L’amour dure 3 jours… à Biarritz en été


« Je rêve de Biarritz en été… » Il faut dire que la référence est aisée. Le ciel bleu si bien capricieux a hésité avant de nous épouser. Je vois les filles troquer leurs sandales pour des bottes embouées. Je rêve, VRAIMENT de Biarritz en été.

Crédit photo et texte : Miléna Delorme & Juliette Miglierina-Hardy

Nous avons passé 48 heures près de l’océan – enfin entre coupés d’aller-retour sportifs entre Biarritz et Bordeaux. Ce nouveau format qui se veut être l’évolution du Big Festival prend place dans la Cité de l’Océan. Niché entre les vagues et la ville, le festival jouit d’un cadre côtier. L’architecture de la Cité séduit tout autant que la programmation qu’elle abrite. Le festival sait jouer sur les nuances. Mélangeant les styles musicaux, il offre à son public un éventail de choix séduisant pour public averti. Retour sur cette première édition.

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JOUR 1 – Je sens la froideur de l’été

J’ai toujours aimé Biarritz. Son atmosphère si particulière. Elle me fait penser à la côte d’Azur avec l’océan pour horizon. Fraîchement arrivée – littéralement, il fait 18 degrés et la pluie menace – j’entreprends de me familiariser avec le village Milady. Des activités sont proposées pour distraire les festivaliers. On peut s’étirer le corps et saluer le soleil avec du Yoga, suivre des conférences sur le lien entre surf et musique, et en appendre plus sur les océans avec Surfrider Foundation Europe et Du Flocon à la Vague. Le tout est gratuit. Une belle façon de patienter avant l’ouverture du site. Je décide de me balader sur la plage en contrebas quand soudain la pluie surgit. Violente et cinglante. SU-PER. En bonne photographe du dimanche, je n’ai rien pour protéger mon appareil photo, hormis le super k-way que j’enroule autour de mon corps telle une couverture de survie. Je suis donc une masse informe sous un k-way. J’avance ainsi pour rencontrer L’Impératrice. ENFIN. Tant de rendez-vous manqué entre nous. Cet entre-deux mouillé me ravit – report de l’interview bientôt – Toute émerveillée par la douceur et l’accessibilité de cette Impératrice, je ressors du coin presse souriante en oubliant que je n’ai pas encore récupéré mes bracelets laissez-passer. Ce que security man ne loupe pas de me faire comprendre en chantonnant un « pas de bracelet, pas d’accès. Demi-tour ». Je boude, je râle mais j’obéis. Je repars donc au village Milady – qui a fermé pour cause de pluie – je me retrouve à errer entre l’herbe mouillée et le sable dans mes chaussures.

18h30 – Sésame ouvre toi

La pluie a retardé l’ouverture du site. Deux concerts ont été annulés. On débute avec le concert de Belako – que je n’ai pas vu (car oui scoop, on ne peut pas être partout). Je repasse devant security man avec tous mes bracelets, fier comme un coq, lui il m’a déjà oublié mais moi j’ai le triomphe facile.

Il y a des avantages, il faut le dire à faire partie de la presse. Une place à la Villa Schweppes, des cocktails délicieux entourés de gens souriants et célèbres. On a croisé Beigbeder scotché sur son portable, Angèle les cheveux mouillés dansant avec son Léo, on a chuchoté notre admiration à Agar Agar et on a bien observé le dos de Lomepal.

19h05 – Bruxelles – ou Brussels – arrive. Caballero et Jeanjass nous expliquent comment avoir un comportement de chef. Ils mettent beaucoup de respect sur nos noms. C’est cool car j’ai toujours mon k-way. Le respect sur le k-way c’est bien. Mon appareil photo comme seul compagnon, je profite du concert derrière l’objectif.

À peine, les Belges finissent que les notes de l’Impératrice se font entendre. L’enchaînement des concerts est bien rodé. Chose rare, il n’y a aucune restriction photos pour L’Impératrice. L’amour est dans les petites choses. Je peux donc profiter à loisir de ce moment intime. Lorsque vous êtes dans le crash barrière – endroit entre la scène et le public, souvent occupé par des security man – le temps s’arrête quelque peu. Vous êtes proches de vos artistes, vous les regardez se mouvoir sur scène, chacun dans son élément. Eux, derrière un micro, vous, derrière un objectif. Et pourtant, rien n’est caché, toutes les émotions sont décuplées. Vous avez l’occasion de les capturer d’une belle manière. C’est une drogue, je vous assure, on écrira bientôt des livres sur l’amour du crash barrière.

Le temps défile, sous l’agitation tropicale je suis contrainte de quitter cette oasis biarriot pour retourner à Bordeaux. Je loupe donc, Juliette Armanet – à la folie je serre ma frustration contre mon k-way – Rejjie Snow, Eddy De Pretto (que j’avais également loupé au Garorock – faut peut-être y voir un signe), The Black Madonna et Daniel Avery. En gros je loupe les trois quarts de la programmation du vendredi. Il est vrai qu’il est quelque peu compliqué de se loger sur Biarritz. Enfin, compliqué, j’entends par là que je ne souhaite pas y laisser mon PEL. Le festival ne propose pas d’hébergement classique comme peut le proposer un festival lambda. Il faut, au choix, louer un airbnb, un emplacement au camping de la ville (pour la modique somme de 137 euros pour 4 jours pour planter une tente ; une tente) ou dormir chez des amies, dans sa voiture, sur son vélo. N’ayant ni l’un ni les autres, j’ai dû rentrer dans mon appartement. À Bordeaux. Je tiens tout de même à remercier les transports en commun, très efficace, reliant Biarritz à Bayonne qui m’ont permis de choper mon covoiturage à l’heure. Et surtout, énorme put yours hand in the air au chauffeur de la navette reliant le site du festival au centre de Bayonne qui au bout de 10 minutes de route hurle « OLALALALALA MAIS JE ME SUIS TROMPÉ DE ROUTE LA. Je repars à Biarritz. Désolé hein, je ne suis pas réveillé ».

