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2015

Rencontre avec NONMA

dans MUSIQUE

Dj installée à Biarritz et membre du collectif sans frontières Flow-fi, NONMA a animé 2015 avec une série de mixes publiés sur Soundcloud mettant à l’honneur un groove à la croisée des genres. Le timing était donc idéal pour évoquer avec elle son parcours, ses projets futurs mais aussi sa vision de la place des femmes dans la musique.

Peux-tu te présenter en deux mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Manon. J’ai 25 ans, j’habite à Biarritz. Je suis dj à mes heures perdues mais avant tout passionnée de musique et diggeuse archarnée.

Tu es membre du collectif australien Flow-fi, raconte nous en plus sur cette connexion ?

En fait, Flow-fi c’est vraiment international, le roster est composé d’artistes des 4 coins du monde. Le collectif  a été créé par des artistes que je suivais de près en 2013/2014 (Aywy, Fortune, Subdaio…).

Je commençais tout juste à poster des mixes sur mon Soundcloud. On avait tous plus ou moins les mêmes influences (à savoir tout ce qui était « future beat »/hip hop) c’est ce qui a fait la connexion. Apres avoir échangé quelques tweets et messages, le producteur parisien Maximus MMC m’a fait la proposition de rejoindre le collectif, c’était une bonne surprise. Le label a pris du poids et ses artistes aussi en 2 ans, certains tournent désormais dans le monde entier, je suis fière d’eux.

Il est vrai que le milieu du mix est majoritairement masculin, comment tu vois la place des femmes dans la musique aujourd’hui ?

Ces dernières années on a quand même pu voir une évolution. Il y a eu de plus en plus de soirées organisées avec des filles derrière les platines, notamment à Paris ou dans les grandes villes (c’est aussi grâce à la montée des labels comme Soulection par exemple) je trouve ça vraiment chouette. Dj c’est une passion, un talent et une profession. Ce serait bien que l’étiquette masculine associée à cette pratique s’efface petit à petit. L’image de la fille dj « sexy » persiste encore, une fille qui mixe c’est souvent attractif simplement parce que c’est une fille. Je trouve ça lassant et dépassé. Mais c’est bien parti pour changer.

Ce qui serait bien aussi c’est voir la pratique du beatmaking et la production de musique en générale se développer chez les filles. Pour le coup, si il y a peu de dj femmes, il y a encore moins de beatmakers femmes. Je trouve ça tellement dommage. Je suis persuadée que les femmes auraient bien des choses à apporter que ce soit dans la production de beat de rap ou d’electro, une sensibilité, une vision différente…

Et justement, comment tu expliques qu’il y ait moins de femmes à la production ?

En fait je pense que c’est parce que pour produire de la musique avec un ordinateur et des logiciels il faut avoir un coté geek, qui fondamentalement est plus associé aux garçons… Les filles auraient plus tendance à jouer d’un instrument « réel ».

De plus, le beatmaking est un terme qu’on associe au rap/hip-hop en général et produire pour des rappeurs est quelque chose qui a sans doute attiré les garçons plutôt que les filles à l’origine. Cependant c’est intéressant de voir que de plus en plus de chanteuses produisent leur propre musique et posent leur voix dessus. Il y a aussi aujourd’hui des filles très reconnues dans cette pratique, je pense par exemple à Wondagurl.

Ton dernier mix s’appelle « No Rap Mix », est-ce une réaction à une tendance rap qui prend de plus en plus de place ces derniers temps ?

Je l’ai appelé comme ça car c’était le premier mix que je postais sur mon Soundcloud sans aucun track de rap. Du coup c’était juste pour annoncer un peu la couleur avant l’écoute.

Tu partages essentiellement des mixes, est-ce que tu t’es déjà essayée à la production ?

Oui bien sûr, c’est une chose que je rêve de faire en fait. La nuit je rêve même que je fais des beats super cools. Et je me réveille déçue, sans aucune compétence.

J’ai téléchargé des logiciels de productions, Ableton, Fl studio… j’ai bidouillé des trucs. Mais ça demande vraiment de la patience, du temps, de l’entrainement, du visionnage de tuto… Je ne perds pas espoir d’arriver à faire quelques chose dans les mois ou années à venir, en attendant j’écoute ce que font les copains et donne mes idées et avis.

Quelle place a la musique dans ta vie aujourd’hui ?

