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Fabrique Pola

Carnaval des 2 rives 2020, tout va déborder en 3D !

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Le « Carnaval Englouti » signe le dernier volet de la trilogie orchestrée par l’artiste et graphiste bordelais Guillaumit. Du 14 février au 8 mars 2020, des créatures marines prendront vie grâce à une large programmation d’ateliers, de concerts ou encore une exposition. Cette édition 2020 se conclura par l’éternel défilé entre les deux rives, le 8 mars.

Crédits visuels : Carnaval des deux rives, Guillaumit

Départ : rive droite !

Les festivités seront lancées dès 18h, le vendredi 14 février, entre les murs de la Fabrique Pola. Le vernissage de l’exposition de l’artiste Guillaumit permettra de s’immerger pleinement dans le thème, mais ce n’est pas tout. Il est temps de préparer son costume et s’échauffer pour emboîter le pas aux deux compagnies de danse (Cie Lullaby et Compagnie Hors Série – Hamid Ben Mahi), au rythme endiablé de la batucada Tukafac. La team du Bordeaux Open Air sera aussi de la partie et mijote pour l’occasion un Dj set spécial « cocktail de soleil en hiver et pépites sonores ».

L’entrée sera gratuite. Pour les adeptes du sucré-salé, un bar ainsi qu’une restauration sur place seront prévus. Ceux qui auront raté le départ ne seront pas lésés, l’exposition sera visible jusqu’au 8 mars. L’occasion de découvrir les œuvres de plus de 20 artistes modélisées par les talents graphiques de Guillaumit Mit, inscrivant de plus belle cette nouvelle édition dans l’ère du numérique. En effet, l’application « Carnaval Augmenté » permet d’animer, les symboles « + » présents sur les costumes, chars, affiches…

Comme un poisson dans l’eau

En amont de la grande parade, l’équipe du Carnaval initie des élèves bordelais à l’ère du numérique grâce aux outils numériques, à diverses techniques plastiques pour la création des masques, aux codages de jeux vidéo… Différents ateliers seront proposés pour que chacun prenne part à la parade, en créant ses propres accessoires, en dansant ou en jouant de la musique. Pour cela, le Carnaval des deux rives s’est associé au Rocher de Palmer (Musiques de Nuit) et à la Rock School Barbey (Parallèles Attitudes Diffusion).

Du lundi 2 au vendredi 6 mars, des ateliers de créations de chorégraphies seront proposés par la Cie-Lullaby (danse contemporaine) et un workshop avec la Cie-Hors Série (hip-hop). La Rock School Barbey organisera en parallèle, les 3,4, et 5 mars, des ateliers de percussions pour les jeunes dès 14 ans et les grands enfants, afin de rythmer le défilé du Carnaval avec la batucada. Le masque aquatique, accessoire indispensable de la parade pourra être créé à Cap Sciences (du 2 au 6 mars) ou avec les Centres d’Animations de Bordeaux (durant les vacances de février). Du 25 au 28 février, le Gregaldur, proposera plusieurs concerts dans différentes villes bordelaises (Rockschool Barbey, Ambarès et Lagrave, Floirac ou encore Lormont).

La grande parade

Le 8 mars, la grande parade commencera à 14h00 aux Allées de Serr près du Megarama (Rive droite). Puis elle traversera la Garonne sur le Pont de Pierre pour atteindre son but, le Village Carnaval installé Place Pey-Berland. Elle rejoindra donc le Cours Victor Hugo, le Musée d’Aquitaine pour enfin se poser devant l’Hôtel de Ville, à partir de 16h00.

  • Pour réserver un atelier ou en savoir plus sur le Carnaval Englouti, c’est ici

Le FIFIB, une huitième édition prometteuse

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Comme chaque année depuis sept ans, se déroule le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, dit FIFIB. Cette huitième édition ne déroge pas aux règles ; du 15 au 21 octobre, vous pourrez assister à un spectacle cinématographique à travers Bordeaux.
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Le FIFIB, c’est quoi ?

