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Entretien sans frontières avec Tushen Raï du label Hard Fist

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Co-fondateur du label lyonnais Hard Fist, Tushen Raï explore depuis maintenant quelques années une facette globale et ouverte de la musique. Défenseur d’un décloisonnement des genres musicaux et porteur d’une vision militante de la culture, Baptiste (de son vrai prénom) œuvre au développement d’une scène artistique qui fait fi des frontières et se connecte de Vilnius à la Palestine en passant par la Russie ou le Mexique. Également bien implanté à Lyon, l’artiste porte aussi un regard éclairé sur sa ville devenue l’une des références en Europe dès lors qu’on parle de cultures électroniques. Celui qui a choisi un nom qui renvoie à « l’essence de l’âme » (issu d’un dialecte ouest-africain) s’apprête à jouer à l’Iboat le vendredi 19 juillet pour la résidence Nouveaux Mondes : l’occasion idéale de revenir avec lui sur sa scène, son parcours, la création de son label ou encore les liens entre Bordeaux et Lyon…

Crédit photo : Gaétan Clément

Le Type : Peux-tu commencer par te présenter et nous raconter ton rapport à la musique ?

Tushen Raï : Pendant des années j’ai collectionné des disques, du disco, boogie, des vinyles plutôt old groove, de la musique traditionnelle… J’ai toujours écouté beaucoup de musique. J’ai diggé pas mal de trucs qui venaient d’Amérique Latine, d’Afrique, du Moyen-Orient… Je me suis plutôt tourné sur des continents du Sud, même si j’ai aussi pas mal de musiques afro-américaines, et d’éléments de la culture américaine au sens plus large. Puis j’ai commencé à digger des disques de musiques primitives, de field recording, des musiques enregistrées par des musiciens anthropologues des années 1960-1970.

Comment on passe de cette passion au fait de créer un label ?

J’ai fais la rencontre de Cornelius Doctor il y a environ trois ans. Il gérait un label de house (Art Feast qui va fêter ses 11 ans) à l’époque tout en étant producteur – et il avait envie de faire autre chose. On s’est retrouvé notamment sur des esthétiques rock, sur notre patrimoine un peu plus ado, voire le patrimoine de nos parents. Il a fini par sortir un premier EP qui n’avait rien avoir avec ce qu’il faisait auparavant, sous un autre alias. On a trouvé ça mortel et on s’est dit avec tous les gars du collectif qu’il fallait qu’on créé un nouveau label, quelque chose de différents avec des choses qu’on avait vraiment envie de faire. C’est comme ça qu’on a créé Hard Fist. On ne savait pas vraiment à qui on allait s’adresser, ni pourquoi on le faisait, quelle était la stratégie. Tout ce qu’on savait c’est que, ce son-là, on n’avait pas beaucoup l’habitude de l’entendre. On avait quelques références d’artistes, notamment israéliens, lituaniens ou mexicains qui faisaient des trucs un peu dans ce délire… On a commencé comme ça.

Comment on construit l’identité d’un tel label et comment les premières sorties se font ?

L’idée de ce second label Hard Fist, était vraiment de proposer quelque chose de différents avec Guillaume et le crew d’origine ; Romain, Etienne… C’est un projet collectif. Le premier EP a été fait par Guillaume en une semaine chez lui. C’est un EP que j’adore et qui a apporté, quand il est sorti il y a trois ans, un truc que tu trouvais très difficilement. A l’époque il y avait une ou deux sorties par an dans ce délire. Aujourd’hui il y en a tous les jours !

On a sorti le deuxième avec Bawrut que j’ai découvert sur Ransom Note. On avait une émission sur Nova avec Guillaume à ce moment. C’était une porte d’entrée pour connecter des artistes en leur demandant de faire des podcasts. C’est comme ça qu’on a eu Bawrut. Un jour il m’a envoyé des démos, notamment d’un edit remix de Gainsbourg du son « Marabout ». Il l’a appelé « Chien de temps », une version africaine de ce track que Gainsbourg a lui même volé au Gin-go-lo-ba… On s’est dit que c’était aussi marrant de lui voler.

Depuis, cette aventure c’est beaucoup de fraternité, l’amitié. Il n’y a pas une ligne directrice claire ; on a sorti des trucs avec MR TC en mode post punk, ambient, psyché… Et des trucs plus banger, tropical un peu plus happy, disco… On fonctionne beaucoup à l’affect, aux rencontres qu’on fait. Au total on a eu 6 sorties ; la septième arrive en septembre, ce sera le deuxième volet d’une compilation dédiée aux musiques arabes dans la musique électronique : qui s’appelle Princes of Abzu,

Par rapport aux influences que tu cites ; est-ce que tu considères que toi et Hard Fist évoluez dans une scène particulière ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une scène, c’est indéniable. C’est une scène hyper intéressante ; elle est très globale – c’est d’ailleurs un mot qu’on utilise beaucoup pour en parler, même si cette idée de globalisation de la culture est quelque chose de très péjoratif au premier abord. Elle sous-entend la globalisation économique, celle des marchés… Elle a plutôt été hégémoniste dans un premier temps, avec la vision d’une culture occidentale qui écrase toutes les cultures du reste du monde…

Cette scène existe donc. Elle est hyper militante et passionnante…

On prend un peu cette idée à contre-pied. On promeut plutôt l’idée que la globalisation culturelle arrive dans une seconde phase, avec plutôt une mise en valeur de différents patrimoines traditionnels qui n’ont pas d’appartenances direct. Ce que je veux dire par là c’est que tout le monde peut se l’approprier. C’est ce qu’on plaide. Et c’est en lien avec notre génération, celle qui a fait Erasmus, qui a eu une certaine facilité pour voyager, pour passer les frontières… C’est tout ce qui fait qu’aujourd’hui on peut se passionner pour une culture qui n’est pas du tout la nôtre, qui ne fait pas partie de notre patrimoine culturel de base.

Cette scène existe donc. Elle est hyper militante et passionnante, dans le sens où on y retrouve des acteurs qui ne sont pas uniquement dj ; ils sont aussi directeurs de labels, promoteurs d’événements. Ils sont hyper activistes en fait. C’est d’ailleurs ce qui fait que cette scène grandit vite, parce qu’elle est très très fraternelle. On a tendance à tous s’appeler brother alors qu’il y a des tonnes de gars avec qui on parle depuis 2 ans et qu’on a jamais rencontré parce qu’ils sont à Tokyo…

Artistiquement parlant, comment tu pourrais décrire cette scène ?

C’est assez difficile de mettre un nom d’esthétique dessus… On n’a pas mis d’étiquettes dessus et je pense qu’on va se battre longtemps pour qu’il n’y en ait pas, car c’est plein de choses différentes. Ça va de la techno lente avec beaucoup d’influences cold wave, post punk, à de la musique plutôt tribale, africaine, quasi chamanique, psychédélique, acid… En terme général, on est slow tempo, on est dans un truc qui prend son temps, dans des sets qui se construisent avec une dimension de rituel, quasi-cérémonial où on essaye de créer une symbiose entre les danseurs, de créer quelque chose où on se libère complètement. Quelque chose d’assez introspectif en soit.

Sur Hard Fist on fait un mix entre de la musique électronique et de la musique organique ; que ce soit avec le rock des guitares ou des percussions, des voix et la musique du sud. Dans le côté électronique il y a un truc qui lit un peu tout ce qu’on fait, c’est l’acid house qu’on a dépitché (dont la vitesse a été ralentie, ndlr) et qu’on a rendu plus dark.

On a récemment rencontré Axel de Ko Shin Moon (qui jouaient à AHOY, le festival de l’Iboat) qui as utilisé l’expression de musique « extra-occidentale » pour parler de la musique qu’il écoutait (et non pas de la musique qu’ils font comme initialement écrit dans la première version de l’entretien, ndlr). De ton côté tu vas jouer sur une résidence «  Nouveaux mondes » à l’Iboat, qui renvoie de loin à l’expression contestée de « musique du monde ». Comment tu envisages cette notion et considères-tu que tu fais de la musique « extra-occidentale » ?

Je suis à l’aise avec aucun des deux concepts. Pour notre scène (et beaucoup d’autres l’ont fait avant nous), le combat c’est de bannir l’appellation « musique du monde ». C’est une notion très péjorative. Je ne suis pas non plus tout à fait d’accord avec Ko Shin Moon, même si je vois ce qu’ils veulent dire. Pour moi, le concept de musique extra-occidentale refait un cloisonnement entre le sud et le nord. Aujourd’hui notre philosophie c’est plutôt d’être curieux, de s’intéresser à des cultures qu’on ne connaît pas forcément. Je ne me retrouve dans aucun des deux termes, mais en même temps je pense qu’on tâtonne et qu’une définition en deux mots ça ne peut pas marcher. L’expression « nouveaux mondes » me va bien. Dans le sens où on parle avec notre musique de ce nouveau monde où la notion de frontière dans la culture est prête à être complètement abolie !