La musique est clairement vitale, comme pour beaucoup. J’aime vraiment écouter de nouvelles choses tous les jours et prendre des claques sur des morceaux. Je fouine partout à la recherche d’une perle. La musique selon moi, c’est le moyen d’expression le plus efficace, le plus puissant et le plus communicatif. Il n’y a pas de musique sans rencontres et de rencontres sans musique.

J’ai moins eu l’occasion de me concentrer sur le label et les dj sets ces derniers temps. Je joue toujours un peu de musique dans les bars à Biarritz (penser local c’est important !) j’ai d’ailleurs rejoint le collectif « Musique d’Apéritif » qui organise pas mal de concerts, soirées, expos et se bougent les fesses pour faire vivre un peu le coin. J’aime beaucoup leur enthousiasme et leur état d’esprit.

Sinon, je pense upload un mix (un peu différent) très prochainement.

Quels sont tes prochains projets ?

Mon vrai plaisir c’est plutôt d’aider les autres à faire connaitre leur projet, partager, discuter. En plus de mon truc perso, l’envie de créer un blog/site qui parlerait justement des femmes dans la musique et qui donnerait peut être envie à celles-ci de se lancer dans la production de musique me trotte dans la tête depuis un moment maintenant. J’aimerais vraiment me pencher dessus. C’est une affaire à suivre.

Si tu devais en choisir un, avec quel artiste aimerais-tu partager les platines le temps d’une soirée ?

Un artiste, c’est super dur… En fait je dirais avec tous les gars de Flow-fi ! Mais sinon je choisirais surement Kaytra…parce que ses influences sont géniales et que je l’affectionne particulièrement.

Pour finir, quels ont été tes coups de cœurs musicaux en 2015 ?

Bon sans surprise l’album de Tame Impala est une pure merveille. Ceux de Kendrick et Tyler the Creator également. Plus récemment celui de King Krule.

Et en vrac, j’ai eu un coup de coeur pour les projets/albums/eps  de Anderson Paak, Sevdaliza, Toro y moi, Unknown Mortal Orchestra, River Tiber, Tory Lanez, Potatohead People, Nao, Maribou State, The Internet, Tuxedo…(et tellement d’autres).

Et Bordeaux ?

Où est ce qu’on peut te voir danser le samedi soir jusqu’à 5h du mat’ ? Je ne vais pas être originale, mais je vais dire l’Iboat. La programmation est cool. On y croise les copains. Et j’ai fait mon 1er set là-bas, forcement c’est sentimental.

Où est ce qu’on peut te voir manger un dimanche midi (le lendemain donc…) ? Dilemme, je ne mange pas vraiment le lendemain de cuite… Mais je peux conseiller un burger chez Edmond Pure Burger ou au Kokomo.

Dans quel quartier peut-on te croiser avec un appareil photo ? J’aime beaucoup le vieux Bordeaux, quartier Saint Pierre ou chiller sur les quais quand il n’y a pas trop de monde.

Les bordelais du mois #05 – L’équipe du VOID (feu Heretic)

dans DIVAGATIONS LOCALES/MUSIQUE

Lorsque la nouvelle est tombée un jour de novembre, c’est peu dire que pas mal de bordelais ont eu un coup de flip ; l’Heretic, l’une des seules salles du centre-ville encore capable d’accueillir une programmation d’une grande qualité allait fermer. Qu’allait-il advenir d’un lieu pourtant essentiel à la vitalité culturelle bordelaise ? Heureusement, très rapidement, une bonne nouvelle est venue recouvrir la première : le VOID allait prendre la suite de l’Heretic. Le lancement d’une campagne de crowdfunding (toujours en cours) nous donna quelques éléments d’informations supplémentaires quant à la manière dont la nouvelle équipe du lieu (Boubi, Pierrot, François, Michol, Nyky et Ricky) allait envisager le fonctionnement et le contenu proposé par le VOID. Afin d’en apprendre un peu plus sur les contours du nouveau projet, le Type est allé poser quelques questions à deux des membres de cette nouvelle équipe. Interview fleuve avec Boubi et Pierrot, représentants pour l’occasion du VOID.

Crédits photos : Alice Belair

Pour commencer, pouvez-vous présenter l’équipe, vos parcours, et comment vous êtes-vous tous rencontrés ?

