Tag archive

live report

FAIR le tour, avec Voyou et Cléa Vincent au Krakatoa

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Du 24 janvier au 10 mai, Fair le tour parcours la France. Une onzième édition, une vingtaine de dates : encore cette année, les organisateurs ont prévu large. Le casting est toujours à la hauteur, avec la crème de la nouvelle scène pop française, de GRAND BLANC à Radio Elvis en passant par Flavien Berger ou Tshegue. L’étape bordelaise n’a pas déçue, avec Voyou et Cléa Vincent. Deux artistes aux univers riches, pour un melting-pop parfait, dans un Krakatoa tombé sous le charme. On y était ; c’est donc avec plaisir qu’on se replonge dans cette bulle.
}

 

L’Impératrice voyage à des années lumières

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Retour en images sur le concert forcément spécial du super groupe L’Impératrice qui nous a emmené loin dans son univers. Présentant au Rocher de Palmer leur dernier album Matahari, les artistes ont proposé un plan à six bien orchestré ; on se remet dedans.

Cortège en partance, l’assemblée docile attend dans un murmure le décollage. L’Impératrice, ce sont des musiciens, des virtuoses des notes, enchainant les coups de groove et les ascensions délicates.  On prend place avec enthousiasme, quelque peu fébriles, comme lors d’un rendez-vous galant avec un être aimé. L’appréhension s’efface aussi vite que nos hanches se déchaînent. On garde le sourire aux lèvres tout le long, on profite, on s’imprègne et bordel sur ce vol vacances on plane. C’est un plan à six bien orchestrés. Sur scène pour sublimer Matahari, – qui est définitivement un album qui s’écoute en live – l’Impératrice du haut de ses 7 ans, préfère les plaisirs ordinaires. Une scène, un public et leur talent. C’est un voyage vers les astres que nous vous proposons de revivre à travers ces quelques clichés.

Alfa Mist, du jazz, du jazz, du jazz

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Il y a des concerts qui vous enivrent. Des sonorités qui vous prennent aux tripes, des notes qui s’accrochent à votre cœur et qui lui en dictent les pulsations. Il faut avoir les sentiments bien accrochés lorsqu’on assiste à un concert de jazz. D’autant plus que le jazz band respire l’harmonie, l’écoute et la délicatesse. Alfa Mist. Quelques images tout en douceur de ce moment Lire plus

L’Animalerie à la Salle des Fêtes du Grand Parc

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Après de longues années d’absence, la Salle des Fêtes du Grand Parc de Bordeaux a donc fait son grand retour depuis quelques mois, avec déjà une belle flopée de concerts. Le lieu est forcément le bienvenu dans une ville manquant d’espaces de diffusion et de terrains d’expressions pour les différents promoteurs locaux, de plus en plus nombreux. Le 22 novembre dernier, c’est Banzaï Lab qui investissait les lieux, en convoquant des pointures du rap hexagonal : L’Animalerie, en présence du poète et technicien hors pair Lucio Bukowski, mais aussi OsTER LAPWAss, Eddy Woogy, Robse, Kalams Kalan et Baptiste. Une prestation impeccable accompagnée d’une première partie dans un délire punk très apprécié avec Droogz brigadE (Al’Tarba, Sad Vicious, Rhama le singe et Staff L’Instable.
)

Retour sur le concert de Lomepal au Rocher de Palmer

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

De passage au Rocher de Palmer il y a quelques jours dans une salle archi pleine, Lomepal a encore une fois conquis un auditoire fidèle. Ses textes sensibles et sa façon d’articuler phases techniques et passages plus accessibles font de lui un des rappeurs français les plus en vue du moment. Le succès de FLIP, son premier album sorti en 2017, témoigne de l’attachement croissant qui lui est accordé. Pour palper cette attente, on s’est rendu au concert dont on a ressorti quelques photos.
}

Le Møme – un live panoramique

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Retour en images sur le fabuleux concert de Møme qui a eu lieu au Krakatoa le 27 octobre dernier. Une prestation hors norme qui nous a transporté aux confins d’univers inexplorés.