Pour donner un exemple, il y a le projet d’un pote qui s’appelle Gal Kadan. Il est israélien et nous a invité chez lui où il organise des teufs israélo-palestiniennes. Il vit maintenant à Berlin depuis 1 an où il a monté Awesome Orientalists From Europa. C’est donc un mec du Moyen-Orient qui se base à Berlin et qui fait un projet pour découvrir des sons géniaux orientaux mais fait en Europe ! Il déterre des trucs de big beats belge, du disco de la diaspora maghrébine en France de années 1990-2000 qui ont utilisé leur patrimoine en faisant des trucs de disco. Gal Kadan ne réédite que ces trucs là en free edit. Sa démarche renverse pas mal ce débat finalement.

Toi et Hard Fist êtes basés à Lyon. Quel est ton regard sur cette scène locale ?

Au moment où on a créé le label, on commençait beaucoup à parler de « scène lyonnaise », avec une sorte de hype autour, avec BFDM, G’boï et Jean Mi (de La Chinerie, ndlr), le label KUMP de Markus Gibb, Sacha Mambo… Beaucoup d’artistes qui font de la super musique, certains depuis très longtemps. On faisait des cartographies de Lyon, des visites de Lyon pour la musique alternative et les musiques indépendantes électroniques. Nous on ne voulait pas faire un « label lyonnais ». Le propos reste worldwide, global, ouvert… Du coup on a pas du tout basé notre propos là-dessus. D’ailleurs pendant longtemps très peu de personnes savaient qu’on était basé à Lyon !

Malgré ça on représente Lyon avec grand plaisir car on adore notre ville, on est vraiment connectés avec cette scène qui est hyper fraternelle, familiale… Lyon est un village ! On se croise tout le temps pour boire un coup, aller à un concert, digger des skeuds… On va tous aux mêmes endroits. On se connaît tous, on fait tous des trucs ensemble mais en même temps on respecte beaucoup l’indépendance des uns et des autres. Cette scène lyonnaise existe, c’est légitime d’en parler comme ça.

Comment cette scène a pu se développer et être identifiée comme une scène aussi active et rayonnante sur le plan des musiques électroniques ?

Déjà, il y a un truc qu’on dit rarement mais qui pour moi est important : Lyon est devenu une putain de capitale européenne du city break et du tourisme urbain éphémère ! Cet élément est forcément bénéfique pour les activités culturelles qui s’y développent.

Ensuite, ce qu’a fait BFDM est hyper qualitatif, leur édito sur Lyon est très fort. Après, tout le monde le dit, et on le répète ; la présence de Chez Emile Records est essentielle dans ce développement local. C’est un disquaire qui a ouvert à Lyon il y a 6 ans. Ils ont monté une plateforme de distribution qui a vraiment œuvré au soutien des labels locaux. Ils ont accompagné des artistes qui faisaient de la musique mais qui n’avaient pas de labels. Chez Emile Records les aide à monter un budget, ils s’occupent ensemble de la presse des disques, de leur distribution… Ils l’ont fait merveilleusement bien et de manière passionnée. Avoir un shop distributeur au coin de ta rue est une chance incroyable ! Avant, on bossait avec Bordello A Parigi (un disquaire/distributeur basé à Amsterdam, ndlr) on aurait pu aussi avec Rush Hour (autre disquaire amstellodamois, ndlr)… Mais les contacts se font par mails, il n’y a pas de rencontres, ce n’est pas le même rapport.

Tu reviens d’une tournée entre le Mexique, la Russie, la Belgique, le festival Fusion en Allemagne, Israël avant ça… Qu’est ce que tu en as retiré et y a-t-il des territoires qui t’ont marqué ?

D’abord, même si ces pays ne sont pas forcément identifiés par les amateurs de musiques électroniques, ce sont des pays impressionnants où tout est 1000 fois plus cool et pointu qu’en France niveau club culture !

Parmi les dates qui m’ont le plus marquées, il y a ma première fois au Kabareet, le spot de Ayed et Rojeh de Jazar Crew à Haifa. C’est un lieu militant ouvertement pro-palestinien, ouvert aux communautés arabes. Ils font de la conférence, montent des résidences de création et organisent de temps en temps des teufs. En l’occurrence ils nous ont invité avec Ko Shin Moon. C’était d’une lourdeur incroyable, le public était tellement à fond dans la musique, comme j’ai rarement vu… Tu sens la liberté, ça fait énormément plaisir : ça rappel ce qu’on peut imaginer du début des teufs au début des années 1990.

Plus récemment l’expérience du Fusion m’a marqué. Au-delà d’un festival, ça fait partie d’un patrimoine qui pourrait être classé à l’Unesco. La date était incroyable, avec Tom Tom Disco, le label sur lequel on vient de signer. Il y a des fees égaux pour les dj, c’est complètement végétarien pour 70000 personnes. Ils travaillent à l’année sur une base militaire achetée il y a plus de trente ans, ils passent un an pour construire la scénographie… C’est un modèle alternatif de festival, de bulle qui dépasse la musique pour revendiquer une autonomie et une liberté totale basée sur le respect, la tolérance…

Tushen Raï et Cornelius Doctor, les deux boss d’Hard Fist

D’autres dates à venir dans des lieux tout aussi fascinant ?

Guillaume et moi on travaille à côté de cette vie, ce n’est pas notre profession. On doit donc s’organiser pour ces différentes dates. L’année prochaine on va partir en Asie, au Japon, Corée du sud, Hong Kong… Un endroit où on a très très envie de jouer sinon c’est l’Opium club à Vilnius…

Vilnius a l’air d’avoir une scène bien active dans un délire assez similaire à Hard Fist (et c’est d’ailleurs l’une des villes qu’on va explorer via notre nouveau projet Scene city). Il y a d’autres spots comme ça que vous suivez ?

Tel-Aviv et Vilnius sont deux scènes pionnières pour ça. La Russie et le Mexique aussi, avec un nombre de producteurs chanmés dans ce délire. Toute l’Amérique Latine commence à vraiment bouger. En Asie aussi, en Australie, du côté de Melbourne. Il y a des labels comme Animal Dancing (sur lequel les lyonnais The Pilotwings ont sorti leur dernier EP), il y a Calypso records à Mexico city qui est une grosse frappe. En Russie il y a un label qui s’appelle ИДА, Cornelius a sorti un track dessus qui défonce avec Front de Cadeau, Pletnev et d’autres artistes… A Saint-Étienne il y a aussi Worst Records qui est bien lourd.

Tu as joué récemment à Bordeaux et tu reviens pour la résidence Nouveaux Mondes à l’Iboat le vendredi 19 août avec Deena Abdelwahed. Tu connaissais déjà cette ville ? Lyon et Bordeaux restent deux villes mal connectées mais qui ont des similitudes…

J’y ai joué une première fois il y a deux ans, pour un truc alternatif, une sorte d’expo. J’avais beaucoup aimé la ville. Ma sœur y a vécu donc je connais un peu, mais surtout la dimension touristique. La dernière fois qu’on est venu c’était pour les 2 ans de SUPER Daronne. On a kiffé cette ville, on suit beaucoup ce qui s’y passe, ça bouge bien ! Il a l’air de s’y passer beaucoup de choses, avec Bordeaux Open Air, l’Iboat qui a une programmation hyper classe. Il y a des tonnes de collectifs comme tplt qui font des trucs mortel… Aujourd’hui c’est une ville qui a un énorme potentiel et où tu sens la passion, comme à Lyon pour ses musiques alternatives électroniques. Mais on sent malgré tout qu’il n’y a pas le même niveau de développement, notamment sur ce dont on parlait avant avec le rôle qu’a pu avoir Chez Emile Records à Lyon… Il manque peut-être des noms d’artistes qui résonnent, des producteurs… Il y en a des anciens comme Djedjotronic (qui n’est d’ailleurs pas forcément affilié à Bordeaux car il a une carrière internationale) mais pas tellement dans la nouvelle génération… Il y en a sans doute plein de talentueux mais ils ne font pas de disques, il n’y a pas de Premiere (morceaux qui sortent avant leur sortie officielle sur Soundcloud par exemple, ndlr)… C’est comme ça que je m’informe et que je découvre des nouveaux noms d’artistes ! Nantes a un développement similaire à Bordeaux, et est arrivé à mieux passer ce step-là ; pas mal de plaques de très bonnes qualités sortent depuis là-bas.
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Fête de la Musique à Bordeaux : guide 2019

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Encore une fois cette année, la Fête de la musique à Bordeaux s’annonce bien chargée. Collectifs et associations s’en sont donnés à cœur joie pour proposer une multitude d’événements. Il y en a donc pour tous les goûts. Pour s’y retrouver, on vous propose ce petit guide non-exhaustif pour dégoter la teuf qui vous conviendra le mieux.