Boubi : On s’est tous rencontrés en bossant ici, à l’Heretic. Pierrot est là depuis quasiment le début, 9 ans et demi. Moi je suis arrivé dans l’équipe il y a environ 5 ans. En tout on est 6, on a tous bossé ici et on continue. Il y aura François, Nyky Michol, Ricky, Pierrot et moi.

Pierrot : Concernant nos parcours personnels, on est tous musiciens, pratiquants d’un instrument. Boubi est batteur, François aussi… C’est cette pratique amateur qui nous réunit. On n’a pas vraiment de parcours particulier, moi j’ai bossé dans le socio-culturel par exemple. On n’est pas des investisseurs ou des créateurs d’entreprise à la base. On est sur un format associatif, on a une association loi 1901, tout ce qu’il y a de plus classique, qui vise la promotion de la culture locale, internationale, et ça en tant que salle de concert.

Qu’est-ce qui a poussé les actuels dirigeants de l’Heretic à arrêter ?

Pierrot : Ce sont des choix de vie. Ça fait 20 ans qu’ils sont dedans, ils approchent 40 ans ; certains ont des gosses, d’autres sont mariés et ont donc d’autres aspirations. Nous, on a toujours évolué dans cette scène-là, les concerts, le punk, ce qui se fait en France, en Europe ou dans le monde. Eux, c’est pareil et c’est comme ça qu’on s’est connus, sur les festivals ou d’autres concerts. C’est cette passion commune qui nous a fait travailler ensemble et qui nous fait reprendre la salle aujourd’hui.

Vous avez fait le choix de commencer par une campagne de crowdfunding, comment ça se passe ?

Pierrot
Pierrot

Pierrot : Ça se passe bien. On s’est rendu compte, quand on a annoncé la fermeture officielle de l’Heretic, que ça marquait beaucoup les gens. On a eu une énorme audience, on était loin d’imaginer ça. On a attendu que l’effet retombe un peu – mais pas trop – pour expliquer que ça n’allait pas fermer définitivement. C’est vrai qu’on avait besoin de ce crowdufing pour deux choses. D’une part pour boucler le budget, qui est quand même assez conséquent, et également pour voir si ça a vraiment un impact, pour voir si les gens sont motivés, s’ils ont envie de s’impliquer un peu plus. Que ce soit financièrement ou même d’une autre façon. On a par exemple beaucoup de gens qui nous proposent du bénévolat ou de filer un coup de main, chacun en fonction de son savoir-faire.

Vous avez eu du soutien de la part des pouvoirs publics ?

Boubi : On ne les a pas contacté. La salle n’en a jamais eu, elle a toujours fonctionné en autofinancement. C’est dans l’idée de rester le plus indépendant possible, on n’a pas envie d’avoir de comptes à rendre. Et puis, éthiquement, vu la scène d’où on vient, on est dans un esprit DIY. Si on gagne de l’argent tant mieux, mais si on n’en gagne pas, tant pis.

Et avec les riverains, ça se passe comment (la salle est en plein centre ville de Bordeaux, rue du Mirail ndlr) ?

Boubi : Ça s’est toujours bien passé. C’est peut être un des seuls lieux qui ferme par choix et pas pour des raisons administratives…

Oui parce que ces derniers temps on a pu dénombrer un certain nombre de lieux qui ont fermé, entre la fermeture temporaire (entre mars et octobre 2014) du Bootleg , ou celle définitive du Saint-Ex, du Boobooz…

Pierrot : C’est la politique de la ville qui veut ça… Après, on a pu avoir quelques soucis, mais peut-être deux plaintes en dix ans, et qui sont restées sans suite. On a toujours eu de très bons rapports avec la police. Quand ils viennent, ils savent qu’ils peuvent tomber sur quelqu’un et discuter. Et même au niveau des retours que j’ai pu avoir des médias, on a toujours eu un bon écho auprès de la mairie, qui a l’air de considérer qu’on fait les choses bien.

Concernant l’origine du nom du projet, d’où est venue l’inspiration ?

Boubi : VOID c’est un groupe de hardcore des années 80, qui est mon groupe préféré personnellement.

