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BT59 : nouveau nom & programmation pour le club de Bègles

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Le BT59, l’un des plus anciens clubs électroniques locaux en activité, a profité de l’été pour se remettre à neuf. Nouveaux propriétaires, nouveau nom et nouvelle programmation pour le lieu : une excellente nouvelle pour les nuits bordelaises.

Crédit photo : Luna Omer-Verny

Refonte visuelle

Les habitués ne seront pas surpris : le club s’appelle désormais simplement « BT », un nom déjà adopté par les fêtards bordelais depuis longtemps. Le lieu a été racheté avant l’été, et l’équipe a mis la saison à profit pour l’améliorer. Ainsi, la décoration et l’éclairage de la salle comme de l’espace extérieur ont été revus, et un nouveau bar a également été placé à l’extérieur, utile pour réduire l’attente des fêtards au comptoir.

Un large spectre musical

Cette nouvelle identité vient bien sûr avec une nouvelle programmation qui vient piocher dans une très belle variété de courants électroniques. Après plusieurs années orientées principalement vers la bass music, la trance et la techno, le BT s’ouvre à plus d’éclectisme sans oublier ses racines, en proposant un bon équilibre entre pointures et talents émergents. Les amateurs de techno froide et puissante seront ravis de retrouver des artistes comme UVB, boss du label Body Theory. Le très productif DJ et producteur français jouera le 6 décembre prochain en compagnie de Reka, Alienata et Laura BCR. Une autre affiche à surveiller est la date qui verra Pardonnez-Nous, Glitter et le duo Sheitan Brothers se succéder aux platines.

Le club ne s’arrête pas là et élargit son offre en invitant également d’excellents selectors. Les immanquables du genre : Josey Rebelle, dont les sets imprévisibles mélangeant techno, house et breakbeat ont régalé les dancefloors des plus grands clubs du monde, ainsi que Paul Woolford/Special Request, véritable maître du DJing à la technique irréprochable ou encore Victor Ruiz, populaire producteur basé à Berlin, fort de remixes pour des mastodontes tels que Moby ou Stephan Bodzin, ainsi que de sorties chez Drumcode ou Electric Ballroom. On laisse son incroyable Boiler Room de 2018 à Dekmantel parler pour lui. D’autres artistes tels que Mila Dietrich, française elle aussi, et ses inspirations EBM/Cold Wave ont foulé le lieu.

Le BT propose aussi désormais de très bons live, et il y en a pour tous les goûts. Claro Intelecto a déjà eu l’occasion d’y apporter sa dub techno/IDM avec son nouveau live. Kosh, signé sur l’excellent label marocain Casa Voyager, proposera son electro ultra pêchue, et le trio Lyonnais J-Zbel était récemment de passage pour vous renvoyer au début des années 90 avec leur musique mélangeant gabber, old school rave et drum & bass. Vous êtes prévenus, le BT frappe fort cette année, avec des bookings variés et recherchés qui amènent une fraîcheur bienvenue sur une scène bordelaise parfois un peu étriquée.

Autres affiches à surveiller au BT : Armless Kid, OCB, Elisa Do Brasil, Mayeul…

Entretien avec Florian, programmateur de l’Iboat

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Lieu culturel et club qu’on ne présente plus à Bordeaux, l’Iboat vient de fêter ses 8 ans à renfort d’une belle programmation, à l’image de ce qui est proposé tout au long de l’année en son sein. Témoin de la démocratisation des musiques électroniques en ville, l’équipe du bateau jouit depuis 2011 d’une notoriété sur ce terrain-là, et a pu observer l’évolution des mentalités, des styles musicaux et du changement de regard des pouvoirs publics vis-à-vis de cette culture. Se considérant comme « défricheur des cultures de marge », l’Iboat se voit d’ailleurs comme un « hub » à destination des jeunes acteurs et promoteurs locaux. À l’occasion de cet anniversaire, on a rencontré Florian, son programmateur, avec qui on dresse un état des lieux de la scène bordelaise, de l’émergence d’une multitude de collectifs et des divers épisodes qui ont jalonné l’histoire du club ; de l’expérience d’un festival à de récents formats réinventés en passant par une volonté de développer des activités hors les murs et des dates marquantes… Entretien fleuve.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : Salut Florian ; joyeux anniversaire à l’Iboat qui vient de souffler sa huitième bougie – comme Le Type d’ailleurs. En 8 ans, qu’est ce qui a changé à Bordeaux sur le plan des musiques électroniques selon toi ?

Florian : Joyeux anniversaire Le Type ! Au début de notre arrivée en 2011, on était plus ou moins seul, avec d’autres propositions différentes des nôtres. Le mythique 4 Sans venait juste de fermer. Entre temps, on a vu une volonté politique plus forte émerger petit à petit. De nôtre côté on a aussi fait un travail de relations publiques avec ces acteurs, qui ont depuis compris ce qu’on faisait, notamment musicalement.

Tu dirais qu’il y a un soutien des pouvoirs publics locaux envers les cultures électroniques et envers l’Iboat aujourd’hui ?

Oui, il y a un soutien et une volonté de comprendre la nuit avec des groupes de travail “Bordeaux la nuit” initié par la Mairie. C’est entre autre ce qui a changé en huit ans. On travaille main dans la main avec les collectivités, ce qui nous a permis de faire évoluer leur vision. On a fait des projets avec eux, comme par exemple avec la cathédrale de Bordeaux où on a mis en place un live techno gratuit. On a aussi déjà investit le CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux avec une nuit techno, là aussi en collaboration avec la ville.

D’autre part, ce qui a changé en huit ans c’est qu’au début on était considéré comme alternatif. Ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui… bien que la programmation n’ait fondamentalement pas changé. Le terme « défricheur des cultures de marge » serait davantage adéquat pour définir ce que l’on fait. Effectivement, entre temps, les musiques électroniques se sont popularisées auprès du grand public en quelques années. Il y avait eu un premier cycle à l’époque de nos parents qui est retombé vers la fin des années 1990, et là on est dans la seconde vague. Aujourd’hui on est dans une sorte d’effet de mode qui à Paris est devenu un mouvement générationnel. À l’ouverture de l’Iboat on était clairement dans une mode techno berlinoise, et maintenant on peut dire que les musiques électroniques se sont divisées davantage en sous genre, avec en ce moment une visibilité plus forte de la house à Bordeaux comparé à Lyon. Les modes marchent souvent par cycles.

La différence avec la première vague de nos parents c’est l’avènement d’internet, chaque mouvement musical est toujours lié à une innovation technologique. Les machines ou les premiers ordinateurs pour la vague de nos parents. La démocratisation des ordinateurs personnels, le développement de logiciel de musique, l’internet pour l’écoute et le téléchargement des musiques immatériels, la diffusion de cette culture et cette musique qui n’est pas diffusée sur les grands médias.

