Memphis Plastic Field : l’irrévérence du design

dans ART ET CRÉATION

Le musée des Arts Décoratifs et du Design accueille l’exposition Memphis Plastic Field jusqu’au 5 janvier prochain. Après un passage à la Biennale d’architecture de Venise en 2018,  les 160 pièces iconiques du mouvement cohabitent dans l’ancienne prison bordelaise. Des motifs géométriques, des matériaux kitsch ou chics, asymétriques et colorés qui flirtent avec audace, humour et spontanéité.

Crédit photos : Luna Omer-Verny

Comme des jouets empilés aux imprimés colorés, le mobilier Memphis s’impose avec extravagance dans l’environnement carcéral. Sur les murs de pierre, on peut encore décrypter quelques inscriptions d’anciens prisonniers qui contrastent avec l’optimisme ambiant des objets. Un ring de boxe d’un côté, une coiffeuse de l’autre, les objets nous entraînent dans un environnement très années 80 emprunt du Pop Art et de la BD.

Un mélange d’influences

C’est un soir de décembre 1980, au rythme de la folk de Dylan et de sa chanson, « Stuck inside of Mobile with the Memphis Blues Again », qu’est né le mouvement. Memphis, c’est à la fois la culture rock’n roll d’Elvis Presley  (Memphis Tenessee), l’histoire de l’Egypte antique (Memphis était la première capitale de l’Egypte ancienne) et la fin d’une culture, en écho à la chanson de Bob Dylan. Accompagné d’une vingtaine d’artistes, Ettore Sottsass, alors âgé de 64 ans, fonde le mouvement à Milan. Deux femmes en font partie, deux bordelaises : Martine Bedun et Nathalie Du Pasquier. C’est d’ailleurs à Bordeaux, au Madd, qu’en 1983, a lieu la première exposition Memphis.

La liberté hors des normes du « bon goût »

Sans manifeste, ni théorie, Memphis est né d’un désir de spontanéité et de démocratie dans le milieu élitiste du design. Le mouvement s’éloigne de la rationalité et de la fonctionnalité jusqu’à présent au centre de la discipline pour se concentrer sur la communication visuelle à travers l’objet. Les couleurs se côtoient sans règles, les matières kitsch se marient aux matières plus chics. Le collectif cherche d’ailleurs à sortir des normes du « bon goût » de l’époque et apporte un souffle optimiste dans les intérieurs austères, pour le plus grand bonheur de collectionneurs passionnés, comme David Bowie ou Karl Lagarfeld.

40 ans plus tard, l’énergie décalée de Memphis inspire toujours autant les créateurs. On a pu retrouver la touche de Nathalie Du Pasquier chez American Apparel ou Hermès, apposant sa marque de fabrique : le mélange des styles et l’exotisme des motifs. Et il ne reste plus qu’un mois pour découvrir la poésie et l’humour de Memphis à Bordeaux !
)

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Dernier de ART ET CRÉATION

Retourner là haut