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Une webradio à Bordeaux : Ola Radio

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/Médias/MUSIQUE

Bordeaux verra débarquer dans un mois sa première webradio dédiée à la culture électronique et ses acteurs : Ola Radio. Le Type a eu l’honneur de rencontrer Alice, Rémi et Tommy, les trois créateurs de cette révolution musicale et culturelle locale longtemps attendue. Lire plus

L’humour tranchant de Polina Vichniakoff

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Armée de son humour et de son joli coup de crayon Polina Vichniakoff nous fait rire et nous étonne à chacune de ses illustrations. Un monde guidé par le sarcasme, où boire des coups et parler des tracas du quotidien avec franc-parler et des métaphores que l’on oserait employer dans la « vraie vie » sont les mots d’ordre. Cet univers a séduit Le Type, c’est pourquoi il a décidé de partir à la rencontre de cette illustratrice pleine de vie à l’esprit piquant !
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Le Type : Salut Pauline ! Alors, raconte-nous un peu : comment cette aventure a commencé ?

Pauline : Au début j’ai commencé à dessiner des robes, un peu comme toutes petites filles. Et puis, à l’école, j’ai fait de l’art plastique, ce qui m’a permis de me rendre compte que le dessin était vraiment un truc qui me bottait, qui me permettait de m’évader. Du coup je suis partie directement dans le graphisme. J’ai donc fait 7 ans de graphisme et de web avant de m’apercevoir au fur et à mesure des expériences que ça ne me plaisait pas, qu’il me manquait un truc. Alors je suis partie dans complètement autre chose : je suis allée dans un château. J’ai ainsi fait 3 ans dans les vignes et je me suis intéressée au vin.

Au début j’en ai fait des petites illustrations pour rigoler sur Instagram, et finalement mes potes m’ont poussée en me disant « continue, c’est trop bien, ça fait rire ! », et au bout de 3 ans je me suis dit que j’allais quitter les vignes et me barrer à Bordeaux pour me mettre à mon compte en tant qu’illustratrice. C’est comme cela que j’ai ouvert mon compte en octobre.

Peux-tu nous dire qui est cette petite nana dans tes illustrations ?

C’est mon petit personnage diabolique, celui qui me permet d’évacuer. Pour illustrer mes billets d’humeur, j’ai décidé de créer un mini moi, et ce dernier s’appelle Polina. Il est un peu plus vulgaire que je ne le serais, il ose parler et dire des choses que l’on oserait pas forcément exprimer dans le quotidien. Je pense que beaucoup de personnes se retrouvent là dedans, il est vrai que ces illustrations sont des sortes de petits coups de gueule. Tout ce qu’il me passe par la tête, j’en fais un billet d’humeur. Souvent je parle des mes sorties avec les gens qui me font rire, des situations que je peux vivre…

Je pense que ça permet de faire rire les gens et d’oublier un peu parfois ce qui n’est pas forcément agréable dans la vie de tous les jours. Ces illustrations permettent en quelques sortes de sublimer tous les trucs de merde que l’on vit au quotidien. Ça fait rire et ça permet de se dire « Putain ouais, on n’est pas tout seul ! ». Et que ce soit les filles ou les mecs, souvent on m’envoie des messages et c’est assez cool !

 


Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer ?

C’est un besoin de m’exprimer. J’ai deux qualités en fait : le dessin et l’humour, et j’ai voulu en faire profiter les gens.

Est-ce que tu peux nous parler un peu de tes projets ?

Ma prochaine expo sera sur les enfants au bistrot des fromagers. J’avais envie de faire cette expo parce que je me suis dit que le vin c’était bien pour me faire connaître, mais je trouve qu’il y a d’autres sujets qui sont drôles, et notamment les enfants. C’est quelque chose sur lequel tout le monde se reconnait je pense, autant les mamans que les grands ados ou les jeunes adultes… Et puis on en voit tous les jours, c’est marrant les enfants, c’est marrant à bizuter (rire). Il y a aussi une exposition que je vais faire à l’Iboat en collaboration avec Miléna Delorme (photographe du Type, ndlr). Et puis j’ai d’autres projets aussi d’autres thèmes. Le prochain sera celui du sport : les rugbymans, les sportifs, les footeux… Je pense qu’ils vont s’en prendre plein la gueule. Gentiment hein, ça reste toujours gentil !

