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Musique d’Apéritif

Sidéral Fest #2 : raout psyché bordelais

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Après une première édition réussie l’an dernier, le Sidéral Bordeaux Psych Fest rempile cette année et voit les choses en grand les 14, 15 et 16 mars. En investissant L’Astrodøme mais aussi la Salle Des Fêtes Bordeaux Grand-Parc et en musclant sa programmation, le festival affiche ses ambitions : devenir le rendez-vous incontournable de la région des musiques psychédéliques.

Credit photo : Julien Dupeyron

Fédé locale du trip psyché

Tout deux très actifs dans leurs villes respectives (Bordeaux et Biarritz), les deux collectifs aux commandes du Sidéral Bordeaux Psych Fest ont réussi le pari de mettre en place un beau raout psychédélique dans la capitale girondine. Comme en 2018, ces deux acteurs de la scène artistique régionale, L’Astrodøme et Musique d’Apéritif, vont permettre aux locaux de profiter d’une programmation perchée sur trois jours, dans notamment deux lieux de la ville : la toute fraîche Salle Des Fêtes Bordeaux Grand-Parc et bien sûr le QG de L’Astrodøme, qui a l’habitude d’accueillir des concerts et autres showcases d’artistes ou groupes psyché de passage dans la région. A l’heure où l’engouement pour le genre est manifeste (avec des formations comme Pond ou Tame Impala en tête de proue), il manquait en ville un rendez-vous capable de fédérer les amateurs de ces esthétiques et autres freaks adeptes de pareils trip psychédéliques. C’est donc chose faite avec ce Sidéral destiné aux aficionados de « fuzz, des boucles lancinantes, de réverbération, de découverte et d’aventure ».

Une deuxième édition qui décolle pour les nuages

Pour cette deuxième édition, les deux crews unissent leur force une nouvelle fois et proposent trois jours de fête hallucinées, avec un beau programme composé de pas moins de douze noms. Un premier showcase spécial permettra d’entamer les hostilités de douce manière le jeudi avec les belges de Phoenician Drive et les portugais glam de Big Red Panda. L’affiche de la soirée du vendredi (15 mars) résonne particulièrement bien avec les anglais de Temples, les allemands d’Odd Couple et leur surf-music délirante aux frontières du krautrock, les suédois de MaidaVale et leur transe nordique ou encore les deux groupes français Deux Boules Vanille et Kaviar Special, deux très beaux projets à ne pas louper.

Le samedi n’est pas en reste avec les ricains cultes de Radio Moscow et leur « blues-rock du XXIe siècle », ou encore Zombie Zombie, derrière lequel on retrouve le très talentueux Etienne Jaumet ; un projet qui fait savamment s’entremêler musiques électroniques et psychédéliques. Le Portugal, où la scène psyché est particulièrement bien développée, sera représentée avec Solar Corona, tandis que l’Italie nous enverra New Candys, entre rock alternatifs et vibes dark. Les toulousains de SLIFT et les allemands d’Electric Moon complèteront un plateau parfaitement équilibré qu’on a hâte de découvrir samedi 16 mars.
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Le programmation de rentrée du Chicho décortiquée

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE
Lieu emblématique de la scène culturelle alternative et indépendante bordelaise, El Chicho fait office de repère depuis 2009 à une scène locale émergente ainsi qu’à de nombreux artistes de la scène internationale. Sans jamais être rigide dans ses choix, l’équipe de programmation a à cœur de soutenir des projets très variés, allant du punk en passant par la new wave, la folk, le rock et ses variantes noise, indé ou psyché. El Chicho est également soucieux de travailler avec d’autres organisateurs indépendants de Bordeaux pour proposer sa programmation. Pour la rentrée du lieu, on a donc demandé à son programmateur Gaëtan et son chargé de com’ Maxel de nous décortiquer leurs choix.
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  • Mercredi 6 septembre : Is Bliss (garage, psyché, UK) et Colonel Mushroom (psych rock, Bordeaux)