Une autre chose qui a évolué en huit ans à Bordeaux c’est qu’on voit de plus en plus d’événements diurnes émerger (cet été il y avait Bordeaux Open Air, L’Orangeade, Le Verger…). Vois-tu cela comme une menace par rapport à l’offre club ? Observes-tu une inversion de la temporalité jour/nuit qui pourrait se faire ressentir en termes de fréquentation pour l’Iboat ?

Il faut dire qu’avec la volonté de la Mairie, il y a eu cet été un événement diurne consacré aux musiques électroniques chaque jours de la semaine ! Ces événements diurnes organisés par des associations sur l’espace public sont bien souvent gratuits et subventionnés par les collectivités à hauteur de 3000€ jusqu’à 50000€ pour certains.

Certains sont plus destinés au grand public tandis que d’autres sont plus de niche. C’est le cas du Verger qui vient de se terminer : c’était un événement qui s’adressait aux des aficionados de la musique et qui ont fait un travail remarquable. D’autres sont plus accessibles comme Bordeaux Open Air ou L’Orangeade. Vu qu’ils sont gratuits, il peut y avoir des personnes de tous les ages qui s’y rendent : un public plus large qui se laisse tenter par le jardin public transformé en dancefloor. Ils ont le mérite de sortir notre musique en dehors des clubs, de la populariser et de la promouvoir, loin de la musique électronique EDM qu’on peut entendre à la radio. De ce fait ces offres culturelles sont plutôt complémentaires avec l’Iboat puisque ces événements se terminent vers minuit, moment où le club ouvre. Certaines personnes qui s’y rendent ont souvent envie de continuer la fête et viennent chez nous. Pour nous il n’y a donc pas de changements par rapport à cela, voir une convergence.

À quelques occasions, on s’exporte aussi hors du bateau, début octobre, on a collaboré avec le FAB en proposant une programmation musicale électronique accompagnant leur QG à St-Michel. On a commencé à proposer cet été des formats Open Air sur notre nouvelle terrasse. Ces formats seront développés sur la nouvelle saison. On avait même eu la visite surprise de Terrence Parker un lundi soir, mémorable !

Bordeaux Open Air. Crédit photo : Miléna Delorme

On sent aussi à Bordeaux et dans d’autres villes une volonté du public de se rendre dans des événements moins contraints que des clubs, tels que des warehouse, comme les Demain Kollectiv, pour sortir du format club et expérimenter de nouveaux lieux. Le format club est-il encore pertinent en 2019 selon toi ?

Il y a de plus en plus de publics, avec un S à la fin. Effectivement, les musiques électroniques se sont popularisées, ce qui fait que les clubs se sont un peu gentrifiés. C’est un phénomène que l’on observe en France. Après, certaines personnes cherchent aussi d’autres expériences plus permissives. Essayer de re-vivres les premières raves des années 1980. Pour notre part, nous n’irons jamais dans l’illégalité avec la structure de l’Iboat. Chaque modèle a ces avantages et ces désavantages. Notre club est ouvert à l’année, avec des salariés professionnels en CDI. Nous payons notre loyer, les prestataires et toutes les charges liés à une entreprise du spectacle avec des périodes de basse saison et haute saison. C’est un fonctionnement beaucoup plus lourd à porter que de faire des one-shots avec des bénévoles ou du personnel payé à l’heure.

Les deux types d’expérience sont fondamentalement différent dans leur fonctionnement. Notre façon de nous différencier, c’est d’être le plus professionnel possible, de se renouveler constamment et d’inviter les meilleurs artistes internationaux à bord. C’est mon positionnement : accueillir les meilleurs artistes internationaux, connus ou en devenir. C’est aussi d’accueillir le public avec un sound system bien réglé. Celui de l’Iboat est d’ailleurs l’un des sound system les mieux réglés des clubs en France.

L’Iboat. Crédit photo : Pauline Roquefeuil

Quelle importance tu accordes au sound system d’un club ?

Au départ nous avions un Funktion one mais il n’était pas adapté aux concerts que nous faisons en première partie de soirée. Depuis, nous avons un système d&b, directement réglé par des ingénieurs de la marque venus l’installer au bateau. Notre problématique c’est que notre bateau est constitué de fer. Or le béton et le fer sont deux matériaux qui font résonner le son. Il a fallu donc paramétrer sur des ordinateurs et calculer la courbe de la coque pour faire en sorte que le son soit efficient partout… On fait appel a de l’ingénierie de malade en perpétuel perfectionnement ! Aujourd’hui, le son est aussi bien calé à l’avant qu’à l’arrière avec des rappels cachés dans les plafonds ; ce pourquoi je considère que c’est l’un des meilleurs. C’est comme ça qu’on va aussi se différencier d’une warehouse qui est peut-être plus permissive mais qui va se contenter de poser des enceintes pas forcément bien réglées. C’est aussi la beauté de la warehouse d’ailleurs.

Tu parlais tout à l’heure de gentrification. Comment on fait pour rendre un club inclusif et ouvert à des communautés et des catégories autres que les CSP+ ? À travers ton travail de programmation comment tu vas chercher ces nouveaux publics ?

Pour nous, à partir du moment où tu aimes la musique, que tu n’es pas en état d’ébriété, et que tu te comportes bien avec tout le monde ; tu as le droit de rentrer. Tu as le droit d’être là, quelque soit ton statut social. Je n’ai pas l’impression qu’on soit un club de riche, on n’a pas de carré VIP, ce n’est pas notre positionnement Le public est assez brassé à l’Iboat, avec pas mal d’étudiants notamment. On pratique aussi des prix à l’entrée qui sont progressifs en fonction du moment où tu achètes ton billet. Ça peut commencer à 5 euros, un tarif correct quand tu veux aller voir Carl Craig ou Robert Hood… C’est démocratique et permet d’aller toucher un public qui a moins d’argent. On ne veut pas se fermer et n’accueillir que des CSP+.

As-tu d’autres modèles de clubs en France ou en Europe qui t’inspirent ?

Je pense forcément aux clubs à Berlin comme la figure de proue de notre génération le Berghain. On n’y perd toute notion de temps dedans, sans téléphone portable auquel on n’a pas accès pour faire des photos… Ça permet aux gens de se reconnecter avec ce qui se passe, c’est assez intéressant. Après, malheureusement, ce ne sont des expériences qu’on ne peut avoir que dans certaines villes, qui sont bien souvent des capitales ville-monde. Londres était la capitale du Rock pour cette musique, Berlin pour le mouvement de la techno (même si effectivement Amsterdam pourrait nous surprendre). Ce qui fait la force et l’ambiance d’un club c’est à 50 % sa direction artistique et l’autre 50 % c’est aussi son public. Il y a beaucoup d’autres bons clubs en France mais je ne vais pas les citer par peur d’en oublier… Peut- être un nom ; le Macadam à Nantes où je suis allé mixer il y a peu, c’est une super aventure humaine avec une belle équipe !

