Comment j’ai failli ne jamais embarquer pour Miami (2/2)

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Nous nous sommes quittés après une première tentative de départ avortée. La faute à un passeport non normalisé. De retour à Orly, je dois remplir le formulaire me donnant le droit de fouler le sol américain. Après avoir traversé l”aéroport, je me retrouve désœuvré face à un ordinateur auquel je ne peux accéder n”ayant pas d”argent.

Désespéré, je demande aux gens assis sur les sièges alentours s”ils peuvent me dépanner des quelques centimes nécessaires. Une jeune femme, prise de pitié je pense, accepte. Je me rends sur la page où se trouve le formulaire. Je stresse, je tremble, je ne parviens pas à contrôler mes doigts, j”appuie sur les mauvaises touches. Je demande donc à la jeune femme de rentrer les informations pour moi. Elle accepte. Il est 19h18. Elle me tend le papier fraîchement imprimé et me lance : “Courez ! Vite !“. J”ai l”impression d”être dans un film. Je m”exécute. Les bagages tombent, les gens sont bousculés et je retrouve mon point de départ, porte A. Carmen me dit que c”est bon, que je peux aller enregistrer mes bagages. Je dis au-revoir à mon oncle. Il est 19h30. Dans ma tête, prendre l”avion, c”est comme voyager en train. Quand un TGV, en admettant qu”il soit à l”heure, doit partir à 8h, il quitte la gare à 8h. Je stresse à mort. Je me dis, putain, je vais le manquer cette avion ! En arrivant aux portiques de sécurité, je comprend mon erreur quand, soulagé, je constate qu”une dizaine de personnes attendent encore de se faire fouiller. Je suis heureux, je vais enfin partir en Floride !

Sans le Electronic System For Travel Authorization vous pouvez faire une croix sur le pèlerinage suivant les traces des premiers fast-food MacDonald

Je m”installe dans l”un des sièges de la zone d”embarquement. Un  écran indique que les voyageurs pourront monter à bord du Boeing 8765 de la compagnie low-cost CorsairFly à partir de 20h20. Il est 20h30 quand je prends place dans l”avion. Je me sens tout excité. Dans 9h, je suis à Miami ! Oui mais non. Encore une fois, ma bonne humeur va être mise à mal. Pendant une heure, l”avion reste bloqué sur le tarmac tandis qu”à l”intérieur, le système électrique ne cesse de se couper et d”être remise en route. “Nous rencontrons actuellement un problème technique. Nous demandons donc à tous les passagers de bien vouloir quitter l”avion le temps que nous résolvions le problème. Merci de votre compréhension“. Retour en salle d”attente. Il est 21h30. Angoissé, je me demande ce qu”il se passe si le vol est annulé. Je décide donc d”appeler mon oncle, il sait lui. Sauf qu”évidemment c”est le moment choisi par mon téléphone portable pour ne plus avoir de batterie. J’emprunte donc le portable de quelqu”un et joins mon oncle. Il m”apprend que la compagnie aérienne à la responsabilité, en cas de vol annulé, de loger les voyageurs et de leur allouer un nouveau trajet. Ouf ! Me voilà rassurer : je ne passerais pas la nuit à l”aéroport. Vers 22h30, des hôtesses de l”air se présentent  à nous poussant des chariots remplis de sandwichs et de boissons. Un coca et un jambon-beurre pour moi. Il est 23h quand les passagers sont invités à ré-embarquer. Il est finalement 23h30 quand l”avion quitte enfin la piste et s”envole.

Quand un aéroport se prend pour une gare

A bord tout se passe bien. Je suis en bout de rangée. Le bon côté : je peux allonger mes pieds. Le mauvais : la cabine où sont rangés les boissons et nourritures proposés durant le vol est à ma gauche. Dormir sans être réveillé toute les 20 minutes s”avère donc impossible. Sur les écrans de télévision, Shrek 3 succède à L”Amour c”est mieux à deux. Pas trop mal. Le petit-déjeuner est pas si mal non plus. Une heure avant d’atterrir, le personnel distribue aux passagers des formulaires. “Avez-vous déjà ou prévoyez-vous dans un futur proche d”attenter à la sécurité intérieure des États-Unis ?“ est ma question préférée. Je répond non. La personne qui, pour être drôle, a cocher la case oui, a du vite se rendre compte que les mecs du FBI ne partagent pas le même humour. Et enfin, le moment tant attendu se produit. Après un peu plus de 9h de vol, l”avion amorce sa décente. J”y suis ! Yes !

Sauf que non.

Ce genre de scène n’arrive que dans les films. Moi, je l’ai attendu le comité d’accueil, il est jamais venu.

Enfin pas tout à fait. Il me reste une ultime étape à laquelle me soustraire. La douane. Comme de par hasard, il y a un monde fou. Comme si 6 pilotes avaient eu la bonne idée d”atterrir synchro. Après 30 minutes d”attente, je passe le premier niveau, celui où tous les passagers suivent un cordon. Je parviens aux files d”attentes placées devant chaque guichet. J”en choisis un, la numéro 3. Comme ça, sans raison particulière. Biiiip ! Mauvais choix ! Décidément, la scoumoune me poursuit. Alors que je vois les autres files se renouveler plusieurs fois, la mienne est à la traîne. La faute à qui ? A cet espèce de gros lard qui tient le poste de contrôle et qui fait, Dieu sait pour quelle raison, des allers et venues entre son siège et une pièce un peu à l”écart. La salle des donuts ? Je passe donc presque 1h dans cette file où il n”y avait pourtant au départ qu”une dizaine de personne. Le Gros me demande combien de temps je compte séjourner aux États-Unis puis tamponne mon passeport. Il est 3h30 heure locale quand après en avoir tant bavé, je pénètre enfin dans la fournaise floridienne. Bon, il est où le MacDo ?

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