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juillet 18, 2017

Interview : La Prune, un groupe west-coast qui transpire le rap sudiste !

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

On vous avez prévenu, La Prune est un groupe de rap à suivre en 2017 ! À peine 6 mois après la sortie d’un premier EP éponyme, Krab, Endé et l’Epicier sont de retour avec Reine Claude, un nouveau cru à consommer sans modération. Pour l’occasion, le Type a rencontré ces trois druides pour une délicieuse interview.

 

La Prune est un groupe tout récent aux yeux du public – le premier morceau est sorti en septembre 2016 – mais il est composé de trois membres aux parcours déjà riche dans l’underground

S’il y a bien une chose qu’on a tous les trois en commun, c’est l’amour de l’inconnu. On a tous arpenté pas mal d’ambiances à travers la musique. L’Epicier, c’était le genre de mec à quitter Toulouse pour s’installer à Londres par amour de la grime. Krab, un touche-à-tout de longue date. Rap, beatmaking, ça sonnait south, dirty south, comme la plupart des vinyles de L’Epicier. Endé, lui c’est le mec un peu plus street qui est tombé sur une mixtape rap us spécial Miami à côté de sa compilation de la Scred. On a mélangé tout ce bordel pendant dix bonnes années, et ça donne un joli petit mélange qu’on a décidé d’appeler La Prune. Quitte à régulièrement se croiser dans l’underground bordelais, autant faire les choses ensemble.

 

C’est comme ça que vous avez formé le groupe ?

On ne s’en rendait pas compte mais la prune, on la buvait déjà ensemble bien avant que le projet naisse. On a pas mal collaboré à travers nos différents projets individuels et il y a une espèce d’esprit famille qui s’est installé. On ne s’en est pas vraiment rendu compte mais on a un peu officialisé cette fraternité un soir autour d’une eau de vie de prune millésimée.

 

Quand on écoute ce que vous faisiez avant, on a l’impression que La Prune marque un tournant musical pour vous, comme une renaissance.

Pour nous, ça reste dans la continuité. En fait, c’est pas qu’on a changé notre musique, on était tous les trois dans des perspectives individuelles avant La Prune. Même si on faisait déjà des morceaux ensembles, on n’a jamais été une seule entité, ça ne donnait pas ce qui a fait La Prune. C’est vraiment le mélange de nos trois univers, et cet héritage commun, nos premiers amours, le dirty south, Memphis, le crunk et la west. Ça fait 10 ans qu’on explore la musique rap et La Prune c’est la consécration de tout ça. Tout ce qu’on a su faire et aime faire, on le met dans un seul produit La Prune.

 

L’EP La Prune, se démarquait déjà par son aspect mature et original. Avec Reine Claude, c’est la qualité du son qui passe un cap. Il est plus homogène, plus “propre”. Qu’est-ce que vous avez changé ?

Sur La Prune, on a exposé ce qu’on savait faire et sur Reine Claude, on a voulu poussé le concept plus loin. La Prune, c’est trois individualités assez fortes dont les univers se rejoignent mais avec beaucoup de différences aussi. On ne savait pas exactement comme ça allait se passer mais l’alchimie qu’on a eue, a permis de faire ressortir l’identité d’un groupe. Maintenant, il n’y a plus de Krab, L’épicier et Endé, c’est La Prune. Sur le premier EP, on est arrivé à trois sur le terrain sans forcément jouer ensemble mais autant dire que pour la deuxième saison on est là pour jouer en équipe. Avec Reine Claude, il y a ce fil rouge qui se dessine et ce fil conducteur amènera encore plus d’homogénéité sur les prochains projets.

 

C’est le son du sud qui vous a réuni ?

La Prune, ça pue le sud. Memphis, Houston, la Three 6 Mafia, Pimp C, DJ Screw… ça fait partie de notre culture, de nos influences.

 

Le rap français a surtout été influencé par le son de New-York au début…

On vit dans un pays où c’est dur de se reconnaître dans une culture country. Parce que c’est bien de country rap dont on parle depuis tout à l’heure. Et en France, surtout à Paris, c’est logique que culturellement on se rapproche de New York.

 

Est-ce que le fait d’être originaire du Sud-Ouest vous a plus rapproché du rap sudiste ?

Oui, c’est une question de message. Là où d’autres se reconnaissent dans le rap new-yorkais, nous pas du tout. Si t’écoutes nos textes, tu remarqueras qu’à aucun moment on se plaint. Ce qu’on a aimé dans ce rap du sud et aussi de la west, c’est l’aspect un peu plus léger, plus chill et beaucoup plus musical. On se reconnaissait moins dans le côté mélancolique ou énervé. Nous, on cherche plus à s’évader.

 

Dans votre rap, il y a quand même cet aspect kickage dans l’esprit boombap. Sur l’EP La Prune, on sent comme une compétition de punchline entre Endé et L’Epicier. Et il y a ces deux vannes sur Maître Gims et PNL.

