Ma première journée en Floride (2/3)

dans ART ET CRÉATION

4h du matin. 1h. C”est le temps nécessaire pour rentrer chez ma tante. Pampano Beach est une ville de 100 000 habitants avec tout ce qu”il faut. Comprendre : sa vingtaine de fast-foods, son Starbucks Coffee, ses deux centres commerciaux et ses plages. Une cité comme il y en a une cinquantaine en Floride. La maison de ma tante est située dans un quartier middle-classe. Devant chaque maison, une pelouse. Très bien entretenue. Montres moi ta pelouse, je te dirais qui tu es. A l”arrière, une piscine. Je decouvrirais plus tard que c”est une caractéristique floridienne. Tout le monde ou presque a sa piscine. A l”intérieur : un chien. Biscuit. Prononcer “Bisciit“. Mise au point : aux États-Unis, le chien n”est pas un simple animal de compagnie. C”est un membre de la famille comme un autre. Cajolé comme un nouveau-né. A peine ma tante ouvre-t-elle la porte d”entrée que Biscuit se précipite vers nous. Ma famille lâche mes bagages et courre à la rencontre du chien. Comme dans une pub. C”est comme s”ils ne s”étaient pas vu depuis un mois. Hello, ça fait que 2h que vous l”avez quitté. Un pincement au coeur. Pourquoi est-ce qu”ils ne m”ont pas fait le même accueil ? Ma tante me montre ma chambre. Je dis à mon cousin que je prends une douche et qu”on peut y aller. Le jet d”eau froide n”y fait rien : je suis toujours fatigué. Je décide de m”allonger quelques minutes. Epic mistake ! Mes yeux se ferment malgré moi et il me faut toute la volonté du monde pour sortir hors du lit.

Aux États-Unis, c”est pas 30 mais 300 millions d”amis

5h. Je retrouve mon cousin devant la maison. Ses amis sont là aussi. Chacun se présente. Il y a Nathan, Alex et un dernier dont je n”arrive pas à saisir le prénom. Scait ? Skate ? Incompréhension. Ce n”est pas mon niveau d”anglais qui est à blâmer. Si je n”arrive pas à décrypter le “first name“ de mon interlocuteur, la faute est sienne. Il a un accent merdique. Pour ceux qui regardent la série True Blood, c”est comme quand René parle. Pour les autres, imaginez un accent du fin fond de l”Amérique rurale, de ceux qui mâchent bien les mots. Après de longues minutes de flottement, une illumination. Ah d”accord, Scott ! La suite : un échange de banalités, des silences gênés, du sourire crispé et encore du silence. ça promet… Mon cousin me demande si je suis toujours partant pour pêcher. Allez dis non ! Pense au lit douillet. Off course, je réponds. Idiot ! Michael me dit que nous allons chez Alanah. Je dis Okay. 10 minutes de marche. Nous restons presque une demie-heure devant la maison où nous avons rejoint Alanah et deux de ses amies. Je ne comprends pas grand chose de ce qu”ils se disent. Surtout quand Alanah discute avec Scott. Le terme Fucking semble constituer 50% de leur vocabulaire. En plus, j”ai tendance à oublier que je suis le seul à parler français. Le temps me paraît long. Qu”est-ce que je fous ici ?

6h. Nous entrons enfin chez Alanah. La télé est allumée. Le seul spectateur est affalé dans un des canapés. Un gros black. Personne ne me dit qui il est. Je ne demande pas. Ce mec a plus 25 ans que 20 piges. Un peu vieux pour être un pote à eux. Stay here me dit mon cousin. Je m”installe dans le fauteuil situé pile en face de l”écran plat. Très confortable. Je pourrais m”y endormir. Je décide de ne pas le faire. Le show diffusé est Everybody Hates Chris. Plus drôle en version originale qu”en français. A la moitié du second épisode, ses amis partis, mon cousin revient dans le living room et s”allonge sur une banquette. Le quatrième épisode s”apprête à commencer quand j”ose enfin exprimer la question qui me turlupine depuis presque une heure et demie. What are we waiting for ? La réponse fait mal : nous attendons le cousin d”Alanah. Il pionce, lui…

7h. L”heure du p”ti dej”. Direction le MacDo. Première véritable expérience de la vie aux États-Unis. Deux English muffins pour moi. Quatre pour mon cousin. Bacon-oeuf-fromage. Le repas des braves. L”autoroute du taux de cholestérol trop élevé. Retour chez Alanah. 7h30 : le cousin et la mère sont enfin réveillés. I”m so tired. Je commence à penser en anglais. C”est un progés. Il est bientôt 8h et il fait déjà 30°C. Je suis dégoûté : je n”ai ni lunette de soleil ni crème solaire.

8h. Le bateau est prêt. Il est de taille moyenne, avec de la place à l”avant et un peu moins à l”arrière. La glacière est chargée. Cette dernière est incontournable : de tous les voyages, sodas et bières font aussi parties. Nous montons à bord de l”embarcation. En plus de mon cousin, d”Alanah, d”une de ses amie, de sa mère et de ma personne, le cousin d”Alanah et le gros black, son pote. Le cousin appartient à la catégorie “comme s”il venait de sortir de taule“. Look : latino à fine moustache et cheveux ras, tatouages sur les avant-bras et vêtu d”un marcel blanc. Un vrai cliché.

A suivre…

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