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Concert

Cigarettes After Sex, la volupté des maux

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

C’est timidement que nous prenons place dans une salle bien remplie du Rocher de Palmer ce 27 mai, prêt à accueillir un groupe américain de renom, Cigarettes After Sex pour cette date exceptionnelle. Le public est au rendez-vous. Nous aussi.

Crédit photos : Nico Pulcrano

Le groupe prend place sur scène de la manière la plus simple possible qui laisse distinguer la prestance naturelle de chacun de ses membres.

C’est de sa voix suave et incroyable que Greg Gonzalez, chanteur et guitariste du groupe, nous lance les premières notes de cette mélodie qui fait valser nos cœurs. Accompagné des autres membres, maintenant permanents, du groupe, ils nous partagent un fragment de leur univers. Dès la première chanson, une aura langoureuse se diffuse dans la salle et envoûte les corps. Un moment calme et sensuel d’une extrême technique musicale. De leur dernier morceau sorti « Crush » en passant par leurs classiques, on embrasse les notes et on apprécie les airs. D’une aisance rare, le groupe salue  respectueusement la foule et la remercie être là pour ce moment de douceur. Les artistes nous parlent d’amour, et soyez-en sûrs, on adore ça.

À travers les accords mélodieux et la mélancolie des mots, nous redécouvrons chaque chanson d’une manière pourtant fidèle aux enregistrements studios. Ces quatre hommes et leur justesse incroyable emmènent toute la salle avec eux. Nous regardons autour de nous, et c’est l’amour qui l’emporte. Les gens partagent ensemble, se prennent dans les bras et c’est beau à voir. Le maniement d’un anglais simple et sans détour, permet à chacun d’interpréter la musique à sa manière, et donc de profiter du moment en introspection. Le groupe reste très pudique avec son public, mais se livre sur ses classiques. Les notes de « K » retentissent assez rapidement pour notre plus grand bonheur. Vous reprendrez bien une dose d’amour non ?

Lorsqu’on s’attarde sur les paroles, on imagine la beauté d’une appartenance libre à l’autre, d’une rupture, d’un abandon (sans assurance). Une démonstration de maniement du verbe pour les passionné(e)s de poésie. Une musique qu’on écouterait sans doute au coin d’un feu, les yeux rivés sur un ciel inondé par Lune et étoiles. Une musique qui permet à chacun de se projeter ailleurs. Un magnétisme qui traverse le corps et le cœur, pour se nicher au creux de nos oreilles, c’est ce que provoque Cigarettes After Sex. Nous partons. Avant de dire au revoir, un dernier regarde sur la salle pour ne jamais vraiment dire adieu à cet amour personnifié et idéalisé ce soir-là. Pour que cela dure. Toujours. Un concert dont nous sommes déjà nostalgiques.

Show « high level » by Caba & JeanJass

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Alors JeanJass et Caba c’est l’Amérique. Un vrai show. Simple et sans faux-semblant. Les deux artistes posent leur flow et partagent. La Belgique débarque au Rocher et ça va donner.

Photos : Intza Bagur

Caballero, jeune bruxellois d’origine espagnol et double J, JeanJass, rappeur et beatmaker de Charleroi d’origine marocaine forment le duo de feu belge de la scène rap actuelle. Ce soir-là, concert à guichet fermé très attendu par les Bordelais, complet depuis longtemps. L’ambiance est là dès l’entrée.

Les deux amis commencent très fort en emportant la foule direction L’Amérique, un de leur meilleur succès. Le Rocher s’affole dès le premier beat de DJ Eskondo. Le décor est posé, une voiture sur scène, une cabine téléphonique, fumée, lumières, l’accord est parfait. Confrontation entre concert de rap et moments de rires entre les artistes et le public. Un coup de téléphone interrompt le spectacle plusieurs fois apportant touche d’humour et transitions entres les morceaux, rendant le moment d’un équilibre déconcertant.

