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Bordeaux

Scene city : explorer les scènes locales européennes

dans DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/MÉDIAS

L’équipe de Le Type lance une nouvelle plateforme : Scene city. A travers celle-ci, on se lance dans l’exploration d’autres scènes locales européennes, de Moscou à Tbilissi en passant par Kyiv, Bristol, Belgrade, Leipzig et d’autres villes. Grâce à une collaboration entre 10 structures culturelles locales (1 dans chacune des villes sélectionnées), un référencement d’artistes émergents permettra à tout un chacun de découvrir ces territoires culturellement fascinant. Dans le même temps, une série d’événements entend relier ces villes en permettant à leurs artistes de se rencontrer et de créer des connexions artistiques. Le premier épisode se tiendra à Bordeaux le samedi 7 septembre aux Vivres de l’Art avec un focus sur la capitale de la Géorgie, Tbilissi.

Identité visuelle : Bureau Nuits

Fondé en 2011, Le Type s’efforce depuis ses débuts à soutenir et valoriser toutes les initiatives des acteurs culturels de la région bordelaise. Festivals, lieux, jeunes médias, labels, disquaires, promoteurs et artistes ont ainsi toujours pu compter sur nous pour bénéficier d’un relais sur notre site et nos différents supports de communication (réseaux sociaux, etc.). Dans ce cadre, la nécessité d’appuyer particulièrement les artistes émergents de notre ville et de la région est vite apparue essentielle, à travers entretiens, événements ou sélections musicales. Meilleurs ambassadeurs pour défendre les couleurs de Bordeaux en France ou à l’étranger ; ce sont eux qui sont les plus à-même de faire rayonner notre territoire sur un plan artistique.

De Bordeaux à Moscou : explorer les scènes artistique locales en Europe

Toujours soucieux de promouvoir cette scène locale, Le Type se lance donc aujourd’hui dans la création d’un nouvel « objet » qui va lui permettre de renforcer cette dimension : Scene city. Ce nouveau média prendra d’abord la forme d’un site internet sur lequel chacun pourra découvrir d’autres scènes locales européennes, à travers un référencement d’artistes (qu’il sera possible d’écouter directement sur le site) pour chacune de ces villes. La première version du site se concentrera sur des artistes musiciens (groupes, DJ, collectifs…) sans contraintes de styles, genres ou esthétiques mais avec un prisme de sélection : l’émergence.

Scene city: documenting & showcasing European scenes / Scene city : documenter et promouvoir les scènes européennes

Pour démarrer, cette « V1 » de Scene city comptera 10 villes. Au-delà de Bordeaux, on pourra y découvrir Belgrade (capitale de la Serbie), Bristol, Kyiv en Ukraine, Leipzig (à quelques kilomètre de la capitale allemande), Lyon, Lisbonne, Moscou, Vilnius en Lituanie et Tbilissi, la captivante capitale de la Géorgie. Si d’autres métropoles telles que Londres, Berlin ou Barcelone peuvent apparaître au premier abord plus développées et actives en matière festive et culturelle, notre choix s’est porté sciemment vers des territoires qui constituent de véritables alternatives aux capitales un peu trop « évidentes » que peuvent être celles évoquées précédemment.

Un réseau de structures culturelles locales européennes

Toutes ces villes ont ainsi été choisies pour la qualité de leur scène artistique locale. Ce travail a été permis par la connexion avec d’autres structures qui, à l’instar de Le Type, œuvrent au soutien ou au développement de leur scène. Disquaires, webradios, magazines, festivals ou même clubs : ce sont 10 partenaires qui se retrouvent embarqués dans le projet et qui, depuis leurs villes respectives, permettent d’identifier des artistes pertinents en vue de les référencer sur Scene city.

En plus de Le Type qui sera la structure référente pour Bordeaux, on compte notamment 3 webradios qui représenteront 3 villes différentes ; Noods Radio à Bristol, véritable référence en Angleterre et dans toute l’Europe, ainsi que la jeune et DIY Palanga Street Radio à Vilnius et la très qualitative Rádio Quântica qui, depuis 2015, s’est érigé un véritable repère pour les activistes de la scène lisboète et autres artistes émergents de la capitale portugaise. Un magazine dédié aux cultures alternatives est également présent pour Kyiv : TIGHT Magazine, piloté par 3 ambassadrices de la capitale ukrainienne et de sa scène underground. Pour Leipzig, en Allemagne, c’est un festival un peu particulier qui a intégré le projet : Seanaps. Celui-ci a en effet la particularité de se développer autour de la technologie blockchain qui encadre les paiements des festivaliers et permet ainsi une transparence sur son budget.

Crédit photo : Dmytro Prutkin – Kyiv, l’une des villes référencée sur Scene city

Un club relativement intriguant représentera pour sa part la scène très active de Belgrade en Serbie ; le Drugstore. Localisé dans un ancien abattoir, ce lieu de fête a déjà hébergé une Boiler Room et fait office de haut lieu des cultures électroniques indépendantes dans toute la région en accueillant régulièrement des pointures internationales. Enfin, à cette liste s’ajoute des disquaires qui, via leur présence au sein de leur ville, sont des lieux idéals pour fédérer les artistes locaux. A Lyon, on compte ainsi Chez Emile Records, qui joue un rôle clé dans le développement de la scène lyonnaise et dans son identification comme bastion des cultures électroniques. La capitale géorgienne, Tbilissi, sera quant à elle représentée par Vodkast Records, un disquaire de référence qui fait notamment le pont avec d’autres territoires.

Ce réseau s’accompagnera toujours d’un travail avec d’autres acteurs de chacune des villes en vue de concevoir les différents événements. Pour la création de l’identité visuelle du projet, un studio de design bordelais a par exemple été sollicité en vue de concevoir les différents éléments constitutifs de l’ADN graphique de Scene city : Bureau Nuits. Les mêmes qui ont conçus l’identité visuelle de l’événement de lancement de la plateforme qui aura lieu le samedi 7 septembre à Bordeaux aux Vivres de l’Art.

Design : Bureau Nuits

Une série d’événements et un premier épisode à Bordeaux autour de Tbilissi le 7 septembre

Au-delà du référencement d’artistes accessible en ligne, l’objectif de Scene city est bien d’encourager les connexions entre les différentes scènes locales grâce à une série d’événements. Ces derniers auront pour but de favoriser les interactions entre deux villes afin d’améliorer les connaissances respectives de leur scènes en créant des ponts artistiques et des échanges culturels entre celles-ci. Une sorte de jumelage 2.0 porté par la culture et les arts. En plus de la musique, l’ambition du projet est de permettre d’appréhender chacune des villes sous d’autres angles.

Une sorte de jumelage 2.0 entre les villes porté par la culture et les arts.

Le premier événement de cette série s’inscrit dans cette logique. Le samedi 7 septembre aux Vivres de l’Art, celui-ci mettra en avant la scène artistique de Tbilissi et celle de Bordeaux, avec deux DJ de la capitale géorgienne invités à faire découvrir leur univers et deux collectifs locaux ; tplt et Birouette. Les deux artistes de Tbilissi sont bien représentatifs de l’effervescence à l’œuvre dans leur ville puisque Ninasupsa joue très souvent au Bassiani, l’un des clubs iconiques de la capitale qui a été au cœur de tourmentes socio-politiques l’an dernier. Suite à un raid de la police en son sein, une frange importante de la jeunesse de la capitale s’était en effet retrouvé à organiser en mai 2018 une fête géante devant le Parlement national, poussant le gouvernement à reculer et illustrant le fait que la club culture peut encore rimer avec résistances dans certains territoires européens. Le deuxième artiste, Parna, est quant à lui booker d’un autre club géorgien renommé : le Mktvarze qui accueille régulièrement des pointures du circuit électronique (le français Zaltan, PLO Man, Huerco S…).

Crédit photo : Vanupië – Manifestations devant le Parlement géorgien suite à la fermeture du Bassiani en mai 2018. Exposition à découvrir le 7 septembre aux Vivres de l’Art.

L’événement sera agrémenté d’un débat diffusé en direct sur notre partenaire Ola Radio durant lequel sera évoqué l’état de la scène artistique de Tbilissi en compagnie des deux artistes géorgiens. Une exposition photo d’une photographe de la région bordelaise, Vanupië, sera aussi mise à l’honneur. Celle-ci était en effet présente à Tbilissi lors des heurts liés à la fermeture du Bassiani. Son travail rend compte avec beaucoup de sensibilité de ces épisodes troubles. Enfin, une offre de restauration sera proposée afin de découvrir les délices de la gastronomie géorgienne trop peu connue dans l’hexagone.
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Live rock & sets électroniques, l’open air hybride de L’Astrodøme

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Jeudi 18 juillet, en guise d’après-le-travail prolongé ou simplement de vacances appréciées, l’équipe de L’Astrodøme organisent un open air au skatepark des Chartrons, entre rock et musiques électroniques, le tout en entrée libre !

Acteur devenu incontournable de la scène indé bordelaise, L’Astrodøme continue d’essaimer ses événements ici et là à Bordeaux. L’ère du temps étant aux open air, c’est naturellement que le crew s’apprête à investir un spot particulier en vue d’une longue et belle soirée d’été : le skatepark des Chartrons. En délocalisant ainsi son propos hors de son lieu habituel, l’association renforce son maillage du territoire local et la dimension atypique des rendez-vous qu’elle propose en explorant un terrain relativement peu exploité par les promoteurs et autres organisateurs d’événements de Bordeaux. Toujours soucieux de soigner son public, l’équipe a d’ailleurs prévu de quoi se désaltérer ainsi que se rassasier pendant l’open air qui se déploiera de 18h00 à minuit. Un stand de disques vinyles est également prévu pour les plus mélomanes. Au-delà, ce rendez-vous tranche de ce qu’on a l’habitude de voir à travers la mise en avant à la fois de collectifs de musiques électroniques et de live rocks.

Un événement hybride à la croisée des genres

Cet Astroshøw s’affirme en effet comme une fête singulière compte tenu de sa programmation. En mélangeant dj set et groupes de rock, l’événement promet un croisement singulier à la fois des publics et des esthétiques. Pour entamer le bal, c’est l’équipe organisatrice elle-même qui s’installera derrière les platines pour une sélection affinée de pépites rock et psychées. Les locaux de Cosmopaark (du collectif Flippin Freak’s) enchaîneront avec leur shoegaze débarqué d’une autre planète. Ce sera ensuite au tour des toulousain de SLIFT et leur psych garage de proposer un live survolté, avant de laisser la place à la tête d’affiche de cet open air : Le Villejuif Underground qui a « autre chose à foutre que de sauver le rock français ». Le CIAO! Soundsystem clôturera cette joyeuse fête avec la pêche qu’on leur connaît et qu’on a déjà hâte d’aller apprécier. Rendez-vous là-bas ?
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Entretien sans frontières avec Tushen Raï du label Hard Fist

dans ENTRETIENS/MUSIQUE

Co-fondateur du label lyonnais Hard Fist, Tushen Raï explore depuis maintenant quelques années une facette globale et ouverte de la musique. Défenseur d’un décloisonnement des genres musicaux et porteur d’une vision militante de la culture, Baptiste (de son vrai prénom) œuvre au développement d’une scène artistique qui fait fi des frontières et se connecte de Vilnius à la Palestine en passant par la Russie ou le Mexique. Également bien implanté à Lyon, l’artiste porte aussi un regard éclairé sur sa ville devenue l’une des références en Europe dès lors qu’on parle de cultures électroniques. Celui qui a choisi un nom qui renvoie à « l’essence de l’âme » (issu d’un dialecte ouest-africain) s’apprête à jouer à l’Iboat le vendredi 19 juillet pour la résidence Nouveaux Mondes : l’occasion idéale de revenir avec lui sur sa scène, son parcours, la création de son label ou encore les liens entre Bordeaux et Lyon…

Crédit photo : Gaétan Clément

Le Type : Peux-tu commencer par te présenter et nous raconter ton rapport à la musique ?