Pierrot : C’est venu dans le brainstorming. Il fallait un nom, un concept qui plaise, avec du sens, une signification qui parle à tout le monde. Que ça parle, autant mélodiquement que par écrit. On a mis du temps à se mettre d’accord, on avait d’autres idées de noms mais qui, après réflexion, ne marchaient pas trop. En tant que nom « the void » signifie le vide, et l’adjectif peut signifier énormément de choses ; vomir, rendu, déclassé, annulé, abandonné… Aux Etats-Unis, il y a un tampon hyper connu en mode militaire estampillé VOID. On peut l’associer à tout ça et donc c’est resté.

Ne pas reprendre le nom de l’Heretic était un choix de votre part ?

Pierrot : Après concertation, on a décidé que, pour l’équipe qui arrête, celle qui reprend, et le public, il fallait un peu de cohérence et de lisibilité dans tout ça. Et c’est normal ; quand t’as ton projet qui s’arrête, t’as pas forcément envie que des gens derrière reprennent avec le même nom.

Par rapport à l’Heretic, quelle différence va-t-il y avoir en termes de programmation ?

Boubi : On va avant tout continuer à faire ce qu’on aime, les concerts qui nous plaisent.

Pierrot : On va continuer à travailler avec les assos avec lesquelles on travaille régulièrement, que ce soit en punk rock, pop ou électro… On maintient les partenaires, on a déjà travaillé sur la programmation. On va rester sur une ligne « musique actuelle » pour être large. Après, c’est vrai que nos sensibilités musicales personnelles sont peut-être plus larges que ce qui était proposé ici. On va donc essayer, avec nos propres réseaux, de proposer plus de hip hop, de soirées électro, que nous produirons.

Parce que avant c’était surtout des organisateurs externes qui organisaient les soirées…

Pierrot : Oui, on faisait surtout du lien, de la gestion de salle, avec ce lien vers les associations, les particuliers, les collectifs. Là, on a cette volonté de produire plus de choses nous-mêmes.

On verra donc toujours des soirées estampillées house ou techno ?

Boubi : On fait un peu le tri avec les gens avec qui on bosse dans ce milieu-là, parce qu’on se retrouve souvent juste à drainer les jeunes qui veulent se mettre la race, ce qui est assez chiant. On préfère bosser avec des gens qui font ça bien.

Pierrot : Peut-être viser un public plus âgé avec des trucs plus pointus. Il faut effectivement préciser qu’avant le VOID et l’Heretic, il y a eu le Plug et le Zoo Bizarre, qui étaient vraiment deux références dans le milieu électronique. Il y a encore des gens qui viennent nous voir pour nous parler du Zoo Bizarre, avec de très bons souvenirs. Ça montre que ça a vraiment marqué la mémoire collective des gens.

Boubi : De toute façon, on considère notre public dans sa globalité, il n’y a pas que des punks qui viennent ici. Ça se reflète au sein de notre équipe ; on est plein à écouter des choses différentes. En espérant que ça se ressente sur la programmation.

Il y a des lieux qui vous inspirent, en France ou à l‘étranger ?

Boubi : En ce qui me concerne, c’est plutôt des lieux que j’ai vu ailleurs qu’en France. Après, le truc c’est que nous avons format un peu bâtard. On n’est pas une boîte, pas un squat, on n’est pas un café-concert ; on est un club. C’est plus un format qu’il y a aux Etats-Unis, avec des plus petits clubs.

Pierrot : C’est le genre de lieux que tu retrouves beaucoup en Allemagne, ou en Angleterre. Le format intermédiaire qui n’existe pas vraiment en France. Et c’est ce qui est chiant dans le réseau de salles : t’as soit le café-concert, ou la SMAC, et entre les deux, pas grand-chose… Sans doute parce que c’est un modèle assez difficile à tenir économiquement ; tu peux pas faire plus en termes d’activités, mis à part ouvrir tous les soirs.

Boubi : On a aussi une éthique qui fait qu’on refuse de faire des places ou des consos trop chères.

Une partie de la carte aux prix cools.
Boubi & Une partie de la carte aux prix cools.

Pierrot : C’est vrai qu’on pourrait faire comme l’Iboat, changer les prix après minuit (depuis peu, les prix changent à 1h00, ndlr) ou ce genre de truc, mais on se targue d’avoir la carte la moins chère de la ville. Même à Saint-Michel, tu peux difficilement trouver moins cher. On continue à suivre cette ligne, pour avoir une politique d’accès large pour le plus grand nombre.
Pour les lieux inspirants, t’en vois plein quand t’es en tournée, des squats autogérés notamment. Pour le mythe, s’il fallait en choisir un, ce serait le CBGB à New York, qui était un club punk rock de la fin des années 70 et des années 80. J’ai vu plein de bouquins de photos où tous les groupes qu’on aime ont joué plusieurs fois. C’est en mode tout en bois, taggué partout, des affiches partout, hyper crado, c’est cet esprit de salle qu’on aime, celles qui ont véritablement une âme.