Depuis 2012, le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, présidé par Pauline Reiffers (directrice de production) et Johanna Caraire (directrice artistique) se déroule dans la métropole bordelaise. Ce festival est l’occasion de défendre le cinéma indépendant mondial en rendant compte de toutes les formes d’indépendance : d’esprit, de liberté de création et d’innovation. Outre la projection de longs et courts-métrages, le FIFIB proposera en partie cette année encore, des ateliers d’écriture poétique et d’habillage graphique, d’analyse filmique et des rencontres autour des festivals en Nouvelle-Aquitaine, de coproduction ou encore de création musicale et cinéma.

Clairement installé dans le parcours des festivals nationaux et internationaux, 77 films seront projetés à travers dix lieux, dont 36 en compétition officielle. Des lieux fidèles au projet qui permettent de visionner dans les meilleures conditions le choix artistique sont proposés comme :

  • Village Mably
  • Cinéma Utopia
  • CGR Le Français
  • UGC Ciné Cité
  • Station Ausone (Mollat)
  • Fabrique Pola
  • MÉCA
  • Base sous-marine
  • Bibliothèque Mériadeck

Quelques nouveautés

Pour cette huitième édition, la programmation du FIFIB est assurée par deux nouveaux membres, Edouard Waintrop (directeur de programmation) et Natacha Seweryn (directrice de programmation). Nouveauté encore du côté du dispositif du pavillon des réalités virtuelles qui se déroulera à la Fabrique Pola. Ce dispositif s’intéresse aux œuvres immersives en proposant au public la projection de films en réalités virtuelles. Le ton est donné dès l’entrée avec l’aménagement de ce pavillon en un tunnel organique et sinueux assuré par l’association Bruit du Frigo.

Un festival soutenu par des personnalités

Si cette édition « ne répond à aucun thème, elle compte autant de solitudes que d’amants, autant de peurs que d’espoirs » nous livre les fondatrices de ce festival.

Tout comme les années précédentes, le FIFIB convie un jury et des invités de renommé ; Nathalie Baye, Julie Depardieu, Oxmo Puccino, Kleber Mendonça Filho en sont le parfait exemple. Cette année, le jury est composé de Zal Batmanglij, réalisateur et scénariste de la série à succès Netflix, The OA, Félix Maritaud, connu pour son rôle poignant dans le long-métrage 120 battements par minute ou encore l’actrice et réalisatrice, Sara Forestier. Jean-Bernard Marlin, réalisateur de son premier long-métrage Shéhérazade, Monia Chokri, Roxane Mesquida et Zahia Dehar seront eux aussi présents.

Quant aux nuits FIFIB, elles se dérouleront tous les soirs dans la Cour Mably où des projections, des concerts à la programmation musicale indépendante et une exposition de Charles Burns formeront le point névralgique de ce festival.

Le WAC, à l’assaut de l’art contemporain

dans ANNONCES/ART ET CRÉATION/ÉVÉNEMENTS

Du 5 au 7 juillet, la deuxième édition du Week-end de l’Art Contemporain se déploiera dans tout Bordeaux, et célébrera une multitude d’artistes et de lieux de la ville. À l’origine du projet, Bordeaux Art Contemporain, véritable plateforme de valorisation de la scène artistique locale.

Crédit photo : Continuum, Julie Chaffort

Aux manettes du WAC : Bordeaux Art Contemporain

Ville au patrimoine artistique important et imposant, Bordeaux peut aussi se targuer de compter en son sein un grand nombre de structures œuvrant dans le champ de l’art contemporains. Les musées, galeries et autres lieux sont nombreux, offrant aux artistes de multiples espaces de diffusion. Malgré tout, il manquait un lien entre l’ensemble de ces acteurs. Partant de ce constat, Bordeaux Art Contemporain est né en 2017. Plateforme « d’échanges, de coopération, de mutualisation et d’entraide entre ses membres », B.A.C s’envisage comme un véritable outil au service des artistes, des lieux, des professionnels, des collectionneurs ou même du grand public afin d’encourager la promotion de l’art contemporain. De cette façon, la structure « participe au rayonnement de l’actualité artistique du territoire, présente la vitalité et la richesse de la scène locale, et sensibilise les publics locaux et de passage à l’art contemporain ».

