Semaine de l’Art : quel rôle de la culture en milieu rural ?

dans ANNONCES/ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

La Semaine de l’Art s’ancre depuis maintenant 12 ans à Vertheuil, dans le Médoc. À environ 1 heure de route de Bordeaux, cette manifestation entend valoriser différents artistes dans un écrin protégé : l’Abbaye de la ville. Sculpture, peinture, photographie, graffiti, vidéo et arts plastiques se partagent ainsi l’affiche du 12 au 20 avril, avec au total 6 artistes. Originaires de Lesparre, de Rotterdam ou d’autres villes européennes, ces derniers présenteront leurs œuvres, tandis que des concerts rythmeront aussi l’événement. Manifestation atypique par sa dimension rurale, la Semaine de l’Art entend utiliser la culture et l’art comme levier de développement du territoire. L’ensemble des acteurs culturels locaux se sont d’ailleurs récemment regroupés autour du RACAM, le Réseau des Acteurs Culturels et Artistique du Médoc. Pour en savoir plus sur le rôle de la culture sur cette partie de la Gironde (qui accueille aussi notamment le Reggae Sun Ska), on a discuté avec le fondateur de l’association La Semaine de l’Art.

Crédit photo : Federico Moroni (l’Abbaye de Verteuil)

Le Type : Pouvez-vous nous présenter la Semaine de l’Art ?

Thomas : L’association Semaine de l’Art a pour but de promouvoir les arts plastiques et visuels et plus généralement l’art contemporain en milieu rural.

Pourquoi Vertheuil ? Qu’est-ce qui a guidé la mise en place de votre événement sur le territoire du Médoc ?

Notre manifestations se déroulait à Pauillac initialement et depuis cinq ans à l’invitation de monsieur Rémi Jarris, maire de Vertheuil, nous avons posé nos valises dans le logis abbatiale. Un très beau bâtiment historique ! L’association est née à Pauillac et avait vocation à se développer sur son territoire.

En plus du Reggae Sun Ska qui prendra place à Vertheuil, un « Darwin du Médoc » semble se dessiner à Vertheuil. Comment expliquer ce soudain intérêt des acteurs culturels pour ce territoire ?

Ce projet est né autour du RACAM (Réseau des Acteurs Culturels et Artistique du Médoc) : pendant 18 mois, sept structures pilotes ont participé à l’élaboration d’outils autour de l’Art et de la Culture en Médoc. De cette concertation, trois outils ont été identifiés et proposés à l’ensemble des structures du territoire. Une soixantaines de structures ont apporté des contributions concrètes et écrites. Le premier outil est un portail web permettant d’avoir un agenda partagé entre les professionnels du territoire. Un parc mutualisé de matériel dédié aux métiers du spectacle constitue un autre outil ; le troisième étant un lieu permettant l’installation d’un éco-systeme autour de l’art et de la culture sur le domaine de Nodris.

Le Médoc et ses pins

Quel est le rôle des festivals, des événements culturels ou plus généralement de l’art dans le développement des zones rurales ?

De manière général le secteur associatif représente 12,5% de l’emploi en Médoc. Ce qu’on appelle aujourd’hui l’économie créative (festivals, événements culturels…) permet un réel développement économique sur le territoire français. Cela représente 3,6% du PIB en France. C’est plus que l’industrie automobile ou le secteur du luxe. C’est de l’emploi non délocalisable. Une fois rappelé ces quelques généralités, je pense que l’art et la culture de manière générale, ont un fort pouvoir d’attractivité pour les territoires ruraux qui ont parfois des difficultés a faire venir de l’emploi.

Comment expliquer, de manière générale, la concentration de l’offre régionale culturelle et artistique à Bordeaux ?

Les grandes métropoles ont un fort pouvoir d’attraction qui ne date pas d’hier donc il est normal qu’il bénéficie de cette concentration.

Pourquoi est-il important, en Gironde et en Aquitaine, de décentraliser la culture vers des zones telles que le Médoc ou d’autre ?

L’accès à la culture est me semble-t-il primordial, il faut que les acteurs de la filière puissent permettre à la population de visiter des expositions et accéder à des concerts sans être obligé de se rendre dans les grandes métropoles. Si l’on prend un habitant de Lesparre qui souhaite aller voir un concert ou une pièce de théâtre sur la métropole cela l’oblige a effectuer 3 heures de transport aller retour, d’où l’importance de la délocalisation.

Y-a-t-il d’autres initiatives culturelles telles que la vôtre dans la région qui vise à changer le regard que l’on porte sur le milieu rural et qui œuvre à son développement ?

Oui ; l’ensemble du réseau RACAM et l’ensemble des associations qui œuvrent sur le territoire.

Les artistes présentés lors de la Semaine de l’Art ont-ils tous un lien avec la région ? Si oui, lequel ?

Non. Sur les six artistes présentés cette année le plus proche vient de Lesparre (à 10km de la manifestation) et le plus lointain de Rotterdam en Hollande. Mais nous avons réalisé une résidence d’artiste avec Julie Chaffort sur le territoire du Médoc dont la restitution a eu lieu lors du vernissage.

Fresque réalisée par l’artiste Fred Dupart pendant la 12ème édition de la Semaine de l’art

Comment s’est effectué le choix de ces artistes ?

Depuis douze ans que nous organisons cette manifestation nous avons accueilli plus d’une centaine d’artistes différents. Nous avons aujourd’hui un réseau qui nous permet de rencontrer beaucoup d’artistes. Nous avons également un dossier de candidature accessible à partir de la fin du mois de juin sur notre site internet pour candidater directement. Et nous visitons régulièrement d’autres expositions sur le territoire.

Au-delà de La Semaine de l’Art, sur quel(s) projet(s) travaille votre association ?

En dehors de cette manifestation, nous avons un programme d’exposition qui tourne sur différents lieux, actuellement nous avons une exposition avec Nathalie Portejoie (peintre) sur le domaine de Nodris. Nous avons également un petit programme d’animation avec des concerts, du théâtre, des rencontres autour du Hip Hop et du street art… en partenariat avec différents acteurs associatifs du territoire. Nous mettons aussi en place « les paniers culturels » de Gironde, sur le même principe que les paniers Amap, où il est possible de faire l’acquisition d’une œuvre d’art original tous les deux mois. Enfin, nous sommes sollicités sur l’accompagnement par les collectivités de l’acquisition d’œuvres d’art in situe.
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