain est profondément manichéen. Et ce depuis toujours.

Dès la fin du 15ème siècle, Nicolas Machiavel soulignait l’incapacité des Hommes à distinguer le Bien du Mal. Selon le théoricien florentin, l’être humain n’a que peu de marge de manœuvre. A l’instar de ceux qui se définissent comme “Résistants“ mais que leurs opposants qualifient de “Terroristes“, un même acte peut paraître bon ou mauvais, voir les deux à la fois. Tout dépend de la position que l’on adopte. Au fond, pense Machiavel, un acte de mal peut se transformer en acte de bien s’il en résulte davantage de résultats positifs que négatifs (l’exemple des dommages collatéraux).

Pourtant le cinéma Hollywoodien, comme de nombreuses Religions avant lui, a la fâcheuse tendance à vouloir simplifier les choses et à créer une frontière nette et infranchissable entre les gentils et les méchants. Dans 90% des productions, les méchants sont profondément mauvais et antipathiques, de sorte qu’il n’y ait aucune chance pour que le spectateur ne souhaite le voir l’emporter sur le héros. Pour faire adhérer au Bien les derniers éventuels indécis, le méchant a souvent des ambitions grandiloquentes qui supposent de réduire à néant l’humanité toute entière ou impliquent la mort de dizaines de milliers d’individus.

La conquête de l’Ouest et les Westerns ont pour essence même le manichéisme avec des héros qui doivent empêcher de des bandits sans foi ni loi de nuire. Seuls quelques rares films dérogent à cette règle tels Little Big Man (qui propose de montrer le point de vue des deux camps) ou Bonnie and Clyde (où le dénouement tragique transforme le couple de gangsters en martyres). Plus tard, durant la Guerre Froide et plus précisément sous l’administration Reagan, on assiste à la production d’innombrable films d’actions (de Rambo à Commando en passant par Invasion USA et Die Hard) qui réduisent au minimum les enjeux en un affrontement USA versus ses ennemis (et bien évidemment ce sont toujours les Américains qui gagnent à la fin).

Dans “Invasion USA“, Chuck Norris va buter du terroriste

Ce phénomène de simplification des enjeux dramatiques se prolonge aujourd’hui à travers les innombrables franchises de super héros. Même si les méchants sont de plus en plus complexes et charismatiques, et que l’on en vient, par instants, à douter d’une issue positive, le dualisme est toujours à l’œuvre. Un contre-exemple s’incarne dans les deux films de Clint Eastwood sur la guerre du Pacifique. A la mémoire de nos pères (point de vu américain) et Lettres d’Iwo Jima (japonais), ne prennent pas position. Ils se contentent de montrer la guerre telle qu’elle est, à savoir horrible et profondément amorale. Quel que soit le point de vue adopté, il n’y a plus ni gentils ni méchants.

Un axiome répandu veut que la fonction première du cinéma vise à faire oublier aux gens leur environnement sordide et les innombrables tracas qui les tourmentent au quotidien, pour les faire voyager vers un monde fait de beauté et d’imagination. Dès lors, dans ce cadre de détournement du réel, le manichéisme propose une lecture simple et rassurante. Le monde se retrouve divisé en deux catégories : le Bien et le Mal.

4 Comments

  1. c’est ta façon de t’exprimer que d’utiliser des mots compliqués dans ton article prétentieux, uniquement pour lui donner du fond, alors qu’il reste complètement creux?

    • A vrai dire, totalement, oui. Tu as parfaitement cerné la démarche qui fut la mienne pour cette publication : j’ai casé une ou deux idées et j’ai enrobé le tout de mots compliqués.

  2. Complètement creux ? Euh…? WTF ? Machiavel, Clint Eastwood ? C’est creux ?
    Pour moi le manichéisme des films américains est juste une évidence. Je vois pas le problème dans le fait de vouloir le démontrer.
    Et effectivement, c’est très bien écrit.

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