Interview Nowadays : Douchka


C’était samedi 28 mai, il faisait une chaleur moite d’été et les bordelais avaient rendez-vous avec la Nowadays Party dans notre cher hangar Darwin et des artistes du label. Ils avaient déjà fait une lourde impression au début du mois de mai lors de leur passage au Krakatoa, pour la tournée française de Fakear. On a gardé de ce concert un léger goût sucré. Il faut le reconnaitre, les artistes de Nowadays sont de très bons pâtissiers. Il suffit de quelques ingrédients pour se rendre compte que les saveurs s’harmonisent délicieusement. Lorsque vous êtes face à l’un des artistes du crew, les corps arrêtent de réfléchir et se mouvent. On ne le répétera jamais assez, mais le live fait l’artiste. Et des lives comme ceux-ci, on en rencontre peu ces temps-ci. Entre maîtrise et grâce, Douchka, Clément Bazin et La Fine Équipe ont sculpté des envolées sucrées pour nous offrir le plus affriolant des gâteaux. À cette occasion, le Type a saupoudré de question Douchka. Vous reprendrez bien une part ?

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Douchka, c’est un condensé de technique et de belles rythmiques.

De scène en scène, il apprivoise son public, de plus en plus nombreux.

De la Red Bull Music Academy à son entrée chez Nowadays Records, entre Joyful et Together, Douchka nous a parlé, d’à-peu-près tout.

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Ton nom, il traduit quelle émotion ?

(rires) Aucune…! Ce n’était pas vraiment voulu. Ça vient d’une blague quand j’étais au collège. Lors d’une sortie bowling, on devait choisir un nom de joueur, et à l’époque, il y avait la ferme célébrité avec la chanteuse Douchka Espositon (ambassadrice en France de Disney de 1984 à 1989). Et c’est devenu mon blaze… Et du coup quand j’ai commencé à faire des DJ set à 16 ans, j’ai gardé ce nom-là… Ça me fait marrer de voir ce nom finir en lettre rouge à l’Olympia ! Ce n’est pas du tout recherché, je n’ai pas d’explications stylées en référence à des artistes contemporains… Non non, c’était juste mon blaze quand je jouais au bowling avec mes potes (rires)

La Red Bull Music Academy en 2014 à Tokyo, c’était dingue non ?

C’était THE MOMENT de mon année 2014. C’était 15 jours décisifs. Ça a vraiment changé ma vie. C’est après cette expérience que j’ai commencé à entrevoir un début de carrière. Les journées était chargées ; du style couché pas avant 4-5 heures du mat, levé à 9h, on avait des conférences avec des artistes incroyables, tu te retrouves face à des mecs comme Marley Marl, c’est juste le mec qui à créé le hip hop, qui a inventé le sample. Tu rencontres Benjamin Wright Jr. qui a composé avec Mickael Jackson l’album Thriller, c’est extrêmement varié musicalement, on peut échanger avec eux, leur poser des questions et après ils viennent bosser avec toi en studio. Il y a plein de nationalités différentes, tu peux créer un morceau avec un ukrainien, puis bosser avec Zebra Katz, et pour les cœurs, tu vas travailler avec une chanteuse égyptienne… C’est juste taré. Tu fais du studio quand tu as du temps libre, il y en avait dix, sur-équipés, tu avais accès à tout le matos que tu voulais d’un claquement de doigt. Il y avait une salle complètement folle, « equipment room », tu voulais un synthé, disons un juno 106, un truc quasi introuvable et eux ils l’avaient, neuf. Et le soir, tu vas à des concerts, tu joues, tu vas voir les autres jouer… Tu te retrouves à faire des sons avec Just Blaze, le mec à produit l’album Encore de Eminem, et il est là, à te donner des conseils. C’est juste surréaliste. Quand je suis rentré à Renne, ça m’a fait un choc.

Comment tu rentres dans une telle structure ?

Tu rédiges un dossier de 30 pages, entièrement en anglais, et au crayon (rires). Tu as des questions de fou, des tests de Rorschach, des pages blanches où l’on te demande de dessiner une carte de ton rapport à la musique et au monde… On te demande c’est quand la dernière fois que tu as pleuré, quelle musique tu passes quand tu invites tes beaux-parents à dîner, qu’est-ce que tu cuisines… Ils te posent une suite de questions dans se style-là et des questions ultras classiques. En fin de compte, ils ne sélectionnent pas en fonction de ton parcours ou des lieux dans lesquels tu as joué. Ils essayent de déceler une personnalité et si c’est pertinent pour toi de participer à la RBMA. La RBMA a complètement changé ma vision de la musique. J’ai vraiment appréhendé Tokyo de manière musicale. J’ai dû acheter une autre valise, tellement j’ai acheté de disques dans les disquaires. Ils ont des trucs que l’on trouve nulle part ailleurs.

En 2015, tu fais ton entrée chez Nowadays ? Pourquoi eux ?