L’organisation d’événements fait également partie des missions de la plateforme afin de mettre en avant certains artistes et matérialiser le lien qui unit l’ensemble des organisations impliquées. Depuis 2018, B.A.C est ainsi à l’initiative du WAC, le week-end d’Art Contemporain. Celui-ci rassemble l’ensemble des lieux artistiques de la ville qui œuvrent, le temps d’un week-end, à la promotion d’artistes locaux et d’au-delà. Forte du succès d’une première édition réussie, B.A.C rempile une deuxième fois, avec un événement plus long et conséquent.

Le WAC, deuxième édition ambitieuse

Plus de 150 artistes, des parcours créatifs et une quarantaine de lieux à (re)découvrir

Du 5 au 7 juillet, ce mini-festival prendra place dans le cadre de la saison culturelle « Liberté ! Bordeaux 2019 » et de la huitième édition l’Été métropolitain. À cette occasion, les 37 lieux du réseau (du CAPC au 5UN7 en passant par la Fabrique Pola, la Galerie MLS, l’Espace 29, Zébra3 et bien d’autres…) seront ouverts au public gratuitement ! L’occasion de (re)découvrir ces lieux artistiques sous un autre visage et d’explorer l’univers des artistes qui y seront exposés. Au total, ce sont pas moins de 150 d’entre eux qui seront mis en lumière, de la région et du monde entier. Des parcours créatifs sont également mis en place et proposeront « une approche singulière de la scène artistique bordelaise ». Une soirée d’inauguration à l’Iboat le jeudi 4 juillet verra aussi le jour avec dj set, vidéos et performances.

L’hypertourisme d’Emma Cozzani

Parmi les diverses propositions artistiques, les parcours créatifs font office d’expérimentation particulièrement intéressantes. On y retrouve par exemple un générateur de dérives, monté par Émilie Gauvin. À travers une longue-vue installée Place du Palais, il s’agit de se laisser aller à une « observation urbaine virtuelle ». Le petit WAC d’Elora Jolis et Caroline Godon se composera lui d’une visite à pied destinée aux enfants qui pourront profiter de la visite de 5 lieux. L’occasion d’envisager l’art contemporain sous un autre jour, en famille ! La poétesse et street-artiste Nathalie Man fera elle découvrir les parcours de 6 artistes femme à travers des « poèmes de rue » ou des visites accompagnées. Une session d’« hypertourisme » sera également proposée par Emma Cozzani, entre sport et performance collaborative ! Elle s’inscrit dans une réflexion « autour de la place du corps et de celle de l’hyper-connectivité ». Les secrets du milieu de l’art contemporain seront dévoilés par Fausto Mata et Véronique Bevillaqua, tandis qu’Ola Radio proposera un parcours sonore pour envisager l’art contemporain sous un angle musical.
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La Fabrique Pola : amarrage en trois manœuvres

dans ANNONCES/ART ET CRÉATION/ÉVÉNEMENTS

Après s’être construite au fil des lieux et des quartiers de l’agglomération bordelaise qu’elle a traversés depuis les années 2000, la Fabrique Pola jette l’ancre sur la rive droite de Bordeaux, en bord de Garonne. De la fête de fin de chantier à l’inauguration officielle, en passant par les activations artistiques, cap sur les rendez-vous des manœuvres à venir. 

La Fabrique Pola, c’est quoi ?

Lieu inédit de coopération(s) au service des artistes-auteurs et des acteurs culturels de la filière des arts visuels, la Fabrique Pola s’amarre dans 4000m2 d’entrepôts réhabilités par La Nouvelle Agence architectes, quai de Brazza, à deux pas du pont Chaban. Cohabitent studios d’artistes, bureaux, ateliers de production, espaces d’expositions, de projections, salles de formation et d’expérimentations collectives.

Trois manœuvres à venir pour la Fabrique Pola

La première se déroulera le samedi 4 mai de 15h00 à minuit avec, au programme, des visites guidées immersives et décalées dans les nouveaux espaces de la Fabrique, des ateliers de sérigraphie et culinaires en famille où karaoké et dancefloor seront de la partie.

Deuxième manœuvre ; de mai à juillet, la Fabrique Pola nous prépare plusieurs événements.

