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Hors Bord

Entretien avec Florian, programmateur de l’Iboat

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Lieu culturel et club qu’on ne présente plus à Bordeaux, l’Iboat vient de fêter ses 8 ans à renfort d’une belle programmation, à l’image de ce qui est proposé tout au long de l’année en son sein. Témoin de la démocratisation des musiques électroniques en ville, l’équipe du bateau jouit depuis 2011 d’une notoriété sur ce terrain-là, et a pu observer l’évolution des mentalités, des styles musicaux et du changement de regard des pouvoirs publics vis-à-vis de cette culture. Se considérant comme « défricheur des cultures de marge », l’Iboat se voit d’ailleurs comme un « hub » à destination des jeunes acteurs et promoteurs locaux. À l’occasion de cet anniversaire, on a rencontré Florian, son programmateur, avec qui on dresse un état des lieux de la scène bordelaise, de l’émergence d’une multitude de collectifs et des divers épisodes qui ont jalonné l’histoire du club ; de l’expérience d’un festival à de récents formats réinventés en passant par une volonté de développer des activités hors les murs et des dates marquantes… Entretien fleuve.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : Salut Florian ; joyeux anniversaire à l’Iboat qui vient de souffler sa huitième bougie – comme Le Type d’ailleurs. En 8 ans, qu’est ce qui a changé à Bordeaux sur le plan des musiques électroniques selon toi ?

Florian : Joyeux anniversaire Le Type ! Au début de notre arrivée en 2011, on était plus ou moins seul, avec d’autres propositions différentes des nôtres. Le mythique 4 Sans venait juste de fermer. Entre temps, on a vu une volonté politique plus forte émerger petit à petit. De nôtre côté on a aussi fait un travail de relations publiques avec ces acteurs, qui ont depuis compris ce qu’on faisait, notamment musicalement.

Tu dirais qu’il y a un soutien des pouvoirs publics locaux envers les cultures électroniques et envers l’Iboat aujourd’hui ?

Oui, il y a un soutien et une volonté de comprendre la nuit avec des groupes de travail “Bordeaux la nuit” initié par la Mairie. C’est entre autre ce qui a changé en huit ans. On travaille main dans la main avec les collectivités, ce qui nous a permis de faire évoluer leur vision. On a fait des projets avec eux, comme par exemple avec la cathédrale de Bordeaux où on a mis en place un live techno gratuit. On a aussi déjà investit le CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux avec une nuit techno, là aussi en collaboration avec la ville.

D’autre part, ce qui a changé en huit ans c’est qu’au début on était considéré comme alternatif. Ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui… bien que la programmation n’ait fondamentalement pas changé. Le terme « défricheur des cultures de marge » serait davantage adéquat pour définir ce que l’on fait. Effectivement, entre temps, les musiques électroniques se sont popularisées auprès du grand public en quelques années. Il y avait eu un premier cycle à l’époque de nos parents qui est retombé vers la fin des années 1990, et là on est dans la seconde vague. Aujourd’hui on est dans une sorte d’effet de mode qui à Paris est devenu un mouvement générationnel. À l’ouverture de l’Iboat on était clairement dans une mode techno berlinoise, et maintenant on peut dire que les musiques électroniques se sont divisées davantage en sous genre, avec en ce moment une visibilité plus forte de la house à Bordeaux comparé à Lyon. Les modes marchent souvent par cycles.

La différence avec la première vague de nos parents c’est l’avènement d’internet, chaque mouvement musical est toujours lié à une innovation technologique. Les machines ou les premiers ordinateurs pour la vague de nos parents. La démocratisation des ordinateurs personnels, le développement de logiciel de musique, l’internet pour l’écoute et le téléchargement des musiques immatériels, la diffusion de cette culture et cette musique qui n’est pas diffusée sur les grands médias.

Une autre chose qui a évolué en huit ans à Bordeaux c’est qu’on voit de plus en plus d’événements diurnes émerger (cet été il y avait Bordeaux Open Air, L’Orangeade, Le Verger…). Vois-tu cela comme une menace par rapport à l’offre club ? Observes-tu une inversion de la temporalité jour/nuit qui pourrait se faire ressentir en termes de fréquentation pour l’Iboat ?

Il faut dire qu’avec la volonté de la Mairie, il y a eu cet été un événement diurne consacré aux musiques électroniques chaque jours de la semaine ! Ces événements diurnes organisés par des associations sur l’espace public sont bien souvent gratuits et subventionnés par les collectivités à hauteur de 3000€ jusqu’à 50000€ pour certains.

Certains sont plus destinés au grand public tandis que d’autres sont plus de niche. C’est le cas du Verger qui vient de se terminer : c’était un événement qui s’adressait aux des aficionados de la musique et qui ont fait un travail remarquable. D’autres sont plus accessibles comme Bordeaux Open Air ou L’Orangeade. Vu qu’ils sont gratuits, il peut y avoir des personnes de tous les ages qui s’y rendent : un public plus large qui se laisse tenter par le jardin public transformé en dancefloor. Ils ont le mérite de sortir notre musique en dehors des clubs, de la populariser et de la promouvoir, loin de la musique électronique EDM qu’on peut entendre à la radio. De ce fait ces offres culturelles sont plutôt complémentaires avec l’Iboat puisque ces événements se terminent vers minuit, moment où le club ouvre. Certaines personnes qui s’y rendent ont souvent envie de continuer la fête et viennent chez nous. Pour nous il n’y a donc pas de changements par rapport à cela, voir une convergence.

À quelques occasions, on s’exporte aussi hors du bateau, début octobre, on a collaboré avec le FAB en proposant une programmation musicale électronique accompagnant leur QG à St-Michel. On a commencé à proposer cet été des formats Open Air sur notre nouvelle terrasse. Ces formats seront développés sur la nouvelle saison. On avait même eu la visite surprise de Terrence Parker un lundi soir, mémorable !

