[Interview] Cliché

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Cliché c’est avant tout une bande de potes. Leur musique est délicate tout en restant énergique, et les paroles sont finement écrites. Le 2 décembre dernier, la veille de leur départ pour les bars en Trans à Renne, ils prenaient le contrôle de l’iBoat. Au menu : une soirée sous le signe de la pop. En entrée ils nous proposaient un concert de Cléa Vincent suivi d’un plat de résistance aux saveurs nouvelles avec un concert de Cliché avec des inédits et les nouvelles chansons de l’EP qui ne devrait pas tarder à arriver…

Pour l’occasion, Le Type a parlé de la French Pop, de pizza, des anglais et de Jacques avec deux membres du quintette bordelais, Eloi et Hervé.

Cliché, une petite présentation, qui êtes-vous ?

Hervé : Bon alors là, le groupe n’est pas au complet. Il y a le batteur Julien Grolleau, Eloi Potier qui fait du clavier et qui chante, moi Hervé Puvilland qui fait la guitare et le chant et Jean Godet qui sonorise le groupe. Et après il y a en plus François-Xavier Levieux à la basse et Jérôme Chadefaud qui est en haut sur le ponton avec sa pâte folle et qui joue de la guitare.

Du coup, comment est né ce projet ?

Hervé : C’est une longue histoire, avec Eloi on se connaît depuis qu’on a huit ans. On a commencé à faire de la musique ensemble quand on en avait dix-huit. A l’époque on s’appelait LZC : Le Zéro Contrainte. Meilleur groupe de la terre ! Et puis après on s’est séparé, on a un peu fait des projets chacun de notre côté et on s’est retrouvé lorsqu’on avait trente ans pour faire ce projet, Cliché.

Eloi : On jouait des morceaux qui existaient déjà depuis pas mal de temps, enfin du moins pour certains.

Hervé : Aujourd’hui on fait des morceaux qu’on a composé en 2002 – 2003.

Cette release party, c’est en l’honneur de quoi ?

Hervé : On avait envie de faire un concert et voilà.

Eloi : Oui, et puis aussi on sort un deuxième EP, mais on ne l’a pas là en fait. Il n’est pas encore pressé, ce n’est pas encore finalisé quoi.

Hervé : Disons que le disque est prêt mais après c’est toujours compliqué par rapport au label et tout. On ne sait pas encore trop dans quelles conditions on va le sortir. Après il ne faut peut-être pas en parler de ça.

Eloi : En gros l’EP sortira plutôt vers le mois de janvier. Mais ce soir on présentera quand même de nouveaux morceaux et même d’autres morceaux qui ne sont sur aucun des EP !

Hervé : Il y a des morceaux qu’on va jouer pour la première fois là, c’est vraiment l’événement.

En gros c’est un avant goût de ce qui va arriver en janvier ?

Hervé : Ouais c’est ça. Et peut-être même plus tard pour certain trucs. Il y a un morceau qu’on veut absolument mettre sur l’album qu’on fera peut-être à la rentrée 2016.

Donc il y a un album de prévu ?

Hervé : Souvent la logique c’est de faire deux EP et après un album. Ce n’est pas très original, on fait un peu comme les autres.

Demain vous êtes à Renne pour les Bars en Trans. Hâte ?

Eloi : Ouais, on joue au Dejazey !

Hervé : On avait déjà tenté l’année dernière, mais on n’avait pas eu de suite. Et puis là on va faire un concert, du coup on est content. Moi je l’avais déjà fait avec d’autres groupes avant et c’était top. C’est une super soirée, tu fais bien la fête. Tu joues dans un bar et après tu passes dans un autre bar. Et tu vas d’un bar à l’autre pour voir des concerts et c’est vraiment cool.

Eloi : En plus on a d’autre potes de Bordeaux qui jouent demain soir aussi, donc si on arrive à bien se combiner je pense qu’on va se retrouver. C’est I Am Stramgram qui est sur Les Disques du Fennec.

Yes, ça va être l’exportation des crus bordelais à Rennes en quelques sortes.

Eloi : C’est ça.

Hervé : Mais on ne joue pas dans le même bar, on se retrouvera après.

Eloi : D’ailleurs, ça aurait été bien qu’on joue dans le même bar, ça aurait été parfait !

J’ai vu que Trax, par rapport à votre premier EP, a dit que « la langue française apporte une indéniable délicatesse à l’ensemble ».

