Une année studieuse

dans ART ET CRÉATION

Un jour de juin 1966, j’écrivis une courte lettre à Jean-Luc Godard adressée aux Cahiers du cinéma, 5 rue Clément-Marot, Paris8e. Je lui disais avoir beaucoup aimé son dernier film, Masculin Féminin. Je lui disais encore que j’aimais l’homme qui était derrière, que je l’aimais lui“. Ainsi commence Une Année Studieuse, le dernier roman d’ Anne Wiazemsky. Si on peut parler de roman, c’est que l’écrivain avoue d’elle-même que la fiction s’est glissée parfois dans son récit, mais n’est-ce pas ce qui rend le texte plus réaliste, plus vibrant, puisqu’il est retranscrit à la manière dont l’auteur pense l’avoir vécu ? Qui pouvait penser qu’après une lettre aussi naïve, la petite fille de François Mauriac vivrait une relation intense avec le cinéaste de la Nouvelle Vague ? Cette année là, elle avait 18 ans et venait de passer son bac, lui, avait 36 ans et était déjà le réalisateur prisé que l’on connait.

Contrairement à ce que Le Type a pu lire dans la presse, le livre n’est pas là pour dresser le portrait de Jean-Luc Godard. Le réalisateur fait bien sûr partie intégrante du récit, cependant c’est plutôt l’essence d’une époque que nous fait découvrir Anne Wiazemsky. On croise dans ce roman des personnages célèbres comme Truffaut, Robert Bresson, Francis Jeansen, Jeanne Moreau ou encore Antoine Gallimard. On voit bien sûr arriver le communisme dans cette élite française, mais Une année studieuse est avant tout le récit d’une femme qui se souvient; sa rencontre avec Godard, son inscription en fac de philosophie et puis le cinéma. Ce mot qu’elle ose à peine rêver, elle, la jeune bourgeoise qui n’a encore rien vu du monde. Une année studieuse est un récit touchant sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte, par la connaissance de l’amour et un éveil à l’art.

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