Du Nouveau, du Bon & du Vieux #7

dans MUSIQUE

 

Bend Beyond est le dernier album du quatuor de Brooklyn Woods formé en 2005. Le groupe est porté par la voix singulière de Jeremy Earl. Le deuxième pilier est le touche-à-tout Jarvis Taveniere que l’on pourrait appeler « l’homme orchestre ». Quant à Kevin Morby et Lucas G. Crane, ils complètent le tableau en teintant l’album d’une basse rassurante et d’effets électroniques apportant une autre dimension à leur musique.

Bien que discret, le groupe commence à faire son chemin en sortant son septième album en sept ans. 7, un chiffre mythique et mystique. Et cet univers se retrouve dans le morceau Bend Beyond. La voix du chanteur n’y est pas pour rien d’ailleurs. Le refrain “just to see, just to know, just to bend beyond the light” est entêtant. Le solo de guitare emmené par Jeremy Earl l’est tout autant.

Les titres sont plus travaillés que lors des précédents albums. Le groupe évolue d’un style très « Lo-fi », avec des titres qui semblent avoir été enregistrés au fin fond d’une cave de la côte est, à un son plus maîtrisé. La différence entre Don’t pass on me de leur deuxième album At rear house et Bend Beyond est d’ailleurs assez nette. On a souvent reproché au groupe de ne pas assez se renouveler. Et pourtant ce dernier album fait preuve d’une certaine maturité qui n’est pas pour déplaire au Type.

 

 

 Le Type a aussi écouté ce qui se passait du côté australien (oui, Le Type est un baroudeur du son). Et il est tombé sur le très bon album Outlands de Deep Sea Arcade. Le titre phare intitulé, on vous le donne en mille, Outlands, démarre progressivement. L’intro intrigue et quand la basse de Nick Weaver arrive, on ne peut pas s’empêcher de blackjack en ligne battre la mesure du bout des pieds. Le riff qui tourne en boucle est le fil conducteur de ce titre dont tous les éléments sont complémentaires. La voix de Nic McKenzie se lie parfaitement à la guitare de Tim Chamberlain alors que la basse du premier Nick se confond avec la batterie de Carlos Andura.

C’est un premier album réussi que nous proposent ces quatre Australiens, quatre ans après la création du groupe. Auparavant, seuls des EP avaient été produits. En 2009, le titre Don’t be sorry avait connu un certain succès. Tant par la mélodie que par le style que se donnait le groupe à cette époque, ce morceau rappelait étrangement un autre groupe plus vieux qui avait, lui aussi, connu un franc succès, vous en avez peut-être entendu parler : The Beatles. Et notamment la chanson Being for the benefit of Mr Kite. Cette fois, Deep Sea Arcade  a trouvé comment mieux affirmer son propre style même si les influences ne s’effacent jamais, et heureusement.

 

Pour finir sur une bonne note, place à JJ Cale, ou John Weldon Cale de son vrai nom. Il est complètement légitime dans la rubrique « Du vieux » pour deux raisons. La première, c’est que mine de rien, il fera 74 ans en décembre et son style n’a pas vieilli. On peut donc le qualifier de « vieux routard » de la musique sans encombre. La deuxième, c’est que sa voix de bluesman et son toucher de guitare ont marqué l’histoire du blues et de la pop en influençant de nombreux artistes et notamment Eric Clapton. Clapton a d’ailleurs repris plusieurs morceaux de Cale dont After Midnight de l’album Naturally ou encore l’incontournable Cocaïne de l’album Troubadour.

Naturally est le premier album de JJ Cale paru en 1972. Il fait passer Le Type par plein d’états différents. La première piste, Call me the breeze, met d’entrée de bonne humeur et donne envie de prendre la légendaire route 66 de Los Angeles à Chicago. On se détend sur Don’t go to strangers alors que Magnolia nous rend nostalgique. Les styles aussi sont variés puisque le titre Clyde est beaucoup plus country que le reste de l’album. C’est sûrement cette variété qui fait de  Naturally un des albums les plus réussis, sinon le plus réussi de JJ Cale.

La légende raconte qu’on peut encore trouver JJ Cale jouant au fond d’un bar américain accompagné d’une vieille guitare Harmony à cinquante dollars, celle qu’il préfère. Le Type se voit bien siroter une bière quelque part dans un bar de l’Oklahoma en compagnie de l’auteur, compositeur, interprète mais avant tout guitariste Cale. Un jour peut-être…

 

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