Monthly archive

septembre 2018

Get Wet et Night Cool sont sur un bateau

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Rentrée agitée pour deux organisateurs bordelais qui mettent leurs forces et leur réseau en commun : Get Wet et Night Cool. C’est l’ancien ferry Iboat, installé dans le quartier des Bassins à Flots à Bordeaux, qui accueillera les deux soirées très prometteuses, les 5 et 12 octobre. Au mois d’octobre, le bateau résonnera donc avec deux dates marquantes mettant en scène quatre artistes influents au sein de la nouvelle génération de la musique pop électro. 

Get Wet Party électrisante le 5 octobre

Révélée depuis son morceau « A la fin« , après sa collaboration avec Moodoïd, Maud Nadal, de son nom de scène Halo Maud s’inspire depuis toujours de PJ Harvey, chanteuse et compositrice britannique réputée. Le vendredi 5 octobre sera l’occasion pour les fans d’électro de découvrir ou de redécouvrir une artiste singulière en live, qui à l’image de son personnage musicale cherche et souhaite voler de ses propres ailes.

La soirée poursuivra avec une autre artiste, Le Prince Miiaou. Une autre, oui, en effet, si le nom est trompeur, il s’agit bien d’une femme au clavier. Considérée comme l’un des plus beaux projets musicaux français de ces dernières années, Le Prince Miiaou de son vrai nom, Maud-Élisa Mandeau sera de la partie. Si les deux artistes ont toutes les deux un style différent, ce n’est pas pour autant que les deux ne peuvent pas se marier, en effet, avec Le Prince Miiaou, le public sera auditeur de chansons rock/pop/electro décalées avec comme sources d’inspirations : Arcade Fire ou Tom York. Bref, deux Maud pour le prix d’une… excellente soirée électrisante.

Une Night Cool avec Pendentif et Insomni Club

Pour son deuxième et nouvel album appelé « Vertige exhaussé », le groupe électro pop bordelais, Pendentif donne de la couleur dans la culture pop, à l’image du clip de la chanson : « L »Originel ». Nouveauté dans cet album par rapport au premier, ce n’est plus la voix de Cindy Callède, présente dans l’album Mafia douce mais celle de la belle Julia Jean-Baptiste, intégrée dans le collectif Pendentif en 2014 repérée notamment par sa musique au sein du groupe Nouvelle-Vague.  Si la chanteuse n’était pas destinée pour la pop française, c’est après une déception du monde de la musique suite à l’émission Star Academy qu’elle s’intéressera à cet univers qu’est la pop.


Autre artiste présent sur la scène de l’Iboat le 12 octobre, il s’agit d’Insomni Club. Son côté nonchalant et chill fait le charme de cet artiste, produit par Picazso. Son style est le panaché d’une inspiration diverse où ses textes enivrants vous feront passer une excellente deuxième partie de soirée.

Les Typiques #08 – Eclipse Collective

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Nouveau rendez-vous sur le webzine, avec des cartes blanches offertes à des acteurs culturels bordelais et de la région, qui viennent présenter des photos, vidéos, morceaux et autres œuvres qui composent leur univers esthétique. A travers ces « typiques », ces promoteurs, médias, lieux, restaurants, associations et autres organisations locales présentent ainsi leur identité artistique. Dans ce huitième épisode, c’est au tour d’Eclipse Collective de se livrer à ce travail d’introspection. A la fois média et organisateur d’événements quali à Bordeaux, ce crew s’active à conjuguer art et musique à travers ses diverses activités. Ayant réussi à fédérer un certain nombre d’artistes au fil de son existence, le collectif fait partie de la scène bordelaise émergente qui entend proposer une autre vision des musiques électroniques en ville. On retrouvera d’ailleurs l’équipe pour un apéroboat à l’Iboat vendredi 12 octobre à l’occasion de la présentation du travail de l’artiste sud-africaine Mara.
}

                                HIRSCHMANN

}

JASSS – No Chance

« Difficile de choisir, en ce moment j’écoute beaucoup de chose différente à la fois. J’ai fini par m’attarder sur ce morceau car il reste proche l’univers techno qui m’occupe, couplé avec des sonorités tribales, brutes et électroniques, le tout dans une veine plus downtempo. »
 

Cabasa – Uncle Sigmund Lost In Qattara

« Hypnotisme et tribalité, ce track à tendance acéphale laisse un rôle majeur à la place du corps face à la musique. On se laisse porter et enivrer dans une symbiose avec soi-même. Idéal pour un cérémonial d’ouverture. D’ailleurs quelques copies étaient dispo chez oto disques, hésitez pas à passer au shop ;-) »
}

Nasti – « Je suis désolée… » Performance au Palais des Congrès. Paris 2017. D’après une photo de Lee Jeffries.

« Impossible de parler d’Eclipse Collective sans Nasti. Au-delà d’être un ami, ce street artiste est talentueux, et fût notre premier invité en Aperoboat. Il avait produit une live performance sur le pont supérieur de l’IBOAT, et les personnes présentes semblaient vraiment intriguées. C’est ce qu’on aimerait provoquer à chaque fois qu’on présente quelqu’un.

                               CLÉMENT

 

Cheb Arab – Wain Ma’ady

« Un petit standard du bon Cheb Arab, typiquement oriental avec une bonne vibe et un tempo tout doux, idéal pour démarrer un set ou calmer les ardeurs du dancefloor ! PS : c’est ma manière de militer activement pour la réintroduction du mulet dans les clubs. »
}

Kate Ballis – « Palm Springs » (Infra Realism)

 « C’est un visuel tiré du travail de Kate Ballis, artiste australienne qui a utilisé une caméra infrarouge pour son projet. Ça s’appelle l’infra réalisme et le rendu est à la fois esthétique et troublant : déformation de la colorimétrie, paysages désertiques de Palm Springs, c’est smooth et flippant à la fois, totalement paradoxal, j’adore. C’est comme s’il y avait une deuxième réalité sous la première couche de couleurs que l’on connaît. »
}

                               MANON
a

Kuldaboli & russian.girls – Hvaða týpu ertþú aðvinna með

« Le hasard fait bien les choses, ce son en est la preuve vivante, je suis tombé dessus suite à un bug youtube. Chez Eclipse on aime quand c’est électrique, suave et mystique. La tension qui se dégage de ce morceau fait résolument écho à cet univers. »

Mara

« Ça c’est Marie, aka Mara, une jolie rencontre et découverte artistique. Originaire de Cape Town, elle retranscrit son âme en peinture, souvent en noir et blanc, quelques fois avec des touches de rouges. Son univers poignant et onirique sera à découvrir lors de notre prochain Aperoboat le vendredi 12 octobre, à l’Iboat. »
}

