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octobre 2018

Explorer les Nouveaux Mondes à l’Iboat

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS/LES NOUVELLES/MUSIQUE

Habitué des soirées aux programmations pointues et défricheuses, l’Iboat s’apprête à accueillir une nouvelle résidence, Nouveaux Mondes. En formant club, ces soirées proposeront une autre vision des musiques électroniques, plus ouvertes et globales, à travers des influences africaines, sud américaines ou orientales. Refusant l’étiquette trop réductrice de « world music » et désireux de casser les frontières habituelles de genres, Alix, programmateur de cette résidence, nous livre ici sa vision du prisme musical qu’il entend défendre lors de ce nouveau cycle. Pour découvrir celui-ci, rendez-vous le mercredi 31 octobre pour une première date avec Esa Williams, membre d’Ata Kak et résident sur WorldWide FM.
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Le Type : Salut Alix, tu lances une nouvelle résidence à l’Iboat à partir du 31 octobre intitulée « Nouveaux Mondes » : peux-tu nous présenter le concept ?

Alix : Salut Le Type ! En réalité, c’est un format qui existait déjà à l’IBoat, il y avait eu deux éditions et j’avais joué sur la seconde avec Awesome Tapes From Africa et Joe. C’était vraiment cool, car c’était la première fois que je faisais un set dans un club sans jouer de musique électronique. Et le concept c’est un peu ça, proposer un format club avec une programmation qui ne se limite pas à la musique électronique. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de musique électronique, c’est plutôt qu’on essayera de casser les frontières habituelles pour laisser place à des influences larges. Je n’aime pas trop résumer la programmation avec le mot « world music » car c’est un peu un mot fourre tout… mais ça résume l’idée qui est d’apporter des influences africaines, sud américaines, orientales, etc. à la programmation de ce format. On aura aussi une scénographie sympa, je n’en dis pas plus.

Justement, le nom même de la résidence « Nouveaux Mondes » semble renvoyer indirectement aux « musiques du monde » (world music) dont tu parles. Une appellation assez contestée et contestable car renvoyant à un imaginaire hors-Europe un peu trop englobant. Quelle est ta vision sur cette question et sur le regain d’intérêt pour ces esthétiques, qu’on peine finalement souvent à décrire ?

Je pense que, de manière générale, les gens confondent les influences géographiques et le genre musical, ce qui entraîne cette contestation de l’utilisation du terme « musiques du monde » de façon générique. Mais la musique n’est pas toujours facile à décrire, donc on utilise les mots que l’on connaît, et que l’on comprend surtout ! Généralement, dès qu’on touche à des esthétismes musicaux spécifiques, qui ne sont pas prioritairement destinés au grand public, ça peut vite être compliqué de mettre les mots justes dessus.

Concernant la hype actuelle autour de ces genres musicaux, en soit, ils ont toujours été utilisés à des fins festives. Alors ça a du sens que dans l’univers du clubbing et de la musique électronique en général, ils soient aussi utilisés pour faire la fête. Il fallait juste quelques bons DJ qui sachent amener ces styles sur le dancefloor, pour habituer et éduquer le public. Certains médias ont joué un rôle important aussi.

Tu penses à quels médias en particulier ?

En Europe on pense bien évidement Worldwide FM la radio de Gilles Peterson, qui a proposé des résidences à tout un panel d’artistes venus des quatre coins du monde, qu’ils s’agisse de légendes vivantes ou d’artistes de la nouvelle génération. Ou encore des blogs comme Stamp the Wax ou The Ransom Note qui ont fortement participé à la promotion de cette scène mêlant de la musique aux esthétiques électroniques à des influences géographique multiples. Certains artistes ont également développé leur propre formats blogs comme Awesome Tapes From Africa ou bien Dj Okapi avec AfroSynth.
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Justement, peux-tu nous citer quelques noms d’artistes qui gravitent dans cette galaxie musicale et que tu aimerais bien voir participer à une date de « Nouveaux Mondes » ?

La liste est longue ! En live j’adore BCUC, Konono N°1, Mark Ernestus’ Ndagga Rhythm Force, Vaudou Game, Voilààà Soundsystem, Africaine 808, Femi Kuti, Ebo Taylor, ESG, Ata Kak, Pat Thomas… Pour les dj je pense à Mafalda, Dj Okapi, Sassy J, Sadar Bahar, Mr Bongo, Analog Africa, Auntie Flo, Alma Negra, Selvagem, Onsulade, Antal, Vakula, etc. Je m’arrête la !

Concernant la première date, c’est donc Esa, leader du groupe Ata Kak, qu’on retrouvera derrière les platines. Tu peux nous en dire plus sur cet artiste et pourquoi ton choix s’est orienté vers lui ?

Esa Williams, c’est un artiste que je suis depuis un bail, je l’avais découvert grâce à son premier EP d’edits sur Highlife, il y a 4 ou 5 ans. On voulait le programmer pour Bordeaux Open Air invite Londres, mais on était finalement parti sur Mafalda, donc c’était logique de penser à lui pour Nouveaux Mondes. C’est un artiste multi-casquettes, originaire de Cape Town en Afrique du Sud, vivant maintenant à Glasgow, où il a collaboré avec les artistes majeurs de la scène locale comme Auntie Flo, Jonnie et Keith de Optimo, ou bien Andrew Thomson le boss de label Huntleys + Palmers. Résident sur Worldwide FM, il sortait en 2017 un EP archi solide sur Dekmantel. Il est également aux commandes des machines et boites à rythmes sur le live ghanéen Ata Kak, remit sur le devant de la scène en 2015 grâce à une réédition sur le label de Awesome Tapes From Africa. Il est également investit dans des programmes éducatifs axés sur la musique électronique à Cuba, en Afrique orientale et en Afrique du Sud.
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Pour accueillir cette résidence, le choix de l’Iboat s’est fait naturellement ?

