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Une webradio à Bordeaux : Ola Radio

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MÉDIAS/MUSIQUE

Bordeaux verra débarquer dans un mois sa première webradio dédiée à la culture électronique et ses acteurs : Ola Radio. Le Type a eu l’honneur de rencontrer Alice, Rémi et Tommy, les trois créateurs de cette révolution musicale et culturelle locale longtemps attendue. Lire plus

FIP toujours : soutenons l’antenne locale à Bordeaux

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Allez les bordelais, votre soutien aux ondes de FIP c’est maintenant ou jamais. Plus que jamais, la radio a besoin de votre soutien : il est important de garder actives des radios de proximité, ancrées sur le territoire, et de préserver cet acteur majeur de la culture locale.

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FIP c’est quoi ? FIP est une radio éclectique et culturelle qui informe, qui émet dans nos villes : partout en France depuis Paris, mais possédant des antennes locales fortes à Bordeaux, Nantes, Strasbourg. Oh ! Quelle chance d’être bordelais, quel honneur d’avoir encore nos Fipettes dans notre beau Bordeaux foisonnant de culture. Alors oui, pourquoi, qu’ils nous disent ? Pourquoi Bordeaux, Nantes et Strasbourg ?

Donc, autant supprimer du temps d’antenne sur nos trois dernières antennes locales, par soucis d’égalité, et renforcer (un peu, très peu ?) d’autres antennes, mais oui bien sûr, voilà un argument qui est annoncé. Parce que sinon, ce n’est pas juste. Parce qu’ils ont cru qu’on allait gober cet argument ? Qu’on était tombé dans la barrique de vin rouge, à Bordeaux, dès la naissance ?

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Un très bon taux d’audience, une radio forte, alors poussons le désir « FIP toujours » et « FIP partout »

Il faut préserver la qualité de nos antennes locales, car ce recul entraînera irrémédiablement, et surtout, un renforcement de l’antenne parisienne qui, par essence, même si elle reste de qualité, ne jouera pas son rôle de relais de l’information proche de chez vous, telle qu’on la connait aujourd’hui. Et c’est pourtant le rôle premier d’un service public d’information, de façonner votre agenda, vos envies, vos sorties ! Donc, si nous avons ce privilège, n’oublions jamais que cela n’a pas été sans combat, et que dès 1999 les antennes de certaines villes ont peu à peu disparues pour des raisons capitalo-économico-rationnelles propre à la politique centralisée parisienne de Radio France.

Alors ce coup-ci, on ne souhaite pas voir s’appauvrir notre relais FIP bordelais, par une réduction drastique du volume horaire (aujourd’hui de 7h00 à 19h00, demain quelques heures à peine ?) pour que finalement, seule les courbes de rentabilité des bureaucrates de Radio France soient les grandes gagnantes.

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Signez ici, soutenez les antennes locales de FIP !

  • Pétition à signer ici
  • Contact : fipbordeauxarcachonendanger@gmail.com

Mark Lanegan Band @ Krakatoa, 8 mars 2015

dans MUSIQUE

Quoi de mieux pour étirer son weekend qu’un bon concert le dimanche soir ? Un très bon concert ? Soyons franc, ce soir-là on a eu droit à un excellent concert ! Avant de te raconter comment la soirée s’est goupillé, Le Type va te parler du pilier de l’affaire, celui qu’on était tous venu admirer : Mark William Lanegan. Il a fricoté avec les plus grands : Kurt Cobain, Layne Stanley, Duff McKagan, Josh Homme pour ne citer qu’eux. Son groupe, Sreaming Trees, était un pionnier du grunge à la fin des années 80, à l’instar de Nirvana, mais lui n’a jamais connu la renommée mondiale et populaire dont ont pu bénéficier nombre de ses amis. Il a cependant atteint au fil des ans un  succès d’estime non négligeable, quoique confidentiel. Et cela vaut peut-être mieux, certains s’y sont brûlé les ailes… Grand monsieur à l’aura captivante, rockeur charismatique, auteur-compositeur prolifique, c’est à sa voix que Mark doit son magnétisme. Une voix naturellement grave et rocailleuse qui force l’écoute et le respect. Comme tant d’autres, me dis-tu, effronté ? Peut-être. Peut-être qu’une voix grave et rocailleuse n’est pas rare mais ce ne sont que des mots. Vas, vas voir le grand Mark Lanegan et tu admettras que peu de chanteurs transcrivent une telle langueur pénétrante, via cette voix puissante qu’on dirait parfois retenue, comme contenue pour ne pas dévoiler toute sa force grinçante, et qui t’explose à la gueule au moment où tu t’y attend le moins. Non, je n’en fais pas trop, ce mec a vraiment un bel organe. On pense à Nick Cave ou Richard Hawley (version américaine bien entendu, c’est moins fin mais tout aussi bon), et un certain Bertrand bordelais ne niera pas une affinité manifeste avec son homologue d’outre-atlantique. On l’a d’ailleurs repéré dans la foule Bertrand, montrant un intérêt évident pour le show admirablement orchestré qui se déroule sur scène. Et, scoop du jour, Le Type a également pu apercevoir l’élégant Alexandre, chanteur des fameux bordelais de ZiZi Rider, se délecter du spectacle avec un fromage sous le bras.

