Ma première journée en Floride (1/3)

dans ART ET CRÉATION

Précédemment, je vous narrais comment j”avais failli ne jamais embarquer pour Miami. Le récit qui va suivre est le temoignage de ma première journée en Floride. De ma descente d”avion au moment où je pus enfin atteindre la quiétude d”un lit. Du vendredi, 2h du matin, au lendemain même heure. 24h. Comme une saison de la série 24h chrono. Mesdames et Messieurs, voici la suite de mes péripéties américaines. Découpée en trois parties.

2h du matin.

Enfin ! Ce moment, cette arrivée à Miami, je l”ai déjà vécu. Pas physiquement, mentalement. A de nombreuses reprises. 9h d”avion, aident à cela. Presque un supplice. Tenter de dormir plus de 2h d”affilée relève de l”exploit. Cela rappelle les nuits à l”hôpital. Cette infirmière qui vient vous réveiller à 23h00. “Est-ce que vous désirez une tisane ou un thé ?“. Tout pareil. Le lit d”hôpital bat le siège d”avion. Parce qu”il se règle. Placé en bout de rangée, je n”ai pas à me plaindre, je peux allonger les pieds. Il n”empêche que c”est long quand même. Votre corps est prisonnier de l”habitacle. Votre imagination ne demandant qu”à papilloner de façon autonome. Le scénario le plus heureux : une délégation de belles filles en bikinis m”attend aux pieds de l”appareil. C”est vrai qu”il y a plus original, mais qui dirait non ? Même pas vous, sales hypocrites ! Le pire : le Boeing s”explose sur la piste d”atterrissage. Une trame pleine d”ironie. Imaginez. Vous êtes soulagés. Vous êtes certains que c”est bon. Que le pire est dérrière vous. Le low-cost a traversé l”Atlantique sans embûches. En arrivant à l”hôtel, vous allez pouvoir revêtir cette chemise hawaïenne, celle que vous ne pensiez jamais avoir l”occasion de porter. “A moi la démesure alimentaire et les soft-drinks à volonté“ que vous vous dites. Et là, tout en même temps, si vite : le train d”atterrissage se bloque, empêchant les roues de se déployer, le réacteur avant droit se coupe, l”appareil tangue avant de s”incliner sur la gauche et de percuter la piste. Breaking-news au JT. Dommage que vous ne fassiez pas partie des 17 survivants….

Une portion individuelle

3h du matin.

Après m”être soustrait à la douane (ici), je rencontre ma famille : ma tante et ses trois enfants. Son mari n”est pas là. Pilote d”avion-cargot, il est quelque part en Allemagne. Les garçons : Michael, 17 ans, et Johnny, ten years old. Fille : Sydney, 14 piges. L”air de rien, ça fait 5 ans que je ne les ai pas vus. Ils ont beaucoup changé. Ce sont de vrais américains si vous comprenez le sous-entendu. Néanmoins, comme je ne leur ai pas demandé si je pouvais parler d”eux dans ce texte, je vais m”abstenir de toute description.
Au moment où les portes automatiques s”ouvrent et que nous sortons de l”aéroport, une sensation désagréable. Comme d”être enfermé en plein été dans une pièce où le chauffage tournerait à plein régime. Il fait chaud. Très chaud. Trop chaud. Il est 3h15 et il fait 92 degrés Fahrenheit (33°C). Bienvenue en Floride ! Avoir les mains moites devient inévitable. Vos vêtements vous collent à la peau. Transpirer devient une seconde nature.
Le parking, immense, est désert. Décor parfait pour un film. Rien à signaler, all clear. La scène classique peut se jouer. Le héros peut venir à la rencontre de son informateur. Nous montons en voiture. Une Chrysler familiale. A côté de chaque siège, un espace pour poser sa boisson. Ingénieux. Michael, s”installe à l”avant. A ma grande surprise, il prend le volant. Je me sens un peu humilié. Je n”ai pas encore le permis (faute corrigée depuis). D”un autre côté, il n”a pas grand mérite : comme 90% des véhicules aux States, la Chrysler a une boîte de vitesses automatiques.

Comme Tom Hanks, je vais me sentir “Seul au Monde“

Pas besoin de s”emmerder à embrayer toutes les 3 minutes. Si tu veux rouler, tu enclenches “Avancer“ , “Reculer“ pour aller en arrière. C”est beaucoup plus simple.

Nous sommes à mi-chemin de la maison quand Michael va me poser une question. La question. Celle qui va modifier à jamais la destinée de cette journée. Un tournant. Je suis exténué, je n”aspire qu”à faire la connaissance de mon lit, m”y affaler et dormir le plus longtemps possible. Pourtant je vais lui répondre oui. “Ça te dis de rencontrer mes amis puis d”aller pêcher ?“, m”avait-il demandé. Une réponse que je vais énormément regretter. En même temps, je ne pouvais pas lui dire non. C”est sympa de sa part de vouloir m”intégrer. Le début des emmerdes. Moi qui pensais que ce serait une partie de pêche d”une heure maximum dans un cours d”eau non loin, je suis très loin du compte.  Mais bordel, pourquoi j”ai accepté !? Cette première journée en Floride va tourner dans le mauvais sens. En plus, je déteste la pêche !

A suivre …

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