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L’Orangeade

S’évader avec la team tropicale de L’Orangeade le 15 février

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Après le Pavillon d’été et les soirées Maison Chaude au Hangar FL, L’Orangeade remet le couvert le 15 février prochain, avec une soirée « Voyage, voyage, fête cosmique et tropicale ». Une nuit de dépaysement total entre les musiques chaudes et tropicales du crew organisateur, performances artistiques variées et accompagnées de plats culinaires dans un lieu encore mystère.

Crédits visuels : Emma Kadraoui

Soirée secrète, stellaire & wild

Il est temps de mettre de côté le blues de ce mois de février, de fermer les yeux et de se déconnecter. « Voyage, Voyage, plus loin que la nuit et le jour, Voyage… », Desireless, inspiration phare de cet événement, vous transportera vers une « fête cosmique et tropicale » organisée par le collectif Bordelais, l’Orangeade. La scénographie et le lieu choisis spécialement pour l’occasion promettent une soirée « hors de l’espace-temps ».

Du « groove et de l’amour », mais pas que !

A lot of groove ! De 22h à 5h, les DJs de l’Orangeade seront aux platines pour enflammer le dancefloor avec leurs musiques chaudes et stellaires. Ekee de Multiverse, sera DJ invité et apportera une touche afro-house et afro-tech !

Ce voyage sera aussi visuel et gustatif. Plusieurs artistes déroutants seront dans le coup ! Ruby Azaki et Elips transformeront les participants en créatures interstellaires, grâce à un stand de make-up. Il sera en accès libre durant toute la soirée. Quant à elle, la drag queen Yeta Way captivera l’attention avec des performances à couper le souffle.
Se dépenser le ventre vide ? Pas dans les habitudes de l’Orangeade. Donc pour danser jusqu’au petit matin, Clément Duport, préparera avec amour de bon petits plats à base de falafels et de frites.

Pour recharger les batteries et reposer les gambettes, tout est sous contrôle. Le lieu prévoit une superficie de 700m² avec un jardin. Entre les bambous et la jungle tropicale, un espace chill sera aménagé.

Départ pour l’aventure…

Les bus magiques seront prêts à partir dès 22h au Parking Relais Buttinière, rive droite. Jusqu’au dernier moment, l’adresse du lieu sera gardée précieusement et dévoilé seulement à l’entrée du bus. Bien entendu le quart d’heure bordelais est prévu ; mais 22h30 dernier carat, dernier départ !

Comme quand on part en vacances, le voyage doit être réservé en avance grâce à la prévente, pour accéder aux bus. Aucune entrée ne sera en vente sur place pour les retardataires.
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  • Pour suivre les actualités de la soirée, c’est ici !
  • Pour trouver la Billetterie !

Les musiques électroniques à Bordeaux en 2019

dans ANALYSES/DIVAGATIONS LOCALES

Alors qu’une année s’achève, on s’est penché à notre modeste échelle sur les tendances qui ont marquées 2019 pour la scène électronique locale. Sans prétention d’objectivité ni d’exhaustivité, on fait le point sur les mouvements, les artistes, les collectifs et les événements qui ont façonné les musiques électroniques cette année à Bordeaux.

Crédit photo : Miléna Delorme

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        L’union de la scène

Événement marquant de ce début d’année, l’arrivée d’Ola Radio dans le sous-sol du café Mancuso en janvier 2019 a indéniablement permis à la scène de se fédérer autour de ce nouveau média. En ouvrant sa grille à une très grande partie du paysage culturel local, la webradio s’est imposée comme une référence, un élément liant, un trait d’union ayant réussi à agréger les collectifs, artistes et crews du coin. C’était d’ailleurs l’ambition de l’équipe, que nous avions rencontré au lancement du projet en janvier 2019 et qui expliquait vouloir « rassembler tout ceux qui font bouger les lignes ici ». En à peine un an d’existence, la webradio s’est ainsi entourée de la plupart des acteur.ice.s de la scène qui, à travers résidences et émissions, peuvent bénéficier d’une plateforme pour expérimenter, tester et développer leur identité artistique au cœur du « hub » que constitue Ola Radio.

En 2019, cette union des crews et de la scène électronique locale s’est également manifestée à travers l’initiative de la FIMEB, la Fédération Inter-associative des Musiques Électroniques de Bordeaux. Cette association lancée au cours de l’été réunit 12 collectifs bordelais bien décidés de promouvoir leur scène auprès du public et des élus. Ensemble, À l’eau, les Amplitudes, le festival Bordeaux Open Air, Canal 113, Eclipse Collective, Electrocorp, MICROKOSM, Ola Radio, L’Orangeade, SUPER Daronne, tplt et Les Viatiques entendent ainsi montrer l’unité d’une scène qui n’a pas forcément toujours brillé par sa solidarité dans le passé.

Ainsi rassemblés, ces promoteurs ont déjà organisé à la MECA des « Journées Électroniques » et entament une tournée des clubs bordelais, avec une première étape à succès au Hangar FL le vendredi 20 décembre dernier. Cette démonstration de force illustre la pertinence de cette union de la scène et la force des crews qui, pour reprendre une expression du programmateur de l’Iboat, « ont pris le pouvoir » aujourd’hui. Le rapprochement entre acteur.rice.s de la scène s’est aussi encore illustré cette année lors de la Fête de la musique qui a vu une multitude d’événements se mettre en place sous le signe de la collaboration.

Cette idée de fédération de la scène reste cependant nuancée par certains. Interrogé par nos soins à ce sujet, un promoteur note certes « l’union des collectifs, mais la mise de côté de certains ». D’autres s’associent d’ailleurs sous d’autres formes, à l’image d’assos de la scène techno locale sous le nom de La Collective, rassemblé au Hangar FL à l’occasion de plusieurs dates en 2019. Derrière, on retrouve notamment Fugitiv’, Canelura, Marée Basse, Horizons, We Are Rave, Kobal, Departed, WH4F, Volition Acoustics, P22, Distill….

Crédit : Arthur Brémond – la FIMEB ayant réuni 3500 personnes pour son premier événement en septembre

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        Le « retour » des clubs

Ayant longtemps pu être considéré par certains comme un frein au développement de la scène, le nombre de lieux à Bordeaux a évolué en 2019 à Bordeaux. Le retour d’un club comme le BT et l’évolution de sa direction artistique s’inscrivent dans cette logique, en venant offrir une alternative aux aficionados de la teuf et de la house qui, jusqu’à présent n’avait pas vraiment de choix en dehors de l’Iboat, qui jouit toujours d’une certaine renommée à Bordeaux grâce à sa programmation soignée.

Mais surtout, c’est l’arrivée en mars dernier du Hangar FL qui vient rabattre les cartes du clubbing bordelais. Par sa jauge importante (autour de 1000 places), l’ancien Space Opera s’est imposé en quelques mois comme un nouveau repère pour les collectifs en recherche de lieux pour organiser leurs soirées, à l’image de L’Orangeade qui en a fait son QG d’after lors du Pavillon d’été, ou de tplt qui y inaugure le 17 janvier une résidence avec l’australien Tornado Wallace.

Cette résurgence des lieux propices à la teuf fait dire à l’ancien résident du 4 Sans (autre club mythique historique de Bordeaux) Leroy Washington, qu’aujourd’hui « il y a un panel assez large de clubs à Bordeaux, entre L’Entrepôt, le Hangar FL, le BT, le Void… pour la taille de la ville et le nombre de clubbeurs, l’offre est assez large », alors qu’il était interrogé lors d’une émission de Scene city consacrée à la scène artistique bordelaise sur Ola Radio.

Un autre acteur est par ailleurs apparu sur la carte en avril dernier avec le Parallel, à l’emplacement de l’ancien Redgate (mais à la programmation bien différente, plutôt orientée techno et house). Grâce à ses heures d’ouverture (de 2h30 à 10h00), ce spot non loin de la gare a su satisfaire un certain nombre de noctambules bordelais et pas mal de collectifs qui trouvent, là encore, un espace pour organiser leurs fêtes et leurs afters.

D’autres tentatives d’ouvertures de lieux de fêtes ont pu voir le jour (ou la nuit) avec La Cryp†e, le projet en plein centre-ville de Demain Kollectiv dont on n’a plus de nouvelles (MAJ : l’équipe de DK nous précise qu’ils se donnent jusqu’à juin 2020 pour faire aboutir l’initiative). Certains lieux continuent par ailleurs d’exister et d’officier comme espace de diffusion pour les collectifs locaux, à l’instar du Void, qui a été menacé de fermeture cette année, témoignant toujours de la difficulté des opérateurs du milieu nocturne de faire perdurer leurs activités comme nous en témoignions lors d’un focus sur la question des Maires de nuit dans cet article.

Le Hangar FL – retour d’un club à Bordeaux

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        L’ère des open air et la diurnisation de la teuf

Chacun aura pu en être témoin : l’été 2019 a été marqué par une multiplication des fêtes en « open air » à Bordeaux. Chaque week-end comptait son lot d’événements de la sorte, témoignant à la fois de l’engouement pour le format des promoteurs et de l’intérêt qu’il suscite auprès du public. Parmi les fêtes de la sorte, on compte entre autre Bordeaux Open Air et ses dimanches festifs dans des parcs et jardins de la ville, tplt et ses Verger dont le dernier a été célébré en septembre dernier.

Le Pavillon d’été de L’Orangeade, installé rive droite, s’est inscrit dans cette dynamique en proposant chaque week-end de l’été des soirées à l’air libre ,sur les berges naturelles de la rive droite bordelaise. L’ancien Commissariat Casteja a lui aussi été investi pour plusieurs week-ends de festivités proposés par Banzaï Lab. Durant tout le mois de juin, ce Banzaï Land a été le théâtre de différentes activités, entre projections, ateliers, dj set et concerts.

Ainsi, chaque week-end de l’été, le public bordelais pouvait disposer d’un certain nombre d’options en vue de festoyer en « open air ». Cette dynamique a notamment été appuyé par la Métropole et la Mairie de Bordeaux qui, via la saison « Liberté » ou l’« été métropolitain », ont soutenu et subventionné un certain nombre de projets de ce type, tel que Bordeaux Open Air, le Pavillon d’été de L’Orangeade et d’autres initiatives, avec des montants pouvant grimper jusqu’à 10000 voire 150000 euros.

Cette saison et ce soutien illustre aussi l’intérêt des pouvoirs publics pour faire rayonner le territoire grâce aux musiques électroniques, dans une logique de « marketing territorial ». La saison disposait par ailleurs d’un QG rue du Loup, aux anciennes archives municipales, aménagé par Yes we camp et qui fut également lieu d’accueil d’open air, en plein centre-ville. On notera aussi, à travers ces événements, une certaine « diurnisation » de la teuf cet été à Bordeaux. Et une inversion du rapport nuit / jour ? Pas sûr, même si l’été a été incontestablement marqué par un développement accru de ces teufs en journée. Une tendance confirmée par l’arrivée des formats dominicaux de l’Iboat qui a lancé Domingo le 8 décembre pour clubber le dimanche jusqu’à 23h00.

