Interview Nowadays : Clément Bazin


C’était samedi 28 mai, il faisait une chaleur moite d’été et les bordelais avaient rendez-vous pour la Nowadays Party dans notre cher hangar Darwin avec des artistes du label. Ils avaient déjà fait une lourde impression au début du mois de mai lors de leur passage au Krakatoa, pour la tournée française de Fakear. On a gardé de ce concert un léger goût sucré. Il faut le reconnaitre, les artistes de Nowadays sont de très bons pâtissiers. Il suffit de quelques ingrédients pour se rendre compte que les saveurs s’harmonisent délicieusement. Lorsque vous êtes face à l’un des artistes du crew, les corps arrêtent de réfléchir et se mouvent. On ne le répétera jamais assez, mais le live fait l’artiste. Et des lives comme ceux-ci, on en rencontre peu ces temps-ci. Entre maîtrise et grâce, Douchka, Clément Bazin et La Fine Équipe ont sculpté des envolées sucrées pour nous offrir le plus affriolant des gâteaux. À cette occasion, le Type a saupoudré de question Clément Bazin. Vous reprendrez bien une part ?

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Clément Bazin, c’est un mec discret.

C’est le genre de musicien qui part en tournée avec Woodkid pendant deux ans et qui trouve le temps de composer un album (Come To This). Sur scène, il est habité par sa musique. C’est beau à voir et à entendre.

Rencontre avec un chef d’orchestre pas comme les autres.

On ne te voit pas beaucoup sur le net. Tu cultives un côté mystérieux ?

(rires) Non, du tout ! Ce n’est pas voulu, c’est par la force des choses.

On dit de ta musique qu’elle est « chaude, ouverte aux autres et souriante » (dixit les Inrocks). Est-ce que tu es comme elle ?

Ouais, je pense ouais. Des super mots, très flatteurs. Qui viennent d’une petite chronique, sur mon EP précédent. C’était une super introduction à mon EP effectivement.

2 ans et demi en tournée avec Woodkid, on en sort comment ?

Fatigué… avec dix ans de plus. C’était intense. Deux ans et demi, non stop. Vraiment non stop. On a n’a pas beaucoup breaké pendant ces deux ans, mais c’était une énorme expérience de live. C’est également une belle expérience humaine. J’ai appris plein de choses, mais ça te donne l’envie de t’émanciper et de produire tes propres trucs.

Le live de Woodkid, il est comment ?

C’est vraiment un truc à voir.

 

Du coup, la tournée avec Fakear ça doit être plus cool non ?

Ça n’a rien à voir. Je suis tout seul sur scène, je défends mes sons. Mais c’était vraiment une belle semaine. Des bonnes salles, toutes sold out, et un public super cool, très agréable. Avec du monde dès les premières parties, des gens qui restent, qui sont curieux. C’est le bonheur pour nous.

Le Steelpan, c’est chouette comme instrument, tu l’as découvert comment ?

Je l’ai découvert par le biais d’une association, lors d’un concert, je devais avoir 10-12 ans. Je ne faisais pas encore de musique. Mais cet instrument m’a scié (le Steelpan est un tambour d’acier aussi appelé steeldrum originaire de Trinité-et-Tobago, ndlr). Du coup, je me suis inscrit, j’ai pris des cours, j’ai beaucoup appris en autodidacte et au contact d’autres musicien. Je suis juste passé par la case école pour étudier le solfège et les harmonies. Je suis dans le Steelpan depuis super longtemps, c’est une grosse communauté et tout le monde se connaît plus ou moins. C’est incroyable de jouer avec un Steelband (un orchestre composé de plusieurs pans). 

Qu’est-ce qui te séduit dans cet instrument ?

La première chose qui m’a vraiment absorbé dans cet instrument c’est le son d’orchestre. Le Steelband possède un son d’ensemble qui est hyper puissant. Il est vraiment particulier et tu chopes le virus. Les gens ne sont pas habitués à cette sonorité, du coup il le relie à un style de musique, qui est loin du son d’origine. La musique traditionnelle du Steelband à Trinidad, c’est une musique orchestrale, alors que souvent, on imagine le mec qui joue au bord de la place avec son petit collier de fleurs. Moi ce qui m’intéresse c’est de donner une autre vision de l’instrument. Mais j’adorerai avoir sur scène, un ensemble, d’autres gens qui jouent. Mon steelband quoi.

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Tu es une nouvelle recrue de Nowadays Records. Qu’est-ce qui te plaît chez eux ?

Je les suis depuis longtemps. Je suivais leurs sorties bien avant que Fakear n’arrive chez eux (rires). Leurs premières sorties étaient beaucoup plus hip-hop.  Après la tournée de Woodkid, je réfléchissais à sortir quelque chose, à avancer, changer de label. With Us Records (label qui a sorti l’EP Night Things) avait des trucs de programmé et ils n’avaient pas, sur le moment, le temps de s’occuper de ma musique. Du coup, j’ai contacté les Nowadays. Je ne les connaissais pas quand je leur ai envoyé mes morceaux. Pour plein de raisons, ils ont un super crew, les musiques qu’ils sortent me parlent, et on s’est bien entendu.

Comment Night Things est né ?

Je l’ai pas mal écrit pendant la tournée avec Woodkid. Sur les routes, quand on avait des jours off. Je me suis retrouvé à bosser la nuit. J’avais envie d’assembler des morceaux qui racontent une déambulation pendant la nuit. La nuit en général. La nuit chez toi, les nuits en clubs, la nuit après club… une sorte de flottement, une rêverie qui laisse libre cours à l’imagination.

Comment tu composes pour en arriver à cette justesse ?

J’ai touché un peu à tout. Pendant des années j’étais juste instrumentiste. Je jouais du steelpan dans des orchestres, des petites formations… Puis, je me suis intéressé à l’arrangement pour orchestres. J’ai appris à arranger pour un ensemble, faire des voix différentes, des harmonies, et finalement j’ai fini par faire de la production en studio avec des machines, des synthés… Donc oui, c’est un tout. C’est un mélange de toutes mes expériences. Quand j’écris de la musique, je suis un peu influencé par le fait d’avoir et de bosser avec des orchestres. Je ne suis pas un gros geek de la musique électronique mais j’essaie de creuser mes productions pour chercher des sonorités. C’est toujours un peu chaotique l’écriture d’un morceau. Parfois tu crées en 20 minutes et d’autres où tu fais plein de maquette.

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L’EP Return To Forever sort le 10 juin chez Nowadays Records, et autant dire qu’on a plus que hâte.

Merci Clément !

Fb / Instagram / Soundcloud 

18 Juin @ Festival La Canopée – Chatenay-Malabry (92)
02 Juillet @ Festival Au Foin De La Rue – St Denis de Gastines (53)
                  17 Juillet @ Dour Festival – Dour (BEL)

14 Aout @ Positiv Festival – Marseille (13)

 

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