Crédit photo : Astrid Lagougine

La plus défricheuse : tplt x Ola Radio (Crédit Municipal de Bordeaux)

Comme chaque année, on se rendra avec intérêt à l’événement organisé par le collectif tplt. A l’initiative du Verger et de La Serre, le crew et ses différents résidents (Superlate, Yougo, Insulaire et Blumm) ont pour habitude de dégainer les disques rares aux sonorités variées. C’est donc naturellement qu’on les retrouve cette année avec la webradio émergente de la région bordelaise qui donne sa place aux différentes assos de la ville : Ola Radio.
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La plus rock’n’roll : L’Astrodøme x Musique d’Apéritif (Place du Palais)

Non contents d’avoir organisés un grand raout psyché en début d’année, L’Astrodøme et Musique d’Apéritif rempilent et nous proposent un casting rock et punk bien adéquat pour cette fête de la musique. Cinq groupes et un dj set par leur soin ; de quoi régaler un grand nombre de bordelais qui risquent forcément de passer par la Place du palais.
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La plus fat’ : Odezenne x l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine (Place des Quinconces)

Odezenne. Gratuit. Place des Quinconces. A-t-on besoin d’en rajouter ?
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La plus groovy : L’Orangeade x Délicieuse Musique (Square Dom Bedos)

On ne présente plus Délicieuse Musique ni L’Orangeade, collectif qui vient de fêter ses 5 ans en grandes pompes place Saint Michel. Assez proches artistiquement parlant, les deux collectifs joignent donc leur force pour cette fête de la musique sur le super spot de Square Dom Bedos ! Au menu ? House, disco, mais surtout ambiance tropicale, « danses de vandales sur des rythmes venus du monde entier et amour sous les étoiles ».
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La plus queer et bordélique : Bordeaux Rock x Bordelle (Place Fernand Lafargue)

Joli coup pour l’association Bordeaux Rock et Bordelle qui s’allient et investissent la belle place Fernand Lafargue. Lieu de passage central, celle-ci verra défiler notamment un show drag queen de Maison Eclose et les live de Zebra Lova et PointPointVirgule. Un dj set de l’équipe de Bordelle est à prévoir. Joyeux bordel en prévision, donc.
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La plus funky : Les Amplitudes x Future Sound

Les copains des Amplitudes s’unissent de leur côté avec Future Sound, pour une teuf sur la Place Saint Projet, au bord de la longue rue Sainte-Catherine. Les deux crews risquent fortement de faire vriller les murs aux alentours !
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La plus extended : IBOAT : Open air & Club (Courtesy & Peach)

Douze heures : c’est le marathon proposé par l’Iboat à l’occasion de cette fête de la musique ! Accompagné par 3 excellents collectifs du cru (Crème Fraîche, Canal 113 et A l’eau), l’équipe du bateau fera résonner le Bassin à Flot sur deux niveau ; à la fois au pied de la Grue Wellman en open air, et dans sa cale, avec : Courtesy et Peach.
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La plus sunshine et aventureuse : Rocher de Palmer x FIP

Beau programme rive droite au Rocher de Palmer ! La SMAC convie FIP pour une nuit loin du centre mais au cœur du soleil avec l’electro-hip hop de la réunionnaise Maya Kamaty, le duo funky DjeuhDjoah ou le collectif Cotonete et son groove complètement transmissible. Un beau plateau qui régale !
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La plus à-la-cool : Bruit Rose Music x Brüme (rue Neuve)

Bruit Rose Music et Brüme s’associent le 21 juin pour une formule bien connue de ceux qui ont l’habitude de côtoyer les teufs de ces deux collectifs : « chill au soleil, cocktails, tapas et DJ sets ». What else?
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La plus incestueuse : Super Daronne x Hill Billy (Musée des Arts décoratifs et du Design)

Encore un spot de rêve pour fêter la musique de belle manière : l’écrin du Musée des Arts décoratifs et du Design. Aux manettes, on y retrouvera les collectifs Super Daronne et Hill Billy, adeptes de groove et qui alterneront entre « gros pains et cabrioles spectaculaires ».

Faut-il un maire de nuit à Bordeaux ?

dans DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Alors que l’intérêt d’une vie culturelle nocturne foisonnante n’est plus à démontrer pour les grandes métropoles européennes (Berlin, Amsterdam, Barcelone ou même Paris l’ont bien compris), Bordeaux peine encore à être identifiée à l’échelle nationale pour la vitalité de sa scène de nuit. Si les initiatives de collectifs abondent, le manque de lieu se fait toujours cruellement ressentir. Alors que le Void vient d’être menacé par un arrêté préfectoral pour remise à niveau du système son de la salle, le rôle des politiques publiques locales sur cette question pose question. Qui est en mesure de soutenir et protéger les intérêts des acteurs de la nuit ? Pour répondre à pareille interrogation, certaines villes d’Europe ont fait le choix d’un « Maire de nuit ». La mise en place d’un tel organisme au niveau local est-elle en mesure de résoudre la situation actuelle ? Si la Mairie de Bordeaux que nous avons contacté ne l’envisage pas, la question mérite d’être posée dès lors que l’on observe le fonctionnement de certains voisins européens.

Crédit photo : Miléna Delorme

A regarder de près les agendas culturels récupérés ici ou là (notamment chez nous), difficile de contredire l’idée d’un dynamisme culturel à Bordeaux. Le nombre de collectifs (notamment de musiques électroniques) se multiplie, tandis que « l’offre » événementielle ne cesse de se développer. Qu’il s’agisse de soirées dans des bars, dans des clubs ou même des festivals (en lire plus ici), les bordelais ont de quoi profiter d’activités artistiques et culturelles diversifiées. Parallèlement, de nombreux artistes émergent en ville, appuyant la thèse d’un élan créatif à l’échelle locale et d’événements accompagnant cette effervescence (tout comme la création de nouveaux médias tels qu’Ola Radio pour rendre compte de cette activité). Pourtant, à y regarder de plus près, le constat peut être nuancé. Car si la « scène » bordelaise est belle et bien active et pleine de renouvellement, le manque de lieu reste un frein considérable pour faire de Bordeaux une capitale de la fête en France aux côtés de ville comme Paris, Lyon ou même Nantes.

« Bordeaux la nuit, c’est fini » titrait en 2015 nos collègues de Rue89 Bordeaux. Un brin provocateur, l’article faisait référence à un chiffre particulièrement préoccupant pour une ville de la taille de Bordeaux. Cette année là, pas moins de 15 fermetures administratives avaient eu lieu « pour tapage nocturne, ouvertures tardives, travail illégal, ou rixes ». Un chiffre considérable qui interroge sur la volonté des pouvoirs publics sur cette question de la vie nocturne.

Quatre ans plus tard, où en est-on ? Un constat s’impose ; le nombre de « clubs » proposant une programmation culturelle (exit les discothèques donc, qui se placent davantage sous le signe du divertissement) en ville ou aux alentours n’a pas vraiment augmenté… L’Iboat, le BT59 ou le Parallel (ancien Redgate, feu-Respublica) sont les seuls à occuper ce créneau. On peut noter l’ouverture du Hangar FL de manière sporadique pour contredire la démonstration. Dans le même temps, certains lieux ont même disparus, à l’instar du Bootleg (fermé en 2017). Plus récemment, c’est le Void qui a été contraint de fermer ses portes et qui, s’il souhaite pouvoir continuer d’exister, doit remettre aux normes tout son système son (une cagnotte est d’ailleurs en cours sur Hello Asso).

Bordeaux le jour, oui. Et Bordeaux la nuit ?

Alors, que fait la mairie pour soutenir ou accompagner cette dynamique nocturne ? Interrogé, l’adjoint à la culture Fabien Robert s’oppose à l’idée d’un « Maire de nuit » qui pourrait faire acte de lobbying pour défendre les acteurs et les oiseaux de nuit, à commencer par les différents lieux de diffusion évoqués plus haut. Pour la mairie, cette question de la nuit est avant tout transversale : « si on veut qu’un élu soit spécifiquement en charge de la nuit, ça veut dire qu’on cloisonne la nuit. Ça veut dire qu’on différencie encore plus la nuit du jour. Aujourd’hui, les grandes villes vivent le jour et de plus en plus la nuit. La seule question c’est ; comment on valorise et régule la nuit, pour à la fois plus de tranquillité mais aussi de créativité, de lien social et d’art ». Considérée comme absurde, l’idée de la mise en place d’un Maire de nuit est donc évacuée, la ville optant plutôt pour un « Conseil de la nuit », présidé par le Maire.