Hervé : Trax à dit ça ? C’est beau !

Ouais !

Hervé : Ah mais ce n’est pas Tracks de Arte, c’est Trax Magazine.

Eloi : Mais c’est super cool !

Du coup, parlez-moi un peu de ce choix de toujours chanter en français.

Eloi : Ça nous paraissait évident, moi j’écris en française parce que c’est ma langue. Enfin on ne se voyait pas utiliser une autre forme.

Hervé : C’est ce qui nous unie avec Eloi. En fait Eloi c’est plus l’auteur et moi je suis plutôt le compositeurs du groupe. Après qu’on ait arrêté de faire de la musique ensemble, vers 2003-2004, j’ai fais plein de groupe. Notamment de l’électro et aussi des groupes où l’on chantait en anglais. J’ai toujours eu un anglais à chier et au bout d’un moment t’en a un peu marre, tu te sens un peu comme un imposteur quand tu chantes un anglais que tu écris vite fait comme ça, ou bien quand le premier anglais qui écoute se fout de ta gueule. Du coup j’avais vraiment envie de refaire du français, et avec Eloi on a uni nos forces pour ça.

Eloi : Ouais voilà, le français c’est plus naturel.

Quelqu’un passant par là : Et vos premiers projets c’était en français aussi en plus, vous avez la voix de Gainsbourg et tout.

Hervé : Non c’est lui qui avait ma voix ! (rire)

Avec vos paroles en français, on vous rattache souvent au mouvement French Pop, qu’en pensez-vous ?

Hervé : Je ne sais pas ce que c’est, jamais entendu parlé. (rire)

Eloi : Ça nous fait un peu marrer.

Hervé : On ne va pas cracher dessus quand même car on a joué pour un festival qui s’appelle le French Pop. D’ailleurs, c’était l’un des premiers concerts de notre vie au French Pop, ici à l’iBoat. C’était peut-être même le deuxième concert qu’on ait fait. Bref, le style « french pop » c’est un peu fourre-tout. Parce qu’au final, tout les groupes que je connais à qui on donne cette étiquette disent qu’ils ne comprennent pas ce truc là. Au final ce sont simplement des groupes qui chantent en français. Après c’est peut-être à prendre d’une façon un peu désinvolte. Les groupes de french pop écrivent en français peut-être un peu comme les anglais écrivent leurs textes. C’est à dire que finalement le texte passe en second plan. Nous on attache quand même vachement d’importance à l’écriture, du coup je ne pense pas qu’on puisse dire que nous sommes un groupe de french pop.

Eloi : Puis même l’étiquette en elle même nous fait un peu rire car prendre une étiquette en anglais pour parler d’un truc en français, c’est ça la blague justement.

C’est assez paradoxal en effet.

Eloi : Oui un peu.

Hervé : D’ailleurs on a des copains, c’est le groupe Pendentif, eux c’est pareil. On dit toujours que c’est un groupe de French Pop, mais ils ne se sont jamais trop reconnu là-dedans. Même si eux ils font un peu parti du début de la vague, donc c’est vrai qu’ils ont un peu ce côté là d’écrire en français un peu comme les anglais écrivent leurs textes.

Eloi : Tu veux dire qu’ils écrivent avec les pieds ? (rire)

Hervé : Je pense qu’ils écrivent vite fait un texte sur un coin de table, ils n’accordent pas beaucoup d’importance aux textes. Enfin j’ai déjà discuté avec eux de ça et c’est vrai que, pour eux, ce qui est important c’est la musique, et le texte va plutôt être considéré comme un élément, un instrument en plus dans la chanson. Alors que nous le texte est aussi important que la musique.

Eloi : On rentre vraiment dans un univers, le but du jeu c’est un morceau, un univers. Et c’est grâce au texte aussi !

Parlons d’un de vos meilleurs souvenir de concert au sein de Cliché, qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Eloi : Je pense que c’est la première partie de Tellier au Rocher de Palmer, c’était quand même une jolie date, il y avait un super son sur scène, c’était assez agréable.

Hervé : Moi j’ai l’impression que les bons souvenirs ils sont pour plus tard. J’ai pas l’impression, maintenant, d’avoir encore trouvé ma place en live. J’ai encore plein de trucs à apprendre et j’ai l’impression que je kifferai plus tard en fait.