Bordeaux Open Air. Crédit photo : Miléna Delorme

On sent aussi à Bordeaux et dans d’autres villes une volonté du public de se rendre dans des événements moins contraints que des clubs, tels que des warehouse, comme les Demain Kollectiv, pour sortir du format club et expérimenter de nouveaux lieux. Le format club est-il encore pertinent en 2019 selon toi ?

Il y a de plus en plus de publics, avec un S à la fin. Effectivement, les musiques électroniques se sont popularisées, ce qui fait que les clubs se sont un peu gentrifiés. C’est un phénomène que l’on observe en France. Après, certaines personnes cherchent aussi d’autres expériences plus permissives. Essayer de re-vivres les premières raves des années 1980. Pour notre part, nous n’irons jamais dans l’illégalité avec la structure de l’Iboat. Chaque modèle a ces avantages et ces désavantages. Notre club est ouvert à l’année, avec des salariés professionnels en CDI. Nous payons notre loyer, les prestataires et toutes les charges liés à une entreprise du spectacle avec des périodes de basse saison et haute saison. C’est un fonctionnement beaucoup plus lourd à porter que de faire des one-shots avec des bénévoles ou du personnel payé à l’heure.

Les deux types d’expérience sont fondamentalement différent dans leur fonctionnement. Notre façon de nous différencier, c’est d’être le plus professionnel possible, de se renouveler constamment et d’inviter les meilleurs artistes internationaux à bord. C’est mon positionnement : accueillir les meilleurs artistes internationaux, connus ou en devenir. C’est aussi d’accueillir le public avec un sound system bien réglé. Celui de l’Iboat est d’ailleurs l’un des sound system les mieux réglés des clubs en France.

L’Iboat. Crédit photo : Pauline Roquefeuil

Quelle importance tu accordes au sound system d’un club ?

Au départ nous avions un Funktion one mais il n’était pas adapté aux concerts que nous faisons en première partie de soirée. Depuis, nous avons un système d&b, directement réglé par des ingénieurs de la marque venus l’installer au bateau. Notre problématique c’est que notre bateau est constitué de fer. Or le béton et le fer sont deux matériaux qui font résonner le son. Il a fallu donc paramétrer sur des ordinateurs et calculer la courbe de la coque pour faire en sorte que le son soit efficient partout… On fait appel a de l’ingénierie de malade en perpétuel perfectionnement ! Aujourd’hui, le son est aussi bien calé à l’avant qu’à l’arrière avec des rappels cachés dans les plafonds ; ce pourquoi je considère que c’est l’un des meilleurs. C’est comme ça qu’on va aussi se différencier d’une warehouse qui est peut-être plus permissive mais qui va se contenter de poser des enceintes pas forcément bien réglées. C’est aussi la beauté de la warehouse d’ailleurs.

Tu parlais tout à l’heure de gentrification. Comment on fait pour rendre un club inclusif et ouvert à des communautés et des catégories autres que les CSP+ ? À travers ton travail de programmation comment tu vas chercher ces nouveaux publics ?

Pour nous, à partir du moment où tu aimes la musique, que tu n’es pas en état d’ébriété, et que tu te comportes bien avec tout le monde ; tu as le droit de rentrer. Tu as le droit d’être là, quelque soit ton statut social. Je n’ai pas l’impression qu’on soit un club de riche, on n’a pas de carré VIP, ce n’est pas notre positionnement Le public est assez brassé à l’Iboat, avec pas mal d’étudiants notamment. On pratique aussi des prix à l’entrée qui sont progressifs en fonction du moment où tu achètes ton billet. Ça peut commencer à 5 euros, un tarif correct quand tu veux aller voir Carl Craig ou Robert Hood… C’est démocratique et permet d’aller toucher un public qui a moins d’argent. On ne veut pas se fermer et n’accueillir que des CSP+.

As-tu d’autres modèles de clubs en France ou en Europe qui t’inspirent ?

Je pense forcément aux clubs à Berlin comme la figure de proue de notre génération le Berghain. On n’y perd toute notion de temps dedans, sans téléphone portable auquel on n’a pas accès pour faire des photos… Ça permet aux gens de se reconnecter avec ce qui se passe, c’est assez intéressant. Après, malheureusement, ce ne sont des expériences qu’on ne peut avoir que dans certaines villes, qui sont bien souvent des capitales ville-monde. Londres était la capitale du Rock pour cette musique, Berlin pour le mouvement de la techno (même si effectivement Amsterdam pourrait nous surprendre). Ce qui fait la force et l’ambiance d’un club c’est à 50 % sa direction artistique et l’autre 50 % c’est aussi son public. Il y a beaucoup d’autres bons clubs en France mais je ne vais pas les citer par peur d’en oublier… Peut- être un nom ; le Macadam à Nantes où je suis allé mixer il y a peu, c’est une super aventure humaine avec une belle équipe !

Le Berghain, modèle de club. Crédit photo : Simon Tartarotti

En autre club français, il y a le Batofar à Paris, qui a récemment fermé et qui était lié à l’Iboat. On a appris récemment l’arrivée de son ancien programmateur au BT59. Comment perçois-tu l’arrivée de cet ancien collègue dans un club local et est-ce que tu envisages de travailler en synergie avec lui ? Plus globalement, est-ce que tu travailles en collaboration avec les autres clubs de la ville ?

