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Report : Georgio ou l’écoute d’un rap libre

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Retour sur le live libéré du rappeur du dix-huitième Georgio, venu défendre son album XX5 au Rocher de Palmer il y a peu. Entre textes forts et poignants et démarche ultra sincère, l’artiste fascine. Hommage en images.

Texte : Noémie Malo
Photos : Miléna Delorme

On passe les portes du Rocher de Palmer… On entend des notes et on sent déjà les « boom boom » résonner. On franchit la porte de la salle et rencontre une identité à part, nature peinture. Que le partage commence ! Georgio, électron libre de vingt six ans partage ses paroles et ses maux passés, présents et futurs à sa manière. Cet artiste ambitieux, rêveur, et plein d’espoir, nous raconte son parcours à travers ses albums et son perpétuel mouvement, depuis Bleu Noir, album sombre et torturé jusqu’à Héra, représentatif d’espoir et de musicalité, pour enfin produire XX5, album qui semble être un retour à l’essence même de la vision du rap à la sauce Georgio.

Le rap fantasque d’un jeune prodige maniant habilement notre langue française, sachant apporter une dimension poétique aux mots qu’il chante et rap. Artiste lucide qui sait prendre du recul sur son art et qui semble s’adresser à chacun de nous de manière personnelle. Jeune homme plein d’humilité à mi-chemin entre rebelle piqué au cœur par le rap et homme posé et réfléchi. Dès ses quatorze ans, il vit l’évidence, découvre le rap français et commence à rapper. Le succès suivra.
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A vingt six ans, Georgio est maintenant un artiste en devenir qui semble déjà avoir trouvé sa place, accomplit la création d’un flow concis et concret. Avide de paradoxe, il manie les mots et sait se faire entendre. Un visage expressif, une carrure et un être sachant transmettre émotions et envies à travers ses textes. J’observe depuis la fosse l’électron libre laissant valser son corps au rythme de ses sons, sans se soucier du regard de l’autre.
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L’instant est grandiose, juste du partage et du lâcher-prise. Il nous emporte avec lui et chacun se met à danser. Un art loin d’être parfait, aspirant à le rester. Comme d’autres grands du rap français, Georgio a pour volonté de ne pas rentrer dans un moule mais de créer sa propre sphère. Au fil des sons, il alterne entre mélancolie aux notes de « Akira » à plus de brutalité énergique dès le début de « J’en sais rien » où il nous fait tourner tous ensemble.
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Alors que nous commençons déjà à ressentir la nostalgie des instants passés, Georges prends un temps lui semblant indispensable, pour nous présenter chaque personne de son équipe en commençant par toutes les personnes de l’ombre : à la lumière, au son, à l’orga, en finissant par une petite anecdote pour son acolyte de tournée, complice de jeunesse et backeur Sanka, qui partage la scène de cette nouvelle tournée avec lui.
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C’est le visage d’un homme heureux d’avoir transmis son énergie qui se présente à nous. Plein d’humilité, il nous remercie pour la force puis part retrouver ses proches. Nous le remercions nous aussi humblement de ce moment de partage. C’est doté d’une vision assagie que Georgio illustre la nouvelle pochette de son album XX5, mêlant souvenir d’enfance et adieu à sa jeunesse, accueillant la suite, « qui n’en sera que meilleure ».

Rap : Bordeaux, la rebelle endormie ?

dans ANALYSES/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Vendredi 2 novembre, 20h30, le public impatient attend le show de Jazzy Bazz au Rocher de Palmer. Les premières basses retentissent, et un troupeau déchaîné fait irruption sur la scène. C’est le WL Crew, un groupe de rap bordelais, qui a peu de temps pour chauffer et convaincre le public. C’est chose faite, la salle est en feu. Mais au fait, pouvez-vous citer un seul rappeur bordelais ? Si Orelsan réalise l’exploit de placer Caen sur la carte de France du rap, pourquoi Bordeaux, neuvième plus grande ville de France semble exclue de la discipline ? Nous avons rencontré le WL Crew dans leur studio, improvisé dans une chambre de leur colocation, afin de comprendre ces raisons qui empêchent l’éclosion de talents bordelais.  Lire plus

Interview : 47ter – Pierre-Paul, Miguel et Blaise

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Ils sont trois. Ils viennent « gâcher tes classiques » en reprenant une instrumentale connue, avec des instruments peu communs et des paroles qui leurs sont propres. Un freestyle quoi. Mais pas que, leur freestyle N°5, qui reprend l’instrumentale de « Niggaz In Paris » par Jay Z et Kanye West au mélodica et au pad, a dépassé les 2 millions de vues sur Facebook en un mois et demi. Une belle maîtrise. Ils commencent doucement à faire parler d’eux et multiplient les scènes. Leur force ? Ne pas tomber dans le piège du freestyle à profusion. 47ter compose. Ils viennent poser les maux d’une jeunesse qui n’a pas vraiment de mots. Rencontre en marge de leur concert au BT59 avec un trio qui « Petit à petit, (ils font leur) nid, Pendant qu’petit à petit, (ils vont), niquer des mères » (il faudrai un jour m’expliquer c’est quoi le délire avec les rappeurs et le fait d’aller niquer des mères).
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Interview : La Prune, un groupe west-coast qui transpire le rap sudiste !

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

On vous avez prévenu, La Prune est un groupe de rap à suivre en 2017 ! À peine 6 mois après la sortie d’un premier EP éponyme, Krab, Endé et l’Epicier sont de retour avec Reine Claude, un nouveau cru à consommer sans modération. Pour l’occasion, le Type a rencontré ces trois druides pour une délicieuse interview.

 

La Prune est un groupe tout récent aux yeux du public – le premier morceau est sorti en septembre 2016 – mais il est composé de trois membres aux parcours déjà riche dans l’underground

S’il y a bien une chose qu’on a tous les trois en commun, c’est l’amour de l’inconnu. On a tous arpenté pas mal d’ambiances à travers la musique. L’Epicier, c’était le genre de mec à quitter Toulouse pour s’installer à Londres par amour de la grime. Krab, un touche-à-tout de longue date. Rap, beatmaking, ça sonnait south, dirty south, comme la plupart des vinyles de L’Epicier. Endé, lui c’est le mec un peu plus street qui est tombé sur une mixtape rap us spécial Miami à côté de sa compilation de la Scred. On a mélangé tout ce bordel pendant dix bonnes années, et ça donne un joli petit mélange qu’on a décidé d’appeler La Prune. Quitte à régulièrement se croiser dans l’underground bordelais, autant faire les choses ensemble.

 

C’est comme ça que vous avez formé le groupe ?

On ne s’en rendait pas compte mais la prune, on la buvait déjà ensemble bien avant que le projet naisse. On a pas mal collaboré à travers nos différents projets individuels et il y a une espèce d’esprit famille qui s’est installé. On ne s’en est pas vraiment rendu compte mais on a un peu officialisé cette fraternité un soir autour d’une eau de vie de prune millésimée.

 

Quand on écoute ce que vous faisiez avant, on a l’impression que La Prune marque un tournant musical pour vous, comme une renaissance.

Pour nous, ça reste dans la continuité. En fait, c’est pas qu’on a changé notre musique, on était tous les trois dans des perspectives individuelles avant La Prune. Même si on faisait déjà des morceaux ensembles, on n’a jamais été une seule entité, ça ne donnait pas ce qui a fait La Prune. C’est vraiment le mélange de nos trois univers, et cet héritage commun, nos premiers amours, le dirty south, Memphis, le crunk et la west. Ça fait 10 ans qu’on explore la musique rap et La Prune c’est la consécration de tout ça. Tout ce qu’on a su faire et aime faire, on le met dans un seul produit La Prune.

 

L’EP La Prune, se démarquait déjà par son aspect mature et original. Avec Reine Claude, c’est la qualité du son qui passe un cap. Il est plus homogène, plus “propre”. Qu’est-ce que vous avez changé ?