)

Le Krakatoa est une belle salle. Curieuse et atypique, elle abrite des lives qui résonnent encore entre ses murs. Le live de Møme est de ceux qui vous écorchent. Qui vous laissent un souvenir heureux, et le sentiment d’écouter un univers joyeux. Møme s’implique dans son live, comme on tombe dans un voyage. On éprouve avec lui l’excitation du décollage. Une première partie qui donne le ton. SAAVAN, un duo électrisant entre mélodie douce et violente rythmique, les deux savants offrent un live sauvage. On ressent la frénétique envie de découverte et d’échange, puis la fierté d’être sorti de sa zone de confort. Et les surprises. Il y a toujours des surprises en voyage. Au moment où l’on prend confiance et nos repères dans ce live, Møme appel Flo The Kid. Intrépide et imprévisible, il se jette dans la foule, se cramponne aux échelles et hurle. C’est le choc des cultures, un véritable voyage des sens. On se met alors à s’articuler et à apprivoiser cette nouvelle culture. Le public réagit avec fougue. Et accueil avec plaisir l’autre surprise de la soirée, Mr Medeiros. Møme parle beaucoup avec son public. Il lui explique la genèse de ses sons. Écrite à l’arrière d’un van entre deux routes en Australie ou ailleurs, il se place en véritable guide faisant de son live un vrai panorama.

Le Type part en festival @ Free Music

dans MUSIQUE

Le Type aime le Free Music. Et, il a eu l’occasion de vivre pleinement cet amour lors de la 16éme édition du festival qui s’est déroulée le weekend du 25-26 juin dernier. Entre accueil chaleureux et transport à l’hôpital, le Type à vécu un festival des plus mouvementé. Retour sur ces deux jours d’amour, de joie et de partage.

}

Partage. On l’avait déjà dit, et on le confirme. Le Free Music est vraiment axé sur le partage. En particulier le partage de toutes les émotions humaines. Sourire, joie, échanges. On discute beaucoup, avec tout le monde, on se pose par-ci par-là, et on écoute les artistes programmés. Ce festival, qui jouit d’un cadre exceptionnel (niché près du lac de Montendre) est avant tout intimiste. Les scènes se sont rapprochées pour mieux s’aimer. Au milieu se dresse un arbre… La nature sauvage vous entoure. Le Free Music c’est un festival où l’on se sent bien. Tellement bien qu’on lui pardonne ses écart de programmation (Fréro Delavega, entre autre), ainsi que les petits détails techniques qui peuvent mettre des foules en colère. Comme on dit, l’amour rend aveugle, et on est heureux de l’être.

}

Le vendredi 25 juin commence par une arrivée au camping lourde et longue. Chargées comme des mules, on arpente le sentier. C’est mignon, chacun avance à son rythme (lent) et se lance des « allez courage, plus que 10 km » (oui, les gens ont beaucoup d’humour). Après des multiples pauses sous peine de perdre un bras ou un dos, mon petit groupe arrive à destination. Sous les arbres avec une belle vue sur le lac. On lâche tout, on respire, on s’appuie, puis s’active pour monter notre campement. « Dis donc les gars, vous saviez pas que vous pouviez venir en voiture par la? Vous posez les affaires et vous repartez. Ça vous aurait évité d’avoir à marcher sous le cagnard ». Donc, le Free : l’année prochaine tu investis dans des panneaux, des mémos, des pigeons voyageurs, des indications ! Merci <3. Le campement fait, j’abandonne mon petit groupe pour aller récupérer mon pass presse. Petite ballade autour du lac, au calme. L’accueil vip/presse/bénévole est très agréable (oui, tout le monde sourit ici). On m’indique le chapiteau presse et le Type est fin prêt pour couvrir ce festival comme il se doit.

