Mémoires en friche : l’art pour explorer le patrimoine de la région

dans DIVAGATIONS LOCALES/VIE DE QUARTIER

Mémoires en friche est un projet multiculturel mélangeant poésie, musiques électroniques et arts numériques. Mené et créé par le collectif STiMBRE, il vise à explorer des sites industriels en friches de la Nouvelle Aquitaine pour y collecter de la matière visuelle et sonore afin de créer une chanson miroir de chaque lieu.

Crédit photo : Gaëlle Chalton

Mémoires en friche

L’équipe de Mémoire en friche explore des lieux en désuétude de la nouvelle Aquitaine tel que la Grue Wellman sur les Bassins à flots, les anciennes cuisines de Charles Perrens, la Monnerie, usine de textile en Haute Vienne ou encore l’ESCAT à Bergerac. Dans ces espaces délaissés par le temps, les membres du collectif STiMBRE collectent des images, du son mais aussi des témoignages de personnes ayant fait vibrer ces lieux dans le but de créer une « chanson tableau » reflétant l’histoire de ces endroits.

Le choix des lieux s’est fait en accord avec les différents acteurs du territoire concerné, comme des partenaires culturels et des acteurs sociaux avec lesquels ils collaborent dans la médiation et la collecte des informations. L’assemblage de ces « chansons tableaux » mettant en avant entre dix et douze des sites explorés donnera naissance à un spectacle inspiré des thèmes des friches comme l’oubli, la solitude, l’espoir, l’isolement, l’attente ou la renaissance.

Mémoires en friche est un réel projet transmédias, où diverses créations se complèteront comme de l’art vidéo projeté en première partie du concert, de l’art numérique ainsi qu’un livre et un C.D pour laisser une trace et ancrer le projet dans le temps.

Crédit photo : Emma Derancy

Le collectif STiMBRE et ses acteurs

Né en 2016, STiMBRE est un collectif de musique éléctro-ambiant-industriel est composé du duo de Gaëlle Chalton, chanteuse, photographe et directrice artistique et Jo Stimbre poète, interprète et producteur. Leur musique évoque d’un côté le rock indus des Young Gods et de l’autre la noirceur électro des Massive Attack. En ce qui concerne l’écriture des titres, on peut souligner l’influence de Ferré, Thiéfaine et Baudelaire. Le groupe a enregistré son album composé de treize titres, Un sens au voyage, et évolue dans des concerts, cafés culturels et festivals. Mémoires en friche est leur tout dernier projet. Accompagné d’artistes proches, ils se déplacent ensemble dans ces friches industrielles

Bien qu’étant un duo, le collectif StIMBRE est aussi composé par d’autres acteurs majeurs comme, Julien Peraudeau, ingénieur du son qui, accompagné de Jo Stimbre écrit les textes, collecte les sons et crée la musique. Gaëlle Chalton interprète les chansons avec Jo et assure la direction artistique. Raphael Allain, pianiste trompettiste mais surtout ingénieur du son s’occupe de la mise en son.

Focus sur la Grue Wellman, reine des Bassins à flot

A 72 ans, symbole fort du patrimoine portuaire de Bordeaux, cette vieille dame trône toujours à 27 mètres au-dessus des Bassins à Flot depuis son installation en 1947. La grue Wellman, inutilisée depuis 40 ans, fait aujourd’hui l’objet d’un chantier de restauration en collaboration entre l’entreprise Adrenaline et les lycéens de la Sainte Famille Saintonge.

Crédit photo: Gaëlle Chalton

Intrigué par cette dame de fer et son histoire, le collectif STiMBRE, les jeunes du centre d’animation du quartier de Bacalan et leurs éducateurs se sont lancés dans cette première tentative de collecte de son, d’images et de mémoires. En effet, dans ce projet intergénérationnel des anciens de l’ephad Fleur de Gambetta ont pu livrer leurs témoignages et anecdotes sur la Grue Wellman à son époque d’activité.

Après avoir visité l’antre de la reine des Bassins à flot de leur propre yeux, l’équipage a pu découvrir son lot de sons inimitables lorsque muni d’un archer, ils y firent résonner des cordes de guitares préalablement fixées sur une des parois de métal. Jo, inspiré par les lieux ainsi que par les témoignages noircit son papier d’un texte énigmatique au nom familier « au ras des containers ».

Extrait du futur titre « Au ras des containers »

« Au ras des containers
Tremble une ombre chinoise,
Un glissement sous la toise
Des entrelacs de fer,
Un murmure de paroi
Secret comme un espoir,
Émoussé par le froid
Mais guidé par le phare;
Une rumeur d’oraison
Fondue dans l’arrimage,
Lestant la cargaison
D’un fantôme d’équipage.

Mais cette grue portuaire
Pourrait, depuis sa cime… »

Jo Stimbre

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de DIVAGATIONS LOCALES

Retourner là haut