Interview d’un peintre bordelais : Pierre Cormier


Le Type est parti à la rencontre d’un artiste bordelais, Pierre Cormier. Peintre à mi-chemin entre postimpressionnisme et art moderne, Pierre nous a raconté son parcours avec engouement.

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Alors, est-ce que tu peux me dire quelques mots sur toi ? Comment a démarré ton parcours ?

Pierre : Et bien, j’ai toujours dessiné de mon côté, un peu comme tout le monde quand on est au lycée, sur les feuilles de cours. Puis en dessinant de plus en plus, j’ai finalement fait un stage à la galerie 5UN7. J’aidais à faire la mise en place, ainsi que l’accompagnement des artistes dans le montage de leurs expos. Au cours de cette expérience, mon maître de stage, Marc Henri Garcia – qui est peintre de base et fait quelques interventions au beaux-arts de Bordeaux – m’a proposé de me donner des cours de peinture, après avoir vu mon travail. Il a commencé son premier cours en me disant : « Voilà, la peinture c’est agencer des couleurs pour en faire des formes. » ; et je ne sais pas, mais ce concept-là m’a un peu emmerdé… Je me suis dit que ce n’était pas forcément ça la peinture pour moi. De ce fait, par rapport aux toiles que je produis c’est surtout un aplat de couleurs par forme, je privilégie les couleurs qui sont assez importantes pour moi et surtout la forme.

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Et c’est à partir de là que tu as commencé à peindre ?

C’est à partir de là que j’ai commencé à peindre, oui ! Mais seulement pour moi, c’est après que mon maître de stage ait fini par voir mon travail, qu’il appréciait beaucoup.

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C’était en quel année ?

Tout juste deux ans et demie, c’est assez récent !

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Je me demandais, d’où te vient ton univers si propre à toi-même ?

Je dirais que c’est un peu plus des influences. Par où commencer…? Au lycée en L, option histoire de l’art (beaucoup beaucoup d’histoire de l’art…) : dans tout ce que j’ai pu étudier ou même ce que je connaissais déjà, je dirai que parmi mes maîtres à penser  il va y avoir Gauguin. Il disait, grossièrement ; « Tu vois cette couleur, tu fais cette couleur », et son trait, surtout c’est quelqu’un qui m’inspire beaucoup !

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Comment as-tu fait évoluer ton univers au fil du temps ?

Alors pour l’anecdote, au tout début, les premières toiles, du moins surtout la première c’était un accident tous simplement. C’est-à-dire que je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire… Je me suis donc lancé en faisant un truc bête et méchant, un aplat de couleur unis, une toile toute rouge bordeaux. C’était une toute petite toile, elle devait faire 30 sur 40, pas plus ! Et j’ai juste un cheveu qui est tombé dessus ; ce n’était pas sec, au lieu de recommencer, je me suis dit : allé merde, on va l’enlever ! Du coup, en grattant, j’enlève de la peinture : « Et merde…! Non, pas merde en fait ! ». J’ai continué à gratter jusqu’à ce que j’obtienne des formes etc… Puis les premières toiles qui ont suivis, au lieu que ce soit le fond de la toile qui sorte, j’ai fait une première couche que je laisse sécher d’une seule couleur, s’en suit une autre couche, pour que quand je gratte ce soit l’autre couleur qui ressorte. C’est plus du dessin que de la peinture ! D’ailleurs, j’ai fait une toile que je garderai toujours, qui est un portrait de Gauguin dans une posture simplifié.

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Y-a-t-il un message que t’as envie de véhiculer à travers tout ça ?

Alors, pour moi ce n’est pas vraiment une question de message, c’est vraiment une question d’extériorisation. En soit, les premières toiles que j’ai faite chez moi, je les faisais pour moi. Je me suis retrouvé à les exposer grâce à mon ancien maître de stage, qui est venu lors d’un after et a pu voir mes tableau en me demandant si je ne voulais pas les exposer. J’ai répondu « pourquoi pas » ! A la base, je faisais ça vraiment pour moi, c’est vraiment de l’extériorisation. Il y a beaucoup de mes toiles qui sont des postures, la plupart mélancolique. Bon, sans vouloir jouer l’artiste maudit (rires), en général je suis beaucoup plus productif quand je suis pas… au top ! Après, quand je fais une toile je ne me demande pas qu’est-ce que les gens vont penser, je le fais parce que j’ai envie de le faire ! Quand on me demande d’expliquer une toile précisément, j’ai du mal à l’expliquer ; je ne cherche pas à ce que les gens comprennent ce que j’ai voulu dire.

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Est-ce que tu achèves une toile avec la même idée de base où la même imagination qu’au démarrage ?

Ce n’est pas tellement une idée, c’est un sentiment. J’ai pleins de toiles en tête où je sais graphiquement ce que je veux faire, mais je n’ai pas les moyens parce que je sais que je veux le faire en grand format, en très grand format ! Si j’avais l’argent nécessaire je sais que j’aurai au moins 3-4 toiles que je pourrai débuter. J’ai besoin de place aussi, parce que chez moi c’est assez petit. Ce qui serait idéal ce serait d’avoir un atelier ailleurs que chez moi, qui serait plus grand pour pouvoir accueillir les toiles que je voudrais faire, en grand format, style 2 mètres sur 3 .

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Et ton atelier il est comment ?

Il est relativement petit… Bah tu vas venir le voir ! Puis il y a mes toiles qui s’accumulent, j’en vends mais il y en a d’autres qui arrivent…

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Quels sont les artistes qui t’inspirent, ou les courants artistiques ?

Je t’ai parlé de Gauguin, mais je serai d’avantage art moderne. Je prends l’art moderne dans un sens très large. Plus dans le début art moderne, avec les impressionnistes, surtout le postimpressionnisme comme Toulouse Lautrec, Van Gogh, etc. Surtout Toulouse Lautrec, que j’ai toujours idolâtré dans sa façon de peindre ; je rêve d’avoir sa manière de peindre le réel qui est brut en donnant justement un sentiment. Après je vais paraître un peu cliché mais je suis un grand fan de Picasso. Je préfère ses débuts au reste. D’ailleurs il y a un reportage que je te recommande « Picasso l’inventaire d’une vie » où il retrouve tous ses carnets chez lui, on peut voir également une de ses premières œuvres Les demoiselles d’Avignon.

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Et où est ce qu’on peut voir ton travail ?

Sur facebook, j’ai ma petite page Pierre Cormier. Sinon, en expo ça dépend, ça varie un peu tout le temps. J’ai fait cet été une expo pour le collectif Microkosm sur le Marco polo. La dernière, c’était pour la galerie galerie où j’ai exposé 4 ou 5 toiles.

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Et pour finir, quels sont tes projets ?

Alors ça ! Bah mes projets se sont les grands formats dont je t’ai parlé, parce que ce n’est pas facile de choper des toiles de cette taille-là. Tant que je peux peindre, et que je me fais plaisir !  Sinon je suis un peu ouvert à tout. Ah oui, j’ai un projet qui va se faire en collaboration avec le groupe Be Quiet, ils ont joué au Garorock cet été. Et le 9 décembre ils font une soirée dans une nouvelle salle qui a ouvert à Pessac, où j’exposerai en même temps !


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