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février 13, 2017

Interview : Lycia Walter, réalisatrice du documentaire A l’ombre de tes rayons

dans DIVAGATIONS LOCALES/ÉVÉNEMENTS

La jeune réalisatrice Lycia Walter, dont le court métrage A l’ombre de tes rayons a été diffusé en avant première à l’Utopia en début d’année, répond aux questions du Type sur ce film visant juste et qui interroge le lien entre territoires et les risques liés au nucléaire. En s’attachant à dépeindre la relation qu’entretiennent les habitants du Médoc avec la centrale de Blaye, et en donnant la parole à une diversité d’acteurs (citoyens, politiques…), Lycia parvient à sensibiliser sur un sujet grave sans sacrifier l’esthétisme de son film.

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Bonjour Lycia, est-ce que tu peux te présenter et en dire plus sur ce master « réalisation de documentaires et valorisation des archives » que tu as suivi ?

Lycia : Je suis née en région Parisienne dans une famille de musicien. J’ai 23 ans et je vis entre le Médoc et Bordeaux. J’ai suivis un parcours universitaire plutôt généraliste, un bac L, une licence Info/com et un master audiovisuel. En ayant en tête de faire quelque chose dans l’image, l’écriture et la musique, j’ai tâtonné sur des stages en radio, photographie, chronique musicale, communication événementielle, production audiovisuelle… Et comme tout m’intéresse, j’ai monté mon autoentreprise et exerce toutes ces activités !

Le master de réalisation de documentaires et valorisation des archives m’a permis de réaliser mon premier film, en étant encadrée par des professionnels et des universitaires. Une chance quand on cherche à savoir de quoi on est capable… Le sujet est libre, tout comme la manière de le traiter. Ce qui constitue à la fois un avantage et un inconvénient ! Avec trop de liberté, on peut se perdre aussi.

La formation se veut complète : écriture, production, vidéo, audio, montage, étalonnage… Les heures effectives de cours étant la limite du projet. Mais le prêt du matériel donne à chacun l’occasion de s’entrainer. D’autant plus qu’il y avait une bonne dynamique dans la classe. Ça a donné lieu à des projets communs entre étudiants, très formateurs.

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Dans A l’ombre de tes rayons, tu indiques être une « étrangère adoptée » du Médoc. Quelle relation entretiens-tu avec cette région et comment en es-tu arrivée à en faire l’objet de ton film ?

Lorsque nous habitions en Normandie, mes parents et moi avions pour habitude de partir en vacance en camping-car, le long des côtes du Sud-Ouest. Un fois par an, nous découvrions la mer après 8 heures de route, et c’était magique. Finalement, nous nous y sommes installés. Et ça été le début des vacances non-stop !

Je parle de cette région « dont je ne connaissais que le visage estival », l’océan et ses nombreuses plages, le lac, la forêt, les marais, la rivière… Mais tout ça est aussi bien en hiver, ce sont d’autres couleurs, d’autres ambiances sonores. Quand on y vit, on connait les endroits les plus sympas et puis, mes amis sont Médocains ! Donc ils m’ont transmis tout ça.

Un jour, alors que j’étais chez moi, il y a eu une déflagration qui a fait trembler ma baie vitrée. Ça été très impressionnant. La première chose à laquelle j’ai pensé c’est la centrale nucléaire de Blaye. Je n’y ai pas vraiment cru, mais j’ai regardé mon jardin et tout ce que j’y avais planté. J’ai pris conscience de la fragilité de cet équilibre, celui de la nature. Je me suis demandé concrètement ce qui se passerait s’il y avait un accident.

Quelques minutes après, on a appris qu’il s’agissait d’un avion qui avait franchi le mur du son en dessous de l’altitude réglementaire. Mais ça été le début de mon questionnement sur cette situation, vivre avec le risque.

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Tu avais en tête l’idée de ton documentaire depuis ce moment ? C’est une idée que tu as mûri longtemps et que tu as concrétisé au cours de ta formation ?

Pour rentrer dans le master, il fallait présenter un projet de film. C’est donc en cherchant un sujet à présenter que j’ai eu envie de donner à entendre toutes les conversations sur la centrale dont j’avais été témoin, entre mes parents et leurs amis.

En master 1, j’ai beaucoup travaillé sur l’écriture avec Cathie Dambel et mes professeurs. Pour l’exercice, on nous a demandé de réaliser un film ‘esquisse’ du projet. A la fin de la deuxième année, j’ai réalisé le film pour le présenter au jury final du master.

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Justement, le film croise bien tous les points de vue avec une pluralité d’intervenants. Les personnes interrogées ont bien accueilli ta démarche ? Parce que finalement, au regard de la gravité du sujet, on peut imaginer qu’ils aient une grande envie de s’exprimer sur leur situation.

Effectivement, je n’ai pas eu de mal à convaincre les protagonistes du film à s’exprimer sur le sujet. Est-ce que ça veut dire qu’ils avaient une grande envie de s’exprimer sur le sujet ? Je ne sais pas, mais en tout cas, ils n’ont pas eu peur de dire ce qu’ils pensent. Et je n’en savais pas grand-chose d’ailleurs ! J’avais une petite idée, par des bribes de conversations… ce sont des personnes proches de mon entourage. J’ai attendu d’être en situation d’interview pour vraiment leurs poser des questions sur leur point de vue.