}

Ce qu’il faut savoir avant d’aller plus loin : le Free ne distribue pas de pass 2 jours. Si tu sors, tu sors. Même si tu reviens le lendemain. C’est comme ça. On râle un peu, mais on finit par se taire. Mais, avec mon superbe bracelet jaune presse, je peux vaquer à loisir. Liberté jaune chérie. Et pour vaquer, j’ai vaqué. J’ai parcouru le site de long en large en travers. J’ai discuté avec les bénévoles de l’espace presse, les autres journalistes, observé avec amour les appareils photos des autres (vrais) photographes. Je me suis faite amie-amie avec les vigiles, bref, je me suis créée un périmètre de sécurité. Puis ce fut le début des premiers concerts. WL Crew n’a pas hésité à balancer un rap agressif et convaincant. Les rappeurs ont défilé sur scène et chacun d’entre eux à (im)posé sa griffe. J’ai failli sortir ma casquette Nike pour bouger de la tête de manière cohérente.

Vient ensuite Boulevard des Airs, qui a mis tous le monde d’accord. Le Free s’est réveillé doucement, sautillant et chantant à tue-tête. Moi ? Je me baladais entre les sourires des gens. Entre la mer et le vent (si tu as compris, tape dans tes mains). La foule commence à se rapprocher. Des familles s’entassent les unes contres les autres, je sens le vent tourner, les Frero Delavega allait commencer à chanter. Je tiens à mettre les choses au clair. Je n’aime pas. Mais, j’étais prête à leur laisser une chance en live. Un artiste est différent sur scène. Il peut séduire comme faire fuir. C’est donc pleine de bonne volonté, que je me suis assise dans l’herbe pour écouter. Ce fut rude. Compliqué. Difficile. Mais non. Rien dans leur performance live ne m’a séduite. Je n’arriverai pas à rester objectif ici. Je vais donc passer mon chemin.

Heureusement, les Puppetmastaz sont arrivés. Mes belles puppet. La musique est avant tout une histoire d’amour. Et entre les puppet et moi, ça dure depuis 2009. L’ingéniosité de leur prestation m’attendrit à tous les coups et leurs marionnettes me rend dingue. Non content de fournir des tracks de qualité, le show est un vrai spectacle (de marionnette, oui bon hein). Et quand on s’y attend le moins, les rappeurs tombent le masque et enchainent une chorégraphie à la Power Rangers sans pression aucune.

Pfel & Greem (C2C)… J’avais tellement aimé leur live au Garorock (tous le crew y était ceci dit) que je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçu par leur set. J’ai bougé mon body, le festival a bougé son body. C’est quand même une belle aventure électronique, une partie du crew de C2C, il ne faut pas être snob à ce point là. Joris Delacroix a lui réussi à combiner sa délicatesse avec l’énergie de la foule et livre un live diablement efficace. The end. Back au camping.

}

Le samedi 26 juin fut quelque peu chaotique. Tout avait pourtant si bien commencé, j’avais enfilé un joli sarong balinais. J’avais fait mon petit tour en backstage, bu des litres de café avec les bénévoles et j’attendais calmement l’arrivée de mes artistes chéries au coin presse. Et en plus, il faisait beau ! Non, vraiment aucune ombre au tableau. J’ai même assisté à l’arrivée de FKJ. Puis … ce fut le drame. Mon pied loupa un trou. Ma cheville ne suivit pas. Je fus coupé en deux. Mon pied se mit à gonflé à vue d’œil. Rond comme un œuf. On m’assit sur une chaise, et une tête blonde se mit à courir dans tout le festival pour me procurer de la glace. État journaliste : au point mort. Les balances de Cypress Hill allaient doucement débuter et j’avais le pied en mutation. Je deviens malgré moi, l’attraction. La dizaine de sapeur-pompier qui passait par la vinrent s’inquiéter de savoir si mon pied ne prenait pas feu. Ils en profitèrent pour faire une pause champêtre, et rigoler sur la possibilité d’une opération ou avenir en chaise roulante. L’humour urgentiste, c’est spécial. Après avoir appliqué de la glace sur ma « blessure » et pris une photo de mon pied (bande de fétichiste), je fus évacué en ambulance. Pile poil quand « hit from the bong » débuta… Je vais la faire courte : hôpital/radio/attelle/retour à Montendre/en train/j’ai marché avec mon attelle/walking dead.

