« Love », le dernier Apatow passé au crible


Le 19 Février dernier, Netflix mettait en ligne sa toute dernière création : Love. A la réalisation, Judd Apatow, le réalisateur de 40 ans toujours puceau ou plus récemment Crazy Amy, mais également producteur de la série HBO Girls. Dans un registre qu’il maîtrise à merveille, la comédie, il dresse avec justesse, humour et émotion les relations difficiles de deux trentenaires. Une série rafraichissante et moderne. Le Type l’a vue et t’en parle. Garantie sans spoil.

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Pour être tout à fait honnête avec vous, dès que la série est sortie, il ne nous a fallu qu’une journée pour l’engloutir. Addictive, bien réalisée, non conventionnelle, personnages attendrissants… on vous dit tout !

Une histoire 
attachante

Petit rappel rapide sur Love. L’action se déroule à Los AngelesGus, prof pour jeunes acteurs sur le tournage d’une série télévisée, et Mickey, programmatrice à la radio, viennent tous les deux de se séparer de leurs conjoints respectifs. Ils se rencontrent par hasard dans une supérette et de là, va commencer une histoire entre eux. Un sujet qui tire sur la niaiserie sur le papier mais le format de dix épisodes de trente minutes, pas trop chronophage, nous a incité à nous lancer. Bonne décision car contrairement au synopsis, ce n’est pas une histoire à l’eau de rose mais plutôt une histoire imparfaite (symbolisée par une des premières scènes où Gus se débarasse de ses DVD arguant que dans la vraie vie « ça ne se passe jamais comme ça »). Une histoire inscrite dans le réel : on s’aime, on s’engueule, on s’ignore, on a peur, on va voir ailleurs, on regrette, on revient… le tout avec une intelligence sans prétention et un dosage parfait d’humour, principalement du comique de situation, à la sauce Apatow. C’est, des mots de ce dernier dans Télérama, une série sur « ce qui empêche les gens de se connecter entre eux ». Un bon résumé qui n’est pas sans rappeler ces célèbres paroles de These Days (Chelsea Girls, 1967), écrites par Jackson Browne et popularisées par Nico, « don’t confront me with my failures, I have not forgotten them ».

Un joli casting pour de jolis rôles

Une des grandes forces de cette série c’est sa distribution. Pour Gus c’est Paul Rust (également co-réalisateur), qui avait fait une petite apparition dans Inglourious Basterds mais a surtout joué dans des projets plus intimistes, qui campe parfaitement le rôle du nerd un peu maladroit, (beaucoup) trop gentil, qui peine à s’affirmer mais surtout très attachant. Pour Mickey c’est Gillian Jacobs (Community, Girls) qui a été choisie. Son rôle ? La fille un peu trop accro à l’alcool, un peu manipulatrice et qui adore sortir. La peur de grandir et de s’engager au point de s’enfiler un taz et trainer dans le métro pour oublier ses angoisses. Elle est pleine de justesse dans son personnage alliant fantaisie et profondeur. C’est la rencontre entre ces deux trentenaires paumés que tout semble opposer qui sera le fil conducteur. Signalons également la présence de Claudia O’Doherty, actrice australienne qui était notamment apparu dans Crazy Amy, pour le personnage de Bertie, la coloc’ de Mickey ou encore de Iris Apatow, qui n’est autre que la fille de Judd Apatow et Leslie Mann, dans le rôle d’Aria la jeune fille dont s’occupe Gus sur le tournage.

Paul Rust (Gus) et Gillian Jacobs (Mickey)

Un joli univers

L’autre véritable force de la série c’est l’univers créé. Un univers coloré et chaleureux, sous le soleil californien omniprésent, avec lequel on a comme l’impression, tout au long de la saison, d’être dans un court-métrage pour i-D. Un peu cliché parfois mais efficace et moderne. La BO est également soignée puisqu’on a droit à du Ambrosia, Gravediggaz, Jakob Dylan ou encore Pete Townshend parmi d’autres pépites. Petit bémol, on a aussi un peu (beaucoup) l’impression d’être dans une pub pour MacBook et pour sneakers tour-à-tour Converse, Nike ou Vans, ce qui est parfois agaçant.

Un bon moment à passer

En définitif, c’est sans conteste une bonne série à dévorer sans être pour autant LA série du siècle. Il y a une petite touche mumblecore (de luxe, made in Netflix bien sûr) très appréciable dans le côté peinture sociale avec une mise en miroir de la vie privée avec la vie professionnelle pour montrer comment l’un pèse sur l’autre. C’est rythmé, drôle, touchant … et tout le monde peut identifier ses expériences de vie à celles des personnages. Le scénario rappelle également les films de Noah Baumbach avec la mise en scène de trentenaires désabusés, anti-héros parfaits, qui essayent de trouver la personne qui les forcera à « faire face à qui ils sont vraiment, à affronter leurs défauts […] et leurs problèmes irrésolus » (Judd Apatow, Télérama). Bonne nouvelle, une deuxième saison est déjà signée pour 2017.

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