Tushen Raï : Pendant des années j’ai collectionné des disques, du disco, boogie, des vinyles plutôt old groove, de la musique traditionnelle… J’ai toujours écouté beaucoup de musique. J’ai diggé pas mal de trucs qui venaient d’Amérique Latine, d’Afrique, du Moyen-Orient… Je me suis plutôt tourné sur des continents du Sud, même si j’ai aussi pas mal de musiques afro-américaines, et d’éléments de la culture américaine au sens plus large. Puis j’ai commencé à digger des disques de musiques primitives, de field recording, des musiques enregistrées par des musiciens anthropologues des années 1960-1970.

Comment on passe de cette passion au fait de créer un label ?

J’ai fais la rencontre de Cornelius Doctor il y a environ trois ans. Il gérait un label de house (Art Feast qui va fêter ses 11 ans) à l’époque tout en étant producteur – et il avait envie de faire autre chose. On s’est retrouvé notamment sur des esthétiques rock, sur notre patrimoine un peu plus ado, voire le patrimoine de nos parents. Il a fini par sortir un premier EP qui n’avait rien avoir avec ce qu’il faisait auparavant, sous un autre alias. On a trouvé ça mortel et on s’est dit avec tous les gars du collectif qu’il fallait qu’on créé un nouveau label, quelque chose de différents avec des choses qu’on avait vraiment envie de faire. C’est comme ça qu’on a créé Hard Fist. On ne savait pas vraiment à qui on allait s’adresser, ni pourquoi on le faisait, quelle était la stratégie. Tout ce qu’on savait c’est que, ce son-là, on n’avait pas beaucoup l’habitude de l’entendre. On avait quelques références d’artistes, notamment israéliens, lituaniens ou mexicains qui faisaient des trucs un peu dans ce délire… On a commencé comme ça.

Comment on construit l’identité d’un tel label et comment les premières sorties se font ?

L’idée de ce second label Hard Fist, était vraiment de proposer quelque chose de différents avec Guillaume et le crew d’origine ; Romain, Etienne… C’est un projet collectif. Le premier EP a été fait par Guillaume en une semaine chez lui. C’est un EP que j’adore et qui a apporté, quand il est sorti il y a trois ans, un truc que tu trouvais très difficilement. A l’époque il y avait une ou deux sorties par an dans ce délire. Aujourd’hui il y en a tous les jours !

On a sorti le deuxième avec Bawrut que j’ai découvert sur Ransom Note. On avait une émission sur Nova avec Guillaume à ce moment. C’était une porte d’entrée pour connecter des artistes en leur demandant de faire des podcasts. C’est comme ça qu’on a eu Bawrut. Un jour il m’a envoyé des démos, notamment d’un edit remix de Gainsbourg du son « Marabout ». Il l’a appelé « Chien de temps », une version africaine de ce track que Gainsbourg a lui même volé au Gin-go-lo-ba… On s’est dit que c’était aussi marrant de lui voler.

Depuis, cette aventure c’est beaucoup de fraternité, l’amitié. Il n’y a pas une ligne directrice claire ; on a sorti des trucs avec MR TC en mode post punk, ambient, psyché… Et des trucs plus banger, tropical un peu plus happy, disco… On fonctionne beaucoup à l’affect, aux rencontres qu’on fait. Au total on a eu 6 sorties ; la septième arrive en septembre, ce sera le deuxième volet d’une compilation dédiée aux musiques arabes dans la musique électronique : qui s’appelle Princes of Abzu,

Par rapport aux influences que tu cites ; est-ce que tu considères que toi et Hard Fist évoluez dans une scène particulière ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une scène, c’est indéniable. C’est une scène hyper intéressante ; elle est très globale – c’est d’ailleurs un mot qu’on utilise beaucoup pour en parler, même si cette idée de globalisation de la culture est quelque chose de très péjoratif au premier abord. Elle sous-entend la globalisation économique, celle des marchés… Elle a plutôt été hégémoniste dans un premier temps, avec la vision d’une culture occidentale qui écrase toutes les cultures du reste du monde…

Cette scène existe donc. Elle est hyper militante et passionnante…

On prend un peu cette idée à contre-pied. On promeut plutôt l’idée que la globalisation culturelle arrive dans une seconde phase, avec plutôt une mise en valeur de différents patrimoines traditionnels qui n’ont pas d’appartenances direct. Ce que je veux dire par là c’est que tout le monde peut se l’approprier. C’est ce qu’on plaide. Et c’est en lien avec notre génération, celle qui a fait Erasmus, qui a eu une certaine facilité pour voyager, pour passer les frontières… C’est tout ce qui fait qu’aujourd’hui on peut se passionner pour une culture qui n’est pas du tout la nôtre, qui ne fait pas partie de notre patrimoine culturel de base.

Cette scène existe donc. Elle est hyper militante et passionnante, dans le sens où on y retrouve des acteurs qui ne sont pas uniquement dj ; ils sont aussi directeurs de labels, promoteurs d’événements. Ils sont hyper activistes en fait. C’est d’ailleurs ce qui fait que cette scène grandit vite, parce qu’elle est très très fraternelle. On a tendance à tous s’appeler brother alors qu’il y a des tonnes de gars avec qui on parle depuis 2 ans et qu’on a jamais rencontré parce qu’ils sont à Tokyo…

Artistiquement parlant, comment tu pourrais décrire cette scène ?

C’est assez difficile de mettre un nom d’esthétique dessus… On n’a pas mis d’étiquettes dessus et je pense qu’on va se battre longtemps pour qu’il n’y en ait pas, car c’est plein de choses différentes. Ça va de la techno lente avec beaucoup d’influences cold wave, post punk, à de la musique plutôt tribale, africaine, quasi chamanique, psychédélique, acid… En terme général, on est slow tempo, on est dans un truc qui prend son temps, dans des sets qui se construisent avec une dimension de rituel, quasi-cérémonial où on essaye de créer une symbiose entre les danseurs, de créer quelque chose où on se libère complètement. Quelque chose d’assez introspectif en soit.

Sur Hard Fist on fait un mix entre de la musique électronique et de la musique organique ; que ce soit avec le rock des guitares ou des percussions, des voix et la musique du sud. Dans le côté électronique il y a un truc qui lit un peu tout ce qu’on fait, c’est l’acid house qu’on a dépitché (dont la vitesse a été ralentie, ndlr) et qu’on a rendu plus dark.

On a récemment rencontré Axel de Ko Shin Moon (qui jouaient à AHOY, le festival de l’Iboat) qui as utilisé l’expression de musique « extra-occidentale » pour parler de la musique qu’il écoutait (et non pas de la musique qu’ils font comme initialement écrit dans la première version de l’entretien, ndlr). De ton côté tu vas jouer sur une résidence «  Nouveaux mondes » à l’Iboat, qui renvoie de loin à l’expression contestée de « musique du monde ». Comment tu envisages cette notion et considères-tu que tu fais de la musique « extra-occidentale » ?

Je suis à l’aise avec aucun des deux concepts. Pour notre scène (et beaucoup d’autres l’ont fait avant nous), le combat c’est de bannir l’appellation « musique du monde ». C’est une notion très péjorative. Je ne suis pas non plus tout à fait d’accord avec Ko Shin Moon, même si je vois ce qu’ils veulent dire. Pour moi, le concept de musique extra-occidentale refait un cloisonnement entre le sud et le nord. Aujourd’hui notre philosophie c’est plutôt d’être curieux, de s’intéresser à des cultures qu’on ne connaît pas forcément. Je ne me retrouve dans aucun des deux termes, mais en même temps je pense qu’on tâtonne et qu’une définition en deux mots ça ne peut pas marcher. L’expression « nouveaux mondes » me va bien. Dans le sens où on parle avec notre musique de ce nouveau monde où la notion de frontière dans la culture est prête à être complètement abolie !

Pour donner un exemple, il y a le projet d’un pote qui s’appelle Gal Kadan. Il est israélien et nous a invité chez lui où il organise des teufs israélo-palestiniennes. Il vit maintenant à Berlin depuis 1 an où il a monté Awesome Orientalists From Europa. C’est donc un mec du Moyen-Orient qui se base à Berlin et qui fait un projet pour découvrir des sons géniaux orientaux mais fait en Europe ! Il déterre des trucs de big beats belge, du disco de la diaspora maghrébine en France de années 1990-2000 qui ont utilisé leur patrimoine en faisant des trucs de disco. Gal Kadan ne réédite que ces trucs là en free edit. Sa démarche renverse pas mal ce débat finalement.

Toi et Hard Fist êtes basés à Lyon. Quel est ton regard sur cette scène locale ?

Au moment où on a créé le label, on commençait beaucoup à parler de « scène lyonnaise », avec une sorte de hype autour, avec BFDM, G’boï et Jean Mi (de La Chinerie, ndlr), le label KUMP de Markus Gibb, Sacha Mambo… Beaucoup d’artistes qui font de la super musique, certains depuis très longtemps. On faisait des cartographies de Lyon, des visites de Lyon pour la musique alternative et les musiques indépendantes électroniques. Nous on ne voulait pas faire un « label lyonnais ». Le propos reste worldwide, global, ouvert… Du coup on a pas du tout basé notre propos là-dessus. D’ailleurs pendant longtemps très peu de personnes savaient qu’on était basé à Lyon !

Malgré ça on représente Lyon avec grand plaisir car on adore notre ville, on est vraiment connectés avec cette scène qui est hyper fraternelle, familiale… Lyon est un village ! On se croise tout le temps pour boire un coup, aller à un concert, digger des skeuds… On va tous aux mêmes endroits. On se connaît tous, on fait tous des trucs ensemble mais en même temps on respecte beaucoup l’indépendance des uns et des autres. Cette scène lyonnaise existe, c’est légitime d’en parler comme ça.

Comment cette scène a pu se développer et être identifiée comme une scène aussi active et rayonnante sur le plan des musiques électroniques ?

Déjà, il y a un truc qu’on dit rarement mais qui pour moi est important : Lyon est devenu une putain de capitale européenne du city break et du tourisme urbain éphémère ! Cet élément est forcément bénéfique pour les activités culturelles qui s’y développent.

Ensuite, ce qu’a fait BFDM est hyper qualitatif, leur édito sur Lyon est très fort. Après, tout le monde le dit, et on le répète ; la présence de Chez Emile Records est essentielle dans ce développement local. C’est un disquaire qui a ouvert à Lyon il y a 6 ans. Ils ont monté une plateforme de distribution qui a vraiment œuvré au soutien des labels locaux. Ils ont accompagné des artistes qui faisaient de la musique mais qui n’avaient pas de labels. Chez Emile Records les aide à monter un budget, ils s’occupent ensemble de la presse des disques, de leur distribution… Ils l’ont fait merveilleusement bien et de manière passionnée. Avoir un shop distributeur au coin de ta rue est une chance incroyable ! Avant, on bossait avec Bordello A Parigi (un disquaire/distributeur basé à Amsterdam, ndlr) on aurait pu aussi avec Rush Hour (autre disquaire amstellodamois, ndlr)… Mais les contacts se font par mails, il n’y a pas de rencontres, ce n’est pas le même rapport.