JOUR 2 – Soleil, boue et nuit blanche

Un jour seule c’est bien. Mais l’océan à plusieurs, c’est mieux. Deux filles pour le prix de deux. On commence alors le périple : Bordeaux-Biarritz. C’est long. En voiture, le covoiturage de l’enfer. Armée de beaucoup de patience, jamais le festival n’avait été aussi près et pourtant si loin. L’heure défile, Angèle passe à 19h10 et à 18h30 nous sommes toujours prises au piège des transports en commun. 18h55, nos pas pressés pénètrent l’enceinte du festival se frayant un chemin entre boue et k-way (Biarritz sponso k-way). Je hurle à Juliette de peur qu’elle ne m’entende pas dans ma course effrénée de retrouver mon crash barrière « Je fonce on se retrouve plus tard ». Et j’entends « Crie pas, hein. Je suis là ». En effet, elle aussi, elle court. Nos oreilles sont aguichées par une montée de notes argentées. On se dirige vers la scène pour se prendre une pluie de « Thune ». Une série de grimaces assorties d’une énergie communicative, la loutre navigue parmi ses flows. Angèle confirme son statut d’artiste. Jonglant entre son clavier et des déhanchés à la Beyoncé, elle nous enchante. C’est alors tout naturellement que nous reprenons en cœur « La loi de Murphy ».

La voix pleine d’amour, je lance à Juliette « Viens, je vais te présenter mon cocktail préféré. Du Gin, du basilic et de la violette. » Le cocktail de la fille qui n’a pas de baskets au pieds mais des bottes. Le cocktail de la fille qui a compris Biarritz en été. On sirote, on sirote, on papote, on croise les copains de Feather qui sirotent également. Les notes originales et locales du mystérieux Petit Fantôme nous parviennent entre deux gorgées. Juliette me laisse à mon cocktail et file vers le timide mais envoûtant personnage. Elle en parle d’ailleurs mieux que moi. Elle m’explique que grâce à sa musicalité électronique, le musicien est chanteur du groupe François and The Atlas Mountains se dessine petit à petit une place en solo. Il se démarque de ce quintette en y imposant sa jolie marque de fabrique. Elle chantonne « Ici, ici, je me sens bien ». C’est vrai qu’on se sent bien. On ne se connaît que depuis 15h00 et pourtant on ne se lâche plus – instant émotion, tenez un mouchoir.

Perdues dans la file du fish’n’chips, les notes fluettes entrèrent en collision avec la foule. L’heure de la programmation est optimale, les étoiles ne brillent pas encore et pourtant Vladimir nous protège des cauchemars. Pour être honnête, cet hymne entêtant à la flute, sur les ondes ça m’oppressait un peu. MAIS LÀ. LÀ, EN LIVE. Bordel. Même les gosses sont montés sur les tables. On a vécu une illumination collective. Un set extrêmement bien fignolé. Des transitions exquices et une maitrise du lever de bras, on fini de nous séduire. Vladimir où tu iras, on te suivra. Même dans nos pires cauchemars (oui bon ça va, il n’avait qu’à choisir un autre nom de scène).

Après avoir mangé sur l’herbe mouillée, on renaît de nos cendres tel un Phoenix (oui, j’ai bossé mon vocabulaire). L’ambiance est à son apogée. Le sol se met à vibrer au rythme des nombreux battements de pieds. Le public connaît clairement son sujet. Il faut dire que Phoenix, on potasse depuis 1999. Alors, on ne se laisse pas avoir au tournant et on suit chaque note, on reprend chaque souffle et on atterrit sur l’arc-en-ciel en folie. Une bienveillance générale s’empare des festivaliers. On se lance des clins d’oeil lorsque « Lisztomania » résonne. On brille de bonheur « like a riot, like a riot, Oh ! ». On savoure la pop légère et indétrônable de Phoenix.

La nuit englobe à présent la canopée, et c’est sur la douce impression d’un retour de vacances que le duo Polo & Pan montent sur la scène du festival. On plonge dans les fonds marins avec “Aqualand” en remontant tout doucement à la surface avant de s’échouer sur une “Plage Isolée”. Moment merveilleux, les deux compères remix le sifflement « Whistle Stop » du dessin animé Robin des Bois. Autant vous dire que nos cerveaux ont déraillé.

Aussitôt cette comptine finit, Busy P enchaîne. Accompagné de la douce Louise Chen, on embarque pour 2 heures de set. On danse beaucoup mais on Shazam beaucoup aussi. Busy P c’est quand même un peu le patron. La qualité de sa sélection musicale nous ravi. Il finit son b2b sur une version langoureuse du fameux « Sea, sex and sun » de Gainsbourg. Les yeux vers les étoiles, Biarritz devient l’endroit le plus doux de la terre.

Nous n’avons malheureusement pas pu assister au dimanche.

Nos confrère de General Pop posait la question suivante : « Alors, la côte basque, on adhère ou pas ? »

  1. On adhère tout d’abord car, grâce à la boue, on reste pas mal collé au sol,
  2. Une programmation riche et qualitative avec l’océan en horizon. Faut pas être trop compliqué hein,
  3. Une équipe SUPER! et des sourires propres aux gens qui vivent sur la côte.

Merci Biarritz en été. On reviendra l’année prochaine sur la plage aux crustacés. On se débrouillera pour se loger et on prendra des cours de surf. On deviendra pendant l’espace de 3 jours de vrai biarrots.

Amoureusement vôtre.

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