Je travaille avec tous les promoteurs, collectifs et clubs de Bordeaux (voir France également). On échange régulièrement tous ensemble au téléphone ou à l’apéro (rires). La plupart sont des potes. On travaille tous ensemble, en intelligence, sans essayer d’écraser les uns les autres, puisque plus il y aura d’offres à Bordeaux et plus les gens auront envie de sortir, de découvrir notre passion. Il y a une vraie synergie à trouver entre les clubs et les warehouse, ou même les collectifs qui font des événements, de jour comme de nuit. La plupart de ces acteurs sont d’ailleurs passés en stage à mes côtés. Je suis assez fier de ce qu’ils font aujourd’hui. Mon rôle c’est d’accompagner ces collectifs. Il leur arrive souvent d’avoir des résidences ou de venir organiser des soirées au club. L’Iboat se voit un peu comme une maison d’accueil, un hub pour tous les acteurs locaux. On parle à tout le monde, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Idem pour le BT.

Tu envisages l’Iboat comme un « hub » pour les collectifs locaux : quelle est la politique du club par rapport à ces collectifs émergents ? Comment vois-tu la place de l’Iboat là-dedans ?

Il y a huit ans il y avait essentiellement des promoteurs autodidactes qui organisaient des soirées. Ce qui a basculé aujourd’hui c’est que ce sont les crews qui ont pris le pouvoir et ont remplacé les promoteurs en local. Souvent, ces crews sont des bandes de copains passionnés. En voyant d’autres organiser un open air, ils se disent pourquoi pas eux? On travaille avec quasiment tout le monde. Même les plus émergents, que l’Iboat incube d’une certaine façon. Mon rôle c’est d’accompagner ces nouveaux acteurs car l’Iboat est une sorte de maison. Et on ne veut pas être le seul lieu qui va diffuser de la musique électronique à Bordeaux ; ma direction artistique n’est pas omnisciente, je ne connais pas tout et ne programme pas tout de facto. On est aussi content que certains autres acteurs éveillent la belle endormie. On est souvent les premiers à venir chez eux, dans leur événement pour les soutenir, quand on n’est pas en train de bosser…

Ne penses-tu pas que Bordeaux manque de lieu, malgré tout ? Et que l’arrivée d’un nouveau club de musiques électroniques serait la bienvenue ?

C’est vrai qu’il n’y a pas autant d’offre qu’à Lyon ou Paris par exemple. Mais, d’un autre côté, la ville de Bordeaux est beaucoup plus petite, avec au mieux 500000 personnes (plus d’un million à Lyon) – ce sera 1 million à Bordeaux en 2030. Aussi, la ville a un passif très rock, avec des groupes comme Noir Désir. Ce qui peut expliquer peut être en partie cette différence. On essaye avec notre équipe de développer quand même d’autres projets en dehors de l’Iboat. Par exemple une programmation techno au cœur de la Base sous marine à 500 mètres, ou un roller disco avec Cerrone. Ou encore un live techno et show laser dans une cathédrale, de la musique dans les jardins de l’Hôtel de ville, au CAPC, investir le Rocher de Palmer le temps d’un concert de Nils Frahm ou Darkside… On est une équipe de programmation qui ne souhaite pas s’enfermer dans son QG mais qui cherche à s’ouvrir dans d’autres lieux. Pourquoi pas travailler avec l’opéra prochainement… c’est peut-être dans les tuyaux…

Florian à l’Iboat. Crédit photo : Miléna Delorme

Vous avez aussi tenté l’expérience festival avec le Hors Bord. Est-ce que Bordeaux ne manque pas d’un festival emblématique des cultures électroniques ? Pourquoi ne pas avoir développé un peu plus le Hors Bord ?

Le Hors Bord a été développé avec des copains de Paris, Amical Production. Une telle aventure est très chronophage, nous étions pas mal pris par la gestion du club en parallèle ouvert toute l’année sans interruption. Entre les clubs qu’on doit promouvoir, les concerts, les formats apéroboat, le restaurant… ça prend beaucoup de temps. Le but de la collaboration avec Amical c’était d’être complémentaire. Au bout de deux éditions, on a vu qu’on ne travaillait pas de la même manière, ce pourquoi on a préféré arrêter l’aventure. Ils ont souhaité conserver le nom pour essayer de continuer à Bordeaux sans nous. Le nom ne nous appartient plus. Après, je ne regarde pas du tout derrière. Aujourd’hui il y a plein de choses à faire sur Bordeaux et peut-être qu’un festival sur l’année prochaine est en réflexion…

C’est la direction que vous voulez prendre avec Ahoy! ?

Ahoy! est davantage orienté sur les live, les concerts… Il n’y a pas de DJ sur scène. Ce n’est pas un festival, c’est plutôt une ouverture de la saison d’été qui se referme avec la date anniversaire fin septembre. Ahoy! c’est un événement sur le quai du bateau qui nous permet d’œuvrer au développement du quartier des Bassins à Flot et de Bordeaux avec des offres culturelles sur ce lieu. Pour ce qui est de l’organisation d’un véritable festival, on le fera plutôt en interne à l’avenir sauf si une structure nous sollicite entre temps.

Pour continuer sur la question de la scène locale, on observe qu’il y a assez peu de producteurs de musiques électroniques à Bordeaux – bien qu’il y ait énormément de dj’s. Penses-tu que c’est pour cette raison que la scène n’est pas aussi bien identifiée que des villes comme Nantes ou Lyon par exemple ? En tant que programmateur, tu ressens ce déséquilibre ?