Tu reviens d’une tournée entre le Mexique, la Russie, la Belgique, le festival Fusion en Allemagne, Israël avant ça… Qu’est ce que tu en as retiré et y a-t-il des territoires qui t’ont marqué ?

D’abord, même si ces pays ne sont pas forcément identifiés par les amateurs de musiques électroniques, ce sont des pays impressionnants où tout est 1000 fois plus cool et pointu qu’en France niveau club culture !

Parmi les dates qui m’ont le plus marquées, il y a ma première fois au Kabareet, le spot de Ayed et Rojeh de Jazar Crew à Haifa. C’est un lieu militant ouvertement pro-palestinien, ouvert aux communautés arabes. Ils font de la conférence, montent des résidences de création et organisent de temps en temps des teufs. En l’occurrence ils nous ont invité avec Ko Shin Moon. C’était d’une lourdeur incroyable, le public était tellement à fond dans la musique, comme j’ai rarement vu… Tu sens la liberté, ça fait énormément plaisir : ça rappel ce qu’on peut imaginer du début des teufs au début des années 1990.

Plus récemment l’expérience du Fusion m’a marqué. Au-delà d’un festival, ça fait partie d’un patrimoine qui pourrait être classé à l’Unesco. La date était incroyable, avec Tom Tom Disco, le label sur lequel on vient de signer. Il y a des fees égaux pour les dj, c’est complètement végétarien pour 70000 personnes. Ils travaillent à l’année sur une base militaire achetée il y a plus de trente ans, ils passent un an pour construire la scénographie… C’est un modèle alternatif de festival, de bulle qui dépasse la musique pour revendiquer une autonomie et une liberté totale basée sur le respect, la tolérance…

Tushen Raï et Cornelius Doctor, les deux boss d’Hard Fist

D’autres dates à venir dans des lieux tout aussi fascinant ?

Guillaume et moi on travaille à côté de cette vie, ce n’est pas notre profession. On doit donc s’organiser pour ces différentes dates. L’année prochaine on va partir en Asie, au Japon, Corée du sud, Hong Kong… Un endroit où on a très très envie de jouer sinon c’est l’Opium club à Vilnius…

Vilnius a l’air d’avoir une scène bien active dans un délire assez similaire à Hard Fist (et c’est d’ailleurs l’une des villes qu’on va explorer via notre nouveau projet Scene city). Il y a d’autres spots comme ça que vous suivez ?

Tel-Aviv et Vilnius sont deux scènes pionnières pour ça. La Russie et le Mexique aussi, avec un nombre de producteurs chanmés dans ce délire. Toute l’Amérique Latine commence à vraiment bouger. En Asie aussi, en Australie, du côté de Melbourne. Il y a des labels comme Animal Dancing (sur lequel les lyonnais The Pilotwings ont sorti leur dernier EP), il y a Calypso records à Mexico city qui est une grosse frappe. En Russie il y a un label qui s’appelle ИДА, Cornelius a sorti un track dessus qui défonce avec Front de Cadeau, Pletnev et d’autres artistes… A Saint-Étienne il y a aussi Worst Records qui est bien lourd.

Tu as joué récemment à Bordeaux et tu reviens pour la résidence Nouveaux Mondes à l’Iboat le vendredi 19 août avec Deena Abdelwahed. Tu connaissais déjà cette ville ? Lyon et Bordeaux restent deux villes mal connectées mais qui ont des similitudes…

J’y ai joué une première fois il y a deux ans, pour un truc alternatif, une sorte d’expo. J’avais beaucoup aimé la ville. Ma sœur y a vécu donc je connais un peu, mais surtout la dimension touristique. La dernière fois qu’on est venu c’était pour les 2 ans de SUPER Daronne. On a kiffé cette ville, on suit beaucoup ce qui s’y passe, ça bouge bien ! Il a l’air de s’y passer beaucoup de choses, avec Bordeaux Open Air, l’Iboat qui a une programmation hyper classe. Il y a des tonnes de collectifs comme tplt qui font des trucs mortel… Aujourd’hui c’est une ville qui a un énorme potentiel et où tu sens la passion, comme à Lyon pour ses musiques alternatives électroniques. Mais on sent malgré tout qu’il n’y a pas le même niveau de développement, notamment sur ce dont on parlait avant avec le rôle qu’a pu avoir Chez Emile Records à Lyon… Il manque peut-être des noms d’artistes qui résonnent, des producteurs… Il y en a des anciens comme Djedjotronic (qui n’est d’ailleurs pas forcément affilié à Bordeaux car il a une carrière internationale) mais pas tellement dans la nouvelle génération… Il y en a sans doute plein de talentueux mais ils ne font pas de disques, il n’y a pas de Premiere (morceaux qui sortent avant leur sortie officielle sur Soundcloud par exemple, ndlr)… C’est comme ça que je m’informe et que je découvre des nouveaux noms d’artistes ! Nantes a un développement similaire à Bordeaux, et est arrivé à mieux passer ce step-là ; pas mal de plaques de très bonnes qualités sortent depuis là-bas.
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Retour sur le festival SoliFest à Darwin

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

En conjuguant solidarité et fête, le SoliFest qui s’est déroulé en juin dernier s’est révélé comme l’une des manifestations culturelles bordelaises majeures de ce début d’été 2019. Grâce à une programmation variée à la fois sur les esthétiques musicales présentées (hip hop avec entre autre les locaux de WL Crew ou encore house music, disco…) que sur les formats proposés (conférences, stands, performances…), le festival a su fédéré un bon nombre d’acteurs du territoire qui se sont rassemblés à Darwin. Par ailleurs, le SoliFest s’est distingué par la mise en avant de thématiques telles que les enjeux climatiques, illustrant sa volonté de s’inscrire dans son époque et de lier prise conscience et réflexion avec une dimension festive. Retour sur un rendez-vous culturel singulier qui a de l’avenir.

Crédit photos : Astrid Lagougine & Intza Bagur

Broken District, le label vinyle bordelais qui s’exporte

dans LES NOUVELLES/MUSIQUE

Déjà à l’origine de trois sorties vinyles, Broken District s’apprête à remettre le couvert avec de nouvelles productions à venir. En mélangeant les sonorités jazz, house, soul et hip hop, le label bordelais entend casser les codes et réussit déjà à s’attirer le soutien d’une partie de la scène et de la presse musicale spécialisée à l’international. On retrouvera l’équipe du label le samedi 6 juillet pour le Pavillon d’été de L’Orangeade.

Casser les codes, mélanger les genres

Le label Broken District est né en 2018 et a été fondé par trois acteurs de la scène bordelaise : Jus Jam, qu’on retrouve régulièrement à l’Iboat ou au Void, ainsi que l’artiste Momla et Antwan, fondateur du magazine Electrocorp, référence locale médiatique dès lors qu’on parle house music et de ses différentes ramifications. Déjà à l’origine de différents événements, podcasts et autres soutiens à la scène, ces derniers ont souhaité à travers cette nouvelle aventure explorer des styles de musiques alternatifs, « à la croisée de leurs différentes influences, mélangeant ainsi la house au jazz, en passant par le hip-hop, la funk, la soul et les musiques expérimentales ».

Cette volonté de casser les codes et de mélanger les genres se manifeste à travers les trois premières sorties vinyles du label, parfaite expression de ce décloisonnement des styles. On y retrouve des artistes émergents et d’autres plus confirmés tels que SofaTalk, Turbojazz, Setwun, Marian Tone, Sam Irl, ainsi que des artistes locaux comme Leon Revol, Jus Jam ou Momla. En un an, on peut d’ailleurs dire que Broken District a connu une actualité chargée et a réussi le pari de s’accorder le soutien d’une bonne partie de la scène concernée et d’un bon nombre de médias internationaux, laissant présager le meilleur pour les sorties à venir.

De Bordeaux à Chicago : un label soutenu à l’international

Dès ses premières actualités, le label a en effet été distribué et supporté très rapidement à l’international par des références médias et des disquaires spécialisés. Côté relais, on a pu voir passer des choses du côté de Mixmag ou de XLR8R, deux pointures du game médiatique électronique. Au niveau des disquaires, ce sont les très influents Gramaphone Records à Chicago, mais aussi Phonica à Londres et OYE Records à Berlin qui ont déjà référencé les premiers VA (ou Various ; des disques composés de plusieurs artistes différents) vinyles de Broken District.

La suite de l’aventure s’écrira rapidement avec trois projets à venir dans les prochains mois, confirmant l’appétit et le dynamisme de l’équipe du label ! C’est d’abord une mini compilation (Brokenbits Vol.01) qui sortira uniquement en digital et sur laquelle figureront des artistes tels que le producteur danois Jeppe Wolmer, l’artiste originaire de Leipzig Duktus ainsi que le « one man project » Sofatalk et Jus Jam, co-fondateur de Broken District. Un mini LP suivra fin septembre, écrit et produit par le même italien Sofatalk et intitulé SofaTalk – South Side. Brokenbit Vol.02 suivra en fin d’année pour clôturer une saison bien chargée pour un label qui voit grand et a tout pour grandir encore en 2020 (avec un EP de Jus Jam déjà en préparation…).
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Ola Radio pose ses valises aux Chartrons

dans ANNONCES/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/VIE DE QUARTIER

Sept mois après son lancement, la nouvelle web radio bordelaise Ola Radio vient frapper une fois de plus là où il faut, et installe une nouvelle résidence les 25 et 26 juillet dans un lieux historique et atypique de Bordeaux : La Halle des Chartrons.
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Un bilan qui pèse son poids

Difficile de ne pas entendre parler d’Ola. Après son lancement en janvier dernier, c’est un florilège d’émissions, résidences, talk-shows, live stream, collaborations et autres concepts novateurs, pour l’instant jamais vu dans la cité girondine. Sept mois d’activisme au sein de leur QG au Café Mancuso, comme aussi la présence à de nombreux événements culturels de la ville ou de la région (AHOY! festival, vie sauvage, Fête de la Musique, Heures Heureuses…), sans parler d’un catalogue d’artistes qui ne cesse de s’allonger.

Nouvelle résidence d’été et nouvelle teuf en vue

 

Toujours plus culottée, la radio à récemment fait l’acquisition d’un petit bijou bordelais, la Halle des Chartrons. Localisée au centre de la Place Du Marché Des Chartrons, cette bulle de 200 mètres carrés est un lieu historique accueillant habituellement des marchés de créateurs, expositions, conférences et concerts. Jusqu’alors il n’était question d’y héberger quelconque radio locale. Et c’est là qu’Ola Radio prend les commandes en proposant un événement sur deux jours consécutifs les 25 et 26 juillet de 14h à minuit.

Appuyée par son graphiste en chef MACEO, se dernier se charge d’une scénographie pensée tout spécialement pour ses deux jours où viendront se mêler en journée des émissions, interviews, tatouages, expos et autre, le tout accessible au public. Mais nous n’en resterons pas à l’heure où les poules se couchent, les soirées proposeront des Dj set, live modulaire ainsi que du Rap. Pour clore le tout, boissons sur place et food assurée par le Café Mancuso pour ravitailler les troupes.