Et vous savez le plus beau… J’ai pénétré dans l’enceinte du festival au moment même ou FKJ commençait son live. (J’ai malheureusement loupé Hippocampe Fou, j’étais sur la route du retour, si tu me lis, sache que c’est à charge de revanche)

}

J’aime tellement ce mec, il est incroyable. C’est un couteau suisse musicale. Il est partout. Derrière un piano, une guitare, un saxophone, il sait tout faire. Il arrive à dégager une énergie et une fluidité lors de ses représentation, c’est merveilleux. Ah, il chante aussi. Autant vous dire que l’on passerai bien deux heures à l’écouter. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Le reggae de YaniSs Odua envahit l’espace et tous le monde se sent bien. Apaisée, prêt à succomber à la frénésie de Cypress Hill ! C’est toujours un plaisir de retrouver le hip-hop latino de Cypress. C’est un peu une madeleine de proust à mon adolescence. Je sautille avec la foule, je suis en cohésion, toujours un peu fasciné par la cohue qui s’empare de la foule quand résonnent « I wanna geeeeeet hiiiiigh ».  J’ai un peu trop forcé sur ma cheville, j’effectue un rapatriement stratégique vers le coin presse et m’affale sur le canapé.

Comme sorti de nul part, le son d’un paquito envahit l’air ! On s’est tous regardé dans l’espace presse, on a (presque) sourit, j’ai voulu me lancer dans une chaîne festive mais personne ne m’a suivit !  Par chance, les bandas se calmèrent et les violent riffs de guitare de The Inspecteur Cluzo prirent possession de la scène. Alors certes, je ne suis pas conquise par leur style, mais il est indéniable que l’énergie qu’ils dégagent vous secouent bien comme il faut. Il faut avoir le cœur bien accroché pour survivre à un live des Inspecteur ! Remise de mes émotions, je m’apprête à me diriger vers le devant de la scène pour assister au live de Birdy Nam Nam, quand un énergumène m’accoste et me demande où j’ai trouvé mon café. Je l’observe du coin de la pupille, on le dirait tout droit sortit de retour vers le futur mais version française. C’est un des mecs de Salut c’est Cool. Je lui indique l’endroit et je m’empresse de quitter le coin presse car « techno toujouuuurs pareil, boum boum dans les oreilles » a déjà fait son petit chemin dans mon cerveaux. Je suis à deux doigt de m’enflammer sur « la purée » mais seule, entre deux pins.

Birdy Nam Nam commence, ça part en Wild For the Nigh :, t’inquiète mon gars, je suis au summum du wild avec mon attelle, mon pull et mon café. Je les aimes bien les Birdy. Ils ont un peu bercé mon adolescence. Je me souviens avoir perdu plus d’un neurones en dansant comme une abrutie sur The Parachute Ending ! Ils me font toujours le même effet. Ce petit crescendo de brutalité qu’ils manient avec brio en laisse plus d’un sur le carreau. Sinon, ai-je le droit de résumer le concert de Salut C’est Cool en un mot : cool ? Tout ça pour vous montrer que je fais preuve d’humour. Concrètement, ça sautille de partout, ça « boum boum dans les oreilles » ! Ça me donne envie de m’agripper à la foule et de la laisser me porter  ! Mais j’observe et j’apprécie ce live qui ne demande rien d’autre que d’être pris au 24e degrés. Vient ensuite l’heure de Gonzi de sa trance progressive… C’est pas que je ne veux pas. Mais la trance … ce n’est vraiment pas pour moi. Et c’est en ça que le Free est fabuleux. C’est un savant mélange de tout et n’importe quoi, et ça fonctionne à merveille.

J’ai triché, j’ai quitté le site du festival avant la fin. L’espace presse avait déjà fermé boutique, et j’avais la cheville qui me suppliait d’arrêter de gesticuler. J’ai fais une belle accolade à l’agent de sécurité qui me laissa sortir pour la dernière fois. Je regagnais ma colline non sans mal, et j’observais un dernier moment ce festival qui m’a tant apporté en deux jours. Merci le Free Music. Merci pour ton accueil, ta simplicité, ta joie de vivre. Merci pour tes sourires et ton envie de partager encore et toujours ta vision de la musique. Merci pour ta diversité. Ne change rien.