Sur La Prune, on a exposé ce qu’on savait faire et sur Reine Claude, on a voulu poussé le concept plus loin. La Prune, c’est trois individualités assez fortes dont les univers se rejoignent mais avec beaucoup de différences aussi. On ne savait pas exactement comme ça allait se passer mais l’alchimie qu’on a eue, a permis de faire ressortir l’identité d’un groupe. Maintenant, il n’y a plus de Krab, L’épicier et Endé, c’est La Prune. Sur le premier EP, on est arrivé à trois sur le terrain sans forcément jouer ensemble mais autant dire que pour la deuxième saison on est là pour jouer en équipe. Avec Reine Claude, il y a ce fil rouge qui se dessine et ce fil conducteur amènera encore plus d’homogénéité sur les prochains projets.

 

C’est le son du sud qui vous a réuni ?

La Prune, ça pue le sud. Memphis, Houston, la Three 6 Mafia, Pimp C, DJ Screw… ça fait partie de notre culture, de nos influences.

 

Le rap français a surtout été influencé par le son de New-York au début…

On vit dans un pays où c’est dur de se reconnaître dans une culture country. Parce que c’est bien de country rap dont on parle depuis tout à l’heure. Et en France, surtout à Paris, c’est logique que culturellement on se rapproche de New York.

 

Est-ce que le fait d’être originaire du Sud-Ouest vous a plus rapproché du rap sudiste ?

Oui, c’est une question de message. Là où d’autres se reconnaissent dans le rap new-yorkais, nous pas du tout. Si t’écoutes nos textes, tu remarqueras qu’à aucun moment on se plaint. Ce qu’on a aimé dans ce rap du sud et aussi de la west, c’est l’aspect un peu plus léger, plus chill et beaucoup plus musical. On se reconnaissait moins dans le côté mélancolique ou énervé. Nous, on cherche plus à s’évader.

 

Dans votre rap, il y a quand même cet aspect kickage dans l’esprit boombap. Sur l’EP La Prune, on sent comme une compétition de punchline entre Endé et L’Epicier. Et il y a ces deux vannes sur Maître Gims et PNL.

C’est des blagues, c’est toujours que de l’amour. Pour faire peser les mots faut toujours des images fortes. Quand on est arrivé à trois on était déjà dans une espèce de confrontation entre nous-même, avec ce côté subversif et compétition. Alors que sur Reine Claude, y’a une espèce de sérénité et plus besoin de se comparer.

 

Et ce qui ressort aussi, c’est votre amour pour les jeux de mots et les références improbables.

Les références sorties de nulle part, elles nous tiennent tellement à cœur. On adore ça.

Le morceau « Courcel » par exemple, en référence au cognac…

C’est pas du cognac Courcel, c’est du Courcel ! C’est un morceau qu’on a fait parce qu’on aime bien cette boisson. Quand on a enregistré Reine Claude, on buvait que ça. Courcel, canada dry et citron vert.

 

C’est buvable ?

C’est délicieux ! On a un cocktail par EP. On déjà a trouvé le nouveau pour le prochain projet et il est incroyable : Gin, ginger beer et citron vert.

 

Et vous buvez toujours de la prune ?

C’est pour les grandes occasions ! Pour le mariage de L’Epicier, on a bu de la prune. C’est quelque chose qui nous rapproche.

 

Et vous ne regrettez pas le choix de ce nom de groupe pour le référencement sur Google ?

Si on devait se poser ces questions, on aurait pleins de choses à regretter. Mais heureusement, c’est des questions qu’on ne se pose pas au moment de la production. Et puis il y a certainement beaucoup de gens qui en cherchant de la prune vont tomber sur notre musique et ça c’est un délice ! Mais il faut avouer que c’est un nom qui sort du commun.

 

Avec Reine Claude, vous restez sur le même champ lexical, c’est une variété de prune !

Alors Reine Claude, c’est aussi parce qu’un nom féminin était parfait pour cet EP qui parle beaucoup d’amour et de femmes.

 

Quand vous parlez de femmes, vous parlez de votre femme. C’est un discours assez original dans le rap.

En dix ans de rap, tu fais le tour, plus besoin de parler de putes. Tu peux aussi parler de ta femme, sans faire l’amoureux. Le morceau « FIB », c’était une facette. Bien sûr, tu grossis les traits. C’est des choses qu’on assume. On essaye de donner de la valeur aux choses sans être dans la surenchère. Et c’est plus sincère.

 

Il y a deux autres thèmes qui reviennent dans vos morceaux l’alcool et la ride. C’est le reflet de votre mode de vie ?

C’est totalement ça. On n’est pas là pour revendiquer. On ne fait pas des trucs de dingue. On raconte ce qu’on vie, les choses simples de la vie. On est assez à l’aise avec ce qu’on est et notre mode de vie, ça ressent dans notre musique. On essaye d’apporter du kiff. L’alcool, ça fait partie de la vie. On est des bons vivants, on aime la charcuterie fine, on aime bien boire un coup. On n’est pas trop William Peel, plutôt bonne bouteille de vin. Le côté gourmet de la chose quoi.

 

C’est quoi votre définition de la ride ?

On a découvert la ride avec un pote, Mimosa, qui faisait partie du collectif Réservoir Dogues. Il nous a initié à la ride, il y a des années. Tu peux rider à pied, tu peux rider ton canapé. C’est comme l’expression west, t’es dans une west, c’est être dans un truc cool. Rider, c’est un bon moment où tu ne penses pas à ce que tu vas faire après. La ride, le chill, le sud pour nous c’est les bonnes vibes.

 

Quels sont vos projets pour la suite ?

Ce qu’on peut te dire, c’est qu’on écoute déjà le prochain EP.

 

Vous êtes partis pour sortir des projets tous les 6 mois ?

On est sur une ride un peu vive. Mais sincèrement, ça nous a paru super long ces 6 mois !

 

La Prune en concert, c’est pour bientôt ?

On commence à avoir pas mal de morceaux, si on a des opportunités de scènes intéressantes on les saisira. Aujourd’hui, on veut construire quelque chose de solide. L’envie et la volonté sont là. En attendant, on va continuer à pousser notre concept de vidéo live session.

 

Découverte rap : La Prune

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

La Prune, c’est cette eau de vie fait maison, à l’aspect peu rassurant, qu’on vous sert à la fin d’un long repas déjà bien arrosé. Passée la première gorgée, on se surprend à en apprécier toute la subtilité. Sorti de nul part, ou presque, le projet éponyme du groupe de rap bordelais est à l’image de cette boisson qu’on a rarement l’occasion de boire. Dégustation.

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« Désolé, j’ai pas le profil du rappeur à la mode, je préfère me buter dans un bar, je suis marié à l’alcool »

A force de vendanger l’underground bordelais, en solo mais souvent côte à côte, les trois artisans du rap, Endé (rap et chant), l’Épicier (rap et chant) et Krab (production) ont fini par officialiser la naissance du groupe autour d’une bouteille de Prune millésimée. Après un premier morceau enregistré il y a un an, « Rappeur à la mode », les morceaux s’enchaînent jusqu’à former un projet prêt à être servi. Cette première récolte, baptisée La Prune (il ne s’agit que de ça), est disponible en libre cueillette sur Haute Culture depuis le 13 octobre.

« Je préfère sécher les cours, si le maître c’est Gims »

La Prune distille un rap aux arômes sombres et lancinants avec un fort degré de rimes. Vers après vers, et verre après verre, Endé et l’Épicier nous prouvent qu’ils ont de la bouteille. Entre egotrip et punchline, entre chant et rap, ils nous servent des rimes amères et sucrées, entonnées jusqu’à la dernière goutte. On savoure la technique et on sourit allègrement. La Prune, une mise à l’amende.

« Tu vas reconnaître le millésime des milles rimes, et pile j’arrive, je suis composé de mille épines et d’une pine qui pique t’as pine-co »

Entêtantes, les instrus font monter l’ivresse. L’ambiance est sombre et lente. La musique du Krab goûte le sale sud, plus que la côte ouest. D’Atlanta à Memphis, les saveurs sont là, la prune en guise de purple. On vous laisse apprécier le mélange. À l’apéro ou en digestif, un verre de prune ça ne se refuse pas. Santé !

