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Bordeaux

Avec son format Domingo, l’IBOAT conjugue dimanche avec fête

dans DIVAGATIONS LOCALES/VIE DE QUARTIER

L’IBOAT lance son nouveau format ; Domingo. Avec une petite particularité ; les festivités auront lieu le dimanche. Relativement rafraîchissant à Bordeaux, ce club dominical prolonge le temps de la fête et vise à « abolir la déprime » de fin de semaine. Premier épisode le 8 décembre avec un plateau 100 % local, et gratuit (avec invitations à retirer juste ici) !

Crédit photo : felibrilu

Quel meilleur remède à la classique déprime qui guette du dimanche ? L’IBOAT a la solution ; prolonger le week-end et investir nos après-midi dominicaux. Adepte des changements de rythmes, du défrichage de nouveaux formats et de l’extension du domaine de la fête, le club bordelais lance Domingo. Avec ce nouveau concept festif en ville, l’équipe du bateau vient combler un manque à Bordeaux, à l’heure où les événements diurnes ont largement démontré l’engouement qu’ils suscitaient.

Un premier Domingo dédié aux locaux

Le premier volet de cette fête dominicale aura lieu le dimanche 8 décembre. De 16h00 à 23h59, 3 collectifs locaux se succéderont aux platines pour faire danser les aficionados de la fête sans frontière de temps. Le crew de Bordeaux Open Air – habitué des dimanches à travers la série d’événements organisés dans les parcs bordelais tout au long de l’été – partagera le deck avec SUPER Daronne ainsi que le collectif Amplitudes.

Cette première teuf du dimanche, gratuite et dédiée aux acteurs locaux, l’IBOAT compte bien en faire un véritable rendez-vous pour le public bordelais. Le ferry n’en est d’ailleurs pas à son premier coup d’essai concernant le dimanche, puisque son équipe l’a déjà expérimenté avec concerts, marchés, propositions food et apéro.

Le dimanche, la fête est plus folle ?

Ce format dominical, d’autres clubs français l’ont déjà éprouvé. Ça a pu être le cas par exemple de l’institution parisienne (feu) Concrete. Au-delà de sa licence 24 heures qui lui avait permis de rester ouverte non-stop tout le week-end, la célèbre péniche s’était lancée et fait connaître dès 2011 grâce à ses dimanches et ses fêtes bi-mensuelles organisées de 7h00 du matin à 1h00 le lundi matin… Une expérience club appréciée des fêtards qui pouvaient l’envisager comme un after idéal pour terminer le week-end.

Mais au-delà de la dimension « after » de cette journée, c’est une toute autre expérience qui peut y être insufflée. En France, Le Sucre fait ainsi figure de pionnier sur ce terrain-là. Depuis 2013, cette institution des nuits lyonnaises propose également des événements diurnes le dimanche qui connaissent de véritables succès grâce à une programmation de poids-lourds de la musique électronique mondiale. Rien que sur le mois de novembre on a pu y voir défiler The Black Madonna, MCDE (Motor City Drum Ensemble), John Talabot, Boys Noize, Peach, Robert Hood… Le club affiche d’ailleurs régulièrement complet sur ces journées baptisées S. Society. De quoi présager de belles choses pour Bordeaux qui ne peut que voir d’un bon œil cette extension du domaine de la fête…
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La teuf La Bordelle célèbre la scène queer à Bordeaux

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Samedi 23 novembre, la Salle Des Fêtes Bordeaux Grand-Parc accueille la deuxième édition du Bal Queer. Derrière cette fête libre, pop et colorée, on retrouve le collectif Bordelle, activiste de la scène locale qui milite notamment pour une meilleure visibilité et représentativité des artistes queers en ville.
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La fête, objet politique ? C’est en tout cas l’une des dimensions des événements de Bordelle. Actif depuis quelques années en ville, cette réunion d’activistes entend promouvoir une autre idée de la fête, vectrice de valeur d’ouverture et de diversité. À l’heure du cloisonnement de certaines scènes, d’une forte augmentation de l’intolérance, de la multiplication des agressions transphobes (déjà plus de 330 victimes selon l’équipe Transrespect versus Transphobia Worldwide ), il est urgent de promouvoir ce genre de fêtes mixtes, inclusives et militantes.

De plus en plus de collectifs français œuvre à la mise en place de tels « safe space », à l’image par exemple des lyonnais de Plus Belle La Nuit à l’initiative des soirées à succès Garçon Sauvage au club Le Sucre. À Bordeaux, c’est donc Bordelle qui œuvre en ce sens depuis maintenant quelques années dans divers lieux de la ville. Associé à Cinémarges et à l’association Bordeaux Rock, le collectif queer a développé ses propres événements, constatant un manque à Bordeaux sur ce terrain-là. À coup de paillettes et surtout de hack « des genres, des normes, des lieux, des corps », le crew promeut et défend les cultures LGBTQI+ dans toutes leurs dimensions, tout en luttant fermement contre toute forme d’exclusion et d’intolérance.

Un bal queer festif et bienveillant

La prochaine manifestation célébrant cet état d’esprit se déroulera le samedi 23 novembre, à la Salle Des Fêtes Bordeaux Grand-Parc. La deuxième édition du Bal Queer, organisé par Bordelle, mettra la fête à l’honneur grâce à une programmation diversifiée, jouant sur plusieurs esthétiques colorées. En tête d’affiche, c’est Corine et sa disco tendance pop qui régaleront le public, quelques semaines après le passage de l’artiste à l’Olympia à Paris.

La soirée verra un certain nombre d’autres artistes se succéder, avec Gnučči, une artiste-performeuse suédo-yougoslave qui envisage sa musique comme une plateforme pour soutenir différentes causes, à l’image des raves antifascistes dont elle a l’habitude. On retrouvera par ailleurs sur le line up Nyoko Bokbae, du label Boukan Records (celui de Bamao Yende) qui considère la sape comme l’une des dimensions de leur projet et qui ont récemment joué au festival parisien Loud & Proud qui célèbre lui aussi les cultures queer.

Le co-fondateur du crew d’artistes hyper créatif House of Drama Igor Dewe sera aussi de la partie ; le performeur et chanteur devrait présenter un show bien explosif. Lolla Wesh officiera pour sa part en maîtresse de cérémonie. Véritable figure des internets, drag queen et militante LGBTQI+, l’artiste (révélée par Brain) est habituée des one-woman-show. Enfin, les performances des locaux Maison Éclose viendront agrémenter la soirée à coup d’apparitions, remplies d’amour et de bienveillance.
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Exposition Courts-Circuits, quand les œuvres d’arts se baladent en ville

dans ART ET CRÉATION
Isaac Cordal

Le 14 novembre dernier, Le Type s’est rendu au vernissage de Courts-Circuits, une exposition d’art urbain inédite menée par l’artiste Rouge aux côtés de la Fondation Desperados pour l’Art Urbain. Cette soirée a été la seule occasion de voir les œuvres dans une galerie. En effet, elles seront ensuite visibles par tous dans les rues de Bordeaux au gré des balades des 6 amateurs d’art sélectionnés pour acquérir une œuvre et s’engager à la montrer dans la rue.

Crédit photo : Non-lieux de Isaac Cordal, par Luna Omer-Verny

Courts-circuits une œuvre collaborative qui démocratise l’art urbain

C’est l’artiste bordelaise Rouge qui a pensé cette œuvre singulière et collaborative en invitant cinq autres artistes d’arts urbains internationaux. Ainsi, Madame, Manolo Mesa, Isaac CordalMatth Velvet et Rero, ont été choisis pour leur capacité à produire des œuvres d’arts variées, permettant de créer un lien avec les passants, de raconter une histoire. Tous avaient pour consigne de présenter quelque chose de “beau”. Bien que subjectif, c’est le mot utilisé par Rouge qui est convaincue que c’est cette forme de beauté, de sensualité, qui est nécessaire pour approcher le public. Le point de départ était de proposer une exposition sans lieu de présentation, revenir à la définition première de l’art urbain : art réalisé dans la rue ou dans des endroits publics, à la vue de tous.

Les artistes urbains, pour des raisons économiques, sont souvent contraints de suivre les conventions propres de l’art et de réaliser des œuvres, dites d’atelier, destinés aux expositions classiques. Rouge s’est donc demandé si ces œuvres d’atelier pouvaient être produites pour l’itinérance dans l’espace public et ainsi outrepasser les conventions établies. C’est sur cette question que Courts-Circuits est né, chahutant les codes traditionnels du monde de l’art, l’exposition cherche à rendre à la rue son art, souvent sacralisé et cantonné à des espaces clos. 

Cette œuvre collaborative et expérimentale a également pour but de montrer l’art là où il n’est pas vu, d’aller au plus proche de ceux qui n’y ont pas forcement accès. Il y a une volonté de créer du partage, du dialogue, des rencontres, de l’émotion. Sortir les œuvres dans la rue, afin qu’elles s’enrichissent de toutes ces rencontres, de tous ces regards, de leurs potentiels accidents, et qu’elles sèment un peu d’elles-mêmes tout au long de leur chemin. 