Pour ce qui est des mairies, ça été plus compliqué. Des maires ont catégoriquement refusés de s’exprimer sur le nucléaire, et ce, après des mois de relances. J’ai rencontré deux fois ceux qui sont dans le film, ça a pris beaucoup de temps à la fois pour moi et pour eux, qui ont un agenda chargé. Mais, on peut difficilement se passer d’une première rencontre, pour faire connaissance, se présenter et présenter le projet.

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Hormis le refus de certains maires, tu as rencontré d’autres difficultés pour la réalisation du film ?

Je prévoyais d’intégrer une énième interview à la fin du film, celle d’un communicant de la centrale. En détaillant mon identité par téléphone et par e-mail, j’ai pu lui poser des questions. Il a bien voulu y répondre, mais a refusé de faire partie du film. Je me suis résignée.

Pour la réalisation, j’avais la chance d’avoir du matériel à disposition. J’ai fait des plans tout au long de l’année. Ce qui m’a valu de très beaux plans, mais beaucoup trop nombreux !

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Quels sont tes projets après la diffusion d’À l’ombre de tes rayons à l’Utopia ? Que ce soit par rapport au film en lui-même ou à d’éventuels d’autres réalisations ?

J’essaie d’inscrire mon film à des festivals et d’organiser des projections. Il y en aura dans le Médoc à l’occasion de la semaine de l’environnement, samedi 18 Mars au Café Artémis de Lesparre-Médoc, ainsi qu’au cinéma Eden de Pauillac pour les élèves du collège et du lycée.

Pour la suite, je travaille sur un projet de documentaire en Médoc sur la musique et le handicap. J’ai également monté une micro-entreprise pour pouvoir travailler entant que photographe.

Merci Lycia !

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Une esquisse du court métrage de Lycia (dont la version longue dure 26 minutes) :

A l’ombre de tes rayons – Film Esquisse from Lycia Walter on Vimeo.

Rap Bordelais : 5 artistes à suivre en 2017

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

À quelques exceptions près, Bordeaux peine à briller sur la carte du rap game hexagonal. Il y a bien, Sam’s signé chez Boyamé Music, Fayçal qui s’est fait un nom sur la scène underground, ou encore dans un autre registre le groupe Odezenne dont la popularité ne cesse de grimper. Sans oublier les talentueux beatmakers bordelais qui produisent pour la crème du rap français (Pandemik Muzik, Gizzle, 1upWorld).
Et pourtant la scène rap bordelaise compte de nombreux artistes qui ont révélé un gros potentiel en 2016. Le Type vous propose donc un petit tour d’horizon des rappeurs bordelais à suivre de près en 2017 !

 

Fello

Bien que n’ayant pas encore sorti de projet, Fello est sûrement celui qui fera le plus parler de lui en 2017. En seulement quelques clips, le poulain de Katrina Music (le label du crew de producteurs Katrina Squad à l’origine des hits de SCH) se démarque déjà avec sa voix reconnaissable entre toute. Après une première apparition réussie sur French Riviera 2 de Hooss, Fello l’Afghan a sorti plusieurs titres en 2016, délivrant un rap brut sur une trap mélodieuse. On attend plus que la sortie du premier projet…

Découvrir Fello sur :

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Joey Larsé

Bordelais d’adoption, le jeune rappeur Joey Larsé s’est associé à DJ Yep (producteur de Fayçal entre autres) pour sortir l’EP Confortable en 2016, son projet le plus abouti jusqu’ici. Sur 4 morceaux, il débite des textes très imagés, avec un flow lent et précis, qui nous plongent dans une balade nocturne planante et luxueuse sur un son jazz très aérien. Un style cinématographique qui n’est pas sans rappeler l’école Time Bomb mais qui offre un résultat très actuel, une nouvelle formule boom bap aux drums modernes. Le duo semble avoir trouvé sa propre couleur musicale et devrait prolonger l’effort en 2017 !

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La Prune

En décembre dernier, on vous présentait déjà La Prune dans une chronique à déguster de leur projet éponyme. Ce trio bordelais, composé de deux rappeurs (Endé et l’Épicier) et d’un beatmaker (Krab), livre en 2016 un premier EP tout en maîtrise qui impressionne par sa qualité. Addicts à la taurine et mariés à l’alcool, Endé et l’Épicier rivalisent de rimes et de technique entre chant et rap sur les productions sombres et sudistes de Krab. La suite arrive en 2017 et elle est très prometteuse…

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Dalla$

Avec son flow énervé et gueulard de rockstar, Dalla$ fait office d’ovni. Son album, Virus & Vaccins, nous plonge au cœur de la nuit, pour un road trip trash et ensorcelé sur une bande sonore aux influences variées, IDM, Trap et Punk… C’est sur le morceau « La Balade », en compagnie des Daisy Mortem, que le mélange des genres est le plus réussi. On ne peut qu’espérer un projet commun entre ces artistes du collectif We Are Vicious !

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VO (Eskro & Jouvence)

VO, c’est la connexion improbable entre Eskro et Jouvence, deux rookies aux profils atypiques. Le premier a fait ses classes entre l’île de la Réunion et Bordeaux avec une série de freestyle sur toutes sortes d’instrus, délivrant un rap de rue technique et percutant. Le second est rappeur et producteur au sein du collectif L’Escale Tropicale et semble avoir goût prononcé pour les expérimentations musicales délirantes. SurCarré d’eau gelé leurs styles se complètent et offrent un résultat assez inédit dans le paysage de rap actuel. Pour l’instant, seuls deux ou trois morceaux de ce duo (éphémère ?) sont disponibles. Alors VO, si vous nous lisez, on veut une tape !

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