Pour goûter La Prune, rendez-vous sur : 

« Laisse-moi siroter la prune dans le re-ver »

Report photo : Puppetmastaz x Plane Aggy @ Krakatoa

dans DIVAGATIONS LOCALES

« Where is my skatebooooooard ? » clame une sorte de grenouille en costume. Et la foule rigole avec joie. Devant les Puppetmastaz on est tous de grands enfants s’agitant sur des beats violent et rageurs. Il y a beaucoup d’affection chez le public des Puppets. Au détour d’une scène, lors du Garorock 2009, des marionnettes venues d’Allemagne nous scotchent mes amies et moi. Tellement que dès le lendemain nous décidons de nous surnommer « les Puppets ». Ça fait 7 ans et les Puppetmastaz soulèvent toujours autant d’émotions chez nous. Alors, retrouver ces marionnettes sous mon objectif, c’est une belle manière d’immortaliser mes amies. Merci.

Plane Aggy c’est un chic type. Le Type en a parlé ici. C’est un plaisir de le voir sur scène tant son émotion et son plaisir de jouer sont palpables. Le genre de mec à te filer le sourire, tu sais ce mec que tu te retrouves à applaudir en gueulant « woooooooooow » !

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Interview : Plane Aggy

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Plane Aggy, c’est ce genre de mec, discret et bourré de talent. Son flow plane entre hip-hop et jazz, d’Édimbourg à Bordeaux, il compose sur la (sa) vie. Les textes ont une importance capitale dans l’univers du rap et Plane Aggy ne déroge pas à la règle. Écrivant sur une dure réalité mêlant addiction en tout genre, il extériorise ses émotions avec brio et émoi. On se laisse bercer par les beats envoûtants et ses textes qui amènent à réfléchir. Rencontre avec un jeune rappeur qui capture au vol les codes du rap.

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Ça fait combien de temps que tu vis sur Bordeaux ?

Je suis arrivé il y a 2 ans.

On est bien à Bordeaux. La ville t’inspire ?

Oui, sincèrement, je me sens bien ici. Après rien ne battra l’Écosse (rires).

Ton rap, il parle de quoi ?

J’écris sur moi, mon passé, mes addictions, l’ego trip de base d’un rappeur (rires). Chaque projet que j’entreprends doit avoir un fil conducteur. Il faut que l’ensemble ait une cohérence musicale. J’ai besoin de raconter une histoire à travers mes compos. Que le beat colle aux paroles. Si le son est bon, il va m’inspirer pour écrire et je vais pouvoir m’exprimer. J’ai beaucoup de mal à apprécier les morceaux que je produis. Je cherche toujours à m’améliorer. Je jette beaucoup de compos qui ne me conviennent pas..

Tu ne regrettes jamais quand tu jettes un son ?

Non, jamais. Une fois que c’est jeté, je ne reviens pas en arrière.

Est-ce que tu arrives à être satisfait de ton travail ?

C’est très dur ! J’ai un regard assez sévère sur ce que je produis. La plupart du temps, je prends beaucoup de recul avant d’apprécier un son. Au début, j’avais uniquement du texte, aucun flow, aucun rythme, les rimes ne tombaient pas au bon moment, rien n’était bon à garder. Maintenant, j’arrive de plus en plus à apprécier ce que j’entends. Mais ce n’est pas encore gagné (rires).

Ça fait 3 ans que tu rap sérieusement. Le rap a toujours fait partie de ta vie ?

Non. Quand j’étais ado, j’écoutais Marilyn Manson, Korn, Slipknot… Après tu vois, il y a un parallèle entre le rap et le (hard) rock. L’écriture y est aussi très personnelle, c’est relativement triste et sombre. C’est une musique réelle et je me retrouvais dans leurs écrits. Puis, j’ai découvert The Eminem Show

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https://www.youtube.com/watch?v=pwGQLzbtVko

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Cet album m’a marqué. Je le connais par cœur. Jusqu’aux transitions. Eminem est l’artiste qui m’a le plus influencé.

C’est grâce à lui que Plane Aggy est né ?

Non, c’est grâce à un anglais. Je me disais que le rap c’était pour les américains. Puis, je suis tombé sur Devlin. Et ça a été le déclic. Je me suis rendu compte que les Anglais pouvaient aussi bien rapper que les Américains. Alors pourquoi pas les Écossais ? Du coup j’ai écrit un texte… (rires). Et à partir de Devlin, je me suis mis à écouter plus d’artistes anglais.

En Écosse, tu rencontres ton petit succès ?

Non pas du tout. Ils n’ont pas du tout le même rapport. Si tu dis que tu fais du rap à des gens que tu croises, ils ne vont pas comprendre pourquoi. Pour eux, le rap c’est typiquement une musique de blacks (rires). Ce n’est pas vraiment une musique qu’ils aiment. Ils écoutent beaucoup de house, d’électro et ce qui passe à la radio.

Tes premiers pas sur scène c’était en Écosse ?

Oui, j’avais 18 ans. J’étais très stressé. C’était juste un petit set de 30 min, il n’y avait pas grand monde. J’avais adoré être sur scène, mais le public écossais n’était pas vraiment réceptif. J’ai compris que je devais sortir d’Écosse pour être apprécié.

Plane Aggy, ça vient d’où ?

Aggy c’était le surnom que ma grand-mère et ma mère me donnait quand j’était petit. Et Plane, tout simplement car à partir d’un avion, tu peux changer de destination. La musique produit le même effet. Tu peux t’évader.

Tu as un album en préparation.  Peux-tu nous en dire plus ?

Il va parler d’une période de transition. « Something in between« . Artistiquement et personnellement, je passe d’une période de ma vie à une autre. Les chansons seront un peu un exorcisme. Je tire un trait sur mon passé et j’avance. Les instrus seront très différentes. Il y a un suivi avec mes anciens sons. Dans Jessie Pickman (sur Timecapsule) je parlais de ma relation avec l’alcool, et dans « Something in between« , il y aura Jessie Pickman II, qui évoquera l’évolution de cette relation. Cet album est beaucoup plus mature, je vais le pousser à fond. L’album a été fait pour le live, pour changer un peu d’ambiance, inclure un plus de trap. En live, la trap ça marche vraiment bien.

& sa diffusion ?

De manière indépendante. Il sera disponible sur iTunes, Deezer, Spotify… via la plateforme Zimbalam. Cette plate-forme te permet d’être diffusé un peu partout, et surtout, tu touches vraiment les profits. C’est un super projet. Puis aujourd’hui, la diffusion sur le net c’est un bon moyen de se faire repérer par un label !

Tu penses quoi du rap aujourd’hui ?

Ça dépend qui. J’aime bien que des mecs comme Vald (que je n’écoute pas cela dit) ou Mac Miller puissent s’en sortir en indépendant. Car, internet, ça tue beaucoup de rappeur. Du coup, c’est toujours encourageant de voir que certains arrivent à s’en sortir. Après j’écoute très peu de rap français. J’aime bien Nekfeu. Il est quand même très bon, il faut l’avouer. Je n’aime pas du tout le rap old school français.

Qu’est qui te plaît chez les rappeurs ?

J’aime beaucoup les personnages. En ce moment, The Weeknd à une grosse influence sur moi. Danny Brown a un personnage de fou. Rien que ses concerts, ne sont pas des simples concerts, ce sont des shows ! C’est comme Mac Miller, l’énergie qu’il dégage sur scène c’est dingue. Future, Drake, Kanye West (qui je pense deviendra un classique dans quelques années)…

Est-ce que Plane Aggy à un personnage ?

Je ne pense pas, pour l’instant je n’ai rien de défini. Peut-être plus tard, au fil des albums…

Le showcase de Nekfeu, c’était comment ?

J’ai envoyé une démo à la voilerie et ça à plu au organisateur de la soirée. Après, je n’ai pas rencontré Nekfeu et son entourage, mais le public était vraiment chaud. Et j’ai eu beaucoup de retour après le concert sur les réseaux sociaux, ça fait plaisir.

Tu te vois faire autre chose que du rap ?