Le rendez-vous est pris pour nous, il ne vous reste plus qu’à suivre l’événement juste ici.

 

5 raisons d’aller à Banzaï Land cet été

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Comme l’an passé, Banzaï Lab réinvestit cet été l’ancien Commissariat Casteja les vendredis, samedis et dimanches avec une programmation culturelle dédiée, féminine, pluridisciplinaire et ouverte aux plus jeunes. Cet oasis urbain est à découvrir gratuitement lors de 12 soirées pour lesquelles on a sélectionné 5 raisons de s’y rendre.
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Du commissariat à l’oasis urbain : un spot open air idéal

Ancien commissariat – symbole d’autorité par excellence, le lieu choisi par l’équipe de Banzaï Lab pour cette saison estivale est en fait particulièrement bien adapté à l’esprit du label. Au cœur de Bordeaux, cette grande cour est parfaitement propice à la découverte, au repos et à la fête en même temps. Sorte de cocon ouvert sur sa ville, le Commissariat Casteja s’apparente bel et bien à l’oasis urbain idéal où passer l’été à l’ombre et au soleil en même temps. Les organisateurs y compte bien en faire un « pays utopique où les valeurs qui ont fondé le collectif Banzaï Lab se rencontrent : solidarité, engagement culturel, créativité, convivialité, liberté. »

Une programmation féminine

Cette année, Banzaï Lab accordera une place de choix aux artistes féminines, que le collectif considère » trop souvent sous représentées dans les esthétiques musicales » qu’il défend. À savoir le hip hop ou encore les musiques électroniques, des genres dans lesquels on voit pourtant de plus en plus de représentantes de la gente féminines évoluer avec brio. Pour rendre compte de la richesse de cette partie de la scène, Banzaï Lab organisera donc des showcases, concerts ou dj set dédiés qui mettront en avant différentes actrices de la musique française ou européenne. En écho, une projection (en partenariat avec l’association Bordeaux Rock et leur festival Musical Écran) du documentaire « The Amazing Nina Simone » aura lieu, de même que celle qu’une série de documentaires autour des femmes dans le sport.

Un rendez-vous kids friendly

Non-content de proposer un rendez-vous susceptible de ravir un bon nombre de bordelais, Banzaï Land se paye le luxe de convier les bambins, à travers une programmation « kids friendly ». Des jeux seront en effet mis gratuitement à disposition des parents pour leurs enfants, et des animations seront proposées pour occuper les petits, mais aussi les plus grands. Avec entre autre des « Joué Music Sessions », de véritables « moments d’apprentissage de la musique basés sur la convivialité »

Un mot d’ordre : pluridisciplinarité

Musique, ateliers, projection… La programmation de Banzaï Land est bel et bien plurielle et très diversifiée, la rendant particulièrement attractive. En plus de tous ces concerts, dj sets, la partie artistique sera accompagnée de Street art. C’est à l’entrée du bâtiment notamment que celui-ci s’appréciera, avec le travail de l’artiste local Jonas qui a concoté une fresque de 20 mètres de long, autour du thème « Entre l’estuaire et le désert – Les Chemins de la liberté ». Cette dimension sera couplée avec de l’art visuel, proposant une véritable « expérience visuelle interactive ». Enfin, la scénographie du lieu a été complètement retravaillé par le collectif Cmd+O, (r)ajoutant une touche esthétique à l’ensemble déjà bien fournie.

Une fédération des acteurs culturels locaux

Enfin, l’événement complet proposé par Banzaï Lab est résolument tourné sur sa ville et sa région, à travers les multiples collaborations et partenariats qu’a noué le collectif avec l’ensemble des acteurs culturels locaux. Certains artistes du coin ont ainsi été convié, comme Yoüg, ou encore le Soundsystem de l’Iboat le 14 juillet. Des shops bordelais sont également mobilisés avec Jaqen qui viendra proposer une sélection de bières (de la région et au-delà) au bar lors du premier week-end. On les a cité plus haut, mais ce sont aussi d’autres structures locales telles que l’association Bordeaux Rock et son festival Musical Écran ainsi que le collectif de scénographes Cmd+O qui ont été invité à la fête pour proposer un pan de leur programmation.
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Fête de la Musique à Bordeaux : guide 2019

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

Encore une fois cette année, la Fête de la musique à Bordeaux s’annonce bien chargée. Collectifs et associations s’en sont donnés à cœur joie pour proposer une multitude d’événements. Il y en a donc pour tous les goûts. Pour s’y retrouver, on vous propose ce petit guide non-exhaustif pour dégoter la teuf qui vous conviendra le mieux.

Crédit photo : Astrid Lagougine

La plus défricheuse : tplt x Ola Radio (Crédit Municipal de Bordeaux)

Comme chaque année, on se rendra avec intérêt à l’événement organisé par le collectif tplt. A l’initiative du Verger et de La Serre, le crew et ses différents résidents (Superlate, Yougo, Insulaire et Blumm) ont pour habitude de dégainer les disques rares aux sonorités variées. C’est donc naturellement qu’on les retrouve cette année avec la webradio émergente de la région bordelaise qui donne sa place aux différentes assos de la ville : Ola Radio.
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La plus rock’n’roll : L’Astrodøme x Musique d’Apéritif (Place du Palais)

Non contents d’avoir organisés un grand raout psyché en début d’année, L’Astrodøme et Musique d’Apéritif rempilent et nous proposent un casting rock et punk bien adéquat pour cette fête de la musique. Cinq groupes et un dj set par leur soin ; de quoi régaler un grand nombre de bordelais qui risquent forcément de passer par la Place du palais.
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La plus fat’ : Odezenne x l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine (Place des Quinconces)

Odezenne. Gratuit. Place des Quinconces. A-t-on besoin d’en rajouter ?
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La plus groovy : L’Orangeade x Délicieuse Musique (Square Dom Bedos)

On ne présente plus Délicieuse Musique ni L’Orangeade, collectif qui vient de fêter ses 5 ans en grandes pompes place Saint Michel. Assez proches artistiquement parlant, les deux collectifs joignent donc leur force pour cette fête de la musique sur le super spot de Square Dom Bedos ! Au menu ? House, disco, mais surtout ambiance tropicale, « danses de vandales sur des rythmes venus du monde entier et amour sous les étoiles ».
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La plus queer et bordélique : Bordeaux Rock x Bordelle (Place Fernand Lafargue)

Joli coup pour l’association Bordeaux Rock et Bordelle qui s’allient et investissent la belle place Fernand Lafargue. Lieu de passage central, celle-ci verra défiler notamment un show drag queen de Maison Eclose et les live de Zebra Lova et PointPointVirgule. Un dj set de l’équipe de Bordelle est à prévoir. Joyeux bordel en prévision, donc.
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La plus funky : Les Amplitudes x Future Sound

Les copains des Amplitudes s’unissent de leur côté avec Future Sound, pour une teuf sur la Place Saint Projet, au bord de la longue rue Sainte-Catherine. Les deux crews risquent fortement de faire vriller les murs aux alentours !
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La plus extended : IBOAT : Open air & Club (Courtesy & Peach)

Douze heures : c’est le marathon proposé par l’Iboat à l’occasion de cette fête de la musique ! Accompagné par 3 excellents collectifs du cru (Crème Fraîche, Canal 113 et A l’eau), l’équipe du bateau fera résonner le Bassin à Flot sur deux niveau ; à la fois au pied de la Grue Wellman en open air, et dans sa cale, avec : Courtesy et Peach.
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La plus sunshine et aventureuse : Rocher de Palmer x FIP

Beau programme rive droite au Rocher de Palmer ! La SMAC convie FIP pour une nuit loin du centre mais au cœur du soleil avec l’electro-hip hop de la réunionnaise Maya Kamaty, le duo funky DjeuhDjoah ou le collectif Cotonete et son groove complètement transmissible. Un beau plateau qui régale !
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La plus à-la-cool : Bruit Rose Music x Brüme (rue Neuve)

Bruit Rose Music et Brüme s’associent le 21 juin pour une formule bien connue de ceux qui ont l’habitude de côtoyer les teufs de ces deux collectifs : « chill au soleil, cocktails, tapas et DJ sets ». What else?
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La plus incestueuse : Super Daronne x Hill Billy (Musée des Arts décoratifs et du Design)

Encore un spot de rêve pour fêter la musique de belle manière : l’écrin du Musée des Arts décoratifs et du Design. Aux manettes, on y retrouvera les collectifs Super Daronne et Hill Billy, adeptes de groove et qui alterneront entre « gros pains et cabrioles spectaculaires ».

Le Mayday : L’Aube d’un avenir prometteur

dans ÉVÉNEMENTS/REPORTAGES

Le Mayday Student Music Festival c’est l’histoire d’un groupe d’une dizaine d’étudiants, qui se sont rencontrées à la fac de sciences en intégrant une association : M-Tech. Sans le savoir, ils étaient tous passionnés de musique en tout genre et avaient tous un pied dans le monde festif.

Texte : Romain Vas et Noémie Malo

Lors que le projet du MAYDAY, qui s’appelait alors « Le concert des Moissons d’Avril » leur a été proposé par l’université en 2016, le petit groupe réalisa plus que ce qu’on attendait d’eux et une petite flamme s’éveilla alors. Réalisant le potentiel qu’ils avaient entre leurs mains, ils se remirent à travailler d’arrache pied, afin de convertir ce potentiel en un événement aspirant à s’ancrer dans le paysage culturel bordelais.

En 2017, après la seconde édition du concert des Moissons d’Avril, le projet leur fut totalement confié. Souhaitant donnée une identité propre à leur festival, Le MAYDAY naquit pour deux raisons : attaché aux questions d’écologie et d’éco-responsabilité et ce fortement lié à leurs études en biologie et en chimie, le MAYDAY se veut porter un signal de détresse pour notre planète. May-day c’est aussi un bel anglicisme signifiant que le festival se déroule un jour de Mai, et ce depuis trois ans.

L’édition 2018 du festival marqua un tournant dans toute l’organisation. Malgré les intempéries, les dix étudiants et leur asso, montrèrent un moral d’acier et une envie incomparable de mener à bien leur événement. Bilan : 3000 personnes, le parvis de la fac transformé en fosse de concert, et des groupes donnant tout pour leur public. Ce petit groupe d’étudiants venait d’accomplir le second plus grand concert de l’université après « Les Campulsations » et venait d’acquérir une reconnaissance qui leur mis sur l’orbite des organisateurs de festival reconnus de la région bordelaise. Nous voilà donc aujourd’hui à l’entrée de l’édition 2019, sur-motivé par la programmation, confiant dans le dévouement de l’organisation et une excitation exacerbée à débuter la saison des festivals d’été du bon pied.

Il est 15h, nous arrivons à l’arrêt Arts et Métiers et la première chose qui nous saute aux yeux est la grande arche surmontée d’un « MAYDAY » en bois. Ça y est, c’est le début des festivités ! Supposément du moins… Un petit retard de la sécurité nous retient à l’entrée le temps de faire encore plus monter l’excitation. Nous finissons par rentrer dans l’enceinte du festival par le pont d’Arts et Métiers d’où nous contemplons le site dans son intégralité.