À l’année prochaine !

 

I’m from Barcelona, la dernière date

dans MUSIQUE

Plus qu’un groupe, I’M FROM BARCELONA, forme une chorale pop, mieux encore, un orchestre composé de 20 artistes ; chanteurs, guitaristes, trompettiste, saxophoniste, batteur, clavier, Dj etc. La liste est longue et semble ne pas en finir. Une chose est sûre, ce samedi 15 octobre, au Krakatoa, le groupe suédois nous a montré que le nombre peu faire la force. 

Ils règnent sur la scène et dans la salle une atmosphère électrique qui ne demande qu’à s’embraser dès les premières notes. Ils ont beau être un groupe, chaque membre affirme complètement sa personnalité. On ne sait plus où regarder tant on a envie de ne rien louper. Voilà un groupe généreux qui aime son public et n’hésite pas à le montrer : bain de foule, courses folles, chorégraphie, lâché de ballons et confettis. Qui a parlé d’un concert ? Parlons plutôt d’une fête où tout le monde est invité à danser et à chanter leurs textes positifs et pleins de vie. C’est le dernier concert de leur tournée européenne, Emanuel Lundgren (chanteur/guitare lead) nous annonçait plus tôt que tout le groupe voulait marquer l’événement en mettant le feu. Promesse tenue avec deux rappels inattendus de 12 chansons bonus. Le concert se termine et tout le monde repart heureux, le sourire aux lèvres, en fredonnant un air. I‘M FROM BARCELONA ne vient peut-être pas d’Espagne mais on voudrait les suivre au bout du monde.

Mélody.T & Fen.R

Botibol & St Augustine, la rentrée commence bien

dans MUSIQUE

Il y a des concerts qui vous rappellent la raison pour laquelle vous allez en concert. Qui vous rappellent pourquoi vous aimez la musique et surtout ce que vous aimez dans la musique. Dans notre cas, c »est au Krakatoa que ça s »est passé, grâce à St Augustine, grâce à Botibol.

Il y a cette batterie qui vous résonne au cœur, cette basse qui vous dénoue ce creux dans le ventre et cette voix, cette voix, qui semble résonner dans vos poumons. Sous les projecteurs, St Augustine (tout droit venu de Clermont-Ferrand), entame timidement sa première chanson. La salle est loin d »être pleine à craquer mais tout de suite une intimité s »installe. La timidité apparente du songwriter s »efface rapidement. En ces jours troubles – du moins pour la scène française – il est assez rare de voir un chanteur aussi ivre, ivre de sa musique. Elle prend vie à travers lui, à travers nous et ce sentiment est fort surtout quand, au bout d »un moment, on réalise que le silence règne, que tous nos regards sont tournés vers la scène. Comme dans un accord tacite et secret, où nous partageons tout, personne ne pense à prendre de photos ou à vérifier ses notifications Facebook. Le temps est suspendu, bloqué dans l »air… C »est déjà fini. Le temps reprend son cours, chacun retourne à ses occupations. « Tu me prend un demi-pêche s »il te plaît ? » L »union est rompue.

Dans le même registre mais quelque peu différent : Botibol monte sur scène. Après une semaine en résidence au Krakatoa, le groupe vient nous présenter son travail et sa nouvelle recrue. Botibol c »est le genre de groupe dont on ne se lasse pas. D »entrée de jeu, le ton est donné, on est comme à la maison. C »est sans doute dû à cette complicité palpable que les membres entretiennent entre eux mais aussi avec leur public. Aller à un concert de Botibol, c »est avoir un groupe qui joue rien que pour toi, dans ta chambre. Les morceaux nous parlent à tous tant ils renvoient à un univers qui nous est familier : nos amis, notre famille, les voyages, nos amours, nos rêves. Notre esprit se balade dans un univers qui, bien qu »intimiste, nous rapproche les uns des autres. On s »avance inconsciemment vers la scène, l »espace qu »on entretenait jusque là se resserre. On se frôle parfois comme pour communiquer ces souvenirs que nous avons tous en commun quand nous écoutons Born from a Shore. Un enfant qui sourit, des vacances sur la côte entre copains et cette envie d »évasion que Botibol nous transmet tout au long de ce road trip pop-folk.