  • À commencer par l’exposition Alligator Wine de Bettina Samson organisée par Zébra 3, dans le cadre de la commande artistique Garonne Bordeaux Métropole qui se déroulera du 16.05 au 16.06.
  • En parallèle, une conférence des Frères Chapuisat et la présentation du livre Les Refuges Périurbains se tiendront le vendredi 14.06 à 19:00 dans le cadre du projet par Bruit du frigo et Zébra 3.
  • Une saison culturelle 2019 placée sous le signe de la Liberté conduit à l’événement d’un laboratoire artistique, vivant et éphémère du 29.06 au 14.07. Un vernissage se tiendra le 29.06 dès 19:00 pour ouvrir cet événement.
  • Une exposition de Laure Subreville se chevauche du 02.07 au 21.07.
  • Trois événements s’en suivent avec une kermesse le mercredi 03.07 de 16:00 à minuit où l’association Disparate organise des rencontres internationales de la micro-édition : fanzines et multiples.
  • Le samedi 06.07, lors des parcours du Week-end de l’Art Contemporain #2, des visites des studios d’artistes de la Fabrique Pola, et des expositions auront lieu.
  • Enfin, pour clôturer ces activations artistiques, la Fabrique Pola organise une projection le jeudi 18.07 à 22:00 en partenariat avec le FIFIB (Festival International du Film Indépendant de Bordeaux) ; cinéma en plein air.

Le vendredi 13 septembre est LA date à retenir puisque se tiendra l’inauguration officielle du lancement de saison.

Bien que la programmation complète soit dévoilée cet été, un aperçu de celle-ci nous donne déjà envie d’aller y faire un tour. Entre la performance The George Tremblay Show et la projection grand format par Olivier Crouzel, Pola veut nous impressionner. L’exposition Inculte Futur de Moolinex par Les Requins Marteaux et l’installation À vos commandes ! par Pointdefuite / Le bureau des médiateurs Nouveaux Commanditaires seront également au programme. Enfin, le lancement du 17ème Marathon Photo du Labo Photo Révélateur d’Images, la démonstration de la Polamobile et la soirée très dansante ne pourront que nous convaincre, que la Fabrique Pola, c’est avant tout, 19 associations-membres dédiées à la création contemporaine, à la production et à la diffusion artistique.

Entretien : Pierre Grangé-Praderas, école des Beaux Hacks

dans ANALYSES/ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

C’est au détour d’une newsletter de La Fabrique Pola, « lieu dédié à la création contemporaine, à la production et à la diffusion artistique », qu’on est tombé sur le nom d’une école qui nous a interpellé. Les Beaux Hacks. Quelques recherches internet plus tard et après lecture de quelques articles sur le sujet, une personnalité émerge : celle du directeur d’une institution pédagogique alternative fascinante sur le papier. En creusant un peu, on découvre les différentes activités de Pierre Grangé-Praderas, qualifié ici et là de hacker ou de crypto-marxiste… Pour comprendre un peu plus la démarche dans laquelle s’inscrit ce dernier, nous sommes allés à la rencontre d’un activiste du numérique local qui milite entre autre pour le partage des savoirs, la survie des abeilles, le rapprochement des artistes et des libristes ou encore contre la centralisation et la concentration des pouvoirs.   

Le Type : Bonjour Pierre. On lit pas mal de choses sur vous sur internet : artiste hacker, crypto-marxiste, Benevolent Dictator for Life… Comment peut-on vous présenter ?

Pierre Grangé-Praderas : Je m’appelle Pierre Grangé-Praderas, je suis artiste, « artiste-plasticien » plus précisément. Je travaille également au Fab Lab de l’Université de Bordeaux et je m’occupe aussi de l’OpenBeeLab pour lequel je suis Benevolent Dictator for Life (BDFL), c’est-à-dire « dictateur bienveillant à vie ». C’est un projet de ruches connectées : on fait des capteurs connectés pour aider les apiculteurs à récolter des données sur les abeilles. Je m’occupe aussi de l’école des Beaux Hacks où j’essaye de donner des ateliers pour aider les artistes à passer aux logiciels libres et à essayer de se faire une culture hacker.