Les Pavillons d’été de L’Orangeade @ Miléna Delorme

Selon l’élu, Bordeaux n’a d’ailleurs rien à envier aux autres grandes villes françaises au regard de son offre festive et culturelle. Fabien Robert cite ainsi Bordeaux Open Air, les collectifs tplt ou L’Orangeade (ce dernier ayant récemment pu fêter ses 5 ans sur la place Saint Michel). Si de telles initiatives existent (et on ne peut que les saluer), on peut y voir derrière une forme de développement de l’offre avant tout diurne. Mais quid de l’offre nocturne à proprement parler ? Celle qui se déploierait de minuit à 5 ou 6 heures du matin ? Là, les choses se compliquent.

La vitalité de la scène nocturne au service du développement du territoire

Face à la demande grandissante du public, les initiatives se développent, souvent en périphérie de la ville. Récemment, le Hangar FL a ouvert. Capable d’accueillir des grosses scènes aux esthétiques notamment techno, le lieu (qui a investit une ancienne salle mythique, le Space Opera) n’héberge néanmoins pas des soirées de manière régulière. Également en périphérie, les soirées du collectif Demain Kollectiv connaissent de gros succès, mais subissent toujours pressions et menaces des autorités. Fermé en 2011 le légendaire 4 Sans avait également fait les frais de pareil méfiance. Façonnant l’identité et la notoriété culturelle de la ville, pareils lieux mériteraient pourtant semble-t-il le soutien des pouvoirs publics. Une rapide étude comparative des villes européennes confirme ce constat. Fabien Robert lui même en convient : « le premier critère d’attractivité des territoires aujourd’hui c’est le cadre de vie, et donc l’art et la culture ».

Un certain nombre de grandes villes européennes ont pris la mesure de l’impact positif d’une vie nocturne urbaine développée. Argument comme un autre pour attirer notamment des jeunes sur son territoire, cette dimension se double également d’un argument économique. De la question des transports en passant par celle des personnels de lieux, de sécurité, etc., la vie la nuit est un secteur économique comme un autre qui comptait selon l’INSEE 3,5 millions de personnes qui travaillent entre minuit et cinq heures du matin en France, en 2012. Conscientes de ces enjeux, certaines villes ont ainsi mis en avant un Maire de nuit ; une personnalité en mesure de représenter les intérêts de ces citadins qui vivent voire travaillent une fois le soleil couché.

Un Maire de nuit à la rescousse des nuits bordelaises ?

Hot spot de la fête en Europe, c’est la capitale néerlandaise qui, la première, a vu apparaître un Maire de nuit. Ancien promoteur de club, Mirik Milan a pendant six années œuvré à faire d’Amsterdam une ville où dormeurs et fêtards s’entendent. Qu’il s’agisse des questions d’éclairage, de sécurité, de transport mais aussi bien sûr d’horaires d’ouverture de lieux, de médiations ou de nuisances nocturnes, celui-ci a su pendant son mandat maintenir Amsterdam au rang de villes attractives pour son offre festive et culturelle nocturne tout en respectant les desiderata de ceux moins enclin à la fête. Cela a pu par exemple se manifester par la mise en place d’horaires de fermetures plus flexibles (chaque lieu étant libre de les fixer) pour les établissements qui, dès lors, ne libèrent pas sur la voie publique leur public au même moment, limitant de facto les problématiques de tapage nocturne. Suite à son expérience, Mirik Milan (remplacé depuis par Shamiro van der Geld) a d’ailleurs développé l’initiative Creative Footprint qui entend mesurer et valoriser l’impact économique de l’activité nocturne.

Inspirées par l’initiative amstellodamoise, d’autres villes ont emboîté le pas à la capitale hollandaise, à commencer par sa voisine La Haye. A Londres, le maire libéral Sadiq Khan, élu en 2016, en plus d’avoir étendu les transports de la capitale anglaise toute la nuit (24h/24) les week-ends, a lui désigné un « tsar de la nuit » en la personne d’Amy Lamé. A l’heure où l’iconique club londonien Fabric était sur le point de disparaître et que la ville a vu le nombre de clubs baisser de 1411 entre 2015 et 2005, celle-ci a la lourde tâche de ré-enchanter une vie nocturne qui bat de l’aile. Derrière la prise en compte de cet enjeu de la nuit, la question de l’attrait des jeunes et des forces créatives capables de dynamiser ces métropoles (qui bien souvent ont un pouvoir d’achat relativement élevé) est fondamentale. Outre-Atlantique, le concept intrigue et essaime. En 2017, c’est le vénéré New York Times qui titre l’un de ces articles « What Europe’s ‘Night Mayors’ Can Teach New York » (« Qu’est-ce que New York à apprendre des Maires de nuit européens ? »). Loin d’une formule rhétorique, le quotidien américain indique l’intérêt que prête les élus de la capitale étasunienne et leur souhait de mettre en place un.e tel.le représentant.e capable de défendre les intérêts des noctambule new-yorkais.

#SaveFabric suite à la menace de fermeture du célèbre club londonien @
duncan c (Creative Common)

Du côté de la France, Toulouse fait figure de modèle. En 2013, la ville rose voit l’organisation d’élections pour choisir un Maire de Nuit. Christophe Vidal, habitué de la vie nocturne toulousaine, est alors élu. Si l’initiative n’est pas une émanation des pouvoirs publics, ces derniers entretiennent une relation avec le nouveau représentant des noctambules. Au point qu’un an après son élection, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc décide de rallonger certains transports nocturnes de la ville jusqu’à 3 heures du matin ! Défenseur et porte-parole du droit à la ville « de jour comme de nuit », Christophe Vidal met aussi en avant le poids économique de la vie nocturne et son impact sur le développement de sa ville.

Rennes et Nantes font également figure de pionnière sur ces questions, avec l’élaboration de véritables politiques publiques. Nantes a par exemple vu l’intégration d’un élu à ces questions suite à l’élection d’un Maire de nuit, allant jusqu’à la création d’un Conseil de la nuit en 2015. Rennes voit même quant à elle la mise en place d’« États généraux de la fête » ainsi que d’un Bureau des temps, sur le modèle de l’Italie dans les années 1990, inspiré par le mouvement féministe qui condamnait le travail des femmes durant la nuit. Muni d’une équipe spécialisée dans l’étude des temporalités urbaines, il s’agit de mener des réflexions et d’interroger de multiples acteurs du monde la nuit, pour permettre de guider les choix des élus en ce qui concerne par exemple l’aménagement d’habitats ou de lieux culturels. A Paris, le choix d’intégrer un adjoint au Conseil municipal s’est opéré en la personne de Frédéric Hocquard.

Dès lors, face à toutes ces initiatives de soutien à la vie nocturne en France, en Europe et dans le monde, quels leviers les pouvoir publics bordelais pourraient activer en vue de revitaliser et redynamiser la vie culturelle nocturne locale ?

Quel(s) avenir(s) pour les nuits bordelaises ?

La question de l’ouverture de lieux est sans aucun doute l’une des priorités en vue de redynamiser le terrain nocturne. Trop rares, voire quasiment inexistants en centre-ville (hormis le Void ?), ces établissements doivent être au cœur d’une redynamisation et d’une reconstruction d’un imaginaire nocturne et festif à Bordeaux. Suite à la fermeture des 15 établissements sus-mentionnés, la Mairie a d’ailleurs intensifié sa réflexion sur l’accompagnement de ces lieux de diffusion. L’élu à la culture entend cependant différencier les café-concerts et les bars musicaux proposant une vraie proposition culturelle des « bars avec un simple système-son ». Ce lien étroit avec ces structures se manifeste notamment par du soutien en communication pour certains festivals, voire un accompagnement sur l’insonorisation ou l’achat de limitateur de sons. Le fait qu’il s’agisse ici d’entreprises et non d’associations empêche en effet les pouvoirs publics de verser des subventions ou tout type d’aide directement.

Bordeaux la nuit @ Intza Bagur

Des discussions pourraient dans le même temps être entamées afin de permettre à ces lieux (bars, salles de diffusion…) d’allonger leurs horaires d’ouvertures, afin de désengorger les rues qui, par exemple à deux heures du matin, se retrouvent « pleines » de fêtards qui sortent de bar et se retrouvent livrés à eux-mêmes au même moment. Il en va de même pour les clubs qui se voient imposer des fermetures aux mêmes heures (6 heures généralement). Des ouvertures en continu pourraient être envisagées, à l’instar de Paris, Amsterdam ou Berlin.

