Interview Vie Sauvage été 2016 : Papooz


Bourg-sur-Gironde, Vie Sauvage collection été 2016, samedi 11 juin. Le parc de la Citadelle se remplit doucement, tout comme les verres. Il ne faudra que quelques accords à Papooz, premier groupe de la soirée, pour faire lever un public qui semblait déjà conquis. Le concert qui s’ensuivit fut à l’image de leur album Green Juice : un concentré sautillant et joyeux, exigeant musicalement mais toujours dansant. Les sourires ont fusé et les pieds se sont décrispés au fur et à mesure des chansons, toutes tubesques.

Avant ce concert bien vitaminé, le Type est allé poser quelques questions à Armand et Ulysse, les deux garçons de Papooz. L’occasion d’en savoir plus sur eux et de parler de la construction de leur album, qui va squatter les oreilles du Type tout l’été, voire plus.

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Hello Papooz. Apparemment, vous vous êtes rencontrés autour de l’élaboration d’un magazine littéraire à tendance révolutionnaire ?

Ulysse : Oui, c’est un peu ce qu’on raconte à tout le monde.

Ah, parce que ce n’est pas vrai ?

Ulysse : Si si, c’est vrai ! A des moments on trouve ça un peu chiant mais c’est la vérité. On faisait un journal littéraire tous les mardis soirs. On s’est rencontrés comme ça. On écrivait en français à l’époque puis on s’est mis à faire de la musique ensemble.

Comment on passe de l’écriture d’un journal révolutionnaire à la compo de chansons pop ?

Armand : En baissant les bras ! (rires)

Ulysse : Assez naturellement en fait parce qu’on aime la musique. Armand jouait de la guitare, on déblatérait des conneries, on a commencé à écrire des chansons et vu qu’on s’amusait à le faire, on a continué !

Vous écrivez et composez toujours à quatre mains ?

Armand : Ouais parce que c’est vachement éclairant. De toute façon, même quand tu es tout seul, tu vas toujours chercher l’avis de quelqu’un d’autre au bout d’un moment…

Ulysse : Au début, on écrivait beaucoup à deux. Puis, avec le temps, on a commencé à écrire chacun de notre côté et à se montrer les chansons. Sur l’album, il y a un mélange de chansons écrites à deux et de chansons écrites chacun de notre côté. Après, on la monte avec le groupe qui nous accompagne. Mais, c’est toujours nous deux qui apportons la composition, les paroles et la mélodie.

Est-ce que vous vous sentez proches d’autres duos ? Je pense par exemple à Kings of Convenience…

Armand : Pour des mecs qui sont uniquement deux sur scène, je trouve ça très impressionnant comme groupe.

Ulysse : Avec le temps, c’est un groupe qui m’a un peu lassé. J’aime beaucoup Erlend Øye en solo et The Whitest Boy Alive par contre. Mais avec un peu de recul, j’écoute de moins en moins Kings of Convenience, même s’ils nous ont inspirés évidemment. Et avant ça, il y a surtout les Beach Boys, les Beatles… Il y a aussi Simon & Garfunkel, surtout Paul Simon.

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On danse assez facilement sur vos chansons… Vous êtes de ces perfectionnistes de la pop qui s’enferment jusqu’à trouver le refrain parfait ou pas du tout ?

Armand : On n’a pas fait un album extrêmement pop au niveau perfection quand je pense au dernier album de Tame Impala par exemple. Mais quand on sent qu’on a un refrain qui peut être très bien par exemple, on va vraiment se focaliser dessus.

Ulysse : Je pense que c’est surtout une question de goût en fait. Avoir une bonne culture qui permet de discerner un truc un peu plus joli qu’un autre. Il faut avoir l’oreille et ça passe par le fait d’avoir écouté beaucoup de morceaux.

Vous avez enregistré tout l’album en live. Cela apporte quels avantages selon vous par rapport à un enregistrement studio classique ?

Armand : C’est déjà plus marrant à faire que de passer une journée entière à n’enregistrer d’une batterie ou qu’une basse. Et puis c’était génial parce qu’on était dans la maison d’Ulysse, au bord de l’eau. On avait tapissé tout son salon de matelas pour en faire un studio. On a ramené un ingé son et c’était super drôle.

Ulysse : Et puis, c’est pas vraiment notre culture de faire une musique où tout est bien placé et parfaitement « dedans ». On a plutôt envie de jouer les morceaux comme si on les jouait en concert. D’ailleurs, si on vient nous voir, il n’y a pas un immense gap.

Vous avez enregistré au Cap-Ferret c’est bien ça ?

Ulysse : Oui, au village de l’Herbe, dans la maison de mes parents.

Et si vous n’aviez pas enregistré au bord de l’eau, vous pensez que la tonalité de l’album aurait été différente ?

Armand : Je pense pas. Honnêtement, le mieux, c’était la temporalité que te donne la maison.

Ulysse : On a eu le grand confort d’éviter le studio où ton temps est limité et où cela revient vite cher.

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Votre album est sorti au Japon. Comment cela s’est passé ?

Armand : C’était un coup de chance. On est allés jouer pour Hermès là-bas parce qu’on avait été repérés par leur directeur musical à un concert. Il nous a ramené à un fashion show et on était le groupe du cocktail. Les gens ont bien aimé le clip qu’on avait sorti. De fil en aiguille, ils nous ont demandé l’album et un mec a voulu le sortir.

Ulysse : Ça s’est fait très naturellement et on espère y retourner très prochainement.

Vous aimeriez que les gens fassent quoi en écoutant votre musique ?

Armand : Qu’ils conduisent des bagnoles.

Ulysse : Moi j’aime beaucoup la musique qui s’écoute dans les grands salons, pour faire la cuisine ou se faire couler un bain.

Pour finir, si vous n’étiez pas musiciens, vous feriez quoi ?

Ulysse : Je ferai du football. Ou je rachèterai un club de foot. Ou un restaurant pour faire de la bouffe.

Armand : Moi, j’aurai bien aimé être critique de cinéma, à la radio. Une planque juste pour voir des films !

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Photos : Charlène Plaut

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