Cancan, l’union fait la ville

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/VIE DE QUARTIER

Regroupés en « collectif » (même s’ils réfutent l’appellation), les membres de Cancan développent à Bordeaux un véritable savoir-faire dans la création, la co-construction de la ville et de l’habitat. A travers une vision sociale et écologique, ainsi qu’une approche trans-disciplinaire, ce regroupement de talents divers œuvre sur différents projets dans une optique toujours inclusive.

« Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » : l’esprit Cancan

Difficile de cerner au premier abord le périmètre d’action de Cancan. Architectes ? Scénographes ? Designers ? Artistes ? Sans doute tout ça à la fois. Réunie ensemble, la vingtaine de membres qui compose ce collectif (un terme « mot-valise » galvaudé que tend à éviter Cancan) se reconnait « autour d’une approche du « penser-faire » ». Tout ça dans un modèle associatif et, surtout, « une organisation horizontale » où les notions de groupe ou de co-gouvernance prennent tout leur sens.

Cancan s’illustre concrètement à travers la conception de scénographies, d’installations urbaines, ou encore l’animation d’ateliers mobiliers voire l’aménagement d’intérieurs. Au-delà, c’est dans leur manière d’aborder leurs projets que les membres de Cancan se distinguent. En rassemblant un « grand nombre de personnes autour de [leur] bannière », l’équipe entend créer un véritable rapport de force en faveur « d’une société plus humaine, soutenable et qui inclut chacun.e dans la fabrique de la ville ».

Une vision de l’architecture et d’une ville inclusive

La dimension réflexive qui entoure Cancan est à n’en pas douter l’une de ses spécificités. Le groupe met notamment un poing d’honneur à faire respecter certains critères en vue d’accepter certains projets. Cette démarche s’illustre à travers notamment une charte interne à l’association. Celle-ci prône des notions de « durabilité, de respect de l’environnement, d’implications des acteurs… » : autant de valeurs qu’on retrouve dans la vision de l’architecture et de la ville de Cancan.

Cette vision place bien entendu au cœur de ses préoccupations les enjeux d’économie circulaire et donc écologiques. « Une fabrication écologique avec des matériaux bio-sourcés et/ou réemployés, toujours dans un élan d’auto-formation partagée où tant les membres Cancan que les commanditaires entre eux vont apprendre à chaque instant » explique un des fondateurs de l’association.

Une démarche également inclusive et d’échanges dans la conception puisque Cancan évolue autant avec des géographes que des graphistes, des architectes ou des artisans. Cette volonté se matérialise aussi par une « attention [portée] au cadre convivial, entre les différents acteurs d’un projet » comme le précise l’équipe, basée en région bordelaise. A l’échelle locale, Cancan a d’ailleurs l’opportunité d’évoluer sur un territoire disposant de structures similaires, à l’image du Bruit du Frigo ou du Bureau Baroque. Ailleurs, le collectif ETC (à Marseille) ou Encore Heureux (Paris) semble inspirer l’association.

Cancan, acteur bien ancré sur son territoire

C’est bien au plan local que Cancan définit sa zone d’action. Avec seulement 4 projets sur 55 ayant été réalisé hors-Gironde (et la totalité menés en Nouvelle-Aquitaine), l’équipe affirme son rôle d’acteur ancré sur son territoire. Ce « localisme » entre en résonance avec leur discours social et écologique. Aussi, comme l’exprime un des membres de Cancan : « notre connaissance des quartiers, des différentes zones urbaines ou périphériques que nous arpentons, des populations que nous rencontrons et des différents acteurs décisionnaires, associatifs, culturels avec qui nous collaborons est pour nous une force ! ».

Ces liens avec les acteurs du locaux se manifeste bien à travers la diversité des projets mené par Cancan. De la conception d’une scénographie pour le festival Climax ou pour les 7 ans de notre média Le Type (cf. photos), en passant par le traçage d’un parcours à travers Bordeaux (le « Fil Rouge » pour rendre un trajet écolier ludique, sur commande de la Mairie), le réaménagement participatif d’un appartement, ou encore la réalisation d’une étude sur le réemploi de matériaux de construction faisant place à l’expérimentation… les projets sont très différents et font la force de ce groupement d’acteurs.

En tant que concepteurs-constructeurs, les équipes de Cancan disposent d’ailleurs d’un grand local de fabrication situé à Villenave d’Ornon (route de Toulouse). Ce lieu leur permet d’organiser « quelques événements ponctuels comme la projection de la finale de la coupe du monde l’été dernier, un vide-grenier en janvier pour les habitants du quartier » détaille une personne du groupe. Avec la volonté d’y mettre en place « d’autres expériences festives », Cancan pourrait même renforcer son rôle de créateur de liens sur le territoire…
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