Alors comme je te disais, la résidence existait déjà. J’avais joué sur la seconde édition, puis Florian le programmateur club du bateau m’a proposé de m’investir davantage sur le projet, en tant que curateur. Ça fait m’a fait vraiment plaisir, car ça fait un moment qu’on bosse ensemble et j’avais envie de développer un projet à l’Iboat avec lui, donc j’ai tout de suite accepté !  L’Iboat est un lieu qui peut faire à la fois des formats club et concert, donc les possibilités artistiques sont tout de suite plus larges en terme de programmation. On peut imaginer des projets live, sans faire de concession sur l’accueil technique des groupes.

La « scène » que tu souhaites valoriser avec cette résidence est-elle représentée à Bordeaux selon toi ?

Bien sûr que cette scène est représentée ! On retrouve ce genre d’esthétisme sur la programmation de collectifs locaux comme L’Orangeade, tplt, Ciao!, Super Daronne, À l’eau, etc.  Ou encore des festivals comme Bordeaux Open Air, Hors Bord… Attention, de ce côté Bordeaux n’est pas en reste, mais selon moi il manquait un rendez-vous club récurent autour de cet univers artistique.

Au-delà des collectifs et festivals que tu cites, comment tu situes Bordeaux par rapport aux autres villes sur la carte des cultures électroniques en France ?

Objectivement, on est pas trop mal ! Paris et Lyon restent clairement les capitales de la musique électronique en France, de part le nombre de lieux, collectifs, labels, festivals, etc. qui animent les scènes locales. Mais l’été 2018 a été assez impressionnant à Bordeaux, dans le même week-end on pouvait retrouver : Chez Damier en open air avec Ciao!, Bordeaux Open Air invite New Delhi au Jardin Public, Around the World ou Good Block à la friche exploitée par L’Orangeade, la team
Baleapop invitée par tplt aux Vivres de l’art pour Le Verger, Omar S à l’IBoat pour leurs 7 ans…  J’ai hâte de voir ce que les Bordelais prévoient pour 2019 !

Pour finir, tu peux nous parler de Parade Studio, à l’origine de la très belle identité visuelle de Nouveaux Mondes ?

Alors, Parade Studio, ça fait un moment que je suis leur travail, et je n’avais jamais trouvé l’occasion de bosser avec eux. Je les ai contacté pour la résidence, on est allé boire une bière et on a tout de suit accroché musicalement, donc bosser avec eux avait du sens ! Ils font pas mal de création graphiques dans la musique : Grand Coeff, Moonrise Hill Material, More Festival, la residence Wonder au Warehouse à Nantes, Nuits de la Filature, et j’en passe ! Le mec derrière ce studio est hyperactif, il est à l’origine du blog le Tournedisque, la marque de sape Pavane, la web radio Prose, etc…  Bref c’est le début d’une belle collaboration !

Merci Alix ! Un dernier mot à ajouter ?

Allez checker l’émission de ESA sur Worldwide FM, c’est une mine d’or !
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8 films à aller voir au FIFAAC ce week-end

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS

La deuxième édition du Festival du Film d’Architecture et des Aventures Constructives a lieu à Bègles du 19 au 27 octobre. Conçu et pensé pour rendre compte des liens entre cinéma, architecture et enjeux urbains, cette manifestation culturelle propose différents formats : projection, débats ou rencontres en présence de certains réalisateurs. Les productions présentées sont elles-mêmes très différentes puisqu’on retrouvera des documentaires, des fictions, mais aussi des vidéo-clips et « nouvelles formes audiovisuelles qu’offrent les techniques du numérique ». Une compétition internationale de films prendra également place dans le cadre du festival. Face à la programmation foisonnante de ce rendez-vous cinématographique, nous avons listé 8 films à ne pas manquer.
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« Moriyama-San » de Bêka & Lemoine (2017)

La vie extraordinaire-ordinaire des habitants de l’étrange et très graphique maison Moriyama conçue par Ryue Nishizawa/SANAA à Tokyo.

Quand ? Jeudi 25 octobre, 21h00,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles.
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« Femme architecte » de Thierry Mercadal (2017),

Odile Decq, Manuelle Gautrand, Corinne Vezzoni, Tania Concko, Françoise N’Thépé, Camille Besuelle, Mathilde Jauvin et Nathalie Couinau (Des Clics et des Calques) abordent avec franchise leurs visions du métier d’architecte, et les situations auxquelles elles ont pu être confrontées tout au long de leurs parcours. Avec la présence du réalisateur, de Tania Concko et de différentes intervenantes présentes dans le film.

Quand ? Vendredi 26 octobre, 21h00,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles

« Réinventons Claveau » d’Olivier Desagnat (2018)

Ce film de 20 minutes sera projeté dans le cadre d’une séance consacrée aux projets récents d’habitat innovant, participatif/collaboratif. Le films « Locus Solus » sera aussi montré. Le réalisateur Olivier Desagnat sera présent, de même que certains architectes (agence EO) et représentants d’Aquitanis, bailleur social des deux opérations présentées dans les deux films.

Quand ? Samedi 27 octobre, 17h45,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles
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« Portraits d’architectes » projection de 6 portraits d’architectes par les étudiants de l’ENSAP BX

Ces portraits s’inscrivent dans une séance spéciale ENSAP BX. 6 architectes mis en avant dans un film réalisé par les étudiants de l’option « Le récit documentaire » du Master 2 Architecture de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux, sous la coordination pédagogique de Fabienne Darricau et Vincent Lefort.

Quand ? Samedi 27 octobre, 14h00,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles.

« Quelque chose de grand » de Fanny Tondre (2016)

Du béton frais, le ballet des grues et la vie des hommes de chantier, passionnés, sensibles et drôles, dans le décor graphique et sonore de la gigantesque usine d’épuration d’Achères en construction (78), conçue par Luc Weizmann.

Quand ? Vendredi 26 octobre, 14h00,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles.

« The construction of Villa Além » de Ana Resende, Miguel Tavares, Rui Manuel Viera, Tiago Costa (2017)

La construction de la villa Além de Valerio Olgiati quelque part sur la côte, dans l’Alentejo (Portugal), est le prétexte à un voyage dans le temps et le mystère de la création.

Quand ? Vendredi 26 octobre, 15h45,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles.