Enfin, au-delà du (nécessaire) soutien à des événements diurnes, la ville aurait tout intérêt à accompagner l’émergence de manifestations culturelles nocturnes d’envergure pour son rayonnement. Des municipalités comme Paris (avec les Nuits Blanches) ou Lyon (Fête des Lumières) l’ont bien compris et capitalise sur cette dimension événementielle hautement bénéfique sur le plan de l’attractivité, touristique et donc économique. L’existence d’un tel événement manque sans doute pour faire de Bordeaux une capitale de la nuit et lui forger une identité culturelle nocturne. Dans une note de synthèse sur « La métropole bordelaise la nuit », l’agence d’urbanisme de la métropole bordelaise (A’urba) explique bien que « sur cet aspect, le rayonnement de la métropole bordelaise est difficilement identifiable » et d’ajouter que « Bordeaux ne semble pas jouer cette carte et les politiques événementielles ne s’appuient pas spécifiquement sur les temps nocturnes ». Ainsi, miser sur un événement culturel nocturne clairement identifiable permettrait d’accroître le rayonnement de la ville et de lancer un signal fort quant à l’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis de la vie nocturne à Bordeaux.

Ainsi, si l’on reconnaît le dynamisme culturel local au travers de multiples initiatives, le manque de lieux se fait ressentir. Bordeaux peut néanmoins s’inspirer d’une multitude d’initiatives européennes, à commencer par le Maire de nuit. Si la Mairie rejette cette idée, y voyant davantage un risque de cloisonner la question nocturne, l’existence de telles personnalités à Amsterdam, Paris, Toulouse a fait ses preuves. Ville naturellement attractive pour son cadre de vie, ses autorités ont tout intérêt à explorer ses pistes et apporter des réponses en vue de faire de la capitale de la Nouvelle-Aquitaine l’un des foyers de créativité artistique en France et éviter l’image d’un ville dortoir déserté par les forces vives. Autant de questions qu’on espère voir abordées lors de l’événement « Et toi, la nuit ? » qui consacre quelques tables-rondes à ces questions. Car si pour Fabien Robert « On ne s’ennuie pas à Bordeaux, il y a vraiment de quoi faire », on peut penser qu’accompagner encore davantage la dynamique culturelle nocturne en ville permettrait de hisser la ville à la hauteur de certaines de ses voisines européennes.

Discussion avec Djedjotronic, DJ et rat de studio

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Avant son passage à La Serre le samedi 11 mai, on a croisé la route du dj et producteur Djedjotronic. Figure de la scène locale passée par Paris et Berlin, le bordelais a signé 8 sorties sur le prestigieux label Boysnoize Records et continue d’explorer une facette rétro-futuriste de la techno tout en arpentant les clubs de France et de toute l’Europe, jusqu’en Russie.
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Le Type : Peux-tu te présenter rapidement ?

Djedjotronic : Djedjotronic, producteur, DJ, rat de studio.

Quel est ton lien avec Bordeaux, tu y vis actuellement ? Tu as aussi vécu à Paris et Berlin ?

J’ai grandi sur le Bassin d’Arcachon donc Bordeaux a été le premier point de chute quand je suis parti de chez mes parents. C’est aussi à Bordeaux que j’ai découvert la musique électronique et la fête, au 4 Sans, au Nautilus au Space Opera. Ensuite je suis parti vivre à Paris pendant 8 ans. C’est là-bas que tout à vraiment commencé, j’y ai rencontré ma femme aussi ! Et puis on est parti vivre à Berlin pendant 4 ans pour revenir s’installer à Bordeaux il y a peu.

Tu as notamment une résidence sur Ola Radio, tu joues bientôt à La Serre du collectif tplt. Tu es donc plutôt bien ancré dans cette scène locale, comment tu l’observes aujourd’hui et comment a-t-elle évoluée par rapport à tes débuts en 2009 ?

Je trouve qu’il y a une belle offre en termes de fêtes, avec des évènements et des djs locaux super talentueux. Mais j’ai le sentiment que l’ont entend pas assez les producteurs de musique. Ceux qui sortent potentiellement des disques, qui font la musique et la scène. Bordeaux a toujours été une ville assez fragmentée avec des guéguerres de crew complètement stérile. C’est pour ça qu’une initiative comme Ola est salutaire ! On a enfin une plate-forme qui fédère et rassemble.

Tu as signé 8 sorties sur le label Boysnoize Records ; comment tout ça a commencé et comment s’est passée la collaboration avec cette institution du game électronique ?

Tout a commencé très simplement, en 2008, lorsque Boysnoize m’a envoyé un mail sur Myspace ! Par la suite on a fait quelques grosse tournées ensemble et on est devenu proche. J’ai une grande liberté en sortant mes disques chez eux, Alex me fait totalement confiance. C’est un label audacieux, qui ne se cantonne pas à un style de techno en particulier. Je ne suis pas toujours d’accord avec leur choix artistique mais je crois que c’est un label important qui marque son époque.

Fin 2018 tu as donc sorti ton LP R.U.R sur ce label. Un disque imprégné d’esthétiques SF futuristes, bourré de références à l’IA, au monde des robots etc. ; penses-tu que les musiques électroniques (et peut-être plus précisément la techno) sont la bande-son de la révolution technologique contemporaine ?

En fait j’ai souvent le sentiment que la musique électronique (la techno en particulier) est devenu une musique du passé, très conservatrice. Il y a dans mon album R.U.R une esthétique rétro-futuriste mais aucune nostalgie d’un temps que je n’ai pas connu. Il y a des références sonores évidente mais une certaine irrévérence aussi. Le jour où on arrêtera de faire de la techno avec des TR-909 alors peut-être que cette musique deviendra la bande son de la révolution technologique contemporaine !

Certains artistes franchissent le pas et vont même jusqu’à travailler avec des intelligences artificielles (comme Actress qui a sorti un EP avec Young Paint, une IA qu’il nourrit depuis 10 ans) ; ce processus de création t’intéresse ?

Je trouve ça fascinant, je n’aurais jamais la patience pour ce genre de truc (rires). Je parlais l’autre jour avec un mec qui écrit sa musique avec des ligne de codes, c’est complètement dingue !

Quelles sont les prochaines étapes pour toi ? On t’a récemment vu jouer au Sucre à Lyon pour le Nova Mix Club, tu joues samedi à La Serre ; d’autres dates sont prévues en Europe ?

Ces derniers mois ont été très chargés. Il me reste quelques dates en Europe, Moscou, Budapest, et puis cette été c’est plus calme. Je vais pouvoir retourner en studio.

Au niveau du calendrier des sorties, des choses de prévues prochainement également ?

Je travail tranquillement sur un deuxième album et puis quelques maxis pour des labels assez cool, j’espère que ça va se confirmer ! Je viens de collaborer avec Elektron aussi en leur désignant des patch pour leur nouvelles machine Digitone Keyboard. Les sons seront disponibles dans la banque son d’usine de la machine.

Tu traînes où à Bordeaux pour sortir, écouter de la bonne musique ?

L’Iboat ou la Serre / Verger !

tplt : 6 ans et une tournée

dans ÉVÉNEMENTS/LES NOUVELLES/MUSIQUE

Le collectif tplt – à qui l’on doit notamment Le Verger et La Serre – fête ses 6 ans en 2019. Six années au service de la fête diurne et nocturne et du défrichage artistique à Bordeaux et au-delà, à l’image de la tournée du crew en France et en Suisse.

Crédit photo : Janeb

Particulièrement actif sur Bordeaux, tplt s’est fait en 6 ans une place de choix dans le game local et hexagonal, à travers différents formats et propositions artistiques. C’est d’abord Le Verger et La Serre, deux événements ayant su imposer une nouvelle rythmique festive en ville, avec des teufs organisées en après-midi aux Vivres de l’Art. Avec le succès significatif rencontré par le concept, le collectif s’est même essayé à l’exercice du festival, en 2017, avec un casting impeccable de diggers européens et d’ailleurs (Tornado Wallace, Orpheu The Wizard, Jamie Tiller…). On peut également retrouver tplt derrière les soirées Déviante, consacrées aux musiques « qui ne filent pas droit », généralement programmés au Void.

tplt, collectif défricheur

A Bordeaux, le crew joue un rôle important dans le défrichage artistique, en cherchant toujours à inviter des artistes peu médiatisés mais qui méritent toute l’attention de celles et ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la scène électronique actuelle. Avec un show sur LYL Radio et maintenant sur Ola Radio, tplt participe aussi à la création de liens forts entre les acteurs du milieu ; des liens que le collectif tisse aussi à travers les invitations lancées à des artistes d’autres villes françaises ; dont certaines que tplt arpentera lors de sa tournée.