Volée pour pièces / Stolen for parts de Matth Velvet. Crédit : Luna Omer-Verny

Rouge, artiste bordelaise revendiquant l’accès de tous à la culture

En 2014, Rouge est diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux avec les félicitations du jury qui avait déjà perçu un talent émergent. Le lieu, le milieu urbain et ses précarités avaient fait l’objet de ses recherches. Il y avait déjà un questionnement sur l’espace public et sur la question de la propriété. En sortant de ses études, elle se rend compte que le dessin et la peinture représentent un langage immédiat, qui saisissait le passant et qui permettait de nouer instantanément un dialogue avec n’importe qui dans l’espace de la ville. Un art qu’elle a commencé très tôt, qu’elle a pu travailler tout au long de sa vie pour pouvoir s’exprimer à travers le dessin et la peinture. Rouge développe des techniques multiples ; de la peinture à la linogravure en passant par le découpage, un travail d’une grande maturité pour une jeune artiste qui maîtrise avec brio plusieurs techniques et supports.

Rouge est une artiste de la ville, on retrouve dans son œuvre des visages, des corps de la mélancolie mais aussi de l’espoir, un travail très dense, difficilement qualifiable, que Rouge compare à nos vies contemporaines. Ses intuitions la mènent vers des représentations du quotidien, il y a dans ses œuvres une certaine vacuité, des passages à vide, des identités morcelées, des choses floues à l’image de nos vies. Privilégiant les ateliers, expositions, et interventions collectives, Rouge développe aujourd’hui un travail intuitif déterminé par ses conditions d’apparition dans un espace social, architectural et culturel donné. 

“Au carrefour entre la réalité économique de l’artiste et la nature gratuite et irruption de l’art urbain, j’ai imaginé Courts-Circuits : proposition où l’engagement devient valeur d’échange, où les jeux de propriétés suspendent l’œuvre hors de toute spéculation et où des œuvres d’atelier prennent la rue comme terrain de jeu.” – Rouge 

L’artiste Rouge. Crédit : Luna Omer-Verny

La Fondation Desperados pour l’art urbain, met en lumière les artistes émergents. 

C’est la Fondation Desperados pour l’Art Urbain qui mène avec Rouge cette exposition, une collaboration qui fait sens puisque Courts-Circuits fait écho aux valeurs et à l’ambition de cette fondation : rendre le street art accessible au plus grand nombre. Crée en 2018, elle articule son action autour de deux missions principales : la promotion et la diffusion de l’art urbain dans l’ensemble de la société, et le soutien à la création artistique et l’accompagnement d’artistes moins connus. 

Fondation Desperados

Ce vernissage a donc été l’occasion de remettre aux 6 amateurs sélectionnés les 6 œuvres qu’ils garderont à vie après les avoir promenées sur le pavé bordelais. Finalement, Courts-Circuits, c’est une façon d’aller vers des publics différents en « court-circuitant » les parcours classiques (galeries, musées et autres) et en instaurant un circuit court entre l’artiste et les amateurs.

BT59 : nouveau nom & programmation pour le club de Bègles

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Le BT59, l’un des plus anciens clubs électroniques locaux en activité, a profité de l’été pour se remettre à neuf. Nouveaux propriétaires, nouveau nom et nouvelle programmation pour le lieu : une excellente nouvelle pour les nuits bordelaises.

Crédit photo : Luna Omer-Verny

Refonte visuelle

Les habitués ne seront pas surpris : le club s’appelle désormais simplement « BT », un nom déjà adopté par les fêtards bordelais depuis longtemps. Le lieu a été racheté avant l’été, et l’équipe a mis la saison à profit pour l’améliorer. Ainsi, la décoration et l’éclairage de la salle comme de l’espace extérieur ont été revus, et un nouveau bar a également été placé à l’extérieur, utile pour réduire l’attente des fêtards au comptoir.

Un large spectre musical

Cette nouvelle identité vient bien sûr avec une nouvelle programmation qui vient piocher dans une très belle variété de courants électroniques. Après plusieurs années orientées principalement vers la bass music, la trance et la techno, le BT s’ouvre à plus d’éclectisme sans oublier ses racines, en proposant un bon équilibre entre pointures et talents émergents. Les amateurs de techno froide et puissante seront ravis de retrouver des artistes comme UVB, boss du label Body Theory. Le très productif DJ et producteur français jouera le 6 décembre prochain en compagnie de Reka, Alienata et Laura BCR. Une autre affiche à surveiller est la date qui verra Pardonnez-Nous, Glitter et le duo Sheitan Brothers se succéder aux platines.

Le club ne s’arrête pas là et élargit son offre en invitant également d’excellents selectors. Les immanquables du genre : Josey Rebelle, dont les sets imprévisibles mélangeant techno, house et breakbeat ont régalé les dancefloors des plus grands clubs du monde, ainsi que Paul Woolford/Special Request, véritable maître du DJing à la technique irréprochable ou encore Victor Ruiz, populaire producteur basé à Berlin, fort de remixes pour des mastodontes tels que Moby ou Stephan Bodzin, ainsi que de sorties chez Drumcode ou Electric Ballroom. On laisse son incroyable Boiler Room de 2018 à Dekmantel parler pour lui. D’autres artistes tels que Mila Dietrich, française elle aussi, et ses inspirations EBM/Cold Wave ont foulé le lieu.

Le BT propose aussi désormais de très bons live, et il y en a pour tous les goûts. Claro Intelecto a déjà eu l’occasion d’y apporter sa dub techno/IDM avec son nouveau live. Kosh, signé sur l’excellent label marocain Casa Voyager, proposera son electro ultra pêchue, et le trio Lyonnais J-Zbel était récemment de passage pour vous renvoyer au début des années 90 avec leur musique mélangeant gabber, old school rave et drum & bass. Vous êtes prévenus, le BT frappe fort cette année, avec des bookings variés et recherchés qui amènent une fraîcheur bienvenue sur une scène bordelaise parfois un peu étriquée.

Autres affiches à surveiller au BT : Armless Kid, OCB, Elisa Do Brasil, Mayeul…

Café Mancuso : 2 ans et un weekend anniversaire

dans ANNONCES/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/VIE DE QUARTIER

Le vendredi 8 et samedi 9 novembre, le célèbre café audiophile Le Mancuso soufflera ses deux bougies d’existence au sein de la capitale girondine. Deux soirées d’anniversaire où la musique sera à l’honneur, avec la présence de pointures venues d’ici et d’ailleurs. Le Type à pu s’entretenir avec Guillaume, dj et co-fondateur du café, l’occasion de faire aussi le point sur ces deux dernières années.

Une belle intégration à la vie bordelaise

En devenant le premier restaurant audiophile de France, le café Mancuso a su attiser la curiosité à la fois d’esthètes, de mélomanes mais aussi de novices, en proposant un des meilleurs système son de l’hexagone dans cette catégorie d’établissement. Ouvert en 2017 par deux passionnés de musique et de gastronomie Guillaume Taillieu et Phillipe Bonnet, et baptisé comme tel en l’honneur du new-yorkais David Mancuso, le café s’est petit à petit intégré à la rue Ravez, mouvementée par les travaux en tout genre, maintenant transformée et liftée. Difficile désormais de ne pas remarquer la belle et nouvelle terrasse inaugurée depuis cet été, et qui étend le café aux piétons. Proposant depuis deux ans une belle carte food, des plats variés et recherchés, ainsi qu’un sublime booth sonore en bois made in UK qui restitue une qualité sonore irréprochable, c’est maintenant l’une des meilleures adresse bordelaise, et même de France. Avec ses listening sessions qui débutent dès le milieu de semaine et s’étendent au weekend, c’est aussi un lieu d’expression pour diggers et fins sélecteurs, qu’il soient internationaux, français ou locaux.

Guillaume : « On voit par moment des personnes manger mais ne pas rester plus tard, traîner au café et écouter la musique. Ce que l’on veut c’est attiser la curiosité, faire découvrir tout un tas de genre musicaux qui peuvent parfois ne pas être forcément très accessibles ».

Un vrai acteur culturel local

Deux structures locales et culturelles logent au sein du café : le disquaire Le Boudoir Sonore, ainsi que la webradio Ola Radio, moteurs aussi bien de la vie du café, du quartier comme celle de la ville. C’est donc une véritable niche et un repère qui s’offre à tout fan de musique, confirmé ou en devenir. Le café devient donc un vrai lieu de découvertes et d’échanges culturels, une véritable interaction qui ne demande qu’à s’étendre.

Guillaume : « Entre le café, le Boudoire Sonore et Ola Radio, il y a une belle synergie, ça créé du passage. Autant avec la scène locale ou internationale, on sent qu’il y a une réelle passion pour la musique, c’est ce qui est important et de plus sans que cela efface le côté restaurant. »

Deux belles soirées annoncées, entre invités de marque et nouveau système son

C’est donc sur deux soirées que se déclinera cet anniversaire, et deux dancefloor. En effet le café sera divisé en deux, avec la Dancing room au rez de chaussée et dans le sous sol la Listening Room, habituellement réservé pour les soirées privées. Et la surprise ne s’arrête pas là, le café s’est offert un beau cadeau, ONKEN, tout nouveau système audiophile japonais, dévoilé pour l’occasion. Le tout couplé à deux amplificateurs à lampe, montés par les grecques de Tsakiridis Devices. De quoi nous régaler entre ambient, disco, funk, dub ou electro & more

Côté artistes, de belles invitations avec pour le vendredi :

Baron, dj et membre du collectif bordelais Crème fraîche, un fin sélecteur qui viendra ravir nos oreilles dans la Dancing Room, accompagné de Phil (co-fondateur du café sous son pseudo).