Passons au concert en lui-même. Une première première partie est assurée par Lyenn, artiste belge et bassiste du Mark Lanegan Band. Seul avec sa guitare et son micro, il nous entraîne dans un univers éthéré porté par sa voix lancinante et son jeu plaintif. C’est beau, c’est enivrant, tout en douceur. Si tu veux absolument un point d’ancrage, je peux parler des moments les plus minimalistes de Radiohead. Mais je ne suis pas sûr que ce soit très judicieux. Le mieux, c’est encore que tu ailles te faire une idée par toi-même.

Vient ensuite Duke Garwood, épouvantail à la voix éraillée voire carrément effilochée, accompagné par un batteur assorti. Je dis assorti, je veux dire physiquement et musicalement. On nous a promis du « blues expérimental (voire psychédélique) », on est servi. Le duo est parfaitement en harmonie : guitare jouée aux doigts tantôt claire tantôt fuzz et batterie toujours délicate et aérienne se complètent à merveille. Les deux vieux compères aux techniques peu orthodoxes mêlent leurs sonorités particulières pour le plus grand bonheur des auditeurs. Mais s’ils sont beaux à entendre, ils sont sublimes à voir. Comme Lyenn, mais plus exagérément encore, Duke Garwood effleure à peine ses cordes et ses doigts virevoltent le long du manche avec une finesse maîtrisée que n’égale que le ballet arachnéen des baguettes du préposé aux tambours et cymbales. Elles semblent en effet atteindre les fûts au hasard -un hasard méticuleusement réfléchi- et passe de l’un à l’autre avec une douceur subtile en flux tendu qui rappelle le jazz le plus exigeant, tout en maintenant une pulsation légère mais solide. Très belle surprise !

Après une attente semblant interminable, le monstre se montre. Il arrive d’abord seulement accompagné de son guitariste pour deux chansons qui sans être impressionnantes, plonge Le Type et tout le public dans l’ambiance « Lanegan ». La première pierre est posée. L’éclairage est parcimonieux, et vient essentiellement de derrière la scène. On distingue ainsi très mal les traits du chanteur à la chevelure filasse et cela ajoute à la sensation de mystère relayée par son timbre rauque. Grande silhouette un peu gauche, Mark me semble pendant le concert légèrement souffreteux et ne lâchera que rarement son pied de micro (qui tient qui ?). Je te rassure, toi qui lit ses lignes ; approchée de plus près à la séance de dédicace qui s’ensuivit, la bête était en pleine forme. Sans doute un jeu de scène, un effet de contre-jour dû à ces éclairages ombrageux. Quoiqu’il en soit, il a envie d’en découdre et ses cordes vocales nous offrent une prestation dont Le Type se souviendra. Une fois le Mark Lanegan Band au complet sur scène, on a droit à une déferlante de chansons toute meilleures les unes que les autres. Le batteur ne fait pas semblant de frapper ses caisses, la basse est discrète et efficace, et l’orgue balance ses notes hautes en couleurs là où il faut quand il faut. L’homme à tout faire derrière les claviers prend d’ailleurs régulièrement la guitare pour appuyer le tout, avec un son agressif que j’apprécie. Les compositions sont très cohérentes et les musiciens sont de vrais professionnels vaccinés. Un léger passage à blanc est à regretter, une petite demi-heure au milieu du concert, avec quelques titres plus faiblards. Mark est excellent quand il s’approche du feu des Queens Of The Stone Age (dont il s’est fait le hurleur sur plusieurs albums dont le fédérateur Song For The Deaf), moins quand il joue ses ballades modernes un peu fades. Passons, l’énergie revient vite et jusqu’à la fin le groupe portera haut son fier meneur. Car oui, on a affaire ici à un « backing band », c’est certain, les musiciens sont là pour mettre en valeur notre ami vocaliste. Pas de riff inoubliable ou de solo de batterie ultra-sportif. Mais c’est très bien fait ! On sent même parfois le grunge cher au jeune Lanegan sourdre implacablement et mettre en exergue cette voix que tout voue à la flamme du rock. Puis… on arrive à la fin. On le sent bien, lui aussi, et le groupe se retire sans fioriture. Mais!… Surprise : rappel ! Digne de ce nom : Duke Garwood est invité à prendre la guitare et sont ainsi jouées trois chansons enrichies par les digressions guitaristiques du bluesman. Rideau.

Le Type sort de la salle calmement, comme tout le monde, en se disant qu’il a entendu ce soir un chanteur impressionnant et une preuve que le rock a encore de belles perspectives d’avenir.

« Bleeding Muddy Water », impardonnable absent du set.

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