Après la RBMA, j’avais l’occasion de signer sur des labels beaucoup plus gros, mais j’ai opté pour Nowadays, car le son me correspondait beaucoup plus, et surtout l’aspect humain du label m’attirait beaucoup. C’est vraiment une famille. Je les vois tout le temps, et si j’ai besoin de les appeler à 23 heures pour un truc, ils me répondent. Pour moi c’est aussi important que la musique. J’ai un gros tourneur, je suis dans un super bon label, je suis bien entouré. Nowadays n’est pas ancré dans une scène en particulier. Tu n’as pas la possibilité de poser une étiquette tant les styles sont variés, chaque artiste a sa personnalité et ce petit côté weird qui rend le projet excitant. Ça correspond tout à fait à ma vision de la production. Je ne veux pas essayer de reproduire ce que j’ai déjà produit.

Ton EP Together, tu le ressens comment ?

C’est un EP très technique. Notamment grâce au mixage qui a été réalisé par Phazz. Selon moi c’est l’un des mecs qui sonne le mieux en France. C’est d’ailleurs pour cela que l’EP frappe aussi bien. J’ai enregistré la quasi-totalité de l’EP chez mes parents en Bretagne, près de la mer. J’ai utilisé de vrais instruments, tout ce que tu entends au niveau de la mélodie est joué. Je n’ai pas voulu utiliser de sample, je tenais vraiment à ce que ce soit authentique. Je ne me considère pas comme un beatmaker, je ne construis pas des beats, je viens du DJing et de la musique électronique. Et en même temps je ne compose pas pour les DJ. On ne peut pas jouer Together en DJ set : ce n’est soit pas assez rapide, soit pas assez lent… J’aime bien être un peu hors des lignes. Je crée pour moi, je ne cherche pas à plaire à une scène en particulier. Ce qui est drôle, c’est que les morceaux qui m’ont demandé plus de travail sont ceux les moins appréciés du public. Par exemple, « You Know Bae », j’ai mis deux jours à le créer, et il est très aimé.

Qu’est-ce qui te motive quand tu crées un EP rythmé pour les lives ?

Je voyais plein de gens faire des lives autour de moi et s’éclater avec ça. Notamment les gars de La Fine Equipe et Théo (Fakear). J’ai eu envie de franchir le pas. Les premiers lives… ce n’était pas catastrophique, mais ça ne servait pas à grand-chose (rires). Au fur et à mesure, je me suis aperçu qu’il fallait que j’apporte les instruments sur scène. Alors, après je ne suis pas musicien, je n’ai pas un background conservatoire comme plein de mecs qui font du live. Rien que Clément (Bazin, ndlr) il a été prof de Steel-drum au conservatoire, Les Gordon, avec qui je fais de la musique, a fait douze ans de violoncelle… Tu vois, c’est un autre level. J’ai appris avec internet, avec les tutos. Par mimétisme, j’ai testé, je n’ai pas lâché, j’ai appris sur le tas en gros. Mais du coup, je préfère le live dans la mesure où ça me met vraiment en danger. Un DJ set c’est un peu la routine, c’est super libérateur, tu t’éclates, tu partages la musique que tu aimes avec les gens. Alors qu’en live, tu joues ta musique, les gens te jugent sur ta prestation. Quand ça ne fonctionne pas, tu en tires les leçons, mais quand les gens adhérents, comme ce fut le cas à Talence au Krakatoa (BIG UP, ndlr), c’est un putain de plaisir. Puis aussi, le public de Fakear c’est le public le plus cool du monde. Hyper sympa, jeune, gentil. C’est agréable. Si les gens prennent du plaisir, je suis content. C’est tout. Ce n’est que de la musique, je ne fais passer aucun message, juste du bonheur. Les meilleurs concerts que j’ai fait sont ceux où je me lâche le plus.

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2014 : la RBMA. 2015 : Nowaday. 2016 : ton EP Together… ça va en crescendo. C’est quoi la prochaine bonne nouvelle ?

J’ai un projet avec Les Gordon, LESKA (comprendre LES gordon + douchKA, ndlr). On ne l’a pas encore à proprement lancé, ça sera pour la rentrée. On a un EP de terminé. On a signé en édition chez Warner, avec Alias en tourneur… Ça va vraiment être énorme. J’ai une belle actu en juin et juillet aussi, avec pas mal de dates, et on sera au mythique festival Dour avec Clément Bazin !

P.S. : Emma Watson si tu nous lis…

Merci Thomas !

 Fb / Instagram / Soundcloud

09 Juin @ Berges de la Vilaine – Rennes
10 Juin @ Majestic Casual Live, Yoyo – Paris (dj-set)
19 Juin @ Kitsuné Party, La Clairière – Paris (dj-set)
25 Juin @ Festival La Nuit Des Sables Blancs – Douarnenez
26 Juin @ Festival Bateau Music – Mesnuls
02 Juillet @ Festival Garorock – Marmande
17 Juillet @ Dour Festival – Dour (BEL)

 

 

 

La Nowadays Party était folle. De belles rythmiques, des gens heureux, et des lives libérateurs. Je suis un peu « greedy » des soirées Nowadays.

Merci de votre énergie et de vos beats.

Merci La Fine Equipe ! Fb / Instagram / Soundcloud

 

 

 

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