« Bricks » de Quentin Ravelli (2017)

Des carrières d’argile abandonnées aux crédits immobiliers impayés, les briques espagnoles incarnent le triomphe puis la faillite économique d’un pays. Usines qui ferment la moitié de l’année, ville-fantôme curieusement habitée, guerre populaire contre les expropriations orchestrées par les banques : suivre le parcours d’une marchandise – les briques – donne un visage à la crise et dessine les stratégies individuelles ou collectives qui permettent de la surmonter. 

Quand ? Vendredi 26 octobre, 17h30,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles.

« La République des autoroutes » de Romain Rondet et Gabriele Salvia (2017)

Le regard fasciné d’un jeune architecte marchant le long de l’autoroute reliant Marseille à Aix-en-Provence, révélant un territoire délaissé, baigné de bruit et de vibrations, traversé par les rêves de vitesse et d’ailleurs.

Quand ? Samedi 27 octobre, 16h00,
Où ? Amphithéâtre de la Croix-Rouge (IRFSS) – rue des Terres Neuves – Bègles.

Festival Hors Bord, édition hiver : retour d’un poids lourd

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE

L’un des plus gros festival des cultures électroniques de Bordeaux revient pour sa troisième année, cette fois-ci dans une édition hiver au Rocher de Palmer de Cenon. Une longue partie jour et une nuit s’annoncent donc pour le 3 novembre prochain. L’occasion d’y annoncer, de plus, le retour d’une édition été pour l’année prochaine.
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Un retour attendu

Nombreux ont du être dans l’impatience de revivre une troisième année d’affilée sur les Bassins à flot, tapant du pied ou se trémoussant cheveux aux vents, bière à la main, l’été pointant le bout de son nez. Mais suite à deux belles années fortes de rebondissements (notamment une météo plus que capricieuse) le festival Hors Bord n’est pas revenu au mois de mai, comme nous l’attendions. On se souvient pourtant d’une programmation coup de poing, soignée et variée, mêlant techno, house, pop et même hip-hop, le tout sur un vaste dancefloor à l’air libre ; celui des Bassins à flot, la vieille grue Wellman veillant sur les milliers de festivaliers.

Le spot du Hors Bord des deux éditions précédentes

Pantha du Prince, Omar-s, Floating Points, Agar Agar, Leon Vynehall, Paradis, Sunns, Romeo Elvis, Dj Koze, L’Orangeade ou encore Bonnie Banane : force est de constater qu’il fût rare de voir une telle programmation pour un festival dans Bordeaux. En alliant des groupes et collectifs locaux avec des pointures nationales et internationales, le festival s’est paré d’une étiquette de qualité. Le b2b entre MCDE et Antal (le boss de Rush Hour records) donnait des allures de Dekmantel Festival à notre belle endormie.

Le Rocher comme nouveau terrain de jeu

Qui dit édition Hiver, dit montagne ? Alors ce sera donc le Rocher comme dancefloor de ce retour inattendu. Une partie journée et une partie nuit qui s’étendront de 18h00 à 5h00 du mat’ (de quoi quand même faire appel à quelques irréductibles endurants de la teuf) avec un line up surprenant encore par sa diversité avec pour la partie JOUR…
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Agar Agar, french pop heroes

Une partie journée aux couleurs locales et pop indé

Le duo français Agar Agarqui reviendra à Bordeaux pour la seule et unique date de leur nouvel album The Dog And The Futur, toujours produit par le label parisien Cracki Records. Miel de Montagne avec son incontournable titre « Pourquoi pas » viendra bercer les festivaliers de sa dream pop kitsch et soyeuse, et proposer quelques nouveautés de son premier album qui arrive à grands pas… Notre local Th Da Freak et sa pop/rock indé survitaminée reviendra après avoir pas mal tourné ces derniers mois. Ce sera ensuite au tour de Picaszo (encore une pépite du coin), qui sortira encore de son chapeau un bon mix bien chaloupé, comme il en a l’habitude.

Et bien entendu le reste de la programmation s’annonce plutôt lourd, avec une surprise de taille pour la partie NUIT…

Légende de Détroit, techno & talents français en soirée

La nuit du Hors Bord verra la venue exceptionnelle après 7 ans d’absence du maître Derrick May, légende que l’on ne présente plus. A 55 ans le Dj de Détroit compte des centaines de productions derrière lui. Il est considéré comme le porte étendard de la techno et force le respect. On ne peut qu’être excité à l’idée de taper du pied sur les kicks qui nous feront remonter presque un demi siècle en arrière, à l’époque où naissaient les mouvements house et techno.

Pour continuer la soirée en beauté, ça sera la présence de deux français bien habitués des clubs et qui ont déjà une notoriété affirmée, Low Jack et Bambounou. De leur passage au Berghain à leurs dernières productions incisives, il y a de quoi s’attendre à une techno fraîche, novatrice et expérimentale. Déjà produit sur le même label que Nina kraviz, c’est Bjarki nous fera l’honneur de sa présence, et ça risque de faire trembler le Rocher. A l’écoute de « Oli Gumm » ou « I Wanna Go Bang », l’islandais va nous tirailler entre techno puissante, industrielle et sombre, voir jusqu’à la trance.

  • L’événement Facebook c’est .
  • Des places sont à gagner sur notre page Facebook, et pour chopper vos billets ça se passe ici.

 

2.5.0.0
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Eclectype #45 – La playlist bordelaise – octobre 2018

dans MUSIQUE/SÉLECTA

Rendez-vous mensuel pour découvrir de nouveaux artistes issus de la scène bordelaise tout en redécouvrant des pépites locales bien de chez nous, enfouies parfois dans les bas-fonds des internets. Sans trier, on sélectionne de manière éclectique dans cette playlist des univers parfois très différents, du rock psyché à la house en passant par le hip hop ou la musique de chambre, toujours dans une démarche de promotion de la création émergente à Bordeaux.

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Chocolat Billy – Délicat déni

Découvert par erreur sur la programmation d’une salle indé lyonnaise, Chocolat Billy maîtrise la confection de « tubes interstellaires » qui lorgnent vers tout un tas d’esthétiques, pour un rendu global follement plaisant.