Malgré ce coté comique revendiqué et assumé, le concert n’en reste pas moins du « high level ». Les deux hommes partagent la salle pour un battle de paroles, pour finalement tous nous rassembler sur « Incroyaux ». Les titres s’enchaînent, JJ et Caba, c’est (vraiment) la base. Le public est au rendez-vous sur toutes les paroles. Ce show rassemble et unifie. Le téléphone sonne à nouveau, c’est Lomepal. Jean Jass fredonne le titre « X-men » réalisé sur l’album Jeanine de ce dernier. Des refrains fracassants privilégiant des directions libres et différentes pour un mélange homogène d’anciens et de nouveaux sons. Après avoir ambiancé les foules et demandé plus de son sur « SVP », le duo reprend « Degueulasse » soutenu par son fidèle public. On navigue entre l’humour et le cynisme toujours maîtrisé à la perfection.

Ensemble depuis plusieurs albums maintenant, les deux amis nous livrent une prestation toujours étonnante, maniant les changements de tons avec brio, et nous bousculent de rythme en rythme. On se retrouve vite pris dans un joli piège à mi-chemin entre les corps qui s’entrechoquent et les verbes qui percutent : Oui monsieur !

Ils nous font voyager jusqu’en Wali-fornie, la Cali de JJ. Les épicuriens reprennent tous en cœur « met du respect sur mon nom ». On finit sur Bruxelles arrivent, ou plutôt repart sur les routes pour revenir très vite nous voir, on l’espère.

 

Rencontre en toute intimité avec la chanteuse Jessica Bachke

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

C’est lors de la soirée Tribal Traquenard #6 que l’on a eu la chance de rencontrer Jessica Bachke, chanteuse et compositrice bordelaise pour lui poser quelques questions en toute intimité. Effrayant par son nom, Tribal Traquenard n’est en vérité qu’un guet-apens du meilleur goût destiné à ceux qui souhaitent découvrir des artistes bordelais avant tout (mais pas que). Quatre filles, Blandine, Ludivine, Mathilde et Mélodie, à l’initiative de ce collectif cherchent à allier leurs coups de cœur du moment à la scène indé locale.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : D’où es-tu originaire ?

Jessica Bachke : Je suis née en France mais je suis d’origine norvégienne par mon père.

Depuis combien de temps pratiques-tu la musique et le chant ? Quel est ton parcours ?

J’ai un parcours assez classique, j’ai commencé à jouer du violon dans une école de musique à cinq ans et demi mais j’ai été très bercée par la musique folk. Du coup, vers l’âge de 15-16 ans je me suis dirigée vers le traditionnel irlandais, écossais et j’ai commencé à jouer de la guitare, en demandant à mon père de m’apprendre quelques pickings (technique de jeu utilisée à la guitare). En ce qui concerne le chant, j’ai toujours chanté, mon père étant pasteur, je chantais beaucoup à l’église et sinon, de part mes origines, je chantais des chants un peu plus sauvages.

As-tu déjà pris des cours de chant par exemple ?

Non, après, de part mon expérience en école de musique, on travaille le chant de manière académique. Mais j’ai vécu une révolution personnelle en découvrant la méthode de Yva Barthélémy, qui résonnait complètement avec ma façon d’expérimenter le chant, de libérer la voix…

Comment qualifierais-tu ton style musical ?

Je dirais folk expérimental. C’est très large, c’est alternatif, je compose à l’aide de la guitare mais dernièrement je cherchais surtout des sons, des choses plus organiques pour venir justement à des choses de la terre. Ce soir (le vendredi 10 mai, ndlr), je joue totalement en acoustique mais dernièrement j’ai beaucoup apprécié jouer à la guitare électrique. Ça dépend vraiment des envies, des cycles.

Quelles sont tes inspirations ?

J’aime beaucoup la musique classique, j’aime énormément Mozart, Ravel, Stravinsky, Fauré, Grieg, c’est très mélancolique ou encore Chopin, voilà les grands classiques. En plus contemporain, je suis très touchée par certains artistes comme The Whitest Boy Alive, c’est un groupe mené par Erlend Øye, qui est le cofondateur du groupe Kings of Convenience. J’aime beaucoup le travail d’Agnes Obel, Björk aussi, Tori Amos, ce sont des choses qui m’ont plutôt bercée dans l’adolescence. Mais je me suis réveillée à 20 ans, sinon avant j’écoutais le groupe Crosby stills & NashBob Dylan, Joni Mitchell, Johnny Cash, j’évoluais dans une bulle à la maison avec mes disques, je bossais pas mal le violon, je bossais ma guitare en dehors des cours, j’évoluais dans toutes ces choses à apprendre et découvrir.