Non. Ce n’est pas une option pour moi. Je n’envisage que le rap dans ma vie. C’est ça ou rien. Je progresse doucement d’année en année, donc petit à petit j’atteins un bon niveau. Un niveau qui va me permettre d’être apprécié par le plus grand nombre.

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FacebookInstagram / Plane Aggy

Les essentiels rap de Plane Aggy :

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2×2 places : Vald @ Rock School Barbey 12/05

dans ART ET CRÉATION

Déjà passé par Bordeaux l’an passé dans une Rock School Barbey bien garnie, Vald a donc décidé de réitérer l’expérience, témoignant encore une fois de l’intérêt de la jeune scène rap française pour cette salle qui a vu défiler de beaux noms de celle-ci ces derniers temps (Georgio, Lomepal, TSR Crew…). Débarqué du 9.3, Valentin Le Du de son vrai nom a pondu l’an dernier son deuxième EP, NQNT2 (Ni Queue Ni Tête Volume 2), et a su se faire une place rapidement parmi cette nouvelle scène, en maniant notamment habilement l’absurdité, comme en témoignent entre autre ses clips bien barrés. Sorte de Philippe Katerine du rap français, Vald n’hésite donc pas à briser les codes en sortant des morceaux comme des vidéos sorties de nul part, à l’instar de « Bonjour » ou de « Selfie » (avec 3 clips différents…) qui ont largement participé de la notoriété du bonhomme. D’aucuns y verront là une façon de parodier un rap game qui verse parfois trop dans l’ego-trip. A dire vrai, pour reprendre les mots de Brice Miclet dans Slate ; il serait difficile de dire si le rappeur chercher à « casser les codes du rap français, à les parodier ou à les respecter ». Ce qu’on sait c’est qu’une fois le mic au bec, ce blanc-bec est diaboliquement efficace, et le montrera avec brio jeudi prochain à la Rock School Barbey ! Pour l’occaz, il sera accompagné du local Joey Larsé et son spleen ennivrant. Quatre places à gagner par ici :

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▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

Evènement Facebook

 Pour gagner ton pass pour le festival ; like la fanpage et like le post concernant le jeu concours ou envoie un mail à
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Interview : Odezenne cru 2015-2016

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

16.09.15
_ « Bouche à lèvres » dans la rétine.

J’ai vu des gens. J’ai concerté la Famille. Les Bordelais. Les Parisiens. Et on s’est pris la gueule comme jamais. Entre tristesse, dévotion inflexible et sentiment de trahison. Ça faisait si longtemps. Notre gars Odezenne était revenu et nous ne savions pas comment accueillir son retour. Il avait tellement changé.

12.11.15
_Festival Les Inrocks Philipps à La Cigale

Première confrontation après des jours entiers hanté par Dolziger Str. 2. Hanté par ses boucles enivrantes et la gueule de bois qui s’en suit à cause de l’excès d’écoute. Pourtant pour le Type, cet album s’imbrique parfaitement dans l’histoire du groupe, dans l’évolution de sa musique et de son esthétique. Où les textes sont de plus en plus abstraits pour laisser une place à notre propre interprétation. Où le verbe venait à se fondre de plus en plus dans le son. Odezenne n’a pas changé. On sent les coups durs, les doutes, les cernes. Ils auraient pu tout arrêter. Ce soir-là, ils étaient là. Debouts, vivants avec ce même éclat dans les yeux quand la foule scande leur nom. Debouts, rassurés. Oui, le public est toujours là. Ce soir-là, notre gars Odezenne était revenu. Il avait tellement de choses à nous dire.

21.11.15
_Tourcoing Le Grand Mix

Le Type et Même pas peur retrouve Alix avant l’ouverture des portes du Grand Mix. Après avoir échangé pendant des mois sur le cas Dolziger Str. 2, il était temps de rendre des comptes ensemble avec l’un des principaux accusés. Attention interview fleuve, intimiste entre coup de langue, coup de gueule et confessions de groupie.

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Le Type : Il est comment le public à Londres ?

_ALIX_Il est français (rires). C’est vrai ! On a préparé des phrases en anglais et là on arrive, on regarde le public et on se dit qu’il n’y a que des français. Ils chantaient tout et tous dès la deuxième chanson. J’ai demandé s’il y avait des français dans la salle. Il n’y avait que quelques anglais dans le fond. A un moment donné j’ai expliqué la chanson Je veux te baiser en anglais c’était cool.

_ALIX_Attendez, on va boire un verre non ? Je vais prendre des verres au fond.

Même pas peur : Ha mais la sort pas ! On a ramené de la bière du Nord ! Je pense qu’elle n’est plus très fraîche mais elle fait partie de l’interview. Le Type : Alors, on commence ! La première question est en référence à « Souffle le vent », à l’origine un freestyle qu’on a découvert en vidéo. A un moment, on t’entend dire « Je suis fan de Jaco ». Depuis ce freestyle à aujourd’hui, qu’est-ce que tu as envie de dire à ton équipe ?  Même pas peur : Vous nous dites toujours de nous aimer. Maintenant à toi de donner de l’amour aussi à ton crew. C’est ton moment d’amour, ton moment « Aimez-vous ».


_ALIX_Alors…Je vous sers des verres hein ? Donc…Jaco c’est juste ouf à quel point on peut compter sur lui. C’est un mec d’une droiture et d’un engagement rare. Il a un grand sens de la fraternité et de l’amitié. Il m’apprend vraiment tous les jours. C’est comme une trousse de survie. Si je devais partir dans le désert, Jaco serait ma trousse de survie. Et Mattia…ça va rester surtout axé musique. Il a une capacité impressionnante à sortir de la musique. Je n’ai jamais rencontré une personne comme lui dans ma vie. Grâce à lui, je ne suis jamais impressionné par les producteurs de musique que je rencontre. Il est super humble, il ne se la pète pas, il est toujours en train de se remettre en question. Pourtant, il sort toujours des trucs de fou. Il sait se mettre à notre place. Il a beaucoup d’altruisme, il se met vraiment au service du projet.

Le Type : Il est beaucoup plus présent sur cet album, non ? On en parle beaucoup entre nous. On s’est beaucoup dit que sur cet album on a vraiment pu entendre jusqu’où le génie de Merlin pouvait aller encore.

_ALIX_ça on le savait depuis le début. Personnellement, je le connais depuis 20 piges. C’est vrai que c’était long de trouver chacun notre place. A la base, c’était difficile d’écrire sur ses instru comparé à une face B lambda. Parce que…c’était toujours un peu alambiqué, un peu chelou, un peu décousu. Là on a vraiment tout déstructuré. On a pris les choses à l’envers. On est parti de la musique pour habiller la musique avec nos textes, et pas l’inverse. Alors que sur les albums Sans Chantilly et O.V.N.I, c’était encore un mélange des deux. On avait pris l’habitude qu’il arrange autour de nos paroles. Pour Dolziger Str. 2, il y a des choses qu’il nous a proposées et qu’on a essayé de sublimer. On a essayé de se rapprocher de ce qu’il faisait avant. C’était très intéressant pour Jaco et moi. Ça a explosé les frontières de nos écritures. On s’est invité dans les textes de l’autre. Ça a donné cet album qui je pense…Elle est super bonne cette bière au fait ! Et heu…Oui, je suis super content de cet album. Je suis super content de tous nos disques mais celui-là il a une importance autre. J’avais beaucoup de doute sur notre capacité à exister après un troisième disque. Il n’y avait pas de concession possible. C’était soit on faisait un disque qui nous plaisait soit c’était fini.

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Même pas peur : On va revenir sur « Le Plus Beau Cul du Monde ». C’est quoi le plus beau cul que vous avez rencontré dans vos vies ? Le Type : Jaco avait déjà répondu à cette question. Quelqu’un lui avait demandé si l’histoire du Plus Beau Cul était réel et il avait répondu « C’est un orgasme multiple. »

_ALIX_Ha ha…C’est vrai. C’est vrai. Je ne voudrais pas ternir la réputation du Plus Beau Cul du Monde mais…c’était une grosse conne. Voilà. (rires)

Le Type : La prochaine question c’est pour « Bouche à lèvre ». « Je dessine, je dessine ». Est-ce que tu peux nous dessiner un cunnilingus ?

