Lettre ouverte : comment je suis devenu un “méchant” ?

dans ART ET CRÉATION

A chaque fois que je regarde un blockbuster hollywoodien c’est la même chose : j’éructe de rage. Ce que ce racisme ordinaire peut être agaçant ! Dans chacune de ces productions, je vois mes collègues, les méchants, se faire ridiculiser, rabaisser plus bas que terre. Pour le cinéma, ils sont méchants point. Sans qu’aucunes nuances ne soient apportées. Non mais franchement, vous croyez que l’on choisi sciemment cette voie !? Qu’à peine sorti du ventre de ma mère, je me suis servi du cordon ombilicale pour étrangler ma conceptrice et qu’ensuite, j’ai sorti d’on ne sait où une arme à feu dans le but de descendre les témoins !?

BRTky

La vérité c’est que l’on ne décide pas d’épouser la profession d’expert du crime. Ce n’est pas une spécialité que propose les facultés. Pas encore. Une parenthèse, pour être bien clair, parce que c’est une question que l’on me pose fréquemment : non, je ne considère pas les financiers qui ont causé la crise économique et financière que nous connaissons, comme des confrères. J’en reviens à mes moutons. Je vais vous livrer un secret : pour devenir l’incarnation de tout ce qu’il y a de mauvais en ce bas monde, il ne faut rien faire de particulier. Cela arrive simplement. C’est le destin qui vous écrase de toute son poids. En fait, on passe du statut de gars sans histoires à celui d’ennemi public à cause d’un événement sur lequel nous n’avons aucune prise. Par la faute d’une injustice de la vie. Quand le petit Bruce Wayne assiste impuissant à l’assassinat de ses parents, il ne devient pas mauvais pour une seule raison : parce que si ses darons sont mort, c’est un peu de sa faute.

Avant les funèbres évènements qui m’ont touché, tout dans mon existence allait pour le mieux. Je vivais une union heureuse avec la femme de ma vie. Celle-ci attendait un bébé. Cela devait être une fille. C’était pour bientôt. J’étais dans un état d’ivresse permanent. Naïvement, je pensais ce bonheur éternel. Côté professionnel, j’aimais à pratiquer mon métier. J’étais huissier. Ma passion de toujours. Je travaillais pour l’une des plus grandes banques du pays. J’étais payé à l’expulsion. On n’a jamais eu de problème d’argent. Je vois encore mon vieux père me rire au nez alors que, fraîchement diplômé, je lui annonce ma décision de partir m’installer à Détroit. L’avenir s’annonçait radieux. J’avais trouvé la maison de mes rêves durant l’exercice de mes fonctions. Nous y habitions depuis deux ans jours pour jours quand le drame s’est produit. C’était une de ces belles journées d’été. De celles où ma femme et moi sortions nous promener dans les espaces verts de la ville. Tandis que ma moitiée marche quelques pas devant moi, j’entends un vrombissement terrible. Comme quand un avions passe à faible altitude au dessus de votre tête. L’instant d’après, la source de cette nuisance sonore, un minuscule astéroïde s’est écrasé. Emportant les vies de la femme j’avais aimé et de l’enfant que je n’aurais jamais l’occasion de chérir.Comment est-ce possible ? Que faire maintenant ? A qui s’en prendre ? Voilà les interrogations qui, une fois la détresse et le chagrin quelque peu dissipés, assaillent votre esprit. La rage et la haine vous emplissent. Vous n’êtes plus rien. Seul votre colère vous défini. S’appitiyer à jamais sur mon sort ? Non ! Les autres doivent connaître mes souffrances ! Ils doivent vivre les douleurs qui me possèdent ! Voilà la raison pour laquelle je fais ce que je fais. Une fois, alors que je m’appretais à m’en prendre à un couple et à leur nourisson, un homme déguisé en Batman a tenté de s’interposer. Je lui ai tiré une balle dans la tête. La vérité n’est pas dans le cinéma.

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