Les coloc’ aussi, je pense que je vais également me pencher sur le sujet de l’amour. Je change au fur et à mesure, environ tous les 6 mois, histoire d’être dans l’actualité. Pour l’instant je n’ai pas envie de faire de bandes dessinées. Peut-être que ça viendra. Je n’ai pas encore d’éditeur parce que je me suis mise à mon compte très récemment, comme je le disais.

Y a-t-il des collaborations que tu aimerais faire avec d’autres artistes ?

Pour le moment je n’ai pas vraiment eu de contact avec d’autres artistes. Je suis quelques artistes sur Bordeaux mais… oui, pourquoi pas ! C’est vrai que pour l’instant je me la joue un peu perso et tout, histoire de me faire connaitre. Mais rencontrer du monde, avoir des contacts avec d’autres gens aussi ça me fait plaisir. Donc oui, des collaborations, pourquoi pas ! J’ai écrit à des magazines de presse féminine mais pour l’instant je n’ai pas de réponse, j’aimerais bien, ce serait cool.

Où est-ce qu’on peut retrouver tes illustrations ?

On peut me retrouver sur Instagram et sur Facebook. Pour l’instant je n’ai pas de site, mais je vais en faire un. Ça me paraît important parce qu’il y a plein de personnes qui n’ont ni Instagram ni Facebook.

Avec quels outils travailles-tu ? Tablette graphique, iPad…?

Je travaille au doigt sur l’iPad 4. Je n’arrive pas à travailler avec les stylets, ni avec la tablette graphique. Pourtant j’en ai une avec l’ordinateur, mais moi j’adore mon iPad, être dans mon canapé, me mettre à dessiner avec mon doigt, comme un enfant.

Ton « personnage diabolique » à l’air d’être une bonne vivante, on a donc plein de questions à poser à cette petite bordelaise !
Quel est son café préféré ?

Chez Fred

Quel est son Bar préféré ?

Le Café Brun

Une expo qui l’a marquée ?

La dernière expo de la base sous-marine

Son bouquin de chevet ?

J’ai beaucoup de bouquins d’art. Et je suis vraiment fan de Caravage.

Si elle devait citer un film ?

Stand by me.

Une phrase/un proverbe ?

Apéro !

Merci Pauline d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

Retrouvez-la :

 

Interview à vie sauvage avec Miel de Montagne

dans ART ET CRÉATION/MUSIQUE

Le Type a eu l’honneur de rencontrer Milan alias Miel de Montagne à l’occasion de son live acidulé et enchanteur au festival vie sauvage le 16 juin dernier. Rencontre intimiste dans la douce citadelle de Bourg-sur-Gironde avec le créateur du titre « Pourquoi Pas » qui vient de sortir son premier EP Petit Garçon, sur le label Parisien Pain Surprises.

Crédits Photos : Alice Belair
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Le Type : Si tu pouvais nous citer un artiste ou performeur « kitsch » et iconique qui t’inspire, de qui s’agirait-il ?

Milan : Si je devais parler de référence, l’autre jour je matais des live de Prince, et là tu y vois des nanas qui sont folles, tout comme ses chemises, il y a un côté super retro. Tu vois, ça marche toujours un truc comme ça, le côté glow  qui rayonne, ça cartonne et je pense que c’est quelque chose qui gravira les années. Pour moi tu vois c’est kitsch mais en fait c’est surtout une mode avant tout. Les chanteurs ou les mecs comme Julio Iglesias et leur charisme, faire tomber les filles tout ça ; oui, ça me fascine. Je ne suis pas du tout comme cela mais j’aime jouer cette caricature et parfois je me projette sur scène, je vais faire le crooner, chanter des histoires d’amour, ce que je pouvais imaginer en créant le morceau.

Jouer ici, dans ce cadre qui se rapproche de la nature et des grands espaces, est-ce quelque chose que tu affectionnes particulièrement ?