Penses-tu que tes origines influencent ton style musical ?

Oui complètement.

Combien de morceaux as-tu déjà sorti ?

Sous mon propre nom, il y en a une dizaine mais je n’ai pas tout sur Soundcloud, il y en a 3-4 sur YouTube. Après je fais partie d’un groupe qui s’appelle les Cocktail Bananas où l’on peut écouter les deux albums de disponible sur Bandcamp et YouTube. C’est un peu éparpillé parce que j’ai fais partie de plusieurs formations.

As-tu des thématiques de prédilection que tu aimes aborder dans tes textes et si oui, quelles sont-elles ?

Pour cet album, je parle beaucoup de la renaissance mais pour ça, je me suis reconnectée à ce qui moi, me parle le plus, donc la Terre et les éléments. J’aborde beaucoup des thématiques de guérison, de renaissance.

As-tu des envies de collaborations avec d’autres artistes ?

C’est prétentieux mais dans l’idéal je dirais, Erlend Øye, Agnes Obel et Hannah Cohen.

Considères-tu qu’il y a une « scène » autour de ce que tu joues (une scène folk) à Bordeaux ?

Oui bien sûr, je pourrais te citer Queen Of The Meadow qui est magnifique, Willows, ce que j’oublie pardonnez-moi mais si, il y a des groupes que j’ai vu, entendu il y a pas très longtemps. Les Cocktail Bananas aussi…

Quels sont les projets pour la suite ? Une sortie d’album ? Un clip ?

Oui, il y a un clip qui est prévu pour dans pas longtemps, sur un titre qui s’appelle « Water Herbs », les herbes de l’eau. Il faudrait que je vois avec mon graphiste où il en est mais j’adore ce qu’il fait donc ça sera la surprise, je lui donne carte blanche. C’est d’ailleurs lui qui fait la pochette de l’album que je compte sortir cet été je pense, à la saison des moissons.

Quelle est la chanson que tu aurais rêvée écrire ?

Elle fait partie de mon album préféré de Björk, « Hidden Place ». Cette chanson je la trouve parfaite, parce qu’à un moment donné on dirait que la chanteuse a travaillé comme des sons humains, des voix d’hommes, graves, ronronnantes, très ancrées dans la terre…

Que pourrais-tu dire aujourd’hui à une artiste qui voudrait se lancer dans la musique folk, et qui n’a pas ce recul que tu as ?

De faire avec le cœur, de s’accrocher vraiment et de le faire avec intégrité, il y aura toujours quelqu’un qui écoutera ça et ça aura une vrai portée. J’ai entendu un chef cuisinier connu qui s’appelle Marco Pierre White dire quelque chose en anglais sur lequel je médite beaucoup : « Success comes from arrogance, but greatness comes from humility ».

Pour finir, une chanson que tu écoutes en boucle en ce moment ?

J’ai une petite fille de 22 mois qui adore danser en ce moment sur deux choses donc c’est ce que j’écoute beaucoup, c’est The Mummer’s Dance de Loreena McKennitt, c’est très celtique et sinon c’est Tout le monde veut devenir un cat des Aristochats.

 

Post-punk apocalyptique 2.0 au BT59 : Rendez-Vous

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Francis, Elliot, Maxime, Simon et Guillaume ont retourné ce 17 avril la totalité du public bordelais du BT59 aux cotés de VvvV, croisé en première partie. Le groupe old school dévoilait en octobre 2018 un nouvel album : Superior state, avant de se lancer à corps perdu dans une tournée mondiale jusquʼà la fin de lʼannée. Depuis leurs premières dates en 2015, Rendez-Vous ne cesse de régaler la soif littéralement insatiable de leurs fans et ce, pour notre plus grand plaisir. On a kiffé ce concert organisé par l’Iboat (et donc délocalisé au BT59) et on vous propose, en quelques clichés, de sombrer dans cette ambiance frénétique.
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Report : La Yegros au Rocher de Palmer

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Retour sur le merveilleux concert de La Yegros au Rocher de Palmer. Venue présenter son dernier album Suelta, l’artiste a su capter à merveille l’attention du public avec sa « nueva cumbia electro ». Retour sur un moment de grâce.