                               JORDI  ADOUE

}

Adolphe Appia

« Adolphe Appia, metteur en scène Suisse, se joue des contraintes architecturales et créé des univers bruts dans lesquelles les corps jouent et déambulent au fil des comédies.« 
}

Gerard Trignac

« Gerard Trignac, graveur Bordelais, imagine des univers bétonnés, monumentaux et onirique, à l’architecture fantasmagorique et violente, laissant au spectateur le choix d’entrevoir les silhouettes de ses propres songes. »
}

                               CONTRAKT

 )

Rosa Nebel – Theory Of Mind


« Un track à l’ambiance old school à son paroxysme. Une techno pointue et accessible à la fois, idéale pour faire bouncer un club. »
}

                               SHADE

Sworn Virgins – Fifty Dollar Bills

 « 50 dollars, Ninja, Camel Toe. »
}

Djrum – Sex

« Djrum nous embarque dans une odyssée sonore singulière où se côtoient sans complexes breaks incisifs et nappes contemplatives. Extrait d’un des meilleurs album de l’année. »

                               PIMKUS

}

Mihai Pol – Escape Kit

« Toujours a la pointe de la minimal, Mihai Pol se caractérise par des production énergiques mélangeant gros kick et sonorités estivales. »
}

                               ALEXIS

}

Miles Johnston – Mitosis

La mitose, du grec mitos qui signifie « filament » (référence à l’aspect des chromosomes en microscopie), désigne les événements chromosomiques de la division cellulaire des eucaryotes. Il s’agit d’une duplication non sexuée/asexuée (contrairement à la méiose). C’est la division d’une cellule mère en deux cellules filles strictement identiques génétiquement. Miles Johnston est un artiste Londonien ayant développé un univers surréaliste fondé sur des séries de portraits qu’il vient torturer autour d’un univers pictural mélancolique. Il manie le graphite avec aisance sur de moyens formats. »
}

Nederzuur – Zure Bom

« 030303 est un label hollandais qui proposent des sorties variées, et qui a sorti ce Various sur un autre label, sous forme de série. Nederzuur présente ce voyage acid sur 7 minutes. »
 )

En route pour la septième édition du FIFIB

dans DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS

Chaque année depuis 2012, l’arrivée de l’automne sonne avec l’ouverture du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux. En effet, la septième édition FIFIB aura lieu du 9 au 15 octobre 2018. Le principe et idée majeure du festival : défendre le cinéma indépendant mondial et rendre compte de toutes les formes d’indépendances. Ainsi le festival permettra à des réalisateurs prometteurs d’être mis à leur tour sous le feu des projecteurs.

Le FIFIB c’est quoi ?

Lancé et présidé par Pauline Reiffers et Johanna Caraire, toutes deux membres de l’association Semer le doutele Festival International du Film Indépendant de Bordeaux accueille chaque année entre 20 000 et 25 000 festivaliers. Ce festival est l’occasion de mettre en avant toutes les facettes de l’indépendance : passant de la création à l’innovation. À l’instar de ces éditions précédentes, le festival proposera durant ses six jours de nombreuses activités animées et encadrées par des professionnels du cinéma :

  • Atelier d’analyse filmique,
  • Atelier d’écriture de critique,
  • Atelier d’écriture de scénario,
  • Débats animés.

A noter la présence d’une compétition entre courts et longs métrages ainsi que des présentations de films en avant première. Cette manifestation libre sera le théâtre d’un mariage entre des jeunes pousses du cinéma et des réalisateurs plus confirmés, avec comme seule idée en tête : la liberté de création. Parfois considéré et critiqué pour être un art de vieux, le cinéma, grâce à ce festival montre un tout autre visage : l’expérimentation de la jeunesse. Comme à son habitude, le festival erre dans les rues de Bordeaux : on pourra le retrouver au Cinéma Utopia, à la Cour Mably, au cinéma CGR le Français, ainsi qu’à l’UGC ou encore au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.

Des artistes et représentants prestigieux et internationaux au rendez-vous

Si des acteurs et réalisateurs français seront présents, le festival fera, comme son nom l’indique, la publicité du cinéma indépendant mondial avec la présence louable de cinéastes venus des quatre coins du monde.

Quant aux invités de marque, le FIFIB a pu bénéficier dans son historique de la présence dans son jury de nombreuses figures du cinéma français. Comme de la délicieuse Nathalie Baye en 2012, de Julie Depardieu en 2013 ou encore de Béatrice DalleEric JudorMichel Ocelot en 2016. Cette année, le jury de la compétition longs métrages est composé de Kleber Mendonça Filho, critique de cinéma et réalisateur brésilien, Garance Marillier, connue principalement pour le personnage de Justine dans le film Grave , succès du box-office, Vincent Macaigne, Danielle Arbid, Lola Créton ou encore de l’actrice et metteuse en scène, Rachida Brakni.

Comme à l’accoutumé, le Festival s’est annoncé début août pour la présentation de sa septième édition par un mini-film réalisé par Bertrand Mandico, lauréat du Grand Prix Clarence Dillon 2017, pour son film Les Garçons Sauvages :

Amateurs de cinéma ou curieux, tous sont invités à rejoindre cet événement exceptionnel bordelais du 9 au 15 octobre 2018 !

Pour suivre l’événement de plus près : 

 

Valentin Macchi.

Des raisons d’espérer, la nature plus forte que tout ?

dans ANALYSES/DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS/POLITIQUE & SOCIÉTÉ/REPORTAGES

L’idée de l’adaptabilité des organismes, des espèces et des écosystèmes qu’elles constituent avec leur environnement, introduite par Darwin, a ouvert la voie à l’émergence progressive du concept de résilience. La résilience définit la capacité de la vie à se reconstituer après une importante perturbation. Elle a pour condition majeure la diversité biologique, que celle-ci soit présente sous forme d’un nombre élevé d’espèces, ou d’une grande diversité génétique au sein des espèces. Face à l’ampleur et au rythme de l’anéantissement biologique actuel, avons-nous franchi le seuil de la diversité minimale au-dessous de laquelle il ne faudrait pas descendre au risque de bouleverser profondément les conditions de vie de l’humanité ?

« La fin d’un monde n’est pas la fin du monde ! »

Les propos introductifs de Michel Maffesoli, philosophe, sociologue et professeur émérite à l’université Paris-Descartes font l’effet d’un électrochoc. Auteur d’un essai sur l’Ecosophie, concept qui place l’homme non pas au sommet de la hiérarchie du vivant, mais comme partie de l’écosphère, Michel Maffesoli développe l’idée selon laquelle l’époque du Monde moderne, porteur du mythe progressiste, se ferme désormais.