C’est des blagues, c’est toujours que de l’amour. Pour faire peser les mots faut toujours des images fortes. Quand on est arrivé à trois on était déjà dans une espèce de confrontation entre nous-même, avec ce côté subversif et compétition. Alors que sur Reine Claude, y’a une espèce de sérénité et plus besoin de se comparer.

 

Et ce qui ressort aussi, c’est votre amour pour les jeux de mots et les références improbables.

Les références sorties de nulle part, elles nous tiennent tellement à cœur. On adore ça.

Le morceau « Courcel » par exemple, en référence au cognac…

C’est pas du cognac Courcel, c’est du Courcel ! C’est un morceau qu’on a fait parce qu’on aime bien cette boisson. Quand on a enregistré Reine Claude, on buvait que ça. Courcel, canada dry et citron vert.

 

C’est buvable ?

C’est délicieux ! On a un cocktail par EP. On déjà a trouvé le nouveau pour le prochain projet et il est incroyable : Gin, ginger beer et citron vert.

 

Et vous buvez toujours de la prune ?

C’est pour les grandes occasions ! Pour le mariage de L’Epicier, on a bu de la prune. C’est quelque chose qui nous rapproche.

 

Et vous ne regrettez pas le choix de ce nom de groupe pour le référencement sur Google ?

Si on devait se poser ces questions, on aurait pleins de choses à regretter. Mais heureusement, c’est des questions qu’on ne se pose pas au moment de la production. Et puis il y a certainement beaucoup de gens qui en cherchant de la prune vont tomber sur notre musique et ça c’est un délice ! Mais il faut avouer que c’est un nom qui sort du commun.

 

Avec Reine Claude, vous restez sur le même champ lexical, c’est une variété de prune !

Alors Reine Claude, c’est aussi parce qu’un nom féminin était parfait pour cet EP qui parle beaucoup d’amour et de femmes.

 

Quand vous parlez de femmes, vous parlez de votre femme. C’est un discours assez original dans le rap.

En dix ans de rap, tu fais le tour, plus besoin de parler de putes. Tu peux aussi parler de ta femme, sans faire l’amoureux. Le morceau « FIB », c’était une facette. Bien sûr, tu grossis les traits. C’est des choses qu’on assume. On essaye de donner de la valeur aux choses sans être dans la surenchère. Et c’est plus sincère.

 

Il y a deux autres thèmes qui reviennent dans vos morceaux l’alcool et la ride. C’est le reflet de votre mode de vie ?

C’est totalement ça. On n’est pas là pour revendiquer. On ne fait pas des trucs de dingue. On raconte ce qu’on vie, les choses simples de la vie. On est assez à l’aise avec ce qu’on est et notre mode de vie, ça ressent dans notre musique. On essaye d’apporter du kiff. L’alcool, ça fait partie de la vie. On est des bons vivants, on aime la charcuterie fine, on aime bien boire un coup. On n’est pas trop William Peel, plutôt bonne bouteille de vin. Le côté gourmet de la chose quoi.

 

C’est quoi votre définition de la ride ?

On a découvert la ride avec un pote, Mimosa, qui faisait partie du collectif Réservoir Dogues. Il nous a initié à la ride, il y a des années. Tu peux rider à pied, tu peux rider ton canapé. C’est comme l’expression west, t’es dans une west, c’est être dans un truc cool. Rider, c’est un bon moment où tu ne penses pas à ce que tu vas faire après. La ride, le chill, le sud pour nous c’est les bonnes vibes.

 

Quels sont vos projets pour la suite ?

Ce qu’on peut te dire, c’est qu’on écoute déjà le prochain EP.

 

Vous êtes partis pour sortir des projets tous les 6 mois ?

On est sur une ride un peu vive. Mais sincèrement, ça nous a paru super long ces 6 mois !

 

La Prune en concert, c’est pour bientôt ?

On commence à avoir pas mal de morceaux, si on a des opportunités de scènes intéressantes on les saisira. Aujourd’hui, on veut construire quelque chose de solide. L’envie et la volonté sont là. En attendant, on va continuer à pousser notre concept de vidéo live session.

 

Bordeaux Open Air ou quand le BOA sort de la jungle

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Le dimanche est un autre jour. Le soleil est différent, il brille plus intensément, glorieux d’offrir du temps disponible aux esprits vifs qui ont agi toute la semaine. Le dimanche est un jour hors du temps. Un jour où l’on peut faire ce que l’on souhaite. Où l’on peut suivre notre rythme et profiter des initiatives des gens qui ont passé un pacte avec le dimanche. Le pacte d’offrir de la légèreté, de la bienséance et de la culture. De ce pacte est né : Bordeaux Open Air. Entre musiques, animations et restaurations, nos sens sont gâtés. La simplicité séduit et le second été en plein air risque fort de vous rendre accro. Le dimanche n’a pas d’horaire. Mais on prend un peu d’avance, on vous en dit plus sur les ambitions des uns qui font le bonheur des autres. Rencontre avec un BOA citadin.

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Le Type : Qu’est qu’un BOA ?