Fil rouge de ces deux soirées d’anniversaire, la venue exceptionnelle d’une figure importante de la scène Londonienne, le japonais Kay SuzukiProducteur depuis 2007, il explore une multitude de genres, allant du disco à la house, de l’ambient à la techno ou encore du jazz à la soul. Il est aussi un des membres fondateurs du Brilliant Corners dans l’est de Londres, restaurant audiophile dans lequel il officie aussi en tant que chef cuisinier. Supporté par des légendes comme Teo Parrish, David Mancuso ou Gilles Peterson, c’est une venue de prestige que s’offre le café Mancuso. Il sera suivi de Gui (Guillaume du Mancuso), pour un back to back de qualité.

Kay Suzuki

Le samedi : encore de belles choses avec Kay Suzuki qui remettra le couvert dans la Dancing Room. Coté Listening Room, deux amis du café et fins sélectionneurs de disques seront là pour faire voyager le public dans une ambiance plus délicate et immersive, Raphael Fragil, dont les apparitions se font rares (une venue en 2016 pour le Hors-Bord festival, et l’an dernier avec tplt), aux côtés de Guillaume Geneste aka Don Oscar, habitué mais surtout résident du café !

 

Raphael Fragil

Il ne vous reste plus qu’a courir au 24 Rue Ravez, start à 19h dès demain !

Infos et évènement facebook c’est par ici

Zoom sur 4 dates marquantes à venir au Hangar FL

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Le Hangar FL nous présente encore une fois un joli programme pour ces prochains jours. Depuis son ouverture en mars dernier, le Hangar FL propose une offre généreuse entre techno, hardcore, trance et bassmusic. Ce mois de novembre sera chargé et de nombreux artistes réjouiront les simples curieux comme les fins connaisseurs. De Kas:st à La Fine Equipe en passant par Paul Johnson invité par le collectif L’Orangeade, le Hangar FL promet de fameuses soirées quais de la Souys.
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F.L.O.Y.E.D, 9 NOVEMBRE

F.LO.Y.E.D, anagramme de Full Love Of Your Excitement Disorder regroupe plusieurs artistes techno et acid, Kas:st, Zadig, Antigone et Klash Point. Kas:st, ce duo français de musique techno basé à Barcelone, a sorti tout récemment son dernier album Road To Nowhere composé de huit titres. Le projet était de produire un son par mois, sur une année, afin de toujours expérimenter pour sortir leurs envies du moment.

Souhaitant faire émerger une émotion à travers leur musique Karol et Manuel produisent sans contrainte et déclarent “on n’a pas envie de faire de la techno “basique”, à savoir des tracks uniquement faits pour le club. Quand on compose, on aime vraiment que ça décrive une histoire.” Avant cela, ils avaient déjà monté leur propre maison de disques Flyance Records et composé pour d’autres labels importants comme Concrete Music avec leur EP Movement of Thought. Kas:st promet un set éclatant le 9 novembre prochain.
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MAISON CHAUDE AVEC PAUL JOHNSON, PAR L’ORANGEADE, 15 NOVEMBRE

L' »orgie musicale » proposée par L’Orangeade le 15 novembre se fera en compagnie de Paul Johnson, grosse figure de la ghetto house du Chicago underground ! Cette maison chaude promet une nuit électrique rythmée à coup de hit de house music légendaires, laissant « place à une fête libérée et libertaire ». Adepte des sauteries de la sorte, le collectif local hôte déroulera également ses propres galettes house et disco avec ses dj’s résidents jamais avares sur les portions de vibes qui régalent.
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LA FINE ÉQUIPE, 23 NOVEMBRE

La fine équipe est un groupe de quatre musiciens français, beatmakers et compositeurs de musique électro. Leurs influences hip hop et musique noire américaine toujours présentes dans leur dernier album 5th Season, sorti en avril, cohabitent toutefois avec des sons aux accents plus house et funky. Le groupe fait tomber les barrières des genres musicaux pour laisser place à leur passion commune du beatmaking.

Sur cet album, de nombreuses collaborations voient le jour, la chanteuse Modja pose sa voix sur le titre “Aurora”. Fakear est également invité sur 5th Season, un titre qui rappelle les sonorités du premier album Boulangerie sorti en 2008. Les quatre musiciens s’imposent en acteurs majeurs de la scène future-beat française et sont très attendus au Hangar FL le samedi 23 novembre.
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LA COLLECTIVE – 11 COLLECTIFS TECHNO RÉUNIS, 7 DÉCEMBRE

Deux mois après la première soirée des collectifs, le Hangar FL réinvite le meilleur des artistes techno bordelais. Toujours dans une optique de faire émerger les artistes locaux, 11 collectifs seront
présents le 7 décembre prochain avec entre autres les labels Canulera, Horizons, We are rave et Marée basse. Un line up local donc mais également familial puisque 25 heures et Stcl2m, les deux frères fondateurs du label Kobal seront de la partie et performeront en back-to-back. 25heures est un jeune bordelais, passionné de musique et ayant baigné assez tôt dans l’électro grâce à son frère ainé Stcl3m. En juin 2018 ils fondent tous les deux le label Kobal ce qui leur permettra de réaliser plusieurs prestations et d’acquérir une certaine visibilité.

Rocher de Palmer : 5 concerts à ne pas louper

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Le Rocher de Palmer de Cenon continue de nous surprendre avec un agenda bien rempli, varié et surtout musclé. Le Type s’est penché sur 5  concerts à venir prochainement, avec de belles surprises à la clé.
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Samedi 9 novembre : plateau rap 100% féminin, de Paris à Los Angeles

Le Rocher accueillera une figure importante du rap underground californien, et tout particulièrement de la cité des anges. Avec un premier album sorti en 2011, Reverie  s’est déjà intégrée il y a de nombreuses années à la scène rap indé de la côte ouest, plus précisément depuis l’âge de 17 ans. Cette jeune poète avait déjà les épaules pour porter haut l’étendard hip hop, témoignant de la dureté des quartiers, des problèmes personnels ou de la place des femmes dans le milieu de la scène rap. Il s’agit d’une artiste engagée et pacifique aux textes incisifs. Elle sortira ce 28 octobre son prochain album Where The Darkside Ends, avec son frère Louden qui la suit à la production depuis plusieurs années déjà.

Pour compléter cette soirée, ça sera la parisienne survitaminée Lean Chihiro. Avec son style inspiré de la culture geek et jap’, c’est une artiste encore une fois indépendante qui perce depuis maintenant plus d’un an, respectée par ses compères du game tel que Princess Nokia. Particularité pour cette rappeuse française, elle rappe uniquement en anglais, avec une maîtrise sans failles.

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Mercredi 13 novembre : joyeux anniversaire Archive !

Après 25 ans de carrière, le mythique groupe Londonien formé par Darius Keeler et Danny Griffiths revient avec un album rétrospectif collector et une tournée. Porte étendard du mouvement trip-hop tout comme Portishead dans les années 90, le groupe débarque en 1996 avec Londinium, emmené par la sublime voix de Roya Arab et du rappeur Rosko John. Le rapprochement avec Massive Attack semble évident mais le groupe ne s’en tient pas au trip-hop et va doucement glisser vers l’expérimental, l’ambient et le rock progressif tout au long de ces années. Après de multiples changements au sein du groupe, les diverses collaborations ainsi qu’une dizaine d’albums à son actif, Archive continue sa route, toujours chargé de cet aura spirituelle et émotionnelle, et une puissance intérieure qui lui donne encore et toujours ce statut de groupe légendaire.

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Jeudi 14 novembre : le retour de Monsieur Berger

Nous voilà peu de temps après sa tournée d’été, avec un passage non loin d’ici pour le festival vie sauvage, et Flavien Berger nous fait l’honneur de sa présence, invité par Night Cool. Un an après la sorti de Contre-temps, son troisième album qui a largement cartonné (élu notamment meilleur album de l’année par Les Inrocks), la surprise est tombée en juillet dernier avec la venue de Radio Contre-tempssorte de non-suite de son précédent album, entrecoupé de narrations en tout genre, ressemblant à un essai ou une ébauche qu’il invite à faire améliorer. Toujours plus fou, toujours plus lyrique, Flavien étonne par son approche psychédélique et profonde de la variété française et touche juste. Petit dernier du savant fou, « Deep See Blue Song« , titre faisant parti d’une BO, Deep See Blue Surrounding You/Vois Ce Bleu Profond Te Fondre composée spécialement pour l’exposition de l’artiste française Laure Prouvost, et présentée au Pavillon français de la 58e Exposition internationale d’art de la biennale de Venise. Habitué à mélanger les arts, il s’agit ici encore d’un panel de sonorités, mixture secrète bien gardée par son créateur. Bienvenue dans la matrice de Mr Berger…

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Vendredi 31 janvier : retour en 1999 avec le grand Yasiin Bey aka Mos Def

Back to 99’s. Belle époque que celle des grands du hip-hop, qu’ils viennent de la côte Ouest ou Est américaine. Mais quand il est question de ressortir un des albums les plus influents de son époque, ça ne rigole plus. Rebaptisé sous son nom musulman, Mos Def né Dante Terrell Smith et désormais Yasiin Bey, est bel et bien une légende vivante de la culture rap Us. Et il s’agit ici d’un événement tout particulier, les 20 ans de Black On Both Sidespremier album du rappeur, acteur et activiste né à Brooklyn il y a 45 ans. On y comptait déjà des featuring de poids comme Q-Tip du groupe A Tribe Called Quest ou l’incontournable Busta Rhymes. Grand défenseur de la cause noir et producteur hors pair, Yasiin Bey viendra ravir les fans de la première heure comme ceux de la dernière.