Justement, vous allez repenser le lieu ?

Pierrot : Il va y avoir un coup de neuf, deux-trois aménagements, on va rajouter une boule à facette. (rires)

Boubi : On pourra s’asseoir mieux, on a prévu quelques aménagements d’accueil. Ce sera plus cool pour tout le monde.

Est-ce qu’il y a des groupes, notamment locaux, que vous comptez soutenir, qui vous tiennent à cœur ?

Boubi : C’est ce qu’on fait tout le temps en fait. Surtout dans notre scène, hardcore et punk notamment, ça a toujours marché comme ça. On privilégie les groupes locaux. Dès qu’il y a un concert, on met des groupes locaux avec. On fait des soirées avec uniquement des groupes locaux, des DJ locaux aussi, de tous les horizons. Ça peut aussi être des groupes plus gros, qui viennent faire des release parties.

VOID_4

Quelles sont, selon vous, les qualités indispensables que doit avoir une salle pour bien fonctionner ?

Pierrot : La rigueur et la discipline déjà. L’ouverture d’esprit musicale.

Boubi : Et puis être cool avec les gens et faire des bières pas chères.

Pierrot : Ouais, tout le monde ne te le dira pas mais avoir une carte et des entrées hyper accessibles, ça te sauvera toujours la mise. Il y a plein de gens qui viennent le weekend sans connaître le programme mais ils savent que ça va pas être trop cher et que ça va fermer tard. Donc ils se disent que c’est un bon moyen de faire la teuf quoi.

Boubi : Et puis du coup, ça brasse un public plus large que des salles comme l’Iboat où les consos sont vraiment très chères. On n’a pas envie de ça, on n’aime pas ces endroits pour sortir, et on n’apprécie pas la politique qui en découle. On n’a pas envie d’être assimilé à ce genre de trucs.

Pierrot : Ouais il faut aussi avoir la foi, la ferveur. (rires)

Vous portez quel regard sur la scène culturelle bordelaise actuelle ?

Boubi : Ça bouge pas mal dans à peu près toutes les scènes. C’est les vieux qui trouvent que ça bouge plus parce qu’ils ne foutent plus rien en fait !

Pierrot : Ça s’est jamais trop arrêté en fait mais ça dépend des styles musicaux. Par exemple, le rock un peu veste en jean et garage est devenu hyper à la mode depuis 2-3 ans.

Boubi : Grâce aussi à des gars qui font vivre ça hyper bien.

Pierrot : Ouais c’est aussi les groupes à la mode qui font les scènes en fait. Et ça, ça ne se maîtrise pas.

Boubi : Ce qu’on aime, c’est quand il y a un truc limite « consanguin » qui se fait avec un petit groupe de gens qui fait plein de groupes et de projets différents ensemble.

Pierrot : C’est des générations de personnes en fait. En ce moment, il y a plein d’assos et d’orgas garage et punk un peu cheapos qui se montent. En électro, il y a eu une vague fin 2000 autour de la minimale, truc berlinois. Maintenant, la house est revenue… C’est hyper cyclique en fait.

Boubi : Et puis dans la scène punk aussi il y a plein de vieux de la vieille qui sont encore là et qui seront toujours là.

Pierrot : Ouais par exemple un truc comme l’Athénée Libertaire qui est là depuis 68 si tu veux… Bon après c’est hyper niché, des trucs de punks ou assimilés. Mais ça reste un lieu qui est hyper méritant pour ne jamais avoir dévié de la ligne qu’ils s’étaient tracés.

Pierrot et Boubi dans les couloirs du VOID
Pierrot et Boubi INTO THE VOID

Et est-ce que pour vous Bordeaux c’est une ville underground ?

Pierrot (de façon nette et tranchée) : Non. (rires)

Boubi : C’est quand même une ville de bourges Bordeaux !