Crédit photo : Miléna Delorme – Pavillon-d’été

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       Une scène qui rayonne

Annoncée début septembre, la première Boiler Room organisée à Bordeaux a incontestablement été un moment fort de l’année pour les musiques électroniques locales. La célèbre chaîne anglaise s’est associée pour l’occasion avec le collectif tplt qui s’est payé un beau cadeau d’anniversaire pour sa sixième année d’existence. En investissant un monument tel que la Base Sous-Marine, le crew a misé gros et a offert un sacré coup de projecteur à la scène bordelaise. Au-delà de l’organisation historique d’un tel événement dans le Sud Ouest, tplt a joué jusqu’au bout la carte de la localité en proposant un line-up composé en quasi majorité d’artistes de Bordeaux, avec Superlate, Theorama, Jann, Djedjotronic, Blumm et Insulaire.

Pour souffler sa sixième bougie, le collectif tplt a par ailleurs sillonné la France avec ses résidents pour représenter les couleurs locales. D’autres événements se déroulant à Bordeaux contribuent à ce rayonnement, à l’image de Bordeaux Open Air et de ces dimanches festifs qui, sur chaque édition, convient des artistes internationaux. De la même façon, les 3 ans du collectif des Viatiques début septembre, une autre teuf en warehouse de 24 heures a pu faire parler d’elle au-delà de Bordeaux avec un invité de marque : le roumain Raresh.

A son échelle, le projet Scene city que nous avons lancé avec Le Type entend également faire connaître la scène artistique bordelaise auprès d’autres scènes européennes. A travers une série d’événements, ce nouveau média cherche à connecter Bordeaux avec des villes telles que Belgrade, Bristol, Leipzig, Lyon, Kiyv, Vilnius, Moscou, Lisbonne et Tbilissi. Dans chacune de ces villes, Scene city a noué des partenariats avec des partenaires implantés localement et capables d’aider au référencement d’artistes.

La capitale géorgienne a d’ailleurs été mise en avant par la plateforme lors d’un événement en septembre dernier aux Vivres de l’Art. Une série de podcasts va également permettre de faire connaître des artistes et dj’s bordelais, à l’image du boss d’Eclipse Collective (également membre de la FIMEB) Hirschmann qui a récemment enregistré un set d’une heure dans le cadre de la résidence de Scene city sur la webradio de Bristol, Noods Radio.

Boiler Room à Bordeaux : un événement qui fait rayonner la scène locale

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       La techno se porte toujours bien

Toujours active et se renouvelant à l’aune d’une nouvelle génération de collectifs, la scène techno à Bordeaux connaît un engouement important de la part du public qui plébiscite toujours ses teufs en 2019. En warehouse secret ou en en club – avec notamment le Hangar FL, un florilège de crews, anciens ou issus d’une nouvelle génération, s’efforcent de promouvoir des esthétiques rave, acid et techno. Renouant avec l’esprit radical « free parties », ces organisateurs ont été à l’initiative de fêtes massives à Bordeaux, à la fois en mettant en avant les artistes de la scène locale tout en invitant des gros noms du game techno hexagonal ou international : Fee Croquer, Cleric, Héctor Oaks, VTSS

Derrière ces teufs aux BPM qui dépassent allégrement les 130, on retrouve notamment le promoteur We Are Rave, agence basée à Bordeaux et qui exporte ses soirées et ses artistes un peu partout en France. On peut également encore citer Demain Kollectiv et ses multiples événements à succès qui ont marqué l’année. Témoin du dynamisme de la scène techno locale, DK s’est également constitué en agence de booking en 2019 pour soutenir une flopée d’artistes comme Acouphènes, æsmå, BMD-4, Brune, Diazepin, High Speed Violence, L’Ätlas, Lemane, Murdër, Nobrac, NUITSIBLE, Rorganic, UNNAMED ou YGNOR.

Parmi les autres collectifs actifs en ville on compte également Fugitiv’, Phonik, Canelura, Marée Basse, Horizons, Kobal, Departed, WH4F, Volition Acoustics, P22, Distill, Klub666… Au-delà, les clubs plus anciens de la ville tels que l’Iboat continent d’inviter des artistes phares de la scène techno comme récemment avec Paula Temple et Anetha ; deux soirées à succès qui témoignent de l’intérêt toujours fort suscité par la techno à Bordeaux auprès du public.

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       Cultures queer & activistes de la nuit

Si on ne peut pas dire que les cultures queer ont fait leur apparition en 2019 à Bordeaux, cette année a pour autant été un jalon important dans le développement et la visibilité de cette scène. Portées par des activistes comme Bordelle, Maison Éclose ou Klub666, les esthétiques queer ont été représentées à de multiples reprises dans les lieux et les soirées bordelaises. A commencer par la seconde édition du Bal Queer organisé à La Salle Des Fêtes Bordeaux Grand-Parc en novembre dernier qui a rassemblé la suédoise Gnučči la disco-pop star Corine ainsi qu’un certain nombre d’acteur.rice.s de la scène.

Au-delà, les cultures queer ont pu jouir cette année d’une visibilité importante, avec des soirées au Café Pompier, autre terrain de jeu de Maison Éclose. Lors de la Fête de la musique, l’une des scènes de la ville a vu s’associer Bordeaux Rock avec Bordelle avec un show drag-queens. La marche des fiertés du 16 juin a été l’occasion de voir défiler tout un pan des représentant.e.s LGBTQI+, de la même façon que L’Orangeade a accueilli Maison Éclose lors d’un événement cet été au Pavillon d’été. Darwin pour ses Heures Heureuses, le Festival International des Arts de Bordeaux Métropole ou l’Iboat pour ses 8 ans ont tout autant mis en avant ces activistes drag.

Le ferry bordelais a par ailleurs lancé une résidence dédiée aux cultures queer, avec des invité.e.s de marque comme Prosumer ou Honey Soundsystem, collectif inspiré par l’underground gay de San Francisco. La promotion de cette scène et de ces esthétiques – encore peu visible auprès du très grand public malgré tout – témoigne de la volonté des acteur.rice.s du milieu de mettre en avant une vision militante et inclusive de la fête, tolérante et ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent expérimenter la nuit à leur manière, sans se soucier de leur appartenance sexuelle ou de leur genre.

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       Une scène solidaire sur la voie de l’engagement ?

Partout, à travers le monde, le dancefloor redevient un terrain de lutte, où les enjeux contemporains ont un écho : libertés individuelles, urgence climatique, accueil des migrants… Aux États-Unis ce sont les rave Melting Point qui s’organisent en soutien des réfugiés et des populations migrantes. A Paris, Les Éveillés s’engagent pour cette même cause. C’est là-bas aussi qu’une « rave pour le climat » à vu le jour cette année. En Palestine ou au Kazakhstan, des collectifs techno recréent des safe space pour des communautés LGBT menacées par un pouvoir autoritaire. Pour ce qui relève du combat climatique, la journaliste anglaise Chal Ravens a récemment détaillé sur Resident Advisor comment la scène commençait à se mobiliser.

En redonnant son rôle moteur de transformation socio-politique à la musique, les acteur.rice.s de la musique électronique renouent avec la dimension « activiste » de leur scène. Et à Bordeaux ? Si on peut difficilement comparer la ville de tradition bourgeoise avec des territoires en lutte comme la Palestine ou le Kazakhstan, quelques crews locaux commencent à s’emparer des enjeux et des crises qui secouent la planète. On a ainsi pu voir passer cet été des événements du collectif Fugitiv’ qui s’est rapproché d’associations telles qu’Extinction Rebellion ou SOS Méditerranée dans le cadre de soirées à l’Iboat qui voyaient les recettes de la billetterie reversées à ces dernières. Le choix des deux structures n’est pas anodin quand on sait qu’elles sont à l’avant-garde de pas mal de combats dans leur domaine respectif ; la rescousse des exilés qui se noient en Méditerranée et le combat pour la justice climatique. De son côté, l’Iboat a également consacré ses mercredis de l’été à des associations, en leur reversant là aussi les recettes de la billetterie (à prix libre).

D’autres initiatives à Bordeaux vont dans ce sens. On a ainsi pu apercevoir cet été une présence du collectif des migrants de Bordeaux sur le Pavillon d’été de L’Orangeade. La mise en place du SoliFest à Darwin confirme la prise de conscience d’une partie de la scène sur les sujets de l’environnement. Pour sa première édition, le festival s’affichait comme un événement écologique et responsable. Des associations étaient notamment présentes pour de la prévention, telles qu’ESSplicite, Eco Mégots, Surfrider Fondation… De son côté, Bordeaux Open Air s’inscrit également dans une démarche éco-responsable. En 2019, l’équipe du BOA : « passe (fièrement) un cap important: aucun déchet n’est produit sur site – que ce soit par l’association ou ses prestataires ». Dans ce cadre, le festival s’est associé avec Aremacs une « association pour le Respect de l’Environnement lors des Manifestations Culturelles et Sportives » pour l’accompagner sur la réflexion de son impact sur l’environnement et a publié sur son site un « rapport d’impact » sur ses actions liées. On scrutera avec attention les engagements des uns et des autres en 2020 sur ce terrain-là.

Zoom sur 4 dates marquantes à venir au Hangar FL

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Le Hangar FL nous présente encore une fois un joli programme pour ces prochains jours. Depuis son ouverture en mars dernier, le Hangar FL propose une offre généreuse entre techno, hardcore, trance et bassmusic. Ce mois de novembre sera chargé et de nombreux artistes réjouiront les simples curieux comme les fins connaisseurs. De Kas:st à La Fine Equipe en passant par Paul Johnson invité par le collectif L’Orangeade, le Hangar FL promet de fameuses soirées quais de la Souys.
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F.L.O.Y.E.D, 9 NOVEMBRE

F.LO.Y.E.D, anagramme de Full Love Of Your Excitement Disorder regroupe plusieurs artistes techno et acid, Kas:st, Zadig, Antigone et Klash Point. Kas:st, ce duo français de musique techno basé à Barcelone, a sorti tout récemment son dernier album Road To Nowhere composé de huit titres. Le projet était de produire un son par mois, sur une année, afin de toujours expérimenter pour sortir leurs envies du moment.

Souhaitant faire émerger une émotion à travers leur musique Karol et Manuel produisent sans contrainte et déclarent “on n’a pas envie de faire de la techno “basique”, à savoir des tracks uniquement faits pour le club. Quand on compose, on aime vraiment que ça décrive une histoire.” Avant cela, ils avaient déjà monté leur propre maison de disques Flyance Records et composé pour d’autres labels importants comme Concrete Music avec leur EP Movement of Thought. Kas:st promet un set éclatant le 9 novembre prochain.
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MAISON CHAUDE AVEC PAUL JOHNSON, PAR L’ORANGEADE, 15 NOVEMBRE

L' »orgie musicale » proposée par L’Orangeade le 15 novembre se fera en compagnie de Paul Johnson, grosse figure de la ghetto house du Chicago underground ! Cette maison chaude promet une nuit électrique rythmée à coup de hit de house music légendaires, laissant « place à une fête libérée et libertaire ». Adepte des sauteries de la sorte, le collectif local hôte déroulera également ses propres galettes house et disco avec ses dj’s résidents jamais avares sur les portions de vibes qui régalent.
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LA FINE ÉQUIPE, 23 NOVEMBRE

La fine équipe est un groupe de quatre musiciens français, beatmakers et compositeurs de musique électro. Leurs influences hip hop et musique noire américaine toujours présentes dans leur dernier album 5th Season, sorti en avril, cohabitent toutefois avec des sons aux accents plus house et funky. Le groupe fait tomber les barrières des genres musicaux pour laisser place à leur passion commune du beatmaking.