« La soirée est présenté par Sonatik, organisateur de concert indépendant qui déniche des pépites rock de qualité. On fait confiance à SONATIK, on sait qu’ils ont du flair, et Is Bliss ne déroge pas à la règle, on aime le shoegaze, le psych réverbéré et nous sommes exigeants dans ce type de programmation, et on est comblé d’accueillir un groupe comme Is Bliss, originaire de Portsmouth qui allie l’indolence du psyché, l’universalité du rock et l’authenticité du garage. »
 
  • Samedi 9 septembre : Deep Sheep (punk hardcore / Bordeaux, USA), Moonshine Fish (folk rock / Bordeaux)

 « Présentée par Arts Contre Courant, cette soirée éclectique d’artistes bordelais, permettra de mettre en avant la scène locale avec Moonshine Fish. Quant à Deep Sheep, vous ne trouverez rien ou pas grand chose sur eux, mais c’est un groupe de tueurs. Leurs covers et leurs reprises de classiques du genre sont ultra affutées. Emmenée par le chanteur américain Dre Gipson, ex-membre de Fishbone, cette formation délivrera un set de composition ainsi qu’un florilège de reprises des Bad Brains, de Minor Threat avec l’esprit positif du Punk Hardcore ! »
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  • Mercredi 13 septembre : Hurricane Heart Attacks (space rock psych / Argentine) et Sbonk (stoner rock / bordeaux)

« Hurricane Heart Attacks a joué avec les grands du genre. Ils ont fait beaucoup de premières parties alléchantes, comme avec Black Markets Karma ou The Warlocks (qui a d’ailleurs écrit une chanson d’où ils tirent leur nom). Hurricane Heart Attacks sont aussi bons que les meilleurs du genre, dans cette scène musicale néo-psyché qui se développe et qui a été popularisée par les Black Angels d’Austin Texas. Le concert est présenté par Sonatik« 
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  • Jeudi 14 septembre : To the Moon and Back (cold dance new wave electro / FR) et Superficial Single Boy (vapor folk / bordeaux)

« On aime aussi accueillir les We are Vicious, qui organiseront cette soirée. Ils dénichent toujours des expérimentations cold à leur image, de l’électro étrange, bien dérangeante. Ils savent y faire pour surprendre, ici aussi avec Superficial Single Boy on découvre un artiste bordelais à part,  sorte de folk-rock soporifique. Ils sont fort pour dénicher des trucs barrés !

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  • Samedi 16 septembre : Fvnerals (folk noire / Glasgow), First Temple to the Atom (death metal / Glasgow), Birtawil (ambiant psych drone / Bordeaux)

 
« Cette soirée est présentée par Metronome Fest et aura pour thème l’Écosse. Qui a dit qu’on ne mélange pas délicasse folk et violence métal ? Nous, on trouve le mélange intéressant, le calme avant la tempête. C’est un peu la « dark night » de ce mois de septembre. Fvnerals façonne une délicate folk électrisée, dessine un énigmatique chemin noir, au bout duquel nous tombons face à une incantation chamanique post-apocalyptique. »
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  • Samedi 23 septembre : Bloom (post rock / Bordeaux) et Seven (post rock / Espagne)

« Encore de la découverte locale à la pointe : Bloom c’est frais, un côté légèrement pop, un côté post-rock, c’est dansant et parfait pour rester encore un peu en été en cette fin de mois de septembre. »
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  • Mercredi 27 septembre : Slift (psych garage fuzz / Toulouse) et guest

 « On adore Slift, du coup on les a déjà fait jouer ce printemps et on leur a demandé de revenir. A la première écoute on sent l’influence du Oh Sees de John Dwyer, dans l’intention et la sonorité de guitare. Ils évoluent sur le label Howlin Banana Records qui met régulièrement en lumière les supers groupes du garage français. »
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  • Samedi 30 septembre : Yo No Se (psych grunge prog / Bristol) et Piscine (noise math rock / Bordeaux)