Le Berghain, modèle de club. Crédit photo : Simon Tartarotti

En autre club français, il y a le Batofar à Paris, qui a récemment fermé et qui était lié à l’Iboat. On a appris récemment l’arrivée de son ancien programmateur au BT59. Comment perçois-tu l’arrivée de cet ancien collègue dans un club local et est-ce que tu envisages de travailler en synergie avec lui ? Plus globalement, est-ce que tu travailles en collaboration avec les autres clubs de la ville ?

Je travaille avec tous les promoteurs, collectifs et clubs de Bordeaux (voir France également). On échange régulièrement tous ensemble au téléphone ou à l’apéro (rires). La plupart sont des potes. On travaille tous ensemble, en intelligence, sans essayer d’écraser les uns les autres, puisque plus il y aura d’offres à Bordeaux et plus les gens auront envie de sortir, de découvrir notre passion. Il y a une vraie synergie à trouver entre les clubs et les warehouse, ou même les collectifs qui font des événements, de jour comme de nuit. La plupart de ces acteurs sont d’ailleurs passés en stage à mes côtés. Je suis assez fier de ce qu’ils font aujourd’hui. Mon rôle c’est d’accompagner ces collectifs. Il leur arrive souvent d’avoir des résidences ou de venir organiser des soirées au club. L’Iboat se voit un peu comme une maison d’accueil, un hub pour tous les acteurs locaux. On parle à tout le monde, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Idem pour le BT.

Tu envisages l’Iboat comme un « hub » pour les collectifs locaux : quelle est la politique du club par rapport à ces collectifs émergents ? Comment vois-tu la place de l’Iboat là-dedans ?

Il y a huit ans il y avait essentiellement des promoteurs autodidactes qui organisaient des soirées. Ce qui a basculé aujourd’hui c’est que ce sont les crews qui ont pris le pouvoir et ont remplacé les promoteurs en local. Souvent, ces crews sont des bandes de copains passionnés. En voyant d’autres organiser un open air, ils se disent pourquoi pas eux? On travaille avec quasiment tout le monde. Même les plus émergents, que l’Iboat incube d’une certaine façon. Mon rôle c’est d’accompagner ces nouveaux acteurs car l’Iboat est une sorte de maison. Et on ne veut pas être le seul lieu qui va diffuser de la musique électronique à Bordeaux ; ma direction artistique n’est pas omnisciente, je ne connais pas tout et ne programme pas tout de facto. On est aussi content que certains autres acteurs éveillent la belle endormie. On est souvent les premiers à venir chez eux, dans leur événement pour les soutenir, quand on n’est pas en train de bosser…

Ne penses-tu pas que Bordeaux manque de lieu, malgré tout ? Et que l’arrivée d’un nouveau club de musiques électroniques serait la bienvenue ?

C’est vrai qu’il n’y a pas autant d’offre qu’à Lyon ou Paris par exemple. Mais, d’un autre côté, la ville de Bordeaux est beaucoup plus petite, avec au mieux 500000 personnes (plus d’un million à Lyon) – ce sera 1 million à Bordeaux en 2030. Aussi, la ville a un passif très rock, avec des groupes comme Noir Désir. Ce qui peut expliquer peut être en partie cette différence. On essaye avec notre équipe de développer quand même d’autres projets en dehors de l’Iboat. Par exemple une programmation techno au cœur de la Base sous marine à 500 mètres, ou un roller disco avec Cerrone. Ou encore un live techno et show laser dans une cathédrale, de la musique dans les jardins de l’Hôtel de ville, au CAPC, investir le Rocher de Palmer le temps d’un concert de Nils Frahm ou Darkside… On est une équipe de programmation qui ne souhaite pas s’enfermer dans son QG mais qui cherche à s’ouvrir dans d’autres lieux. Pourquoi pas travailler avec l’opéra prochainement… c’est peut-être dans les tuyaux…

Florian à l’Iboat. Crédit photo : Miléna Delorme

Vous avez aussi tenté l’expérience festival avec le Hors Bord. Est-ce que Bordeaux ne manque pas d’un festival emblématique des cultures électroniques ? Pourquoi ne pas avoir développé un peu plus le Hors Bord ?

Le Hors Bord a été développé avec des copains de Paris, Amical Production. Une telle aventure est très chronophage, nous étions pas mal pris par la gestion du club en parallèle ouvert toute l’année sans interruption. Entre les clubs qu’on doit promouvoir, les concerts, les formats apéroboat, le restaurant… ça prend beaucoup de temps. Le but de la collaboration avec Amical c’était d’être complémentaire. Au bout de deux éditions, on a vu qu’on ne travaillait pas de la même manière, ce pourquoi on a préféré arrêter l’aventure. Ils ont souhaité conserver le nom pour essayer de continuer à Bordeaux sans nous. Le nom ne nous appartient plus. Après, je ne regarde pas du tout derrière. Aujourd’hui il y a plein de choses à faire sur Bordeaux et peut-être qu’un festival sur l’année prochaine est en réflexion…

C’est la direction que vous voulez prendre avec Ahoy! ?

Ahoy! est davantage orienté sur les live, les concerts… Il n’y a pas de DJ sur scène. Ce n’est pas un festival, c’est plutôt une ouverture de la saison d’été qui se referme avec la date anniversaire fin septembre. Ahoy! c’est un événement sur le quai du bateau qui nous permet d’œuvrer au développement du quartier des Bassins à Flot et de Bordeaux avec des offres culturelles sur ce lieu. Pour ce qui est de l’organisation d’un véritable festival, on le fera plutôt en interne à l’avenir sauf si une structure nous sollicite entre temps.

Pour continuer sur la question de la scène locale, on observe qu’il y a assez peu de producteurs de musiques électroniques à Bordeaux – bien qu’il y ait énormément de dj’s. Penses-tu que c’est pour cette raison que la scène n’est pas aussi bien identifiée que des villes comme Nantes ou Lyon par exemple ? En tant que programmateur, tu ressens ce déséquilibre ?

La différence avec des villes comme Nantes ou Lyon c’est que là-bas il y a eu une vraie volonté politique de développer cette culture qui remontent. Nuits sonores (festival lyonnais de musiques électroniques et indépendantes, ndlr) a fêtée sa 17ème édition cette année. Toute une génération a été bercé par ce festival ! Il y a eu une vraie volonté des pouvoirs publics d’accompagner ces esthétiques, créant de fait une dynamique dans la ville. Il y a plein de collectifs sur Lyon aussi. C‘est ce qui a créé une émulation. A Nantes il y a le Scopitone, avec un véritable engagement culturel, avec une saison qui va au-delà de la musique avec des expositions, cultures numériques…

Sur Bordeaux il y a un basculement qui est en train de s’opérer. Mais ça ne peut pas venir que des salles de diffusion ; il faut tout un écosystème qui favorise cette émergence dans la ville. Aujourd’hui ça va dans le bon sens avec un disquaire spécialisé qui s’appelle le Boudoir Sonore, une radio qui vient de se créer : Ola Radio. Elle promeut les locaux et travaille beaucoup avec les collectifs. Parallèlement on voit se développer de plus en plus d’événements éphémères. Tous les clignotants sont au vert aujourd’hui pour voir émerger de nouveaux artistes.