Une tournée anniversaire

Histoire de célébrer comme il se doit ces six années de bons et loyaux services pour la fête et la découverte musicale à Bordeaux, le collectif part donc à la rencontre d’autres clubs français et suisses pour distiller ses sélectas aiguisées. Du nord au sud, en passant par le centre du pays ou même de la Suisse ; le maillage du territoire est bien complet. La tournée a commencé par Lille, Paris (à Concrete) puis Clermont-Ferrand au réputé One-O-One dont le résident Ixell fut convié à passer des disques lors d’une précédente Serre avec la roumaine Aleksa Alaska. Passage également obligé par Bordeaux, maison mère du crew qui y a dignement fêté ses 6 ans, à l’Atelier B, en compagnie du belge Rick Shiver. La Rochelle, Toulouse puis Lausanne et Nantes suivront ; de quoi continuer à nouer de belles connexions avec d’autres acteurs de la scène française et de continuer à promouvoir les couleurs d’une scène locale qui n’a décidément rien à envier à ses voisines.

Une webradio à Bordeaux : Ola Radio

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MÉDIAS/MUSIQUE

Bordeaux verra débarquer dans un mois sa première webradio dédiée à la culture électronique et ses acteurs : Ola Radio. Le Type a eu l’honneur de rencontrer Alice, Rémi et Tommy, les trois créateurs de cette révolution musicale et culturelle locale longtemps attendue. Lire plus

Immersion en terres basques à Baleapop

dans MUSIQUE

Moment privilégié dans notre été, Baleapop est un passage incontournable en vue de clôturer la saison de la plus douce et conviviale des manières. Beaucoup a été dit et écrit sur le festival basque. Pourtant, rien ne saurait remplacer l’expérience que représente cette bulle musicale idéale. Avec sa programmation pointue et ouverte sur de nombreuses esthétiques, Baleapop offre un cadre de découverte particulièrement plaisant, à l’heure où la plupart des festivals misent sempiternellement sur les mêmes têtes d’affiches bankable. Ici, place à la diversité, à la singularité et aux coups de cœur. Cette édition « sabotage » n’a donc pas dérogé à la règle, avec son lot d’explorations sonores. Retour sur notre passage en terres basques en images.
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Un samedi d’exil au Verger

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

4 août 2018, une journée chaude comme la braise; le ciel est d’un bleu sans camaïeu, le soleil tape aussi fort que le son tandis que les présents déambulent sous les brumisateurs. Niché dans son intime petit jardin, en plein cœur des Vivres de l’Art, le collectif tplt nous a convié à l’une de ses petites sauteries d’été. Le Verger (toujours décoré comme son nom l’indique) nous propose cette fois-ci un invité aux multiples influences musicales. Souvent cité comme le jukebox de cette époque, Vidal Benjamin se fait une joie de nous présenter son set comme un conte de sonorités vintage. Il virevolte entre house et disco, nous propulsant tout droit vers les années 80. Signé par le label Versatile, ce dernier nous a offert un audacieux retour en arrière. Surpris par le deuxième nom de cette affiche, les biarrots Décalé se sont débrouillés comme des rois jetant des riffs aussi tropicaux que cette chaleur omniprésente. Placé sous le signe de la détente et de la gaité, nous avons souhaité vous faire vivre l’expérience de ce Verger en photographiant les artistes ainsi que leur public. Enjoy !

Maxi Fischer / Décalé Soundsystem
Maxi Fischer / Décalé Soundsystem
Jacky Fischer / Décalé Soundsystem
Jacky Fischer / Décalé Soundsystem

Benjamin Vidal

Bordeaux : le guide de la Fête de la Musique 2018

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

A l’approche de la Fête de la Musique 2018 qui aura lieu le jeudi 21 juin, on vous propose un petit guide histoire de ne louper aucune étape d’une soirée qui s’annonce chargée et pleine de belles surprises. Sélection d’événements qui nous font saliver d’avance, entre spots bien cool, collaborations intéressantes et propositions artistiques séduisantes.

Crédit photo : Astrid Lagougine
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L’Astrodøme x Musique d’Apéritif @ Place du Palais

Récemment arrivé dans le paysage musical bordelais, L’Astrodøme continue sur sa lancée en mettant en place une belle affiche place du Palais avec la team de Musique d’Apéritif. Point central en ville, cette joyeuse sauterie verra défiler une belle brochette d’artistes locaux, de Wizard à Equipe de Foot en passant par le groupe américain L.A Witch ou la formation issue de Haute Savoie Korto.

tplt x L’Orangeade @ Square Dom Bedos

C’est bien connu ; l’union fait la fête. C’est le leitmotiv qui a poussé deux des meilleurs collectifs locaux à joindre leur force pour un événement de taille qui fera la part belle aux belles galettes et aux morceaux de choix dans un cadre d’exception, le Square Dom Bedos. Ayant déjà collaboré pour l’édition 2016 de la Fête de la Musique, tplt et L’Orangeade remettent donc le couvert et s’apprêtent à célébrer comme il se doit le passage vers l’été.

Délicieuse Musique @ Cour Mably

Se déployant au sein d’un des spots les plus cools en ville, Délicieuse Musique inscrit définitivement son rendez-vous comme l’un des temps forts de cette édition 2018 de la Fête de la Musique. Qui plus est, l’équipe réunit un line up impeccable avec une surprise de taille, qu’on peut découvrir dans la mixtape que Délicieuse Musique nous a concocté il y a quelques jours.

Pour Ceux x Findout Music

Rue passante de choix, la rue des Ayres verra pour sa part une autre union investir le Verde Nero ; celle de Pour Ceux et des gars de Findout Music, férus de bass music, de house et d’autres beats en tout genre. Ambiance tropicale garantie jusqu’à « une heure et des brouettes ».

Iboat w/ Sacha Mambo @ au MADD

Après un récent déménagement s’étant soldé par l’événement d’envergure Ahoy, l’Iboat investit le centre-ville de Bordeaux jusqu’à la fin du mois de juin du côté du Musée des Arts décoratifs et du design. La fête de la musique sera l’occasion pour le célèbre ferry bordelais de marquer le coup avec une soirée qui verra notamment le lyonnais Sacha Mambo faire défiler sa sélecta toujours impeccable.

Bordeaux Rock @ Place Fernand Lafargue

Autre spot bien central et stratégique ; la place Fernand Lafargue ! Cette année, c’est la team de Bordeaux Rock qui y pose ses platines pour un « grand bal populaire et moderne ». Aux commandes, on aura le plaisir de retrouver le duo fou 45 Tours mon amour, pour une distribution d’ondes positives rétro, ainsi que Double Tee et Lionel Fantomes qui tient son salon sur la même place le reste de l’année.

FIP @ Rocher de Palmer

Pour tout ceux répugnant à l’idée d’aller s’entasser dans un énième open-air et d’écouter un mélange de disco et de house, une alternative existe à quelques stations de tram du centre-ville. FIP fête en effet au Rocher de Palmer la musique avec plusieurs artistes gravitant dans la sphère jazz world. On y retrouvera la formation bordelaise Robin & the Woods, le jeune prodige de 18 ans Tom Ibarra, Benkadi Quartet et Touré Kunda.

A l’eau x SUPER Daronne @ Crédit Municipal de Bordeaux

Les deux crews trublions A l’eau et SUPER Daronne s’unissent eux aussi pour une teuf également très bien située en plein centre de Bordeaux. On retrouvera aux platines les membres des deux équipes pour ce qui s’annonce être un truc bien chaud !

Raibow Pony x Les Amplitudes @ Place Saint-Projet (rue Sainte Catherine)

Quand deux collectifs s’unissent et proposent un événement en plein sur la plus longue rue de Bordeaux, on peut légitimement s’attendre à un joyeux bordel. Raibow Pony et Les Amplitudes, habitués de la fête bordelaise occuperont ainsi une place de choix en ville, qui s’annonce comme l’un des points de passage obligé de ce rendez-vous musical.

Uni-Tekno 4 @ Doyen Brus

9 heures de son non-stop : c’est la formule proposée par une pléthore de collectif techno à Pessac pour une teuf en open-air bien solide. De quoi régaler les plus teuffeurs d’entre-nous et autres aficionados de rythmes accélérés ou énervés.

Concilio @ l’Iboat

Si la plupart des événements prévus pour la Fête de la Musique en centre-ville s’achèvent relativement tôt (autour d’une heure), les plus gourmands auront malgré tout de quoi se rassasier.  L’Iboat accueillera en effet BinarySound et Les Viatiques, deux collectifs de la région aux esthétiques micro house et minimale, pour finir la soirée en beauté.