« C’est Musique d’apéritif qui organise, un collectif de plus en plus dynamique, qui organise beaucoup de concerts, notamment vers Hossegor, et attention ils sont en train d’envahir Bordeaux ! Ils ramènent le 30 septembre Yo No Se, un groupe qui vient de Bristol, et je trouve que s’ils sont à peine moins black que Black Sabbath, ils sont bien plus gras que Cobain. »
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Merci à Gaëtan et Maxel !
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Rencontre avec NONMA

dans MUSIQUE

Dj installée à Biarritz et membre du collectif sans frontières Flow-fi, NONMA a animé 2015 avec une série de mixes publiés sur Soundcloud mettant à l’honneur un groove à la croisée des genres. Le timing était donc idéal pour évoquer avec elle son parcours, ses projets futurs mais aussi sa vision de la place des femmes dans la musique.

Peux-tu te présenter en deux mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Manon. J’ai 25 ans, j’habite à Biarritz. Je suis dj à mes heures perdues mais avant tout passionnée de musique et diggeuse archarnée.

Tu es membre du collectif australien Flow-fi, raconte nous en plus sur cette connexion ?

En fait, Flow-fi c’est vraiment international, le roster est composé d’artistes des 4 coins du monde. Le collectif  a été créé par des artistes que je suivais de près en 2013/2014 (Aywy, Fortune, Subdaio…).

Je commençais tout juste à poster des mixes sur mon Soundcloud. On avait tous plus ou moins les mêmes influences (à savoir tout ce qui était « future beat »/hip hop) c’est ce qui a fait la connexion. Apres avoir échangé quelques tweets et messages, le producteur parisien Maximus MMC m’a fait la proposition de rejoindre le collectif, c’était une bonne surprise. Le label a pris du poids et ses artistes aussi en 2 ans, certains tournent désormais dans le monde entier, je suis fière d’eux.

Il est vrai que le milieu du mix est majoritairement masculin, comment tu vois la place des femmes dans la musique aujourd’hui ?

Ces dernières années on a quand même pu voir une évolution. Il y a eu de plus en plus de soirées organisées avec des filles derrière les platines, notamment à Paris ou dans les grandes villes (c’est aussi grâce à la montée des labels comme Soulection par exemple) je trouve ça vraiment chouette. Dj c’est une passion, un talent et une profession. Ce serait bien que l’étiquette masculine associée à cette pratique s’efface petit à petit. L’image de la fille dj « sexy » persiste encore, une fille qui mixe c’est souvent attractif simplement parce que c’est une fille. Je trouve ça lassant et dépassé. Mais c’est bien parti pour changer.

Ce qui serait bien aussi c’est voir la pratique du beatmaking et la production de musique en générale se développer chez les filles. Pour le coup, si il y a peu de dj femmes, il y a encore moins de beatmakers femmes. Je trouve ça tellement dommage. Je suis persuadée que les femmes auraient bien des choses à apporter que ce soit dans la production de beat de rap ou d’electro, une sensibilité, une vision différente…

Et justement, comment tu expliques qu’il y ait moins de femmes à la production ?

En fait je pense que c’est parce que pour produire de la musique avec un ordinateur et des logiciels il faut avoir un coté geek, qui fondamentalement est plus associé aux garçons… Les filles auraient plus tendance à jouer d’un instrument « réel ».

De plus, le beatmaking est un terme qu’on associe au rap/hip-hop en général et produire pour des rappeurs est quelque chose qui a sans doute attiré les garçons plutôt que les filles à l’origine. Cependant c’est intéressant de voir que de plus en plus de chanteuses produisent leur propre musique et posent leur voix dessus. Il y a aussi aujourd’hui des filles très reconnues dans cette pratique, je pense par exemple à Wondagurl.