La recherche frénétique de progrès est jugée archaïque et dévastatrice et si elle a « produit de belles choses, des avancées scientifiques, médicales, un rallongement de la durée de vie », elle a également abouti aux catastrophes naturelles et humaines que nous connaissons. Or, la civilisation moderne, les valeurs de modernité et l’individualisme arrivent aujourd’hui à saturation car « elles n’agrègent plus les hommes entre eux, elles ne rassemblent plus et ne fondent plus le vivre ensemble ».

L’écosophie est porteur de changement de paradigme et propose un « nouvel équilibre entre la matière et l’esprit ». Elle ne traduit pas pour autant la fin du monde mais simplement un changement d’époque qui s’ouvre devant nous (en Grec, «époque» signifie parenthèse), où des bouleversements culturels s’opèrent désormais. Divers mouvements, comme le végétarisme, le véganisme, les localistes, l’économie solidaire, etc. ainsi que la facilité d’accès et d’échanges du savoir via les nouveaux média, participent à ce nouvel élan culturel.

La résilience des écosystèmes comme raison d’espérer ?

Selon Gilles Boeuf, biologiste, Professeur à l’université Pierre-et-Marie Curie et Président du Muséum national d’histoire naturelle (2009-2015), « la résilience des écosystèmes peut se traduire par leur capacité à revenir, après un traumatisme, à une situation proche de leur point de départ« . Le concept de résilience, devenu central et d’actualité pour aborder de très nombreux phénomènes de sociétés, a d’ailleurs fait l’objet du 4ème Congrès Mondial à Marseille, les 27-28-29 et 30 juin derniers.

Concernant la nature, les cas de résilience les plus emblématiques forcent l’admiration ! Trente ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl – qui, rappelons-le, couvre un territoire d’une surface équivalente à celle du Luxembourg -, les oiseaux, les loups, les renards, les cerviers reprennent possession des lieux et les forêts de pins repoussent ! Autre exemple : celui de la plus grande réserve écologique d’Argentine (Buenos Aires, 350 ha), qui provient des terres de remblais et des gravats issus de la percée de l’autoroute « 25 de Mayo » . Ces terres, laissées à l’abandon depuis les années 70, accueillent aujourd’hui plus de 1500 espèces de faune lacustre, dont 250 espèces d’oiseaux !

Ne nous y trompons pas pour autant : la résilience des écosystèmes n’est pas un joker utilisable à tous les coups ! Gilles Boeuf rappelle la première condition pour que nous puissions compter sur la résilience des écosystèmes : ne pas tout exterminer ! Comme un écosystème mort n’a plus aucune résilience, il est capital de veiller à conserver une partie de l’écosystème sur lequel on intervient. Les projets d’aménagement doivent ainsi internaliser  -prévoir- de manière systématique la conservation d’une partie des espaces naturels sur laquelle ils interviennent (laisser par exemple des bandes enherbées et des arbres dans les parkings et ne pas tout bétonner !).

L’autre paramètre important pour que la résilience opère, rappelle Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement, est la nécessité de maintien d’écosystèmes très biodivers. La diversité des espèces et habitats au sein d’un écosystème est, en effet, gage d’une plus grande capacité d’adaptation face aux aléas extérieurs. Toutes les espèces et tous les écosystèmes n’ont pas les mêmes capacités d’adaptation : les temps de récupération des sols face à une pollution chimique peuvent être longs ; les espèces qui dépendent de niches écologiques sont aussi plus vulnérables.

Enfin, Christophe Aubel, Directeur de l’Agence Française pour la Biodiversité, souligne que les réponses des écosystèmes aux traumatismes restent incertaines et incontrôlables ; les résultats peuvent aboutir à de nouvelles catastrophes écologiques (exemple de la mer de méduses sur les côtes mauritaniennes).

Le changement de paradigme : tous concernés !

Avec la perte de près de 40% de la biodiversité, l’homme est responsable de la 6ème extinction des espèces qui se joue aujourd’hui. Les consciences s’éveillent mais c’est bel et bien d’un changement de modèle de société – de la fin d’un monde ? – dont il est question. Les politiques ne sont pas les seules concernées, le changement doit aussi se faire auprès de la société civile, des entreprises et des acteurs locaux ! Les résistances au changement ne sont pourtant pas à négliger, entre lobbyistes et intérêts de court terme.

La question est aussi celle de la gouvernance et de l’articulation des décisions entre le national et le local. Le cas concret des dérogations préfectorales pour autoriser la pêche au chalut dans la bande des 3 milles dans le Bassin d’Arcachon est pointé. Alors qu’Ifremer a formulé à plusieurs reprises des avis défavorables sur la pêche dérogatoire au chalut dans les 3 milles – « des études scientifiques montrant que les eaux côtières constituent des zones où se concentrent les stades juvéniles de nombreuses espèces, et que ces zones sont des écosystèmes fragiles et indispensables au renouvellement des ressources halieutiques » -, les dérogations se poursuivent depuis 23 ans !

Pour finir sur une note constructive, le Plan Biodiversité porté par notre désormais ex-Ministre de l’Écologie et de la Transition écologique et solidaire, M. Nicolas Hulot, affiche une ambition plutôt haute. Articulé autour de 6 axes thématiques, le Plan Biodiversité prévoit notamment le « zéro plastique rejeté dans l’océan d’ici à 2025 », des actions fortes pour lutter contre l’étalement urbain, des aides aux agriculteurs pour la mise en place d’actions de protection de la biodiversité et la création l’an prochain du 11ème Parc National des Forêts, entre Champagne et Bourgogne.

Eclectype #44 – La playlist bordelaise – septembre 2018

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Rendez-vous mensuel pour découvrir de nouveaux artistes issus de la scène bordelaise tout en redécouvrant des pépites locales bien de chez nous, enfouies parfois dans les bas-fonds des internets. Sans trier, on sélectionne de manière éclectique dans cette playlist des univers parfois très différents, du rock psyché à la house en passant par le hip hop ou la musique de chambre, toujours dans une démarche de promotion de la création émergente à Bordeaux.

}

BassBassGâterie – Dis Marco

« Une basse, une batterie, une musique aux rythmes bruts et aux chœurs nonchalants. Ici on ne s’embarrasse pas de superflu, la bitare reste au placard. » La description affichée sur le Bandcamp du duo suffit à expliquer dans les grandes lignes le délire du groupe, plutôt réjouissant au demeurant.