La différence avec des villes comme Nantes ou Lyon c’est que là-bas il y a eu une vraie volonté politique de développer cette culture qui remontent. Nuits sonores (festival lyonnais de musiques électroniques et indépendantes, ndlr) a fêtée sa 17ème édition cette année. Toute une génération a été bercé par ce festival ! Il y a eu une vraie volonté des pouvoirs publics d’accompagner ces esthétiques, créant de fait une dynamique dans la ville. Il y a plein de collectifs sur Lyon aussi. C‘est ce qui a créé une émulation. A Nantes il y a le Scopitone, avec un véritable engagement culturel, avec une saison qui va au-delà de la musique avec des expositions, cultures numériques…

Sur Bordeaux il y a un basculement qui est en train de s’opérer. Mais ça ne peut pas venir que des salles de diffusion ; il faut tout un écosystème qui favorise cette émergence dans la ville. Aujourd’hui ça va dans le bon sens avec un disquaire spécialisé qui s’appelle le Boudoir Sonore, une radio qui vient de se créer : Ola Radio. Elle promeut les locaux et travaille beaucoup avec les collectifs. Parallèlement on voit se développer de plus en plus d’événements éphémères. Tous les clignotants sont au vert aujourd’hui pour voir émerger de nouveaux artistes.

Il y a quand même des producteurs au sein de la scène tels que Jann qui a déjà eu des sorties sur Pinkman Records. Il était en résidence à l’Iboat pendant trois ans, durant laquelle il invitait ses propres artistes. Il y a aussi Anetha qui est originaire de Bordeaux aussi (même si elle n’y vit plus). Djedjotronic également est revenu vivre ici. Laroze, Succhiamo (Panoptique et la chanteuse de J.C. Satàn) sur Antinote …Il y a donc quand même quelques artistes et plein d’autres producteurs…

En huit ans, la ligne artistique de l’Iboat a-t-elle évoluée ? En tant que directeur artistique d’un tel lieu, comment te renouvelles-tu et te tiens-tu au courant des nouveautés ? Comment faire pour être toujours pertinent dans tes choix ?

C’est mon éternelle question… Il faut toujours se remettre en question sur la programmation. Même si c’est compliqué de révolutionner une programmation par ailleurs. Ce qu’on peut faire, c’est évoluer. C’est possible car les musiques électroniques sont parcourus par des courants et des modes. Je voyage pas mal en allant constamment à l’étranger à Londres, Berlin, Amsterdam.. ou Lyon, Paris… mes potes m’appellent le ministres des affaires étrangères pour me charrier. Voyager me permet de m’imprégner de ce qu’il se fait ailleurs pour pouvoir proposer le meilleur à Bordeaux. Je rencontre ainsi, les programmateurs et acteurs de la scène européenne, ça facilite mon travail par la suite.

Sur les premières années du club on avait Jennifer Cardini qui faisait office de marraine informelle. Elle m’a pas mal aidé, c’était la première fois que je programmais dans un club en 2011. Quand j’avais besoin d’elle, elle a toujours été là. Ensuite, au bout des 3 ans j’avais mis en place des résidences de locaux dont Jann… Je m’appuyais sur ces locaux qui, chacun dans leur esthétique, invitaient d’autres artistes plus connus ou d’autres locaux afin de ne pas avoir une seule vision de la musique électronique, car je veux que ce soit un lieu pour tous les bordelais. Après, on a lancé des résidences d’artistes internationaux. On avait misé à l’époque sur Mézigue, Voiski, Bambounou, Palms Trax, Antal… Ils co-programmaient avec moi ; ils avaient chacun leur résidence tous les trois mois. Cet été, je suis parti sur une thématique « tour de France » en invitant des collectifs de tout l’hexagone comme le Méta a Marseille, Tapage Nocturne à Lyon, Midi Deux à Rennes… On est allé chercher des gens qui font bouger la France pour les ramener à Bordeaux ! A la rentrée 2020 il y aura peut être une nouvelle résidente bordelaise…

Au-delà de la programmation, il y a la question des formats. Ca a tellement été la course au booking notamment sur Paris que les prix des artistes sont hallucinants en France si l’on compare à il y a 10 ans. Cela ne peut pas durer car ce modèle est trop fragile et beaucoup sont en difficulté.

L’évolution de la programmation viendra par le développement de format concept, un retour vers l’esprit de la fête. Récemment on est allé créer un format club queer qui s’appelle Iridescence avec le collectif Maison Éclose, un collectif de créatures queen sur Bordeaux. Ce format queer inclusif donnera la parole à des icônes gay avec qui on revisite le club, avec une scénographie dédiée. On a aussi il y a peu lancé le format « Icône » en décalage horaires. C’est un club avec des artistes iconiques, qui parlent à plusieurs générations, notamment celle qui sortait avant et qui ne sort plus trop aujourd’hui… Ça peut être la programmation d’artistes de légende comme Carl Craig, Laurent Garnier ou Michael Mayer, qu’on programme le vendredi dès 22h00… L’artiste joue tôt et on assiste à un vrai mélange générationnel des publics qui n’est pas la spécificité des clubs en France. L’entrée est d’ailleurs gratuite pour les plus de 40 ans. On réfléchit aussi à des formats d’ouverture du dimanche comme a pu faire Concrete (club parisien ayant récemment dû fermer ses portes, ndlr) par exemple, sans passer par la case after car on reste un lieu pluridisciplinaire.

Y-a-t-il des artistes que tu as en vue et que tu souhaites programmer dans les prochains mois à l’Iboat ?

On a très envie que Red Axes reviennent… J’ai aussi très hâte de voir Emma DJ, CEM. DK avec Zaltan en back-to-back. C’était un des temps forts du Lente Kabinet (le petit festival de Dekmantel) … Il y aussi Ouai Stéphane que j’ai trop envie de voir, c’est assez intriguant. C’est la future sensation de l’année prochaine je pense.

En 2019, il y a une date qui t’a particulièrement marqué au bateau ?