En ce moment, beaucoup oui, ça me fait du bien d’être ici. C’est vraiment un régal et je n’ai pas senti une seule tension en arrivant. Tu peux voir le sourire des gens qui sont ravis, tu ne te sens obligé de rien. Nous sommes arrivés hier et je pense que je me suis même trop imprégné du lieu, j’en ai oublié que j’étais sur scène (rires) ! C’est tout à fait ce que j’espérais avant de venir. Je découvre de plus en plus cette région puisque je travaille avec des gens qui sont dans les alentours de Bordeaux. Enfin, je ne fais pas que travailler, je passe du temps avec les copains (rires) !

Comment as-tu préparé ce live ?

Malheureusement, sur scène, je ne peux pas tout vous jouer contrairement au fait que je compose tout seul. J’ai donc vraiment eu la volonté de mettre l’accent sur la guitare et le chant pour me sentir libre sur scène et vraiment communiquer avec les gens. Pour le reste j’ai fait appel à un bon pote, Vincent « Le Vince » ; je l’ai appelé un jour et nous avons répété ensemble et ça l’a fait ! Je pense que même sans répétitions ça l’aurait fait. Du coup il me suit sur tous mes live.

Tu as connu l’atmosphère de Paris en tant que DJ, quel a été le déclic pour que tu deviennes Miel de Montagne ?

J’ai toujours eu beaucoup d’instruments. Mon premier c’était la batterie à 5 ans, ensuite j’ai eu une guitare. J’ai eu pas mal de groupes aussi, puis après je me suis mis à faire des choses seul, j’étais DJ, je produisais de la house, des choses plus électroniques, c’est quand j’étais à Paris. J’ai suivi cette mode du DJ, mais il m’a fallu du temps pour faire le point et sortir ce projet Miel de Montagne, car c’était tellement sincère que j’en avais peur. Je suis revenu sur les bases car je n’étais pas 100 % moi même.

Quand j’avais 14 ans je composais déjà les mélodies qui sonnaient comme Miel de Montagne tu vois. Même mes parents aujourd’hui me disent : « C’est marrant, ça ressemble à ce que tu faisais quand t’étais ado, t’as toujours eu cette touche et ces riffs là ». Même moi je ne m’en rendais pas compte ; ce sont eux qui m’ont ouvert les yeux là-dessus. C’est un truc qui était en moi, et je pense que comme plein de gens, j’avais un peu peur, donc j’ai fait d’autres choses, ce qui a été bénéfique aussi, car j’ai appris beaucoup. J’ai de l’expérience dans plein de milieux différents et eu divers projets. Et à un moment j’ai rencontré des personnes, notamment Jacqueset c’est comme cela que je me suis dis « ouais beh vas-y faut se lancer quoi, je vais faire mon truc les gars ».

Ce n’est pas un ras le bol, c’est plus un moment où tu t’écoutes, tu prends le temps, tu rentres un peu à la campagne,. Moi, c’est ce qui s’est passé. J’ai ressorti la guitare, j’ai commencé à écrire des petites paroles et voilà, je me sens à ma place.

 

Mes parents m’ont dit : « Ça ressemble à ce que tu faisais quand t’étais ado, t’as toujours eu cette touche et ces riffs là ». Même moi je ne m’en rendais pas compte ; ce sont eux qui m’ont ouvert les yeux là-dessus.

 

 Comment s’est passé la rencontre avec les labels Pain Surprises et Délicieuse Musique ?

J’ai d’abord rencontré le label Parisien Pain Surprises par le biais de Jacques. Là on est sur une co-production où Délicieuse à apporté son soutien au projet, les deux se partagent le travail. Ce qui est vraiment cool étant quelqu’un qui aime faire les choses de A à Z, c’est qu’ils me laissent faire ce que je veux. Je me sens totalement libre.

« Pourquoi pas », ça ne serait pas un peu la réponse de ton parcours ? La prise de risque, se lancer ?

Ouais, on peut le voir comme ça. C’est surtout un truc simple, quand tu vois une aubaine une proposition, tu te dis pourquoi pas, tu ne n’émets pas de jugement dessus, tu y vas ou tu n’y vas pas, mais en tout cas : pourquoi pas ? Ça laisse des portes ouvertes et j’aime bien ça, cette continuité d’essayer des choses et voir ce que ça donne.

Le titre « Petit Garçon » et son atmosphère nostalgique, peut-on dire que c’est un retour aux racines ?