}

DeadWulf – Hola Que Tal


Grosse phase planante sur ce « Hola Que Tal » de DeadWulf, dont on attend le premier EP courant 2018. A suivre, donc.

}

MCRKSM SPHR #21 – Hirschmann }

A la tête du média et collectif Eclipse, Hirschmann signe le vingt-et-unième podcast d’un autre acteur de la scène bordelaise, Microkosm. Ambiance ombragée, cadences ensorcelées et rythmes dépitchés sont au rendez-vous de ce set d’une heure trente pas déplaisant.

}

Gamine – Voilà les anges

Séquence INA nostalgie avec Gamine ; groupe de Bordeaux des années 1980. Souvent cantonné au succès de ce seul titre « Voilà les anges », Gamine a été par la suite réhabilité par des stars de la pop tels qu‘Etienne Daho qui a reconnu dans le groupe une véritable influence avec cette pop rock chantée en Français, teintée de sonorités des années 60.

)

Ouai Stéphane – Ouai (Costello Remix)

Si Ouai Stéphane n’est pas vraiment bordelais, l’auteur du remix de « Ouai », issu du premier EP de ce dernier l’est bien. Tout l’EP de Ouai Stéphane est chaudement recommandé, et cet edit du titre « Ouai » par Costello est chaudement recommandé pour quiconque apprécie les sonorités old school retravaillées.

Sandy Smoke – Eye on U


Groove funky et ambiance calée : le cocktail de Sandy Smoke passe comme une lettre à la poste à toute heure de la journée.

)

Tibia – Cave communion

Quoi de mieux que le « Punk à chatte » formulé sur le bandcamp de Tibia pour appréhender la musique du groupe qui sent bon le garage-grunge-punk du fond des caves bordelaises.

)

Zomaken – Ivan Ooze

Si le rappeur bordelais n’en est pas à son premier coup d’essai, c’est son premier album solo qui vient de sortir le 14 septembre. On y retrouve quelques morceaux déjà connus (dont « Heptapode » avec Jouvence qu’on vous recommandait ici) et surtout beaucoup d’inédits à l’image d' »Ivan Ooze ».
}

Mellow Pillow – Pee

Les gars de Mellow Pillow sortent une vidéo en guise de récap de pas mal de concerts passés par-là, et en laissant présager la sortie d’un album prochainement… Hâte !
}

The Twin Stoners – Troubles


Basé à Capbreton (dans les Landes), The Twin Stoners souffre de « Troubles » aigus ; en témoigne leur rock stoner énervé. Un album est prévu pour septembre 2018 : planquez-vous !

)

Birouette – BNJ Dance Podcast

Pour son deuxième podcast consacré à BNJ Dance, le label lyonnais Blue Night Jungle confie les clés du bail au collectif bordelais Birouette, aperçu entre autre lors de nos 7 ans et à droite à gauche dans divers lieux de Bordeaux. House breakée, chaleur et délire tribal au programme d’un set assez diversifié.

)

D’autres Eclectypes avec d’autres artistes locaux à découvrir :

Les Typiques #07 – L’Extra Théâtre

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Nouveau rendez-vous sur le webzine, avec des cartes blanches offertes à des acteurs culturels bordelais et de la région, qui viennent présenter des photos, vidéos, morceaux et autres œuvres qui composent leur univers esthétique. A travers ces « typiques », ces promoteurs, médias, lieux, restaurants, associations et autres organisations locales présentent ainsi leur identité artistique. Dans ce septième volet, c’est L’Extra Théâtre qui nous livre ses inspirations et son univers. Jeune compagnie de théâtre bordelaise, l’équipe cherche à créer des spectacles qui mobilisent, qui intéressent tous types de publics. Avec une volonté assumée de dialogue et de partage à travers ses créations, l’Extra Théâtre entend rendre le « spectacle vivant… plus vivant ». Pour rendre compte des esthétiques défendues par la compagnie, c’est la comédienne et metteuse en scène Claire Poirson qui s’est prêté à l’exercice. Leur prochaine pièce La Réponse est à découvrir au Théâtre de la Lucarne du 27 au 29 septembre.
)

RIP, de Claire Poirson

« Il s’agit d’un de mes courts-métrages. S’il y a bien un sujet qui rassemble, c’est l’administration française. La « phobie administrative » semble toucher toutes les classes de la population ; c’est pourquoi j’ai choisi ce sujet. »
 

Les ArTistocrates

« Le teaser de la création de notre premier spectacle, Les ArTistocrates, qui sera repris les 15 et 16 février au théâtre La Lucarne avec : Philippe Crespeau, Catherine Perez, Claire Bergua, Clément Pawliczek, Yann Ar Branov, Jean Cordier, Clément Dubéarn, Clément Corbiat, Etienne Rallion, Marcel Chaton et Chiara Gaso-Cochet. Il s’agit d’une comédie-ballet construite sur un canevas typique du XVIIème siècle. Je me suis beaucoup inspirée de Molière pour l’écriture, il y a beaucoup de clins d’œil. C’est une pièce assez baroque, colorée, mobilisant beaucoup d’artistes aux profils très variés (des comédiens venant du seul en scène, du Vaudeville, du théâtre classique, du cinéma…). Nous nous situons, de manière globale, dans une esthétique plutôt baroque. »

À noter que Jan Caplin, habituellement présent dans la distribution des ArTistocrates, ne sera pas parmi eux en février.
}

Métro, Bourreau, Dodo

« Mon premier court-métrage. Philippe Crespeau (le gouverneur) et Yann Ar Branov (le condamné), qui sont tous deux comédiens dans Les ArTistocrates et La Réponse, et Clément Dubéarn (le colonel), comédien dans Les ArTistocrates, se retrouvent devant la caméra d’Etienne Rallion, comédien dans Les ArTistocrates et régisseur lumières dans La Réponse. Il y a un véritable noyau dur dans la troupe, des gens qu’on retrouve de projet en projet. Ce court-métrage étant mon premier, je ne lui ai jamais fait de sortie officielle et peu de gens l’ont vu. »

Une entrevue de Pierre Barillet

« On en arrive au cœur de l’actualité de la troupe. L’an dernier, j’ai eu l’occasion de rencontrer Pierre Barillet dans le cadre d’une entrevue et de l’écriture d’un article (pour la revue Loxias) et j’ai découvert ce très bel univers. Pierre Barillet a écrit de nombreuses comédies (à quatre mains, avec Jean-Pierre Grédy). Plus récemment, il a écrit quelques drames, dont La Réponse, parue en 2013, et dont nous allons assurer la création les 27, 28 et 29 septembre au Théâtre la Lucarne. »
 