Le Dekmantel Soundystem en all night long ! Thomas, du duo, n’avait pas pu venir. Du coup Casper Tiejrol, a fait 6 heures de set seul et a complètement retourné l’Iboat jusqu’à 6h30 ou 7h00 du matin… Octo Octa et Eris Drew aussi qui sont de purs dj’s techniquement. Stingray aussi, comme d’hab ! Djedjo aussi qui a fait son nouveau live EBM. Omar S qui a toujours des plaques de malade. Pour la petite histoire avec Omar S : il n’avait jamais joué au bateau… Il était venu au festival Hors Bord que j’organisais. On avait essayé par tous les moyens de le faire mixer sur l’Iboat mais il ne voulait pas, parce que c’était un bateau ! Il a une phobie des bateaux… On a finalement réussi à le faire venir mais, 5 minutes avant de jouer, on est descendu dans la cale, il ne se sentait pas très bien, je pensais qu’il n’allait jamais jouer, j’ai vraiment flippé. Finalement je suis resté avec lui, ça s’est très bien passé, il a fait un set de malade… !

Festival Hors Bord, édition hiver : retour d’un poids lourd

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE

L’un des plus gros festival des cultures électroniques de Bordeaux revient pour sa troisième année, cette fois-ci dans une édition hiver au Rocher de Palmer de Cenon. Une longue partie jour et une nuit s’annoncent donc pour le 3 novembre prochain. L’occasion d’y annoncer, de plus, le retour d’une édition été pour l’année prochaine.
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Un retour attendu

Nombreux ont du être dans l’impatience de revivre une troisième année d’affilée sur les Bassins à flot, tapant du pied ou se trémoussant cheveux aux vents, bière à la main, l’été pointant le bout de son nez. Mais suite à deux belles années fortes de rebondissements (notamment une météo plus que capricieuse) le festival Hors Bord n’est pas revenu au mois de mai, comme nous l’attendions. On se souvient pourtant d’une programmation coup de poing, soignée et variée, mêlant techno, house, pop et même hip-hop, le tout sur un vaste dancefloor à l’air libre ; celui des Bassins à flot, la vieille grue Wellman veillant sur les milliers de festivaliers.

Le spot du Hors Bord des deux éditions précédentes

Pantha du Prince, Omar-s, Floating Points, Agar Agar, Leon Vynehall, Paradis, Sunns, Romeo Elvis, Dj Koze, L’Orangeade ou encore Bonnie Banane : force est de constater qu’il fût rare de voir une telle programmation pour un festival dans Bordeaux. En alliant des groupes et collectifs locaux avec des pointures nationales et internationales, le festival s’est paré d’une étiquette de qualité. Le b2b entre MCDE et Antal (le boss de Rush Hour records) donnait des allures de Dekmantel Festival à notre belle endormie.

Le Rocher comme nouveau terrain de jeu

Qui dit édition Hiver, dit montagne ? Alors ce sera donc le Rocher comme dancefloor de ce retour inattendu. Une partie journée et une partie nuit qui s’étendront de 18h00 à 5h00 du mat’ (de quoi quand même faire appel à quelques irréductibles endurants de la teuf) avec un line up surprenant encore par sa diversité avec pour la partie JOUR…
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Agar Agar, french pop heroes

Une partie journée aux couleurs locales et pop indé

Le duo français Agar Agarqui reviendra à Bordeaux pour la seule et unique date de leur nouvel album The Dog And The Futur, toujours produit par le label parisien Cracki Records. Miel de Montagne avec son incontournable titre « Pourquoi pas » viendra bercer les festivaliers de sa dream pop kitsch et soyeuse, et proposer quelques nouveautés de son premier album qui arrive à grands pas… Notre local Th Da Freak et sa pop/rock indé survitaminée reviendra après avoir pas mal tourné ces derniers mois. Ce sera ensuite au tour de Picaszo (encore une pépite du coin), qui sortira encore de son chapeau un bon mix bien chaloupé, comme il en a l’habitude.

Et bien entendu le reste de la programmation s’annonce plutôt lourd, avec une surprise de taille pour la partie NUIT…

Légende de Détroit, techno & talents français en soirée

La nuit du Hors Bord verra la venue exceptionnelle après 7 ans d’absence du maître Derrick May, légende que l’on ne présente plus. A 55 ans le Dj de Détroit compte des centaines de productions derrière lui. Il est considéré comme le porte étendard de la techno et force le respect. On ne peut qu’être excité à l’idée de taper du pied sur les kicks qui nous feront remonter presque un demi siècle en arrière, à l’époque où naissaient les mouvements house et techno.

Pour continuer la soirée en beauté, ça sera la présence de deux français bien habitués des clubs et qui ont déjà une notoriété affirmée, Low Jack et Bambounou. De leur passage au Berghain à leurs dernières productions incisives, il y a de quoi s’attendre à une techno fraîche, novatrice et expérimentale. Déjà produit sur le même label que Nina kraviz, c’est Bjarki nous fera l’honneur de sa présence, et ça risque de faire trembler le Rocher. A l’écoute de « Oli Gumm » ou « I Wanna Go Bang », l’islandais va nous tirailler entre techno puissante, industrielle et sombre, voir jusqu’à la trance.

  • L’événement Facebook c’est .
  • Des places sont à gagner sur notre page Facebook, et pour chopper vos billets ça se passe ici.

 

2.5.0.0
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Festival Hors Bord : une deuxième édition très prometteuse

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Fort du succès de sa première édition, le Hors Bord revient avec une volonté de s’affirmer comme un festival de proximité au service de la culture électronique. L’année dernière, 12000 personnes sur 3 journées et 2 nuits foulaient le festival malgré la météo capricieuse. L’engouement de la première édition était cependant au rendez-vous, la tempête n’a pu résisté aux nombreux visiteurs. Jouissant de la nouvelle dynamique qui anime les Bassins à Flot, le festival prend son envol dans cette ancienne zone industrielle et prouve que Bordeaux est une ville qui compte dans le paysage culturel électronique français.