Crédit photo : Lina Botero

De l’énergie communicative saupoudrée de magnétisme et nous voilà dans une toute nouvelle ambiance. Une marée d’ondes positives s’apprête à déferler sur le Rocher de Palmer. La Yegros, cette artiste montante de la scène de la nueva cumbia electro, transmet en un geste ou un sourire, une étrange et fascinante énergie colorée. Elle nous invite au lâcher prise et à la découverte dun univers peu commun. Le charme opère dès les premières notes de musique…

Mélange enchanteur partagé

Au rythme frénétique de la première chanson tirée de son dernier album « Suelta », la Yegros nous propose un mélange enchanteur de sonorités et déjà les premières épaules s’agitent… A travers sa joie de vivre, tout le monde, même les plus frileux commencent à se balancer de gauche à droite. L’énergie traverse nos corps pour finalement assouvir notre confort auditif. Nous partageons tous ensemble ce moment.

L’artiste talentueuse nous présente alors ses musiciens, munis d’accordéons, flûtes de toutes sortes et percussions. Tout y est pour créer un accord parfait. Très vite, elle échange avec le public, nous parlant de son histoire, de sa progression, mais aussi de ce qui l’anime quand elle compose : les gens, la vie, l’amour, la passion. Le public avertis d’aficionados est déjà conquis. C’est alors que retentissent les accords de « Viene de Mi », son qui marqua un réel tournant dans sa carrière de musicienne. Nous regardons autour de nous et observons des sourires, des gens qui chantent, qui dansent et qui rient, un grand moment de partage : C’est ça l’effet La Yegros.

Show stupéfiant, moment de détente collective

Puis, elle laisse champ libre à ses compañeros, qui nous livrent un show stupéfiant au rythme de leurs instruments. Une performance maitrisée et intense qui fait son effet, le public reste bouche-bée.  Au fil des musiques qui s’enchainent, nous découvrons son nouvel album riche en musicalité, inventivités, textes maitrisés et styles en tous genres.

Le spectacle prend presque fin alors que la señora nous lance un « Chicha Roja » et les chants reprennent à l’unisson (de notre espagnol variant d’approximatif à très bon pour certains). Ce son chaleureux nous emmène aux portes des beaux jours et nous fait rêver à d’autres horizons. Un vrai moment de détente collective, une bouffée d’air dans notre quotidien. Encore une fantastique artiste, véritable bijou scénique et musical que le Rocher accueille ce soir là. On en réclamerai encore, et croyez-nous, vous aussi.

FAIR le tour, avec Voyou et Cléa Vincent au Krakatoa

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Du 24 janvier au 10 mai, Fair le tour parcours la France. Une onzième édition, une vingtaine de dates : encore cette année, les organisateurs ont prévu large. Le casting est toujours à la hauteur, avec la crème de la nouvelle scène pop française, de GRAND BLANC à Radio Elvis en passant par Flavien Berger ou Tshegue. L’étape bordelaise n’a pas déçue, avec Voyou et Cléa Vincent. Deux artistes aux univers riches, pour un melting-pop parfait, dans un Krakatoa tombé sous le charme. On y était ; c’est donc avec plaisir qu’on se replonge dans cette bulle.
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Tess Parks, Mike Krol : le printemps rock de L’Astrodøme

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

L’Astrodøme continue son beau boulot de valorisation de la scène rock garage et psychédélique au cœur de Bordeaux, dans son lieu du centre-ville. Dans les prochains jours, c’est Mike Krol (15 avril) et Tess Parks (20 avril) qui y seront conviés. Un printemps qui s’annonce sous les meilleures hospices.