Sur cet album, de nombreuses collaborations voient le jour, la chanteuse Modja pose sa voix sur le titre “Aurora”. Fakear est également invité sur 5th Season, un titre qui rappelle les sonorités du premier album Boulangerie sorti en 2008. Les quatre musiciens s’imposent en acteurs majeurs de la scène future-beat française et sont très attendus au Hangar FL le samedi 23 novembre.
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LA COLLECTIVE – 11 COLLECTIFS TECHNO RÉUNIS, 7 DÉCEMBRE

Deux mois après la première soirée des collectifs, le Hangar FL réinvite le meilleur des artistes techno bordelais. Toujours dans une optique de faire émerger les artistes locaux, 11 collectifs seront
présents le 7 décembre prochain avec entre autres les labels Canulera, Horizons, We are rave et Marée basse. Un line up local donc mais également familial puisque 25 heures et Stcl2m, les deux frères fondateurs du label Kobal seront de la partie et performeront en back-to-back. 25heures est un jeune bordelais, passionné de musique et ayant baigné assez tôt dans l’électro grâce à son frère ainé Stcl3m. En juin 2018 ils fondent tous les deux le label Kobal ce qui leur permettra de réaliser plusieurs prestations et d’acquérir une certaine visibilité.

Entretien avec Florian, programmateur de l’Iboat

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Lieu culturel et club qu’on ne présente plus à Bordeaux, l’Iboat vient de fêter ses 8 ans à renfort d’une belle programmation, à l’image de ce qui est proposé tout au long de l’année en son sein. Témoin de la démocratisation des musiques électroniques en ville, l’équipe du bateau jouit depuis 2011 d’une notoriété sur ce terrain-là, et a pu observer l’évolution des mentalités, des styles musicaux et du changement de regard des pouvoirs publics vis-à-vis de cette culture. Se considérant comme « défricheur des cultures de marge », l’Iboat se voit d’ailleurs comme un « hub » à destination des jeunes acteurs et promoteurs locaux. À l’occasion de cet anniversaire, on a rencontré Florian, son programmateur, avec qui on dresse un état des lieux de la scène bordelaise, de l’émergence d’une multitude de collectifs et des divers épisodes qui ont jalonné l’histoire du club ; de l’expérience d’un festival à de récents formats réinventés en passant par une volonté de développer des activités hors les murs et des dates marquantes… Entretien fleuve.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : Salut Florian ; joyeux anniversaire à l’Iboat qui vient de souffler sa huitième bougie – comme Le Type d’ailleurs. En 8 ans, qu’est ce qui a changé à Bordeaux sur le plan des musiques électroniques selon toi ?

Florian : Joyeux anniversaire Le Type ! Au début de notre arrivée en 2011, on était plus ou moins seul, avec d’autres propositions différentes des nôtres. Le mythique 4 Sans venait juste de fermer. Entre temps, on a vu une volonté politique plus forte émerger petit à petit. De nôtre côté on a aussi fait un travail de relations publiques avec ces acteurs, qui ont depuis compris ce qu’on faisait, notamment musicalement.

Tu dirais qu’il y a un soutien des pouvoirs publics locaux envers les cultures électroniques et envers l’Iboat aujourd’hui ?

Oui, il y a un soutien et une volonté de comprendre la nuit avec des groupes de travail “Bordeaux la nuit” initié par la Mairie. C’est entre autre ce qui a changé en huit ans. On travaille main dans la main avec les collectivités, ce qui nous a permis de faire évoluer leur vision. On a fait des projets avec eux, comme par exemple avec la cathédrale de Bordeaux où on a mis en place un live techno gratuit. On a aussi déjà investit le CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux avec une nuit techno, là aussi en collaboration avec la ville.

D’autre part, ce qui a changé en huit ans c’est qu’au début on était considéré comme alternatif. Ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui… bien que la programmation n’ait fondamentalement pas changé. Le terme « défricheur des cultures de marge » serait davantage adéquat pour définir ce que l’on fait. Effectivement, entre temps, les musiques électroniques se sont popularisées auprès du grand public en quelques années. Il y avait eu un premier cycle à l’époque de nos parents qui est retombé vers la fin des années 1990, et là on est dans la seconde vague. Aujourd’hui on est dans une sorte d’effet de mode qui à Paris est devenu un mouvement générationnel. À l’ouverture de l’Iboat on était clairement dans une mode techno berlinoise, et maintenant on peut dire que les musiques électroniques se sont divisées davantage en sous genre, avec en ce moment une visibilité plus forte de la house à Bordeaux comparé à Lyon. Les modes marchent souvent par cycles.

La différence avec la première vague de nos parents c’est l’avènement d’internet, chaque mouvement musical est toujours lié à une innovation technologique. Les machines ou les premiers ordinateurs pour la vague de nos parents. La démocratisation des ordinateurs personnels, le développement de logiciel de musique, l’internet pour l’écoute et le téléchargement des musiques immatériels, la diffusion de cette culture et cette musique qui n’est pas diffusée sur les grands médias.

Une autre chose qui a évolué en huit ans à Bordeaux c’est qu’on voit de plus en plus d’événements diurnes émerger (cet été il y avait Bordeaux Open Air, L’Orangeade, Le Verger…). Vois-tu cela comme une menace par rapport à l’offre club ? Observes-tu une inversion de la temporalité jour/nuit qui pourrait se faire ressentir en termes de fréquentation pour l’Iboat ?

Il faut dire qu’avec la volonté de la Mairie, il y a eu cet été un événement diurne consacré aux musiques électroniques chaque jours de la semaine ! Ces événements diurnes organisés par des associations sur l’espace public sont bien souvent gratuits et subventionnés par les collectivités à hauteur de 3000€ jusqu’à 50000€ pour certains.

Certains sont plus destinés au grand public tandis que d’autres sont plus de niche. C’est le cas du Verger qui vient de se terminer : c’était un événement qui s’adressait aux des aficionados de la musique et qui ont fait un travail remarquable. D’autres sont plus accessibles comme Bordeaux Open Air ou L’Orangeade. Vu qu’ils sont gratuits, il peut y avoir des personnes de tous les ages qui s’y rendent : un public plus large qui se laisse tenter par le jardin public transformé en dancefloor. Ils ont le mérite de sortir notre musique en dehors des clubs, de la populariser et de la promouvoir, loin de la musique électronique EDM qu’on peut entendre à la radio. De ce fait ces offres culturelles sont plutôt complémentaires avec l’Iboat puisque ces événements se terminent vers minuit, moment où le club ouvre. Certaines personnes qui s’y rendent ont souvent envie de continuer la fête et viennent chez nous. Pour nous il n’y a donc pas de changements par rapport à cela, voir une convergence.

À quelques occasions, on s’exporte aussi hors du bateau, début octobre, on a collaboré avec le FAB en proposant une programmation musicale électronique accompagnant leur QG à St-Michel. On a commencé à proposer cet été des formats Open Air sur notre nouvelle terrasse. Ces formats seront développés sur la nouvelle saison. On avait même eu la visite surprise de Terrence Parker un lundi soir, mémorable !

Bordeaux Open Air. Crédit photo : Miléna Delorme

On sent aussi à Bordeaux et dans d’autres villes une volonté du public de se rendre dans des événements moins contraints que des clubs, tels que des warehouse, comme les Demain Kollectiv, pour sortir du format club et expérimenter de nouveaux lieux. Le format club est-il encore pertinent en 2019 selon toi ?

Il y a de plus en plus de publics, avec un S à la fin. Effectivement, les musiques électroniques se sont popularisées, ce qui fait que les clubs se sont un peu gentrifiés. C’est un phénomène que l’on observe en France. Après, certaines personnes cherchent aussi d’autres expériences plus permissives. Essayer de re-vivres les premières raves des années 1980. Pour notre part, nous n’irons jamais dans l’illégalité avec la structure de l’Iboat. Chaque modèle a ces avantages et ces désavantages. Notre club est ouvert à l’année, avec des salariés professionnels en CDI. Nous payons notre loyer, les prestataires et toutes les charges liés à une entreprise du spectacle avec des périodes de basse saison et haute saison. C’est un fonctionnement beaucoup plus lourd à porter que de faire des one-shots avec des bénévoles ou du personnel payé à l’heure.

Les deux types d’expérience sont fondamentalement différent dans leur fonctionnement. Notre façon de nous différencier, c’est d’être le plus professionnel possible, de se renouveler constamment et d’inviter les meilleurs artistes internationaux à bord. C’est mon positionnement : accueillir les meilleurs artistes internationaux, connus ou en devenir. C’est aussi d’accueillir le public avec un sound system bien réglé. Celui de l’Iboat est d’ailleurs l’un des sound system les mieux réglés des clubs en France.

L’Iboat. Crédit photo : Pauline Roquefeuil

Quelle importance tu accordes au sound system d’un club ?

Au départ nous avions un Funktion one mais il n’était pas adapté aux concerts que nous faisons en première partie de soirée. Depuis, nous avons un système d&b, directement réglé par des ingénieurs de la marque venus l’installer au bateau. Notre problématique c’est que notre bateau est constitué de fer. Or le béton et le fer sont deux matériaux qui font résonner le son. Il a fallu donc paramétrer sur des ordinateurs et calculer la courbe de la coque pour faire en sorte que le son soit efficient partout… On fait appel a de l’ingénierie de malade en perpétuel perfectionnement ! Aujourd’hui, le son est aussi bien calé à l’avant qu’à l’arrière avec des rappels cachés dans les plafonds ; ce pourquoi je considère que c’est l’un des meilleurs. C’est comme ça qu’on va aussi se différencier d’une warehouse qui est peut-être plus permissive mais qui va se contenter de poser des enceintes pas forcément bien réglées. C’est aussi la beauté de la warehouse d’ailleurs.

Tu parlais tout à l’heure de gentrification. Comment on fait pour rendre un club inclusif et ouvert à des communautés et des catégories autres que les CSP+ ? À travers ton travail de programmation comment tu vas chercher ces nouveaux publics ?

Pour nous, à partir du moment où tu aimes la musique, que tu n’es pas en état d’ébriété, et que tu te comportes bien avec tout le monde ; tu as le droit de rentrer. Tu as le droit d’être là, quelque soit ton statut social. Je n’ai pas l’impression qu’on soit un club de riche, on n’a pas de carré VIP, ce n’est pas notre positionnement Le public est assez brassé à l’Iboat, avec pas mal d’étudiants notamment. On pratique aussi des prix à l’entrée qui sont progressifs en fonction du moment où tu achètes ton billet. Ça peut commencer à 5 euros, un tarif correct quand tu veux aller voir Carl Craig ou Robert Hood… C’est démocratique et permet d’aller toucher un public qui a moins d’argent. On ne veut pas se fermer et n’accueillir que des CSP+.

