Deux scenarii pour Comédie romantique

dans ART ET CRÉATION

Ah les comédies romantiques US, ses femmes déterminées à trouver l’amour le vrai coûte que coûte et celles qui n’y croient plus mais qui au bout du compte se font rattrapées par cette folie irrationnelle. En jouant sur les nombreux clichés véhiculés par ces productions, je me suis amusé à écrire deux histoires qui pourraient être celles d’un film romantique américain.

UN

Dans une semaine c’est le grand jour. Vous trépidez d’impatiente. Plus que 7 jours, 168 heures, 10 080 minutes et vous allez lui dire oui, devenant ainsi Madame Dolores Johnson. Toute la famille sera là. Vous serez le centre de tous les regards et attentions. Sur votre tête, vous porterez le diadème ayant appartenu à votre arrière arrière grand-mère et qui depuis orne les cheveux de chaque futur mariée lors de son union. Ça va être un grand moment ! Depuis deux semaines, vous vous attelez afin que tout soit parfait : du choix des tapis, aux dorures des robes pour les demoiselles d’honneur en passant par le gâteau et sans oublier le smoking de votre futur époux, sa coupe de cheveux, les cours de danse auquel vous l’avez inscrit et le choix du caleçon qu’il ôtera lors de la nuit nuptiale. Vous êtes du genre à vouloir tout contrôler. Votre futur mari ? Eh bien, pour citer Jenny, “il est parfait, drôle, beau, attentionné… Est-ce que j’ai déjà dit beau ?… Et en plus, il sait cuisiner autre chose que des noodles. En bref, une perle !“.

En sortant du magasin d’où vous venez de choisir la nappe, définitivement la bleue avec les jolies motifs, vous heurtez quelqu’un. “Toute mes excuses, je ne vous avez pas vu venir“. C’est vous la responsable de la collision, vous le savez, et pourtant, à votre grande surprise, c’est lui qui s”excuse. Vous trouvez ça touchant. Vous ne voyez pas encore à quoi ressemble votre “victime“, occupée qu’elle est à ramasser ses colis éparpillés sur le sol. Quand il se relève et se présente comme se étant “Dan“, vous serrez plus longtemps que nécessaire la main qu’il vous tend tandis que vous songez “Waouh, il a la peau si douce, il doit être du genre à utiliser de la crème hydratante“ puis lui dites au revoir.

friendsLe reste de la journée, une étrange sensation vous étreint. Trois jours passent et les préparatifs du mariage ont repris le dessus, vous ne pensez plus à Dan. Jusqu’à ce matin-là où alors que vous êtes sur le chemin du retour après avoir été au parc pour promener Rusty votre chien. Soudain, il commence à pleuvoir et vous n’avez pas de parapluie. Du coup, vous courrez vous réfugier sous le premier abris bus rencontré. Regardant alentours, votre regard croise celui de la personne à votre gauche : Dan ! “Salut ! Quelle coïncidence !“. Alors que l”averse a cessé depuis presque 20 minutes, vous êtes encore là, sous l’abri, à discuter de tout et de rien. Vous êtes bien. Vous ne pensez plus qu’au moment présent.

Ensuite, pendant les trois jours précédants le mariage, vous tentez de faire sortir Dan de vos pensées, de vous persuader que cette sensation de bonheur que vous ressentez chaque fois que vous pensez à lui va s’estomper. Toutefois, le Jour-J, alors que la musique retentit et que vous avancez vers votre destin d’épouse, vous savez déjà qu”il vous sera impossible de dire oui. Après avoir adressé au malheureux, dommage collatéral de l’histoire un regard traduisant à quel point vous êtes désolée de lui faire un coup pareil, vous sortez de l’église et retrouvez Dan sur le perron. Vous ne lui aviez pourtant pas dit que vous comptiez abandonner votre compagnon ni où et quand se déroulait la cérémonie. Une histoire de connexion.

Morale : Le coup de foudre existe.


 


 

DEUX

L’amour ? Un sentiment pour lequel vous ne ressentez qu’aversion et dégoût. Votre vie sentimentale est telle que ça fait un bail que vous n’y croyez plus. Il faut dire que depuis quatre ans maintenant, chacune de vos relations se soldent inévitablement en échecs et vous allez de désillusions en désillusions. Dorénavant, vous avez peur. Peur de vous engager dans une intimité qui, vous en êtes certaine, ne déboucherait que sur le triptyque habituel : cries, pleures et les kilos qui seront pris en ingurgitant les pots de glace du “réconfort post-rupture“.

Parmi les membre de votre groupe d’amies, vous êtes la seule célibataire. Même Karen est finalement parvenue à se faire passer la bague au doigt. Vous vous sentez humiliée. Sans compter vos parents et leurs rêves de petits enfants. Aujourd’hui vous avez dîné avec votre mère. Durant l’ensemble du repas, elle n’a eu de cesse que de faire étalage de sa joie à propos de la soirée à venir, celle organisée par Jerry, votre paternelle, afin de célébrer leur 25 ans de mariage. Vous enviez son bonheur. Malheureusement, la mater ne s’est pas contentée de ne parler que de sa personne, non, elle vous a aussi lancé ses traditionnelles piques concernant votre incapacité à rester avec le même homme plus de quelques mois. Pour elle, cela ne fait aucun doute : le problème, c’est vous. “A bientôt M’man, c’était sympa“. Et vous quittez votre génitrice au bord des larmes.

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Actuellement, pour colorer votre morne existence, il n’y a que Gros Minet, votre chat. Mais tout va changer quand un soir, après une conférence à laquelle vous avez été forcée d’assister, vous décidez d’aller vous morfondre sur votre tragique condition. Direction un bar situé non loin de l’hôtel où vous êtes descendu. Votre intention : noyer votre solitude dans l’alcool. Vous dites bye aux Cosmopolitans et hello aux whisky on the rock. Au bout d’un moment, un mec vous aborde. Catégorie du nouveau venu : gros lourd pas délicat pour un sou. Il est rapidement interrompu dans sa diatribe où il vous enjoint à le suivre dans les toilettes afin de “goûter à l’extase suprême mais je te promet rien“. “La demoiselle est avec moi“ lance votre sauveur. Vous jaugez l’homme qui vient de prendre la place du boulet. Grand, cheveux brun, yeux bleu. Pile poil votre type. Alors que vous entamez la conversation, il s’avère rapidement que vous avez des tas de points communs. Comme par exemple de vous préférez tous deux les chats aux chiens ou d’adorer les sushis. Les sushis, un sujet, qui permet la digression vers une invitation à se revoir. Les rendez-vous passant, vous commencez à baisser votre garde. “Et si…et si c”était le bon ?“, vous interrogez-vous. Au bout de six mois, vous emménagez ensemble. Deux semaines après après la pendaison de crémaillère, un soir où vous rentrez plus tôt que d’accoutumée du travail, le surprenez au lit avec Karen. Sa réaction : “Tu devrait venir te joindre à nous, ce serait cool“.

Morale : Les Hommes sont tous des salauds.

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