Charles Trenet – Coin De Rue

« Parce que La Réponse, que nous préparons pour septembre prochain, est une pièce élégiaque, sombre mais poétique. C’est l’histoire d’une tentative de dialogue intergénérationnel, entre un jeune étudiant (interprété par Yann Ar Branov) et un critique musical d’une soixantaine d’années (Philippe Crespeau). L’ensemble de la pièce se passe à une terrasse de café. L’un rêve du Montmartre de sa jeunesse, qu’il idéalise, et l’autre découvre les plaisirs et les déplaisirs de la vie étudiante. Cette chanson est assez dans le ton. C’est aussi un clin d’œil à l’auteur, qui était un ami de Charles Trénet. »

 )

Teaser « Le Fleuve » de Yann Ar Branov

« Parce que Yann Ar Branov n’est pas seulement un comédien de la troupe. Il s’occupe aussi de l’infographie et des compositions musicales. Son travail m’intéresse beaucoup car il recherche des ambiances, des « tonalités ». Dans « Le Fleuve », il réalise et compose. Philippe Crespeau tient le premier rôle de ce court-métrage dramatique qui, soit dit en passant, cherche des lieux de diffusion… »
)

Premier visuel de La Réponse

« Il s’agit du premier visuel de La Réponse, bien avant l’élaboration de l’affiche actuelle. J’aime trouver des synergies entre les arts et je pense que le dessin, la peinture, la sculpture, ne peuvent qu’agrémenter notre travail. Marie-Christine Poirson (ma mère) est notre fournisseuse officielle de peintures et dessins. Dans La Réponse, pièce dont la partie émergée se situe dans un Paris idéalisé, édulcoré (le Paris de Minuit à Paris de Woody Allen), l’importance des dessins est primordiale : les décors ont le style du « croqueur de portrait de Montmartre » qui contraste avec les choix musicaux, plus élégiaques. Le logo de la structure a été conçu par Yann Ar Branov à partir d’un dessin de Marie-Christine Poirson et les œuvres d’art des ArTistocrates, visibles dans le teaser ci-dessus, ont toutes (peintures et sculptures) été conçues par Julien Renard, étudiant en arts plastiques. »
 )

Au cœur de l’urgence Climaxtique

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

On vous l’avait dit, cette année le Festival Climax, pour cette quatrième édition, a mis l’accent sur le combat qu’il mène dans la réflexion sur les enjeux climatiques et environnementaux, surtout dans une ère où les besoins climatiques sont de plus en plus importants. Évidemment, comme chaque année, le festival nous permet aussi de bénéficier de la présence d’artistes divers et variés. Ça avait lieu du 6 au 9 Septembre, Le Type était présent : on vous raconte tout.

Crédit photo : Astrid Lagougine

Cette année, le Climax était moins dispatché entre le Rocher de Palmer et la caserne Niel ; la majeure partie de la programmation s’est déroulée à la Caserne. La manifestation ne s’est déroulée au Rocher que lors de la première journée du festival pour les conférences et les concerts du rappeur Médine, épaulé en première partie par les rappeurs bordelais Guezess et Fayçal. Tout le reste du festival s’est déroulé à la caserne Niel, qui était séparée en plusieurs scènes, permettant ainsi d’avoir le choix parmi plusieurs artistes différents. Il y avait une scène au niveau du Gorille, une autre au niveau du skatepark, une scène gérée par un dj set de Radio Nova, et une scène au niveau du chalet. Cette deuxième soirée nous a permis de (re)découvrir des groupes électro-pop tels que Kid Francescoli, mais également le groupe bordelais Camel Power Club qui a mis le feu en début de soirée. La soirée s’est terminé avec la présence du fameux Quentin Dupieux aka Mr Oizo.

La journée du samedi est celle qui nous a le plus marquée. C’est lors de cette journée qu’a été diffusé le film sur Jane Goodall, marraine du festival cette année, nous montrant ainsi son combat pour préserver notre environnement et en quoi elle est une source d’inspiration pour le projet dans lequel le Climax s’est lancé. Cette journée du 8 septembre fut marquée également par l’absence de Hamza qui s’est excusé de n’avoir pu être là. Cela n’a pas empêché que ça soit une soirée particulièrement excitante : effectivement, tout était fait pour qu’on puisse passer une belle soirée. On avait donc en « entrée » Jane Added qui mettait le feu au niveau de la scène Skate park, avec des sons tel que « Back to Summer », « Look at them », ou encore « Both side ». Puis, en plat principal nous avions eu droit à un show d’une performance inouïe, le rappeur Denzel Curry sur la scène Gorille, venu faire monter notre cardio en déchaînant la foule avec des sons tels que son fameux « Ultimate », ou encore « ULT ». Après avoir bien dégusté entre pogos and Banger, on pouvait profiter d’un dessert façon radio Nova avec un DJ set de qualité. La cerise sur le gâteau fut apporté par Etienne de Crécy qui nous a régalé pour venir clore la programmation musicale du Festival. Le Climax s’est conclu par des conférences concernant la question migratoire notamment, mais également l’impact de la crise écologique sur l’espèce humaine.

Le Climax est un projet qui s’est donné pour responsabilité d’éveiller les consciences sur la question climatique afin de comprendre les enjeux et l’impact que ça a sur notre société, mais aussi de nous rappeler qu’il est important de collaborer afin d’améliorer la situation. C’est dans cette démarche que le Festival nous régale depuis 2015 et cette année ce fut encore une réussite.

         

Roscella Bay, une quatrième édition qui prend le large

dans MUSIQUE

Fort du succès de ses trois premières éditions, le Roscella Bay festival réitère son exercice de style du 20 au 23 septembre prochain, avec une programmation toujours aussi pointue, variée et une aire de jeu revisitée, plus arborée, les pieds dans l’eau.

Cette année, ce n’est plus la friche industrielle du Gabut mais le chenal menant au Vieux Port de la Rochelle (site de 4000 m2) qui va se retrouver envahie par le groove de MCDE, déjà présent lors de la première édition, ou encore des sélectas qualitatives de Mad Rey et Simo Cell. Cette année il y aura deux soirées d’ouverture ; une le jeudi sur le France 1, un mythique navire météorologique classé avec une ribambelle d’artistes locaux, et une autre le vendredi qui sera comme à son habitude gratuite mais sur invitation ; on aura l’occasion de pogoter comme il se doit sur les phases des suisses Makala, Di-meh et SLIMKA sous leur blaze XTREM Tour. Présent aussi ; ISHA, prêt à lâcher de gros bangers. Les jours suivants, le système son oscillera entre la house de Levon Vincent, la musique world de Nu Guinea, la new wave de DMX Krew et plein d’autres artistes de talent.