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Pastel – Walk Away


Tourné l’été dernier, le clip fait « maison entièrement » de « Walk Away » de Pastel rend un bel hommage à Bordeaux. En nous transportant des Bassins à Flot jusqu’à la plage de La Salie, les trois bordelais démontrent leur attachement à leur belle région et leur capacité à ficeler des mélodies pop et rock bien foutues. On découvre la suite de leurs efforts dans leur dernier EP dispo sur leur Bandcamp.

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Yudimah – The Team (Live session)

Difficile, à l’écoute aveugle de « The Team », de situer Yudimah sur la carte du rap jeu bordelais. On aurait plutôt eu tendance à pointer une ville d’Outre Atlantique telle qu’Atlanta ou Compton. Bel et bien de chez nous et autant à l’aise dans la langue de Molière que dans celle de Shakespeare, l’artiste vient de sortir un album, Opus, qu’on invite tout un chacun à découvrir rapidement !

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SØR1 – Melted

SØR1 ne fait pas dans la demi-mesure et le démontre bien avec son EP Acid Tints, qui porte bien son nom. En trois tracks, l’artiste pousse les murs à coup de techno bien vénère et d’acid bien corrosive, dépassant allégrement les 140 bpm.

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Epais + Top Langouste – Antilope


Malaise pesant et à la fois réjouissant à l’écoute d’Epais qui réussit à tisser une toile bien envoûtante où l’on marche « les pieds brûlés ».

Oney – On ira


18 ans, bordelais : Oney vient de sortir son premier album SAS il y a deux mois. Inspiré autant par le rock, le jazz ou la techno, c’est surtout à l’écoute d’IAM, NTM, Nekfeu ou Alpha Wann qu’il affute son style, tout en lorgnant vers les US avec Joey Badass ou Travis Scott dans le casque.

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Belly Button – Shapes And Shades


Formé dans les années 90 à Bordeaux, le duo Belly Button s’est parfaitement inséré dans les années 2010 puisqu’il a notamment financé son dernier album Bleat sur la plateforme de crowdfunding KissKissBankBank. Au-delà, c’est bien son rock aux accents punk qui regarde vers l’avant, à l’image du titre « Shapes And Shades », issus de l’album pré-cité.

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Supachill – Sofa

Si ce crew n’est pas à proprement parler un groupe issu de Bordeaux, c’est sur un label bien de chez nous que les 8 gars de Supachill ont récemment signé : Banzaï Lab. En concert au Krakatoa le 7 novembre, le groupe mélange soul et hip hop avec brio ; à découvrir en live !
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Leon Revol – Y

Après avoir enchaîné les dates cet été, notamment sur Bordeaux, Leon Revol revient avec cette signature sur Noire & Blanche, sous label house de Délicieuse Musique, où il partage le skeud avec notamment le lyonnais Folamour, excusez du peu !
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Alba Lua – Ne Répond Pas


(Re)découvert en première partie d‘Altin Gün à l’Iboat le 23 octobre dernier, le groupe Alba Lua balance des tubes pop ultra planants et envoûtants, toujours agréables à écouter en vue de se plonger dans des songes psychés.
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D’autres Eclectypes avec d’autres artistes locaux à découvrir :

Interview de Vianney, programmateur de La Voûte

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Apparu récemment sur nos radars, La Voûte est un lieu de vie culturel implanté au cœur de Bordeaux. Ayant repris les clés du spot fin 2017 pour y insuffler une nouvelle vie et réinventer son identité, Vianney est au cœur du projet. Dans un contexte local compliqué avec un certain nombre de fermeture de salles à Bordeaux, La Voûte participe de la survie des musiques actuelles en centre-ville, en offrant aux artistes et collectifs un espace de diffusion privilégié. Soucieux de donner la parole aux acteurs qui contribuent à revitaliser une ville qui tend à se replier sur elle-même, on a posé quelques questions à Vianney, programmateur et gérant de La Voûte.
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Le Type : Salut Vianney. Tu peux nous dire en deux mots ce qu’est La Voûte ?

Vianney : La Voûte est un lieu de concert situé dans une cave sous la Brasserie Les Halles aux Capucins. Il se compose de deux caves, l’une avec scène et espace pour le public, ainsi que d’une cave un peu plus petite avec un bar et quelques fauteuils et tables pour permettre aux gens de se poser tout en profitant de l’ambiance du lieu.

On fait quoi dans La Voûte ?

Le lieu propose des concerts du mercredi au samedi et, de manière exceptionnelle, le dimanche également. Pour se rafraîchir sur place, des bières à la pression sont disponibles ainsi que du vin. Une sélection de bières bouteilles de la Brasserie MX vient compléter ce tableau.

Au niveau de la ligne artistique de la salle, quelles esthétiques as-tu à cœur de défendre avec ce lieu ?

À la base il y avait un fort désir de rester très éclectique. Le lieu avait donc vocation à être un espace d’expression pour certains styles musicaux plébiscités par un public de « spécialiste », assez pointu, et forcément ne représentant pas la frange majoritaire de la population. On pourrait résumer cela par une phrase qui peut paraître très démagogique mais qui est néanmoins juste : « Chacun a le droit de s’exprimer ». La réalité de la situation, notamment la récente fermeture des Runes (bar métal dans le centre Bordeaux), a fait que je suis amené à réserver des créneaux à des associations ou des groupes qui programment essentiellement du rock et ses dérivé (punk, métal, etc…). Donc, même si j’ai fait et ferai encore en sorte de diversifier au maximum les genres représentés à la Voûte (hip-hop, musiques électroniques, drone…), force est de constater que Bordeaux reste toujours une fière représentante de ce style musical qu’est le rock !

Depuis quand le lieu existe ?

En tant que membre de groupe et comme programmateur de l’association Collectif Fantôme, j’ai participé à plusieurs concerts dans cette cave. Le lieu fonctionnant au ralenti, j’ai proposé au propriétaire de la Brasserie, Ivan, un ami de longue date (nous nous sommes connus en terminale !) d’essayer de lancer un nouveau lieu culturel. Il m’a donné carte blanche. J’ai récupéré les clés de la salle en novembre 2017. J’ai enchainé tout de suite avec la programmation déjà existante, tout en commençant  à programmer de nouveaux évènements, en remettant parallèlement la cave en état. En janvier 2018, la salle a été renommée, et j’ai mis en place les outils de communication actuel (notre page Facebook, un compte Instagram…).