Mélody.T & Fen.R

Crédit photos : Cyril Loiseau (Une) & Nico Pulcrano (Article)

Brigitte

dans MUSIQUE
Brigitte

Brigitte, c’est Aurélie et Sylvie, deux mamans, loubardes au grand cœur, d’une sensualité électrisante derrière leurs airs de pas y toucher. En vrai, chanter, la scène, tout ça, c’est pas nouveau pour elles. Elles ont trimé, sans jamais laisser tomber, elles se sont cherchées pour mieux trouver leur griffe, griffe avec laquelle elles nous ont bien eus. Mais on craint de souffrir d’un grave syndrome de Stockholm, on n’a pas vraiment envie qu’elles nous larguent après un si bon opus et un concert aussi jouissif à Barbey en mai dernier. Du coup, on a absolument voulu les rencontrer. On vous raconte ?

Brigitte

L’interview est en plein air. Ça tombe bien, il fait beau. On essaie comme on peut de ne pas montrer à quel point Brigitte nous fascine et on se retient de demander où est-ce qu’elle a acheté toutes les pièces de son look rétro.

Le Type : Qui est Brigitte ? Quelle genre de femme est-elle ?

Aurélie : Oula, ça va être très long. Vous êtes prêtes à tout écouter ?!

Sylvie : Vous avez combien d’heures devant vous ? (rires)

Aurélie : Alors..On dit que Brigitte, c’est une entité à deux têtes, c’est un duo de femmes auteurs/compositeurs/interprètes. On fait des chansons de façon très libre aux influences multiples. On n’a pas voulu se ranger dans une case, on a toujours suivi notre instinct, on a toujours fait ce qu’on avait envie de faire que ce soit dans la musique, le vocabulaire, la composition, la scénographie aussi. On s’est laissé le droit d’être décomplexé, fantaisiste et donc multiple.

Le Type : Ça tombe bien, c’est la question suivante ! On a l’impression, en écoutant l’album, que Brigitte est plusieurs femmes en une seule. Est-ce que ces femmes viennent d’une inspiration extérieure ou font-elles plutôt parties de vous ? Y’a-t-il une volonté de donner des modèles de femme ?

Sylvie : Il n’y a pas de volonté de donner un modèle en général, c’est juste une part de nous qu’on a mise dans nos chansons. C’est plusieurs facettes de nous. On peut être à la fois déprimé, euphorique, battante…Regarde, la Vengeance d’une louve par exemple, c’est une chanson « J’vais te casser la gueule » qui est assez pessimiste. On a mis dans cet album ce que nous sommes dans tout ce qu’on a de paradoxale quelquefois (rires). Mais…non il n’y a pas de volonté de dire quelque chose de précis. Tout ce qu’on voulait c’était s’éclater, faire ce qui nous plaît, fusionner des styles tout en y mettant un certain équilibre pour qu’il y ait une harmonie qui nous va à toutes les deux.

Le Type : Il y a un concert qui vous a marquées depuis que vous avez commencé ?

Aurélie : Le soir où l’on a joué au Réservoir, il y a…un an maintenant, peut-être un peu plus…On nous dit que dans la salle, il y avait Joey Starr. Il était venu nous voir parce qu’il avait entendu parler de la reprise qu’on faisait de Ma Benz. Et heu…en sortant du concert, qui au passage était génial avec une super ambiance, Joey Starr nous a prises dans ses bras, nous a remerciées et nous a dit qu’il était très honoré. Et nous, ça nous a vraiment touchées et d’autant plus honorées. Voilà. C’était un très bon moment, un moment fort pour nous.