L’équipe BOA : C’est avant tout une invitation à tous ! Tout le monde est convié ! D’où les choix du dimanche après-midi, que ça soit après votre repas de famille, au réveil après un samedi soir de fête, après la messe ou de retour de la plage, vous n’avez normalement pas de raison de ne pas venir ! On ne fait pas encore les mots d’excuses officiels pour les travailleurs mais on y réfléchit ! (rires). Sinon, l’idée c’est d’écouter de la musique ensemble dans un cadre naturel, à proximité d’un arrêt de tram, en dégustant des bons produits de la région, et avec quelques activités en plus de la danse et du chill ! L’entrée est gratuite et le sera toujours !

 

Qu’est qui motive un BOA ?

On est convaincus qu’il faut qu’on passe toujours plus de temps tous ensemble, et ce qui motive les Bordeaux Open Air c’est vraiment l’idée de proposer un moment où tout le monde peut être présent pour célébrer ce qui nous est cher et qu’on partage. Comme la musique électronique ou l’espace public par exemple !

Une autre motivation moins visible du projet pour l’instant, c’est que toute l’équipe, qui a de 20 à 40 ans, est super mobilisée dans l’innovation dans nos professions respectives, car on a aussi à cœur d’être des ambassadeurs du progrès avec le festival. La forme bénévole et associative de la structure nous permet une agilité qu’on choisit de mettre au service d’une « R&D » constante et très exigeante !

Comment profiter au maximum d’un BOA ?

Il faut venir avec des gens qu’on aime et repartir en ayant rencontré des nouveaux amis ! Pour ce faire, il suffit d’arriver assez tôt, de sourire et éventuellement danser. De notre côté on s’assure que vous ayez plein de choses à partager ! On se permet de glisser qu’il y aura une bière spéciale « Bordeaux Open Air » brassée à Bordeaux, qu’on vous conseille de goûter et de consommer évidemment avec modération, mais éventuellement aussi avec de la musique ou les activités qu’on a prévu pour vous…

 

Que propose un BOA ?

Quand vous arrivez sur site, vous avez plusieurs options ! Il y a la partie musique avec la scène et un bel espace pour danser, où s’allonger dans l’herbe et profiter de la vue. À côté, la partie animation proposera chaque dimanche un panel d’activités différentes très large, de l’initiation au rugby au djing, en passant par la peinture et des activités dédiés aux plus petits !

 

Une deuxième édition qui s’exporte sur plusieurs lieux, une volonté d’ouvrir le champ des possibles ?

Voilà la petite histoire derrière l’édition 2017 ; un mois après notre dernier dimanche l’année dernière, la Mairie de Bordeaux nous a proposé une carte blanche pour représenter la musique électronique au sein de Paysages 2017, la fête culturelle pour l’arrivée de la LGV. On est évidemment pas les seuls acteurs électro de la saison, et c’est un plaisir de voir autant de beaux évènements prévus sur l’été ! De notre côté, après réflexion on aurait trouvé ça dommage de se retrouver dans un seul lieu, aussi adapté soit-il ! On a choisi de proposer une programmation dédiée à la French Touch, tant sur le plan local que national. Quant aux lieux, c’est une sélection basée sur un cahier des charges simple mais exigeant : qui peut accueillir au minimum 2000 personnes, enherbé, à côté d’un arrêt de tramway et avec possibilité de stationner des vélos.

Alors pour en revenir à notre volonté, on est vraiment content du dialogue qui s’est installé avec la Mairie et la Métropole, cela nous permet de réfléchir beaucoup en amont, et on a effectivement la volonté de faire grandir le projet, et beaucoup d’idées derrière la tête ! Mais rien de tout ça ne se fera sans le soutien des bordelais et du public des évènements, et franchement, c’est grâce au public de l’année dernière qui a été à la fois festif et très respectueux qu’on a l’opportunité de présenter une deuxième édition vraiment plus complète ! On a tellement hâte de vous rendre la pareille !

Le dimanche d’ouverture promet d’être grandiose. Le Cercle filmera pour la première fois à Bordeaux, une belle réussite. On attend quoi de ce BOA ?

La collaboration avec Le Cercle est née d’une rencontre, et on est vraiment ravis de pouvoir les accueillir pour la première fois ici – on rêve de devenir un argument pour que chacun puisse inviter ses amis le temps d’un week-end à Bordeaux, on a donc convié et travaillé avec quelques partenaires nationaux cette année pour nous aider à porter ce message d’invitation, et on vous réserve encore quelques surprises !

On a choisi de commencer en bouleversant quelques codes, donc on a confié la programmation à Djedjotronic en lui laissant carte blanche… Voyez plutôt selon ses dires ; « j’ai profité de ma carte blanche pour vous concocter un petit line-up pas piqué des hannetons, avec du jeune bien péchu Picaszo, du vieux beau Art Feast Records et un chaman Rouge Mécanique Musique. »

Plutôt impatients de partager ce line-up bien représentatif de notre ADN avec vous, on vous conseille d’arriver tôt pour en louper le moins possible, il y aura beaucoup à faire, voir, entendre et déguster !

Rendez vous le 30 juillet à partir de 16:00 !

 

Bordeaux Open Air #1 – Parc Palmer – 30.07

 

 

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