A noter également comme nouveauté cette année l’inauguration des Croisières Roscella. Elles sont au nombre quatre, se dérouleront les après-midis des samedi-dimanche et seront l’occasion d’aller serrer la main à Passepartout au fort Boyard ! Les places sont limitées, donc soyez prévoyants. Au-delà d’une programmation très riche et innovante qui gravite entre musiques électroniques et black music, le Roscella Bay se démarque par sa démarche éco-responsable (en visant notamment l’objectif zéro déchets par festivaliers) et son envie de vouloir mettre en avant certains créateurs de talents. Une quatrième édition qui s’annonce déjà très alléchante sur le papier, et à laquelle on participera à cœur joie !

Écho à Venir : en immersion de Montréal à Bordeaux

dans ANNONCES/ÉVÉNEMENTS/MUSIQUE

Toujours organisé par l’association bordelaise Organ’Phantom, le festival d’arts visuels et de musiques électroniques Écho à Venir revient pour sa septième édition et mettra cette année à l’honneur nos confrères québécois de Montréal ainsi que la scène électronique locale. 4 jours mêlant immersions audiovisuelles, lives, dj sets, et ateliers au cœur de Bordeaux.

C’est sur la placette de Munich – ce petit coin ajouré à la Place des Quinconces d’habitude prisé des touristes et autres événements populaires bordelais – que nous pourrons découvrir une septième édition qui réserve une surprise de taille :  deux dômes accessibles au public d’un peu moins d’une vingtaine de mètres de diamètre. Ici c’est bien plus qu’un concept qui est proposé, il est question d’une réelle et totale immersion à 360°, où la musique sera mariée à des projections visuelles uniques, issues de la résidence en collaboration avec SAT (Société des arts technologiques de Montréal). Mettre en avant la scène canadienne et européenne, innover et proposer le futur des lives de demain, telle est la volonté de ce projet qui se déclinera en 3 performances uniques, avec pour le Dôme A/V :

INTERPOLATE (jeudi 20 septembre)

Crédit : Sébastien Roy

Alliance des musiciens Push 1 Stop et Woulg qui repousseront les limites de la représentation audiovisuelle en confrontant la musique à l’image, et l’image à la musique. Une interaction totale pour donner une matière physique à la musique. Ils seront suivis par le duo bordelais d’electronica Look For Device qui viennent de sortir un nouvel EP.

ORBITS (vendredi 21)

Crédit : Sébastien Roy

Projet du musicien et producteur David Gardener (Dems) venu du label Ninja Tune, il officiera sous son nouveau pseudo Montreal Life Support. Il sera aussi ici question d’immersion à 360° où le londonien promet un live qui risque, à juste titre, de nous satelliser… Le bordelais Vacant Expression sera aussi de la partie pour un vertigineux voyage entre techno, ambient et expérimentale.

ALTER ITEM (samedi 22)

La djette et productrice montréalaise Debbie Døe et l’artiste visuel bordelais Pablo Gracias s’associent ici sur un projet ambitieux. Une pièce créée cette année à Montréal, traitant de l’homme et du numérique. Déformation des images, de la matière, il s’agit ici d’une création originale et d’une belle alliance entre les deux villes. Les bordelais Martin Mestres et Hieros Gamos se chargeront de nos oreilles et nos yeux avec techno et Vjing au programme…

Sur les 4 jours du festival le Dôme « bar Dj set » proposera une programmation gratuite et 100 % bordelaise avec Fruckie du label bordelais We Fine Aura 1Pierre Gewohnheit, ou encore Täz, figure connue des teufs bordelaises. Le Type sera donc présent pour ce festival qui promet de folles et réelles expériences sensorielles, visuelles et auditives !

La teuf utile et solidaire de MUSART

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Acteur de la scène bordelaise et au-delà, le collectif et label MUSART s’embarque dans une nouvelle aventure avec un concept de fête à dimension sociale et solidaire. Une première soirée au Redgate le jeudi 13 septembre posera les jalons de ce nouveau projet.

Crédit photo : Luc de la Photographie

Depuis bientôt trois ans, l’équipe de MUSART propose, à l’instar de nombreux autres collectifs et promoteurs à Bordeaux et en France, des soirées aux line up électroniques, sur des esthétiques oscillant entre house et techno. La partie label du projet vise quant à elle à soutenir des artistes émergents, et de leur offrir une plateforme de promotion. Le crew a la particularité d’investir également le domaine du textile, avec une ligne de vêtement à l’image du collectif, dans une « démarche créative ». Nous avons d’ailleurs rencontré les personnes derrière le projet qui nous avaient présenté leur univers (à lire ici). Par ailleurs, MUSART prépare la refonte de son identité visuelle, avec la volonté de se positionner comme un label innovant sur le plan musical mais aussi graphique.

Une soirée sous le signe de la solidarité

En plus de ces multiples casquettes, le collectif s’apprête à expérimenter un nouveau concept de soirée. Le jeudi 13 septembre, au Redgate, MUSART proposera en effet au public de se présenter à l’entrée du club muni d’un t-shirt (en bon état, prêt à être offert) en échange d’une réduction de 50 % sur le billet d’entrée. L’objectif derrière est de récolter l’ensemble des vêtements pour les reverser à une association caritative qui vient en aide aux plus démunis. Par ce biais, MUSART joint parfaitement l’utile et l’agréable, et donne une dimension sociale à la teuf, trop souvent éloignée de ce type de considération. L’équipe du label souhaite ainsi éveiller les consciences et pousser les acteurs culturels à inclure ce genre de préoccupation dans leurs propres organisations. L’idée derrière est également de préparer le terrain pour le festival que concocte MUSART : Solifest (dont une première édition aurait dû se tenir l’an passé).

Conférence : Dupond-Moretti : Y a-t-il des indéfendables ?

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Le titre de la conf’ est plutôt alléchant. Il ouvre une question « on ne peut plus d’actualité », pour une société comme la nôtre qui tente – tant bien que mal d’apprendre à vivre avec des actes terroristes devenus répétés. Certes, la question (ni son intérêt d’ailleurs) ne se réduit pas à la seule question du terrorisme. Pour autant, elle résonne dans les esprits de manière particulière, dans le contexte qui est désormais devenu le nôtre depuis quelques années. La question reste donc ouverte, les non-dits planent, mais l’assistance est d’abord et surtout enchantée d’avoir pu décrocher sa place et d’être là pour assister à une démonstration du Maître. Moi la première…! La salle est comble.