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Cunninlingus selon Alix

_ALIX_ Je suis très mauvais dessinateur.C’est conceptuel hein ! Mais moi je le vois comme ça en tout cas !

Même pas peur : On pensera à ça la prochaine fois qu’on verra des meufs avec un cercle et un rond tatoués. On continue ? Je ne sais pas si tu as vu mais il y a eu une conférence à Paris : « Pourquoi les rappeurs ont choisi d’être MC ? ». Qu’est-ce que tu en penses toi ? Pourquoi tu as choisi cette voie ? C’est important pour toi que les rappeurs soit reconnus comme des artistes ?

_ALIX_ On est toujours exclu de ces conférences à chaque fois. Je ne sais pas pourquoi. Mais tu sais pour moi, faire du rap c’est pas un combat que j’ai envie de mener.

Le Type : C’était pas un débat sur la légitimité d’un rappeur. C’était surtout axé sur l’écriture. En quoi dans l’écriture un rappeur est un genre d’auteur.

_ALIX_ Mmmh…Je pense qu’à partir du moment où quelqu’un prend un stylo pour écrire, il peut être un auteur. S’il est un bon ou un mauvais auteur, c’est une appréciation subjective. Je considère l’écriture comme quelque chose d’accessible. A partir de ce moment-là, je n’aime pas cette idée qu’on ait à se justifier en tant que rappeur de manière lettrée avec une surenchère de références. Je ne fonctionne pas du tout comme ça. Déjà, je me considère de moins en moins comme un rappeur, parce que le projet s’éloigne de plus en plus du rap. Et puis, j’écris vraiment ce qui me passe par la tête. Si on considère que j’ai une qualité d’auteur tant mieux, si on pense que je suis un escroc tant pis. Personnellement, si on m’invitait à une conférence comme ça. J’irais pas. C’est pour ça qu’on m’invite pas (rires). J’ai répondu à ma question tout seul ha ha.

Le Type : Il y en a eu une autre par exemple c’était « Wesh les puristes » je crois. Et le thème était de savoir si le rap qui se vendait massivement était celui qu’on écoutait vraiment.

_ALIX_ C’est bizarre quand même de réfléchir là-dessus. Le rap qui vend peu importe sa valeur, il se vend. Je connais personne autour de moi qui écoute Maître Gims mais c’est quand même un champion des records en vente de disques. Il y a des gens qui écoutent. Même si c’est des enfants, c’est pas vraiment gênant.

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Le Type : On passe à la question bière ? De Sans Chantilly à Dolziger Str. 2, on est passé des stupéfiants à l’alcool. Et toi t’es passé du rap, à la bière ?  Même pas peur : Qu’est-ce que tu penses de notre bière du Nord comparée à ta bière,  La Pip ?

_ALIX_On a eu une pleine page dans le Sud-Ouest d’ailleurs ! La vôtre, elle est forte ! Je regarde…Ha ouais, 8,5°. La mienne c’est une bière légère. Elle est à 5,3°. La Pip, c’est une bière de soif. Attention, je vais parler comme un commercial. J’aime beaucoup votre bière. Elle s’appelle comment ? « Hé biloute t’es d’min coin ? ».
Ha ha, j’aime bien. Je suis sorti avec une fille du Nord pendant un temps. J’ai beaucoup bu de bière comme ça. Ça me rappelle des souvenirs. Elle est très bonne cette Hé biloute. La Pip, on l’a créée avec des copains. Faire une bière c’est comme une médaille. Après, j’en parle pas trop. Je mets pas trop en avant que je suis dans le projet.

Le Type : C’est trop tard c’est enregistré. Même pas peur : On s’en fout.  Personne ne lit Le Type. Le Type : Mais il t’arrive quoi à toi ? Dis pas ça !

_ALIX_Mais non, c’est pas grave. Calmez-vous ! Pour en revenir à ce que Le Type disait sur le passage des stup’ à l’alcool, c’est sûrement dû à notre voyage à Berlin. De la rue Dolziger où on habitait et le studio, il y avait 4-5 bars dans lesquels on s’arrêtait à l’aller et au retour. On passait notre temps à faire ce trajet. C’est là où on discutait des morceaux. C’est là où on mettait les choses à plat Tout le whisky qu’on a bu là-bas a dû influencer ces textes. Ça et les bières en cannette de 40 cl qu’on a torchées tout l’hiver. Dans notre studio, il y avait une montagne de verres de 7 mois de consommation.

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à partir d’ici l’ordre de la conversation bascule
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Même pas peur : On a une question qu’on hésitait à vous poser mais je pense qu’on va la poser quand même. Est-ce que vous en avez marre de nous voir partout avec Le Type ?

_ALIX_Mais non pas du tout ! Au contraire, pour moi, vous êtes comme un baromètre d’Odezenne. Vu que vous nous suivez depuis super longtemps. Concrètement l’album on s’en fout. S’il ne plait pas, c’est pas ce qui est important. D’un autre côté, ça importe quand même par curiosité. Quand on a réussi à avoir un minimum d’attention et que les gens arrivent à coller leurs propres souvenirs sur ta musique, on se dit que c’est dommage de pas y porter attention aussi. On ne se concentre pas que sur ça. Je regarde quand même ce que vous dites. Je regarde Même pas peur et Le Type. Je regarde pour voir si vous avez aimé ou pas. J’ai vu que Le Type t’a eu un peu de mal au début et après t’as fini par kiffer ?

Le Type : Je l’ai écouté 1000 fois en fait avant de mettre des mots dessus. Même l’album. Même pas peur : Moi j’ai eu du mal. J’ai ressenti de la tristesse surtout. Je me reconnaissais pas du tout dans cet album. On m’a envoyé un lien limité. Au bout de quelques temps, on m’a dit qu’il fallait le redemander parce que j’allais plus pouvoir l’écouter. C’était pas possible, je pouvais pas arrêter de l’écouter, malgré mes doutes. Le Type vous a vus à La Cigale. C’était le premier parmi notre groupe de potes à vous revoir depuis l’Olympia. On s’est tous appelé avec Tom de Slapzine. On avait l’impression que Le Type avait revu un pote qu’on avait pas vu depuis longtemps. On lui demandait tous « Alors c’était comment ? », « T’en as pensé quoi ? », « La setlist elle est comment ? » etc. On a l’impression qu’Odezenne c’est notre pote en fait. Vous faites partie de notre groupe. Vous êtes la musique de notre groupe.

_ALIX_ On est hyper content. Je suis content d’entendre ça. Vous verrez ce soir et on s’en est rendu compte pendant la tournée. Les gens chantent déjà nos nouveaux morceaux. Ils s’intègrent vraiment aux anciens. On l’a toujours dit et on continuera de le répéter. On fait juste ce qu’on peut à un moment donné…par rapport à ce qu’on a vécu entre les enregistrements. Il n’y a jamais eu de tentatives de coller à une esthétique précise. C’est pour ça qu’on se permet de sortir des trucs comme ça. Au final, c’est les mêmes voix, la même façon d’écrire.

Le Type : Il y a eu une scission entre nous. On était tous là : « Qu’est-ce qu’on va dire de cet album ? ». On en a beaucoup parlé entre nous avant d’écrire dessus.

_ALIX_J’trouve ça bien déjà que vous preniez le temps de l’écouter. C’est important quand on a mis deux ans à faire un album. Quand on sort un truc et qu’on voit des commentaires dans la minute. Que ce soit positif ou négatif. T’as envie de dire : « Digère-le. Ecoute-le. ». Une semaine, deux semaines.

Le Type : C’est notre réflexe à nous. Dès que c’est sorti, on voulait pas émettre d’avis, on ne s’est pas précipité sur un commentaire. On en a d’abord parlé entre nous. Notre rapport à Odezenne est très collectif.  Même pas peur : ça a toujours été comme ça. Même quand Rien est sorti c’était pareil. Enfin bref, on voulait juste savoir si on pouvait encore vous suivre partout et gueuler toutes vos chansons. Le Type est quand même allé jusqu’à Lille alors qu’il vous a vu à Paris la semaine dernière.

