Rencontre // Housse de Racket

dans MUSIQUE

Improvisé une interview enregistrée avec un Blackberry : CHECK. Mais ça s”est pas si mal passé que ça. Rencontre autour de verres de vin, sur le pont de l”iBoat, avec Pierre et Victor, les deux cerveaux de Housse de Racket. Petit tour d”horizon sur leur nouvel album, leur inspiration et l”état de la musique aujourd”hui.



Le Type : Est-ce vous pouvez nous présenter votre nouvel album ?

Pierre : Alors, oui ! Il s”appelle Alésia, c”est un beau petit garçon, il pèse 11 chansons et 41 minutes.(rires)

Victor : J”étais sûre qu”il allait te répondre ça !

Pierre : On a commencé à écrire ce nouvelle album en juin 2009, le 26 pour être très précis, le lendemain de la mort de Mickael Jackson. On avait une date à Toulouse et en sortant de scène on nous a appris la mort de Mickael Jackson. Pour nous, c”était une date symbolique pour commencer à réécrire de la musique. Toute une page de la pop musique est en train de se tourner.

Le Type : En bref, vous entendez par là que vous comptez remplacer Mickael Jackson ?

Pierre : Pas du tout. Mais je pense qu”il y avait des fantômes qui rôdaient. Ce disque n”a rien avoir avec la musique de Mickael Jackson que nous vénérons d”ailleurs et là je sais pas quoi rajouter.

Victor : On a mis à peu près un an à le faire. Six mois dans nos studios à nous et six mois dans les studios de Philippe Zdar qui nous a produit. C”était tout nouveau pour nous de faire entre quelqu”un dans notre groupe. Pendant toute cette partie, c”était un peu comme si on était à trois cerveaux pendant la création du disque.

Le Type : Comment vous composez ? C”est vous deux ? Chacun de son côté ?

Victor : Il n”y a pas de règle. On change à chaque fois. Mais grosso modo c”est comme ce que tu viens de dire. Pierre va m”amener une idée et moi ça peut me faire rebondir sur des trucs auxquels j”avais pensé. On crée comme ça un espèce de puzzle ou au contraire c”est une démocratie totale. Quand on aime pas, on continue pas. Des fois Pierre et moi, on prend des instruments et on joue comme ça sans trop savoir où est-ce qu”on va. Après, on s”inspire de tout, un texte, un mot, une idée, un film. En vrai, Housse de Racket, c”est 90% de bavardage et 10% de musique.

Pierre : On est assez bavard effectivement.

Le Type : Vous venez de signé dans la grande maison Kitsuné. Est-ce que ça a eu une influence sur votre second album ?

Notez quӈ cet instant, il y a une panne de courant, on se retrouve dans le noir.

Pierre : Et bien il y a vachement moins d”électricité sur le deuxième album. (rires) Mais par respect pour notre musique et le fruit de notre travail, on a la noble ambition de vouloir partager notre musique partout dans le monde. Kitsuné est encore un label indépendant, émergeant mais ils sont petits un peu partout et c”est ce qui nous intéressait. On est en pleine tournée en France jusqu”à fin novembre mais dès le mois de décembre on va aux États-Unis. Avant, on a déjà était au Japon, en Suède, en Allemagne et Angleterre. On avait déjà vachement tourné à l”étranger pour le premier album et là comme il y a un peu plus d”anglais c”est une suite logique des choses. Kitsuné, c”est une petite famille, il n”y a pas tant d”artistes que ça. On est donc très flatté d”en faire partie.

Le Type : Votre premier album « Forty love » avait quelque chose de plus frais, on avait l”impression d”écouter un vrai délire entre pote qui déconne. « Alésia » c”est différent, c”est plus posé. Est-ce qu”on peut dire qu”entre les deux albums votre travail a mûri ?

Pierre : C”est toujours nous cet album. C”est complètement nous. Et le disque était déjà terminé quand on a signé avec Kitsuné. Chaque album, c”est nous, à une période différente. Ceux sont des photos instantanées de nous au moment où on écrivait cet album. C”est vrai qu”il y a un truc un peu plus mûre mais c”est toujours Housse de Racket.

Victor : Ce qu”on a fait sur le premier album comme « Le virage » ou « Le rendez-vous », on les a fait et on en est très fier mais ça aurait été dommage de refaire la même chose. On le dit souvent, mais on aurait jamais le deuxième album si il n”y avait pas eu le premier. On avait besoin d”un terrain d”échauffement. Dans « Forty Love », il y avait tout ce concept album un peu « encombrant » par rapport à la musique pour ne pas le prendre au sérieux et se cacher derrière mais si c”était un projet sérieux et on en est très fier.

Le Type : Puisqu”on parle du premier album, peut-on savoir qui est Gwendoline ?

Pierre : C”est un absolu Gwendoline. Elle vient du mythe de Sisyphe de Camus. Comme on l”a dit c”était un album concept. Il faut toujours des personnages comme ça pour que l”action ait un sens dans une certaine dramaturgie et Gwendoline était le personnage féminin. Mais c”est tout, c”est une fiction.

Le Type : Donnez nous trois artistes qui ont marqué votre parcours ?

Victor : On dit toujours la même chose mais ce serait Stevie Wonder, David Bowie et c”est pas très original mais les Beatles en passant par Mickael Jackson.

Pierre : On y revient toujours. Ça fait trois ans que j”avais pas écouté les Beattles et je suis tombé sur un documentaire sur George Harisson, « Living in a material world », et en re-regardant ce DVD, t”as encore envie d”écouter les Beatles, c”est fou. Ces mecs étaient très modernes pour leur époque donc je comprend que ça reste une référence même si on essaie de s”en détacher au maximum. Pour compléter, je rajouterai Prince, Mickael Jackson et plus récemment des trucs plus froid comme Depeche Mode et Cure qu”on était pas forcément avant.

Le Type : Selon vous, c”est encore possible d”innover dans la musique aujourd”hui ?

Victor : C”est plus dur d”être pertinent en créant un nouveau truc. Tout a déjà était fait. Tout existe. Arriver à un créer un truc alors qu”il y a déjà une masse de musique, tout le monde connait tout. C”est dur de créer au final. Sur Alésia, on se disait qu”on voulait faire un rock un peu moderne voire un peu futuriste mais ça reste de la pop.

Pierre : Mais est-ce qu”on peut vraiment créer quelque chose de vraiment nouveau ? Qui n”a jamais été fait ? La musique c”est sept notes et tout a été fait à partir de ça. Surtout dans la forme qu”on aime nous qui est assez pop. Tu peux utiliser des trucs nouveaux au niveau technologie, la nouvelle musique est probablement là. Et encore, le sampling tout ça, commence à être très répandu.

Le Type : Vous disiez vouloir créer quelque chose de futuriste avec votre nouvel album, comment on peut relier ça au nom « Alésia » ?

Victor : On pioche dans le passé pour faire une musique du futur. Alésia, c”est évidement une référence à la bataille mais je trouve que l”album et ce morceau particulièrement a des références un peu cinématographique, on est dans un truc très narratif. Il faut complètement s”imaginer qu”on est dans un grand espace vide ou dans l”espace carrément. Sans tomber dans un truc mystique, on aime bien penser que la musique est un voyage. Et on aime penser qu”Alésia peut avoir cet effet là. Voilà. C”est Alésia, on adore ce morceau, on adore ce disque et on s”adore. (Victor prend Pierre dans ses bras)

Pierre : C”est une super conclusion ça !

 

Adrien.R-B & Fen.R
Crédit photos : Adrien.R-B

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