As-tu d’autres modèles de clubs en France ou en Europe qui t’inspirent ?

Je pense forcément aux clubs à Berlin comme la figure de proue de notre génération le Berghain. On n’y perd toute notion de temps dedans, sans téléphone portable auquel on n’a pas accès pour faire des photos… Ça permet aux gens de se reconnecter avec ce qui se passe, c’est assez intéressant. Après, malheureusement, ce ne sont des expériences qu’on ne peut avoir que dans certaines villes, qui sont bien souvent des capitales ville-monde. Londres était la capitale du Rock pour cette musique, Berlin pour le mouvement de la techno (même si effectivement Amsterdam pourrait nous surprendre). Ce qui fait la force et l’ambiance d’un club c’est à 50 % sa direction artistique et l’autre 50 % c’est aussi son public. Il y a beaucoup d’autres bons clubs en France mais je ne vais pas les citer par peur d’en oublier… Peut- être un nom ; le Macadam à Nantes où je suis allé mixer il y a peu, c’est une super aventure humaine avec une belle équipe !

Le Berghain, modèle de club. Crédit photo : Simon Tartarotti

En autre club français, il y a le Batofar à Paris, qui a récemment fermé et qui était lié à l’Iboat. On a appris récemment l’arrivée de son ancien programmateur au BT59. Comment perçois-tu l’arrivée de cet ancien collègue dans un club local et est-ce que tu envisages de travailler en synergie avec lui ? Plus globalement, est-ce que tu travailles en collaboration avec les autres clubs de la ville ?

Je travaille avec tous les promoteurs, collectifs et clubs de Bordeaux (voir France également). On échange régulièrement tous ensemble au téléphone ou à l’apéro (rires). La plupart sont des potes. On travaille tous ensemble, en intelligence, sans essayer d’écraser les uns les autres, puisque plus il y aura d’offres à Bordeaux et plus les gens auront envie de sortir, de découvrir notre passion. Il y a une vraie synergie à trouver entre les clubs et les warehouse, ou même les collectifs qui font des événements, de jour comme de nuit. La plupart de ces acteurs sont d’ailleurs passés en stage à mes côtés. Je suis assez fier de ce qu’ils font aujourd’hui. Mon rôle c’est d’accompagner ces collectifs. Il leur arrive souvent d’avoir des résidences ou de venir organiser des soirées au club. L’Iboat se voit un peu comme une maison d’accueil, un hub pour tous les acteurs locaux. On parle à tout le monde, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Idem pour le BT.

Tu envisages l’Iboat comme un « hub » pour les collectifs locaux : quelle est la politique du club par rapport à ces collectifs émergents ? Comment vois-tu la place de l’Iboat là-dedans ?

Il y a huit ans il y avait essentiellement des promoteurs autodidactes qui organisaient des soirées. Ce qui a basculé aujourd’hui c’est que ce sont les crews qui ont pris le pouvoir et ont remplacé les promoteurs en local. Souvent, ces crews sont des bandes de copains passionnés. En voyant d’autres organiser un open air, ils se disent pourquoi pas eux? On travaille avec quasiment tout le monde. Même les plus émergents, que l’Iboat incube d’une certaine façon. Mon rôle c’est d’accompagner ces nouveaux acteurs car l’Iboat est une sorte de maison. Et on ne veut pas être le seul lieu qui va diffuser de la musique électronique à Bordeaux ; ma direction artistique n’est pas omnisciente, je ne connais pas tout et ne programme pas tout de facto. On est aussi content que certains autres acteurs éveillent la belle endormie. On est souvent les premiers à venir chez eux, dans leur événement pour les soutenir, quand on n’est pas en train de bosser…

Ne penses-tu pas que Bordeaux manque de lieu, malgré tout ? Et que l’arrivée d’un nouveau club de musiques électroniques serait la bienvenue ?

C’est vrai qu’il n’y a pas autant d’offre qu’à Lyon ou Paris par exemple. Mais, d’un autre côté, la ville de Bordeaux est beaucoup plus petite, avec au mieux 500000 personnes (plus d’un million à Lyon) – ce sera 1 million à Bordeaux en 2030. Aussi, la ville a un passif très rock, avec des groupes comme Noir Désir. Ce qui peut expliquer peut être en partie cette différence. On essaye avec notre équipe de développer quand même d’autres projets en dehors de l’Iboat. Par exemple une programmation techno au cœur de la Base sous marine à 500 mètres, ou un roller disco avec Cerrone. Ou encore un live techno et show laser dans une cathédrale, de la musique dans les jardins de l’Hôtel de ville, au CAPC, investir le Rocher de Palmer le temps d’un concert de Nils Frahm ou Darkside… On est une équipe de programmation qui ne souhaite pas s’enfermer dans son QG mais qui cherche à s’ouvrir dans d’autres lieux. Pourquoi pas travailler avec l’opéra prochainement… c’est peut-être dans les tuyaux…

Florian à l’Iboat. Crédit photo : Miléna Delorme

Vous avez aussi tenté l’expérience festival avec le Hors Bord. Est-ce que Bordeaux ne manque pas d’un festival emblématique des cultures électroniques ? Pourquoi ne pas avoir développé un peu plus le Hors Bord ?

Le Hors Bord a été développé avec des copains de Paris, Amical Production. Une telle aventure est très chronophage, nous étions pas mal pris par la gestion du club en parallèle ouvert toute l’année sans interruption. Entre les clubs qu’on doit promouvoir, les concerts, les formats apéroboat, le restaurant… ça prend beaucoup de temps. Le but de la collaboration avec Amical c’était d’être complémentaire. Au bout de deux éditions, on a vu qu’on ne travaillait pas de la même manière, ce pourquoi on a préféré arrêter l’aventure. Ils ont souhaité conserver le nom pour essayer de continuer à Bordeaux sans nous. Le nom ne nous appartient plus. Après, je ne regarde pas du tout derrière. Aujourd’hui il y a plein de choses à faire sur Bordeaux et peut-être qu’un festival sur l’année prochaine est en réflexion…

C’est la direction que vous voulez prendre avec Ahoy! ?

Ahoy! est davantage orienté sur les live, les concerts… Il n’y a pas de DJ sur scène. Ce n’est pas un festival, c’est plutôt une ouverture de la saison d’été qui se referme avec la date anniversaire fin septembre. Ahoy! c’est un événement sur le quai du bateau qui nous permet d’œuvrer au développement du quartier des Bassins à Flot et de Bordeaux avec des offres culturelles sur ce lieu. Pour ce qui est de l’organisation d’un véritable festival, on le fera plutôt en interne à l’avenir sauf si une structure nous sollicite entre temps.

Pour continuer sur la question de la scène locale, on observe qu’il y a assez peu de producteurs de musiques électroniques à Bordeaux – bien qu’il y ait énormément de dj’s. Penses-tu que c’est pour cette raison que la scène n’est pas aussi bien identifiée que des villes comme Nantes ou Lyon par exemple ? En tant que programmateur, tu ressens ce déséquilibre ?

La différence avec des villes comme Nantes ou Lyon c’est que là-bas il y a eu une vraie volonté politique de développer cette culture qui remontent. Nuits sonores (festival lyonnais de musiques électroniques et indépendantes, ndlr) a fêtée sa 17ème édition cette année. Toute une génération a été bercé par ce festival ! Il y a eu une vraie volonté des pouvoirs publics d’accompagner ces esthétiques, créant de fait une dynamique dans la ville. Il y a plein de collectifs sur Lyon aussi. C‘est ce qui a créé une émulation. A Nantes il y a le Scopitone, avec un véritable engagement culturel, avec une saison qui va au-delà de la musique avec des expositions, cultures numériques…

Sur Bordeaux il y a un basculement qui est en train de s’opérer. Mais ça ne peut pas venir que des salles de diffusion ; il faut tout un écosystème qui favorise cette émergence dans la ville. Aujourd’hui ça va dans le bon sens avec un disquaire spécialisé qui s’appelle le Boudoir Sonore, une radio qui vient de se créer : Ola Radio. Elle promeut les locaux et travaille beaucoup avec les collectifs. Parallèlement on voit se développer de plus en plus d’événements éphémères. Tous les clignotants sont au vert aujourd’hui pour voir émerger de nouveaux artistes.

Il y a quand même des producteurs au sein de la scène tels que Jann qui a déjà eu des sorties sur Pinkman Records. Il était en résidence à l’Iboat pendant trois ans, durant laquelle il invitait ses propres artistes. Il y a aussi Anetha qui est originaire de Bordeaux aussi (même si elle n’y vit plus). Djedjotronic également est revenu vivre ici. Laroze, Succhiamo (Panoptique et la chanteuse de J.C. Satàn) sur Antinote …Il y a donc quand même quelques artistes et plein d’autres producteurs…

En huit ans, la ligne artistique de l’Iboat a-t-elle évoluée ? En tant que directeur artistique d’un tel lieu, comment te renouvelles-tu et te tiens-tu au courant des nouveautés ? Comment faire pour être toujours pertinent dans tes choix ?

C’est mon éternelle question… Il faut toujours se remettre en question sur la programmation. Même si c’est compliqué de révolutionner une programmation par ailleurs. Ce qu’on peut faire, c’est évoluer. C’est possible car les musiques électroniques sont parcourus par des courants et des modes. Je voyage pas mal en allant constamment à l’étranger à Londres, Berlin, Amsterdam.. ou Lyon, Paris… mes potes m’appellent le ministres des affaires étrangères pour me charrier. Voyager me permet de m’imprégner de ce qu’il se fait ailleurs pour pouvoir proposer le meilleur à Bordeaux. Je rencontre ainsi, les programmateurs et acteurs de la scène européenne, ça facilite mon travail par la suite.

Sur les premières années du club on avait Jennifer Cardini qui faisait office de marraine informelle. Elle m’a pas mal aidé, c’était la première fois que je programmais dans un club en 2011. Quand j’avais besoin d’elle, elle a toujours été là. Ensuite, au bout des 3 ans j’avais mis en place des résidences de locaux dont Jann… Je m’appuyais sur ces locaux qui, chacun dans leur esthétique, invitaient d’autres artistes plus connus ou d’autres locaux afin de ne pas avoir une seule vision de la musique électronique, car je veux que ce soit un lieu pour tous les bordelais. Après, on a lancé des résidences d’artistes internationaux. On avait misé à l’époque sur Mézigue, Voiski, Bambounou, Palms Trax, Antal… Ils co-programmaient avec moi ; ils avaient chacun leur résidence tous les trois mois. Cet été, je suis parti sur une thématique « tour de France » en invitant des collectifs de tout l’hexagone comme le Méta a Marseille, Tapage Nocturne à Lyon, Midi Deux à Rennes… On est allé chercher des gens qui font bouger la France pour les ramener à Bordeaux ! A la rentrée 2020 il y aura peut être une nouvelle résidente bordelaise…

Au-delà de la programmation, il y a la question des formats. Ca a tellement été la course au booking notamment sur Paris que les prix des artistes sont hallucinants en France si l’on compare à il y a 10 ans. Cela ne peut pas durer car ce modèle est trop fragile et beaucoup sont en difficulté.