Crédit photos : Janeb
Nicolas Duffaure Photographies 

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D’emblée, on remarque une volonté de la part des organisateurs (l’Iboat, Amical Music et Trafic) la volonté de mettre en avant le quartier dans lequel évolue à l’année l’Iboat, et plus généralement la ville de Bordeaux. Cette année, le Hors Bord double sa superficie, laissant ainsi place à deux scènes aux programmations différentes, séparées par un village agrandit également. Ce village se définit comme une passerelle, un entre-deux dans lequel les visiteurs pourront ainsi apprécier des moments de découvertes, de repos et de tendresse en faisant face à l’art, la culture et les douceur d’Épicure.

Nicolas Duffaure Photographies

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Pour cette seconde édition, le festival Hors Bord se revêtira d’une programmation jour et une programmation nuit. Pour ce qui est de la partie diurne, un très beau programme est annoncé. La scène Wellman et la scène Baccala accueilleront des projets à l’esthétique électronique et aux frontières des styles. Pour la soirée gratuite du jeudi, aux côtés du chevelu Buvette et du lyonnais Kosme, on retrouvera Death In Vegas. Le groupe viendra présenter un nouveau projet aux notes plus électroniques. Celui-ci sortira tout droit de résidence, c’est une exclusivité à ne pas louper.

Le vendredi, un set à 4 mains entre Motor City Drum Ensemble et Antal, le boss du label Rush Hour est prévu. On flaire un set hybride, méchamment house et teinté de plein de sonorités ensoleillées. Seront aussi au rendez-vous, les garçons d’Isaac Delusion, qui viendront présenter leur dernier album Rust & Gold, ainsi qu’un live de Black Devil Disco Club. Pour les amateurs de trance expérimentale, le producteur italien Lorenzo Senni vous régalera depuis la scène Baccala.

Le samedi ne perd rien en qualité. La dalle du Pertuis sera foulée, entre autre, par Dj Koze ou bien par les canadiens du groupe SUUNS. Notons aussi que, pour la première fois, Omar-S viendra poser le pied à Bordeaux. Fort représentant de Détroit, sa venue nous promet un flot de deep-house à la fois rugueuse et mélodique. La partie nocturne, qui se déroulera principalement à l’Iboat (mais pas que) n’est pas en reste et risque de mettre à rude épreuve votre endurance. Il y aura un back-to-back entre Mad Rey et Mézigue qui s’annonce mémorable pour la nuit du jeudi. Le vendredi c’est Beatrice Dillon et Objekt qui prendront le relais. Et pour clôturer tout ça, les festivaliers se verront frappés par ce que nous appellerons « le dilemme de la nuit du samedi ». Car oui, la dernière nuit de Hors Bord se verra séparée en deux soirées distinctes. La nuit 1 se déroulera à l’Iboat et la seconde dans un lieu encore non dévoilé. Il faudra donc faire son choix entre Chaos In The CBS, Boo Williams et le crew de L’Orangeade d’un côté, et de l’autre Polar Inertia (qui présentera un live avec un mapping vidéo à 360°), Abdulla Rashim, Bambounou et Renart. On vous laisse méditer pour faire votre choix.

En tout cas, ce sont trois jours et trois nuits intenses qui nous attendent pour cette fin de mai. Chez le Type on commence déjà à compter les jours.

Retrouvez la programmation complète du festival juste ici :

HORS BORD

Écrit avec la complicité de Chloé Gingast.

2/2 – Hors Bord Festival 2016 : live report dimanche

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

La première édition du festival Hors Bord s’est déroulée du vendredi 20 au dimanche 22 mai dernier. Organisé par l’IBoat, Amical Music Production et l’association Trafic, l’événement a été tributaire d’une météo capricieuse, poussant ses organisateurs à s’adapter tout au long du weekend. Retour sur la journée du dimanche, durant laquelle le Type s’est dédoublé histoire d’avoir une vision à 360° des festivités.

Report du samedi ici.

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  • Le Type

Dimanche midi, le réveil se fait en douceur. Le OFF avec Mall Graab de la vieille résonne encore un peu dans la tête du Type . Mais pas de répit il faut être en forme pour cette ultime journée qui vient clôturer ce (pluvieux) weekend de mai dédié aux cultures électroniques. Trois tasses de café et un pad thaï seront nécessaires pour se remettre en jambe. Et il n’y a pas que nos encéphales qui ont pris un coup dur en ce samedi soir, le site du festival fût assez malmené aussi. Les dégâts causés par les rafales de vent et le mauvais temps sont bien là. Les installations sont endommagées et la scène Bacala ne sera pas ouverte aujourd’hui. Mais les organisateurs, jamais à court d’idée et toujours prêts à rebondir décident de créer la scène « canot de sauvetage » qui accueille donc Paradis pour un DJ set et Awesome Tapes From Africa pour un super set entièrement sur cassettes et rempli de sonorités africaines. Jeremy Underground prend le relais et fait son entrée sur la scène Wellman. La pluie reprend de plus belle mais l’ambiance est magique. De la house résonne sur la dalle du Pertuis, les festivaliers dansent et des sourires se lisent sur beaucoup de visages. Malheureusement, la pluie aura toujours le dernier mot et le site doit de nouveau fermer. Sur les coups de 18 heures, les organisateurs annoncent le rapatriement à l’IBoat. Jeremy Underground, imperturbable, reprend son set de plus bel à l’intérieur du bateau. Cinq minutes dans la cale auront suffi pour déshydrater l’organisme du Type  tellement les corps transpirent. Elle remonte donc sur le ponton supérieur, lui aussi bien bondé. Petit à petit, la cale redevient un peu plus praticable et c’est le moment de retourner voir Jeremy Underground, qui en est déjà à la moitié de son set. C’est une fin impeccable qu’il nous fait. Appliqué derrière ses platines, on ne l’arrête plus. Il enchaîne les vinyles pour notre plus grand groove. Étrangement on commence à avoir un semblant de place pour danser. On se redirige vers la lumière du jour et là c’est la folie. L’Orangeade est en train d’enflammer le ponton inférieur. Dans la cale c’est le duo Agar Agar, qui prend la suite. Et puis on pensait que le paquebot fermerait ses portes à minuit, après Max Graef, qui passa de vraies pépites lors de son set. Et bien non, à partir de minuit, c’est la team du festival Baleapop qui prend les commandes et qui emmène les festivaliers survivants jusqu’au milieu de la nuit. Ce qui est sûr, c’est que cette première édition du festival Hors Bord restera encrée dans les carnets de bords et qu’on attend avec impatience une seconde édition !

