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Tribal Traquenard

Rencontre en toute intimité avec la chanteuse Jessica Bachke

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

C’est lors de la soirée Tribal Traquenard #6 que l’on a eu la chance de rencontrer Jessica Bachke, chanteuse et compositrice bordelaise pour lui poser quelques questions en toute intimité. Effrayant par son nom, Tribal Traquenard n’est en vérité qu’un guet-apens du meilleur goût destiné à ceux qui souhaitent découvrir des artistes bordelais avant tout (mais pas que). Quatre filles, Blandine, Ludivine, Mathilde et Mélodie, à l’initiative de ce collectif cherchent à allier leurs coups de cœur du moment à la scène indé locale.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : D’où es-tu originaire ?

Jessica Bachke : Je suis née en France mais je suis d’origine norvégienne par mon père.

Depuis combien de temps pratiques-tu la musique et le chant ? Quel est ton parcours ?

J’ai un parcours assez classique, j’ai commencé à jouer du violon dans une école de musique à cinq ans et demi mais j’ai été très bercée par la musique folk. Du coup, vers l’âge de 15-16 ans je me suis dirigée vers le traditionnel irlandais, écossais et j’ai commencé à jouer de la guitare, en demandant à mon père de m’apprendre quelques pickings (technique de jeu utilisée à la guitare). En ce qui concerne le chant, j’ai toujours chanté, mon père étant pasteur, je chantais beaucoup à l’église et sinon, de part mes origines, je chantais des chants un peu plus sauvages.

As-tu déjà pris des cours de chant par exemple ?

Non, après, de part mon expérience en école de musique, on travaille le chant de manière académique. Mais j’ai vécu une révolution personnelle en découvrant la méthode de Yva Barthélémy, qui résonnait complètement avec ma façon d’expérimenter le chant, de libérer la voix…

Comment qualifierais-tu ton style musical ?

Je dirais folk expérimental. C’est très large, c’est alternatif, je compose à l’aide de la guitare mais dernièrement je cherchais surtout des sons, des choses plus organiques pour venir justement à des choses de la terre. Ce soir (le vendredi 10 mai, ndlr), je joue totalement en acoustique mais dernièrement j’ai beaucoup apprécié jouer à la guitare électrique. Ça dépend vraiment des envies, des cycles.

Quelles sont tes inspirations ?

J’aime beaucoup la musique classique, j’aime énormément Mozart, Ravel, Stravinsky, Fauré, Grieg, c’est très mélancolique ou encore Chopin, voilà les grands classiques. En plus contemporain, je suis très touchée par certains artistes comme The Whitest Boy Alive, c’est un groupe mené par Erlend Øye, qui est le cofondateur du groupe Kings of Convenience. J’aime beaucoup le travail d’Agnes Obel, Björk aussi, Tori Amos, ce sont des choses qui m’ont plutôt bercée dans l’adolescence. Mais je me suis réveillée à 20 ans, sinon avant j’écoutais le groupe Crosby stills & NashBob Dylan, Joni Mitchell, Johnny Cash, j’évoluais dans une bulle à la maison avec mes disques, je bossais pas mal le violon, je bossais ma guitare en dehors des cours, j’évoluais dans toutes ces choses à apprendre et découvrir.

Penses-tu que tes origines influencent ton style musical ?

Oui complètement.

Combien de morceaux as-tu déjà sorti ?

Sous mon propre nom, il y en a une dizaine mais je n’ai pas tout sur Soundcloud, il y en a 3-4 sur YouTube. Après je fais partie d’un groupe qui s’appelle les Cocktail Bananas où l’on peut écouter les deux albums de disponible sur Bandcamp et YouTube. C’est un peu éparpillé parce que j’ai fais partie de plusieurs formations.

As-tu des thématiques de prédilection que tu aimes aborder dans tes textes et si oui, quelles sont-elles ?

Pour cet album, je parle beaucoup de la renaissance mais pour ça, je me suis reconnectée à ce qui moi, me parle le plus, donc la Terre et les éléments. J’aborde beaucoup des thématiques de guérison, de renaissance.

As-tu des envies de collaborations avec d’autres artistes ?

C’est prétentieux mais dans l’idéal je dirais, Erlend Øye, Agnes Obel et Hannah Cohen.

Considères-tu qu’il y a une « scène » autour de ce que tu joues (une scène folk) à Bordeaux ?

Oui bien sûr, je pourrais te citer Queen Of The Meadow qui est magnifique, Willows, ce que j’oublie pardonnez-moi mais si, il y a des groupes que j’ai vu, entendu il y a pas très longtemps. Les Cocktail Bananas aussi…

Quels sont les projets pour la suite ? Une sortie d’album ? Un clip ?

Oui, il y a un clip qui est prévu pour dans pas longtemps, sur un titre qui s’appelle « Water Herbs », les herbes de l’eau. Il faudrait que je vois avec mon graphiste où il en est mais j’adore ce qu’il fait donc ça sera la surprise, je lui donne carte blanche. C’est d’ailleurs lui qui fait la pochette de l’album que je compte sortir cet été je pense, à la saison des moissons.

Quelle est la chanson que tu aurais rêvée écrire ?

