“Harold et Maude” : une histoire d’amour improbable

dans ÉVÉNEMENTS

Le Type considère ses lecteurs comme des cinéphiles, ou du moins des individus curieux d’étoffer leur culture. De fait, voici la critique/présentation d’un film “culte” qui mérite d’être visionné.

Entre vous, lecteurs, et nous, rédacteurs et rédactrices du Type, il existe une longue tradition d’honnêteté. Pas de mensonges entre nous. Jamais. Malgré une certaine dose de subjectivité inhérente au format, les choses sont écrites telles qu’elles sont.

La vérité, concernant Harold et Maude est la suivante : lors de sa sortie aux États-Unis en 1971, le film n’a pas rencontré le succès et il en serait de même de nos jours. En effet, à moins d’être primé à Sundance comme meilleur film indépendant, les probabilités de voir ses recettes dépasser celles d’un film “art et essai“ bulgare sont faibles.
Ni moi, ni vous…Allons, ne jouez pas les hypocrites voulez-vous ! “Honnêteté“, vous vous souvenez ?! Bien.
Ainsi, les personnes à se ruer – enfin, plutôt à traîner les pieds et seulement parce qu’il n’y avait plus de place pour Expandables 2 – dans une salle obscure pour les beaux yeux du bébé de Hal Ashby ne seraient pas nombreux. La raison tient en une multiplication de “trop”. Trop bizarre. Trop détraqué. Trop différent de ce qui est attendu d’un film romantique.

Partant de ce constat, on pourrait conclure qu’un tel film ne devrait pas exister. Pourtant, et c’est la beauté du cinéma, il est bien réel. Harold et Maude, produit par Paramount, est un OVNI. Un film qui sort largement du cadre habituel de la comédie romantique. Mieux, il réussit un exploit rare : il utilisent les codes du genre d’une manière inédite.

Harold et Maude, c’est l’histoire d’une rencontre de deux opposés. Deux personnes dont les différences vont se compléter pour donner lieu à un amour non conventionnel. Harold, 20 ans, est un jeune homme solitaire, austère et qui souris moins souvent qu’il n’y a eu d’éclipses solaires lors des dix dernières années. De plus, il est obsédé par la mort (son hobby est d’assister à des enterrements) et n’a de cesse de mettre en scène son suicide. Tentant vainement d’attirer l’attention de sa mère. Plus on avance dans le film, plus ses tentatives sont originales. Maude, qui va avoir 80 ans, est une petite vielle pleine de vie, toujours positive et de bonne humeur. Chaque jour, elle part en quête de nouvelles expériences car, dit-elle, “la vie s’est fait pour découvrir”. En plus de ces deux personnages, s’ajoutent la mère qui tente de normaliser son fils, l’oncle d’Harold, caricature du militaire et qui fait office de figure paternel ainsi que le psy.

Au final, Harold et Maude, est un film drôle et émouvant qui traduit l’idée que l’amour est aveugle et qu’il y a de la joie tout autour de nous. Qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux et que cela est moins compliqué que l’on ne veut le croire.

Une mention spéciale pour la bande originale. Elle est signée Cat Stevens. L’artiste britannique a su créer des mélodies touchantes et qui symbolisent tout le film. Il a ainsi composé “Don’t Be Shy” et “If You Want to Sing Out” (que vous pouvez retrouver dans la bande annonce ci-dessous). La musique joue un rôle centrale dans Harold et Maude.

S’il vous faut des garanties supplémentaires sur cette production de 1h31, sachez qu’elle apparait dans de nombreux Top 100 des “Films les plus romantiques” et des “Films les plus drôles” jamais réalisés.

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