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Jeudi 17 février : Patrick Watson nous entraîne dans la vague

Le californien Patrick Watson, natif de Lancaster et désormais basé au Canada, viendra présenter son profond et bouleversant dernier album Wave, sorti le 18 octobre dernier. Composé dans une phase très dure de sa vie, le chanteur-compositeur et multi-instrumentaliste nous plonge dans un univers fragile et très touchant par sa composition et la beauté des textes. Voix connue à travers ses influences et ses collaborations (notamment sur le classique To Build A Home de The Cinematic Orchestra), nous voyageons entre pop, folk et rock tout au long de 10 sublimes titres, le tout produit sur le très bon label anglais Domino Recording (Animal Collective, Cat Power, Bob Moses, Arctic Monkeys, Jon Hopkins…).

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Infos Pratiques :

  • Agenda et billetterie du Rocher de Palmer, c’est par ici !

Entretien avec Florian, programmateur de l’Iboat

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Lieu culturel et club qu’on ne présente plus à Bordeaux, l’Iboat vient de fêter ses 8 ans à renfort d’une belle programmation, à l’image de ce qui est proposé tout au long de l’année en son sein. Témoin de la démocratisation des musiques électroniques en ville, l’équipe du bateau jouit depuis 2011 d’une notoriété sur ce terrain-là, et a pu observer l’évolution des mentalités, des styles musicaux et du changement de regard des pouvoirs publics vis-à-vis de cette culture. Se considérant comme « défricheur des cultures de marge », l’Iboat se voit d’ailleurs comme un « hub » à destination des jeunes acteurs et promoteurs locaux. À l’occasion de cet anniversaire, on a rencontré Florian, son programmateur, avec qui on dresse un état des lieux de la scène bordelaise, de l’émergence d’une multitude de collectifs et des divers épisodes qui ont jalonné l’histoire du club ; de l’expérience d’un festival à de récents formats réinventés en passant par une volonté de développer des activités hors les murs et des dates marquantes… Entretien fleuve.

Crédit photo : Miléna Delorme

Le Type : Salut Florian ; joyeux anniversaire à l’Iboat qui vient de souffler sa huitième bougie – comme Le Type d’ailleurs. En 8 ans, qu’est ce qui a changé à Bordeaux sur le plan des musiques électroniques selon toi ?

Florian : Joyeux anniversaire Le Type ! Au début de notre arrivée en 2011, on était plus ou moins seul, avec d’autres propositions différentes des nôtres. Le mythique 4 Sans venait juste de fermer. Entre temps, on a vu une volonté politique plus forte émerger petit à petit. De nôtre côté on a aussi fait un travail de relations publiques avec ces acteurs, qui ont depuis compris ce qu’on faisait, notamment musicalement.

Tu dirais qu’il y a un soutien des pouvoirs publics locaux envers les cultures électroniques et envers l’Iboat aujourd’hui ?

Oui, il y a un soutien et une volonté de comprendre la nuit avec des groupes de travail “Bordeaux la nuit” initié par la Mairie. C’est entre autre ce qui a changé en huit ans. On travaille main dans la main avec les collectivités, ce qui nous a permis de faire évoluer leur vision. On a fait des projets avec eux, comme par exemple avec la cathédrale de Bordeaux où on a mis en place un live techno gratuit. On a aussi déjà investit le CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux avec une nuit techno, là aussi en collaboration avec la ville.

D’autre part, ce qui a changé en huit ans c’est qu’au début on était considéré comme alternatif. Ce qui n’est plus forcément le cas aujourd’hui… bien que la programmation n’ait fondamentalement pas changé. Le terme « défricheur des cultures de marge » serait davantage adéquat pour définir ce que l’on fait. Effectivement, entre temps, les musiques électroniques se sont popularisées auprès du grand public en quelques années. Il y avait eu un premier cycle à l’époque de nos parents qui est retombé vers la fin des années 1990, et là on est dans la seconde vague. Aujourd’hui on est dans une sorte d’effet de mode qui à Paris est devenu un mouvement générationnel. À l’ouverture de l’Iboat on était clairement dans une mode techno berlinoise, et maintenant on peut dire que les musiques électroniques se sont divisées davantage en sous genre, avec en ce moment une visibilité plus forte de la house à Bordeaux comparé à Lyon. Les modes marchent souvent par cycles.

La différence avec la première vague de nos parents c’est l’avènement d’internet, chaque mouvement musical est toujours lié à une innovation technologique. Les machines ou les premiers ordinateurs pour la vague de nos parents. La démocratisation des ordinateurs personnels, le développement de logiciel de musique, l’internet pour l’écoute et le téléchargement des musiques immatériels, la diffusion de cette culture et cette musique qui n’est pas diffusée sur les grands médias.

Une autre chose qui a évolué en huit ans à Bordeaux c’est qu’on voit de plus en plus d’événements diurnes émerger (cet été il y avait Bordeaux Open Air, L’Orangeade, Le Verger…). Vois-tu cela comme une menace par rapport à l’offre club ? Observes-tu une inversion de la temporalité jour/nuit qui pourrait se faire ressentir en termes de fréquentation pour l’Iboat ?

Il faut dire qu’avec la volonté de la Mairie, il y a eu cet été un événement diurne consacré aux musiques électroniques chaque jours de la semaine ! Ces événements diurnes organisés par des associations sur l’espace public sont bien souvent gratuits et subventionnés par les collectivités à hauteur de 3000€ jusqu’à 50000€ pour certains.

Certains sont plus destinés au grand public tandis que d’autres sont plus de niche. C’est le cas du Verger qui vient de se terminer : c’était un événement qui s’adressait aux des aficionados de la musique et qui ont fait un travail remarquable. D’autres sont plus accessibles comme Bordeaux Open Air ou L’Orangeade. Vu qu’ils sont gratuits, il peut y avoir des personnes de tous les ages qui s’y rendent : un public plus large qui se laisse tenter par le jardin public transformé en dancefloor. Ils ont le mérite de sortir notre musique en dehors des clubs, de la populariser et de la promouvoir, loin de la musique électronique EDM qu’on peut entendre à la radio. De ce fait ces offres culturelles sont plutôt complémentaires avec l’Iboat puisque ces événements se terminent vers minuit, moment où le club ouvre. Certaines personnes qui s’y rendent ont souvent envie de continuer la fête et viennent chez nous. Pour nous il n’y a donc pas de changements par rapport à cela, voir une convergence.

À quelques occasions, on s’exporte aussi hors du bateau, début octobre, on a collaboré avec le FAB en proposant une programmation musicale électronique accompagnant leur QG à St-Michel. On a commencé à proposer cet été des formats Open Air sur notre nouvelle terrasse. Ces formats seront développés sur la nouvelle saison. On avait même eu la visite surprise de Terrence Parker un lundi soir, mémorable !

Bordeaux Open Air. Crédit photo : Miléna Delorme

On sent aussi à Bordeaux et dans d’autres villes une volonté du public de se rendre dans des événements moins contraints que des clubs, tels que des warehouse, comme les Demain Kollectiv, pour sortir du format club et expérimenter de nouveaux lieux. Le format club est-il encore pertinent en 2019 selon toi ?

Il y a de plus en plus de publics, avec un S à la fin. Effectivement, les musiques électroniques se sont popularisées, ce qui fait que les clubs se sont un peu gentrifiés. C’est un phénomène que l’on observe en France. Après, certaines personnes cherchent aussi d’autres expériences plus permissives. Essayer de re-vivres les premières raves des années 1980. Pour notre part, nous n’irons jamais dans l’illégalité avec la structure de l’Iboat. Chaque modèle a ces avantages et ces désavantages. Notre club est ouvert à l’année, avec des salariés professionnels en CDI. Nous payons notre loyer, les prestataires et toutes les charges liés à une entreprise du spectacle avec des périodes de basse saison et haute saison. C’est un fonctionnement beaucoup plus lourd à porter que de faire des one-shots avec des bénévoles ou du personnel payé à l’heure.

Les deux types d’expérience sont fondamentalement différent dans leur fonctionnement. Notre façon de nous différencier, c’est d’être le plus professionnel possible, de se renouveler constamment et d’inviter les meilleurs artistes internationaux à bord. C’est mon positionnement : accueillir les meilleurs artistes internationaux, connus ou en devenir. C’est aussi d’accueillir le public avec un sound system bien réglé. Celui de l’Iboat est d’ailleurs l’un des sound system les mieux réglés des clubs en France.

L’Iboat. Crédit photo : Pauline Roquefeuil

Quelle importance tu accordes au sound system d’un club ?