Crédit photo : vanityfair.fr

Alors la réponse est « non »…

Tel le Roi des animaux, Maître Dupond-Moretti possède un charisme et une aura que chacun peut percevoir dès son entrée en scène. La carrure, la voix, le regard, la vivacité d’esprit… Nous avons bel et bien affaire à un maestro, et pas seulement à un advocatus chevronné, « prêteur de voix » ! D’ailleurs, les compliments pleuvent dès son arrivée et l’homme est entouré et présenté par des soutiens manifestement conquis.

La conférence commence par la présentation de l’homme, de ses motivations pour ce métier apparemment inscrites dans une histoire familiale douloureuse, qui a fait naître tôt chez Me Dupond-Moretti un sens aigu de la justice et une véritable vocation pour le métier d’avocat. Le format de la conférence étonne un peu par la suite, où l’on interroge plutôt longuement le Maître sur ce « qu’est d’être un bon avocat », sur l’essence du métier… une petite présentation de son dernier livre est aussi faite.

« Bon d’accord, mais c’est quand qu’on traite de la question du jour ? »

Et puis, au détour d’un exposé sur le métier d’avocat, de l’importance d’aller où c’est difficile, parfois seul contre tous, du rapport aux magistrats, de la question de la suppression ou pas de l’ENM, de la place des médias, du populisme et même des végans… la réponse tombe : notre système de justice et de défense est un rempart contre le totalitarisme et les extrêmes. Personne (en dehors de celui qui refuse la justice et sa propre défense), n’est indéfendable. Ne pas reconnaître ce droit à une personne reviendrait ainsi à requestionner les fondamentaux de notre société, et ceux qui cherchent à la faire vaciller auraient alors gagné ! Me Dupond-Moretti rappelle d’ailleurs un autre fondamental : défendre un prévenu n’est pas épouser sa cause.

Bon, c’était bien, mais…

Au final, je crois qu’on a tous bien compris le message et ses nuances. Je repars néanmoins un peu frustrée et donc, sur ma faim (je ne suis pas seule semble-t-il). Le sujet, à vrai dire un peu noyé au milieu d’autres considérations et du personnage central aurait sans doute mérité d’être recentré et développé. Plus d’échanges avec la salle sur le thème auraient aussi sûrement permis d’exprimer toutes les sensibilités et de monter en puissance sur la question du jour. Reste que Me Dupont-Moretti est un personnage fort impressionnant, à l’esprit libre et la parole directe… Ça fait aussi du bien. Parole de végan !

L’humour tranchant de Polina Vichniakoff

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES

Armée de son humour et de son joli coup de crayon Polina Vichniakoff nous fait rire et nous étonne à chacune de ses illustrations. Un monde guidé par le sarcasme, où boire des coups et parler des tracas du quotidien avec franc-parler et des métaphores que l’on oserait employer dans la « vraie vie » sont les mots d’ordre. Cet univers a séduit Le Type, c’est pourquoi il a décidé de partir à la rencontre de cette illustratrice pleine de vie à l’esprit piquant !
)

Le Type : Salut Pauline ! Alors, raconte-nous un peu : comment cette aventure a commencé ?

Pauline : Au début j’ai commencé à dessiner des robes, un peu comme toutes petites filles. Et puis, à l’école, j’ai fait de l’art plastique, ce qui m’a permis de me rendre compte que le dessin était vraiment un truc qui me bottait, qui me permettait de m’évader. Du coup je suis partie directement dans le graphisme. J’ai donc fait 7 ans de graphisme et de web avant de m’apercevoir au fur et à mesure des expériences que ça ne me plaisait pas, qu’il me manquait un truc. Alors je suis partie dans complètement autre chose : je suis allée dans un château. J’ai ainsi fait 3 ans dans les vignes et je me suis intéressée au vin.

Au début j’en ai fait des petites illustrations pour rigoler sur Instagram, et finalement mes potes m’ont poussée en me disant « continue, c’est trop bien, ça fait rire ! », et au bout de 3 ans je me suis dit que j’allais quitter les vignes et me barrer à Bordeaux pour me mettre à mon compte en tant qu’illustratrice. C’est comme cela que j’ai ouvert mon compte en octobre.

Peux-tu nous dire qui est cette petite nana dans tes illustrations ?

C’est mon petit personnage diabolique, celui qui me permet d’évacuer. Pour illustrer mes billets d’humeur, j’ai décidé de créer un mini moi, et ce dernier s’appelle Polina. Il est un peu plus vulgaire que je ne le serais, il ose parler et dire des choses que l’on oserait pas forcément exprimer dans le quotidien. Je pense que beaucoup de personnes se retrouvent là dedans, il est vrai que ces illustrations sont des sortes de petits coups de gueule. Tout ce qu’il me passe par la tête, j’en fais un billet d’humeur. Souvent je parle des mes sorties avec les gens qui me font rire, des situations que je peux vivre…

Je pense que ça permet de faire rire les gens et d’oublier un peu parfois ce qui n’est pas forcément agréable dans la vie de tous les jours. Ces illustrations permettent en quelques sortes de sublimer tous les trucs de merde que l’on vit au quotidien. Ça fait rire et ça permet de se dire « Putain ouais, on n’est pas tout seul ! ». Et que ce soit les filles ou les mecs, souvent on m’envoie des messages et c’est assez cool !

 


Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer ?

C’est un besoin de m’exprimer. J’ai deux qualités en fait : le dessin et l’humour, et j’ai voulu en faire profiter les gens.

Est-ce que tu peux nous parler un peu de tes projets ?

Ma prochaine expo sera sur les enfants au bistrot des fromagers. J’avais envie de faire cette expo parce que je me suis dit que le vin c’était bien pour me faire connaître, mais je trouve qu’il y a d’autres sujets qui sont drôles, et notamment les enfants. C’est quelque chose sur lequel tout le monde se reconnait je pense, autant les mamans que les grands ados ou les jeunes adultes… Et puis on en voit tous les jours, c’est marrant les enfants, c’est marrant à bizuter (rire). Il y a aussi une exposition que je vais faire à l’Iboat en collaboration avec Miléna Delorme (photographe du Type, ndlr). Et puis j’ai d’autres projets aussi d’autres thèmes. Le prochain sera celui du sport : les rugbymans, les sportifs, les footeux… Je pense qu’ils vont s’en prendre plein la gueule. Gentiment hein, ça reste toujours gentil !