_ALIX_Bien sûr ! Il y a un truc encore plus fou ! Vous allez peut-être le remarquer un jour. Ça me fait halluciner. Il y a une meuf qui est là à tous nos concerts. Elle les fait tous en stop. Elle est brune, elle a des lunettes. C’est chelou la première fois que tu t’en rends compte. Elle est là une heure avant le concert sans être envahissante. Elle a l’air d’aimer une certaine distance. Elle était hier à Londres, ce soir à Tourcoing. Elle a l’air de faire toute la tournée. Je lui ai demandé pourquoi elle faisait ça, elle m’a dit : « Ouais, je vais pas faire ça à 40 ans quand j’aurai deux gamins ! ». C’est hallucinant !

Même pas peur : C’est sûr qu’on peut pas faire éternellement !

_ALIX_Oh je ne sais pas ! Regarde Fouine, notre ingé-son !

_FOUINE_ Oui, oui. Regardez, j’ai 50 ans et un gamin ! Et je suis toujours là.

_ALIX_Et du coup l’album ? Vous l’avez écouté en entier ? Parce que Bouche à lèvres sur scène c’est un truc de malade. Le public connait déjà les paroles c’est hallucinant !

Le Type : Tu sais un concert d’Odezenne pour nous c’est quelque chose de tellement rare. Toutes vos sorties, c’est quelque chose de rare. Dès que vous sortez un titre, un clip, on a appris à s’en contenter, à le digérer et à se l’approprier avant de le voir sur scène. Donc, là il va s’avérer que c’est Bouche à lèvre parce que c’est tout ce qu’on peut avoir pour l’instant quand on ne peut pas choper des exclus. Et il y aura toujours Sans Chantilly et O.V.N.I, on continuera de les écouter.  Même pas peur : Carrément. Je crois que même s’il y a du nouveau aujourd’hui, c’est pas ça qui m’empêche d’écouter Sans Chantilly. En écoutant Boubouche, par exemple, elle m’a fait penser à Mérédith. Quand on entend « Danse, danse » sur Boubouche, ça a fait écho à Mérédith. Ça m’a donné envie de réécouter O.V.N.I que j’écoutais plus forcément. C’est un tout votre projet. Je ne peux pas écouter que le nouvel album. Ça reste qu’une partie de votre discographie.

_ALIX_C’est ce que je répondais aux gens. Dès le début, tu as les fans de Sans Chantilly qui viennent te voir pour te dire que tu as trop changé, les fans d’O.V.N.I qui vont reprocher la même chose. Tout ce qu’on peut leur dire c’est d’aller écouter Sans Chantilly ou O.V.N.I s’ils veulent pas écouter autre chose. C’est pas notre problème. On ne va pas en refaire un deuxième. Finalement, ça reste pour nous anecdotique. En concert, les gens réclament Le Plus Beau Cul du Monde, Chewing-gum, Boubouche, Adieu, Tu pu du cu, Dieu était grand, Je veux te baiser, Bouche à lèvres…Ils ont compris qu’on était tout ça en même temps. Et là, on est déjà chaud pour faire un autre truc. Un autre album. On a déjà des sons.

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l’ordre est réétabli
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Même pas peur : On peut dire merci à Bûche alors ?

_ALIX_Ha oui c’est clair. J’avais dit plusieurs fois à Jaco et Mattia qu’on était fini. Et au final, ça en valait la peine. C’est ça qui est beau et compliqué. Ça tient vraiment à rien un groupe de musique. Du moins, un groupe comme le nôtre. C’est pas ce qui fait tenir notre amitié. Ce n’est pas une condition pour qu’on tienne les uns aux autres. Le jour où on va s’arrêter ça va plus vous faire mal à vous qu’à nous je crois.

Le Type : Faut pas nous dire ça ! Même pas peur : On organisera un enterrement. On veut pas y penser.

_ALIX_En tout cas, on espère qu’on va assurer ce soir. Merci d’être toujours là.

Même pas peur : Attend, on avait une question sur le cheval Mirabelle aussi ! Sur la couverture des Inrocks ! Il n’y a pas eu de conflit entre Mirabelle et le cheval dans Je veux te baiser ?

_ALIX_Non ça va. Ils ne se connaissent pas. Pour la petite histoire : la première photo qu’on a faite sur Mirabelle c’était dans un commissariat. Elle était en train de se chier dessus. Mais littéralement. Elle a glissé dans sa merde avec nous trois dessus. On est tombé avec elle. Mirabelle est tombée sur nous. J’ai cru qu’on allait crever. Mattia s’est explosé le dos. Et c’était que la première photo ! Après il a fallu qu’on passe trois heures sur son putain de dos.

Le Type : Vous avez l’air serein sur la photo pourtant !

_ALIX_Oh regarde bien Jaco, tu verras qu’il est pas serein. Il était là : « On sert les jambes ! Les gars, on sert les jambes ! ». On était là c’est bon Jaco, tu nous stresses.

Même pas peur : Je sais pas si on avait d’autres questions de merde comme ça ?  Le Type : Non, on a fait le tour.

_ALIX_Alors, je vais m’échauffer au whisky dans ce cas ! Merci encore d’être là !


Quand souffle le vent
s’essouffle le temps
Dolziger Str. 2

Sur tous les stores / Bandcamp
La Tournée
http://odezenne.com/tour/
Odezenne à la demande objectif le monde
Choisis ton territoire

« Sensible » de Cadavreski : chronique

dans MUSIQUE

Ton initiation au rap français alternatif, c’était les Svinkels, Triptik, le Klub des Loosers et TTC ? Depuis, assoiffé de nouvelles productions, tu ères de groupe en groupe, tentant un Noir Fluo par ci, un Ministère des Affaires Populaires par là, divagant parfois, avec un peu de nostalgie, sur un bon vieux titre de MC Circulaire…? Réjouis toi, cher lecteur ! Car le label Les Disques d’En Face est là pour nous régaler avec du son tout neuf. Après le premier EP très prometteur Rapafacette, Cadavreski revient avec Sensible, sorti le 19 février dernier.

album Cadavreski Sensible

Maniant les mots avec la plume d’un Mallarmé du bitume, les 4 chanteurs et leur DJ nous embarquent dans leurs délires militanto-festifs et leur humour noir bon enfant, le tout sur des rythmes guinguetto-funky-électro-hip-hop. Bref, c’est cool, ça sonne bien, on adore et on te le recommande !

S’il n’y a pas encore de clip extrait de ce nouvel album, Sensible de Cadavreski est disponible en écoute libre et à l’achat, virtuel comme physique, sur la boutique en ligne des labels indépendants. En attendant, tu peux t’envoyer un petit son de Rapafacette pour te donner un avant-goût !

2×2 places à gagner : Onyx @ IBoat 27/02

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Le samedi 27 février, le groupe new-yorkais Onyx vient se produire à l’IBoat et Le Type t’offre la possibilité de gagner deux places.

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« I’m America’s nightmare, young, black and just don’t give a fuck I just wanna get high & live it up.» Ce passage issu du premier couplet du morceau « Last Dayz » résume bien le rap du groupe Onyx : cru et sans équivoque.

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Chiens enragés au flow acéré, Sticky Fingaz et Fredro Starr, les deux membres actuels du groupe ont déjà bien roulé leur bosse dans ce rap jeu. Issus de la scène new yorkaise bouillonnante des années 90 et nourris de boucles jazz mélancoliques, leur premier album Bacdafucup sorti en 1993 avait emporté dans son sillage une ribambelle de rappeurs hardcores, de DMX à M.O.P en passant par les Gravediggaz.

Derrières leurs voix nasillardes et féroces, Fredro Starr et Sticky Fingaz racontent une vie de quartier dure et violente. Tout au long de ces années les deux acolytes n’ont pas perdu de leur superbe et leur dernier album Wakedafucup, sorti 21 ans après le premier, a vu naître la collaboration aussi évidente qu’improbable avec les rappeurs excentriques du groupe Dope D.O.D.