C’est marrant car quand j’ai composé les paroles de « Petit Garçon je courrais derrière ma réalité », c’était dans la période où je revenais vivre chez mes parents en Charente, et je commençais à prendre conscience de ces bases que j’avais. Il y a des choses parfois que tu ne contrôle pas et j’ai chanté ça comme ça, puis je me suis dis que c’était juste logique, que je pouvais aussi appeler mon EP comme cela car c’est un retour aux sources.

 

Pouvons-nous attendre un album en projet ?

Ouais bien sûr, c’est en projet, j’aime me surprendre et surprendre les gens. Sur cet EP il y a des choses différentes et variées, les titres ne traduisent pas tous les mêmes émotions. Justement ce sont celles qui me traversent. Tout ce que je sais c’est que je vais pas mal travailler en studio à la fin de l’été, et quelque chose va arriver très vite, il y a déjà quelques morceaux que l’on a pu entendre sur scène. Donc oui, soyez surpris d’un album, ou même d’un EP…

Merci Miel de Montagne.

« Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? » : l’expo de Pauline Roquefeuil

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES
Pauline Roquefeuil

Le Type est allé à la rencontre de Pauline Roquefeuil pour son exposition « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? » – référence à cette réplique lancée par Brigitte Bardot – magnifique – dans « Le Mépris ». Vous l’aurez compris, c’est donc de fesses dont nous allons parler ici… Pour une fois avec un œil plus sociologique que pornographique.
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Un projet à l’initiative du collectif « La Cerisaie »

À l’origine de ce projet se trouve La Cerisaie – collectif Marmandais – que Pauline avait fait venir à l’Iboat pour un événement. C’est au cours d’un repas pendant lequel se discutait l’organisation de la prochaine soirée dont le but était de mettre les fesses à l’honneur que la photographe a suggéré d’y ajouter une exposition, quelque chose de plus visuel. Le collectif connaissait déjà son travail de photographe, et a donc immédiatement pensé à lui confier cette mission : réaliser une exposition sur des fesses.

Sacré challenge pour Pauline qui n’avait donc qu’un mois pour mener à bien ce projet, d’autant que l’argentique demande du temps et du travail (développer, trier, recommencer les ratés…), c’est pourquoi elle a tout de même pris la journée pour y réfléchir… Et finalement accepter le défi avec enthousiasme ! Il faut dire que c’était là un projet auquel la photographe pensait depuis déjà un certain temps, et cette collaboration était donc l’occasion d’enfin le réaliser.

Une série de photo personnelle et naturelle

Un projet d’expo photo sur les fesses, voilà qui n’est pas commun ! Mais tout fait sens lorsqu’elle nous explique qu’en réalité cette idée part d’un complexe qu’elle avait : « […] c’est une partie de mon corps que je n’acceptais pas du tout chez moi, je me disais donc que j’aimerais me faire prendre en photo, que ça m’aiderait ». Ainsi, l’idée lui est venue que peut-être elle pourrait aider les autres à travers ses séances de photographie, sorte de « photothérapie », justifiant cette envie de réaliser cette série. Sachant cela, on comprend d’autant mieux de nom de l’expo tirée du Mépris de Godard « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? ».

Cette série, elle la voulait la plus naturelle possible, hors de question de retoucher les photographies, la spontanéité était le mot d’ordre. « Je disais aux modèles que s’ils avaient une idée, nous pouvions la réaliser, que nous verrions ensemble, mais que c’était eux qui choisissaient. Après, une fois que la photo était faite, c’était celle-ci et on ne changeait pas. C’était très intéressant ! ». Cela s’explique alors par un objectif bien précis : faire en sorte que les gens acceptent leur corps tel qu’il est, comme une réconciliation avec soi-même.


Pauline Roquefeuil

Un projet inédit pour la photographe

Initiée à la photographie argentique par son père, Pauline a toujours fait de la photo. Jusqu’aujourd’hui, celles-ci relataient ses multiples voyages ; mais cette fois-ci c’est un nouveau sujet qu’elle a décidé de traiter à travers l’art photographique. Les paysages ne sont plus les vedettes, cédant la place aux modèles ou plus précisément les fesses de ces derniers.