Un rendez-vous écoresponsable

Au premier plan, le parvis devant lequel se situe les deux scènes : grand espace encore vide où fourmillent techniciens et bénévoles, il sera bientôt totalement opérationnel. De loin on entend les premières notes de l’open air. Chris, Antyo et Bri, étudiants à l’ENSEIRB, vont nous ambiancer durant tout l’aprem. En haut du parvis, des jeux en bois sont mis à disposition par une association du campus : La guilde du dés libéré. Nous souhaitons prendre une bière mais il faut passer par la case jetons. Premier fait étonnant, les jetons sont biodégradables. On nous propose également des cendriers de poche. Nous prenons alors conscience que le MAYDAY prend à coeur l’éco-responsabilité et que ce n’est pas juste une étiquette comme peuvent présenter d’autres festivals à Bordeaux.

Cela se confirme avec le village associatif mis en place pour l’occasion. Celui-ci se calque sur le modèle d’une maison dont les différentes pièces sont animées par plusieurs associations et initiatives personnelles qui oeuvrent pour une consommation responsable et respectueuse de l’environnement. Des conférences sont prévues égayant la curiosité de tous, à travers des moments d’échanges privilégiés avec des enseignants-chercheurs sur notre impact, même minime, sur notre environnement.

Place désormais aux concerts !

Il existe un genre musical indescriptible, que nous affectionnons particulièrement, qui se situe entre pop, rock, alternative, électronique ; basé sur une batterie discrète, un synthé maitrisé à la perfection, une guitare mélodieuse, le tout bercé par une voix grave et douce presque rassurante, une vraie thérapie musicale. Form c’est le prototype de ce genre, leur genre.

Farouq, Pharouq et Farouk (Hausmane, Adrien et Aksel de leurs vrais prénoms) sont trois joyeux lurons. D’humeur blagueuse et enjouée, ils se métamorphosent en montant sur scène, nous transportant dans un monde dont eux seuls ont la clé.

C’est le premier groupe de la soirée, le parvis n’est pas encore rempli mais pourtant cela ne semble pas les affecter. Aksel aux percussions donne le tempo, Adrien et Hausmane aux claviers jouent les premières notes. Le temps s’arrête. La totalité du festival tourne la tête vers la scène principale. Form commence leur concert avec Mirrors, un titre exclusif. Une douce vibration parcoure nos corps, la voix d’Hausmane est si particulière qu’elle nous transcende de la tête aux pieds.

La musique de Form est comparable à un nuage sur lequel on se pose et qu’on ne quitte pas le temps d’un concert. Do It Anyway est d’une brutalité fébrile, le refrain se retient facilement et met un sourire sur chaque bouche. Il est 19h, le Mayday 2019 est lancé et quelle meilleure façon de le lancer qu’avec Form, un groupe qui fait l’unanimité du public et qui le soudera jusqu’à la fin du festival.

crédit photo – Robin Delescluse

Dans chaque festival, il existe dans la programmation un ovni, un groupe dont on ne sait pas grand chose, qui attise notre curiosité et qui finit par être celui qu’on attend le plus. Nous avons découvert Inüit à travers la programmation du MAYDAY. La première écoute est assez particulière, la construction de leur musique est si complexe qu’on ne saisit pas de suite la puissance de celle-ci.

Il est 20h30, c’est le début du concert d’Inüit, et nous comprenons rapidement pourquoi leur musique est si singulière. Ils sont 6 sur scène ! Une batterie, deux synthés, un trombone à coulisse, un saxophone, plusieurs percus. Un bel orchestre mené à la perfection par Coline. La chanteuse du groupe a une voix si profonde, lui donnant un spectre vocal qui lui permet de chanter de toutes les façons imaginables.

Chaque chanson est une claque. On passe d’une mélodie lente et d’une voix frèle sur Sides, à des sonorités électro et des paroles quasi révolutionnaires sur We The People. Nous sommes tout simplement impressionnés par Inüit. Toutes leurs chansons atteignent un niveau supérieur en live. Ils redéfinissent la pop sur chacun de leur titre.

Dodo Mafutsi, leur chanson la plus connue, est un réel feu d’artifices sonore. Le peu de paroles est souvent slammé, la voix de Coline devient un instrument à part entière de cet orchestre. Nos tympans se régalent, nous sautons tous comme des fous. Inüit, cela peut être le nom d’un peuple vivant à proximité du cercle arctique, mais c’est avant tout le nom du groupe qui nous réchauffe à travers leur musique.

crédit photo – Intza Bagur

C’est avec une fierté indéniable que le MAYDAY accueille cette année en tête d’affiche, Disiz la Peste, grand artiste du rap français depuis plus de vingt ans.

Nous rencontrons Diszilla : l’évolution de Disiz à mi-chemin entre l’homme et le monstre qui sommeil à l’intérieur. Une mutation du passé et des blessures encore inabordées artistiquement. Un homme ayant toujours sû transmettre émotions douces ou sans détours à son public. Depuis ses débuts on observe une perpétuelle évolution dans l’art de ce grand monsieur mais aussi dans son personnage.

Ce soir sur scène c’est un Disiz évolué mais fidèle à son univers. Il reprend des morceaux de ses anciens albums : Grande colère de Pacifique, motivant la foule. Ce qui nous sautent aux yeux ce soir là c’est la rencontre avec un talent brut et à nouveau dans la production sans filtre de ce qu’il ressent et ce qu’il a envie de partager. Un talent que les fans n’auront jamais oublié mais qui semble se réinventer chaque jour.

Un artiste aux propos maitrisés, semblant se remettre en question à chaque nouveau projet qu’il entreprend afin de revenir plus fort et d’aller plus loin. Un rappeur qui perdure depuis plus de 20 ans de par l’intelligence de la réflexion, la curiosité artistique et l’envie d’utiliser ses démons pour avancer. C’est un homme marqué et saisissant qui entame Qu’ils ont de la chance : réel moment suspendu devant un public qui respecte ce moment semblant arrêter le temps.  Il « reviens du gouffre, reviens du froid » pour contenter nos oreilles et nos sens et se libérer un peu plus du poids du monde.

De la sensibilité à l’énergie brut et primitive de Hendek, l’ambiance évolue et se métamorphose ; une mise en abîme déconcertante mais d’une évidence authentique. Tout s’enchaine, Fuck l’époque, Niquer la fac. La rébellion est en cours, attention choc en approche. On termine ce show incroyable avec J’pête les plombs ou il répète les backs mais où le public prend le lead sur les paroles. Il est clair que le renouveau et l’évolution font partis de l’encre qui coule de la plume de cet artiste inimitable. Il nous laisse présager un futur projet avec Inüit qui semble passer du temps en studio ensemble. Affaire à suivre pour projet prometteur…

crédit photo – Intza Bagur

crédit photo – Alacante

C’est au tour de COLINE, nouveau groupe house techno émergeant de la scène bordelaise, de se présenter sur la scène du MAYDAY. Projet qui voit le jour quand Coline, jeune chanteuse et musicienne décide de développer sa passion aux yeux de tous. Elle s’entoure rapidement de deux artistes de talent, Dylan batteur et Tazzz, bassiste. Trois personnalités issues de trois univers différents réunis autour d’un seul et même projet. Et ça fait boum, tam tam…

Nouvel échange, mise en commun des univers, « Chacun ajoute sa touche au projet et ça donne ça. » COLINE revisite la pop : Grâce à une pincée de house, quelques boums boums et un soupçon de techno, elle nous raconte des histoires du quotidien dans ce qui est, à ses yeux, la manière la plus simple et douce de le faire. Un style de musique d’une base électronique : une batterie électronique, une basse sur synthé électronique, et un clavier. Et là, vous vous direz, « l’électronique c’est large ». Coline affine en ajoutant électronique d’influence house. Aujourd’hui, première scène de ces artistes en devenir. Le MAYDAY, leur fourni une place dorée au sein d’une programmation d’une qualité digne d’un grand festival.

« Je suis COLINE, ils sont COLINE, nous sommes COLINE. » Des mots qui résonnent encore aux oreilles du public. C’est alors que la magie opère. La prestation est inédite, belle et très professionnelle. La fraicheur du chant en français, donne un côté musique actuelle et très pop. Un véritable « satellite électronique de la planète pop musique. » Ils partagent leur aura et douceur dès le début du concert avec une première invitation à la danse, manière agréable d’emmener le public dans leur univers encore inexploré. Nous affirmons sans nuls doutes, que ce n’est que le début d’une aventure incroyable pour ce groupe doté d’un talent indéniable. Si vous voulez notre avis, retenez bien ce nom, car on ne leur laisse que quelques temps avant de tout exploser…

crédit photo – Miléna Delorme

Le MAYDAY se clôture avec le duo le plus sur-vitaminé de France. Tha Trickaz ! COLINE a à peine le temps de remercier le public qu’un kick long et grave fait trembler la totalité du festival. D’une note, la fosse du Mayday entre en frénésie. Pho et iRaize apparaissent enfin, ils dégagent une énergie telle en arrivant sur scène que tout le public a une montée d’adrénaline. Tout se passe si vite, on a peine le temps de reconnaitre le début de leur dernier son, Extinction en featuring avec Felckin, que drop met le chaos dans le public.

Nous avons eu la chance de discuter avec eux avant leur concert. Il faut savoir que Tha Trickaz jouent en live, c’est à dire qu’ils jouent leurs morceaux comme des musiciens, la moindre erreur et c’est un couplet ou un drop qui est gâché… Le choix du live s’est pourtant fait naturellement pour eux, influencé par une forte culture geek, joué en live « est à la fois un challenge et un plaisir personnel » qui se traduit par une vraie performance artistique, maitrisée à la perfection.

« Free the music », c’est le slogan de leur label, Otodayo. Être en indé leur alloue une liberté artistique totale. C’est ainsi que les Tha Trickaz sont non seulement des artistes sur scènes mais également en dehors. Ils font eux-même leur graphisme, travaillent avec des développeurs de jeux vidéos. Ils s’intéressent à tout car ils ont ce plaisir de tout faire de A à Z d’autant plus qu’ils font cela pour constamment faire évoluer leur live.

Et quel live ! Un pogo incessant, qui se calme seulement lors des ponts, petit temps de répit que les Tha Trickaz nous octroient gentiment pour qu’on puisse reprendre notre souffle, puis le drop revient et c’est avec le même entrain que la fosse re rentre en collision. Devant le délire de ce concert, Pho y mis sa touche personnelle en sautant dans la foule depuis la scène. Au final Tha Trickaz c’est le plaisir de faire plaisir et de se faire plaisir, une volonté qu’ils ont réussi à nous partager et qui restera ancrée en nous.

crédit photo – Alacante

Le Mayday Student Music Festival nous a régalé. Même la scène étudiante nous a surprise. Noone, groupe d’électro-rock issue du tremplin du CROUS, Musique de R.U, et La Meute Cosmique collectif de rappeurs qui s’est formé à la faculté de biologie, ont su, malgré leur expérience encore maigre de la scène, garder le momentum des têtes d’affiches.

Cette édition du MAYDAY a tenue toutes ses promesses et il va s’en dire que celui-ci s’inscrira bientôt dans la pyramide des meilleurs festivals de la région. Un programmation de qualité avec des artistes donnant le meilleur d’eux-même, une organisation très bien calibrée, et une cause parfaitement revendiquée. En bref, on est impatient d’être à l’édition de 2020.