Qu’est-ce qu’on peut venir voir prochainement ? Ou qu’a-t-on raté récemment ?

La liste est longue ! En vrac, on a eu une soirée punk organisée par Burdigala Records le 22 septembre dernier, une soirée hip-hop organisée par le Collectif Fantôme le 28. On a eu un concert le dimanche 21 octobre, organisé par l’équipe du Métronome Fest. Et encore bien d’autres que vous pouvez retrouver dans la liste des évènements sur le Facebook de la Voûte.

Comment est structurée la salle ? Vous êtes sous forme associative ?

Au début, la question s’est posée de la forme à adopter pour la gestion du lieu. J’ai pensé à inclure dans l’aventure le Collectif Fantôme, mais la vie et les occupations de chacun a fait que je me suis retrouvé à gérer la programmation, le comptoir, le ménage… bref, le lieu de manière globale tout seul. Je tiens quand même à adresser un énorme remerciement à toute l’équipe de l’association pour toute l’aide qu’elle m’a apporté pour le lancement du lieu et pour le début de l’année 2018 qui a été un peu compliqué pour moi. Seb, Popo, Louloute et Hugo, je n’y serais jamais arrivé sans eux. Et merci encore pour leur disponibilité encore aujourd’hui.

Il doit y avoir un sacré paquet de gens à remercier pour l’accomplissement d’un tel projet…

Énormément, oui. Il y a bien sûr toutes les associations qui organisent et qui permettent de faire vivre le lieu ; Les Réceptions de l’Ambassadeur (qui est l’asso qui a organisé le plus de concerts dans le lieu pour l’instant, big up Augustin), Nun Fights Nun, Burdigala Records, Flippin’ Freaks, Running Free Project, KickYour Asso, Métronome Fest, Under The Knife, Young For Eternity Shows, Allume Le Post, Aether, My Own Shit Scene, La Renverse, Association Média Musique… Un gros merci aux groupes de musique et aux personnes qui organisent également des soirées avec leurs petites mimines. Un énorme merci à l’équipe de la Brasserie, à Chucky et Ben pour leur expertise culinaire sur le catering, à Sam pour le maintien de la barque en journée, avec un bisou spécial à Ivan pour l’opportunité qu’il m’a donné, et pour le soutien sans faille dans le développement du lieu. Et bien entendu pour finir un gigantesque merci au public sans qui cette aventure ne serait pas possible.

Merci Vianney et bonne route à La Voute !

WattsArt invite dOP à Dom Bedos

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Depuis leur premier event, le 13 mai 2017, WattsArt ne cesse de grandir et continue d’inviter des artistes toujours plus renommés. Ce samedi 13 Octobre 2018, ils marquent une nouvelle fois la capitale aquitaine en invitant le terrible dOP, joyeux DJ aux sonorités envoûtantes qui ne vous laisseront pas de marbre.
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Une après-midi sous le signe du soleil, de la musique et de la bonne humeur, voilà ce qui met un terme au sublime été que nous venons de passer. Les 7 heures 30 minutes de mix annoncés par l’association WattsArt étaient bien au rendez-vous avec un opening de Groovy Eddie pour mettre tout le monde en jambe suivi du grand dOP qui lâchera un mix de 3 heures avant de laisser place à Pierre Ethien et enfin Nicolas Marzin qui clôturera cette journée bien rythmée. Je vais maintenant me taire et vous laisser vous même vous imprégner de l’ambiance présente à Dom Bedos ce samedi.
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5 raisons d’aller à l’expo de JM Calvet au Laboratoire Bx

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Le Laboratoire Bx, lieu d’art contemporain à Bordeaux initié par Laurent Chiffoleau et Frédéric Thuon accueille les œuvres de Jean-Marc Calvet à partir du jeudi 18 octobre. Visible jusqu’au 27 juin prochain, l’exposition met en avant le travail du peintre francophone qui vit à Granada, au Nicaragua, depuis maintenant quelques années. Déjà primé lors de la Biennale du Nicaragua, l’artiste est inspiré des plus grands peintres de l’art contemporain, comme Jean-Michel Basquiat ou Jackson Pollock. Parmi ses réalisations et ses précédentes expositions, on retrouve des galeries basées à Miami, New York ou Paris. À noter que cette exposition au Laboratoire Bx s’inscrit dans le cadre du projet « Pont des Amériques, dans la mesure où le directeur de la galerie (Laurent Chiffoleau) a pour sa part été en résidence à l’atelier de Jean-Marc Calvet lui-même à, Granada au Nicaragua. On a listé 5 raisons d’aller découvrir le travail de l’artiste.
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Une peinture riche en détails d’un artiste reconnu à travers l’Amérique Centrale

La peinture de Jean Marc Calvet est riche en détails, d’une impressionnante esthétique, c’est un bonheur pour les yeux de se plonger dans les petits détails. Son œuvre est reconnu à travers l’Amérique Centrale, depuis qu’il a remporté la Biennale du Nicaragua en 2009.

Jean-Marc Calvet présent le soir du vernissage

L’artiste sera présent le soir du vernissage ! Jean-Marc Calvet nous fait en effet l’honneur de sa présence, pour accueillir le public et commenter son travail, riche de ses expériences personnelles. Car Jean-Marc Calvet réalise une peinture proche de l’autobiographie. Une opportunité idéale de dialoguer avec ce dernier et de découvrir son travail sous une autre facette.

Crédit photo : Antonio Diez Parra

Une première à Bordeaux

Ce sera la première exposition de l’artiste à Bordeaux. Il va ensuite exposer à Nice, et un accrochage est à l’étude à Lyon puis à Paris. C’est donc une occasion unique de découvrir le travail d’un artiste international dans un cadre privilégié, celui du Laboratoire Bx.

Un vernissage gratuit, ouvert à tous

Le vernissage le jeudi 18 octobre, en plus d’être un moment convivial, est entièrement gratuit et ouvert à tous les publics.

Découvrir un lieu de création unique à Bordeaux

Le Laboratoire Bx est un lieu qui mérite d’être découvert par le public, car parfaitement situé en plein centre ville. C’est aussi un lieu associatif, vivant, où l’équipe de bénévoles et les artistes sont toujours prêts à discuter des projets de tous et chacun.

