This Ain’t California

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Bon alors avant de commencer la lecture de cet article, il faut savoir que le film dont je vais vous parler a été diffusé lors de la semaine du cinéma allemand à Nantes. Du coup si tu veux voir le film faut que t’attendes que ta FNAC le sorte en dévédeY (LOL), qu’il passe au cinéma du coin (UBERLOL), ou que tu joues sur l’illégalité, mais ça c’est pas mon problème. Pour être honnête, il est plus probable que tu arrives à le mater sur Arte qui avait déjà fait un petit topo sur l’histoire en Août… Bon maintenant ouvre-toi une petite bière, et pose tes fesses.

Sous le ciel berlinois le bruit du bitume. Presque un scratch qui attire l’oreille, le frottement de la semelle d’une chaussure sur le sol. Genoux pliés, ils sont une dizaine à rider sur le goudron d’Alexanderplatz, devant le regard souvent effaré et parfois amusé des passants. Nous sommes à Berlin dans les années 80, l’Allemagne est encore divisée. Malgré cette ambiance de guerre froide, la jeunesse de la RDA trouve dans le skateboard un moyen de s’offrir une liberté qui ne lui est pas donné au quotidien. Sur leurs skateboards, plus de soucis, plus d’intérêt pour ce qui se fait autour, si ce n’est pour ce bruit pénétrant du skateboard sur la place.

Si le titre nous précise d’entrée de jeu que nous ne sommes pas aux États-Unis, il est difficile de ne pas voir la même volonté, le même plaisir chez les skaters de la RDA que les skaters californiens sur les clichés de Hugh Holland, témoin de la naissance de la sous-culture skate. Leurs cheveux ne sont pas blonds, leur peau n’est pas basanée par le soleil flamboyant de la Californie, mais les skaters de la RDA restent une légende urbaine dans le milieu de la glisse.

Si à l’ouest les skateshop pullulent et permettent aux jeunes de vivre une forme du rêve américain, les “Essis”, eux, doivent utiliser les moyens du bord. Une vieille chaise d’école poncée à laquelle on ajoute les roues de vieux patins, ne reste qu’à choisir sa couleur : le skate en RDA semble estampillé “DIY”. Le film ne fait pas dans le “misérisme” tel qu’on pourrait s’y attendre. Ces jeunes inventent le skate, le vive. Il émane de ce film un empirisme qui colle parfaitement au skateboard. Tandis que la plupart des jeunes allemands de la RDA s’entraînent à des sports compétitifs, collectifs qui collent à l’idée d’excellence et de groupe propre au communisme. Le skateboard offre une parade individuelle à l’emprise que le gouvernement socialiste a sur le sport et la jeunesse.

Mais laissons un instant de côté l’histoire et l’Histoire pour nous concentrer sur la prouesse technique qui nous est offerte. This Ain’t California retrace le quotidien de ces riders à l’aide d’images d’archives, de film d’animation mais aussi de témoignages de ces amis qui se sont rencontrés à travers le skateboard. Mêlant fiction et réalité, ce documentaire nous emmène à la poursuite d’une jeunesse qui a su trouver sa voie dans une Allemagne divisée. Une ambiance sexe, drogue et rock’n’roll, qui contraste avec les images de l’ordre soviétique. Nous y sommes, la fin des années 80 le vent sifflant à nos oreilles, entraîné sur un rock allemand endiablé, à la découverte d’une partie inconnue de l’Histoire allemande.

Le film nous emmène donc sur les pas de Denis, personnage emblématique de la jeunesse. À travers lui nous vivons la jeunesse de l’époque et croquons ce qu’elle offre de mieux. Le producteur avait raison, ce n’est pas un film nostalgique sur la RDA, mais bien une histoire d’amour et d’amitié, qui pousse des amis à se réunir pour célébrer leur ami disparu, et leur jeunesse.

 

Titre: This Ain’t California
Genre: Documentaire
Durée : 90 minutes
Réalisateur : Marten Persiel
Site : http://www.thisaintcalifornia.de

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