One Trio Orchestra ouvre la saison des lives open air


Il y a quelques jours, le Type a partagé la scène du One Trio Orchestra. Au-delà de l’appétit culturel que nous entretenons ici et qui nous dirige vers des artistes bordelais, c’était également l’occasion de rencontrer deux musiciens venus d’Outre-Atlantique, spécialement invités par Thomas Bonini, pilier du One trio. Nous sommes allés les voir durant deux soirées, l’une au Bistro de la Porte, l’autre chez Les Copains d’Abord. Si la première fut mouvementée de par les conditions climatiques, cela n’a pas empêché les bordelais de s’y attarder. Alors, parlons musique.
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Le Type : Tom, tu es le créateur du One Trio, tu peux nous en parler un peu ?

Thomas Bonini : Ça vient d’un projet monté en 2012 avec Maxime Lacote et Pierre Delaup juste après mon diplôme de la Music Academy International. À la base, nous n’étions que trois. Puis, avec le temps et les envies de chacun, le groupe s’est arrêté et a repris avec un collectif de onze musiciens. Le but étant de proposer une multitude de trio avec des styles biens différents. D’où le « Orchestra ».

En effet, ça produit un répertoire assez riche. Vous basculez du jazz à la country en passant par le hip-hop, comment tu expliques cela ? Il existe des liens entre tous ces genres ?

La richesse du collectif, elle vient justement de la variété de ses membres. Chacun a été choisi pour accompagner ou représenter un style. Et les liens entre les répertoires se font tout autant par leurs membres ! Par exemple, pour le concert au Copains d’Abord, on va commencer par du Blues avec Rémi Plugisi à la guitare et Ulysse Dufour au chant et à la basse. En deuxième partie, guitare et basse vont changer de mains, Ulysse va continuer de chanter et nous entrons dans un répertoire Rock 50’s.

Et tout ça, comment vous arrivez à le mettre en place ? En termes de méthode de travail.

Dix répertoires distincts nécessitent un cadre de travail assez précis, oui. Les membres capables d’assurer plusieurs répertoires sont donc contraints de travailler tout style. En général, les leaders de chaque styles établissent le fil conducteur qui amène les accompagnateurs dans la bonne direction. Il faut comprendre aussi qu’être dans un groupe, c’est être à la hauteur des autres, constamment.

"Être dans un groupe, c'est être à la hauteur des autres, constamment"

Vendredi dernier tu as joué au Bistro de la Porte avec Nehal Abuelata, une chanteuse américaine ; comment l’as tu contacté ? C’est fréquent que tu invites des artistes avec toi ?

Avec Nehal, on a travaillé pendant deux mois ensemble lors de l’été 2014 à Biarritz. C’était dans le cadre d’un groupe d’animations musicales. On a accroché et je la considère comme l’une des meilleures chanteuses avec qui j’ai eu la chance de jouer. Pour ce qui est des invitations, dans l’immédiat rien de prévu mais j’aimerais beaucoup convier des chanteuses bordelaises de temps à autre pour promouvoir leurs talents au sein du collectif.

Avant de discuter un peu avant nos amis américains, j’aimerais te poser une dernière question ; en invitant une chanteuse américaine, d’une certaine façon, tu fais progresser la scène bordelaise. Que penses-tu de celle-ci ?

C’est une question difficile… Comme l’est la vie de musicien, ici ou ailleurs. En revanche, ce qui est intéressant sur Bordeaux c’est que la ville possède les moyens et infrastructures pour permettre à des artistes de s’exprimer. De plus, tu trouves des musiciens de qualité, aux styles variés et à l’implication débordante.

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Nehal, tu nous viens des Etats-Unis, parle nous un peu de toi, de ce qui t’inspire.

Nehal Abuelata : Je m’inspire de la vie elle-même et de tout ce qui m’entoure… De la tristesse, du bonheur, du doute, de toutes les émotions et sensations que j’ai la chance ou le malheur de connaître. Je m’inspire également des musiciens avec qui j’ai le plaisir de jouer (mon groupe aux USA, Sweet HayaH) ainsi que ceux que j’ai l’occasion de voir sur scène… Aux États-Unis autant qu’en France et ailleurs. Je ne saurais trop comment décrire le style qui m’inspire, car j’aime tant de styles différents de musique. J’écoute de tout, mais je dirais qu’en ce moment, Sharon Jones et Susan Tedeschi restent deux de mes chanteuses préférées… parmi tant d’autres.

Nehal Abuelata

As-tu des liens musicaux avec le One Trio Orchestra ?

Mon plus grand lien musical avec One Trio Orchestra est avec Thomas Bonini. C’est un batteur modèle avec qui j’ai eu le privilège de jouer tout un été à Biarritz en 2014. Nous étions ensemble dans un groupe de reprises du nom des Blue Monkeys. Nous avons joué une trentaine de dates ensemble et Tom, avec son charisme, sa gentillesse, sa prouesse technique et son entrain quand il joue autant que dans la vie, est devenu l’un de mes musiciens préférés, ainsi qu’un bon ami cet été là. Si heureuse que nous ayons pu garder le contact, et je me réjouis de rejouer avec lui ainsi que son bassiste des One trio Orchestra, Louis Laville, et mon partenaire dans la vie et en musique, Austin Geiger à la guitare.

Et toi Austin, parle nous un peu de toi également. Tu as été le guitariste ce soir, tu as un groupe aux USA peut être ?

Austin Geiger : Et bien ça fait 4 ans que je n’avais pas été sur scène, donc déjà merci beaucoup pour ce moment avec le One trio, mais aussi première fois sur Bordeaux donc une très belle soirée pour moi. J’avais en effet un groupe aux USA, un groupe de funk et de hip-hop, FOCHO.

Austin Geiger

Comment avez vous-vécu cette soirée ?

Austin : J’ai été vraiment très étonné de voir autant de monde et une si belle ambiance malgré les conditions et cette petite scène en terrasse. Aux USA, un concert comme celui-ci n’aurait pas ramené autant de monde, sous la pluie. Peu de monde se serait arrêté, ne serait ce que pour jeter un coup d’œil.

Nehal : Je partage l’avis d’Austin. Je rajouterai juste qu’ayant déjà fait des concerts avec plus de 6000 personnes je me suis surprise à éprouver le même trac. Bordeaux est un lieu chaleureux et nous avions à cœur de mettre une ambiance tout aussi chaleureuse. Et puis, le truc essentiel en musique pour accrocher le public, c’est avant tout que les musiciens accrochent entre eux.

"Le truc essentiel en musique pour accrocher le public, c'est avant tout que les musiciens accrochent entre eux"

Illustrons enfin ces deux soirées en images, au Bistro de la Porte et celle des Copains d’Abord, merci à eux.

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