HER – L’apparence mystique bien ancrée dans le réel

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Ce fut merveilleux et frissonnant. Des mouvement fluides du corps de Victor au son de sa voix, tout s’accorde. La salle est comble, on peine à se faufiler. On sent l’émotion, il plane une excitation que l’on peut attraper avec les yeux. C’est un secret que l’on partage. Un concert de HER est un événement émotionnel.

Au bout de quelques instant de magie, Victor nous annonce que HER s’arrête. Ce projet qui unit deux amis d’enfance, oui je dis bien qui unit au présent. Car Simon n’est plus physiquement, mais son aura est partout. Dans les râles de Victor, dans les riffs de guitare, dans les applaudissement et dans nos yeux mouillés. La salle exhale, souffre avec Victor et comprends ce geste. Arrêter HER car sans Simon HER n’est plus. C’est les larmes aux yeux – sans exagération – que je capture avec conviction ce qui est le dernier concert de HER à Bordeaux.

Migratory Musics : accueil en musique au Rocher de Palmer

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Samedi 13 et dimanche 14 octobre, le Rocher de Palmer accueille un temps de réflexion et de restitution autour de Migratory Musics. Ce projet, soutenu par la Commission Européenne à travers le programme Erasmus+, vise à faciliter l’accueil et l’intégration des populations migrantes, à travers l’art et le patrimoine culturel.

Migratory Musics, projet européen pour l’intégration des populations migrantes

Depuis le mois de septembre 2017, Migratory Musics vise à développer des outils pédagogiques innovants en vue de l’intégration des populations migrantes. Porté par Musiques de Nuit et le Rocher de Palmer, ce projet de coopération réunit des acteurs français (la Commune de Bègles associée aux écoles Marcel Sembat et Ferdinand Buisson, le Centre Social et Culturel de l’Estey, le LABA et INSUP Formation), belges (la Maison de la création Bruxelles Nord et l’École Fondamentale de l’Athénée Royal Bruxelles 2) et grecs (EDRA et Synkoino Coop associé à l’école de Menemeni de Thessalonique). Cette coopération, qui bénéficie de financements européens via le programme Erasmus+, entend mettre l’éducation, la culture et les arts au cœur du processus d’intégration des plus jeunes. Dans le cadre d’ErasmusDay, une session de présentation des accomplissements du projet sera présentée au Rocher de Palmer.

2 journées d’échanges sur les liens entre culture et migrations

Rendez-vous donc le samedi 13 et le dimanche 14 octobre au Rocher de Palmer pour deux journées de discussions, projections ou de concerts pour rendre compte des réalités et des aboutissements d’une année de coopération. La journée du samedi sera rythmée par une table-ronde (de 10h30 à 12h30) ayant pour intitulée : « Quand l’accueil des familles migrantes passe aussi par la valorisation des langues maternelles ». Le lendemain, une séance d’écoute de berceuses du monde sera mise en place (un disque enregistré avec des jeunes de Bègles, de Bruxelles et de Thessalonique), ainsi qu’une projection d’un documentaire de 20 minutes racontant le making off du projet. Un concert est également prévu, de même qu’une rencontre avec Aurélia Coulaty, à l’origine de Migratory Musics, et avec le photographe Pierre Wetzel autour de l’exposition « Les rêves d’avant la route ». L’entrée est gratuite, dans la limite des places disponibles.
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Marchons pour le climat samedi 13 octobre à Bordeaux

dans ANALYSES/DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Samedi 13 octobre, une grande marche pour le climat s’organise partout en France. A l’heure de l’accélération du réchauffement climatique, ce type de mouvement citoyen est plus que jamais nécessaire pour interpeller nos élus. A Bordeaux, rendez-vous samedi à 14h00 place Pey-Berland jusqu’à Darwin !

Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) qui vient d’être rendu public ce lundi matin est sans appel : le réchauffement s’accélère ! L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) associées aux activités humaines, responsables du réchauffement climatique, se poursuit à un rythme soutenu au niveau planétaire. Alors que le dernier rapport du GIEC décline les conséquences drastiques – mais fortement différenciées – d’une augmentation de la température à l’échelle planétaire comprise entre +1,5°C et +2°C à horizon 2100, nous enregistrons d’ores et déjà en 2017 une augmentation de +1°C depuis la période pré-industrielle ! En d’autres termes, au rythme actuel du réchauffement, le monde connaîtrait une hausse de +1,5°C de la moyenne entre 2030 et 2052 (selon les scénarios).

La question se pose : l’objectif de +1,5°C à horizon 2100 est-il encore atteignable ?

Le rapport du GIEC pointe la nécessité impérieuse de mettre en œuvre des politiques publiques efficaces pour réduire drastiquement les consommations en énergies fossiles associées aux bâtiments, à l’industrie et aux transports et à baisser de 45% les GES d’ici 2030 (par rapport à 2010 !). La part des énergies renouvelables pour l’électricité doit quant à elle passer à 70 %-85 % en 2050. Le rapport met enfin en lumière l’indispensable implication du secteur financier dans la lutte contre le dérèglement climatique,
Au final, c’est bien d’un changement réel de paradigme de nos sociétés dont il s’agit, qui concerne tous les acteurs du territoire, citoyens et politiques : « un changement sociétal profond est nécessaire… pourtant, la transition écologique en France et en Europe reste à ses balbutiements. L’humanité est confrontée à une nouvelle guerre, cette fois contre elle-même. D’ici à 2040, nous aurons perdu la bataille si des mesures ne sont pas prises et intensifiées » (Pierre Cannet, Responsable des programmes Climat, Énergie et Villes Durables WWF).

Le réveil citoyen, c’est maintenant ! #IlEstEncoreTemps

Le 8 septembre dernier, sous l’initiative de mouvements citoyens, 150 000 personnes ont pris part dans toute la France à la journée mondiale d’action pour le climat #RiseForClimate ! Cette mobilisation citoyenne, spontanée et sans précédent pour le Climat en France a fait naître une conscience nouvelle majeure : « nous citoyens, avons les moyens et le devoir de nous mobiliser en masse et sans relâche pour exiger de nos élus – locaux et nationaux – qu’ils mettent en œuvre des politiques efficaces (à obligation de résultats), adaptées à l’urgence climatique. Il s’agit également de prendre la mesure des actions individuelles que chacun peut mettre en œuvre ! ».