Au départ nous avions un Funktion one mais il n’était pas adapté aux concerts que nous faisons en première partie de soirée. Depuis, nous avons un système d&b, directement réglé par des ingénieurs de la marque venus l’installer au bateau. Notre problématique c’est que notre bateau est constitué de fer. Or le béton et le fer sont deux matériaux qui font résonner le son. Il a fallu donc paramétrer sur des ordinateurs et calculer la courbe de la coque pour faire en sorte que le son soit efficient partout… On fait appel a de l’ingénierie de malade en perpétuel perfectionnement ! Aujourd’hui, le son est aussi bien calé à l’avant qu’à l’arrière avec des rappels cachés dans les plafonds ; ce pourquoi je considère que c’est l’un des meilleurs. C’est comme ça qu’on va aussi se différencier d’une warehouse qui est peut-être plus permissive mais qui va se contenter de poser des enceintes pas forcément bien réglées. C’est aussi la beauté de la warehouse d’ailleurs.

Tu parlais tout à l’heure de gentrification. Comment on fait pour rendre un club inclusif et ouvert à des communautés et des catégories autres que les CSP+ ? À travers ton travail de programmation comment tu vas chercher ces nouveaux publics ?

Pour nous, à partir du moment où tu aimes la musique, que tu n’es pas en état d’ébriété, et que tu te comportes bien avec tout le monde ; tu as le droit de rentrer. Tu as le droit d’être là, quelque soit ton statut social. Je n’ai pas l’impression qu’on soit un club de riche, on n’a pas de carré VIP, ce n’est pas notre positionnement Le public est assez brassé à l’Iboat, avec pas mal d’étudiants notamment. On pratique aussi des prix à l’entrée qui sont progressifs en fonction du moment où tu achètes ton billet. Ça peut commencer à 5 euros, un tarif correct quand tu veux aller voir Carl Craig ou Robert Hood… C’est démocratique et permet d’aller toucher un public qui a moins d’argent. On ne veut pas se fermer et n’accueillir que des CSP+.

As-tu d’autres modèles de clubs en France ou en Europe qui t’inspirent ?

Je pense forcément aux clubs à Berlin comme la figure de proue de notre génération le Berghain. On n’y perd toute notion de temps dedans, sans téléphone portable auquel on n’a pas accès pour faire des photos… Ça permet aux gens de se reconnecter avec ce qui se passe, c’est assez intéressant. Après, malheureusement, ce ne sont des expériences qu’on ne peut avoir que dans certaines villes, qui sont bien souvent des capitales ville-monde. Londres était la capitale du Rock pour cette musique, Berlin pour le mouvement de la techno (même si effectivement Amsterdam pourrait nous surprendre). Ce qui fait la force et l’ambiance d’un club c’est à 50 % sa direction artistique et l’autre 50 % c’est aussi son public. Il y a beaucoup d’autres bons clubs en France mais je ne vais pas les citer par peur d’en oublier… Peut- être un nom ; le Macadam à Nantes où je suis allé mixer il y a peu, c’est une super aventure humaine avec une belle équipe !

Le Berghain, modèle de club. Crédit photo : Simon Tartarotti

En autre club français, il y a le Batofar à Paris, qui a récemment fermé et qui était lié à l’Iboat. On a appris récemment l’arrivée de son ancien programmateur au BT59. Comment perçois-tu l’arrivée de cet ancien collègue dans un club local et est-ce que tu envisages de travailler en synergie avec lui ? Plus globalement, est-ce que tu travailles en collaboration avec les autres clubs de la ville ?

Je travaille avec tous les promoteurs, collectifs et clubs de Bordeaux (voir France également). On échange régulièrement tous ensemble au téléphone ou à l’apéro (rires). La plupart sont des potes. On travaille tous ensemble, en intelligence, sans essayer d’écraser les uns les autres, puisque plus il y aura d’offres à Bordeaux et plus les gens auront envie de sortir, de découvrir notre passion. Il y a une vraie synergie à trouver entre les clubs et les warehouse, ou même les collectifs qui font des événements, de jour comme de nuit. La plupart de ces acteurs sont d’ailleurs passés en stage à mes côtés. Je suis assez fier de ce qu’ils font aujourd’hui. Mon rôle c’est d’accompagner ces collectifs. Il leur arrive souvent d’avoir des résidences ou de venir organiser des soirées au club. L’Iboat se voit un peu comme une maison d’accueil, un hub pour tous les acteurs locaux. On parle à tout le monde, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Idem pour le BT.

Tu envisages l’Iboat comme un « hub » pour les collectifs locaux : quelle est la politique du club par rapport à ces collectifs émergents ? Comment vois-tu la place de l’Iboat là-dedans ?

Il y a huit ans il y avait essentiellement des promoteurs autodidactes qui organisaient des soirées. Ce qui a basculé aujourd’hui c’est que ce sont les crews qui ont pris le pouvoir et ont remplacé les promoteurs en local. Souvent, ces crews sont des bandes de copains passionnés. En voyant d’autres organiser un open air, ils se disent pourquoi pas eux? On travaille avec quasiment tout le monde. Même les plus émergents, que l’Iboat incube d’une certaine façon. Mon rôle c’est d’accompagner ces nouveaux acteurs car l’Iboat est une sorte de maison. Et on ne veut pas être le seul lieu qui va diffuser de la musique électronique à Bordeaux ; ma direction artistique n’est pas omnisciente, je ne connais pas tout et ne programme pas tout de facto. On est aussi content que certains autres acteurs éveillent la belle endormie. On est souvent les premiers à venir chez eux, dans leur événement pour les soutenir, quand on n’est pas en train de bosser…

Ne penses-tu pas que Bordeaux manque de lieu, malgré tout ? Et que l’arrivée d’un nouveau club de musiques électroniques serait la bienvenue ?

C’est vrai qu’il n’y a pas autant d’offre qu’à Lyon ou Paris par exemple. Mais, d’un autre côté, la ville de Bordeaux est beaucoup plus petite, avec au mieux 500000 personnes (plus d’un million à Lyon) – ce sera 1 million à Bordeaux en 2030. Aussi, la ville a un passif très rock, avec des groupes comme Noir Désir. Ce qui peut expliquer peut être en partie cette différence. On essaye avec notre équipe de développer quand même d’autres projets en dehors de l’Iboat. Par exemple une programmation techno au cœur de la Base sous marine à 500 mètres, ou un roller disco avec Cerrone. Ou encore un live techno et show laser dans une cathédrale, de la musique dans les jardins de l’Hôtel de ville, au CAPC, investir le Rocher de Palmer le temps d’un concert de Nils Frahm ou Darkside… On est une équipe de programmation qui ne souhaite pas s’enfermer dans son QG mais qui cherche à s’ouvrir dans d’autres lieux. Pourquoi pas travailler avec l’opéra prochainement… c’est peut-être dans les tuyaux…

Florian à l’Iboat. Crédit photo : Miléna Delorme

Vous avez aussi tenté l’expérience festival avec le Hors Bord. Est-ce que Bordeaux ne manque pas d’un festival emblématique des cultures électroniques ? Pourquoi ne pas avoir développé un peu plus le Hors Bord ?

Le Hors Bord a été développé avec des copains de Paris, Amical Production. Une telle aventure est très chronophage, nous étions pas mal pris par la gestion du club en parallèle ouvert toute l’année sans interruption. Entre les clubs qu’on doit promouvoir, les concerts, les formats apéroboat, le restaurant… ça prend beaucoup de temps. Le but de la collaboration avec Amical c’était d’être complémentaire. Au bout de deux éditions, on a vu qu’on ne travaillait pas de la même manière, ce pourquoi on a préféré arrêter l’aventure. Ils ont souhaité conserver le nom pour essayer de continuer à Bordeaux sans nous. Le nom ne nous appartient plus. Après, je ne regarde pas du tout derrière. Aujourd’hui il y a plein de choses à faire sur Bordeaux et peut-être qu’un festival sur l’année prochaine est en réflexion…

C’est la direction que vous voulez prendre avec Ahoy! ?

Ahoy! est davantage orienté sur les live, les concerts… Il n’y a pas de DJ sur scène. Ce n’est pas un festival, c’est plutôt une ouverture de la saison d’été qui se referme avec la date anniversaire fin septembre. Ahoy! c’est un événement sur le quai du bateau qui nous permet d’œuvrer au développement du quartier des Bassins à Flot et de Bordeaux avec des offres culturelles sur ce lieu. Pour ce qui est de l’organisation d’un véritable festival, on le fera plutôt en interne à l’avenir sauf si une structure nous sollicite entre temps.

Pour continuer sur la question de la scène locale, on observe qu’il y a assez peu de producteurs de musiques électroniques à Bordeaux – bien qu’il y ait énormément de dj’s. Penses-tu que c’est pour cette raison que la scène n’est pas aussi bien identifiée que des villes comme Nantes ou Lyon par exemple ? En tant que programmateur, tu ressens ce déséquilibre ?