Il y a quand même des producteurs au sein de la scène tels que Jann qui a déjà eu des sorties sur Pinkman Records. Il était en résidence à l’Iboat pendant trois ans, durant laquelle il invitait ses propres artistes. Il y a aussi Anetha qui est originaire de Bordeaux aussi (même si elle n’y vit plus). Djedjotronic également est revenu vivre ici. Laroze, Succhiamo (Panoptique et la chanteuse de J.C. Satàn) sur Antinote …Il y a donc quand même quelques artistes et plein d’autres producteurs…

En huit ans, la ligne artistique de l’Iboat a-t-elle évoluée ? En tant que directeur artistique d’un tel lieu, comment te renouvelles-tu et te tiens-tu au courant des nouveautés ? Comment faire pour être toujours pertinent dans tes choix ?

C’est mon éternelle question… Il faut toujours se remettre en question sur la programmation. Même si c’est compliqué de révolutionner une programmation par ailleurs. Ce qu’on peut faire, c’est évoluer. C’est possible car les musiques électroniques sont parcourus par des courants et des modes. Je voyage pas mal en allant constamment à l’étranger à Londres, Berlin, Amsterdam.. ou Lyon, Paris… mes potes m’appellent le ministres des affaires étrangères pour me charrier. Voyager me permet de m’imprégner de ce qu’il se fait ailleurs pour pouvoir proposer le meilleur à Bordeaux. Je rencontre ainsi, les programmateurs et acteurs de la scène européenne, ça facilite mon travail par la suite.

Sur les premières années du club on avait Jennifer Cardini qui faisait office de marraine informelle. Elle m’a pas mal aidé, c’était la première fois que je programmais dans un club en 2011. Quand j’avais besoin d’elle, elle a toujours été là. Ensuite, au bout des 3 ans j’avais mis en place des résidences de locaux dont Jann… Je m’appuyais sur ces locaux qui, chacun dans leur esthétique, invitaient d’autres artistes plus connus ou d’autres locaux afin de ne pas avoir une seule vision de la musique électronique, car je veux que ce soit un lieu pour tous les bordelais. Après, on a lancé des résidences d’artistes internationaux. On avait misé à l’époque sur Mézigue, Voiski, Bambounou, Palms Trax, Antal… Ils co-programmaient avec moi ; ils avaient chacun leur résidence tous les trois mois. Cet été, je suis parti sur une thématique « tour de France » en invitant des collectifs de tout l’hexagone comme le Méta a Marseille, Tapage Nocturne à Lyon, Midi Deux à Rennes… On est allé chercher des gens qui font bouger la France pour les ramener à Bordeaux ! A la rentrée 2020 il y aura peut être une nouvelle résidente bordelaise…

Au-delà de la programmation, il y a la question des formats. Ca a tellement été la course au booking notamment sur Paris que les prix des artistes sont hallucinants en France si l’on compare à il y a 10 ans. Cela ne peut pas durer car ce modèle est trop fragile et beaucoup sont en difficulté.

L’évolution de la programmation viendra par le développement de format concept, un retour vers l’esprit de la fête. Récemment on est allé créer un format club queer qui s’appelle Iridescence avec le collectif Maison Éclose, un collectif de créatures queen sur Bordeaux. Ce format queer inclusif donnera la parole à des icônes gay avec qui on revisite le club, avec une scénographie dédiée. On a aussi il y a peu lancé le format « Icône » en décalage horaires. C’est un club avec des artistes iconiques, qui parlent à plusieurs générations, notamment celle qui sortait avant et qui ne sort plus trop aujourd’hui… Ça peut être la programmation d’artistes de légende comme Carl Craig, Laurent Garnier ou Michael Mayer, qu’on programme le vendredi dès 22h00… L’artiste joue tôt et on assiste à un vrai mélange générationnel des publics qui n’est pas la spécificité des clubs en France. L’entrée est d’ailleurs gratuite pour les plus de 40 ans. On réfléchit aussi à des formats d’ouverture du dimanche comme a pu faire Concrete (club parisien ayant récemment dû fermer ses portes, ndlr) par exemple, sans passer par la case after car on reste un lieu pluridisciplinaire.

Y-a-t-il des artistes que tu as en vue et que tu souhaites programmer dans les prochains mois à l’Iboat ?

On a très envie que Red Axes reviennent… J’ai aussi très hâte de voir Emma DJ, CEM. DK avec Zaltan en back-to-back. C’était un des temps forts du Lente Kabinet (le petit festival de Dekmantel) … Il y aussi Ouai Stéphane que j’ai trop envie de voir, c’est assez intriguant. C’est la future sensation de l’année prochaine je pense.

En 2019, il y a une date qui t’a particulièrement marqué au bateau ?

Le Dekmantel Soundystem en all night long ! Thomas, du duo, n’avait pas pu venir. Du coup Casper Tiejrol, a fait 6 heures de set seul et a complètement retourné l’Iboat jusqu’à 6h30 ou 7h00 du matin… Octo Octa et Eris Drew aussi qui sont de purs dj’s techniquement. Stingray aussi, comme d’hab ! Djedjo aussi qui a fait son nouveau live EBM. Omar S qui a toujours des plaques de malade. Pour la petite histoire avec Omar S : il n’avait jamais joué au bateau… Il était venu au festival Hors Bord que j’organisais. On avait essayé par tous les moyens de le faire mixer sur l’Iboat mais il ne voulait pas, parce que c’était un bateau ! Il a une phobie des bateaux… On a finalement réussi à le faire venir mais, 5 minutes avant de jouer, on est descendu dans la cale, il ne se sentait pas très bien, je pensais qu’il n’allait jamais jouer, j’ai vraiment flippé. Finalement je suis resté avec lui, ça s’est très bien passé, il a fait un set de malade… !

5 morceaux d’ambient pour faire du sport par Dragutesku

dans MUSIQUE/SÉLECTA

Artiste montant de la prolifique scène roumaine, Dragutesku est invité à jouer à Bordeaux au Parallel le samedi 5 octobre par le collectif maracuja, pour sa deuxième date en phrase. Ce producteur originaire de Bucarest dirige le label DRG Series et est reconnu pour sa productivité sans faille, avec plus de 150 tracks produites au fil de sa carrière. Plutôt connu pour ses sets micro-house, le producteur nous livre ici une sélection de morceaux ambient qu’il envisage comme un exutoire dans le cadre de sa pratique du sport. Tour d’horizon et plongée dans l’univers de l’artiste.
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Marconi Union – Under Wires And Searchlights (Under Wires And Searchlights)

« J’adore partir courir entre deux concerts avec ce genre de tracks ambient, pour pouvoir me retrouver… La plupart du temps, les moments où je me retrouve seuls ce sont les fois où je suis dans les aéroports ou dans les avions, ce qui est aussi en soit une sorte de méditation active : regarder depuis la fenêtre de l’avion pour observer le ciel et notre belle planète. »
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Climatic – L’Horizzonte

« Le sport est essentiel pour moi, même si au final mon sport à moi consiste à courir pour choper mes vols en cas de retard et de danser dans des clubs autour de minuit. »
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AK – Icicle

« J’écoute beaucoup de tracks ambient car c’est hyper inspirant pour moi, même pour créer ma propre musique. J’aime le rythme de ce genre de morceaux ; ça permet de se libérer l’esprit et de vivre le moment présent ».
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Stev Gibbs – Adrift

« Je viens de finir un album qui devrait sortir en 2020. Maintenant je cherche de quoi faire la pochette qui correspond à ma vision… L’album sortira sur mon sous-lavel DRG LTD« .

