Bordeaux : Too Many DJ’s 3/5 – Captain


Vivier culturel, la ville de Bordeaux regorge de talents dans différents domaines, du théâtre à la danse, en passant par le cinéma ou la musique. A travers la série Too Many DJ’s, le Type a voulu mettre un coup de projecteurs sur ceux qui ambiancent nos soirées dans les bars et clubs locaux, grâce à des sélections de disques savamment maîtrisés. Pour ce troisième volet, Captain a répondu aux questions du Type.

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Quel(s) genre(s) musical-aux mixes-tu ?

Pas mal de trucs tordus de 1930 à nos jours… Je mélange tout en fait, en essayant de garder un esprit rock’n’roll comme fil rouge… Rock’n’roll parce que je suis un vieux punk (ça ne se guérit pas) et bien mélangé, parce que, depuis 1977, il s’est passé un tas de trucs quand même… Du rock, c’est sur, j’en ai bouffé et du sauvage.. Après, j’ai fait mes classes en funk et soul auprès de Francis d’Allez Les Filles et puis je suis resté 9 ans chez radio Nova à Bordeaux, c’est formateur, le Grand Mix….

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Quels types de lieux, de soirées ?

Au hasard, Balthazar… Ça peut être n’importe où… L’important pour moi, ça n’est pas le cachet, je gagne ma vie par ailleurs, c’est plutôt les bonnes vibrations de l’évènement… J’aime bien jouer à la Sirène de La Rochelle, ils ont une super équipe, à l’IBoat pareil… Et le lendemain tu me trouveras dans une salle des fêtes au fin fond de la campagne, un mois après dans un festoche citoyen gratuit et le samedi d’après dans une teuf’ chez des potes… En gros, je préfère jouer gratos chez des gens bien que pour un gros cachet chez des cons.

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Quel(s) support(s) utilises-tu ? Pourquoi ?

Je joue sur ordi, parce que trimballer des caisses à vin pleines de 33T, j’ai donné pendant longtemps… Par contre, je ne joue pas de MP3 pourris… J’achète tous mes morceaux, histoire d’avoir une bonne qualité de son et de faire bouffer un minimum les artistes.

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Quels sont tes titres incontournables ou fétiches dans tes playlists ?

Quel que soit le style de la soirée, j’aime bien commencer par «  The Bottle » de Gil Scott Heron… J’ai pas trop de mal à le placer car j’aime bien faire les before, les ouvertures des portes et les débuts de soirées… On est plus libre, on peut passer vraiment de tout, mélanger de la country et de la musique africaine, de la pop sixties et de l’électro orientale, du punk et de la soul… En gros, j’essaie de dégotter des morceaux qu’on n’entend pas assez ailleurs et qui, éventuellement, font danser les filles… Après, des morceaux fétiches… c’est pas facile… « It’s like that » de Run Dmc, « Party for Your Right to Fight » des Beastie Boys, « Ballroom Blitz » des Sweet, « Stealin’ all Day » de C.C.Haddock, pas mal de trucs façons Andrew Weatherhall, les edits de Pilooski ou ce bon vieil Ebo Taylor remixé par Henrick Schwartz, sans oublier « Loose » des Stooges que j’aime bien caser vers la fin quand c’est possible…

Ton ou tes derniers coups de cœur ?

Alors,  ces dernières semaines, j’ai fait de gros mélanges… Ba Power, le dernier album de Bassékou Kouyaté : avec son Ngoni à 4 cordes, ce type tricote comme Hendrix… J’ai bien kiffé le dernier Ricky Hollywood, celui avec les disciples… Et pris une grosse claque avec les Tiny Giants, des australiens qui font du rock psyché de tarés. Je me suis racheté le Tappa Zukie, In Dub de 1978, j’ai précommandé le prochain Baba Zula et depuis ce matin, j’ai dans la tête le « lalali lalala » du « Gypsy Woman » de Crystal Waters parce que je ai trouvé le re-edit  en téléchargement gratos sur le soundcloud de Souleance… Si tu mélange tout ça, t’as un peu le genre de playlist bâtardes que j’aime bien pratiquer….. Ah oui, le premier album d’Acid Arab aussi….

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Bordeaux ça le fait ?

Objectivement, oui. La ville est bien plus belle, plus agréable que quand j’y ai débarqué en 1981. Si tu as envie de jouer, les endroits ne manquent pas… Après, si la ville est devenue plus belle, elle est aussi devenue moins rebelle… Je commença à m’y ennuyer un peu. Tous ces hipsters bobos béats, ça me déprime, et d’ici 5 ans, je me casse savourer une retraite bien méritée en Bretagne, là où gambadent encore de vrais cow boys….

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Un message, une date à annoncer, un coup de gueule, une déclaration d’amour ?

Une déclaration d’amour ? Oui, aux équipes de La Sirène de la Rochelle, du Confort Moderne à Poitiers et d’Allez Les Filles à Bordeaux.

Un message ? Don’t believe the hype.

Un coup de gueule ? Non, même pas… A mon âge, on est blasé, l’étendue de la connerie humaine ne m’effraie même plus… Vicieuse ambiance.

 

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