Brigitte

Le Type : Aucune chance qu’il y ait Joey Starr ce soir ?

Aurélie : C’est pas une groupie quand même (rires). Ce serait sympa mais non, désolée, je ne crois pas qu’il soit là.

Le Type : A propos de cette reprise de Ma Benz : pourquoi avoir choisi cette chanson ? Pourquoi NTM ?

Sylvie : C’était un concours de circonstances contrairement à ce qu’on pourrait croire, on n’a pas fait cette reprise pour faire buzzer, c’était plutôt l’inverse d’ailleurs. On a joué dans un festival de film vintage érotique au Forum des images à Paris. Vous voyez le genre, un festival très arty. Et pour la clôture du festival, le programmateur nous a demandé si on voulait bien inclure dans notre set list, une chanson un peu érotique pour bien clôturer la soirée. Du coup, on a eu l’idée de faire Ma Benz parce qu’on aime les challenges et s’approprier des choses qui a priori sont loin de nous. On a donc travaillé cette chanson qu’on adore. On l’a faite, ça a plu et comme on l’avait pas mal travaillée, on a décidé de la garder sur le set. Après ça, un copain nous a dit « Moi je suis DJ, si vous voulez enregistrer cette chanson, je la passe !». On avait prévu d’aller en studio à ce moment-là et d’enregistrer deux titres. Il nous restait encore du temps alors on s’est dit « Tiens et si on enregistrait Ma Benz ?». Ça s’est fait à l’arrache, au dernier moment. Et voilà !

Le Type : Challenge réussi donc ?

Aurélie : Oui, oui. En plus c’est un hommage à un groupe qu’on aime. Le hip-hop c’est une musique qu’on écoute. Ça fait vraiment parti de nos influences. Vous verrez ce soir, notre batteur fait aussi du beatbox. Nous on aime bien insérer du vocabulaire un peu urbain au milieu de notre lexique qu’on peut trouver un peu classique et classieux.

Le Type : Vous avez pas mal de vécu dans la musique. Sylvie vous avez fait partie du groupe Vendetta et Aurélie vous avez longtemps joué en solo. Qu’est-ce que ces expériences vous ont apporté ? Vous avez des regrets ? 

Aurélie : Surtout pas. Ça nous a apporté tellement de choses ! Si on n’avait pas traîné 10 ans de musique et de galères derrière nous, on ne serait pas arrivé avec la même légèreté et cette évidence quand on écrit nos chansons. Il y a quelque chose de digéré dans nos morceaux, il y a du vécu en tant que chanteuse et en tant que femme. On a fait des enfants, des tournées, des projets qui n’ont pas forcément marché mais c’est aussi pour ça qu’on a eu envie de faire quelque chose toutes les deux, entre femmes. Avant on n’a pas mal travaillé avec des garçons et là c’est comme si on prenait la voiture et qu’on partait toutes les deux.

Sylvie (lève les bras et s’écrie) : On n’a pas besoin des mecs ! Nous aussi on sait conduire !

Brigitte

Le Type : Grâce à ça, vous avez pu plus facilement imposer votre style ?

Aurélie : Pas forcément. Disons qu’on était à un stade où on n’avait plus rien à perdre. Il fallait déjà que ça nous plaise à nous. Tout ça nous a donné le courage et la force de faire ce qu’on avait envie de faire même si ça plaît à peu de personnes ben…C’est pas grave c’est la vie !

Sylvie : On a vécu une certaine insatisfaction qui a nous sculpté des épaules assez solides pour s’imposer. C’est sûr que Brigitte c’est pas le projet qu’auraient pu faire deux nanas de 20 ans.

Le Type : Si Brigitte était un homme ?

Aurélie : Il serait capitaine !

Sylvie (chante en balançant la tête) : Ah si j’étais un homme, je serais capitaine…d’un bateau oh.

Aurélie : Difficile à dire. Elle est tellement une femme, tellement Des femmes.

Mélody.T, Emeline.D & Fen.R

Crédits photos : Emeline.D

 

Retourner là haut