 

SineRider – Moments Alone

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Les 8 ans de l’Iboat en loopings

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

L’Iboat s’apprête à souffler sa huitième bougie les 28 et 29 septembre. Un anniversaire avec « une série de looppings » prévue pour célébrer comme il se doit un bateau et une équipe à qui l’on doit beaucoup pour le développement des cultures alternatives et électroniques à Bordeaux.

Crédit photo : Pauline Roquefeuil

Comme chaque année, le mois de septembre est pour l’Iboat l’occasion d’une double célébration. Celle de la fin de saison estivale qui marque le début d’une nouvelle et, surtout, une fête d’anniversaire. Né en 2011 d’une volonté d’offrir aux bordelais un club défendant des esthétiques peu entendues tout en créant des ponts avec d’autres disciplines, le projet est devenu depuis une référence, tant au niveau local que national et au-delà. Comme l’explique son programmateur Florian, le lieu fait office de véritable « hub » pour les collectifs et promoteurs qui y ont été accueilli. En cela, le club a su accompagner l’évolution de la scène bordelaise et continue son chemin à travers un travail de programmation soigné, à l’image de celle de son huitième anniversaire.

Les 8 ans de l’Iboat : une programmation looping

Pour célébrer cet anniversaire, tout une série d’événements seront proposés durant le week-end du 28 et 29 septembre. Pour entamer tranquillement mais sûrement les festivités, une boum kids-friendly offrira la possibilité aux plus jeunes et à leurs parents de se déhancher tout en se désaltérant via un « bar à bonbons » qui devraient là aussi ravir petits et grands. Des ateliers DIY seront également mis en place lors de ce samedi après-midi. Le deuxième looping est en accès libre, en fin de journée, situé au niveau de la Dalle du Pertuis, avec en plus d’un BBQ une série de concerts-dj sets et notamment le retour de WhoMadeWho, formation pop électronique déjà croisée lors du Hors Bord, le feu-festival co-produit par l’Iboat.

Durant cette même soirée, l’Iboat soundsystem passera quelques plaques sur cette même dalle à quelques pas du bateau. Une fois terminé, direction celui-ci pour une soirée haute en couleur dans la cale avec un live de DMX Krew (récemment signé sur le nouveau label de Peggy Gou) et la présence du Soundsystem d’un des festivals européens les plus en vogue : Dekmantel. Un back-to-back entre Virginia et Steffi sera également à scruter de près, de même qu’un show drag de Maison Eclose. Enfin, pour clôturer ce week-end d’anniversaire, un brunch au bord de l’eau verra le jour le dimanche avec également un concert détente de Pantin Plage.
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Les clubs solidaires de l’Iboat du mercredi

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Cet été l’Iboat propose un nouveau format engagé et solidaire tous les mercredis soirs. L’idée à travers ce concept est de reverser les bénéfices de la billetterie (à prix libre) au profit d’une organisation avec qui la soirée aura été imaginée avec le club bordelais.

Club solidaire…

A l’arrivée de l’été, certains clubs ont pour habitude de proposer une grille de programmation spécifique, à travers des nouveaux formats. C’est le cas de l’Iboat qui, depuis 2011, se réinvente régulièrement avec divers concepts, notamment en période estivale. Pour cette saison 2019 ce sont les Clubs « with love » qui font leur apparition sur le programme du bateau bordelais. Chaque mercredi, c’est avec un organisme engagé et solidaire que sera imaginée la soirée. L’Iboat exprime ainsi son soutien à une association ou structure d’intérêt général en reversant l’ensemble des bénéfices de la billetterie à ce dernier.

Qui plus est, l’équipe du ferry met à disposition de cette organisation de l’espace et du matériel qui permettra d’expliquer sa démarche et donc sensibiliser le public présent ce jour-là. Un premier événement a ainsi mis à l’honneur Pratikable, « une association qui a pour objectif de valoriser le handicap à travers les sports de glisse et les sports à sensation ». Les prochains clubs with love seront quand à eux consacrés à Cap d’agir et Kfé des familles, dans les domaines de l’éducation et de la famille. Environnement, éducation, accueil… Ce sont ainsi une multitude de sujets qui seront mis en avant à travers ce format engagé pour la bonne cause !

… aux line up locaux

Au-delà de cette dimension solidaire, ces clubs du mercredi seront également l’occasion de (re)découvrir les talents artistiques locaux. Ce sont en effet uniquement des collectifs et artistes du coin qui sont conviés à l’Iboat lors de ces événements pour des all night long de minuit à 4 heures. En plus de soutenir la scène locale, l’Iboat diminue ainsi l’empreinte carbone de ces événements, bien en adéquation avec l’idée derrière ce format engagé.

Le 7 août, c’est Le Type Soundsystem (aka Birouette) qui jouera dans la cale de l’Iboat !

On a pu déjà retrouver FLTH lors du premier club sous cette forme, et on aura bientôt le plaisir d’aller écouter Remy Estera & Leroy Washington ou Timothy Curtis. Suivront ainsi Juniore du crew SUPER Daronne, ou encore Sisto Perez, Baron ou encore vos fidèles serviteurs puisque Le Type Soundsystem (aka Birouette) aura le plaisir de venir passer quelques disques dans la cale du bateau le mercredi 7 août !

Soirées SAFE ZONE à Bordeaux : quand la house reprend ses droits

dans ANNONCES/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS

Vendredi 5 Avril le Void viendra accueillir dans sa cave un nouveau format de soirées atypiques, les Safe Zone. Avec Electrocorp magazine comme lanceur de cette première résidence dédiée à la house et ses ramifications telles que le disco, il est ici question de remettre au centre la musique, le dancefloor, et surtout le plaisir. 

Comme à la maison

Tel est la philosophie de cette soirée qui affiche clairement la couleur en proposant un line up coup de poing, avec aux platines des figures locales mais pas que. Le bordelais Real J qu’on ne présente plus, fervent défenseur d’une house puriste et rétro, viendra nous faire groover méchamment, de quoi s’attendre à une sélection de qualité supérieure.

Le parisien Pierre Moritz, du label parisien Copie Blanche viendra faire tourner des galettes, et pour terminer le bordelais Scud de chez ElectroCorp qui nous promet une selecta soignée et esthétique.

