Searching for Sugar man

dans ÉVÉNEMENTS

Si je vous dis « Sixto Rodriguez », vous me répondez ? Inconnu au bataillon. Et Le Type vous répond que c’est normal et fou à la fois.

Mais replaçons le bonhomme dans son contexte. Sixto Rodriguez, c’est un type qui trime dur pendant des années du côté de Détroit, Michigan. Il joue dans les bars enfumés de la ville dans les années 60. Là, il est repéré par des producteurs qui voient en lui un génie. Mieux que Dylan, mieux que les Rolling Stones, mieux que Presley. Alors en 1967, il sort son premier single I’ll sleep away. Il continue à poser sa voix sur sa guitare sèche en écrivant ses propres textes. Trois ans plus tard, il sort un premier album, Cold fact et son titre-phare Sugar man. C’est sur ce morceau terriblement bon que s’ouvre le documentaire « Searching for Sugar man », du côté du Cap, South Africa. Étonnant.

L’album est peu apprécié aux États-Unis. Un second album, Coming from reality, sort quand même en 1972. Le succès ne viendra pas. Six albums vendus. Déception.

 

Et pendant ce temps là, de l’autre côté de l’Océan, chaque famille sud africaine possède au moins une copie de l’album Cold fact. Un succès dingue. A tel point que la chanson « I wonder » devient une sorte d’hymne des Afrikaners qui luttent contre l’Apartheid. Cold fact participe au fait que la jeunesse sud africaine ait pris conscience de sa possibilité de se rebeller contre la société. La chanson, voire l’album, est même censuré pour cause de paroles incitant à la liberté. « I wonder how many dreams have gone bad ». Du coup, on se refile les vinyles discrètement.

Rodriguez est donc connu nationalement. Mais personne ne sait rien de lui. Ni d’où il vient, ni ce qu’il fait, ni son vrai prénom, ni s’il est vivant ou mort.

 

Intrigué par le personnage, le journaliste Malik Bendjelloul a décidé d’enquêter sur la vie de cette star dans un coin de l’hémisphère sud et de cet illustre inconnu du côté de l’hémisphère nord. Le documentaire « Searching for sugar man » qu”il a réalisé retrace cette enquête basée sur la récolte d’indices trouvés dans le moindre mot, la moindre chanson et au gré des mouvements d’argent. Le Type ne vous en dit pas plus. Il préfère que vous découvriez tout par vous-même. Parce que, oui, vous devez le voir. Pour trois raisons : la qualité des images et leur enchaînement parfait. Du présent au passé en passant par le dessin et les images de synthèse, tout est recherché et réussi. La bande originale qui nous fait découvrir les musiques du fameux Rodriguez. Sugar man, I wonder, Cause, Inner city blues… Et enfin pour l’histoire rocambolesque racontée. Vraiment, ça vaut le détour cinématographico-musical.

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