Aussi, samedi 13 Octobre, à Bordeaux comme partout en France et en Europe (plus de 50 villes au total), nous nous mobilisons de nouveau pour le climat. Trois revendications majeures sous-tendent cette démarche citoyenne :

  • Faire de l’urgence climatique la priorité à toutes actions publiques ou privées,
  • Faire de la mobilisation du 13 octobre une étape clé pour la prise de conscience et l’implication de tous pour agir contre le réchauffement climatique,
  • Revendiquer un contre-pouvoir citoyen et revenir dans la rue tant que le climat n’est pas la priorité du gouvernement.

Rendez-vous samedi 13 octobre à 14h, place Pey-Berland : venez nombreux !

Des animations sont prévues tout au long de la marche : remise officielle du rapport du GIEC au Maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, tree Hugs, etc. L’arrivée est prévue à Darwin, avec l’organisation d’un village éphémère des solutions et un concert avec le collectif Slowfest.
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Plus d’informations :

2.5.0.0
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A2H, WL Crew, Common Chill : le feu à Bordeaux

dans ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE/REPORTAGES

Artiste versatile par excellence, à la fois rappeur et producteur, A2H représente un pan de l’histoire du rap français à lui tout seul. Avec des projets partant dans plusieurs direction entre G-funk, parfois reggae ou influences anglaises, le bonhomme fait preuve d’une diversité et d’une ouverture d’esprit relativement rare dans le rap jeu francophone. Invité par RK2 à l’Iboat au mois d’octobre dernier, ce dernier a su parfaitement maîtrisé une cale qui lui était acquise. Il faut dire qu’en guise de warm up, c’est le WL Crew et Common Chill qui étaient chargés d’entamer les hostilités : un exercice parfaitement maîtrisé et réalisé impeccablement par les deux collectifs locaux. Petit retour sur une belle soirée sacrément ambiancée !
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Entretien : Pierre Grangé-Praderas, école des Beaux Hacks

dans ANALYSES/ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/POLITIQUE & SOCIÉTÉ

C’est au détour d’une newsletter de La Fabrique Pola, « lieu dédié à la création contemporaine, à la production et à la diffusion artistique », qu’on est tombé sur le nom d’une école qui nous a interpellé. Les Beaux Hacks. Quelques recherches internet plus tard et après lecture de quelques articles sur le sujet, une personnalité émerge : celle du directeur d’une institution pédagogique alternative fascinante sur le papier. En creusant un peu, on découvre les différentes activités de Pierre Grangé-Praderas, qualifié ici et là de hacker ou de crypto-marxiste… Pour comprendre un peu plus la démarche dans laquelle s’inscrit ce dernier, nous sommes allés à la rencontre d’un activiste du numérique local qui milite entre autre pour le partage des savoirs, la survie des abeilles, le rapprochement des artistes et des libristes ou encore contre la centralisation et la concentration des pouvoirs.   

Le Type : Bonjour Pierre. On lit pas mal de choses sur vous sur internet : artiste hacker, crypto-marxiste, Benevolent Dictator for Life… Comment peut-on vous présenter ?

Pierre Grangé-Praderas : Je m’appelle Pierre Grangé-Praderas, je suis artiste, « artiste-plasticien » plus précisément. Je travaille également au Fab Lab de l’Université de Bordeaux et je m’occupe aussi de l’OpenBeeLab pour lequel je suis Benevolent Dictator for Life (BDFL), c’est-à-dire « dictateur bienveillant à vie ». C’est un projet de ruches connectées : on fait des capteurs connectés pour aider les apiculteurs à récolter des données sur les abeilles. Je m’occupe aussi de l’école des Beaux Hacks où j’essaye de donner des ateliers pour aider les artistes à passer aux logiciels libres et à essayer de se faire une culture hacker.

Est-ce que vous pourriez nous donner votre définition du hacker ? Quel est son rôle dans la société ?

Je reprendrai la définition de Steven Levy dans son livre sorti en 1984, L’éthique des hackers. Le hacker est quelqu’un qui met tout en place pour le partage de la culture et de l’information. Ce sont des gens qui se battent pour la liberté du partage du savoir et des connaissances, et qui font du détournement. Ils utilisent des machines, des outils engagés, en prennent un bout, les découpent et les utilisent ailleurs pour des usages pour lesquels ils n’étaient pas prévus. C’est à rapprocher du « pirate ». Non pas au sens informatique mais du sens de pirate des mers. Ça tend vers des sociétés autogérées ; à un moment ils se rebellent, récupèrent un outil et avec font quelque chose qui leur semblent moins injuste. Contre les puissants, et contre la centralisation surtout. Ils sont en opposition avec à tout ce qui est centralisé, pour en faire profiter un maximum de gens.

Vous parlez de Steven Levy, mais y-a-t-il d’autres figures qui font partie de cet univers du « hacking » ? On est tombé notamment sur un certain manifeste de McKenzie War…

McKenzie Wark fait effectivement partie des références, comme temporary anonymous zone de Hakim Bey. Ce sont plutôt des références écrites. Il y a aussi des gens comme Aaron Swartz, quelqu’un qui a sacrifié sa vie. Vivre libre ou mourir. Un peu comme les pirates qui ne reconnaissent pas ce qu’ils font comme un crime. Pour eux, partager ou libérer des esclaves n’est pas un crime. Plutôt que d’aller en prison, Aaron a préféré mourir ; son seul crime ayant été d’aider au partage de la connaissance. Des gens comme McKenzie Wark sont plus dans la théorie et essayent de voir le rapport entre le marxisme et le mouvement des hackers. C’est une vision moins opérationnelle mais très intéressante. On peut lire les publications de McKenzie Wark régulièrement, c’est un universitaire, un écrivain. C’est pas tout à fait la même façon d’agir que celle d’Aaron Swartz… D’ailleurs il n’y a pas que Aaron ; Edward Snowden par exemple. Il y a des gens qui sont plus dans l’action, mais les deux sont nécessaires et importants. Hakim Bey aussi est une référence très importante.