Eclectype #42 – La playlist bordelaise – mai 2018

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Rendez-vous mensuel pour découvrir de nouveaux artistes issus de la scène bordelaise tout en redécouvrant des pépites locales bien de chez nous, enfouies parfois dans les bas-fonds des internets. Sans trier, on sélectionne de manière éclectique dans cette playlist des univers parfois très différents, du rock psyché à la house en passant par le hip hop ou la musique de chambre, toujours dans une démarche de promotion de la création émergente à Bordeaux.

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Momla – First Joint

Nouvelle aventure à Bordeaux : Broken District, label house musical exigeant. Avec cette première sur Delicieuse Musique, c’est le producteur Momla et son titre funky et jazzy « First Joint » qui sont mis en avant. Une belle histoire à suivre.

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Le Bal Chaloupé – Cumbia de Pedro


Maîtrisant à merveille l’art du chaloupage, les 5 joyeux lurons du Bal Chaloupé amènent chaleur et sueur dans la région bordelaise à coup de cumbia revisitée, de jazz déstructuré et d’une bonne dose de bonne humeur. Véritable « Carnaval de Rio miniature » comme l’explique lui-même le groupe, on scrutera avec attention les différents passages de ce dernier au fil des événements auquel il sera convié
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Lord Esperanza – Replay

Si Lord Esperanza n’est pas bordelais, toute l’équipe derrière son clip « Replay » l’est. Dans le cadre de sa tournée, le rappeur a en effet clippé 10 de ses morceaux dans 10 villes différentes, à chaque fois entouré d’une équipe locale. Pour Bordeaux, ce sont François Potrel (réalisation), Harden Hu (post-prod), Morgan Bachel, Yann Toscan, Baptiste Chabot, Thibaud Drobiolle et Victor Chevalier qui se sont prêtés au jeu, avec talent. Big up à eux.

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Mama Laveau – Bouger comme benoit

Mama Laveau est un duo marseillais qui s’est pris d’affection pour Bordeaux, au point d’y tourner son clip « Bouger comme Benoît », réalisé par Julien Robin, à La Tencha avec plusieurs danseurs de la scène locale. On suit les aventures d’un certain Benoît qui y déambule, pas très à l’aise.

tplt radio show on LYL Radio w/ Superlate & Theorama


Gérants du nouveau disquaire en ville oto disques (implanté au sein du Café Mancuso), Superlate et Theorama sont également deux artistes gravitant au sein du collectif tplt, instigateur des excellents Vergers (l’été) et de La Serre (l’hiver). Avec leur émission sur la webradio lyonnaise LYL Radio, ils partagent leurs dernières trouvailles diggées dans les bacs de leur shop et ailleurs.

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Procrustean – New

Avec un premier un EP (Merely a Cure) a son actif, Procrustean propose une formule mathématique (ou chimique, c’est selon) simple énoncée sur ses réseaux : Music + Words + Vocals = Pol + Doni. Deux têtes donc pour composer ce qui sonne comme un subtil mélange de pas mal de trucs cool, entre noise, new wave et rock.

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Poumon – Dig in me

Poumon n’est toujours pas calmé. Bien au contraire. « Dig In Me » l’illustre bien et nous conforte dans l’idée que la formation a de beau jours devant elle. A retrouver entre autre le 30 mai à L’Antidote à Bordeaux.

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Colt – Blue Diamond Pills

Avec une sortie d’EP imminente prévue pour l’année 2018, le trio de choc Colt est attendue au tournant. Squattant depuis quelques années maintenant les salles bordelaises, le groupe accélère avec ce nouvel effort qui, à l’image de « Blue Diamond Pills », transpire un rock garage qui sent bon les caves mais qui garde la classe.

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Smogs & Tacos – Spit On Your Fac

Si le premier album de Smogs & Tacos Dreams Removal vient de sortir le 28 mai, les 5 musiciens n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Habitué des scènes (une première partie de Jim Jones Revue ou de Datcha Mandala au compteur notamment), le groupe confirme ici son penchant pour les courants alternatifs qui ne laissent pas vraiment indifférents.
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T-Bow – V

Après s’être exilé à Miami où il a sans doute puisé son inspiration pour la confection de ses titres punchy et ensoleillés à l’image de « V » et ses rythmiques chaleureuses, Thibault est de retour à Bordeaux où il trouvera, on l’espère pour lui, matière à composition.

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Mama Killa

Un EP, 5 titres : Mama Killa prend tout dans « Take It », et prend surtout par la main l’auditeur pour l’emmener avec panache dans son univers à la lisière de la pop, du rock et du grunge.

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D’autres Eclectypes avec d’autres artistes locaux à découvrir :

tplt : 5 ans au service de la fête à Bordeaux

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Le collectif tplt fête en cette fin d’année 2017 ses 5 ans, avec une série d’évènements entre Nantes, Paris, Biarritz et, bien entendu, Bordeaux : à l’IBoat le vendredi 24 novembre. L’occasion de revenir sur l’évolution d’une bande de potes qui a largement œuvré au développement et à la reconnaissance de la scène électronique locale.

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L’histoire de tplt démarre en octobre 2012. Charl, Superlate, Yougo et Thibault entendent alors défendre une certaine ligne artistique ainsi que fédérer autour d’eux les artistes d’une scène locale parfois un peu dispersée. Avec la création du Bootleg en 2013, le collectif trouve rapidement un lieu adéquat pour la mise en place de leur soirées. La fermeture du lieu, un an plus tard, et pour plusieurs mois, marquera paradoxalement une occasion de renouveau important pour tplt.

 

Toujours désireux d’organiser des évènements et de promouvoir et soutenir les artistes qu’ils apprécient, les membres du collectif vont trouver dans Les Vivres de l’Art un écrin rêvé pour prolonger des festivités devenues impossibles au Bootleg. Avec Le Verger, ils proposent un format (le samedi après-midi jusqu’en début de soirées) inédit à Bordeaux, dans un cadre idéal. L’hiver venu, c’est l’intérieur de la galerie d’art qui sera investie par l’équipe, avec La Serre et Le Salon. Deux formats qui verront défiler un grand nombre d’artistes, toujours dans un esprit de défrichage : Sadar Bahar, Jamie Tiller ou bien Interstellar Funk… Cet été, tplt a même passé un cap avec l’organisation de son propre festival : Le Verger Festival (avec Tornado Wallace, Jayda G, Orpheu The Wizard, Dopplereffekt, The Pilotwings…).

Un anniversaire fêté à Paris, Nantes, Biarritz et Bordeaux

Pour fêter leur 5 ans en bonne et due forme, les membres de tplt ont voulu marquer le coup en allant célébrer dans 4 villes cet anniversaire : Nantes, Paris, Biarritz et bien sûr Bordeaux. Le collectif a choisi pour ça des artistes qu’il apprécie, avec Dazion, TakoAndré Pahl, OKO DJ et Marcellus Pittman, digne représentant de la scène de Détroit. Ce dernier jouera en clôture de cette mini-tournée qui prendra place à l’IBoat et pour laquelle on offre d’ailleurs deux places ci-dessous.

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▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

Evènement Facebook

 Pour gagner ta place pour la soirée ; like la fanpage du Type et like le post concernant le jeu concours ou envoie un mail à
contact@letype.fr en objet « HBD tplt ! »
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Agora biennale d’architecture : le DJ Gilles Peterson à Bordeaux

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Dans le cadre de la biennale Agora, le collectif tplt et le lieu de création Les Vivres de l’Art s’associent et invitent à Bordeaux l’artiste DJ anglais Gilles Peterson ce vendredi 22 septembre dans un cadre inédit qui donne envie. Et c’est gratuit.

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Initiée en 2004 afin de rendre compte des « profonds changements qui ont bouleversé Bordeaux depuis 1995 », la biennale d’architecture, d’urbanisme et de design Agora est l’occasion tous les deux ans de se frotter à de nouvelles créations et initiatives dans de nombreux champs artistiques. Au-delà des deux disciplines mères du rendez-vous bordelais (l’architecture et l’urbanisme), l’évènement s’ouvre de plus en plus à d’autres horizons culturels. Si l’image d’Agora a déjà pu être entachée et critiquée par sa programmation obscure, on note aujourd’hui une réelle volonté de travailler et de donner une chance à des collectifs locaux plus à même de comprendre les logiques du territoire et d’y insuffler une dynamique positive afin de fédérer des publics variés.