Le dancefloor comme mot d’ordre

Le pari de la Safe Zone réside dans l’audace de proposer un line up sans ordre de passage, l’idée étant de ne plus se focaliser sur les djs, qui ne seront même pas visible pendant toute la soirée. Oublions donc nos disc jokey, dansons, fermons les yeux, ou fixons la boule à facette. Revenir à l’époque du Paradise Garage ? et bien pourquoi pas. Le mythique club, né dans les 70’s à New York et où officiait le célèbre Larry Levan était un temple de la piste de danse, mais aussi un espace favorisant les interactions sociales, avec un dancefloor ouvert.

Et puisque l’on parle d’interaction, oubliez vos stories Instagram, la soirée interdit l’usage des appareils photos des smartphones. Retour dans les années 70 et 80, on parle ici d’un revival, d’un bon dans le passé, d’un plaisir juvénile et d’une atmosphère qui se veut intimiste, sans culte du dj. De la house à ses sous-genres, de la deep au disco en passant par l’acid et autres pépites surprises, Safe Zone nous invite pour un voyage dans le temps, où le public sera au centre de la soirée.

Le Type vous donne donc rendez-vous ce vendredi dans la cave du Void, et on vous laisse avec un petit Megamix comme avant-goût… Let’s Dance !

  • Des places sont à gagner sur notre page Facebook, ça se passe ici.

Explorer les Nouveaux Mondes à l’Iboat

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS/LES NOUVELLES/MUSIQUE

Habitué des soirées aux programmations pointues et défricheuses, l’Iboat s’apprête à accueillir une nouvelle résidence, Nouveaux Mondes. En formant club, ces soirées proposeront une autre vision des musiques électroniques, plus ouvertes et globales, à travers des influences africaines, sud américaines ou orientales. Refusant l’étiquette trop réductrice de « world music » et désireux de casser les frontières habituelles de genres, Alix, programmateur de cette résidence, nous livre ici sa vision du prisme musical qu’il entend défendre lors de ce nouveau cycle. Pour découvrir celui-ci, rendez-vous le mercredi 31 octobre pour une première date avec Esa Williams, membre d’Ata Kak et résident sur WorldWide FM.
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Le Type : Salut Alix, tu lances une nouvelle résidence à l’Iboat à partir du 31 octobre intitulée « Nouveaux Mondes » : peux-tu nous présenter le concept ?

Alix : Salut Le Type ! En réalité, c’est un format qui existait déjà à l’IBoat, il y avait eu deux éditions et j’avais joué sur la seconde avec Awesome Tapes From Africa et Joe. C’était vraiment cool, car c’était la première fois que je faisais un set dans un club sans jouer de musique électronique. Et le concept c’est un peu ça, proposer un format club avec une programmation qui ne se limite pas à la musique électronique. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de musique électronique, c’est plutôt qu’on essayera de casser les frontières habituelles pour laisser place à des influences larges. Je n’aime pas trop résumer la programmation avec le mot « world music » car c’est un peu un mot fourre tout… mais ça résume l’idée qui est d’apporter des influences africaines, sud américaines, orientales, etc. à la programmation de ce format. On aura aussi une scénographie sympa, je n’en dis pas plus.

Justement, le nom même de la résidence « Nouveaux Mondes » semble renvoyer indirectement aux « musiques du monde » (world music) dont tu parles. Une appellation assez contestée et contestable car renvoyant à un imaginaire hors-Europe un peu trop englobant. Quelle est ta vision sur cette question et sur le regain d’intérêt pour ces esthétiques, qu’on peine finalement souvent à décrire ?

Je pense que, de manière générale, les gens confondent les influences géographiques et le genre musical, ce qui entraîne cette contestation de l’utilisation du terme « musiques du monde » de façon générique. Mais la musique n’est pas toujours facile à décrire, donc on utilise les mots que l’on connaît, et que l’on comprend surtout ! Généralement, dès qu’on touche à des esthétismes musicaux spécifiques, qui ne sont pas prioritairement destinés au grand public, ça peut vite être compliqué de mettre les mots justes dessus.

Concernant la hype actuelle autour de ces genres musicaux, en soit, ils ont toujours été utilisés à des fins festives. Alors ça a du sens que dans l’univers du clubbing et de la musique électronique en général, ils soient aussi utilisés pour faire la fête. Il fallait juste quelques bons DJ qui sachent amener ces styles sur le dancefloor, pour habituer et éduquer le public. Certains médias ont joué un rôle important aussi.

Tu penses à quels médias en particulier ?

En Europe on pense bien évidement Worldwide FM la radio de Gilles Peterson, qui a proposé des résidences à tout un panel d’artistes venus des quatre coins du monde, qu’ils s’agisse de légendes vivantes ou d’artistes de la nouvelle génération. Ou encore des blogs comme Stamp the Wax ou The Ransom Note qui ont fortement participé à la promotion de cette scène mêlant de la musique aux esthétiques électroniques à des influences géographique multiples. Certains artistes ont également développé leur propre formats blogs comme Awesome Tapes From Africa ou bien Dj Okapi avec AfroSynth.
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Justement, peux-tu nous citer quelques noms d’artistes qui gravitent dans cette galaxie musicale et que tu aimerais bien voir participer à une date de « Nouveaux Mondes » ?

La liste est longue ! En live j’adore BCUC, Konono N°1, Mark Ernestus’ Ndagga Rhythm Force, Vaudou Game, Voilààà Soundsystem, Africaine 808, Femi Kuti, Ebo Taylor, ESG, Ata Kak, Pat Thomas… Pour les dj je pense à Mafalda, Dj Okapi, Sassy J, Sadar Bahar, Mr Bongo, Analog Africa, Auntie Flo, Alma Negra, Selvagem, Onsulade, Antal, Vakula, etc. Je m’arrête la !

Concernant la première date, c’est donc Esa, leader du groupe Ata Kak, qu’on retrouvera derrière les platines. Tu peux nous en dire plus sur cet artiste et pourquoi ton choix s’est orienté vers lui ?

Esa Williams, c’est un artiste que je suis depuis un bail, je l’avais découvert grâce à son premier EP d’edits sur Highlife, il y a 4 ou 5 ans. On voulait le programmer pour Bordeaux Open Air invite Londres, mais on était finalement parti sur Mafalda, donc c’était logique de penser à lui pour Nouveaux Mondes. C’est un artiste multi-casquettes, originaire de Cape Town en Afrique du Sud, vivant maintenant à Glasgow, où il a collaboré avec les artistes majeurs de la scène locale comme Auntie Flo, Jonnie et Keith de Optimo, ou bien Andrew Thomson le boss de label Huntleys + Palmers. Résident sur Worldwide FM, il sortait en 2017 un EP archi solide sur Dekmantel. Il est également aux commandes des machines et boites à rythmes sur le live ghanéen Ata Kak, remit sur le devant de la scène en 2015 grâce à une réédition sur le label de Awesome Tapes From Africa. Il est également investit dans des programmes éducatifs axés sur la musique électronique à Cuba, en Afrique orientale et en Afrique du Sud.
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Pour accueillir cette résidence, le choix de l’Iboat s’est fait naturellement ?

