A2H+NEMIR+TRIPTIK

A2H + NÉMIR + TRIPTIK @ ROCHER DE PALMER

dans MUSIQUE

Une soirée hip hop français au Rocher de Palmer, Le Type ne pouvait pas rater ça. Trois groupes, trois univers différents, pour finir avec un des grands noms de la scène rap française : Triptik, le concert a été à la hauteur de ce qu’un amateur du genre pouvait attendre.

Difficile de ne pas se sentir soi-même un peu gangsta sur les bords, quand une bande de policiers (garés là probablement par hasard…) observent avec insistance les faits et gestes des quelques futurs spectateurs agglutinés devant le Rocher. C’est donc avec l’esprit rebelle que Le Type et ses acolytes découvrent A2H et surtout Némir, les deux premiers concerts de cette release party.

 Némir

Agréable surprise pour la première partie, Némir, un mec tellement plein d’énergie qu’il réussit à refiler sa motivation à tout le public (pas très nombreux, certes, mais parfois la qualité vaut mieux que la quantité !). Accompagné du rappeur Gros Mo et de DJ Next Level, le freestyler arrive sur scène avec l’air de sortir de chez lui, blouson et sac sur le dos, mais clairement prêt à chauffer la salle ; Némir se promène, bondit partout, fait sauter et chanter son public, discute avec lui…

Les trois « Next Level Team » ont beau venir de Perpignan, on comprend vite qu’en fait, chez eux :  c’est sur scène. À l’aise, Némir allume sa cigarette avant d’entonner Smoking Kills, « j’enchaîne les clopes comme les freestyles ! », suivi par un public manifestement connaisseur. Infatigables, Gros Mo et son collègue rappent titre sur titre, parfois un peu engagés, chantant Wake up, parfois un peu fous, sautillant d’un bout à l’autre de la scène sur le son de Jump Around. Leur dernière chanson est interrompue par un « J’ai oublié l’couplet, putain ce soir j’assure pas bordel ! » de Némir, qui se lance pour se faire pardonner dans un freestyle incontrôlable mais efficace. On ne lui en veut pas, au contraire, on l’acclame, quand Némir quitte la scène avec Gros Mo et DJ Next Level pour laisser la place à l’artiste suivant, A2H.

  A2H

Autre style, autre ambiance ; A2H, c’est entre le hip hop et le reggae, entre le ragga et le gangsta rap. A2H, c’est un type à dreadlocks et tatouages qui a côtoyé sur scène les grands du rap français underground, comme les Svinkels ou la Caution. « Y’a-t-il des fonce-dés dans la salle ? » en guise de bonjour, il enchaîne sur une chanson entière dédiée aux joints. Ça tombe bien, ça a l’air de tourner dans la salle… Mais bon, la détente, c’est pour plus tard, et le bonhomme interpelle son public ; « j’veux tout le monde sur des putains de suspensions comme les Cadillac ! ». DJ Haz au scratch et controleur balance un beat funk, A2H dégaine un flow aussi impressionnant que celui d’un Busta Rhymes, puis reprend son souffle avant de nous avouer son (étonnant) pêché mignon : le pétard. D’ailleurs il s’en crame un, avant de le passer au public pour chanter Flying High (tout est dans le titre, non ?) en guise de conclusion… D’où les flics garés à l’entrée…S’ils savaient !

23h, c’est l’heure de bouger ses cheveux, comme dirait l’autre. Ou plutôt les trois autres. Triptik débarque sur scène avec ses bons vieux sons un peu funk, un peu électro ; « Observez la douceur de ce qu’il va vous introduire dans l’oreille ! » nous conseille Dabaaz, une 1664 à la main. « Il », c’est le troisième du triptyque (le deuxième étant Black’Boul, ou Greg Frite), ce mec qui fait du bien aux oreilles du Type, et même de tout le public : Drixxxé, producteur et DJ du groupe.

 Triptik

On remet le couvert, c’est parti

J’étais dans la cave je comptais les paquets comme un paki’

Drixxxé m’a averti, m’a dit « la machine est repartie »

C’est le hip hop funk à trompette électro de Ca fait plaisir qui résonne, et oui, il faut bien avouer que ça fait plaisir. Depuis MICROPHONORAMA et TR-303, c’était le désert musical chez les Triptik, revenus sur le devant de la scène en 2012 avec Depuis. Un album peut-être légèrement plus mature que ceux qui ont ensoleillé les oreilles de leurs fans des premières heures, notamment avec le titre Papa, chanté à l’occasion.

Mais Triptik n’a pas oublié d’emporter ses classiques, ceux de l’époque où un certain DJ Pone était aux platines. Mais si, DJ Pone ! Ce gars qui scratche dans un petit groupe nommé Birdy Nam Nam ! Bref, entre Bouge tes cheveux, Panam, ou encore Si t’aimes comme on rime, le public se fait arroser de bons vieux sons comme si les papas du rap français voulaient nous prouver qu’ils en étaient encore capables ; pari réussi pour ceux qui chantaient il y a plus de dix ans « dans l’rap j’deviendrai un monument ».

C’est comme à la maison ; Triptik et son public discutent, échangent. Dabaaz réclame des bières, Drixxxé fait péter le son : un mix de Walk On The Wild Side et Can I Kick It, sur lequel Triptik rappe en freestyle avant d’être rejoints par A2H, Némir et toute la bande. D’en bas, on croirait qu’il y a autant du monde sur la scène que devant celle-ci. Un petit public mais clairement loin d’être décevant, tellement les artistes semblaient donner tout ce qu’ils avaient ; un pur moment de bonheur pour les amoureux du rap de la bricole, du hip hop underground, des MC sans paillettes.

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