Faut-il un maire de nuit à Bordeaux ?

dans DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Alors que l’intérêt d’une vie culturelle nocturne foisonnante n’est plus à démontrer pour les grandes métropoles européennes (Berlin, Amsterdam, Barcelone ou même Paris l’ont bien compris), Bordeaux peine encore à être identifiée à l’échelle nationale pour la vitalité de sa scène de nuit. Si les initiatives de collectifs abondent, le manque de lieu se fait toujours cruellement ressentir. Alors que le Void vient d’être menacé par un arrêté préfectoral pour remise à niveau du système son de la salle, le rôle des politiques publiques locales sur cette question pose question. Qui est en mesure de soutenir et protéger les intérêts des acteurs de la nuit ? Pour répondre à pareille interrogation, certaines villes d’Europe ont fait le choix d’un « Maire de nuit ». La mise en place d’un tel organisme au niveau local est-elle en mesure de résoudre la situation actuelle ? Si la Mairie de Bordeaux que nous avons contacté ne l’envisage pas, la question mérite d’être posée dès lors que l’on observe le fonctionnement de certains voisins européens.

Crédit photo : Miléna Delorme

A regarder de près les agendas culturels récupérés ici ou là (notamment chez nous), difficile de contredire l’idée d’un dynamisme culturel à Bordeaux. Le nombre de collectifs (notamment de musiques électroniques) se multiplie, tandis que « l’offre » événementielle ne cesse de se développer. Qu’il s’agisse de soirées dans des bars, dans des clubs ou même des festivals (en lire plus ici), les bordelais ont de quoi profiter d’activités artistiques et culturelles diversifiées. Parallèlement, de nombreux artistes émergent en ville, appuyant la thèse d’un élan créatif à l’échelle locale et d’événements accompagnant cette effervescence (tout comme la création de nouveaux médias tels qu’Ola Radio pour rendre compte de cette activité). Pourtant, à y regarder de plus près, le constat peut être nuancé. Car si la « scène » bordelaise est belle et bien active et pleine de renouvellement, le manque de lieu reste un frein considérable pour faire de Bordeaux une capitale de la fête en France aux côtés de ville comme Paris, Lyon ou même Nantes.

« Bordeaux la nuit, c’est fini » titrait en 2015 nos collègues de Rue89 Bordeaux. Un brin provocateur, l’article faisait référence à un chiffre particulièrement préoccupant pour une ville de la taille de Bordeaux. Cette année là, pas moins de 15 fermetures administratives avaient eu lieu « pour tapage nocturne, ouvertures tardives, travail illégal, ou rixes ». Un chiffre considérable qui interroge sur la volonté des pouvoirs publics sur cette question de la vie nocturne.

Quatre ans plus tard, où en est-on ? Un constat s’impose ; le nombre de « clubs » proposant une programmation culturelle (exit les discothèques donc, qui se placent davantage sous le signe du divertissement) en ville ou aux alentours n’a pas vraiment augmenté… L’Iboat, le BT59 ou le Parallel (ancien Redgate, feu-Respublica) sont les seuls à occuper ce créneau. On peut noter l’ouverture du Hangar FL de manière sporadique pour contredire la démonstration. Dans le même temps, certains lieux ont même disparus, à l’instar du Bootleg (fermé en 2017). Plus récemment, c’est le Void qui a été contraint de fermer ses portes et qui, s’il souhaite pouvoir continuer d’exister, doit remettre aux normes tout son système son (une cagnotte est d’ailleurs en cours sur Hello Asso).

Bordeaux le jour, oui. Et Bordeaux la nuit ?

Alors, que fait la mairie pour soutenir ou accompagner cette dynamique nocturne ? Interrogé, l’adjoint à la culture Fabien Robert s’oppose à l’idée d’un « Maire de nuit » qui pourrait faire acte de lobbying pour défendre les acteurs et les oiseaux de nuit, à commencer par les différents lieux de diffusion évoqués plus haut. Pour la mairie, cette question de la nuit est avant tout transversale : « si on veut qu’un élu soit spécifiquement en charge de la nuit, ça veut dire qu’on cloisonne la nuit. Ça veut dire qu’on différencie encore plus la nuit du jour. Aujourd’hui, les grandes villes vivent le jour et de plus en plus la nuit. La seule question c’est ; comment on valorise et régule la nuit, pour à la fois plus de tranquillité mais aussi de créativité, de lien social et d’art ». Considérée comme absurde, l’idée de la mise en place d’un Maire de nuit est donc évacuée, la ville optant plutôt pour un « Conseil de la nuit », présidé par le Maire.

Les Pavillons d’été de L’Orangeade @ Miléna Delorme

Selon l’élu, Bordeaux n’a d’ailleurs rien à envier aux autres grandes villes françaises au regard de son offre festive et culturelle. Fabien Robert cite ainsi Bordeaux Open Air, les collectifs tplt ou L’Orangeade (ce dernier ayant récemment pu fêter ses 5 ans sur la place Saint Michel). Si de telles initiatives existent (et on ne peut que les saluer), on peut y voir derrière une forme de développement de l’offre avant tout diurne. Mais quid de l’offre nocturne à proprement parler ? Celle qui se déploierait de minuit à 5 ou 6 heures du matin ? Là, les choses se compliquent.

La vitalité de la scène nocturne au service du développement du territoire

Face à la demande grandissante du public, les initiatives se développent, souvent en périphérie de la ville. Récemment, le Hangar FL a ouvert. Capable d’accueillir des grosses scènes aux esthétiques notamment techno, le lieu (qui a investit une ancienne salle mythique, le Space Opera) n’héberge néanmoins pas des soirées de manière régulière. Également en périphérie, les soirées du collectif Demain Kollectiv connaissent de gros succès, mais subissent toujours pressions et menaces des autorités. Fermé en 2011 le légendaire 4 Sans avait également fait les frais de pareil méfiance. Façonnant l’identité et la notoriété culturelle de la ville, pareils lieux mériteraient pourtant semble-t-il le soutien des pouvoirs publics. Une rapide étude comparative des villes européennes confirme ce constat. Fabien Robert lui même en convient : « le premier critère d’attractivité des territoires aujourd’hui c’est le cadre de vie, et donc l’art et la culture ».

Un certain nombre de grandes villes européennes ont pris la mesure de l’impact positif d’une vie nocturne urbaine développée. Argument comme un autre pour attirer notamment des jeunes sur son territoire, cette dimension se double également d’un argument économique. De la question des transports en passant par celle des personnels de lieux, de sécurité, etc., la vie la nuit est un secteur économique comme un autre qui comptait selon l’INSEE 3,5 millions de personnes qui travaillent entre minuit et cinq heures du matin en France, en 2012. Conscientes de ces enjeux, certaines villes ont ainsi mis en avant un Maire de nuit ; une personnalité en mesure de représenter les intérêts de ces citadins qui vivent voire travaillent une fois le soleil couché.

Un Maire de nuit à la rescousse des nuits bordelaises ?

Hot spot de la fête en Europe, c’est la capitale néerlandaise qui, la première, a vu apparaître un Maire de nuit. Ancien promoteur de club, Mirik Milan a pendant six années œuvré à faire d’Amsterdam une ville où dormeurs et fêtards s’entendent. Qu’il s’agisse des questions d’éclairage, de sécurité, de transport mais aussi bien sûr d’horaires d’ouverture de lieux, de médiations ou de nuisances nocturnes, celui-ci a su pendant son mandat maintenir Amsterdam au rang de villes attractives pour son offre festive et culturelle nocturne tout en respectant les desiderata de ceux moins enclin à la fête. Cela a pu par exemple se manifester par la mise en place d’horaires de fermetures plus flexibles (chaque lieu étant libre de les fixer) pour les établissements qui, dès lors, ne libèrent pas sur la voie publique leur public au même moment, limitant de facto les problématiques de tapage nocturne. Suite à son expérience, Mirik Milan (remplacé depuis par Shamiro van der Geld) a d’ailleurs développé l’initiative Creative Footprint qui entend mesurer et valoriser l’impact économique de l’activité nocturne.

Inspirées par l’initiative amstellodamoise, d’autres villes ont emboîté le pas à la capitale hollandaise, à commencer par sa voisine La Haye. A Londres, le maire libéral Sadiq Khan, élu en 2016, en plus d’avoir étendu les transports de la capitale anglaise toute la nuit (24h/24) les week-ends, a lui désigné un « tsar de la nuit » en la personne d’Amy Lamé. A l’heure où l’iconique club londonien Fabric était sur le point de disparaître et que la ville a vu le nombre de clubs baisser de 1411 entre 2015 et 2005, celle-ci a la lourde tâche de ré-enchanter une vie nocturne qui bat de l’aile. Derrière la prise en compte de cet enjeu de la nuit, la question de l’attrait des jeunes et des forces créatives capables de dynamiser ces métropoles (qui bien souvent ont un pouvoir d’achat relativement élevé) est fondamentale. Outre-Atlantique, le concept intrigue et essaime. En 2017, c’est le vénéré New York Times qui titre l’un de ces articles « What Europe’s ‘Night Mayors’ Can Teach New York » (« Qu’est-ce que New York à apprendre des Maires de nuit européens ? »). Loin d’une formule rhétorique, le quotidien américain indique l’intérêt que prête les élus de la capitale étasunienne et leur souhait de mettre en place un.e tel.le représentant.e capable de défendre les intérêts des noctambule new-yorkais.

#SaveFabric suite à la menace de fermeture du célèbre club londonien @
duncan c (Creative Common)

Du côté de la France, Toulouse fait figure de modèle. En 2013, la ville rose voit l’organisation d’élections pour choisir un Maire de Nuit. Christophe Vidal, habitué de la vie nocturne toulousaine, est alors élu. Si l’initiative n’est pas une émanation des pouvoirs publics, ces derniers entretiennent une relation avec le nouveau représentant des noctambules. Au point qu’un an après son élection, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc décide de rallonger certains transports nocturnes de la ville jusqu’à 3 heures du matin ! Défenseur et porte-parole du droit à la ville « de jour comme de nuit », Christophe Vidal met aussi en avant le poids économique de la vie nocturne et son impact sur le développement de sa ville.

Rennes et Nantes font également figure de pionnière sur ces questions, avec l’élaboration de véritables politiques publiques. Nantes a par exemple vu l’intégration d’un élu à ces questions suite à l’élection d’un Maire de nuit, allant jusqu’à la création d’un Conseil de la nuit en 2015. Rennes voit même quant à elle la mise en place d’« États généraux de la fête » ainsi que d’un Bureau des temps, sur le modèle de l’Italie dans les années 1990, inspiré par le mouvement féministe qui condamnait le travail des femmes durant la nuit. Muni d’une équipe spécialisée dans l’étude des temporalités urbaines, il s’agit de mener des réflexions et d’interroger de multiples acteurs du monde la nuit, pour permettre de guider les choix des élus en ce qui concerne par exemple l’aménagement d’habitats ou de lieux culturels. A Paris, le choix d’intégrer un adjoint au Conseil municipal s’est opéré en la personne de Frédéric Hocquard.

Dès lors, face à toutes ces initiatives de soutien à la vie nocturne en France, en Europe et dans le monde, quels leviers les pouvoir publics bordelais pourraient activer en vue de revitaliser et redynamiser la vie culturelle nocturne locale ?

