Chronique d’un affranchi : j’arrête le Coca

dans ART ET CRÉATION

Il y a quelques jours, je tombe sur un reportage de France 2 exposant la face cachée de Coca-Cola (*). Après ça, comme  un trou noir. A mon réveil, un flash aveuglant, quelques spasmes, une lumière blanche et une révélation : je vais peut être décrocher finalement. Récit d’une détermination.

Les comparaisons se multiplieront. C’est inévitable. L’exploit est trop important. Les équivalences seront foison. Certains parleront de victoire sur le cancer. D’autres évoqueront l’ascension de l’Everest. D’autres encore placeront cet acte à l’égal du sacrifice du Christ. Tous s’accorderont sur le caractère héroïque de la démarche. Une entreprise digne de figurer parmi les plus grandes réussites de l’Humanité. Ce simple mortel qui défia l’addiction. Cet être humain pourtant si fragile qui brisa l’étau pour se libérer de sa dépendance au Coca-Cola. Bien entendu cela reste de l’humour (bien que l’égo de cette personne extraordinaire, lui indique le contraire).

Tout commence par une expérience douloureuse. Comme quand on a le malheur de perdre un proche. D’abord le refus. “24 sachets de sucre dans 33 cl de Coca ? N’importe quoi ! Un coup signé Pepsi oui !“. Puis la colère. “Tu commences à me les briser sévère à dire des mensonges ! L’aspartame c’est bon pour la santé putain !“. Vient ensuite la négociation. “Bon, mettons que t’aies raison, ce qui est très loin d’être sûr, je vais baisser ma consommation à trois canettes par jour“. S’installe la dépression. “A quoi bon vivre dans un monde où le Coca est banni, le bonheur refoulé ?“. Finalement, l’acceptation. “Si je ne m’arrête pas dès à présent, c’est le point de non-retour, dans deux ans, je suis bon pour que mon bide m’empêche de voir ma b..e quand je pisse“. Pragmatisme quand tu nous tiens.


En fin de compte, je ne suis qu’un égoïste. Si je décide d’arrêter, ce n’est pas pour dénoncer l’utilisation abusive des ressources en eau du Mexique par Coca-Cola Company (pour rappel, il faut trois litres d’eau pour produire un litre de Coca). Autant dire que la multinationale basée à Atlanta prive de nombreuses personnes d’un de leur besoin primaire, l’accès à l’eau potable. Aucune noble motivation ne se cache derrière cette décision. La vérité, c’est que trop longtemps, j’ai abusé. A la manière de ces politiques promettant les yeux dans les yeux, leur voix transpirant de sincérité, de ne pas rester au pouvoir plus d’un mandat mais qui, trente ans plus tard, occupent toujours leur poste, je me suis détourné de ce qui est juste. Avant hier, mon autre moi, ce fanatique au cœur rouge et blanc (les couleurs de Coca), vous aurait dit : “On ne quitte pas la Coca-Cola Company, c’est elle qui vous vire“. J’ai toujours rêvé d’être un tueur à gage.

* Pour ceux que ça intéresse : Reportage – Coca-Cola La Formule Secrète

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