Alors comme je te disais, la résidence existait déjà. J’avais joué sur la seconde édition, puis Florian le programmateur club du bateau m’a proposé de m’investir davantage sur le projet, en tant que curateur. Ça fait m’a fait vraiment plaisir, car ça fait un moment qu’on bosse ensemble et j’avais envie de développer un projet à l’Iboat avec lui, donc j’ai tout de suite accepté !  L’Iboat est un lieu qui peut faire à la fois des formats club et concert, donc les possibilités artistiques sont tout de suite plus larges en terme de programmation. On peut imaginer des projets live, sans faire de concession sur l’accueil technique des groupes.

La « scène » que tu souhaites valoriser avec cette résidence est-elle représentée à Bordeaux selon toi ?

Bien sûr que cette scène est représentée ! On retrouve ce genre d’esthétisme sur la programmation de collectifs locaux comme L’Orangeade, tplt, Ciao!, Super Daronne, À l’eau, etc.  Ou encore des festivals comme Bordeaux Open Air, Hors Bord… Attention, de ce côté Bordeaux n’est pas en reste, mais selon moi il manquait un rendez-vous club récurent autour de cet univers artistique.

Au-delà des collectifs et festivals que tu cites, comment tu situes Bordeaux par rapport aux autres villes sur la carte des cultures électroniques en France ?

Objectivement, on est pas trop mal ! Paris et Lyon restent clairement les capitales de la musique électronique en France, de part le nombre de lieux, collectifs, labels, festivals, etc. qui animent les scènes locales. Mais l’été 2018 a été assez impressionnant à Bordeaux, dans le même week-end on pouvait retrouver : Chez Damier en open air avec Ciao!, Bordeaux Open Air invite New Delhi au Jardin Public, Around the World ou Good Block à la friche exploitée par L’Orangeade, la team
Baleapop invitée par tplt aux Vivres de l’art pour Le Verger, Omar S à l’IBoat pour leurs 7 ans…  J’ai hâte de voir ce que les Bordelais prévoient pour 2019 !

Pour finir, tu peux nous parler de Parade Studio, à l’origine de la très belle identité visuelle de Nouveaux Mondes ?

Alors, Parade Studio, ça fait un moment que je suis leur travail, et je n’avais jamais trouvé l’occasion de bosser avec eux. Je les ai contacté pour la résidence, on est allé boire une bière et on a tout de suit accroché musicalement, donc bosser avec eux avait du sens ! Ils font pas mal de création graphiques dans la musique : Grand Coeff, Moonrise Hill Material, More Festival, la residence Wonder au Warehouse à Nantes, Nuits de la Filature, et j’en passe ! Le mec derrière ce studio est hyperactif, il est à l’origine du blog le Tournedisque, la marque de sape Pavane, la web radio Prose, etc…  Bref c’est le début d’une belle collaboration !

Merci Alix ! Un dernier mot à ajouter ?

Allez checker l’émission de ESA sur Worldwide FM, c’est une mine d’or !
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2×1 places : SUPER Daronne w/ Jesse Bru @ IBoat 01/06

dans ART ET CRÉATION

L’IBoat accueillera jeudi nos Daronnes et Jesse Bru pour un sacré plan qui ravira les amateurs de house. La Daronnerie reprend du service, et on répond à l’appel. Depuis quelques mois, ce jeune collectif distille du groove un peu partout dans Bordeaux. SUPER Daronne, c’est quatre mecs amoureux des belles sonorités qui partagent avec fougue leur ivresse musicale. Les gars investissent une seconde fois la cale de notre boat de prédilection. Et comme une daronne ça fait jamais les choses à moitié, on te file des places pour venir groover en famille. 

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SUPER Daronne revient à l’IBoat avec Jesse Bru, un artiste aux qualités multiples qui navigue entre house, soul et hip hop. Alliant une house sophistiquée à un univers énergique et complexe, il crée ainsi des sets uniques et enivrants. Un choix audacieux et qui exprime la volonté de SD d’offrir des moments de qualité à la faune bordelaise. Les Daronnes ont toujours raison. On leur fait donc confiance pour nous emporter loin dans le groove et nous ravir de bonne humeur. Tu viens ? On te file deux places.

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▬▬▬▬ INFOS PRATIQUES▬▬▬▬

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 Pour gagner ta place pour la soirée ; like la fanpage du Type et like le post concernant le jeu concours ou envoie un mail à
contact@letype.fr en objet « SUPER Party 01/06 »
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[PARIS] 3 x 2 places : Discothrill 3rd Year Birthday

dans ART ET CRÉATION

Parisien-nes, tu n’es pas sans savoir qu’une partie du Type a immigré dans la capitale. Ces Types là, tapis dans l’ombre, ont tâché de chercher de nouveaux poulains à suivre, des perles à défricher que tu pourras suivre à Paris comme à Bordeaux. Et on commence cette nouvelle quête avec son premier amour nocturne : DISCOTHRILL. 

Cette histoire là, elle commence de jour, on ne saura plus trop vous dire dans quelle circonstance, on peut juste vous donner un nom : Paul Castera. Un néo-dandy, assez discret, dont on ne saurait déterminer ni l’âge ni les cercles dans lesquels il évolue. Tout ce qu’on sait c’est que planqué derrière son PC, le bonhomme chapeaute ce qui s’avérera très vite pour Le Type des soirées qu’il ne ratera pour rien au monde. Planqué derrière son PC, on devine un parcours de fou, les yeux rivés vers le turfu comme il le dit si bien, pendant des pauses clopes, qu’il nous taxe (bien trop) souvent. Le reste du crew, Le Type les a vu plus tard, imbibés sans doute, sûrement, et le mystère est toujours là : qui sont-ils ? d’où viennent-ils ? quelles sont leurs relations ? On ne sait pas. Le Type est en train de mener l’enquête.

Le 18 mars, Discothrill fête ses 3 ans au Wanderlust.
On commence l’enquête ici ?
On a 3 x 2 places à t’offrir.
Ci-dessous, notre aftermovie préféré.

Lieu du crime ? Le Wanderlust

Avec qui ? Un gang de DJs armés de références hip-hop, trap, r&b, house, funk et nu-disco à savoir les piliers du collectif :  LeMarquis, Kource, ALVY et DiscoRazor.

Pourquoi on y va ? Parce qu’on y danse ! Et en 2016, des soirées où tous les corps se meuvent, c’est tout ce qu’il nous faut.