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Tant de raisons qui font que leur venue à l’IBoat est incontournable. En prime nos deux acolytes seront accompagnés de leur protégé Snak The Ripper, et la 1ère partie sera assurée par Dr Slang, le bordelais qui vous a fait danser lors des soirées Traptown. On transpire déjà.

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▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

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Entretien avec Georgio

dans MUSIQUE

Après trois EP réussis (Mon Prisme en 2012, Soleil d’hiver en 2013 avec son frère d’arme Hologram Lo, et A l’abri en 2014), une Grünt (la 11, d’une très bonne facture), des collabs et des concerts, le premier album du rappeur Georgio était attendu au tournant. Financé via une campagne de financement participatif (Kisskissbankbank) et empreint d’un univers assez mélancolique, Bleu Noir avait de quoi surprendre, sur le fond et sur la forme. Laissant transparaître une personnalité relativement atypique dans un rap game  trop souvent associé à des égos surdimensionnés, l’album est une vrai réussite. De passage à la Rock School Barbey de Bordeaux en décembre dernier, on a profité de l’occasion pour échanger un peu avec l’artiste. Interview.

Salut Georgio, première fois à Bordeaux ?

Oui première fois. J’étais déjà venu visiter, mais j’étais très jeune. J’ai de vagues souvenirs.

T’es en pleine tournée à travers la France, est-ce que tu prends plus de plaisir sur scène justement ou en studio ?

Je prends autant de plaisir en fait, mais ils sont différents… (Réfléchis). Non en fait, à bien y réfléchir, je crois que je prends un peu plus de plaisir en live mine de rien. Mais j’adore le studio quand même.

Quand tu sors du studio, tu sais déjà que ton morceau ça va être de la grosse frappe ou tu as besoin de faire valider par certaines personnes ?

Je n’ai pas la prétention de dire que c’est de la grosse frappe… Avant que mon morceau ne sorte, il n’y a pas plus de trois personnes qui l’ont écouté. Je me valide un peu tout seul. Sur Bleu noir, j’aurai pu faire un 40 titres, mais il y a énormément de couplets que je ne termine jamais. En fait, je jette plus que je ne garde. Je fais plein de morceaux mais il y en a certains, je me dis que c’est de la merde et que ça ne sert a rien de les garder.

Tu ne récupères pas des couplets ici et là que tu rassembles pour créer des morceaux ?

Non, j’écris de manière instinctive donc je traite un morceau d’un coup.

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Pour parler de Bleu noir plus précisément ; tu l’as fait financé par la plateforme de financement participatif KissKissBankBank. Pourquoi ce choix ? Quels avantages tu as pu en tirer par rapport à avoir signé sur un label de manière plus classique ?

Parce que j’ai rencontré plein de labels qui ne comprenaient pas vraiment le projet. Ils étaient lents à sortir des contrats et je me suis dit « pourquoi je le fais pas moi même ? », avec les personnes qui me soutiennent. J’ai toujours fonctionné comme ça au final. J’avais l’ambition de faire un gros album qui soit très bien produit, bien mixé, qui se vende bien. Et qu’on le fasse nous-même. En fait c’était possible si on le faisait comme ça, et on a réussi. Les avantages c’était qu’on était totalement libre ; zéro contraintes. C’est que des partis pris, zéro compromis.

A l’écoute de l’album, on ressent un univers assez mélancolique, est-ce que ça reflète ton état d’esprit ou c’est plus une façon de faire ?

Ce n’est pas un fond de commerce ou une marque de fabrique, c’est juste que j’écris le plus souvent quand je suis frustré ou en colère, ou déçu, et c’est finalement dans ces moments-là que j’ai envie de penser à autre chose… Direct je vais me lancer dans l’écriture dans ces moments. Ça me fait limite plus de mal quand je le fais, mais je crache ma rage, mon venin. Je lâche mes cris du cœur mais sur le moment je me sens mieux. Je sais pas si c’est une thérapie, parce que je ne sais pas si ça me soigne vraiment. Mais sur le moment ça me soulage.

Tu chantes pas mal sur l’album, tu commences a pousser la voix ; est-ce que c’est parce qu’il s’agissait justement d’un projet plus important que tes EP précédents, avec plus de résonance ? Ou est-ce que tu l’as fait pour faire comprendre aux gens que le hip hop c’était pas quelque chose de brut, et que ça pouvait aussi être quelque chose de plus mélodique ?

Je l’ai fait pour encore une autre raison mais qui s’approche plus de la deuxième hypothèse. Je l’ai fait pour sortir du rap en fait. Parce que je n’avais plus envie de faire que du rap, pur et dur. J’avais envie de m’éclater que ça soit un peu plus mélodieux, pour pouvoir chanter… Parce que j’écoute pleins de truc différent en fait.

Justement par rapport à ça on a poussé la comparaison de Bleu Noir avec Bleu pétrole d’Alain Bashung. Est-ce que cet album et la chanson française en général t’ont inspiré pour Bleu noir ?

Ouais, j’aime beaucoup Miossec. Bashung et Biolay ont de super textes aussi.

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Genre c’est ce que tu écoutes dans ta voiture ?

Mec j’ai pas de voiture (rire). Dans le métro ? Ouais j’écoute pleins de truc en fait, je peux écouter Nekfeu et SCH, et puis le lendemain je vais écouter le dernier album de Abd Al Malik avec Laurent Garnier. Et puis le week-end écouter The Libertines et Leonard Cohen.

On est dans un contexte politique assez particulier (interview réalisée la veille du second tour des élections régionales, ndlr), est-ce que ce genre d’événements peuvent te pousser à t’engager plus dans tes textes, dans la mesure où tu as un certain écho auprès de la jeunesse ?

Ouais je sais, mais je ne m’y connais pas assez en politique. J’ai pas de très grandes idées en la matière. Dans ma famille on est pas du genre à parler de politique à table, et moi ce n’est pas un truc qui m’intéresse. Je regarde jamais les infos. Je suis le dernier au courant de tout. Ça sert à rien d’être engagé politiquement si c’est pour finalement être sans convictions, juste pour être violent parce qu’il y a des trucs qui sont choquants. Si après derrière y a pas vraiment de fond, ça sert à rien. Finalement faire de la musique ou toute autre forme d’art, je trouve que c’est déjà un acte de militantisme et engagé…

Tu entretiens toujours de bonnes relations avec le collectif L’Entourage ?

Avec certains, comme 2Zer ou le S-Crew, on a rempli nos deuxièmes chargeurs ensemble. On s’est rencontré vers 2011-2012, on s’est retrouvé dans plein de plans galères ensemble, partagé plein de moment de vie. Les Grünt aussi. Ils sont là depuis le début, on a vécu plein de trucs ensemble dans la musique et en dehors.

C’est internet qui a permis votre rencontre ?

C’est le rap qui a amené ça, en concerts… Par exemple, Lo (Hologram Lo, ndlr), pour faire Soleil d’hiver, on a enregistré un freestyle chez Walter, qui est un mec qui rap dans l’entourage de L’Entourage, un peu comme moi. Et y avait Lomepal, Alpha (Alpha Wann, ndlr), Mothas (Mothas la Mascarade, ndlr). Avec Lo on s’est rencontré ce soir-là. Il avait fait la prod du freestyle, et on a fait un morceau direct. C’était juste après Mon Prisme, je voulais faire un projet. Je contacte Lo, je lui demande s’il est chaud de me filer des prod, je prépare un autre truc, il me dit qu’il aime bien ce que je fais et que ce serait cool qu’on fasse un EP ensemble, 4-5 titres. Ok, on roule, et finalement on fait 9 titres.

Grâce à Hologram Lo t’es sorti de ta chrysalide ?

Exactement, il m’a donné de la force, à fond.

Si il y avait des artistes avec qui t’aimerai collaborer aujourd’hui ou pour un futur album, pas forcément en rap, ce serait qui ?