« Je m’étais dit que j’allais être obligée de les motiver, les convaincre »

Au début sceptique sur la manière dont elle allait réussir à rallier des personnes à ce projet, elle s’est vite aperçue – via un message lancé sur Facebook, telle une bouteille à la mer – que son entourage, proche et moins proche, était finalement séduit et motivé pour y participer. Pas moins de 70 personnes ont alors répondu à l’appel, et seules deux se sont désistées. Pour beaucoup, il s’agissait là d’un défi, pour d’autres d’une expérience « marrante ».

Pauline Roquefeuil

La photographie, l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre

Comme évoqué précédemment, l’objectif de l’exposition était clairement annoncé : mettre en exergue l’évolution du corps et son acceptation. Objectif rempli selon Pauline. Et tout cela, elle a pu l’observer et en être témoin tout au long des séances photo avec ses modèles : « il y en avait qui au début n’osaient pas trop, et puis en fait ils se donnaient le défi. Beaucoup de nanas, une fois qu’elles voyaient la photo, disaient « Ah mais en fait ça va ! » » ; « Il y a aussi eu un couple qui au début ne se sentait pas du tout à l’aise à l’idée de se mettre nu. Et puis ensuite, une fois qu’ils étaient à l’aise, ils ne voulaient plus se rhabiller, et ils avaient plein d’idées ! ».

Pour l’artiste, cette expérience a définitivement été l’occasion d’aller à la rencontre de l’autre. Et au-delà de son plaisir à réaliser les clichés, ce qu’elle a par dessus tout apprécié et ce qu’elle retiendra ce sont toutes les discussions et souvenirs créés avec les personnes chez qui elle ne serait jamais rendue si ce projet n’avait pas existé : partager un tajine vegan avec un mec, histoire de se détendre ; découvrir que, oui, les mecs aussi pouvaient être préoccupés par l’esthétique de leurs fesses, …

Une réelle expérience humaine qui la pousse à vouloir mener ce projet plus loin, d’autant plus qu’elle n’a pas pu photographier toutes les personnes qui ont répondu à l’appel. En effet, au cours de l’exposition à l’Iboat, certains sont venus à sa rencontre pour se porter volontaire, preuve que le sujet touche, que les gens sont en demande et que le projet pourrait facilement prendre de l’ampleur. Outre cela, c’est pour Pauline l’occasion de défendre l’argentique et tout ce qu’il a de spontané et de « brut », dans le sens où la photographie n’est pas retouchée, faisant toute sa beauté. C’est alors que l’on se rend compte que cette technologie était l’outil parfait pour ce projet : pour un résultat fidèle à la réalité, parce que nos fesses sont ce qu’elles sont et elles sont belles ainsi ; à nous de les accepter. Et les photos, parce qu’elles ne sont pas modifiées, sont un moyen de s’en rendre compte et de se réconcilier avec ce corps qui n’attendait qu’à être montré et regardé tel qu’il était.

Des projets axés sur l’humain

Grâce à cette expérience, la photographe a pu découvrir toutes les opportunités que présentait un projet qui permettait d’aller à la rencontre de l’autre. C’est pourquoi elle nous dit désormais vouloir réaliser des séries plus en rapport avec l’humain. Il faudra à priori être un peu patient, mais plusieurs idées lui trottent dans la tête et pourront faire l’objet d’expositions d’ici quelques temps, comme des photographies de plis du corps vus de très près (un bourrelet, une ride, différentes peaux…), des photographies de seins… Mais pour l’instant, son objectif reste de développer cette exposition sur les fesses et de la mener le plus loin possible.

Pauline Roquefeuil

Merci pour cette rencontre Pauline et à bientôt, le Type te souhaite une belle continuation, à toi, mais aussi à ton projet !

  • Une expo à voir au Bon Jaja jusqu’à la fin du printemps.
  • Pour plus de photos de Pauline Roquefeuil, rendez-vous sur son site ou son Instagram.

Les visages de lili cracra

dans ART ET CRÉATION

Lili cracra, artiste bordelaise, nous parle de ses créations dans lesquelles musique, cinéma et illustrations se mêlent. Rencontre avec une artiste aux créations inédites et inspirantes : un bonheur !