Après l’organisation de la deuxième édition du Sidéral Psych Fest, l’association culturelle L’Astrodøme enchaîne les belles dates. Tour à tour, le collectif accueillera des groupes bien identifiés de la scène rock, garage et psyché tels que les grecs de Bazooka, l’américain Mike Krol ou la canadienne Tess Parks. En sus de ce beau rassemblement, un travail de valorisation de la scène locale est effectuée, à travers l’invitation de groupes de la région, à l’image de J.C.Satàn ou de Mamapsyche, « enfant caché de la scène underground française [qui] émerge des bas-fonds bordelais ». Grâce à L’Astrodøme, ces groupes peuvent côtoyer ces autres formations internationales et se connecter avec ces dernier en vue à leur tour, peut-être, de fouler d’autres villes d’Europe et au-delà. Tour d’horizon des ces artistes invités ramenés par le collectif à Bordeaux.

Mike Krol : garage power pop punk, Los Angeles

Tout droit débarqué de Californie, Mike Krol distille avec ses riffs disto et un son brut une énergie punk-rock qui sent bon les années 2000 sans pour autant regarder en arrière. Son dernier album Power Chords en est le meilleur témoin ; avec un certain talent de songwriting, le bonhomme prouve encore une fois que Los Angeles est un haut lieu de la créativité contemporaine.

Bazooka, garage punk psych, Athènes

Qui a dit que la Grèce déprimait ? Malgré un contexte socio-économique et politique complexe, la jeunesse du pays se fout bien des déterminismes et clame sa volonté de dessiner d’autres horizons à travers l’art et la culture. Groupe actif de la capitale Athènes, Bazooka pourrait bien être un porte-étendard de ce mouvement, à travers son punk tendance garage qui flirte avec des sonorités psyché. Un bon remède à la gueule de crise.

Tess Parks, neo psych pop sixties, Toronto & Londres

Originaire de la capitale canadienne, Tess Parks s’est installée à Londres, illustrant là encore l’attractivité de la capitale britannique qui malgré le Brexit continue d’accueillir (pour combien de temps ?) une belle partie de la faune psyché contemporaine. Son dernier album, sorti en 2018, est le fruit d’un travail avec Anton Newcombe (leader du Brian Jonestown Massacre) et s’inscrit parfaitement dans la veine d’une scène rock alternative et indie qui n’en finit plus de produire des sorties toujours quali.

Report : Georgio ou l’écoute d’un rap libre

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Retour sur le live libéré du rappeur du dix-huitième Georgio, venu défendre son album XX5 au Rocher de Palmer il y a peu. Entre textes forts et poignants et démarche ultra sincère, l’artiste fascine. Hommage en images.

Texte : Noémie Malo
Photos : Miléna Delorme

On passe les portes du Rocher de Palmer… On entend des notes et on sent déjà les « boom boom » résonner. On franchit la porte de la salle et rencontre une identité à part, nature peinture. Que le partage commence ! Georgio, électron libre de vingt six ans partage ses paroles et ses maux passés, présents et futurs à sa manière. Cet artiste ambitieux, rêveur, et plein d’espoir, nous raconte son parcours à travers ses albums et son perpétuel mouvement, depuis Bleu Noir, album sombre et torturé jusqu’à Héra, représentatif d’espoir et de musicalité, pour enfin produire XX5, album qui semble être un retour à l’essence même de la vision du rap à la sauce Georgio.

Le rap fantasque d’un jeune prodige maniant habilement notre langue française, sachant apporter une dimension poétique aux mots qu’il chante et rap. Artiste lucide qui sait prendre du recul sur son art et qui semble s’adresser à chacun de nous de manière personnelle. Jeune homme plein d’humilité à mi-chemin entre rebelle piqué au cœur par le rap et homme posé et réfléchi. Dès ses quatorze ans, il vit l’évidence, découvre le rap français et commence à rapper. Le succès suivra.
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A vingt six ans, Georgio est maintenant un artiste en devenir qui semble déjà avoir trouvé sa place, accomplit la création d’un flow concis et concret. Avide de paradoxe, il manie les mots et sait se faire entendre. Un visage expressif, une carrure et un être sachant transmettre émotions et envies à travers ses textes. J’observe depuis la fosse l’électron libre laissant valser son corps au rythme de ses sons, sans se soucier du regard de l’autre.
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L’instant est grandiose, juste du partage et du lâcher-prise. Il nous emporte avec lui et chacun se met à danser. Un art loin d’être parfait, aspirant à le rester. Comme d’autres grands du rap français, Georgio a pour volonté de ne pas rentrer dans un moule mais de créer sa propre sphère. Au fil des sons, il alterne entre mélancolie aux notes de « Akira » à plus de brutalité énergique dès le début de « J’en sais rien » où il nous fait tourner tous ensemble.
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Alors que nous commençons déjà à ressentir la nostalgie des instants passés, Georges prends un temps lui semblant indispensable, pour nous présenter chaque personne de son équipe en commençant par toutes les personnes de l’ombre : à la lumière, au son, à l’orga, en finissant par une petite anecdote pour son acolyte de tournée, complice de jeunesse et backeur Sanka, qui partage la scène de cette nouvelle tournée avec lui.
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C’est le visage d’un homme heureux d’avoir transmis son énergie qui se présente à nous. Plein d’humilité, il nous remercie pour la force puis part retrouver ses proches. Nous le remercions nous aussi humblement de ce moment de partage. C’est doté d’une vision assagie que Georgio illustre la nouvelle pochette de son album XX5, mêlant souvenir d’enfance et adieu à sa jeunesse, accueillant la suite, « qui n’en sera que meilleure ».