L’évolution de la programmation viendra par le développement de format concept, un retour vers l’esprit de la fête. Récemment on est allé créer un format club queer qui s’appelle Iridescence avec le collectif Maison Éclose, un collectif de créatures queen sur Bordeaux. Ce format queer inclusif donnera la parole à des icônes gay avec qui on revisite le club, avec une scénographie dédiée. On a aussi il y a peu lancé le format « Icône » en décalage horaires. C’est un club avec des artistes iconiques, qui parlent à plusieurs générations, notamment celle qui sortait avant et qui ne sort plus trop aujourd’hui… Ça peut être la programmation d’artistes de légende comme Carl Craig, Laurent Garnier ou Michael Mayer, qu’on programme le vendredi dès 22h00… L’artiste joue tôt et on assiste à un vrai mélange générationnel des publics qui n’est pas la spécificité des clubs en France. L’entrée est d’ailleurs gratuite pour les plus de 40 ans. On réfléchit aussi à des formats d’ouverture du dimanche comme a pu faire Concrete (club parisien ayant récemment dû fermer ses portes, ndlr) par exemple, sans passer par la case after car on reste un lieu pluridisciplinaire.

Y-a-t-il des artistes que tu as en vue et que tu souhaites programmer dans les prochains mois à l’Iboat ?

On a très envie que Red Axes reviennent… J’ai aussi très hâte de voir Emma DJ, CEM. DK avec Zaltan en back-to-back. C’était un des temps forts du Lente Kabinet (le petit festival de Dekmantel) … Il y aussi Ouai Stéphane que j’ai trop envie de voir, c’est assez intriguant. C’est la future sensation de l’année prochaine je pense.

En 2019, il y a une date qui t’a particulièrement marqué au bateau ?

Le Dekmantel Soundystem en all night long ! Thomas, du duo, n’avait pas pu venir. Du coup Casper Tiejrol, a fait 6 heures de set seul et a complètement retourné l’Iboat jusqu’à 6h30 ou 7h00 du matin… Octo Octa et Eris Drew aussi qui sont de purs dj’s techniquement. Stingray aussi, comme d’hab ! Djedjo aussi qui a fait son nouveau live EBM. Omar S qui a toujours des plaques de malade. Pour la petite histoire avec Omar S : il n’avait jamais joué au bateau… Il était venu au festival Hors Bord que j’organisais. On avait essayé par tous les moyens de le faire mixer sur l’Iboat mais il ne voulait pas, parce que c’était un bateau ! Il a une phobie des bateaux… On a finalement réussi à le faire venir mais, 5 minutes avant de jouer, on est descendu dans la cale, il ne se sentait pas très bien, je pensais qu’il n’allait jamais jouer, j’ai vraiment flippé. Finalement je suis resté avec lui, ça s’est très bien passé, il a fait un set de malade… !

Les ondes d’Ola Radio prennent le large

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

La webradio locale Ola Radio embarque le dimanche 15 septembre à bord du Marco Polo. En deux temps, cette savoureuse croisière propose un véritable trip électronique à la confluence de diverses esthétiques.

Online depuis janvier 2019, Ola Radio a su s’imposer en quelques mois comme l’une des références médiatiques locales. Grâce à son travail de fédération des acteurs culturels bordelais, la webradio s’est entourée de la crème des collectifs et artistes en ville, devenant de facto un élément pilier de sa scène. Cet été, son équipe s’est même aventurée hors les murs à la Halle des Chartrons et a récemment rejoint la FIMEB qui réunit 12 structures œuvrant à la promotion des cultures électroniques à Bordeaux. Forte d’une communauté grandissante, la radio a donc décidé pour la rentrée de proposer à ses auditeurs, amis et autres curieux une croisière musicale sur la Garonne d’une heure, suivie de festivités sur le ponton.

Ola Radio hisse les voiles

Dimanche 15 septembre, de 16h00 à minuit, Ola Radio met en place cette ballade fluviale en deux temps. Un premier, de 16h00 à 17h00, donnera la possibilité aux matelots embarqués d’apprécier l’univers électronique du local Obsimo, à base de synthés et de guitares lors d’un live forcément spécial puisqu’en mouvement. Entre temps, sur le ponton, une deuxième salve de watts se feront entendre (dès 16h01) avec d’autres têtes connues des bordelais puisque ce seront les crews L’Orangeade et Crème Fraîche qui se chargeront, jusqu’à minuit, de faire danser les heureux élus qui auront eu le temps de récupérer leur prévente à temps (il n’y a pas de ventes sur places et attention ; il y a deux types de préventes !). Relativement rares en ville, on ne peut que saluer l’initiative d’Ola Radio pour cet événement dominical qui concilie live et dj sets et apporte un brin de fraîcheur aux dimanches bordelais en mal de musique et de fête.
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La FIMEB, union des acteurs électroniques bordelais

dans DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Douze acteurs locaux des cultures électroniques viennent de se réunir autour de la FIMEB, la Fédération Inter-associative des Musiques Électroniques de Bordeaux. Pensé pour promouvoir cette culture auprès du public et des élus, ce regroupement d’associations et de collectifs constitue un levier pour consolider la scène de la ville. Un premier événement est prévu le week-end du 21-22 septembre sur le parvis de la MECA dans le cadre des journées du Patrimoine en compagnie des différents crews.

Culture émergente par excellence, la musique électronique a longtemps souffert d’un manque de relais et de soutiens institutionnels pour promouvoir ses activités. Si la donne a bien changé depuis quelques années au niveau national (avec pêle-mêle ; un ancien ministre de la culture aficionados du club Concrete, une légion d’honneur remise à un dj…) comme au niveau local à Bordeaux (à l’image de certains collectifs subventionnés par la Mairie pour organiser divers événements autour de cette culture), il n’en demeure pas moins qu’en comparaison avec d’autres acteurs culturels, les porteurs de projets d’événements « électroniques » ne sont pas forcément les mieux lotis.

La FIMEB : l’union fait la force

Pour répondre à cette problématique et promouvoir leur message, des organisations locales se sont donc regroupées autour d’une fédération, la FIMEB. Comme indiqué sur la page du projet, l’objectif de celle-ci est relativement simple : « unir nos forces pour promouvoir une culture que nous défendons tout au long de l’année ». Quoi de mieux en effet qu’un tel regroupement afin de porter d’une voix unique auprès des élus certaines revendications nécessaires au développement de la filière ? Avec une pléthore d’événements ayant rencontré un succès populaire lors de l’été 2019, les collectifs et organisations locales ont bien démontré l’intérêt de leur activité et du soutien auquel ils peuvent légitimement prétendre.

Derrière la FIMEB, ce sont pas moins de 12 structures qu’on retrouve ; médias, collectifs, associations, promoteurs… Tous se retrouvent autour de valeurs communes et la volonté de défendre leur scène et de développer la culture électronique à Bordeaux. Parmi eux, de nombreux partenaires du Type tels que À l’eau, les Amplitudes, le festival Bordeaux Open Air, Canal 113, Eclipse Collective, Electrocorp, MICROKOSM, Ola Radio, L’Orangeade, SUPER Daronne, tplt ou Les Viatiques. On notera l’absence de certains collectifs et promoteurs locaux, dont on ignore s’ils n’ont pas été sollicité ou s’ils ont tout simplement refusé d’intégrer cette fédération.

Des Journées Électroniques à la MECA

En guise de première étape marquante pour la FIMEB, des Journées Électroniques sont d’ores et déjà prévues les 21 et 22 septembre à la MECA. Ce nouveau bâtiment proche de la Garonne qui accueille notamment le FRAC, l’OARA et l’ALCA a récemment ouvert ses portes et fait figure de haut lieu culturel ici à Bordeaux. Durant ce week-end qui s’inscrit dans le cadre des journées du patrimoine, ce sont 25 artistes des différents crews qui se succéderont aux platines. Deux jours de musique, d’activités et de culture au programme pour une première édition marathon qui pourrait presque s’apparenter à un mini-festival, accessible gratuitement qui plus est.
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L’Amicale de la Chenille au Pavillon d’été

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Ce 9 août aura lieu un événement tout particulier, l’arrivée de l’Amicale De La Chenille à Bordeaux, et plus précisément au Pavillon d’été de L’Orangeade pour une guindoule en bonne et due forme !

C’est quoi L’Amicale De La Chenille ?

L’idée est partie d’une bande de potes bordelais à l’esprit créatif (Djs ou promoteurs d’événements pour certains) qui ont voulu replacer l’esprit de fête et de communion au centre des événements. Soucieux de vouloir rapprocher les gens, avec une identité visuelle et sonore à part entière, il s’agit avant tout d’un bon en arrière pour aller de l’avant, et se retrouver dans une fête populaire qui remonte à notre enfance, la chenille. Cette même chenille que l’on rencontrait des fêtes de village aux événements plus ou moins populaires, s’adressant autant au petites qu’aux grandes personnes.

Un projet commun et du travail d’équipe

Composé de Boris, Hugo, Bastien et Alex, l’amicale est une aventure d’entraide et de débrouille. Avec un petit atelier niché dans le quartier Saint Michel de Bordeaux, ils ont préparé longuement une scénographie en accord avec l’esprit enfantin et festif de l’amicale. Le top-départ sera lancé pendant le Pavillon d’été de L’Orangeade et nous pourrons découvrir une petite caravane préparée avec soin, dans laquelle les chenilles viendront mixer et nous régaler pendant que ce formera (au plus grand nombre possible) une chenille géante, et pourquoi pas remporter un record du monde ? Si ce n’est pour commencer que la plus grande chenille bordelaise.

Boris:  « Le but ce n’est pas de battre un quelconque record, c’est faire en sorte de proposer un univers interne à un autre événement, faire se rapprocher les gens, se toucher, ne pas se concentrer sur un dj, s’éclater et retrouver les traces de l’enfance. »

Hugo: « On veut être le moins sérieux que possible. C’est un projet que l’on peut emmener partout, faire venir d’autre djs, et leur faire enfiler un déguisement de chenille. Là il n’y a plus de tête d’affiche etc, c’est une amicale, tout le monde peut venir y participer et y jouer, on casse les codes. »

Et l’idée est tentante de retrouver un jour L’Amicale dans d’autres festivals à travers la France, et d’y importer fraîcheur et second degré.

En attendant, on vous attend ce soir pour le record de la plus grande chenille, le rendez-vous est à 18h00 jusqu’à 1h00 et ça se passe au Pavillon d’été.

vie sauvage, huitième édition : report photos

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Fleurs dans les cheveux, brin d’herbe à la bouche, déhanchés nonchalants… Aucun doute, les festivaliers ont encore été fidèles au rendez-vous vie sauvage pour la huitième année consécutive. Avec sa programmation singulière, les artistes présents cette année ont fait vibrer Bourg-sur-Gironde et sa citadelle. Des notes tendres de Voyou au show hystériquement maîtrisé de Marc Rebillet, tout le monde a su y trouver son groove. Des festivités également rythmées par de nombreux plateaux artistiques et gastronomiques. Retour en images sur ce festival haut en couleurs.
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Fête de la Musique à Bordeaux : guide 2019

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Encore une fois cette année, la Fête de la musique à Bordeaux s’annonce bien chargée. Collectifs et associations s’en sont donnés à cœur joie pour proposer une multitude d’événements. Il y en a donc pour tous les goûts. Pour s’y retrouver, on vous propose ce petit guide non-exhaustif pour dégoter la teuf qui vous conviendra le mieux.