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Le chemin vers l’illustration

Issue d’une famille où l’art est omniprésent (mère et grand mère peignent, père musicien), Lili cracra a toujours dessiné. Comme beaucoup, elle était partie pour faire les beaux arts, mais s’est ravisée pour un choix plus pragmatique et est finalement entrée en école de graphisme. Pendant son BTS, elle s’est arrêtée de dessiner et a repris après un an d’activité en agence de communication.

Par la suite, ce sera une rencontre clé qui la poussera, non seulement à continuer le dessin, mais aussi à aller plus loin en faisant « quelque chose de son travail » au travers d’expositions (notamment à la Zone du dehors, où une illustration est encore disponible sur le mur de droite dans l’entrée) ou encore en rendant ses illustrations disponibles au publique dans une boutique (Les filles au balcon, 29 Rue Cheverus, 33000 Bordeaux ).la-vie-aquatique

 Ce qui l’inspire

L’illustratrice n’a pas vraiment de références artistiques, elle essaie justement de se détacher de toutes influences. Ce qui l’inspire surtout c’est la musique, elle dit d’ailleurs être assez obsessionnelle et pouvoir écouter une musique pendant des heures et des heures… obsession donnant naissance à beaucoup de ses illustrations.

Autres source d’inspiration : les films. Comme la musique, elle s’en inspire et crée à partir d’un film qui l’aura marqué (cf « la vie aquatique »)

 Ce qu’elle défend

La place des femmes est un thème qui tient à cœur à cette artiste. Elle nous explique que le monde du graphisme est un monde dans lequel il y a peu de femmes et où elles ont peut-être moins de légitimité que les hommes. « Tout comme dans le monde de l’art d’ailleurs » rappelle-t-elle.

Sa palette

Crayon de papier, crayon de couleurs, aquarelle, parfois l’ordinateur, et maintenant une nouvelle série de dessins au stylo et aux feutres est en cours … Lili cracra touche à tout et aime diversifier les outils avec lesquels elle travaille. Elle même le dit, elle aime que les choses bougent, expérimenter de nouvelles choses, de nouveaux outils…

Pour l’avenir …

Plusieurs projets sont en cours pour Lili cracra. Tout d’abord, un livre pour enfants sur lequel elle bosse depuis 2 ans et qu’elle a crée de A à Z (écriture, illustration, auto-édition, auto-diffusion). Ensuite, un bouquin, « Instantané », dans lequel nous pourrons retrouver des illustrations immortalisant un moment précis avec la citation qui mettra des mots sur ce moment, nous faisant partager celui-ci avec poésie.

Et comme Lili cracra a la bougeotte, elle ne s’arrête pas là. Eh oui, elle a aussi un projet de marque (« La biche en slip », on aurait pas trouvé mieux, de quoi mettre l’eau à la bouche !). Les premiers tests effectués dans l’atelier de sérigraphie qu’elle a elle même monté étant concluants, la marque pourrait voir le jour d’ici octobre ou novembre. Nous pourrons alors retrouver « La biche en slip » sur internet ou encore en magasin (affaire à suivre !).

Enfin, Lili cracra et le collectif « Club senior » dont elle fait partie, comptent investir différents quartiers dans bordeaux afin de s’approprier la rue au travers de collages, mapping, etc… Graphiste, designer, pro de l’audio visuel seront réunis pour une métamorphose éphémère et nous faire voyager sur place. Autant vous dire qu’on attend ça avec impatience !

kid-sisterVous pourrez retrouver les protagonistes touchants de Lisa, nous parlant au delà des mots, sur: instagram (lilicracra), tumblr, facebook (lougraphisme), ou encore behance

L’univers d’Audrey Pol

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Audrey Pol, artiste Bordelaise montante, inaugurait sa première expo mardi 19 Avril au Wine shop expérience, la boutique du château Pape Clément, expo organisée par l’institut Bernard Magrez dans le cadre de la galerie des nouveaux talents. Le Type a découvert avec plaisir ses dessins dont les détails les rendent si réalistes, et a été été touché par la beauté qui émanait de chacun d’entre eux, mais aussi par l’histoire qu’ils racontaient. Rencontre avec une artiste fraîche, nature et si spontanée pour qui le Type a eu un vrai coup de cœur !