Eloi : La Get Wet c’était bien quand même, quand on avait joué à l’Heretic, c’était une bonne soirée.

Hervé : Ouais, c’est sur.

Eloi : On jouait avec Babe et Gomina, c’était bien !

Hervé : Quand j’y réfléchis il n’y a rien qui me vient… Pourquoi je fais ce groupe ? (rire)

Eloi : Au point Éphémère à Paris c’était cool aussi ! J’avais bien aimé cette date.

Hervé : Au point Éphémère c’était très chouette, c’est vrai. Là je réfléchis, et j’aimerai bien dire un truc mais il y en a eu tellement en fait.

Eloi : Notre meilleur souvenir ce sera ce soir…

Hervé : Enfin bon, si tu parles de la scène pure et dure, je me prends toujours la tête, j’espère qu’à un moment j’arriverai à être suffisamment à l’aise sur scène techniquement et aussi au niveau du chant. Et réussir à vraiment kiffer de A à Z. Car il y a toujours des moments sur scène où je suis là, et je me dis « ah mais là je l’ai mal chanté ». Alors je me prends sûrement trop la tête, mais je suis sûr qu’à un moment j’arriverai sur scène, je serai là, comme à la maison en mode Johnny Hallyday, tout va bien quoi !

Eloi : Ah mais ça c’est pour bientôt ! Bon après c’est du boulot aussi.

Maintenant, c’est le moment de ma question type : si Cliché était une garniture de pizza ?

Eloi : Et bien, ce serait une pizza avec une moitié végétarienne déjà.

Hervé : Moi je dirai avec du fromage…

Eloi : Peut-être une quatre fromages alors, enfin cinq fromages du coup. Chacun apporte son petit truc, une saveur particulière. C’est bien cinq fromages non ?

Hervé : En fait, base tomate avec juste une olive peut-être. Ah non, moi ce que j’adore dans les pizzas c’est qu’il y ait un œuf tu vois. Après, finalement l’œuf c’est un peu la cerise sur le gâteau, donc ça fait un peu truc en plus…

Eloi : On ne t’a pas demandé ta pizza préférée hein (rire) ! Il faut un truc indispensable, genre de la tomate ! On ne peut pas faire une pizza sans tomate. Hervé c’est la tomate et moi je suis l’olive.

Hervé : C’est marrant car je n’arrête pas d’en faire des pizzas en ce moment et je commence à avoir une bonne technique en plus !

C’est un signe ! Bref, Cliché on vous retrouve en janvier avec un EP normalement, pour le moment c’est la release party à l’iBoat. Il n’y aura pas d’autre concert à Bordeaux ?

Hervé : Non, il n’y a rien de prévu pour l’instant.

Eloi : Enfin on va voir car on a eu le Fair il n’y a pas longtemps. Donc ça va peut-être changer des choses. On va voir les dates, ça va se faire progressivement. Mais on va quand même prendre le temps de finaliser l’EP et il y a aussi des trucs perso qui font qu’on verra. Notamment il y a un heureux événement qui va arriver fin décembre…

Hervé : C’est parce que je vais être papa.

Eloi : On va se prendre un peu de temps en janvier, ça va être assez calme. Et on va un peu laisser Hervé pouponner.

Hervé : Moi j’ai surtout envie de faire de la techno en ce moment ! En plus j’ai réparé une machine là, donc ouais j’ai vachement envie de faire ça. Et Eloi il va passer son permis aussi !

En fait bientôt ce sera Hervé dans la cale du bateau pour un set techno et Eloi au volant d’une voiture !

Eloi : Mais en plus ça pourrait être possible. Fx le bassiste du groupe organise les Get Wet, parce qu’il fait parti de Vie Sauvage, et moi aussi d’ailleurs. Et là ils on fait leur première soirée où il y avait concert plus club à l’iBoat.

Ah oui j’y étais, enfin que pour la partie club, et Jacques c’était super !

Hervé : Le concert c’était Static Observer, un groupe dans lequel joue notre batteur, et Jacques ça avait l’air bien ouais !

Oui carrément, Jacques avait plein d’objets avec lesquels il fabriquait son live ! Il avait une corbeille à papier, un saladier… A un moment il a même gratté une grille du plafond de la cale pour récupérer le son que ça faisait. C’était top comme soirée.

Eloi : Je n’y étais pas moi.

