Mile End Stories : Sex, drug, mais pas très Rock’n’Roll

dans ART ET CRÉATION

C’est la sortie littéraire hipster du mois. Après Si la tendance se maintient, le jeune auteur québécois Pierre-Marc Drouin nous revient avec un deuxième roman, Mile End Stories, plus trash que le précédent, mais aussi plus superficiel.

Avant de parler du quartier oh combien branché de Montréal, comme son nom l’indique pourtant, Mile End Stories raconte surtout l’histoire d’un mec. Luc, 24 ans et à peine sorti de l’adolescence, se noie dans les méandres de la débauche nocturne et du sexe pour oublier sa rupture douloureuse avec (prénom), son ex qu’il ne nomme même plus.

Parti d’un blog « fiction » qu’il avait créé autour de son personnage principal, Drouin a potassé son idée jusqu’à aboutir à un roman à la forme plutôt originale puisque les chapitres sont en réalité des nouvelles qui se suivent les unes les autres dans un amas chronologique intelligible et intéressant. On lui reprochera cependant de ne pas avoir su donner une profondeur suffisante à ses personnages, n’en faisant que des pantins peu crédibles d’une vie décousue et alcoolisée. Brandir de la provoc’ à tout va ne doit pas être un fin en soi, et dans le même style, il semble que les parisiens Boris Bergmann (Viens-là que je te tue ma belle) et Lolita Pille (Bubble Gum ; Hell) dépeignent avec d’avantage d’audace et de relief la violence d’une solitude urbaine. Le rythme, bien que régulièrement survolté au son des beats electro des soirées endiablées du Mile End, peine par endroit à se maintenir, et le huis clos de cette génération Y égocentrique et monomaniaque en deviendrait presque ennuyeux.

Ce livre contient malgré tout de bons éléments, notamment une plume prometteuse au style déjà bien établi, et c’est avec un goût d’inachevé mais non d’échec qu’on le referme, en espérant que le prochain se hissera un cran au dessus de celui-ci. Une chose est sûre : nous serons au rendez-vous.

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