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De la pluie et du soleil pour le set d’Awesome Tapes From Africa
  • Le Type

On va pas se mentir, le réveil du dimanche fut relativement difficile. C’est pourtant avec la curiosité d’un gamin qui découvre le matin de Noël si ses cadeaux ont bien atterri sous le sapin qu’on se précipite dès le levé à la fenêtre pour checker les conditions météorologiques de la journée… Pluie éparse, ciel gris : mère-nature fait toujours des siennes, même si on ressent une légère accalmie par rapport à la veille. Un rapide coup d’œil sur les réseaux sociaux s’impose histoire de vérifier que la programmation est belle et bien maintenue… Vers midi, l’équipe du Hors Bord lâche donc les dernières nouvelles en indiquant que le site sera ouvert mais que des mesures ont été prises afin d’assurer la sécurité du public (scène improvisée au niveau du sol, sous une tente). Muni d’un k-way et d’une bonne dose de motiv, on se chauffe donc pour cette dernière journée très prometteuse : Paradis, Awesome Tapes From Africa, Jeremy Underground, Max Graef… Un plateau très alléchant contre lequel un peu de pluie ne saurait faire sa loi. Au calme, l’après-midi s’entame avec le duo Paradis. Puis ce sera au tour des cassettes glanées entre le Ghana, le Bénin, le Maghreb ou l’Afrique du Sud par Brian Shimkovitz aka Awesome Tapes from Africa de prendre les commandes, pour l’un des moments forts du festival. Invoquant les dieux du ciel, l’américain verra son set fluctuer entre la pluie et le soleil, face à un public très réceptif et dansant sous les arcs-en-ciel. Au moment où Jeremy Underground prend la suite, les caprices de la météo forceront les organisateurs à inviter le public à se rendre à l’IBoat pour un closing au poil, entre les locaux de L’Orangeade déchaînés sur la terrasse qui enchaineront les galettes groovy et le punch de Jeremy Underground dans la cale, qui sera suivi du jeune prodige Max Graef. Une première édition qui restera dans nos souvenirs malgré de difficiles conditions… A l’année prochaine Hors Bord !

1/2 – Hors Bord Festival 2016 : live report samedi

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

La première édition du festival Hors Bord s’est déroulée du vendredi 20 au dimanche 22 mai dernier. Organisé par l’IBoat, Amical Music Production et l’association Trafic, l’événement a été tributaire d’une météo capricieuse, poussant ses organisateurs à s’adapter. Retour sur un weekend fort, durant lequel le Type s’est dédoublé histoire d’avoir une vision à 360° des festivités.

Crédits photos : Janeb

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  • Le Type

Après une soirée d’ouverture sans aucune fausse note, Le Type ♀ reprend son sac à dos et c’est parti : elle est de retour sur la dalle du Pertuis pour le premier jour du festival Hors Bord ; prête à en découdre avec une programmation qui regroupe entre autre, des noms comme Leon Vynehall, Mad Rey, Pantha Du Prince ou bien Sacha Mambo. Le site du festival baigne sous un soleil qui fait se dénuder les bras et les jambes des festivaliers. La grue Wellman, du haut de son armature de fer veille et la scénographie de CHARL et JUST apporte des touches colorées qui viennent se confondre à un espace à l’esthétique portuaire. Le tout marche très bien et il est temps d’aller s’échauffer devant le live de Syracuse qui a déjà débuté. Petit à petit la dalle du Pertuis se remplie. Le Type ♀ délaisse la grande scène pour aller faire un tour du côté du village qui rassemble des créateurs en tout genre. Un stand lui fait de l’œil, celui d’une charmante demoiselle aux doigts de fée : le bar à tresses de Nina. Une natte et un passage au vrai bar plus tard, c’est Leon Vynehall qui prend le contrôle des platines de la grande scène. Ni une, ni deux, direction le premier rang. Tout de suite il embarque le public dans un tourbillon house. Son set est varié et terriblement efficace, ce qui nous fait oublier que le soleil a laissé place aux nuages. Mais il est temps d’aller passé le nez du côté de la deuxième scène, qui accueille le collectif TPLT pour une carte blanche. A ce moment-là, c’est au tour de D.K de faire groover la foule, ce qui ne nous fait regretter en rien d’être passé voir la scène Bacala. Les nuages deviennent de plus en plus sombres, c’est le moment de revêtir le k-way-de-festival et de remettre le cap vers la grande scène. Malgré la pluie, l’énergie reste excellente. C’était sans compter sur le côté rabat joie de mère nature qui déchaîna les éléments en début de soirée… Maintenant, ce n’est plus l’histoire de quelques gouttes de pluie : les rafales de vent s’invitent au Hors Bord. Le site du festival doit fermer. Le Type ♀ trouve refuge à l’IBoat, où une marée humaine déferle et engloutie la cale et les pontons. On ne peut que saluer la capacité d’adaptation et l’aptitude des organisateurs à réagir vite et bien face à ces événements imprévisibles. Hors de question de s’avouer vaincu, Session Victim et Pantha du Prince se produisent quand même dans la cale de l’IBoat. Pendant que Mad Rey et Leon Vynehall font danser le Bang Bang. Pour Le Type ♀, la nuit se termine au Void pour la soirée OFF concoctée par le collectif Crème Fraîche qui fait venir l’australien Mall Grab pour l’occasion. La soirée est vite sold out, vers 00:45 les entrées ne sont plus possibles. Un set de Mall Grab, c’est la promesse d’une musique « doucement céleste » et « méchamment perchée », et le contrat fût respecté à la lettre. L’australien fît s’abattre un déluge de pépites house, qui en régala plus d’un. Maintenant direction le nid afin de prendre des forces pour le deuxième jour qui débute dans une poignée d’heures. Une pinte d’eau et un dernier check de la météo du dimanche avant de s’endormir : on croise les doigts pour que le temps soit un peu plus clément…