Hervé : Je serai bien venu car j’aurais bien aimé voir ce que ça pouvait donner justement. Parce que bon, généralement à l’iBoat c’est un mec qui joue des disques ou des vinyles mais là c’est un gars qui fait un truc qui sort un peu de l’ordinaire. En plus il y a quand même une bonne partie des gens qui viennent à l’iBoat sans savoir ce qui joue, du coup je me demande bien comment les gens ont réagi en voyant ça.

En plus c’est cool ce format de faire un concert qui est suivi d’un club.

Eloi : Ouais c’est cool !

Hervé : Bon il y a toujours plus de monde en club qu’en concert hélas, mais ouais c’est top.

Eloi : C’est pas la même chose aussi, on espère que ce sera l’inverse ce soir !

D’ailleurs parlons de ce qui va constituer cette Release Party !

Eloi : Il y a une expo de Pierre Cordier. A la base c’est un bon pote, et je ne savais pas qu’il peignait. On discutait juste comme ça et il m’a montré sur son smartphone ses toiles et j’étais là « wow mais c’est hyper bien » et il commençait tout juste à peindre en plus Après ça a pris hyper rapidement. C’est assez simple, mais il y a vachement d’émotion qui se dégage de ses toiles. Même les couleurs, c’est vraiment bien !

Hervé : C’est la première fois qu’on fait venir quelqu’un comme ça pour une expo et c’est la première fois aussi un peu qu’on ne joue pas en première partie, ou plutôt c’est la première fois qu’on joue un peu en tant que tête d’affiche.

Cliché lors de la release party à l'Iboat
Cliché lors de la release party à l’Iboat

C’est bien quand même à un moment de devenir la tête d’affiche non ?

Eloi : A la maison, à Bordeaux c’est cool ! En plus à l’iBoat, c’est un lieu que je connais bien car j’y ai bossé deux ans. Fx connait hyper bien aussi vu qu’il organise des trucs ici.

Et en ce qui concerne le choix de Cléa Vincent pour ouvrir cette soirée ?

Hervé : Alors Cléa Vincent je l’avais sonorisé une fois, à Vie Sauvage justement. Elle avait joué dans un bar pour le Off du festival, c’était la première fois que je sonorisais de ma vie d’ailleurs. Je connaissais déjà et j’adore ce qu’elle fait.

Cléa Vincent
Cléa Vincent

Eloi : Ouais voilà, on l’aime beaucoup.

Hervé : En plus on a appris qu’elle aimait beaucoup Cliché aussi, du coup ça nous a fait encore plus plaisir.

Eloi : On est content de l’inviter et on est content qu’elle ait dit oui aussi.

Hervé : En plus ils sont hyper sympas !

Eloi : Il y a Baptiste qui joue de la basse avec elle et qu’on avait déjà rencontré ici. Il passait avec son groupe de grunge pendant une soirée un peu mémorable.

Hervé : Ouais en première partie de Jérôme Violent, un groupe dans lequel je fais de la basse. On avait passé une super soirée.

Dans la scène bordelaise tout le monde se connaît, on dirait que vous vous échangez les musiciens un peu.

Eloi : Bah ouais, c’est vrai qu’on a rencontré Fx et Vie Sauvage il y a quelques années déjà et on va dire que nous on est plus âgés quoi. Julien et Jérôme ont trente-cinq ans et eux ils ont presque huit ans de moins. Il y a deux sphères qui se sont rencontrées.

Hervé : Parce qu’on a peur de vieillir peut-être un peu.

Eloi : C’est vrai que l’on commence à bien connaître la scène de Bordeaux. Donc eux de les avoir rencontrés, des jeunes, c’est bien. Et on s’est rencontré à l’iBoat d’ailleurs avec Fx. Je faisais les lumières et Fx jouait de la basse et pendant les balances j’ai fais « oh il a un son de porc » et du coup je lui ai demandé « eh tu veux pas jouer dans mon groupe ? ».

Hervé : En fait on est une bande de potes musiciens

Bon et bien merci beaucoup Eloi et Hervé !

Hervé : C’est fini ?

Un dernier mot alors ?

Eloi : Euh, oui !

Hervé : Merde, pour nous ce soir.

Le Type remercie encore les membres de Cliché de lui avoir octroyé un peu de leur temps. Vous pouvez les retrouver sur les réseaux sociaux ici. Mais aussi en concert au Krakatoa le 11 mars prochain.

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