La différence avec des villes comme Nantes ou Lyon c’est que là-bas il y a eu une vraie volonté politique de développer cette culture qui remontent. Nuits sonores (festival lyonnais de musiques électroniques et indépendantes, ndlr) a fêtée sa 17ème édition cette année. Toute une génération a été bercé par ce festival ! Il y a eu une vraie volonté des pouvoirs publics d’accompagner ces esthétiques, créant de fait une dynamique dans la ville. Il y a plein de collectifs sur Lyon aussi. C‘est ce qui a créé une émulation. A Nantes il y a le Scopitone, avec un véritable engagement culturel, avec une saison qui va au-delà de la musique avec des expositions, cultures numériques…

Sur Bordeaux il y a un basculement qui est en train de s’opérer. Mais ça ne peut pas venir que des salles de diffusion ; il faut tout un écosystème qui favorise cette émergence dans la ville. Aujourd’hui ça va dans le bon sens avec un disquaire spécialisé qui s’appelle le Boudoir Sonore, une radio qui vient de se créer : Ola Radio. Elle promeut les locaux et travaille beaucoup avec les collectifs. Parallèlement on voit se développer de plus en plus d’événements éphémères. Tous les clignotants sont au vert aujourd’hui pour voir émerger de nouveaux artistes.

Il y a quand même des producteurs au sein de la scène tels que Jann qui a déjà eu des sorties sur Pinkman Records. Il était en résidence à l’Iboat pendant trois ans, durant laquelle il invitait ses propres artistes. Il y a aussi Anetha qui est originaire de Bordeaux aussi (même si elle n’y vit plus). Djedjotronic également est revenu vivre ici. Laroze, Succhiamo (Panoptique et la chanteuse de J.C. Satàn) sur Antinote …Il y a donc quand même quelques artistes et plein d’autres producteurs…

En huit ans, la ligne artistique de l’Iboat a-t-elle évoluée ? En tant que directeur artistique d’un tel lieu, comment te renouvelles-tu et te tiens-tu au courant des nouveautés ? Comment faire pour être toujours pertinent dans tes choix ?

C’est mon éternelle question… Il faut toujours se remettre en question sur la programmation. Même si c’est compliqué de révolutionner une programmation par ailleurs. Ce qu’on peut faire, c’est évoluer. C’est possible car les musiques électroniques sont parcourus par des courants et des modes. Je voyage pas mal en allant constamment à l’étranger à Londres, Berlin, Amsterdam.. ou Lyon, Paris… mes potes m’appellent le ministres des affaires étrangères pour me charrier. Voyager me permet de m’imprégner de ce qu’il se fait ailleurs pour pouvoir proposer le meilleur à Bordeaux. Je rencontre ainsi, les programmateurs et acteurs de la scène européenne, ça facilite mon travail par la suite.

Sur les premières années du club on avait Jennifer Cardini qui faisait office de marraine informelle. Elle m’a pas mal aidé, c’était la première fois que je programmais dans un club en 2011. Quand j’avais besoin d’elle, elle a toujours été là. Ensuite, au bout des 3 ans j’avais mis en place des résidences de locaux dont Jann… Je m’appuyais sur ces locaux qui, chacun dans leur esthétique, invitaient d’autres artistes plus connus ou d’autres locaux afin de ne pas avoir une seule vision de la musique électronique, car je veux que ce soit un lieu pour tous les bordelais. Après, on a lancé des résidences d’artistes internationaux. On avait misé à l’époque sur Mézigue, Voiski, Bambounou, Palms Trax, Antal… Ils co-programmaient avec moi ; ils avaient chacun leur résidence tous les trois mois. Cet été, je suis parti sur une thématique « tour de France » en invitant des collectifs de tout l’hexagone comme le Méta a Marseille, Tapage Nocturne à Lyon, Midi Deux à Rennes… On est allé chercher des gens qui font bouger la France pour les ramener à Bordeaux ! A la rentrée 2020 il y aura peut être une nouvelle résidente bordelaise…

Au-delà de la programmation, il y a la question des formats. Ca a tellement été la course au booking notamment sur Paris que les prix des artistes sont hallucinants en France si l’on compare à il y a 10 ans. Cela ne peut pas durer car ce modèle est trop fragile et beaucoup sont en difficulté.

L’évolution de la programmation viendra par le développement de format concept, un retour vers l’esprit de la fête. Récemment on est allé créer un format club queer qui s’appelle Iridescence avec le collectif Maison Éclose, un collectif de créatures queen sur Bordeaux. Ce format queer inclusif donnera la parole à des icônes gay avec qui on revisite le club, avec une scénographie dédiée. On a aussi il y a peu lancé le format « Icône » en décalage horaires. C’est un club avec des artistes iconiques, qui parlent à plusieurs générations, notamment celle qui sortait avant et qui ne sort plus trop aujourd’hui… Ça peut être la programmation d’artistes de légende comme Carl Craig, Laurent Garnier ou Michael Mayer, qu’on programme le vendredi dès 22h00… L’artiste joue tôt et on assiste à un vrai mélange générationnel des publics qui n’est pas la spécificité des clubs en France. L’entrée est d’ailleurs gratuite pour les plus de 40 ans. On réfléchit aussi à des formats d’ouverture du dimanche comme a pu faire Concrete (club parisien ayant récemment dû fermer ses portes, ndlr) par exemple, sans passer par la case after car on reste un lieu pluridisciplinaire.

Y-a-t-il des artistes que tu as en vue et que tu souhaites programmer dans les prochains mois à l’Iboat ?

On a très envie que Red Axes reviennent… J’ai aussi très hâte de voir Emma DJ, CEM. DK avec Zaltan en back-to-back. C’était un des temps forts du Lente Kabinet (le petit festival de Dekmantel) … Il y aussi Ouai Stéphane que j’ai trop envie de voir, c’est assez intriguant. C’est la future sensation de l’année prochaine je pense.

En 2019, il y a une date qui t’a particulièrement marqué au bateau ?

Le Dekmantel Soundystem en all night long ! Thomas, du duo, n’avait pas pu venir. Du coup Casper Tiejrol, a fait 6 heures de set seul et a complètement retourné l’Iboat jusqu’à 6h30 ou 7h00 du matin… Octo Octa et Eris Drew aussi qui sont de purs dj’s techniquement. Stingray aussi, comme d’hab ! Djedjo aussi qui a fait son nouveau live EBM. Omar S qui a toujours des plaques de malade. Pour la petite histoire avec Omar S : il n’avait jamais joué au bateau… Il était venu au festival Hors Bord que j’organisais. On avait essayé par tous les moyens de le faire mixer sur l’Iboat mais il ne voulait pas, parce que c’était un bateau ! Il a une phobie des bateaux… On a finalement réussi à le faire venir mais, 5 minutes avant de jouer, on est descendu dans la cale, il ne se sentait pas très bien, je pensais qu’il n’allait jamais jouer, j’ai vraiment flippé. Finalement je suis resté avec lui, ça s’est très bien passé, il a fait un set de malade… !

frsk, une fresque hip hop

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Il y a quelques mois, Pauline Veteau Di Cole, est venu confier au collectif ULV son envie d’exposer l’artiste David Delaplace sur Bordeaux. Photographe de rap, portraitiste, inspirant et brut, Delaplace apporte un oeil émotif au rap/hip-hop des années 80 à aujourd’hui. Sensible aux visages, piqué par la curiosité de ce personnage qui a photographié les grands comme les petits noms du rap, ULV rejoint Pauline dans son projet. Tout comme, z0ne et la CLANK, deux collectif bordelais qui ont pour projet de mettre à l’honneur la culture hip-hop et qui organisent leur premier événement commun le samedi 2 novembre aux Vivres de l’Art.

Les inspirations et aspirations communes et diverses donnent naissance à frsk (prononcée fresque). Percutant et artistique, ce collectif a pour ambition de créer des événements artistiques de tous genres.

frsk, première édition : l’événement rap de l’automne 

Orchestrée sur deux jours, frsk s’ancre dans la ville et propose un mini-festival urbain. David Delaplace, d’abord. Dans son livre « le visage du rap » dont l’exposition est tirée, il rend hommage à la culture du hip-hop qui l’a bercée. Un travail de mémoire pour immortaliser les artistes qui ont marqué l’histoire du hip hop. Qu’importe leur cote de popularité, Delaplace fige les artistes qui ont influencé le rap. Autour de ces images, frsk organise des concerts et dj set, ancrée dans la thématique rap/hip hop mélangeant artiste local et national. 

Vendredi 01 novembre à Citadium 

Première rencontre avec David Delaplace à Citadium lors du before de 16h00 à 18h00. Des œuvres seront exposées dans le shop et l’ambiance musicale sera assurée par kolow, un des DJ de ULV. Une bonne occasion de se familiariser avec l’essence de frsk.

Samedi 02 novembre aux Vivres de l’Art 

  • 14h00 – 18h30

 frsk bouscule les codes et investit l’atelier des Vivres de l’art. Un espace peu connu du public, qui possède une atmosphère artistique sans pareil. Les œuvres de David Delaplace y seront exposées de différentes manières. Il faudra avoir les yeux partout. Vous pourrez profiter d’explications et d’anecdotes sur les photos prodiguées par David himself. Le tout en sirotant un café, un thé ou une bière – par la clank.

Et pour groover au rythme des photos, des dj set se succéderont tout l’après-midi. À l’extérieur de l’atelier, un univers tout aussi urbain sera mis à l’honneur. Des graffeurs viendront embellir vos yeux, exprimant ainsi que le hip-hop se concrétise à travers tous les sens. 

  • 19h30 – 00h00 

Début des concerts (ou des hostilités)  ; le rap se mange en concert, avec un line up 100% local. MLX, artiste zOne, se chargera de vous faire transpirer avec un live aux sonorités house, funk et trap.