Crédit photo : Astrid Lagougine

La plus défricheuse : tplt x Ola Radio (Crédit Municipal de Bordeaux)

Comme chaque année, on se rendra avec intérêt à l’événement organisé par le collectif tplt. A l’initiative du Verger et de La Serre, le crew et ses différents résidents (Superlate, Yougo, Insulaire et Blumm) ont pour habitude de dégainer les disques rares aux sonorités variées. C’est donc naturellement qu’on les retrouve cette année avec la webradio émergente de la région bordelaise qui donne sa place aux différentes assos de la ville : Ola Radio.
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La plus rock’n’roll : L’Astrodøme x Musique d’Apéritif (Place du Palais)

Non contents d’avoir organisés un grand raout psyché en début d’année, L’Astrodøme et Musique d’Apéritif rempilent et nous proposent un casting rock et punk bien adéquat pour cette fête de la musique. Cinq groupes et un dj set par leur soin ; de quoi régaler un grand nombre de bordelais qui risquent forcément de passer par la Place du palais.
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La plus fat’ : Odezenne x l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine (Place des Quinconces)

Odezenne. Gratuit. Place des Quinconces. A-t-on besoin d’en rajouter ?
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La plus groovy : L’Orangeade x Délicieuse Musique (Square Dom Bedos)

On ne présente plus Délicieuse Musique ni L’Orangeade, collectif qui vient de fêter ses 5 ans en grandes pompes place Saint Michel. Assez proches artistiquement parlant, les deux collectifs joignent donc leur force pour cette fête de la musique sur le super spot de Square Dom Bedos ! Au menu ? House, disco, mais surtout ambiance tropicale, « danses de vandales sur des rythmes venus du monde entier et amour sous les étoiles ».
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La plus queer et bordélique : Bordeaux Rock x Bordelle (Place Fernand Lafargue)

Joli coup pour l’association Bordeaux Rock et Bordelle qui s’allient et investissent la belle place Fernand Lafargue. Lieu de passage central, celle-ci verra défiler notamment un show drag queen de Maison Eclose et les live de Zebra Lova et PointPointVirgule. Un dj set de l’équipe de Bordelle est à prévoir. Joyeux bordel en prévision, donc.
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La plus funky : Les Amplitudes x Future Sound

Les copains des Amplitudes s’unissent de leur côté avec Future Sound, pour une teuf sur la Place Saint Projet, au bord de la longue rue Sainte-Catherine. Les deux crews risquent fortement de faire vriller les murs aux alentours !
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La plus extended : IBOAT : Open air & Club (Courtesy & Peach)

Douze heures : c’est le marathon proposé par l’Iboat à l’occasion de cette fête de la musique ! Accompagné par 3 excellents collectifs du cru (Crème Fraîche, Canal 113 et A l’eau), l’équipe du bateau fera résonner le Bassin à Flot sur deux niveau ; à la fois au pied de la Grue Wellman en open air, et dans sa cale, avec : Courtesy et Peach.
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La plus sunshine et aventureuse : Rocher de Palmer x FIP

Beau programme rive droite au Rocher de Palmer ! La SMAC convie FIP pour une nuit loin du centre mais au cœur du soleil avec l’electro-hip hop de la réunionnaise Maya Kamaty, le duo funky DjeuhDjoah ou le collectif Cotonete et son groove complètement transmissible. Un beau plateau qui régale !
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La plus à-la-cool : Bruit Rose Music x Brüme (rue Neuve)

Bruit Rose Music et Brüme s’associent le 21 juin pour une formule bien connue de ceux qui ont l’habitude de côtoyer les teufs de ces deux collectifs : « chill au soleil, cocktails, tapas et DJ sets ». What else?
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La plus incestueuse : Super Daronne x Hill Billy (Musée des Arts décoratifs et du Design)

Encore un spot de rêve pour fêter la musique de belle manière : l’écrin du Musée des Arts décoratifs et du Design. Aux manettes, on y retrouvera les collectifs Super Daronne et Hill Billy, adeptes de groove et qui alterneront entre « gros pains et cabrioles spectaculaires ».

Faut-il un maire de nuit à Bordeaux ?

dans DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Alors que l’intérêt d’une vie culturelle nocturne foisonnante n’est plus à démontrer pour les grandes métropoles européennes (Berlin, Amsterdam, Barcelone ou même Paris l’ont bien compris), Bordeaux peine encore à être identifiée à l’échelle nationale pour la vitalité de sa scène de nuit. Si les initiatives de collectifs abondent, le manque de lieu se fait toujours cruellement ressentir. Alors que le Void vient d’être menacé par un arrêté préfectoral pour remise à niveau du système son de la salle, le rôle des politiques publiques locales sur cette question pose question. Qui est en mesure de soutenir et protéger les intérêts des acteurs de la nuit ? Pour répondre à pareille interrogation, certaines villes d’Europe ont fait le choix d’un « Maire de nuit ». La mise en place d’un tel organisme au niveau local est-elle en mesure de résoudre la situation actuelle ? Si la Mairie de Bordeaux que nous avons contacté ne l’envisage pas, la question mérite d’être posée dès lors que l’on observe le fonctionnement de certains voisins européens.

Crédit photo : Miléna Delorme

A regarder de près les agendas culturels récupérés ici ou là (notamment chez nous), difficile de contredire l’idée d’un dynamisme culturel à Bordeaux. Le nombre de collectifs (notamment de musiques électroniques) se multiplie, tandis que « l’offre » événementielle ne cesse de se développer. Qu’il s’agisse de soirées dans des bars, dans des clubs ou même des festivals (en lire plus ici), les bordelais ont de quoi profiter d’activités artistiques et culturelles diversifiées. Parallèlement, de nombreux artistes émergent en ville, appuyant la thèse d’un élan créatif à l’échelle locale et d’événements accompagnant cette effervescence (tout comme la création de nouveaux médias tels qu’Ola Radio pour rendre compte de cette activité). Pourtant, à y regarder de plus près, le constat peut être nuancé. Car si la « scène » bordelaise est belle et bien active et pleine de renouvellement, le manque de lieu reste un frein considérable pour faire de Bordeaux une capitale de la fête en France aux côtés de ville comme Paris, Lyon ou même Nantes.

« Bordeaux la nuit, c’est fini » titrait en 2015 nos collègues de Rue89 Bordeaux. Un brin provocateur, l’article faisait référence à un chiffre particulièrement préoccupant pour une ville de la taille de Bordeaux. Cette année là, pas moins de 15 fermetures administratives avaient eu lieu « pour tapage nocturne, ouvertures tardives, travail illégal, ou rixes ». Un chiffre considérable qui interroge sur la volonté des pouvoirs publics sur cette question de la vie nocturne.

Quatre ans plus tard, où en est-on ? Un constat s’impose ; le nombre de « clubs » proposant une programmation culturelle (exit les discothèques donc, qui se placent davantage sous le signe du divertissement) en ville ou aux alentours n’a pas vraiment augmenté… L’Iboat, le BT59 ou le Parallel (ancien Redgate, feu-Respublica) sont les seuls à occuper ce créneau. On peut noter l’ouverture du Hangar FL de manière sporadique pour contredire la démonstration. Dans le même temps, certains lieux ont même disparus, à l’instar du Bootleg (fermé en 2017). Plus récemment, c’est le Void qui a été contraint de fermer ses portes et qui, s’il souhaite pouvoir continuer d’exister, doit remettre aux normes tout son système son (une cagnotte est d’ailleurs en cours sur Hello Asso).

Bordeaux le jour, oui. Et Bordeaux la nuit ?

Alors, que fait la mairie pour soutenir ou accompagner cette dynamique nocturne ? Interrogé, l’adjoint à la culture Fabien Robert s’oppose à l’idée d’un « Maire de nuit » qui pourrait faire acte de lobbying pour défendre les acteurs et les oiseaux de nuit, à commencer par les différents lieux de diffusion évoqués plus haut. Pour la mairie, cette question de la nuit est avant tout transversale : « si on veut qu’un élu soit spécifiquement en charge de la nuit, ça veut dire qu’on cloisonne la nuit. Ça veut dire qu’on différencie encore plus la nuit du jour. Aujourd’hui, les grandes villes vivent le jour et de plus en plus la nuit. La seule question c’est ; comment on valorise et régule la nuit, pour à la fois plus de tranquillité mais aussi de créativité, de lien social et d’art ». Considérée comme absurde, l’idée de la mise en place d’un Maire de nuit est donc évacuée, la ville optant plutôt pour un « Conseil de la nuit », présidé par le Maire.

Les Pavillons d’été de L’Orangeade @ Miléna Delorme

Selon l’élu, Bordeaux n’a d’ailleurs rien à envier aux autres grandes villes françaises au regard de son offre festive et culturelle. Fabien Robert cite ainsi Bordeaux Open Air, les collectifs tplt ou L’Orangeade (ce dernier ayant récemment pu fêter ses 5 ans sur la place Saint Michel). Si de telles initiatives existent (et on ne peut que les saluer), on peut y voir derrière une forme de développement de l’offre avant tout diurne. Mais quid de l’offre nocturne à proprement parler ? Celle qui se déploierait de minuit à 5 ou 6 heures du matin ? Là, les choses se compliquent.

La vitalité de la scène nocturne au service du développement du territoire

Face à la demande grandissante du public, les initiatives se développent, souvent en périphérie de la ville. Récemment, le Hangar FL a ouvert. Capable d’accueillir des grosses scènes aux esthétiques notamment techno, le lieu (qui a investit une ancienne salle mythique, le Space Opera) n’héberge néanmoins pas des soirées de manière régulière. Également en périphérie, les soirées du collectif Demain Kollectiv connaissent de gros succès, mais subissent toujours pressions et menaces des autorités. Fermé en 2011 le légendaire 4 Sans avait également fait les frais de pareil méfiance. Façonnant l’identité et la notoriété culturelle de la ville, pareils lieux mériteraient pourtant semble-t-il le soutien des pouvoirs publics. Une rapide étude comparative des villes européennes confirme ce constat. Fabien Robert lui même en convient : « le premier critère d’attractivité des territoires aujourd’hui c’est le cadre de vie, et donc l’art et la culture ».

Un certain nombre de grandes villes européennes ont pris la mesure de l’impact positif d’une vie nocturne urbaine développée. Argument comme un autre pour attirer notamment des jeunes sur son territoire, cette dimension se double également d’un argument économique. De la question des transports en passant par celle des personnels de lieux, de sécurité, etc., la vie la nuit est un secteur économique comme un autre qui comptait selon l’INSEE 3,5 millions de personnes qui travaillent entre minuit et cinq heures du matin en France, en 2012. Conscientes de ces enjeux, certaines villes ont ainsi mis en avant un Maire de nuit ; une personnalité en mesure de représenter les intérêts de ces citadins qui vivent voire travaillent une fois le soleil couché.

Un Maire de nuit à la rescousse des nuits bordelaises ?