Quel(s) avenir(s) pour les nuits bordelaises ?

La question de l’ouverture de lieux est sans aucun doute l’une des priorités en vue de redynamiser le terrain nocturne. Trop rares, voire quasiment inexistants en centre-ville (hormis le Void ?), ces établissements doivent être au cœur d’une redynamisation et d’une reconstruction d’un imaginaire nocturne et festif à Bordeaux. Suite à la fermeture des 15 établissements sus-mentionnés, la Mairie a d’ailleurs intensifié sa réflexion sur l’accompagnement de ces lieux de diffusion. L’élu à la culture entend cependant différencier les café-concerts et les bars musicaux proposant une vraie proposition culturelle des « bars avec un simple système-son ». Ce lien étroit avec ces structures se manifeste notamment par du soutien en communication pour certains festivals, voire un accompagnement sur l’insonorisation ou l’achat de limitateur de sons. Le fait qu’il s’agisse ici d’entreprises et non d’associations empêche en effet les pouvoirs publics de verser des subventions ou tout type d’aide directement.

Bordeaux la nuit @ Intza Bagur

Des discussions pourraient dans le même temps être entamées afin de permettre à ces lieux (bars, salles de diffusion…) d’allonger leurs horaires d’ouvertures, afin de désengorger les rues qui, par exemple à deux heures du matin, se retrouvent « pleines » de fêtards qui sortent de bar et se retrouvent livrés à eux-mêmes au même moment. Il en va de même pour les clubs qui se voient imposer des fermetures aux mêmes heures (6 heures généralement). Des ouvertures en continu pourraient être envisagées, à l’instar de Paris, Amsterdam ou Berlin.

Enfin, au-delà du (nécessaire) soutien à des événements diurnes, la ville aurait tout intérêt à accompagner l’émergence de manifestations culturelles nocturnes d’envergure pour son rayonnement. Des municipalités comme Paris (avec les Nuits Blanches) ou Lyon (Fête des Lumières) l’ont bien compris et capitalise sur cette dimension événementielle hautement bénéfique sur le plan de l’attractivité, touristique et donc économique. L’existence d’un tel événement manque sans doute pour faire de Bordeaux une capitale de la nuit et lui forger une identité culturelle nocturne. Dans une note de synthèse sur « La métropole bordelaise la nuit », l’agence d’urbanisme de la métropole bordelaise (A’urba) explique bien que « sur cet aspect, le rayonnement de la métropole bordelaise est difficilement identifiable » et d’ajouter que « Bordeaux ne semble pas jouer cette carte et les politiques événementielles ne s’appuient pas spécifiquement sur les temps nocturnes ». Ainsi, miser sur un événement culturel nocturne clairement identifiable permettrait d’accroître le rayonnement de la ville et de lancer un signal fort quant à l’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis de la vie nocturne à Bordeaux.

Ainsi, si l’on reconnaît le dynamisme culturel local au travers de multiples initiatives, le manque de lieux se fait ressentir. Bordeaux peut néanmoins s’inspirer d’une multitude d’initiatives européennes, à commencer par le Maire de nuit. Si la Mairie rejette cette idée, y voyant davantage un risque de cloisonner la question nocturne, l’existence de telles personnalités à Amsterdam, Paris, Toulouse a fait ses preuves. Ville naturellement attractive pour son cadre de vie, ses autorités ont tout intérêt à explorer ses pistes et apporter des réponses en vue de faire de la capitale de la Nouvelle-Aquitaine l’un des foyers de créativité artistique en France et éviter l’image d’un ville dortoir déserté par les forces vives. Autant de questions qu’on espère voir abordées lors de l’événement « Et toi, la nuit ? » qui consacre quelques tables-rondes à ces questions. Car si pour Fabien Robert « On ne s’ennuie pas à Bordeaux, il y a vraiment de quoi faire », on peut penser qu’accompagner encore davantage la dynamique culturelle nocturne en ville permettrait de hisser la ville à la hauteur de certaines de ses voisines européennes.

SoliFest : festival écologique et associatif de demain

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

La première édition du SoliFest se tiendra les 15 et 16 juin à Bordeaux, dans un écrin particulièrement adapté à son esprit : Darwin. Entre concerts, dj sets, performances mais surtout une dimension solidaire et écologique, le festival s’impose comme le rendez-vous festif et responsable immanquable de ce début d’été.

Solidarité, écologie et festivités : les maîtres mots du week-end prochain

Les 15 et 16 juin Darwin, aussi nommé « la cité idéale », accueillera donc la première édition du Solifest : un festival associatif pour les petits et les grands au cœur d’un ancien bâtiment militaire. La célèbre caserne Niel, bien connue des bordelais, sera pendant plus de 24 heures envahie par les festivaliers et des divertissements en tout genre : dj sets, expositions, animations et performances dans le plus beau décor de la ville.

 

🎈LE SOLIFEST, C’EST VOUS ! 🎈
Il y a quelques jours, nous vous dévoilions le teaser du SoliFest 2019 accueilli cette année par DARWIN, l’Eco-Système de la caserne niel 💚
Mais ce n’est pas tout, nous lancions aussi notre campagne de crowdfunding car oui, nous avons besoin de vous pour faire vivre ce festival ! 👇
https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/solifest-2019/tabs/backers

Publiée par SoliFest sur Lundi 29 avril 2019
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Mais avant tout, Darwin c’est quoi ? Un décor urbain par excellence, de l’art à chaque coin de rue, et de la récup’ à s’y perdre. Sans oublier bien sûr le million de visiteurs annuels qui poussent l’éco-quartier dans le top des endroits les plus fréquentés de Bordeaux. Darwin c’est aussi 30 000 mètres carré sur lesquels s’inviteront, le week-end prochain, plusieurs associations locales comme ESSplicite, Eco Mégots, Surfrider Fondation… Ainsi que nombre d’ateliers et activités pour les plus jeunes. L’idée étant de sensibiliser un public de tout âge aux valeurs d’aujourd’hui et de demain.

Empreinte écologique, hip hop & musiques électroniques

Le festival débutera avec la conférence de Julien Vidal et Camille Chopin : « Comment réduire son empreinte écologique peut participer à augmenter son bonheur ? » avant que ne s’enchainent les visites des stands permettant d’illustrer au mieux les paroles engagées de nos deux protagonistes. Bluecub sera présent, mais aussi Etu’récup, Co-actions et Zero Waste Bordeaux. Répondront également à vos questions : les Restos du Cœur, La Ruche qui dit oui, Local’Attitude : Du jardin à l’épicerie… Bien sûr, les plus curieux pourront aussi se balader entre les trouvailles de la friperie de Black Mamba et, qui sait, peut-être trouver des pépites.

Seulement, SoliFest ce n’est pas que de l’associatif, c’est aussi de la musique à gogo. Des vibrations électroniques et urbaines envahiront le village. Aussi bien locales qu’internationales, celles-ci animeront l’évènement pour notre plaisir à tous. On reconnaît quelques noms tels que : Bellaire, Nathan Zaef, SMIB, Jayco, Hearec ou le crew Musart, mais également des représentants du rap game bordelais avec le WL Crew, Deep & Igee, Majin Killaz et bien d’autres qui se succéderont derrière les platines de 14h à 23h. Pour couronner le tout, un after au Parallel est prévu le samedi soir de 1h00 à 6h00 avec deux artistes d’envergure : Jensen Interceptor (pour sa toute première date à Bordeaux qui plus est !) et Electric Rescue. Alors, on se retrouve là-bas ?
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La Fabrique Pola : amarrage en trois manœuvres

dans ANNONCES/ART ET CRÉATION/ÉVÉNEMENTS

Après s’être construite au fil des lieux et des quartiers de l’agglomération bordelaise qu’elle a traversés depuis les années 2000, la Fabrique Pola jette l’ancre sur la rive droite de Bordeaux, en bord de Garonne. De la fête de fin de chantier à l’inauguration officielle, en passant par les activations artistiques, cap sur les rendez-vous des manœuvres à venir. 

La Fabrique Pola, c’est quoi ?

Lieu inédit de coopération(s) au service des artistes-auteurs et des acteurs culturels de la filière des arts visuels, la Fabrique Pola s’amarre dans 4000m2 d’entrepôts réhabilités par La Nouvelle Agence architectes, quai de Brazza, à deux pas du pont Chaban. Cohabitent studios d’artistes, bureaux, ateliers de production, espaces d’expositions, de projections, salles de formation et d’expérimentations collectives.

Trois manœuvres à venir pour la Fabrique Pola

La première se déroulera le samedi 4 mai de 15h00 à minuit avec, au programme, des visites guidées immersives et décalées dans les nouveaux espaces de la Fabrique, des ateliers de sérigraphie et culinaires en famille où karaoké et dancefloor seront de la partie.

Deuxième manœuvre ; de mai à juillet, la Fabrique Pola nous prépare plusieurs événements.

  • À commencer par l’exposition Alligator Wine de Bettina Samson organisée par Zébra 3, dans le cadre de la commande artistique Garonne Bordeaux Métropole qui se déroulera du 16.05 au 16.06.
  • En parallèle, une conférence des Frères Chapuisat et la présentation du livre Les Refuges Périurbains se tiendront le vendredi 14.06 à 19:00 dans le cadre du projet par Bruit du frigo et Zébra 3.
  • Une saison culturelle 2019 placée sous le signe de la Liberté conduit à l’événement d’un laboratoire artistique, vivant et éphémère du 29.06 au 14.07. Un vernissage se tiendra le 29.06 dès 19:00 pour ouvrir cet événement.
  • Une exposition de Laure Subreville se chevauche du 02.07 au 21.07.
  • Trois événements s’en suivent avec une kermesse le mercredi 03.07 de 16:00 à minuit où l’association Disparate organise des rencontres internationales de la micro-édition : fanzines et multiples.
  • Le samedi 06.07, lors des parcours du Week-end de l’Art Contemporain #2, des visites des studios d’artistes de la Fabrique Pola, et des expositions auront lieu.
  • Enfin, pour clôturer ces activations artistiques, la Fabrique Pola organise une projection le jeudi 18.07 à 22:00 en partenariat avec le FIFIB (Festival International du Film Indépendant de Bordeaux) ; cinéma en plein air.

Le vendredi 13 septembre est LA date à retenir puisque se tiendra l’inauguration officielle du lancement de saison.

Bien que la programmation complète soit dévoilée cet été, un aperçu de celle-ci nous donne déjà envie d’aller y faire un tour. Entre la performance The George Tremblay Show et la projection grand format par Olivier Crouzel, Pola veut nous impressionner. L’exposition Inculte Futur de Moolinex par Les Requins Marteaux et l’installation À vos commandes ! par Pointdefuite / Le bureau des médiateurs Nouveaux Commanditaires seront également au programme. Enfin, le lancement du 17ème Marathon Photo du Labo Photo Révélateur d’Images, la démonstration de la Polamobile et la soirée très dansante ne pourront que nous convaincre, que la Fabrique Pola, c’est avant tout, 19 associations-membres dédiées à la création contemporaine, à la production et à la diffusion artistique.