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Tirage au sort le 17 mars 

2×1 places à gagner : Tacky & Hoejeon Soli @ Bootleg 20/11

dans MUSIQUE

Plateau 100 % bordelais vendredi au Bootleg avec Tacky et le duo Hoejeon Soli (pour 3 heures de set) qui officie au sein du collectif TPLT et qu’on a l’habitude de croiser dans d’autres lieux à Bordeaux à l’instar de l’Iboat (où ils tiennent leur résidence Fields). Entre house et techno, les trois artistes auront à cœur de nous faire danser toute la nuit, et pour cette soirée qui met à l’honneur la scène bordelaise, le Type se devait de soutenir cette manifestation et d’offrir comme à son habitude des cadeaux : 2×1 places à gagner !

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Salut c’est cool + Cuir!Moustache + BAADMAN @ Iboat

dans MUSIQUE

Wooooow c »est le premier article de la rentrée ! Le Type est de retour ! Et il le marque en grande pompe, après plusieurs semaines d »absence pour cause de rentrée / déménagement / repos forcé post-festival, en t »annonçant une soirée club qui vaut bien le détour. C »est à l »Iboat que ça se passe, vendredi 20 septembre, et ça promet d »être cool, poilu et transpirant de sueur avec…

Salut C’est Cool

La première fois que Le Type a entendu parler de ce boys band parisien, ce n »était pas avec leur hit « Allez viens » mais avec « Ces sentiments » entendu au cours d »un apéro improvisé par deux membres de l »obscure Armée Rouge. SCC_BandeauIl ne s »était pas vraiment attardé dessus – bien qu »il s »était bien marré à écouter ces paroles au 60ème degré sans trop savoir s »il s »agissait d »un véritable projet musical ou d »un énième délire. Mais ça…c »était avant de les voir allumer les Vivres de l »Art à l »occasion du festival Relâche. Finalement, le phénomène du web se concrétise sur la scène avec une aura fédératrice qui marque au fer, une production décalée, certes, mais dont le message régressif appelle à la fête et redore le blason de la coupe mulet – enfin presque.

 

CUIR! MOUSTACHE

CUIR! Toi qui croyais que les soirées CUIR! MOUSTACHE étaient devenues trop mainstream pour être fréquentées CUIR! Sache que l »hymne de Pan Pan Master et de Grand Pamini dépasse aujourd »hui le million et demi d »écoute – et oui CUIR! MOUSTACHE ! Cuir_Moustache_BandeauOn aime ce concept qui désinhibe la hype et propage du fun en barre CUIR! Que tu sois plus Hugh Hogan, Chuck Norris ou Dali, viens fièrement bouger ton corps…et ta moustache CUIR!

 

BAADMAN

Arthur a 17ans. Arthur vient de Caen – et oui encore un ! Baadman_BandeauEt Arthur fait sensation partout où il passe que ce soit Cargö dans sa ville natale, Les Planches à Deauville ou Vauban à Brest. Comme si être le chouchou de clubs prestigieux ne suffisait pas Arthur sait s »entourer : on peut le voir régulièrement avec The Bloody Betroots, Something à la mode, Beataucue ou encore Busy P – rien que ça…On dit que le diable habite autant ses propres productions que ses remix tirés d »influences diverses qui ne te laisseront pas indifférent.

 

Alors ? Ça en fait du beau monde hein ?! Ça vaut la peine de rater le dernier tram non ?!

Sub Pop Night – Not the best but pretty good @ iBoat

dans MUSIQUE

Entre deux festivals Le Type pose son sac à dos et sa tente 2 secondes quelques jours à la maison. Si ses salles de concert favorites prennent un repos bien mérité en vue de la programmation de ouf malade qui nous attend à la rentrée, un club flottant subsiste, infatigable. Et oui l’iBoat est toujours là et sa programmation d’été détonne ! Avant de reprendre la route pour son prochain festival, Le Type t’invite à l’accompagner à la soirée d’un label mythique : Sub Pop – ouais, produire le premier album de Nirvana ça fait de toi un label mythique quand même.

Alors le 16 juillet, aller sur la côte c’est dépassé ! Prend le tram avec nous, viens à Bassins-à-flot pour une projection, un concert et une expo placés sous le signe du soleil, de la bière et du punk.

Au programme…

Le label Sub Pop vu par le fanzine Rad Party

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Le nom vous dit peut-être déjà quelque chose, des planches d’illustrations du fanzine sont exposées à Total Heaven du 5 juillet au 31 août. Rad Party c’est un fanzine fait main, du DIY des 90’s, tenu par Stéphane Delevacque depuis 1991. On le résume en ces termes : « de la musique, bien sûr, beaucoup de lecture, de la passion, mais aussi et surtout des histoires faites d’espoirs et non sens… ». On nous parle aussi de piles de disques trop nombreuses pour être citées et d’une consommation importante de café. L’expo est à l’initiative de Guillaume Gwardeath pour l’association Mugwork en partenariat avec Kicking Radio. A l’occasion de la Sub Pop Night, le fanzine revient sur l’histoire du label, le tout en dessin.

Un concert unplugged de Billy the Kill

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Billy the Kill
aka Fred Alerat ne tient pas en place. Il est le chanteur et le guitariste du groupe Billy gaz station, il a été le bassiste de Second Rate puis des Lost Cowboy Heroes et des Waterguns. Depuis quelques années il tâte de la gratte en solo et explore des univers parfois bluesy, parfois folk, power pop ou rock. Après Love Fortune Wheel et Joy Sex and War, un nouvel album a vu le jour cette année : An open book with spelling mistakes. Financé grâce à Kiss Kiss Bank Bank, cet album nous expulse quelque part entre Jacksonville et Seattle, dans de grands espaces quasi désertiques que nous traversons avec des mélodies mélancoliques et des paroles crève-cœur dans la tête.

Un live déchaîné des The Thermals

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Tout droit venu de Portland, ce trio post-pop-punk nous promet une soirée désordonnée, sauvage et brute. Depuis 2002, cette formation basse, guitare, batterie a juste ce qu’il faut pour embraser une scène. Pour la petite histoire, Desperate Ground, le dernier album des The Thermals, a été achevé quelques heures avant que l’ouragan Sandy ne ravage Hoboken, dans le New Jeysey – lieu où ils travaillaient l’album avec John Agnello aux commandes (Dinosaur Jr, Sonic Youth). Peut-on alors parler d’un signe ? Parce que cet album est tout aussi ravageur qu’un ouragan : il appelle à la destruction, à lutter contre des forces qui nous dépassent et rend hommage à tout ce qu’il y a d’impitoyable dans la guerre et la mort. Youpi ! Vous vous en souviendrez, on vous le garantie !

Mon salon en plein air #2

Pour clôturer cette soirée tranquillement, histoire de sécher ta sueur et de recoller ton dentier, tu pourras chiller dans un transat avec une blonde en regardant une compilation de clips signés Sub Pop Video Network et Acquired Taste. Ça promet d’être bon quand tu apprécie le punk et le grunge avec du Nirvana, Tad, Mark Lanegan, The Shins ou encore The Walkabouts – c’est loin d’être exhaustif il y en a pour 75’ de clips.

Sub Pop Night
iBoat
A partir de 19h
5€ – pour tout ça oui !

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