Est-ce que vous pourriez nous donner votre définition du hacker ? Quel est son rôle dans la société ?

Je reprendrai la définition de Steven Levy dans son livre sorti en 1984, L’éthique des hackers. Le hacker est quelqu’un qui met tout en place pour le partage de la culture et de l’information. Ce sont des gens qui se battent pour la liberté du partage du savoir et des connaissances, et qui font du détournement. Ils utilisent des machines, des outils engagés, en prennent un bout, les découpent et les utilisent ailleurs pour des usages pour lesquels ils n’étaient pas prévus. C’est à rapprocher du « pirate ». Non pas au sens informatique mais du sens de pirate des mers. Ça tend vers des sociétés autogérées ; à un moment ils se rebellent, récupèrent un outil et avec font quelque chose qui leur semblent moins injuste. Contre les puissants, et contre la centralisation surtout. Ils sont en opposition avec à tout ce qui est centralisé, pour en faire profiter un maximum de gens.

Vous parlez de Steven Levy, mais y-a-t-il d’autres figures qui font partie de cet univers du « hacking » ? On est tombé notamment sur un certain manifeste de McKenzie War…

McKenzie Wark fait effectivement partie des références, comme temporary anonymous zone de Hakim Bey. Ce sont plutôt des références écrites. Il y a aussi des gens comme Aaron Swartz, quelqu’un qui a sacrifié sa vie. Vivre libre ou mourir. Un peu comme les pirates qui ne reconnaissent pas ce qu’ils font comme un crime. Pour eux, partager ou libérer des esclaves n’est pas un crime. Plutôt que d’aller en prison, Aaron a préféré mourir ; son seul crime ayant été d’aider au partage de la connaissance. Des gens comme McKenzie Wark sont plus dans la théorie et essayent de voir le rapport entre le marxisme et le mouvement des hackers. C’est une vision moins opérationnelle mais très intéressante. On peut lire les publications de McKenzie Wark régulièrement, c’est un universitaire, un écrivain. C’est pas tout à fait la même façon d’agir que celle d’Aaron Swartz… D’ailleurs il n’y a pas que Aaron ; Edward Snowden par exemple. Il y a des gens qui sont plus dans l’action, mais les deux sont nécessaires et importants. Hakim Bey aussi est une référence très importante.

Pierre Grangé-Praderas, directeur de l’école des Beaux Hacks

Pour revenir à vos actions au niveau local, vous avez mentionné les ruches du CAPC, pourriez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

J’ai été invité à poser des ruches sur le toit du CAPC avec l’OpenBeeLab, un groupe de bénévole qui développe des outils technologiques pour aider les apiculteurs et les scientifiques. C’était aussi pour développer le côté technique et créer les ruches connectées. On a en même temps pu développer des expériences artistiques : on a pu faire flûter les abeille, et aussi un concert avec un musicien qui fait de la musique électro-acoustique, François Dumeaux. On a aussi eu la chance d’enregistrer le chant des reines et pu entendre le bruit qu’elles font dans les ruches et en faire un concert.

Pouvez-vous nous présenter les Beaux Hack, cette école atypique dont vous êtes le directeur ?

On se réunit quand on peut. Là, par exemple ça fait deux mois qu’on a pas eu d’événements. On s’organise car nous n’avons pas de murs à nous. Par contre, on a un blog sur lequel on se retrouve où on publie des résultats de ce qu’on fait. On organise parfois des Instal Party, pour aider les artistes à passer à Linux et au logiciel libre, parfois on fait des cryptoparty pour aider à retrouver de la vie privée. Ça peut être aussi des ateliers-conférences, voire on se réunit pour faire des fanzines, pour publier ce qui nous intéresse. Le but est d’aider les artistes à se libérer, à passer aux logiciels libres et à comprendre les enjeux numériques qui arrivent pour eux et la société. D’un autre côté on prend des libristes et on aimerait les aider à produire de l’imaginaire. Ce sont ceux qui comprennent le code informatique, ce sont eux les lettrés du code informatique qui participent à la production de ces outils et qui sont du bien public. Ça va très loin, ce n’est pas que du code, ça peut aller jusqu’à la monnaie. Il y des monnaies libres, il y a du hardware libre aussi maintenant… Ça peut toucher absolument tous les secteurs de la société. Il y a aussi des expériences qui sont faites de démocratie.