Ton dernier mix s’appelle « No Rap Mix », est-ce une réaction à une tendance rap qui prend de plus en plus de place ces derniers temps ?

Je l’ai appelé comme ça car c’était le premier mix que je postais sur mon Soundcloud sans aucun track de rap. Du coup c’était juste pour annoncer un peu la couleur avant l’écoute.

Tu partages essentiellement des mixes, est-ce que tu t’es déjà essayée à la production ?

Oui bien sûr, c’est une chose que je rêve de faire en fait. La nuit je rêve même que je fais des beats super cools. Et je me réveille déçue, sans aucune compétence.

J’ai téléchargé des logiciels de productions, Ableton, Fl studio… j’ai bidouillé des trucs. Mais ça demande vraiment de la patience, du temps, de l’entrainement, du visionnage de tuto… Je ne perds pas espoir d’arriver à faire quelques chose dans les mois ou années à venir, en attendant j’écoute ce que font les copains et donne mes idées et avis.

Quelle place a la musique dans ta vie aujourd’hui ?

La musique est clairement vitale, comme pour beaucoup. J’aime vraiment écouter de nouvelles choses tous les jours et prendre des claques sur des morceaux. Je fouine partout à la recherche d’une perle. La musique selon moi, c’est le moyen d’expression le plus efficace, le plus puissant et le plus communicatif. Il n’y a pas de musique sans rencontres et de rencontres sans musique.

J’ai moins eu l’occasion de me concentrer sur le label et les dj sets ces derniers temps. Je joue toujours un peu de musique dans les bars à Biarritz (penser local c’est important !) j’ai d’ailleurs rejoint le collectif « Musique d’Apéritif » qui organise pas mal de concerts, soirées, expos et se bougent les fesses pour faire vivre un peu le coin. J’aime beaucoup leur enthousiasme et leur état d’esprit.

Sinon, je pense upload un mix (un peu différent) très prochainement.

Quels sont tes prochains projets ?

Mon vrai plaisir c’est plutôt d’aider les autres à faire connaitre leur projet, partager, discuter. En plus de mon truc perso, l’envie de créer un blog/site qui parlerait justement des femmes dans la musique et qui donnerait peut être envie à celles-ci de se lancer dans la production de musique me trotte dans la tête depuis un moment maintenant. J’aimerais vraiment me pencher dessus. C’est une affaire à suivre.

Si tu devais en choisir un, avec quel artiste aimerais-tu partager les platines le temps d’une soirée ?

Un artiste, c’est super dur… En fait je dirais avec tous les gars de Flow-fi ! Mais sinon je choisirais surement Kaytra…parce que ses influences sont géniales et que je l’affectionne particulièrement.

Pour finir, quels ont été tes coups de cœurs musicaux en 2015 ?

Bon sans surprise l’album de Tame Impala est une pure merveille. Ceux de Kendrick et Tyler the Creator également. Plus récemment celui de King Krule.

Et en vrac, j’ai eu un coup de coeur pour les projets/albums/eps  de Anderson Paak, Sevdaliza, Toro y moi, Unknown Mortal Orchestra, River Tiber, Tory Lanez, Potatohead People, Nao, Maribou State, The Internet, Tuxedo…(et tellement d’autres).

Et Bordeaux ?

Où est ce qu’on peut te voir danser le samedi soir jusqu’à 5h du mat’ ? Je ne vais pas être originale, mais je vais dire l’Iboat. La programmation est cool. On y croise les copains. Et j’ai fait mon 1er set là-bas, forcement c’est sentimental.

Où est ce qu’on peut te voir manger un dimanche midi (le lendemain donc…) ? Dilemme, je ne mange pas vraiment le lendemain de cuite… Mais je peux conseiller un burger chez Edmond Pure Burger ou au Kokomo.

Dans quel quartier peut-on te croiser avec un appareil photo ? J’aime beaucoup le vieux Bordeaux, quartier Saint Pierre ou chiller sur les quais quand il n’y a pas trop de monde.

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