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Capitaine Leon Vynehall aux commandes, avant la tempête.
  • Le Type

Si comme pas mal de bordelais le Type écume régulièrement l’IBoat, il doit avouer qu’il n’a jamais pris la peine de s’aventurer un peu plus loin que le n°1 quai Armand Lalande pour découvrir le spot déniché par les organisateurs du Hors Bord à l’occasion de la tenue de cette première édition du festival. C’est donc avec un malin plaisir qu’on pénètre sur ce site à l’esthétique portuaire post-industrielle, au pied de la majestueuse grue Wellman. La programmation du samedi était alléchante, avec deux scènes : la première, Bacala, était investie pour la journée par le collectif TPLT, qui avait une carte blanche pour convier plusieurs artistes : Sacha Mambo, Vadim Svoboda, D.K. et Raphael Fragil. Après un rapide coup d’oreille au riche set du lyonnais boss de Macadam Mambo, direction la grande scène où la valeur sûre locale Leroy Washington se charge de chauffer le public bien comme il faut. Il fait chaud, on commande des bières à coup de token et la journée se profile à merveille. Alors que pas mal de monde est reparti du côté de Bacala à la fin du set de Leroy, le duo Syracuse entame son live ravageur devant un dancefloor quasi-vide… Qui se remplit en quelques minutes et qui finit par mettre tout le monde d’accord par l’énergie communiquée par Isabelle et Antoine. Suivra sur la grande scène un set impeccable naviguant entre deep et groove de l’anglais Leon Vynehall qui voit alors approcher dangereusement des nuages menaçants, qui auront finalement raison de cette journée du samedi. A plus de 60 km/h, les organisateurs sont tenus de fermer le site, et annoncent que c’est à l’IBoat que se poursuivront les festivités. Pris d’assaut, le bateau est vide rempli. Les organisateurs s’efforcent de maintenir au mieux la programmation, avec le live tapageur de Session Victim et celui de Pantha du Prince. Situé à quelques mètres de l’IBoat, le club Bang Bang  sera également réquisitionné afin d’assurer le live de Mad Rey. On salue ces efforts et la capacité d’adaptation dont a su faire preuve l’équipe du Hors Bord. La journée se terminera au Bang Bang où Dan Shake et Laroze nous régale de galettes discos, house, acid ou funk 6 heures durant : un OFF au top qu’on quitte au petit matin et après lequel une petite prière pour invoquer les dieux du ciel et de la pluie s’impose puisqu’on mise beaucoup sur Awesome Tapes from Africa, Jeremy Underground et le live de Max Graef pour le lendemain !

2×1 pass : Hors Bord Festival @ Bordeaux 20, 21, 22 mai

dans DIVAGATIONS LOCALES

On t’en parlait il y a peu ; un nouveau festival débarque à Bordeaux dans quelques semaines. Nouveau rendez-vous des cultures électroniques, l’événement est porté par l’IBoat, l’association Trafic et Amical Music Production. Pour cette première édition, qui se tiendra du vendredi 20 au dimanche 22 mai, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands, en convoquant une tripotée d’artistes venus des 4 coins du globe, formant une programmation très alléchante sur l’ensemble du weekend, et ce pour tous les goûts. Des sonorités africaines du new-yorkais Awesome Tapes from Africa, en passant par les expérimentations psychées du germain Pantha du Prince, par la deep envoutante de l’australien Mall Grab, par la house percutante du frenchie Jeremy Underground ou par les geekeries du néerlandais Legowelt voire la musique analogique du hongrois Route 8 ; c’est un beau panorama de ce qui se fait de mieux dans la sphère des musiques électroniques mondiale qui sera présenté au public bordelais (et au-delà) en ce mois de mai (retrouvez l’ensemble de la programmation ici). Prenant place dans le quartier bordelais en pleine mutation des Bassins à Flot, au pied de la grue Wellman dans une esthétique industrielle séduisante, les ON seront suivis de OFF qui investiront eux l’ensemble de la ville, du VOID à l’IBoat jusqu’au Bang Bang. Soutenu par la ville de Bordeaux, le Hors Bord festival témoigne – avec d’autres initiatives qui émaillent le territoire depuis quelques années – d’un certain dynamisme et d’un engouement dans la ville pour les musiques électroniques, reléguant définitivement l’expression de  « belle endormie » aux oubliettes. Et pour ce weekend qui s’annonce somme toute très réjouissant, le Type te propose de remporter deux pass.

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▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

Evènement Facebook

 Pour gagner ton pass pour le festival ; like la fanpage et like le post concernant le jeu concours ou envoie un mail à
contact@letype.fr en objet « HBF BDX 2016 »
(Nom + Prénom + email)

Fin du concours vendredi 13 mai à 13h00 !

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En prime, une playlist concoctée pour l’occasion qui présente l’ensemble des artistes présents lors du Hors Bord :

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