MAYDO, un artiste de la nouvelle ère, entre schizophrénie identitaire, culturelle et introspection constante propose un discours que l’on pourrait qualifier de « rap sans frontière éclairé ». Mêlant parfois différentes langues il tend à développer son propre style.

Enfin, Joey Larsé, l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Sa maîtrise impeccable et son univers particulier vous donneront l’impression d’être confortablement installé dans une Mercedes de collection le temps d’une nuit, pour une ride dans les rues de la Belle Endormie.

Et le hip-hop se découvre en dj set avec Yung Shade,  jeune prodige des platines, dont les sets sont caractérisés par la technique et l’énergie qu’ils dégagent. Sa sélection hip-hop & trap à la pointe n’a cessé de prouver son efficacité. Présent sur les dernières 0ne, il vous a fait bouger plus d’une fois lors des différents évènements et ne manquera pas de réitérer l’expérience sur celui-ci. La soirée sera clôturée par Ikaz Boiproducteur majeur de la scène française depuis maintenant plusieurs années, à l’origine de l’entièreté de la mixtape « Triple S » de 13 Block, ayant collaboré à de nombreuses reprises avec le nouveau pharaon Ateyaba, le Sauce God Hamza, ou encore Niska, pour ne citer que ces artistes. 

Le crew frsk aimerait offrir une vision artistique du rap. Prendre le temps d’aller au-delà des clichés que cet univers traine avec lui depuis des années. Le hip-hop est un art et à travers frsk il peut s’exprimer librement.

La nouvelle saison du Procotole Radio

dans DIVAGATIONS LOCALES/MÉDIAS

Fondée en 2018, la webradio Le Protocole (avec qui nous avions pu discuter ici et là pour Scene city) aborde la nouvelle saison 2019 – 2020 à travers une nouvelle grille de programmation. Et une ambition toujours affichée, celle de continuer à diffuser des ondes musicales ouvertes sur le monde et sur la scène locale. Le jeune média entend également organiser des événements pour mobiliser sa communauté : prochain rendez-vous le 31 octobre pour Halloween.

Ouverture, diversité et actualité culturelle locale

Depuis septembre 2019, Le Protocole Radio navigue donc avec une nouvelle grille de programmation, retravaillée et étoffée. Accueillant de nouvelles émissions, la webradio ambitionne à la fois de s’ouvrir sur le monde tout en s’attardant sur l’actualité culturelle locale. Chaque jour s’y divise en 4 tranches distinctes, permettant d’adapter la programmation musicale en fonction de l’heure d’écoute et de l’ambiance du moment. Ainsi, « Le mélange du jour » ambitionne d’accompagner les auditeurs au petit matin, de 7h00 à midi, avant d’enchaîner sur une séquence jusqu’à 19h00. De 19h00 à 23h00, une sélection entend animer les soirées ou apéros des aficionados de la radio. Une « odyssée » est enfin proposée tout au long de la nuit, pour bercer ou ambiancer les noctambules.

Tout au long de la semaine, diverses émission viendront ponctuer la station, avec à chaque fois des concepts différents. Le lundi, avec « le club », on aura la surprise de découvrir un invité surprise, pouvant provenir de différents horizons. Le mardi est quant à lui consacré à une « local session », qui donne la parole à un collectif ou dj local. Jeudi c’est « live session » avec des dj’s qui joueront en direct, avant de goûter à la « French touch » du vendredi (19h00-21h00) qui se focalise sur la scène française. Une « selecta » animera nos samedis tandis que les dimanches regardent vers le monde avec une « world session ».

Radio hors formats & tout terrains

Au-delà de ces émissions et concepts, Le Protocole est un projet protéiforme qui entend bien délocaliser ses actions. L’équipe propose ainsi des initiations radio qui sont notamment accessibles lors d’événements, comme se fut le cas lors de Bordeaux Open Air cet été. Dans une optique d’échanges avec le public, ces ateliers permettent à quiconque d’expérimenter le médium radiophonique et d’enregistrer sa propose émission de radio. Les membres de la webradio proposent également des animations d’événements ou « warm up » pour soutenir les jeunes artistes locaux.

Le Protocole organise aussi ses propres événements. C’était le cas début septembre à La Tencha où l’équipe a ainsi pu faire connaître sa nouvelle grille au public présent. Pour Halloween, la radio investira d’ailleurs le One Percent pour une soirée à l’ambiance sombre où les artistes FLTH et SMALL (et des invités surprises sont attendus) se produiront en back-to-back avec une sélection appropriée pour l’occasion, entre techno et house.
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Exclu : le nouveau live OCTANT avec Yudimah (Banzaï Lab)

dans LES NOUVELLES/MUSIQUE

On vous présentait il y a quelques mois OCTANT Studio, série de vidéos musicales œuvrant à la promotion de la scène artistique locale. Après une première saison déjà riche en défrichage et en mise en lumière de talents du coin (MLX, WL Crew, Toziako, Liferty…), la plateforme lance une deuxième salve de productions visuelles toujours aussi soignées et avec un leitmotiv toujours identique et assumé : soutenir les artistes émergents. En exclu, on vous lâche le deuxième épisode de la cette nouvelle saison avec le rappeur Yudimah.

Déjà repéré l’an dernier à travers l’une de nos sélections mensuelles, l’artiste Yudimah a depuis pris du galon, notamment en signant chez le label bordelais Banzaï Lab. Au-delà de ce soutien qui confirme les qualités multiples de l’artiste, celui-ci maintient un cap ; celui d’un flow rapide et tranchant qui lorgne davantage vers les U.S que l’hexagone. Avec le morceau « 3 am », le rappeur, également beatmaker, signe donc une sortie réjouissante et entraînante qui aurait parfaitement pu être calée par un algorithme entre deux tracks de deux poids lourds du hip hop ricain. On suivra donc avec attention les pérégrinations de Yudimah sur son deuxième effort, Run It Season 2, ainsi que celles d’OCTANT Studio qui nous réserve à coup sûr encore de belles surprises dans les prochaines semaines.


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Report : Boiler Room à Bordeaux, fête totale & locale

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Vendredi 27 septembre, le collectif tplt s’est associé à Boiler Room pour organiser la toute première soirée soirée du même nom à Bordeaux. Un événement particulièrement attendu en ville et qui n’a pas manqué d’honorer ses promesses : 6 heures de musique, tantôt lente ou rapide mais toujours percutante et incisive, 7 artistes – dont une très large majorité de locaux – et surtout un lieu singulier parfaitement adapté aux sonorités proposés par les différents dj’s : retour sur l’événement.

Crédit photo : William Millaud

C’est peu de dire que la teuf était attendue ; mis en ligne le vendredi 6 septembre, les tickets pour la soirée s’étaient écoulés en quelques heures. L’engouement pour Boiler Room et la renommée locale du collectif organisateur aidant, Bordeaux s’apprêtait à vivre un moment marquant. D’autant que les récents souvenirs d’événements s’étant déroulé dans la Base Sous Marine n’avaient pas forcément aidé à la réputation des soirées en son sein ; tplt était donc attendu au tournant.

Spot singulier pour teuf totale

D’abord, le lieu : brut, imposant, quasi solennel. Une salle, une scène unique et centrale. Tel un ring de boxe, le public était invité à circuler autour d’artistes déroulant leurs morceaux dans un espace haut sous plafond où les basses manquaient parfois de profondeur. Qu’importe ; le public est remonté, comblé par une telle expérience inédite en ville. Dos aux artistes, l’un des murs du lieu offre un spectacle de mapping immersif qui voit se succéder des visuels de la chaîne anglaise et l’élégant logo de tplt. Des formes hypnotiques et des paysages dystopiques prennent également forme sur la façade. Niveau lumières, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands pour un rendu ultra convaincant qui renforce la dimension « totale » de la teuf. Par ailleurs, un spot extérieur assez spacieux offrait au public un sas pour souffler. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que les 700 personnes ayant pu mettre la main sur le précieux sésame puissent passer une excellente soirée.

Un bel hommage à la scène locale

Le line upqu’on vous avait présenté ici – de cette Boiler Room bordelaise promettait non seulement de ne pas décevoir par la qualité des artistes qu’on a l’habitude d’écouter lors des différents Vergers et Serre mais surtout par le bel hommage fait à la scène locale. Sans « têtes d’affiches », la soirée a tenue toute ses promesses. Comme à l’accoutumée lors des BR, un maître de cérémonie avait été choisi histoire d’introduire et présenter (en anglais) chacun des artistes en début de set avec une courte intervention. Là aussi c’est une figure emblématique de la scène locale qui avait été sollicité par tplt : Leroy Washington.