Pierre Grangé-Praderas, directeur de l’école des Beaux Hacks

Pour revenir à vos actions au niveau local, vous avez mentionné les ruches du CAPC, pourriez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

J’ai été invité à poser des ruches sur le toit du CAPC avec l’OpenBeeLab, un groupe de bénévole qui développe des outils technologiques pour aider les apiculteurs et les scientifiques. C’était aussi pour développer le côté technique et créer les ruches connectées. On a en même temps pu développer des expériences artistiques : on a pu faire flûter les abeille, et aussi un concert avec un musicien qui fait de la musique électro-acoustique, François Dumeaux. On a aussi eu la chance d’enregistrer le chant des reines et pu entendre le bruit qu’elles font dans les ruches et en faire un concert.

Pouvez-vous nous présenter les Beaux Hack, cette école atypique dont vous êtes le directeur ?

On se réunit quand on peut. Là, par exemple ça fait deux mois qu’on a pas eu d’événements. On s’organise car nous n’avons pas de murs à nous. Par contre, on a un blog sur lequel on se retrouve où on publie des résultats de ce qu’on fait. On organise parfois des Instal Party, pour aider les artistes à passer à Linux et au logiciel libre, parfois on fait des cryptoparty pour aider à retrouver de la vie privée. Ça peut être aussi des ateliers-conférences, voire on se réunit pour faire des fanzines, pour publier ce qui nous intéresse. Le but est d’aider les artistes à se libérer, à passer aux logiciels libres et à comprendre les enjeux numériques qui arrivent pour eux et la société. D’un autre côté on prend des libristes et on aimerait les aider à produire de l’imaginaire. Ce sont ceux qui comprennent le code informatique, ce sont eux les lettrés du code informatique qui participent à la production de ces outils et qui sont du bien public. Ça va très loin, ce n’est pas que du code, ça peut aller jusqu’à la monnaie. Il y des monnaies libres, il y a du hardware libre aussi maintenant… Ça peut toucher absolument tous les secteurs de la société. Il y a aussi des expériences qui sont faites de démocratie.

Avec l’école il y a une vraie volonté de rapprocher cet univers libriste et des codeurs avec le milieu artistique ?

Oui, tout à fait. Je pense qu’ils ont beaucoup à partager sur un plan politique et sur le plan des enjeux, dans le rapport au pouvoir. L’artiste a tout intérêt à se tenir assez éloigné du pouvoir, de s’en méfier. Ce qui caractérise les pouvoirs c’est la concentration et la centralisation. Les lettrés du code comprennent ce qui est en train de se passer, et les artistes ont aussi intérêt à comprendre cela aussi, sans quoi ils deviendront aussi des bénévoles chez Google à force de n’utiliser que des outils Google. Ou des bénévoles de Facebook lorsqu’ils utilisent Facebook comme moyen de communication unique. Des esclaves d’Apple ou de Adobe car ils n’utilisent pas d’autres outils car ils ne savent pas les utiliser alors qu’il en existe des libres. Adobe peut choisir demain de ne plus faire fonctionner aucun logiciel pour lire ce qu’ils ont produit il y a dix ans. On a donc des problèmes de conservation d’un côté ; tout ce qu’on fait sur un logiciel propriétaire ; il n’y a pas de garantie de pérennité dessus. D’un point de vue de la production de l’imaginaire ; Facebook filtre ce qu’il te montre. Tout comme Google. Ils ont un effet catastrophique sur l’imaginaire collectif et ça ça intéresse les artistes au premier plan.

Comment intègre-t-on l’école des Beaux Hacks ?

Il suffit de venir aux événements. On s’inscrit sur la mailing list, on va sur le site, on se connecte à l’IRC. Le mieux est de s’inscrire à la mailing list ; on reçoit des news et on rejoint les événements, la participation est libre.

Est-ce que vous avez des « alliés » au niveau local, que ce soit des lieux avec qui vous êtes plus ou moins proche, des associations, votre réseau ?

On a un certain nombre d’amis au niveau local qui nous aident beaucoup, à commencer par Aquilenet, fournisseur d’accès à internet associatif de Bordeaux. Ensuite il y a la Fabrique Pola qui nous accueille souvent quand on a besoin de locaux. Il y a également un café qui nous accueille souvent pour faire des réunions ; le Roasted, cour de la Marne. On a aussi tous les amis libristes ; l’association Giroll. Ce sont des réseaux de libristes d’un côté, et des réseaux d’artiste de l’autre.

Étant dans ce combat, quelle est votre vision du pouvoir à Bordeaux, considérez-vous que c’est une ville centralisée ?

Je m’intéresse très peu à cette question ; c’est quelque chose sur un temps court. Je n’ai pas trop d’avis sur la politique à Bordeaux. Quand je parle de Politique, je parle de choses beaucoup plus généralistes, je ne suis pas beaucoup dans l’événement. Ça me convient mieux sur des temporalités plus longues ou sur des espaces plus importants. Parce que les problèmes qui m’intéressent, je n’ai pas forcément l’impression qu’ils sont localisés ; ils se répètent partout dans l’humanité depuis longtemps. L’arrivée des internets et de l’ordinateur change encore énormément les choses, à l’image de l’imprimerie. Tout s’accélère, les coups de production diminuent. Avant, quand on écrivait quelque chose, ça pouvait produire des effets sur d’autres humains. Aujourd’hui, on écrit et ça produit des effets sur de la matière inerte, sur des machines, on se rapproche de la magie. Tous ces enjeux là sont énormes d’un point de vue politique. Les schémas que je vois et auxquels on essaye de s’attaquer et qu’on critique ; ils se reproduisent absolument partout. Bien au-delà de Bordeaux.

Souhaitez-vous rajouter quelque chose ?

Venez à l’école ! Et pas que les garçons ; c’est un milieu où on a du mal à atteindre une certaine mixité. A l’école des Beaux Hacks on en est pas loin ; que ça continue, sentez-vous autoriser à venir, même si vous ne comprenez rien à l’informatique !

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