Avec l’école il y a une vraie volonté de rapprocher cet univers libriste et des codeurs avec le milieu artistique ?

Oui, tout à fait. Je pense qu’ils ont beaucoup à partager sur un plan politique et sur le plan des enjeux, dans le rapport au pouvoir. L’artiste a tout intérêt à se tenir assez éloigné du pouvoir, de s’en méfier. Ce qui caractérise les pouvoirs c’est la concentration et la centralisation. Les lettrés du code comprennent ce qui est en train de se passer, et les artistes ont aussi intérêt à comprendre cela aussi, sans quoi ils deviendront aussi des bénévoles chez Google à force de n’utiliser que des outils Google. Ou des bénévoles de Facebook lorsqu’ils utilisent Facebook comme moyen de communication unique. Des esclaves d’Apple ou de Adobe car ils n’utilisent pas d’autres outils car ils ne savent pas les utiliser alors qu’il en existe des libres. Adobe peut choisir demain de ne plus faire fonctionner aucun logiciel pour lire ce qu’ils ont produit il y a dix ans. On a donc des problèmes de conservation d’un côté ; tout ce qu’on fait sur un logiciel propriétaire ; il n’y a pas de garantie de pérennité dessus. D’un point de vue de la production de l’imaginaire ; Facebook filtre ce qu’il te montre. Tout comme Google. Ils ont un effet catastrophique sur l’imaginaire collectif et ça ça intéresse les artistes au premier plan.

Comment intègre-t-on l’école des Beaux Hacks ?

Il suffit de venir aux événements. On s’inscrit sur la mailing list, on va sur le site, on se connecte à l’IRC. Le mieux est de s’inscrire à la mailing list ; on reçoit des news et on rejoint les événements, la participation est libre.

Est-ce que vous avez des « alliés » au niveau local, que ce soit des lieux avec qui vous êtes plus ou moins proche, des associations, votre réseau ?

On a un certain nombre d’amis au niveau local qui nous aident beaucoup, à commencer par Aquilenet, fournisseur d’accès à internet associatif de Bordeaux. Ensuite il y a la Fabrique Pola qui nous accueille souvent quand on a besoin de locaux. Il y a également un café qui nous accueille souvent pour faire des réunions ; le Roasted, cour de la Marne. On a aussi tous les amis libristes ; l’association Giroll. Ce sont des réseaux de libristes d’un côté, et des réseaux d’artiste de l’autre.

Étant dans ce combat, quelle est votre vision du pouvoir à Bordeaux, considérez-vous que c’est une ville centralisée ?

Je m’intéresse très peu à cette question ; c’est quelque chose sur un temps court. Je n’ai pas trop d’avis sur la politique à Bordeaux. Quand je parle de Politique, je parle de choses beaucoup plus généralistes, je ne suis pas beaucoup dans l’événement. Ça me convient mieux sur des temporalités plus longues ou sur des espaces plus importants. Parce que les problèmes qui m’intéressent, je n’ai pas forcément l’impression qu’ils sont localisés ; ils se répètent partout dans l’humanité depuis longtemps. L’arrivée des internets et de l’ordinateur change encore énormément les choses, à l’image de l’imprimerie. Tout s’accélère, les coups de production diminuent. Avant, quand on écrivait quelque chose, ça pouvait produire des effets sur d’autres humains. Aujourd’hui, on écrit et ça produit des effets sur de la matière inerte, sur des machines, on se rapproche de la magie. Tous ces enjeux là sont énormes d’un point de vue politique. Les schémas que je vois et auxquels on essaye de s’attaquer et qu’on critique ; ils se reproduisent absolument partout. Bien au-delà de Bordeaux.

Souhaitez-vous rajouter quelque chose ?

Venez à l’école ! Et pas que les garçons ; c’est un milieu où on a du mal à atteindre une certaine mixité. A l’école des Beaux Hacks on en est pas loin ; que ça continue, sentez-vous autoriser à venir, même si vous ne comprenez rien à l’informatique !

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