L’Impératrice voyage à des années lumières

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Retour en images sur le concert forcément spécial du super groupe L’Impératrice qui nous a emmené loin dans son univers. Présentant au Rocher de Palmer leur dernier album Matahari, les artistes ont proposé un plan à six bien orchestré ; on se remet dedans.

Cortège en partance, l’assemblée docile attend dans un murmure le décollage. L’Impératrice, ce sont des musiciens, des virtuoses des notes, enchainant les coups de groove et les ascensions délicates.  On prend place avec enthousiasme, quelque peu fébriles, comme lors d’un rendez-vous galant avec un être aimé. L’appréhension s’efface aussi vite que nos hanches se déchaînent. On garde le sourire aux lèvres tout le long, on profite, on s’imprègne et bordel sur ce vol vacances on plane. C’est un plan à six bien orchestrés. Sur scène pour sublimer Matahari, – qui est définitivement un album qui s’écoute en live – l’Impératrice du haut de ses 7 ans, préfère les plaisirs ordinaires. Une scène, un public et leur talent. C’est un voyage vers les astres que nous vous proposons de revivre à travers ces quelques clichés.

Persepolis, they can’t control : nouveau clip

dans LES NOUVELLES/MUSIQUE

Le duo montois Persepolis revient avec son deuxième EP Temptation Part I&II le 9 février. Un premier extrait est disponible avec le clip sombre et explosif de « Can’t Control ».
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Therapie TAXI repart en trombe sur notre rythme cardiaque

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Une salle au bord du coma idyllique et un groupe qui courbe l’échine sous leur cadence infernale. Tête à droite, tête à gauche, l’ambiance est moite et désirable. Les jeans collent, l’atmosphère se lèche sur le coin des lèvres. La thérapie t’emmêle et te démêle, ce soir c’est sûr, tu es conquis(e). Thérapie Taxi est un de ces groupes qu’il faut voir en live. Il s’y dégage une telle énergie et une aura incroyable. C’est une virée dans les bas-fond de notre conscience. Une sorte de catharsis. On hurle, on transpire, on touche presque le fond à la recherche de Memphis. On se surprend à connaître les paroles en cœur, on se sourit entre nous, c’est chaud et tout doux. Plonge toi dans l’univers moite de ce groupe aux bisous tendres.
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Odezenne, comme à la maison !

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Actif depuis 2007, Odezenne s’est fait une place de choix dans le monde musical hexagonal. Originaire de Bordeaux, le groupe n’a jamais été adepte des techniques conventionnelles, notamment lorsqu’ils se sont fait connaître. Ils ont en effet su tirer profit du développement d’internet pour sortir du lot et programmer leurs premières tournées, faisant d’eux un groupe différent des autres, avec son lot d’interrogations. Jeudi 20 décembre, lors de la tournée suite à la sortie de Bakara, leur dernier album, le groupe se produisait à la salle des fêtes de Grand Parc, fraîchement rénovée et ré-ouverte en juin 2018. Les hostilités ont été ouvertes par Moussa Fennira qui a joué de son talent durant une heure afin de laisser le temps à Odezenne de se préparer à un spectacle qui n’aura déçu personne. Mais on vous laisse en juger par vous-même.
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Jazzy Bazz + WL Crew au Rocher de Palmer