NSENSE, nouveau festival multi-culturel

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

À l’heure où Bordeaux est en pleine émancipation culturelle, un nouveau projet vient de faire son apparition : NSENSE. Pour la première édition de ce festival multi-culturel, NSENSE s’installe aux Vivres de l’Art, projet et lieu d’échanges et de partage artistique. Avec une programmation éclectique, NSENSE a pour but de mettre en avant des artistes émergents, tous domaines confondus : la peinture, la musique, la danse, la photo, l’humour…

NSENSE : un festival aux multiples facettes

NSENSE, c’est avant tout, une volonté d’appuyer et de suivre des artistes émergents pour les élever au meilleur de leurs capacités. Cette journée sera rythmée par des concerts, expositions, battle de danse anystyle, dj sets, conférence ou encore one man show.

Concerts

Les concerts seront assurés par les chanteurs LuXe, MLX et la brillante Naë (« No Fears », extrait de son premier EP est disponible dans notre playlist du mois – Eclectype #51).

  • Naë – Jeune musicienne nu-soul / R&B, son premier EP, “No Fears” est sorti en décembre 2018. Elle travaille actuellement sur un deuxième EP, écrit entièrement en français, prévu pour 2019.
  • LuXe – À 14 ans, sous le surnom de Nasty Yass, il s’est pris de passion pour le break. Il ne remet les pieds à Paris qu’en 2015 et sort une mixtape en 2016, la luXemixtape, téléchargée plus de 15 000 fois en 24h, et qui connait un succès croissant (150 000 téléchargements à ce jour).
  • MLX – Il rejoint MJK en 2015 et ses premières sorties se font en 2016. Caméléon hyperproductif, il sort trois projets en quelques mois et est adoubé lauréat du dispositif STRI-IT pour la rentrée 2018.

Expositions

Côté expositions, NSENSE se verra accueillir Kebab Noir, Flavor Kevs, Flavia Sistiaga et Simon Morda-Cotel.

  • Kebab Noir – Artiste à multiples facettes : plasticien, street artiste, peintre sur textile, photographe. Fada d’argentique, Kebab travaille les formes, déforme les corps et les images manuellement. 
  • Flavor Kevs – Issu de la culture graffiti qu’il pratique depuis plus de 20 ans, Flavor Kevs ne cesse de décliner et multiplier son personnage à travers ses voyages et son terrain de jeu : la rue. 
  • Flavia Sistiaga – Après des études d’art, elle se lance officiellement dans la photographie à Paris. Elle se spécialise dans le portrait et la mode, en travaillant principalement à l’argentique. 
  • Simon Morda-Cotel – Ambivalente et sensible, structurée, architecturale et contemporaine, l’oeuvre de Simon Morda-Cotel s’articule autour de questions de perception et d’espace. Egalement connu sous le nom de WOSE, c’est le graffiti qui l’amène naturellement vers la peinture.

Danses

Mais NSENSE ne s’arrête pas là puisque ce festival multi-culturel nous proposera des battles de danse avec Arnaud Deprez, SKORPION ainsi que Doudou, Marwan Lo, Clemence Juglet & more.

  • Arnaud Deprez – Danseur et chorégraphe, sans cesse en recherche d’un nouveau mouvement, d’un nouvel effet à la fois physique, musical et visuel, Arnaud Deprez, trouve son inspiration dans la musique électronique, hip-hop et les arts contemporains. 
  • SKORPION – Sa créativité et sa gestuelle animale lui ont valu de remporter de nombreux titres internationaux (double vainqueur « Juste Debout”, Hip Hop International) et de collaborer avec les plus grands Artistes (Kylie Minogue, Taylor Swift, Madonna).

DJ sets

Pour animer cette journée, NSENSE a également prévu des Djsets avec Ola Radio, webradio culturelle née au début de l’année 2019 à Bordeaux, spécialisée dans les musiques électroniques. Mais aussi Future Sound, collectif événementiel spécialisé des musiques électroniques futuristes en tout genre : futurehouse, futurebeats, futurebass, futuretrap… 

Humour

Enfin, pour encore plus de divertissement, le public pourra assister à un one man show du bordelais Nordine Gonso ; fragile mais pas victime, c’est le genre de mec qu’on a envie de prendre dans ses bras pour lui apprendre la vie… C’est ainsi qu’il se résume.

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Cancan, l’union fait la ville

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/VIE DE QUARTIER

Regroupés en « collectif » (même s’ils réfutent l’appellation), les membres de Cancan développent à Bordeaux un véritable savoir-faire dans la création, la co-construction de la ville et de l’habitat. A travers une vision sociale et écologique, ainsi qu’une approche trans-disciplinaire, ce regroupement de talents divers œuvre sur différents projets dans une optique toujours inclusive.

« Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » : l’esprit Cancan

Difficile de cerner au premier abord le périmètre d’action de Cancan. Architectes ? Scénographes ? Designers ? Artistes ? Sans doute tout ça à la fois. Réunie ensemble, la vingtaine de membres qui compose ce collectif (un terme « mot-valise » galvaudé que tend à éviter Cancan) se reconnait « autour d’une approche du « penser-faire » ». Tout ça dans un modèle associatif et, surtout, « une organisation horizontale » où les notions de groupe ou de co-gouvernance prennent tout leur sens.

Cancan s’illustre concrètement à travers la conception de scénographies, d’installations urbaines, ou encore l’animation d’ateliers mobiliers voire l’aménagement d’intérieurs. Au-delà, c’est dans leur manière d’aborder leurs projets que les membres de Cancan se distinguent. En rassemblant un « grand nombre de personnes autour de [leur] bannière », l’équipe entend créer un véritable rapport de force en faveur « d’une société plus humaine, soutenable et qui inclut chacun.e dans la fabrique de la ville ».

Une vision de l’architecture et d’une ville inclusive

La dimension réflexive qui entoure Cancan est à n’en pas douter l’une de ses spécificités. Le groupe met notamment un poing d’honneur à faire respecter certains critères en vue d’accepter certains projets. Cette démarche s’illustre à travers notamment une charte interne à l’association. Celle-ci prône des notions de « durabilité, de respect de l’environnement, d’implications des acteurs… » : autant de valeurs qu’on retrouve dans la vision de l’architecture et de la ville de Cancan.

Cette vision place bien entendu au cœur de ses préoccupations les enjeux d’économie circulaire et donc écologiques. « Une fabrication écologique avec des matériaux bio-sourcés et/ou réemployés, toujours dans un élan d’auto-formation partagée où tant les membres Cancan que les commanditaires entre eux vont apprendre à chaque instant » explique un des fondateurs de l’association.

Une démarche également inclusive et d’échanges dans la conception puisque Cancan évolue autant avec des géographes que des graphistes, des architectes ou des artisans. Cette volonté se matérialise aussi par une « attention [portée] au cadre convivial, entre les différents acteurs d’un projet » comme le précise l’équipe, basée en région bordelaise. A l’échelle locale, Cancan a d’ailleurs l’opportunité d’évoluer sur un territoire disposant de structures similaires, à l’image du Bruit du Frigo ou du Bureau Baroque. Ailleurs, le collectif ETC (à Marseille) ou Encore Heureux (Paris) semble inspirer l’association.

Cancan, acteur bien ancré sur son territoire

C’est bien au plan local que Cancan définit sa zone d’action. Avec seulement 4 projets sur 55 ayant été réalisé hors-Gironde (et la totalité menés en Nouvelle-Aquitaine), l’équipe affirme son rôle d’acteur ancré sur son territoire. Ce « localisme » entre en résonance avec leur discours social et écologique. Aussi, comme l’exprime un des membres de Cancan : « notre connaissance des quartiers, des différentes zones urbaines ou périphériques que nous arpentons, des populations que nous rencontrons et des différents acteurs décisionnaires, associatifs, culturels avec qui nous collaborons est pour nous une force ! ».

Ces liens avec les acteurs du locaux se manifeste bien à travers la diversité des projets mené par Cancan. De la conception d’une scénographie pour le festival Climax ou pour les 7 ans de notre média Le Type (cf. photos), en passant par le traçage d’un parcours à travers Bordeaux (le « Fil Rouge » pour rendre un trajet écolier ludique, sur commande de la Mairie), le réaménagement participatif d’un appartement, ou encore la réalisation d’une étude sur le réemploi de matériaux de construction faisant place à l’expérimentation… les projets sont très différents et font la force de ce groupement d’acteurs.

En tant que concepteurs-constructeurs, les équipes de Cancan disposent d’ailleurs d’un grand local de fabrication situé à Villenave d’Ornon (route de Toulouse). Ce lieu leur permet d’organiser « quelques événements ponctuels comme la projection de la finale de la coupe du monde l’été dernier, un vide-grenier en janvier pour les habitants du quartier » détaille une personne du groupe. Avec la volonté d’y mettre en place « d’autres expériences festives », Cancan pourrait même renforcer son rôle de créateur de liens sur le territoire…
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Tess Parks, Mike Krol : le printemps rock de L’Astrodøme

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS

L’Astrodøme continue son beau boulot de valorisation de la scène rock garage et psychédélique au cœur de Bordeaux, dans son lieu du centre-ville. Dans les prochains jours, c’est Mike Krol (15 avril) et Tess Parks (20 avril) qui y seront conviés. Un printemps qui s’annonce sous les meilleures hospices.

Après l’organisation de la deuxième édition du Sidéral Psych Fest, l’association culturelle L’Astrodøme enchaîne les belles dates. Tour à tour, le collectif accueillera des groupes bien identifiés de la scène rock, garage et psyché tels que les grecs de Bazooka, l’américain Mike Krol ou la canadienne Tess Parks. En sus de ce beau rassemblement, un travail de valorisation de la scène locale est effectuée, à travers l’invitation de groupes de la région, à l’image de J.C.Satàn ou de Mamapsyche, « enfant caché de la scène underground française [qui] émerge des bas-fonds bordelais ». Grâce à L’Astrodøme, ces groupes peuvent côtoyer ces autres formations internationales et se connecter avec ces dernier en vue à leur tour, peut-être, de fouler d’autres villes d’Europe et au-delà. Tour d’horizon des ces artistes invités ramenés par le collectif à Bordeaux.

Mike Krol : garage power pop punk, Los Angeles

Tout droit débarqué de Californie, Mike Krol distille avec ses riffs disto et un son brut une énergie punk-rock qui sent bon les années 2000 sans pour autant regarder en arrière. Son dernier album Power Chords en est le meilleur témoin ; avec un certain talent de songwriting, le bonhomme prouve encore une fois que Los Angeles est un haut lieu de la créativité contemporaine.

Bazooka, garage punk psych, Athènes

Qui a dit que la Grèce déprimait ? Malgré un contexte socio-économique et politique complexe, la jeunesse du pays se fout bien des déterminismes et clame sa volonté de dessiner d’autres horizons à travers l’art et la culture. Groupe actif de la capitale Athènes, Bazooka pourrait bien être un porte-étendard de ce mouvement, à travers son punk tendance garage qui flirte avec des sonorités psyché. Un bon remède à la gueule de crise.

Tess Parks, neo psych pop sixties, Toronto & Londres

Originaire de la capitale canadienne, Tess Parks s’est installée à Londres, illustrant là encore l’attractivité de la capitale britannique qui malgré le Brexit continue d’accueillir (pour combien de temps ?) une belle partie de la faune psyché contemporaine. Son dernier album, sorti en 2018, est le fruit d’un travail avec Anton Newcombe (leader du Brian Jonestown Massacre) et s’inscrit parfaitement dans la veine d’une scène rock alternative et indie qui n’en finit plus de produire des sorties toujours quali.

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