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Une fête gratuite et un artiste prestigieux pour mettre en valeur l’architecture des Bassins à Flot

C’est dans cette optique et dans ce cadre que Les Vivres de l’Art et le collectif tplt, qu’on connaît pour l’organisation des fêtes diurnes Le Verger et Le Salon (et cet été de la première édition de leur festival), convieront un invité de marque vendredi 22 septembre : l’artiste anglais Gilles Peterson. Directeur artistique du pointu Worldwide Festival, gérant de labels (Acid Jazz, Talkin’ Loud, Brownswood Recordings), curateur et résident de la BBC : il est l’un des plus gros influenceurs pour qui apprécie les découvertes musicales dans de nombreux styles tels que la soul, le jazz, le funk ou le hip-hop notamment. Accompagné du MC Earl Zinger, il délivrera vendredi un DJ set dans un lieu insolite, en plein air, dans le quartier des Bassins à Flot sur le parvis d’un atelier de réparations maritimes ! Cette fête gratuite et ouverte à tous cherchera à mettre en valeur l’architecture particulière de ce quartier, notamment par le biais d’un show laser inédit projeté sur tout les Bassins à Flot et « d’autres surprises tout au long de la soirée » promet le collectif tplt.

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Le Verger Festival : deux jours de fêtes et de découvertes à Bordeaux

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Deux journées, 20 artistes, 4 scènes différentes réparties sur deux lieux, un label invité et une multitude de belles promesses : le collectif bordelais tplt lance Le Verger Festival les 7 et 8 juillet prochains. Une première édition sous le signe de la fête, mais aussi de la découverte quand on connaît l’exigence déployée par l’équipe tout au long de leurs différents événements annuels.

Crédit photo : Nico Malet

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tplt aux manettes du Verger Festival

Depuis maintenant trois ans, tplt (feu Template) s’efforce de proposer au sein d’un lieu d’exception à Bordeaux, Les Vivres de l’Art, des évènements qui bousculent le format « club » classique, avec une programmation soignée et résolument défricheuse. Entre Le Verger et ses déclinaisons hivernales La Serre puis Le Salon dernièrement, les évènements du collectif ont su s’imposer parmi les bordelais comme des valeurs sûres afin d’allier plaisir et découverte de nouveaux horizons musicaux. Forte de cette expérience, l’équipe associative a donc décidé de réunir ses forces autour d’un évènement représentatif du travail de défrichage effectué tout au long de l’année.

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Un festival sous le signe de la fête et de la découverte

« Nous avons décidé de célébrer le début de l’été en occupant tous les espaces du « domaine du possible » » annonce tplt. De quoi présager le meilleur pour cette grande fête qui s’étalera donc sur deux jours, entre ce spot si merveilleux que sont Les Vivres de l’Art (lieu artistique de création et d’exposition) et un lieu incontournable de la culture électronique bordelaise : l’IBoat. Pour autant, Le Verger Festival ne s’enfermera pas sous cette seule étiquette de musique électronique. En effet, le collectif ne s’est pas contenté d’aligner des noms d’artistes bankables, ceux qu’on croise de manière répétitive sur les affiches de festivals partout en France. Bien au contraire, tplt proposera un panorama riche de différents artistes, peu connus mais toujours singuliers, qui explorent des territoires éloignés des sentiers battus. Musiques obscures, pépites synthétiques, sonorités envoutantes et étranges, disco déviante, penchants italo ou house éthérée : tels sont les mots clés pour tenter de cerner ce qui sera proposé au public les 7 et 8 juillet.
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Une programmation riche, à la fois locale et internationale

Si la programmation fait la part belle aux locaux, avec les résidents du Verger Superlate, Yougo, Hoejeon Soli ou d’autres têtes connues telles que 45 Tours Mon Amour, Jann ou Theorama, on retrouvera trois autres artistes français bien installés dans leur ville respective : le toulousain O. Xander, le nantais Bloody L et les lyonnais The Pilotwings. Au-delà, l’affiche sera partagée par des artistes venus de Berlin en la personne d’André Pahl et Jamie Tiller et de leurs sets perchés, de Los Angeles avec l’explorateur Lovefingers, de Vancouver avec l’énergique Jayda G, ou encore de Melbourne avec le chaleureux Tornado Wallace. La scène hollandaise sera particulièrement bien représentée avec les labels très qualitatifs Music From Memory et Second Circle mis à l’honneur avec ses artistes Tako, Orpheu The Wizard et Dazion. Le duo légendaire Dopplereffekt se chargera de la Closing aux côtés de Yougo, Jann et O.Xander. Un programme léché qu’on a hâte de découvrir le vendredi 7 et samedi 8 juillet !

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La programmation complète

  • Vendredi 7 Juillet 
Le Salon (17h-01h)
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Theorama B2B Superlate (Basement Tales / tplt – Bordeaux)
45 Tours Mon Amour (Bordeaux)
André Pahl (Camp Cosmic – Berlin)
Lovefingers (ESP Institute – Los Angeles)
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  • Samedi 8 Juillet
Le Kiosque (14h-23h)
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Hoejeon Soli (tplt – Bordeaux / Paris)
Bloody L (Abstrack – Nantes)
The Pilotwings Live (BFDM – Lyon)
Jayda G (1080p – Vancouver)
Tornado Wallace (Running Back – Melbourne)
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Le Verger : Second Circle Stage (16h-22h)
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Tako (Second Circle / Music From Memory – Amsterdam)
Jamie Tiller (Second Circle / Music From Memory – Berlin)
Orpheu The Wizard (Second Circle / Music From Memory – Amsterdam)
Dazion Live (Second Circle – La Haye)
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OFF/closing : IBoat (23h-6h)
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Dopplereffekt live (Rephlex – Detroit)
Jann (Pinkman – Bordeaux)
O. Xander (Nous – Toulouse)
Yougo (tplt – Bordeaux)
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Rejoindre l’évènement :

Le Bootleg fête ses 4 ans aux côtés des bordelais

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Joyeux anniversaire Le Bootleg ! En 4 ans, la salle s’est imposée comme un acteur incontournable de la vie culturelle nocturne bordelaise avec une programmation concert et club qualitative. Pour souffler cette quatrième bougie, l’équipe a offert des cartes blanches à trois collectifs bordelais qui s’efforceront de proposer différentes esthétiques, à l’image de la pluralité artistique qui prévaut à Bordeaux.

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4 ans au service de la vitalité culturelle bordelaise

Voilà maintenant 4 ans que Le Bootleg s’efforce de proposer aux bordelais une programmation exigeante qui faisait jusqu’ici défaut en centre-ville. Ouverte en 2013, la structure associative est devenue un des piliers de la nuit à Bordeaux, avec plus de 30 000 adhérents et plus de 300 concerts au compteur (auxquels il convient d’ajouter toutes les soirées clubs organisées en son sein depuis). Si la salle peut aujourd’hui se targuer d’avoir trouvé son public, l’histoire du Bootleg a été tourmenté, et son futur reste à écrire. Un an après son ouverture, en mars 2014, le lieu subit en effet une fermeture administrative très préjudiciable. La résistance s’organise : une campagne de crowdfunding plus tard et des mois de travaux permettront au Bootleg de ré-ouvrir en grande pompe en octobre 2014. Depuis, le Bootleg poursuit ses efforts pour proposer une programmation de qualité, entre rock, garage, métal, funk et musiques électroniques pendant les soirées clubs. Dans une dimension économique sociale et solidaire, l’association valorise à son échelle les cultures alternatives de la ville et d’ailleurs. Son quatrième anniversaire sera donc l’occasion de célébrer la vitalité culturelle locale !

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Une programmation anniversaire confiée à des collectifs locaux

Afin de fêter dignement ses 4 ans, Le Bootleg a convoqué 3 collectifs bordelais pour la programmation. En tout, les festivités s’étaleront sur un mois, une première semaine étant programmée par la salle elle-même. Pour le reste, on retrouvera des promoteurs locaux déjà très actifs à Bordeaux ; Microkosm dans une veine techno industrielle, le collectif tplt responsable des excellents événements aux Vivres de l’art Le Salon / Le Verger, ou encore les trublions de À l’eau et leur hédonisme électrique. Entre jazz, rock, funk, house ou techno, tout le monde devrait s’y retrouver. Au-delà des différentes chapelles musicales, les formats des événements varieront sur ce mois de célébration, puisqu’en plus des concerts, on aura notamment l’occasion de faire la fête jusqu’au petit matin pour les soirées club, de voir un spectacle d’impro ou d’apprécier en afterwork une expo. Histoire de s’y retrouver, un visuel vaut mieux qu’un long texte (cliquer sur le visuel ci-dessus pour tout voir).)

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Toutes les infos sur la programmation :

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