Conférence : Dupond-Moretti : Y a-t-il des indéfendables ?


Le titre de la conf’ est plutôt alléchant. Il ouvre une question « on ne peut plus d’actualité », pour une société comme la nôtre qui tente – tant bien que mal d’apprendre à vivre avec des actes terroristes devenus répétés. Certes, la question (ni son intérêt d’ailleurs) ne se réduit pas à la seule question du terrorisme. Pour autant, elle résonne dans les esprits de manière particulière, dans le contexte qui est désormais devenu le nôtre depuis quelques années. La question reste donc ouverte, les non-dits planent, mais l’assistance est d’abord et surtout enchantée d’avoir pu décrocher sa place et d’être là pour assister à une démonstration du Maître. Moi la première…! La salle est comble.

Crédit photo : vanityfair.fr

Alors la réponse est « non »…

Tel le Roi des animaux, Maître Dupond-Moretti possède un charisme et une aura que chacun peut percevoir dès son entrée en scène. La carrure, la voix, le regard, la vivacité d’esprit… Nous avons bel et bien affaire à un maestro, et pas seulement à un advocatus chevronné, « prêteur de voix » ! D’ailleurs, les compliments pleuvent dès son arrivée et l’homme est entouré et présenté par des soutiens manifestement conquis.

La conférence commence par la présentation de l’homme, de ses motivations pour ce métier apparemment inscrites dans une histoire familiale douloureuse, qui a fait naître tôt chez Me Dupond-Moretti un sens aigu de la justice et une véritable vocation pour le métier d’avocat. Le format de la conférence étonne un peu par la suite, où l’on interroge plutôt longuement le Maître sur ce « qu’est d’être un bon avocat », sur l’essence du métier… une petite présentation de son dernier livre est aussi faite.

« Bon d’accord, mais c’est quand qu’on traite de la question du jour ? »

Et puis, au détour d’un exposé sur le métier d’avocat, de l’importance d’aller où c’est difficile, parfois seul contre tous, du rapport aux magistrats, de la question de la suppression ou pas de l’ENM, de la place des médias, du populisme et même des végans… la réponse tombe : notre système de justice et de défense est un rempart contre le totalitarisme et les extrêmes. Personne (en dehors de celui qui refuse la justice et sa propre défense), n’est indéfendable. Ne pas reconnaître ce droit à une personne reviendrait ainsi à requestionner les fondamentaux de notre société, et ceux qui cherchent à la faire vaciller auraient alors gagné ! Me Dupond-Moretti rappelle d’ailleurs un autre fondamental : défendre un prévenu n’est pas épouser sa cause.

Bon, c’était bien, mais…

Au final, je crois qu’on a tous bien compris le message et ses nuances. Je repars néanmoins un peu frustrée et donc, sur ma faim (je ne suis pas seule semble-t-il). Le sujet, à vrai dire un peu noyé au milieu d’autres considérations et du personnage central aurait sans doute mérité d’être recentré et développé. Plus d’échanges avec la salle sur le thème auraient aussi sûrement permis d’exprimer toutes les sensibilités et de monter en puissance sur la question du jour. Reste que Me Dupont-Moretti est un personnage fort impressionnant, à l’esprit libre et la parole directe… Ça fait aussi du bien. Parole de végan !

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