Les coloc’ aussi, je pense que je vais également me pencher sur le sujet de l’amour. Je change au fur et à mesure, environ tous les 6 mois, histoire d’être dans l’actualité. Pour l’instant je n’ai pas envie de faire de bandes dessinées. Peut-être que ça viendra. Je n’ai pas encore d’éditeur parce que je me suis mise à mon compte très récemment, comme je le disais.

Y a-t-il des collaborations que tu aimerais faire avec d’autres artistes ?

Pour le moment je n’ai pas vraiment eu de contact avec d’autres artistes. Je suis quelques artistes sur Bordeaux mais… oui, pourquoi pas ! C’est vrai que pour l’instant je me la joue un peu perso et tout, histoire de me faire connaitre. Mais rencontrer du monde, avoir des contacts avec d’autres gens aussi ça me fait plaisir. Donc oui, des collaborations, pourquoi pas ! J’ai écrit à des magazines de presse féminine mais pour l’instant je n’ai pas de réponse, j’aimerais bien, ce serait cool.

Où est-ce qu’on peut retrouver tes illustrations ?

On peut me retrouver sur Instagram et sur Facebook. Pour l’instant je n’ai pas de site, mais je vais en faire un. Ça me paraît important parce qu’il y a plein de personnes qui n’ont ni Instagram ni Facebook.

Avec quels outils travailles-tu ? Tablette graphique, iPad…?

Je travaille au doigt sur l’iPad 4. Je n’arrive pas à travailler avec les stylets, ni avec la tablette graphique. Pourtant j’en ai une avec l’ordinateur, mais moi j’adore mon iPad, être dans mon canapé, me mettre à dessiner avec mon doigt, comme un enfant.

Ton « personnage diabolique » à l’air d’être une bonne vivante, on a donc plein de questions à poser à cette petite bordelaise !
Quel est son café préféré ?

Chez Fred

Quel est son Bar préféré ?

Le Café Brun

Une expo qui l’a marquée ?

La dernière expo de la base sous-marine

Son bouquin de chevet ?

J’ai beaucoup de bouquins d’art. Et je suis vraiment fan de Caravage.

Si elle devait citer un film ?

Stand by me.

Une phrase/un proverbe ?

Apéro !

Merci Pauline d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

Retrouvez-la :

 

Report photos de nos 7 ans chez PIP

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Retour en images sur notre anniversaire fêté dignement le 24 août dernier à la maison PIP. L’événement a été l’occasion de célébrer celles et ceux qui font la scène culturelle locale actuelle et de se rencontrer, mettre des visages sur ce cher Type qu’on lit mais qu’on ne connaît pas forcément. Un bon nombre de types du webzine étaient réunis, aux côtés d’artistes qui nous ont régalé. Du groove imparable du collectif Les Amplitudes en passant par le hip hop survolté du WL Crew, le rock garage pas plus sage de Colt ou la house bien punchy de Birouette, la diversité et la qualité des propositions artistiques étaient au rendez-vous. Une exposition « L’oeil du Type », sorte de rétrospective du très bon travail effectué par les photographes du projet, s’offrait également au public, de la même façon qu’une tombola a ponctué l’événement. Nous remercions l’ensemble des partenaires qui nous ont soutenu (albaromerojabugo.com, Cancan, ALL SIMILAR, Chicho Bordeaux, Climax Festival, Revue Far Ouest, Atelier Amelot, FAUX, Parad’ice roll, La Tangente Label, le coq sportif, CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, Banzaï Lab, Musart Concept Label, Blooming Bordeaux, Le Protocole Bordeaux) et surtout PIP de nous avoir ouverts les portes de leur magnifique jardin. À la prochaine !

Crédits photos : Astrid Lagougine & Juliette Miglierina-Hardy

     

 

Le Climax, festival hyper-responsable

dans ART ET CRÉATION/DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Pour sa quatrième édition du 6 au 9 septembre à Darwin et au Rocher de Palmer, le Climax Festival renforce son propos et son engagement sur les sujets environnementaux tout en maintenant un cap artistique très ouvert. Quatre jours de fête, de concerts, de discussions, de conférences et de réflexion collective particulièrement bienvenus à l’heure où l’urgence climatique et le besoin de se rassembler se font de plus en plus ressentir.

Un festival responsable et engagé

Manifestation culturelle hybride, le Climax Festival propose depuis 2015 une expérience forte à son public ; faire la fête, profiter de concerts, certes, mais au-delà, l’événement s’inscrit dans un cadre plus global de réflexion sur les enjeux climatiques et environnementaux. Chaque édition est l’occasion de passer un cap supplémentaire dans la dimension écologique du projet. En 2016 c’est par exemple le lancement du « Darwin alert » en marge du festival, avec 20 ONG qui s’engagent à interroger le personnel politique français sur la question des énergies fossiles. Cette année encore, le festival vise une organisation à l’empreinte climatique la plus faible possible et continue son travail de réflexion.

« La culture pour changer le monde »

En plus de son engagement sur ces questions, le festival propose en effet aussi des conférences, discussions, tables rondes en vue d’échanger sur ces thématiques. Avec des invités de marque tel qu’Edgar Morin ou l’ancienne ministre de l’écologie Cécile Duflot, cette partie du festival promet de passionnants échanges et un fort « éveil des consciences ». L’anthropocène, les migrations, le braconnage, la surpêche, l’urbanisme ou les phénomène migratoire sont autant de sujets qui y seront débattus. La question des réfugiés est par ailleurs une préoccupation majeure pour le festival puisque, avec le soutien d’Emmaüs France, Climax met en place un « devoir de fraternité » avec la reconversion des loges des artistes en village d’accueil d’urgence.

30 heures de musique, 40 concerts

Côté musique, le festival continue son exploration de différents courants musicaux, donnant à cette manifestation un caractère très ouvert artistiquement. On retrouvera notamment la très versatile Jeanne Added, aux côtés d’artistes plus électroniques tels que Mr Oizo (aka Quentin Dupieux, auteur du récent Au Poste) ou Etienne de Crecy pour un dj set de derrière les fagots (on garde en mémoire sa belle prestation lors de la première édition du festival). Le groupe Rendez Vous et son post-punk énervé seront aussi de la partie, de même que plusieurs artistes orientés hip hop tels que Médine ou Hamza. Une programmation assez diversifiée qui fait la part belle à de multiples esthétiques, qu’on pourra écouter et (re)découvrir à Darwin ainsi qu’au Rocher de Palmer.

Retourner là haut