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Le 2 novembre dernier, au Rocher de Palmer, Jazzy Bazz nous a interprété entre autre son dernier album Nuit. De retour dans la « ville de l’Entourage », le rappeur, membre de 3.14 Band à su ambiancer la foule du Rocher. Il faut dire qu’à son arrivée sur scène, le public était déjà bien chaud par la première partie proposée par le WL Crew. Ce collectif bordelais fondé en 2011 a su tirer profit de son moment sur scène pour offrir une prestation impeccable et nous proposer des titres récents tel que « 2019 ». Voici un retour en image de la soirée orchestrée par RK2 Production.

 

Photo report : CunninLynguists à l’Iboat

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Groupe au statut quasi-mythique au sein de la scène hip hop, le trio CunninLynguists était récemment de passage à l’Iboat. Présent pour capturer leur prestation impeccable, Le Type a également eu la chance de découvrir les artistes sud-africains Solo et le BETR Gang, grâce au boulot de l’équipe d’RK2. Entre hip hop américain alternatif et vibes sud-africaines énergiques, la cale du bateau s’est vite embrasée, offrant au public présent une expérience agitée enthousiasmante. Retour en images.

Interview à vie sauvage avec Miel de Montagne

dans ART ET CRÉATION/MUSIQUE

Le Type a eu l’honneur de rencontrer Milan alias Miel de Montagne à l’occasion de son live acidulé et enchanteur au festival vie sauvage le 16 juin dernier. Rencontre intimiste dans la douce citadelle de Bourg-sur-Gironde avec le créateur du titre « Pourquoi Pas » qui vient de sortir son premier EP Petit Garçon, sur le label Parisien Pain Surprises.

Crédits Photos : Alice Belair
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Le Type : Si tu pouvais nous citer un artiste ou performeur « kitsch » et iconique qui t’inspire, de qui s’agirait-il ?

Milan : Si je devais parler de référence, l’autre jour je matais des live de Prince, et là tu y vois des nanas qui sont folles, tout comme ses chemises, il y a un côté super retro. Tu vois, ça marche toujours un truc comme ça, le côté glow  qui rayonne, ça cartonne et je pense que c’est quelque chose qui gravira les années. Pour moi tu vois c’est kitsch mais en fait c’est surtout une mode avant tout. Les chanteurs ou les mecs comme Julio Iglesias et leur charisme, faire tomber les filles tout ça ; oui, ça me fascine. Je ne suis pas du tout comme cela mais j’aime jouer cette caricature et parfois je me projette sur scène, je vais faire le crooner, chanter des histoires d’amour, ce que je pouvais imaginer en créant le morceau.

Jouer ici, dans ce cadre qui se rapproche de la nature et des grands espaces, est-ce quelque chose que tu affectionnes particulièrement ?

En ce moment, beaucoup oui, ça me fait du bien d’être ici. C’est vraiment un régal et je n’ai pas senti une seule tension en arrivant. Tu peux voir le sourire des gens qui sont ravis, tu ne te sens obligé de rien. Nous sommes arrivés hier et je pense que je me suis même trop imprégné du lieu, j’en ai oublié que j’étais sur scène (rires) ! C’est tout à fait ce que j’espérais avant de venir. Je découvre de plus en plus cette région puisque je travaille avec des gens qui sont dans les alentours de Bordeaux. Enfin, je ne fais pas que travailler, je passe du temps avec les copains (rires) !

Comment as-tu préparé ce live ?

Malheureusement, sur scène, je ne peux pas tout vous jouer contrairement au fait que je compose tout seul. J’ai donc vraiment eu la volonté de mettre l’accent sur la guitare et le chant pour me sentir libre sur scène et vraiment communiquer avec les gens. Pour le reste j’ai fait appel à un bon pote, Vincent « Le Vince » ; je l’ai appelé un jour et nous avons répété ensemble et ça l’a fait ! Je pense que même sans répétitions ça l’aurait fait. Du coup il me suit sur tous mes live.

Tu as connu l’atmosphère de Paris en tant que DJ, quel a été le déclic pour que tu deviennes Miel de Montagne ?