Il y en a tellement peu. Tu vois par exemple, je te disais que j’adore Miossec. J’aimerai beaucoup le rencontrer pour parler de musique avec lui. Mais est-ce que un morceau avec lui serait intéressant ? Est-ce que ça servirait ? Pas sûr… Pas sûr non plus que ça marcherait. C’est pas parce que j’aime bien ce que tu fais que faudrait qu’on fasse un truc ensemble. Après j’ai 2-3 idées de feat. que je garde pour moi, mais Nessbeal j’aimerai bien faire un truc avec lui.

T’as déjà commencé à écrire de futures chansons ? T’as déjà des idées pour le prochain album ?

L’écriture c’est un exercice cérébral, et quotidien, que je perds pas, donc oui. J’écris tard le soir chez moi, j’écris pas trop dans la rue comme ça. Parfois je réfléchis à des phases comme ça. Mais plus que je réfléchis à des phases, j’ai une espèce de pensée ou une vision et je vais la garder et quand je veux écrire je vais la ressortir.

Fini le vol à Monoprix ?

Ouais gros. J’ai grandi, L’homme de l’ombre j’avais 18 ou 19 ans, j’en ai 22. Forcément on évolue.

Dans la longue interview que tu as accordé à Grünt, tu disais que pendant l’enregistrement de l’album, le rap te saoulait. Est-ce que ça va mieux maintenant que t’as accouché de Bleu noir ?

J’écoute de moins en moins de rap. Je suis tout, j’écoute tout en avance, mais ça me traumatise moins qu’avant. J’écoute plein d’autres trucs.

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Du coup tu ferais peut-être évoluer ton trip vers d’autres univers ?

Bah je sais pas, car finalement c’est dans le rap que me retrouve le plus. C’est la musique sur laquelle tu peux mettre le plus de mots, varier les flow, les rimes. C’est très dense le rap. Et c’est pas dans toutes les musiques que tu peux faire autant de variations. Du coup, comme je disais, j’écris souvent frustré ou en colère et c’est donc dans le rap que je me plais le plus à écrire, parce que je peux tout lâcher, et c’est vachement intense. Et je vais continuer.

Si tu faisais pas du rap tu ferais quoi aujourd’hui ?

Je serai dans un groupe de rock. Ou même peut-être de jazz. Je ferai du piano, c’est mon instrument préféré. Dans le piano y’a pas de demi-mesure ; soit c’est vraiment de la merde soit c’est le plus bel instrument. Après ça ce serait la guitare.

Tu fais d’un instrument, ou tu composes un peu des beats ?

J’ai essayé un moment, ça ressemblait à des sonneries de Nokia 33-10.

Merci Georgio, bonne continuation pour ta tournée !

 

Interview réalisée avec Kontadit /Crédits photos : Alice Belair.

Album dispo un peu partout sur les internet et dans les bacs
Georgio continue sa tournée un peu partout en France.

2×2 places à gagner : Lomepal x Georgio @ Rock School Barbey 12/12

dans MUSIQUE

Le samedi 12 décembre, Georgio et Lomepal viennent défendre leurs projets respectifs à la Rock School Barbey et Le Type t’offre l’occasion de gagner deux places.

Les deux rappeurs en orbite autour de la constellation L’Entourage ont chacun sorti un album en 2015, ce qui leur a permis d’occuper une place à part entière et chère au vu de la densité du paysage du rap français cette année.

Après avoir sorti une série de clips sur Face B et collaboré avec Hologram Lo’, producteur de 1995, Georgio n’a pas attendu longtemps pour dévoiler son album Bleu Noir. Financé par les auditeurs sur la plateforme de financement participatif KissKissBankBank, Bleu Noir est teinté d’un rap mélancolique, les ombres de la Scred Connexion et Lunatic planant toujours au dessus du rappeur du 18ème. La rue, les soirées à cogiter et ses névroses, voilà les thèmes que Georgio affectionne. Et le rappeur semble s’être affranchi de ses mentors avec cet album plus personnel que jamais.

Lomepal est également issu de cette scène parisienne rayonnant à la fois dans les open mics et dans les suggestions YouTube. Avant de sortir l’album Majesté, Lomepal s’était fait remarqué avec son projet en collaboration avec Caballero et Hologram Lo’ sur le projet « Le singe fume sa cigarette » puis son projet solo « Cette foutue perle ». Mêlant introspection, observations et dérision, Majesté s’inscrit dans cette lignée, entouré du producteur parisien Stwo et de ses producteurs fétiches Meyso et Hologram’ Lo.

Maintes bonnes raisons d’aller (re)découvrir les deux rappeurs s’exercer en live…

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2×2 PLACES A GAGNER : LORDS OF THE UNDERGROUND @ Iboat 22/10

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Orignaires du New Jersey (US), les membres de Lords of the Underground ne sont plus à présenter. Formé de Mr. Funke, Doitall Dupré, et Lord Jazz, ces lascars du beat n’ont visiblement pas fini de faire jumper leur public, entre lyrics poignantes et instrus entraînantes. Avec un nom pareil, pour ceux qui ne les remettent pas, vous vous dîtes peut-être « Hip Hop » de rue et « méchants gangsters » : vous n’avez pas tort, et pourtant ils nous balancent en pleine tronche des paroles socialement responsables sur des instrus rythmées et ultra provocantes. Et ce, depuis leur premier album en 1993 Here comes the Lord qui a plutôt annoncé la couleur. Octobre 2015, la palette n’a pas vraiment changé. Un an après la sortie de leur best-of qui regroupe leurs meilleurs titres à l’occasion de leur 20 ans de succès mondial et de show survolté, les voici sur la west coast française pour retourner l’Iboat autour d’un live qui fera trembler le bateau. Le Type te garantit incontestablement le temps d’un concert un petit retour dans ce doux et innocent monde du hip-hop ricain des années 90.

Donc chausse tes plus belles timb ou tes plus veilles nike et tente de remporter deux places puisque pour l’occaz, le Type paye son entrée, man.

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DonMonique – Thirst Trap

dans MUSIQUE

Dans le flux constant de nouvelles pistes musicales sorties des entrailles de l’internet, il est difficile de faire le tri et parfois un rien peut nous faire cliquer (ou non) sur le bouton « Play ».

1584Cette fois, c’est la cover qui a fait son effet. Bien qu’il soit fréquent de trouver une gente féminine dénudée dans les décors de rap outre-Atlantique, il n’est pas question ici de figuration mais du personnage principal, DonMonique, mise en scène dans une position subjective. Le titre du projet, « Thirst Trap EP » confirme cette démarche racoleuse et parfaitement assumée de l’intéressée.

Dès l’interlude « Voicemail » qui fait office d’intro, on perçoit un flow lent mêlé à une voix grave qui constituera le fil conducteur de l’EP. S’ensuit « UNTLD », avec un beat à la fois brut et aérien en collaboration avec Wara from the NBHD. Le troisième morceau, « Drown », constitue clairement le temps fort de l’EP. Des bass résonnantes, un tempo lent accompagne parfaitement le flow à la fois nonchalant et appliqué de DonMonique. A ce moment là, la tête se balance toute seule.

Pour son EP, la rappeuse de New York s’est entourée du producteur de la même ville, Stelios Phili, qui nous était apparu pour la première fois sur la mixtape « Ferg Forever » d’A$AP Ferg notamment sur les bangers Doe-Active et Dope Walk. Ici, le producteur livre des productions suffisamment éclectiques pour permettre à DonMonique de montrer l’étendue de son talent.

Si on trouve des morceaux plus sombres aux influences Boom Bap comme « Jada » ou « Fifty Kaid », le morceau « ION », deuxième temps fort du projet, sonne plutôt comme un egotrip au ralenti. Néanmoins, les pistes défilant, on retrouve toujours cette tendance brumeuse et narcotique qui caractérise le style de DonMonique.

Parmi les invités, on se ravi de retrouver le bon vieux Danny Brown sur le morceau « Tha Low », que l’on croyait noyé dans un verre de codéine mais qui se pavanait en toute sérénité sur les côtes croates avec d’autres têtes d’affiche de New York.

Cette petite carte de visite (l’EP est relativement court) suffira pour qu’on suive de près DonMonique qui aura su attirer par son image mais qui, espérons, saura durer grâce au son.

L’EP est en écoute dans son intégralité ici :

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