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Parle moi un peu de cette expo ?

Cette exposition fait suite à un concours auquel j’ai participé, le grand prix Bernard Magrez, où plus de 500 artistes se sont présentés avec une œuvre. J’ai été retenue pour exposer avec 100 autres artistes, au sein de l’institut Bernard Magrez, sur le thème « sagesse ». Et j’ai choisi de présenter « La Dernière », une des femmes de ma série. A la fin de cette exposition, l’institut a voulu voir le reste de mon travail est s’est intéressé à cette série. Ils m’ont alors proposé d’exposer à la boutique du château Pape Clément.13090624_1719722784983334_329708021_o

Je suis graphiste de formation, activité dont je me suis un peu écartée depuis quelques temps, et je ne savais même pas si j’allais être sélectionnée pour le concours dans la catégorie peinture. Cela fait 3 ans que je fais de l’illustration mon activité principale et lorsque j’ai vu ce concours, je me suis dis « pourquoi pas ! » sans oser y croire. Finalement il débouche sur une première exposition.C’est une très belle opportunité pour moi et je suis honorée que Mr Magrez s’intéresse à mon travail.

Le dessin c’est devenu un peu toute ma vie, mon appartement s’est transformé en atelier, et je passe bien 60 heures sur une illustration. J’aime dessiner ou peindre comme un artisan travaillerait la dentelle.

Quelles sont tes influences ?

J’aime beaucoup la peinture baroque, flamande. Rembrandt, Caravage mais aussi Élisabeth Vigée Le Brun, par exemple. La peinture du 18ème siècle m’a très vite frappé, les drappés, les clairs obscurs… Je suis admirative ! La peinture à l’huile me plait énormément.

Sinon, je suis une grande fan des peintures de l’artiste Guillermo Lorca, et puis il y a la photographie : Tim Walker, Hendrik Kerstens, Sacha Goldberger, Isabelle Chapuis etc.

Quelles expositions pour la suite ?

Pour l’instant je ne sais pas, il y a de nombreux endroits dans lesquels j’aimerais beaucoup exposer, il va falloir que j’ose démarcher et montrer mon travail. Je ne pense pas être une bonne commerciale (rires).

Y a-t-il des projets qui te tiendraient à cœur ?

 J’aimerais beaucoup collaborer avec d’autres artistes/artisans, comme des céramistes par exemple. Tout ça est un peu nouveau pour moi, du coup je suis un peu curieuse de tout, c’est la découverte. Mais avant tout je veux laisser le temps aux gens de me connaître. Et je viens de terminer quelque chose qui me tenait vraiment à cœur. Ma série sur les femmes, c’était tout un projet pour moi, et c’était important. C’est avec mes tripes que je fais ça, ces femmes me représentent. Dans tous les cas je resterai fidèle à moi même, je ne peux pas faire autrement.

Quels sont tes projets après cette exposition ?

Prochainement j’ai pour projet d’aborder le thème vin/animaux sur de grands triptyques ! Mais je vais aussi me la13090699_1719722851649994_1744256789_o.pngncer dans une seconde activité, je n’en dis pas plus pour le moment… J’aime me compliquer la tâche pour toujours plus de défis, l’idée de pouvoir apprendre, m’améliorer, me plait beaucoup : cela doit être les raisons pour lesquelles la peinture à l’huile me fait de l’œil.

Je ne m’impose pas de règles par rapport à la mode actuelle. J’ai bien du mal à faire du joli parce que c’est joli. Je suis incapable de faire un dessin sans histoire, je n’y vois pas d’intérêt s’il n’y a pas vraiment de sens.

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Derrière cette artiste se cache une narratrice qui raconte une histoire au travers de chaque coup de crayon. Vous pourrez la lire et entrer dans l’histoire si vous savez écouter ce que ses dessins ont à vous raconter jusqu’au 31 mai !

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Et pour découvrir l’univers d’Audrey Pol et suivre son évolution, rendez vous sur son Facebook et/ou sur son son site !

Exposition visible jusqu’au 31 mai à la boutique Wine Shop Experience, 216 avenue Dr Nancel Penard, 33600 Pessac.

 

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