Elle fait partie de mon album préféré de Björk, « Hidden Place ». Cette chanson je la trouve parfaite, parce qu’à un moment donné on dirait que la chanteuse a travaillé comme des sons humains, des voix d’hommes, graves, ronronnantes, très ancrées dans la terre…

Que pourrais-tu dire aujourd’hui à une artiste qui voudrait se lancer dans la musique folk, et qui n’a pas ce recul que tu as ?

De faire avec le cœur, de s’accrocher vraiment et de le faire avec intégrité, il y aura toujours quelqu’un qui écoutera ça et ça aura une vrai portée. J’ai entendu un chef cuisinier connu qui s’appelle Marco Pierre White dire quelque chose en anglais sur lequel je médite beaucoup : « Success comes from arrogance, but greatness comes from humility ».

Pour finir, une chanson que tu écoutes en boucle en ce moment ?

J’ai une petite fille de 22 mois qui adore danser en ce moment sur deux choses donc c’est ce que j’écoute beaucoup, c’est The Mummer’s Dance de Loreena McKennitt, c’est très celtique et sinon c’est Tout le monde veut devenir un cat des Aristochats.

 

Tribal Traquenard sur son 31 pour sa boom

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE

Pour commencer l’année sur les chapeaux de roue, le collectif Tribal Traquenard s’invite à la Tencha le 31 janvier pour fêter leur première année avec une boum ! L’occasion de revenir sur année de promotion de la scène locale à travers un beau fanzine.
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Tribal Traquenard, nouveau guet-apens indie, local et cosmique

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Nouveau venu au sein d’une scène locale qui n’en finit plus de voir éclore des projets séduisants, Tribal Traquenard se veut comme un rendez-vous de découvertes artistiques, au service des artistes bordelais (mais pas que). Avant une première soirée au Void le 23 février, on a posé quelques questions aux jeunes aventurières qui se cachent derrière l’organisation d’un tel guet-apens.
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Tribal Traquenard : voyage cosmique et alternatif

Comptant dans ses rangs une graphiste du collectif Sauvage Garage ainsi que les médiatrices culturelles de Barbey et du Krakatoa, Tribal Traquenard s’ancre de manière assez évidente à l’échelle locale. Actrices et témoins de l’émergence artistique à l’œuvre à Bordeaux, Blandine, Ludivine, Mathilde et Mélodie ont décidé de proposer cette toute nouvelle organisation de concerts, pour mettre en place des « soirées intéressantes et alternatives musicalement parlant » confie Blandine. A la fois pour « soutenir la scène locale (que nous connaissons bien) et également faire venir des artistes d’autres horizons qui se produisent très rarement dans notre chère ville ». Si les 4 mousquetaires bordelaises de la pop ont bien conscience que l’offre de concert en ville est déjà riche, c’est avant tout l’envie de défendre une ligne musicale singulière qui les anime. Comme l’explique Blandine : « il nous manquait une sorte de guet-apens indie et cosmique ! ».

Ancrage local

Avec une expertise certaine de l’effervescence culturelle à l’œuvre à Bordeaux, la volonté de soutenir cette scène foisonnante semble ancrée dans l’ADN de Tribal Traquenard. Lorsqu’on interroge Blandine sur les initiatives locales dans le curseur de l’équipe, elle indique notamment l’association Sonatik, « qui organise des concerts maison de qualité avec des artistes indépendants de la scène locale, nationale, voir même internationale » et dont le prochain évènement aura lieu le lendemain de la première de Tribal Traquenard ; « ça peut faire un super programme pour le week end ». Le collectif Sauvage Garage, le nano label La Cassette ou le studio Cryogène sont également cités dans la galaxies de projets suivis par les organisatrices. Niveau artistes et influences, c’est Équipe de Foot, Thomas Skrobek et les sauvages, la nu-soul de J-silk, la folk de Ua Tea, Willows ou Colonel Mushrooms que mentionne Blandine.
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La Chica, Sahara, Ariel Ariel et Bounty Inversé réunis pour une première soirée au Void

Pas étonnant dès lors de retrouver pour leur première soirée des artistes qui gravitent dans les esthétiques pop et cosmiques chères au collectif. Avec les déambulations psyché de Sahara et les narrations pop alambiquées d’Ariel Ariel, ce sont deux artistes locaux en adéquation avec l’univers de Tribal Traquenard qui ont été convié. Un DJ set de Bounty Inversé complétera le plateau, au sein duquel on retrouvera également, pour sa première à Bordeaux, l’artiste vénézuélienne La Chica qui viendra délivrer son aztec punky pop si délicieuse. Le tout sera enrobé dans un écrin privilégié, celui du Void. « Nous sommes supers contentes de faire la première au Void. L’ex-Heretic fait partie de nos meilleurs souvenirs de concerts à Bordeaux » explique Blandine. Même si l’intention n’est pas d’investir à tous les coups ce lieu, on se réjouit de voir ce premier traquenard se dérouler dans « cette cave rock et sueur ; c’est typiquement cette ambiance qui nous a transmis une passion et qui nous pousse aujourd’hui a créer notre propre évènement ». Le rendez-vous est pris pour le 23 février !
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