Hot spot de la fête en Europe, c’est la capitale néerlandaise qui, la première, a vu apparaître un Maire de nuit. Ancien promoteur de club, Mirik Milan a pendant six années œuvré à faire d’Amsterdam une ville où dormeurs et fêtards s’entendent. Qu’il s’agisse des questions d’éclairage, de sécurité, de transport mais aussi bien sûr d’horaires d’ouverture de lieux, de médiations ou de nuisances nocturnes, celui-ci a su pendant son mandat maintenir Amsterdam au rang de villes attractives pour son offre festive et culturelle nocturne tout en respectant les desiderata de ceux moins enclin à la fête. Cela a pu par exemple se manifester par la mise en place d’horaires de fermetures plus flexibles (chaque lieu étant libre de les fixer) pour les établissements qui, dès lors, ne libèrent pas sur la voie publique leur public au même moment, limitant de facto les problématiques de tapage nocturne. Suite à son expérience, Mirik Milan (remplacé depuis par Shamiro van der Geld) a d’ailleurs développé l’initiative Creative Footprint qui entend mesurer et valoriser l’impact économique de l’activité nocturne.

Inspirées par l’initiative amstellodamoise, d’autres villes ont emboîté le pas à la capitale hollandaise, à commencer par sa voisine La Haye. A Londres, le maire libéral Sadiq Khan, élu en 2016, en plus d’avoir étendu les transports de la capitale anglaise toute la nuit (24h/24) les week-ends, a lui désigné un « tsar de la nuit » en la personne d’Amy Lamé. A l’heure où l’iconique club londonien Fabric était sur le point de disparaître et que la ville a vu le nombre de clubs baisser de 1411 entre 2015 et 2005, celle-ci a la lourde tâche de ré-enchanter une vie nocturne qui bat de l’aile. Derrière la prise en compte de cet enjeu de la nuit, la question de l’attrait des jeunes et des forces créatives capables de dynamiser ces métropoles (qui bien souvent ont un pouvoir d’achat relativement élevé) est fondamentale. Outre-Atlantique, le concept intrigue et essaime. En 2017, c’est le vénéré New York Times qui titre l’un de ces articles « What Europe’s ‘Night Mayors’ Can Teach New York » (« Qu’est-ce que New York à apprendre des Maires de nuit européens ? »). Loin d’une formule rhétorique, le quotidien américain indique l’intérêt que prête les élus de la capitale étasunienne et leur souhait de mettre en place un.e tel.le représentant.e capable de défendre les intérêts des noctambule new-yorkais.

#SaveFabric suite à la menace de fermeture du célèbre club londonien @
duncan c (Creative Common)

Du côté de la France, Toulouse fait figure de modèle. En 2013, la ville rose voit l’organisation d’élections pour choisir un Maire de Nuit. Christophe Vidal, habitué de la vie nocturne toulousaine, est alors élu. Si l’initiative n’est pas une émanation des pouvoirs publics, ces derniers entretiennent une relation avec le nouveau représentant des noctambules. Au point qu’un an après son élection, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc décide de rallonger certains transports nocturnes de la ville jusqu’à 3 heures du matin ! Défenseur et porte-parole du droit à la ville « de jour comme de nuit », Christophe Vidal met aussi en avant le poids économique de la vie nocturne et son impact sur le développement de sa ville.

Rennes et Nantes font également figure de pionnière sur ces questions, avec l’élaboration de véritables politiques publiques. Nantes a par exemple vu l’intégration d’un élu à ces questions suite à l’élection d’un Maire de nuit, allant jusqu’à la création d’un Conseil de la nuit en 2015. Rennes voit même quant à elle la mise en place d’« États généraux de la fête » ainsi que d’un Bureau des temps, sur le modèle de l’Italie dans les années 1990, inspiré par le mouvement féministe qui condamnait le travail des femmes durant la nuit. Muni d’une équipe spécialisée dans l’étude des temporalités urbaines, il s’agit de mener des réflexions et d’interroger de multiples acteurs du monde la nuit, pour permettre de guider les choix des élus en ce qui concerne par exemple l’aménagement d’habitats ou de lieux culturels. A Paris, le choix d’intégrer un adjoint au Conseil municipal s’est opéré en la personne de Frédéric Hocquard.

Dès lors, face à toutes ces initiatives de soutien à la vie nocturne en France, en Europe et dans le monde, quels leviers les pouvoir publics bordelais pourraient activer en vue de revitaliser et redynamiser la vie culturelle nocturne locale ?

Quel(s) avenir(s) pour les nuits bordelaises ?

La question de l’ouverture de lieux est sans aucun doute l’une des priorités en vue de redynamiser le terrain nocturne. Trop rares, voire quasiment inexistants en centre-ville (hormis le Void ?), ces établissements doivent être au cœur d’une redynamisation et d’une reconstruction d’un imaginaire nocturne et festif à Bordeaux. Suite à la fermeture des 15 établissements sus-mentionnés, la Mairie a d’ailleurs intensifié sa réflexion sur l’accompagnement de ces lieux de diffusion. L’élu à la culture entend cependant différencier les café-concerts et les bars musicaux proposant une vraie proposition culturelle des « bars avec un simple système-son ». Ce lien étroit avec ces structures se manifeste notamment par du soutien en communication pour certains festivals, voire un accompagnement sur l’insonorisation ou l’achat de limitateur de sons. Le fait qu’il s’agisse ici d’entreprises et non d’associations empêche en effet les pouvoirs publics de verser des subventions ou tout type d’aide directement.

Bordeaux la nuit @ Intza Bagur

Des discussions pourraient dans le même temps être entamées afin de permettre à ces lieux (bars, salles de diffusion…) d’allonger leurs horaires d’ouvertures, afin de désengorger les rues qui, par exemple à deux heures du matin, se retrouvent « pleines » de fêtards qui sortent de bar et se retrouvent livrés à eux-mêmes au même moment. Il en va de même pour les clubs qui se voient imposer des fermetures aux mêmes heures (6 heures généralement). Des ouvertures en continu pourraient être envisagées, à l’instar de Paris, Amsterdam ou Berlin.

Enfin, au-delà du (nécessaire) soutien à des événements diurnes, la ville aurait tout intérêt à accompagner l’émergence de manifestations culturelles nocturnes d’envergure pour son rayonnement. Des municipalités comme Paris (avec les Nuits Blanches) ou Lyon (Fête des Lumières) l’ont bien compris et capitalise sur cette dimension événementielle hautement bénéfique sur le plan de l’attractivité, touristique et donc économique. L’existence d’un tel événement manque sans doute pour faire de Bordeaux une capitale de la nuit et lui forger une identité culturelle nocturne. Dans une note de synthèse sur « La métropole bordelaise la nuit », l’agence d’urbanisme de la métropole bordelaise (A’urba) explique bien que « sur cet aspect, le rayonnement de la métropole bordelaise est difficilement identifiable » et d’ajouter que « Bordeaux ne semble pas jouer cette carte et les politiques événementielles ne s’appuient pas spécifiquement sur les temps nocturnes ». Ainsi, miser sur un événement culturel nocturne clairement identifiable permettrait d’accroître le rayonnement de la ville et de lancer un signal fort quant à l’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis de la vie nocturne à Bordeaux.

Ainsi, si l’on reconnaît le dynamisme culturel local au travers de multiples initiatives, le manque de lieux se fait ressentir. Bordeaux peut néanmoins s’inspirer d’une multitude d’initiatives européennes, à commencer par le Maire de nuit. Si la Mairie rejette cette idée, y voyant davantage un risque de cloisonner la question nocturne, l’existence de telles personnalités à Amsterdam, Paris, Toulouse a fait ses preuves. Ville naturellement attractive pour son cadre de vie, ses autorités ont tout intérêt à explorer ses pistes et apporter des réponses en vue de faire de la capitale de la Nouvelle-Aquitaine l’un des foyers de créativité artistique en France et éviter l’image d’un ville dortoir déserté par les forces vives. Autant de questions qu’on espère voir abordées lors de l’événement « Et toi, la nuit ? » qui consacre quelques tables-rondes à ces questions. Car si pour Fabien Robert « On ne s’ennuie pas à Bordeaux, il y a vraiment de quoi faire », on peut penser qu’accompagner encore davantage la dynamique culturelle nocturne en ville permettrait de hisser la ville à la hauteur de certaines de ses voisines européennes.

L’Orangeade : 5 ans en flèche

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Déjà cinq ans que L’Orangeade, collectif d’artistes, Djs et artisans locaux sont actifs sur la métropole bordelaise. Chaque année, ils rassemblent un public fidèle et intergénérationnel où pas moins de 130 artistes ont déjà été invités pour l’occasion. Cette saison, L’Orangeade décide de regrouper ses événements sur la période estivale, de mai à août. De quoi proposer à son public des événements exclusivement gratuits et en extérieur, en commençant par la célébration de sa cinquième bougie.

Crédit photo : Miléna Delorme

Constituée de trois membres actifs et soixante bénévoles, L’Orangeade organise depuis 2013, des événements musicaux et artistiques ; du funk à la house, en passant par l’afro ou le disco, pour eux, tous les chemins mènent à la danse. Cette association qui a investi près de 31 lieux sur le territoire métropolitain s’attache à faire découvrir des lieux atypiques. L’Orangeade c’est également des collaborations (24) avec exclusivement des artisans et des prestataires locaux soucieux de l’environnement afin de minimiser au maximum son impact sur les lieux qu’elle investit.

Joyeux anniversaire L’Orangeade

Pour cette saison 2019, L’Orangeade regroupe ses dates sur la période estivale afin de garantir à son public des événements gratuits en extérieur. Et le premier annonce de belles surprises puisqu’il s’agit de célébrer les 5 ans de ce collectif dans un lieu qui lui est cher : la place Saint Michel. Le 3 mai, L’Orangeade installera deux dancefloors avec aux platines l’ensemble des djs du collectif et Lala Sound représenté par Selecta Yak et Selecta Biz. En animations, on pourra retrouver une collaboration avec le collectif Kloudbox, spécialisé dans l’animation loufoque et surréaliste ainsi qu’un mapping vidéo sur toute la façade de la Basilique Saint Michel. De quoi en prendre pleins les yeux et les oreilles.

L’Orangeade : de nombreux événements à venir

Pour ce qui est du second événement, L’Orangeade nous invite à nous rendre le 21 juin au Square Dom Bedos pour accueillir la traditionnelle Fête de la Musique. Côté son, l’association retrouvera des amis de longue date, Délicieuse Musique avec qui ils mixeront dans un grand espace de verdure et dancefloor géant à ciel ouvert.

Le mois de juillet annonce l’été et, cela va de soit, l’événement « Vamos à la playa ». Dans le cadre de la saison culturelle de la Ville de Bordeaux 2019 sur le thème « Liberté », L’Orangeade nous convie, le 3 juillet à nous rendre à la plage du Lac (Bordeaux Lac). Placée sous le signe de la détente, du sport, de la musique et de la culture, cette journée nous proposera de multiples animations (activités gratuites, dj set, exposition réalisée par le célèbre photographe Max Dubois). L’objectif étant de retourner dans les années 50-60 où soufflait un vent de liberté et d’insouciance.