Tour à tour, les différents artistes ont donc déroulé leurs plaques, aucun live n’ayant été proposé. Dans des rythmiques tantôt lentes ou rapides et toujours entraînantes, chacun a su déployer son style tout en affirmant son univers respectif. Dès 19h00, dans une salle plutôt clairsemée, un back-to-back entre les résidents de tplt Superlate et Theorama a servi d’impeccable introduction avant d’accueillir la seule représentante de la gente féminine du plateau : Epsilove. Celle-ci nous plonge dans son univers aux ambiances cheloues et distordues, particulièrement en phase avec le lieu. Enchaînant dans la foulée avec un morceau bien mystique d’Eiger Drums Propaganda (moitié des Pilotwings), les résidents Blumm et Insulaire balancent du rythme lent et des relents dub à une audience qui réagit plutôt bien, galvanisée par le moment proposé. Jann succède au duo avec sa vibe punk et parvient parfaitement à entraîner le public dans son trip. Enfin, Djedjotronic achèvera de retourner une Base sous-marine blindée (mais qui malgré tout évite l’écueil de la surcharge et du manque de circulation). Son EBM tendance indus et sa techno ultra cognante emportent tout sur son passage : les derniers morceaux joués se font dans une ambiance finale survoltée. Le son s’arrête, comme convenu, à 1 heure du matin. L’heure de poursuivre la teuf ou d’aller se coucher, c’est selon. Une chose est sûre : Bordeaux vient de vivre un grand moment grâce à tplt qui, après cet épisode marquant prépare déjà la suite de sa saison bordelaise…
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Revoir les différents sets des artistes :

  • SUPERLATE B2B THEORAMA

  • EPSILOVE

  • BLUMM B2B INSULAIRE

  • JANN

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Le FIFIB, une huitième édition prometteuse

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Comme chaque année depuis sept ans, se déroule le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, dit FIFIB. Cette huitième édition ne déroge pas aux règles ; du 15 au 21 octobre, vous pourrez assister à un spectacle cinématographique à travers Bordeaux.
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Le FIFIB, c’est quoi ?

Depuis 2012, le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, présidé par Pauline Reiffers (directrice de production) et Johanna Caraire (directrice artistique) se déroule dans la métropole bordelaise. Ce festival est l’occasion de défendre le cinéma indépendant mondial en rendant compte de toutes les formes d’indépendance : d’esprit, de liberté de création et d’innovation. Outre la projection de longs et courts-métrages, le FIFIB proposera en partie cette année encore, des ateliers d’écriture poétique et d’habillage graphique, d’analyse filmique et des rencontres autour des festivals en Nouvelle-Aquitaine, de coproduction ou encore de création musicale et cinéma.

Clairement installé dans le parcours des festivals nationaux et internationaux, 77 films seront projetés à travers dix lieux, dont 36 en compétition officielle. Des lieux fidèles au projet qui permettent de visionner dans les meilleures conditions le choix artistique sont proposés comme :

  • Village Mably
  • Cinéma Utopia
  • CGR Le Français
  • UGC Ciné Cité
  • Station Ausone (Mollat)
  • Fabrique Pola
  • MÉCA
  • Base sous-marine
  • Bibliothèque Mériadeck

Quelques nouveautés

Pour cette huitième édition, la programmation du FIFIB est assurée par deux nouveaux membres, Edouard Waintrop (directeur de programmation) et Natacha Seweryn (directrice de programmation). Nouveauté encore du côté du dispositif du pavillon des réalités virtuelles qui se déroulera à la Fabrique Pola. Ce dispositif s’intéresse aux œuvres immersives en proposant au public la projection de films en réalités virtuelles. Le ton est donné dès l’entrée avec l’aménagement de ce pavillon en un tunnel organique et sinueux assuré par l’association Bruit du Frigo.

Un festival soutenu par des personnalités

Si cette édition « ne répond à aucun thème, elle compte autant de solitudes que d’amants, autant de peurs que d’espoirs » nous livre les fondatrices de ce festival.

Tout comme les années précédentes, le FIFIB convie un jury et des invités de renommé ; Nathalie Baye, Julie Depardieu, Oxmo Puccino, Kleber Mendonça Filho en sont le parfait exemple. Cette année, le jury est composé de Zal Batmanglij, réalisateur et scénariste de la série à succès Netflix, The OA, Félix Maritaud, connu pour son rôle poignant dans le long-métrage 120 battements par minute ou encore l’actrice et réalisatrice, Sara Forestier. Jean-Bernard Marlin, réalisateur de son premier long-métrage Shéhérazade, Monia Chokri, Roxane Mesquida et Zahia Dehar seront eux aussi présents.

Quant aux nuits FIFIB, elles se dérouleront tous les soirs dans la Cour Mably où des projections, des concerts à la programmation musicale indépendante et une exposition de Charles Burns formeront le point névralgique de ce festival.

5 morceaux d’ambient pour faire du sport par Dragutesku

dans MUSIQUE/SÉLECTA

Artiste montant de la prolifique scène roumaine, Dragutesku est invité à jouer à Bordeaux au Parallel le samedi 5 octobre par le collectif maracuja, pour sa deuxième date en phrase. Ce producteur originaire de Bucarest dirige le label DRG Series et est reconnu pour sa productivité sans faille, avec plus de 150 tracks produites au fil de sa carrière. Plutôt connu pour ses sets micro-house, le producteur nous livre ici une sélection de morceaux ambient qu’il envisage comme un exutoire dans le cadre de sa pratique du sport. Tour d’horizon et plongée dans l’univers de l’artiste.
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Marconi Union – Under Wires And Searchlights (Under Wires And Searchlights)

« J’adore partir courir entre deux concerts avec ce genre de tracks ambient, pour pouvoir me retrouver… La plupart du temps, les moments où je me retrouve seuls ce sont les fois où je suis dans les aéroports ou dans les avions, ce qui est aussi en soit une sorte de méditation active : regarder depuis la fenêtre de l’avion pour observer le ciel et notre belle planète. »
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Climatic – L’Horizzonte

« Le sport est essentiel pour moi, même si au final mon sport à moi consiste à courir pour choper mes vols en cas de retard et de danser dans des clubs autour de minuit. »
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AK – Icicle

« J’écoute beaucoup de tracks ambient car c’est hyper inspirant pour moi, même pour créer ma propre musique. J’aime le rythme de ce genre de morceaux ; ça permet de se libérer l’esprit et de vivre le moment présent ».
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Stev Gibbs – Adrift

« Je viens de finir un album qui devrait sortir en 2020. Maintenant je cherche de quoi faire la pochette qui correspond à ma vision… L’album sortira sur mon sous-lavel DRG LTD« .

 

SineRider – Moments Alone

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La très classe rentrée des classes de Night Cool en 5 morceaux

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Nouvelle rentrée pour Night Cool, promoteur bordelais qui peut se targuer d’avoir fait jouer dans nos salles, clubs et festivals locaux un paquet d’artistes élégants, toujours dans une volonté de décloisonner les genres, de L’Impératrice à Jacques, en passant par Odezenne, Miel de Montagne, Bagarre et bien d’autres encore (voir la liste complète sur leur site internet). Pour les prochains mois, les organisateurs ont concocté là encore un très joli programme avec de belles dates entre l’Iboat, le Rocher de Palmer, la Rock School Barbey ou le Krakatoa. Tour d’horizon de cette rentrée à la fois pop, rêveuse et jouissive à travers 5 morceaux de 5 artistes qui joueront ces prochaines semaines à Bordeaux grâce à Night Cool.
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Las Aves – Latin Lover (le 2 octobre à l’Iboat)

Pop, trap, électronique & R’N’B : une hybridation qui réussit au groupe Las Aves, « gang du futur » qui sort avec I’ll Never Give Up on Love Until I Can Put a Name on It un deuxième album très convaincant. Après une exploration de Shangaï avec le bien nommé Die in Shangai, ce second opus propose un voyage imaginaire qui devrait s’apprécier d’autant mieux en live. Le groupe jouera à l’Iboat le 2 octobre.

Papooz – You and I (le 5 octobre au Krakatoa)

Après un album (Green Juice) successfull ayant fait le tour du monde (jusqu’au Japon), le duo Papooz (qu’on avait rencontré à l’occasion de son passage à vie sauvage en 2016) revient en pleine forme avec Night Sketches, bien parti pour suivre le même chemin que son successeur. Des balades pop catchy s’y fredonnent avec une certaines tendance à regarder dans le rétro, tout en en gardant le meilleur et le plus frais.

Biche – L’Essor (le 24 octobre à l’Iboat avec La Récré)

Avec son premier album La Nuit des Perséides, Alexis aka Biche s’est fait une place de choix sur la nouvelle scène psyché-pop-nonchalante francophone qui n’en finit plus de voir émerger de multiples talents (on pense à une galaxie d’artistes comme Forever Pavot, Miel de Montagne et un paquet de groupes d’ailleurs déjà programmés par Night Cool).

Ouai Stéphane – Ouai (le 9 novembre à l’Iboat)

Notamment repéré par sa très absurde et jouissive parodie du format Cercle, Ouai Stéphane est surtout responsable de titres hybrides mêlant sonorités acides, entre techno et house. Doté d’un sens de l’humour non négligeable (ses clips parlent pour lui), le personnage fait parler de lui par ses live décapants, au point d’être l’un des noms évoqués par Florian, le programmateur de l’Iboat, comme l’une des performances attendues dans les prochains mois.

Flavien Berger – Contre-Temps (14 novembre au Rocher de Palmer)

On ne présente plus Monsieur Flavien Berger, nouveau héros d’une chanson française réinventée qui mélange ses nombreuses influences pour un rendu sensible et mélancolique toujours juste et jamais de mauvais goût. Après une année chargée (avec la sortie de deux albums, un nouveau live), le prodige nous fera l’honneur d’un passage à Bordeaux, au Rocher de Palmer.

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