J’ai toujours eu beaucoup d’instruments. Mon premier c’était la batterie à 5 ans, ensuite j’ai eu une guitare. J’ai eu pas mal de groupes aussi, puis après je me suis mis à faire des choses seul, j’étais DJ, je produisais de la house, des choses plus électroniques, c’est quand j’étais à Paris. J’ai suivi cette mode du DJ, mais il m’a fallu du temps pour faire le point et sortir ce projet Miel de Montagne, car c’était tellement sincère que j’en avais peur. Je suis revenu sur les bases car je n’étais pas 100 % moi même.

Quand j’avais 14 ans je composais déjà les mélodies qui sonnaient comme Miel de Montagne tu vois. Même mes parents aujourd’hui me disent : « C’est marrant, ça ressemble à ce que tu faisais quand t’étais ado, t’as toujours eu cette touche et ces riffs là ». Même moi je ne m’en rendais pas compte ; ce sont eux qui m’ont ouvert les yeux là-dessus. C’est un truc qui était en moi, et je pense que comme plein de gens, j’avais un peu peur, donc j’ai fait d’autres choses, ce qui a été bénéfique aussi, car j’ai appris beaucoup. J’ai de l’expérience dans plein de milieux différents et eu divers projets. Et à un moment j’ai rencontré des personnes, notamment Jacqueset c’est comme cela que je me suis dis « ouais beh vas-y faut se lancer quoi, je vais faire mon truc les gars ».

Ce n’est pas un ras le bol, c’est plus un moment où tu t’écoutes, tu prends le temps, tu rentres un peu à la campagne,. Moi, c’est ce qui s’est passé. J’ai ressorti la guitare, j’ai commencé à écrire des petites paroles et voilà, je me sens à ma place.

 

Mes parents m’ont dit : « Ça ressemble à ce que tu faisais quand t’étais ado, t’as toujours eu cette touche et ces riffs là ». Même moi je ne m’en rendais pas compte ; ce sont eux qui m’ont ouvert les yeux là-dessus.

 

 Comment s’est passé la rencontre avec les labels Pain Surprises et Délicieuse Musique ?

J’ai d’abord rencontré le label Parisien Pain Surprises par le biais de Jacques. Là on est sur une co-production où Délicieuse à apporté son soutien au projet, les deux se partagent le travail. Ce qui est vraiment cool étant quelqu’un qui aime faire les choses de A à Z, c’est qu’ils me laissent faire ce que je veux. Je me sens totalement libre.

« Pourquoi pas », ça ne serait pas un peu la réponse de ton parcours ? La prise de risque, se lancer ?

Ouais, on peut le voir comme ça. C’est surtout un truc simple, quand tu vois une aubaine une proposition, tu te dis pourquoi pas, tu ne n’émets pas de jugement dessus, tu y vas ou tu n’y vas pas, mais en tout cas : pourquoi pas ? Ça laisse des portes ouvertes et j’aime bien ça, cette continuité d’essayer des choses et voir ce que ça donne.

Le titre « Petit Garçon » et son atmosphère nostalgique, peut-on dire que c’est un retour aux racines ?

C’est marrant car quand j’ai composé les paroles de « Petit Garçon je courrais derrière ma réalité », c’était dans la période où je revenais vivre chez mes parents en Charente, et je commençais à prendre conscience de ces bases que j’avais. Il y a des choses parfois que tu ne contrôle pas et j’ai chanté ça comme ça, puis je me suis dis que c’était juste logique, que je pouvais aussi appeler mon EP comme cela car c’est un retour aux sources.

 

Pouvons-nous attendre un album en projet ?

Ouais bien sûr, c’est en projet, j’aime me surprendre et surprendre les gens. Sur cet EP il y a des choses différentes et variées, les titres ne traduisent pas tous les mêmes émotions. Justement ce sont celles qui me traversent. Tout ce que je sais c’est que je vais pas mal travailler en studio à la fin de l’été, et quelque chose va arriver très vite, il y a déjà quelques morceaux que l’on a pu entendre sur scène. Donc oui, soyez surpris d’un album, ou même d’un EP…

Merci Miel de Montagne.

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