Pour conclure cette saison 2019, direction le Pavillon d’été (Quai Deschamps) où L’Orangeade est présente du 5 juillet au 31 août, tous les vendredis de 18h à 1h et les samedis de 12h à 1h. Si vous n’avez pas assisté à sa première édition, le Pavillon d’été a pour objectif de poser un nouveau regard sur l’espace public en proposant un village éphémère, éco-responsable. Lieu de détente la journée et de fête la nuit, cet espace garantit des moments de partage et de convivialité. Tous les week-ends, des djs locaux et internationaux viendront fouler les pelouses.

Inspirateur d’évasions, de rencontres et de découvertes autour de la musique et du bien vivre à Bordeaux, il ne faut surtout pas manquer les événements organisés par ce collectif vitaminé.
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Les Vivres de l’Art : 10 ans d’utopie créatrice

dans ANNONCES/ART ET CRÉATION/ÉVÉNEMENTS
Lieu iconique de la scène artistique bordelaise, les Vivres de l’Art viennent de connaître dix années de travaux qui s’achèvent cette année. Histoire de fêter cet aboutissement, ses équipes organisent une grande fête étalée sur un weekend avec une programmation dédiée.
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Des anciens magasins des Vivres de la Marine aux Vivres de l’Art : un lieu artistique bordelais singulier et symbolique

Implanté dans le dynamique quartier de Bacalan, les Vivres de l’Art occupent une place de choix dans la tête des bordelais. Cet espace de création artistique, véritable terrain d’expérimentations et lieu événementiel a su accueillir bon nombre de manifestations au fil des années. A travers notamment des formats diurnes (avec notamment Le Verger / La Serre du collectif tplt), Les Vivres ont fait le pari de s’implanter dans un quartier pas forcément très attractif au départ, devenu depuis l’une des zones les plus fructueuses en terme de défrichage culturel, aux côtés d’autres structures comme l’Iboat ou le Garage Moderne.

Au départ de cette aventure, dix ans plus tôt, on retrouve un artiste visionnaire, amoureux de Bordeaux ; Jean-François Buisson. Celui-ci découvre ce lieu du patrimoine industriel de la ville, alors à l’abandon : les anciens magasins des Vivres de la Marine classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Visionnaire, le sculpteur y façonne un bunker paysagé avec un jardin participatif, une galerie d’art, un espace de résidences artistiques et un écrin capable d’accueillir associations et collectifs du territoire souhaitant bénéficier d’un lieu de diffusion hybride. La dernière tranche des travaux vient donc de se terminer, l’occasion de célébrer ce « Domaine du Possible » où l’art peut vivre et faire vivre.

Une programmation diversifiée pour les 10 ans du lieu

Ce week-end d’anniversaire étalé se déroulera du 21 au 24 mars et sera le moment idéal pour découvrir l’aspect définitif de ces Vivres de l’Art réhabilités. Cet événement sur quatre jour sera ponctué de diverses propositions artistiques, à l’image d’un lieu qui se plaît à mêler les pratiques et décloisonner les publics. Le jeudi soir sera ainsi consacré à une inauguration en compagnie des élèves du Conservatoire de Bordeaux, suivi le lendemain par une carte blanche au collectif Santa Machete, entre sonorités africaines et sud-américaines. Une Silent Party tropicale suivra ; l’occasion de danser avec un casque sur la tête, au son des vibes de Tristão et de Dj NewBell du collectif L’Orangeade.

Le samedi, on continuera avec une exposition interactive avec les résidents des Vivres de l’Art, suivi d’un spectacle d’arts visuels. Un brunch musical viendra clôturer ce (long) week-end de fête et de déambulations artistiques idéal pour cerner l’ambiance et l’esprit d’un lieu iconique et singulier dans la vie culturelle bordelaise.

Une webradio à Bordeaux : Ola Radio

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MÉDIAS/MUSIQUE

Bordeaux verra débarquer dans un mois sa première webradio dédiée à la culture électronique et ses acteurs : Ola Radio. Le Type a eu l’honneur de rencontrer Alice, Rémi et Tommy, les trois créateurs de cette révolution musicale et culturelle locale longtemps attendue. Lire plus

Bordeaux : le guide de la Fête de la Musique 2018

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

A l’approche de la Fête de la Musique 2018 qui aura lieu le jeudi 21 juin, on vous propose un petit guide histoire de ne louper aucune étape d’une soirée qui s’annonce chargée et pleine de belles surprises. Sélection d’événements qui nous font saliver d’avance, entre spots bien cool, collaborations intéressantes et propositions artistiques séduisantes.

Crédit photo : Astrid Lagougine
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L’Astrodøme x Musique d’Apéritif @ Place du Palais

Récemment arrivé dans le paysage musical bordelais, L’Astrodøme continue sur sa lancée en mettant en place une belle affiche place du Palais avec la team de Musique d’Apéritif. Point central en ville, cette joyeuse sauterie verra défiler une belle brochette d’artistes locaux, de Wizard à Equipe de Foot en passant par le groupe américain L.A Witch ou la formation issue de Haute Savoie Korto.

tplt x L’Orangeade @ Square Dom Bedos

C’est bien connu ; l’union fait la fête. C’est le leitmotiv qui a poussé deux des meilleurs collectifs locaux à joindre leur force pour un événement de taille qui fera la part belle aux belles galettes et aux morceaux de choix dans un cadre d’exception, le Square Dom Bedos. Ayant déjà collaboré pour l’édition 2016 de la Fête de la Musique, tplt et L’Orangeade remettent donc le couvert et s’apprêtent à célébrer comme il se doit le passage vers l’été.

Délicieuse Musique @ Cour Mably

Se déployant au sein d’un des spots les plus cools en ville, Délicieuse Musique inscrit définitivement son rendez-vous comme l’un des temps forts de cette édition 2018 de la Fête de la Musique. Qui plus est, l’équipe réunit un line up impeccable avec une surprise de taille, qu’on peut découvrir dans la mixtape que Délicieuse Musique nous a concocté il y a quelques jours.

Pour Ceux x Findout Music

Rue passante de choix, la rue des Ayres verra pour sa part une autre union investir le Verde Nero ; celle de Pour Ceux et des gars de Findout Music, férus de bass music, de house et d’autres beats en tout genre. Ambiance tropicale garantie jusqu’à « une heure et des brouettes ».

Iboat w/ Sacha Mambo @ au MADD

Après un récent déménagement s’étant soldé par l’événement d’envergure Ahoy, l’Iboat investit le centre-ville de Bordeaux jusqu’à la fin du mois de juin du côté du Musée des Arts décoratifs et du design. La fête de la musique sera l’occasion pour le célèbre ferry bordelais de marquer le coup avec une soirée qui verra notamment le lyonnais Sacha Mambo faire défiler sa sélecta toujours impeccable.

Bordeaux Rock @ Place Fernand Lafargue

Autre spot bien central et stratégique ; la place Fernand Lafargue ! Cette année, c’est la team de Bordeaux Rock qui y pose ses platines pour un « grand bal populaire et moderne ». Aux commandes, on aura le plaisir de retrouver le duo fou 45 Tours mon amour, pour une distribution d’ondes positives rétro, ainsi que Double Tee et Lionel Fantomes qui tient son salon sur la même place le reste de l’année.

FIP @ Rocher de Palmer

Pour tout ceux répugnant à l’idée d’aller s’entasser dans un énième open-air et d’écouter un mélange de disco et de house, une alternative existe à quelques stations de tram du centre-ville. FIP fête en effet au Rocher de Palmer la musique avec plusieurs artistes gravitant dans la sphère jazz world. On y retrouvera la formation bordelaise Robin & the Woods, le jeune prodige de 18 ans Tom Ibarra, Benkadi Quartet et Touré Kunda.

A l’eau x SUPER Daronne @ Crédit Municipal de Bordeaux

Les deux crews trublions A l’eau et SUPER Daronne s’unissent eux aussi pour une teuf également très bien située en plein centre de Bordeaux. On retrouvera aux platines les membres des deux équipes pour ce qui s’annonce être un truc bien chaud !

Raibow Pony x Les Amplitudes @ Place Saint-Projet (rue Sainte Catherine)

Quand deux collectifs s’unissent et proposent un événement en plein sur la plus longue rue de Bordeaux, on peut légitimement s’attendre à un joyeux bordel. Raibow Pony et Les Amplitudes, habitués de la fête bordelaise occuperont ainsi une place de choix en ville, qui s’annonce comme l’un des points de passage obligé de ce rendez-vous musical.

Uni-Tekno 4 @ Doyen Brus

9 heures de son non-stop : c’est la formule proposée par une pléthore de collectif techno à Pessac pour une teuf en open-air bien solide. De quoi régaler les plus teuffeurs d’entre-nous et autres aficionados de rythmes accélérés ou énervés.

Concilio @ l’Iboat

Si la plupart des événements prévus pour la Fête de la Musique en centre-ville s’achèvent relativement tôt (autour d’une heure), les plus gourmands auront malgré tout de quoi se rassasier.  L’Iboat accueillera en effet BinarySound et Les Viatiques, deux collectifs de la région aux esthétiques micro house et minimale, pour finir la soirée en beauté.

La playlist des 4 ans de L’Orangeade

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Agitateur notoire de la fête à Bordeaux, L’Orangeade peut se targuer d’une belle activité nocturne et diurne. Depuis 4 ans, le collectif investit en effet divers lieux de la ville pour offrir aux bordelais des évènements où les seuls mots d’ordres sont le groove et la bonne ambiance. De l’Atrium de la Victoire en passant par le Musée des arts décoratifs jusqu’à la rive droite et de multiples endroits bordelais atypiques, le crew ne cesse d’élargir les frontières des festivités. Pour son quatrième anniversaire, l’équipe a donc décidé, dans cette continuité, d’organiser des réjouissances à la hauteur, avec l’exploration d’un spot inédit au cœur de la ville : les Archives Bordeaux Métropole. Et tout ça en conviant une belle ribambelle d’artistes locaux avec Leroy Washington, Les Ryder, Octave & Lucien, Yougo de tplt et bien sûr les dj du collectif. C’est justement à ces membres de l’équipe (Baker, Hugo, Louise, Pedro, Sheepfold et Tristao) qu’on a demandé de nous livrer leurs petites pépites, qu’on vous propose de découvrir ici en guise de playlist pour ce quatrième anniversaire.
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Bernard Guyvan – Polar (T’aurais Du T’Tirer) (Charles Maurice Version)

Baker : « Du chill en veux-tu en voilà, et en français s’il vous plait. »
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Colleen Grant – Latin Parang

Hugo : « Un classique disco-latino pour bien entamer l’été. »
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Bruxas – Más Profundo

Louise : « Parce qu’on a toujours besoin d’une chanson qui donne envie de faire l’amour sur une plage paradisiaque. »
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COEO – She Keeps It Good


 Pedro : « Lunette de sun au volant de ta R5 décapotable. »
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The Souljazz Orchestra – Kossa Kossa

Sheepfold : « Remède efficace contre la déprime hivernale et pour se mettre en jambe pour la chaleur estivale. »
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Oscar Sulley & The Uhuru Dance Band – Bukom Mashie (JKriv Edit)

Tristao : « Sonorités Afro au rendez-vous avec cette edit dancefloor à souhait réalisée par Jkriv. »
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