Pierrot : Non mais ça l’a été dans les années 80 quand il y a eu beaucoup de groupes de rock précurseurs style Noir Désir, Strychnine… Mais ça ne l’est plus trop maintenant. Tu vois quand je suis arrivé tu avais des salles partout à Bordeaux : le Son’Art, l’Inca, la Bamboula… J’sais pas mais des salles il y en avait bien une quinzaine et en 10 ans plus une seule. La politique de la ville n’est pas du tout dans ce truc là quoi.

Boubi : Ouais ça n’a rien à voir avec la motivation des gens mais quand on te donne pas le droit de le faire…

Pierrot : Ça collait avec l’image de la ville quand elle était noire, pleine de crasse et de voitures. Mais maintenant c’est des design stores et des marchands de je-ne-sais-quoi-d-eau-fraîche… Une autre image quoi, plutôt bourgeoise et clean.

Vous regrettez ça alors ou quoi ?

Boubi : Je ne sais pas si on le regrette parce que c’est vrai que ça apporte un côté tranquille.

Pierrot : De toute façon, il y avait des rues, il y a 10 ans, où tu ne passais pas le soir parce que c’était des énormes coupes gorges. Maintenant, tout le monde trace, picole, fume des joints, baise, pisse partout… Dans les années 80, tu ne pouvais pas sortir comme tu le voulais, comme c’est le cas maintenant. Ça passe aussi par des caméras partout et une politique plus consumériste. C’est même inscrit dans la politique de la ville avec des projets comme Bordeaux 2030 où on t’explique qu’ils veulent créer des pôles « Sortir la nuit » comme ils font aux Bassins à Flots. Tu sens qu’ils veulent tout virer mais, en même temps, ils nous ont gardé, pour on ne sait quelle raison. On reste optimiste pour la suite mais bon.

Boubi : On n’a pas de relations avec la ville et c’est pas plus mal. Je crois qu’il y a une espèce d’accord tacite : on les fait pas chier, ils nous emmerdent pas.

Pierrot : Il y a une paix sociale aussi. Les flics passent tous les soirs par exemple et voient bien qu’il n’y a pas d’embrouille comme il peut y en avoir ailleurs.

Pour finir, est-ce qu’on pourrait avoir un avant-goût de l’agenda 2016 du VOID ?

Boubi : On va ouvrir mi-janvier. On a déjà des trucs qui sont programmés jusqu’en novembre 2016.

Novembre 2016 ?!

Pierrot : Ouais ! Les programmateurs n’ont pas attendu en fait, on est en contact avec eux depuis longtemps et depuis début décembre ça s’enchaîne à mort. De toute façon, tout le programme complet sera mis en ligne fin décembre/début janvier.

Et des belles surprises du coup à attendre en termes de programmation ?

Boub: Ouais on est plutôt contents.

Pierrot : En électro, si tout se fait, il y avoir des trucs vraiment pas mal et qui peuvent surprendre.

Merci à vous, on se retrouve le 14 janvier pour la soirée d’inauguration du VOID (event) !

Interview réalisée avec Marion Bernès.

Infos :

La renaissance de la scène chilienne

dans MUSIQUE

Quand on parle du Chili, on pense forcément à la grande figure du socialisme que fut Salvador Allende, à l’écrivain engagé Roberto Bolaño ou encore à l’artiste touche-à-tout Alejandro Jodorowsky (dont, camarade bordelais, tu as certainement dû voir la rétrospective au CAPC). Mais le Chili c’est aussi et surtout une scène musicale électronique qui, après avoir émergé à la fin des années 90 puis connu un passage à vide, est en plein renouveau. Tour d’horizon de ces artistes chiliens que l’on a tant aimés et de ceux que l’on aimera.

L’évolution de la culture d’un pays est souvent liée à son histoire politique. C’est d’autant plus vrai pour le Chili. Retour en 1973. Le général Pinochet prend le pouvoir à la suite d’un coup d’état. Les répressions seront légion et, durant les années qui suivirent, de nombreuses familles quittèrent le pays pour l’Allemagne. La plupart s’installeront à Cologne, ville où l’on retrouve encore une grande communauté d’origine chilienne. L’émulation aidant la créativité, des artistes comme Matias Aguayo émergent et sont soutenus par les grands labels locaux comme Kompakt Records. Leurs productions seront d’inspiration minimale et micro house. La marque de fabrique de Matias Aguayo vient du fait qu’il n’hésite pas à utiliser des sonorités latines et à poser sa voix sur ses sons, ce qui lui a permis de moderniser l’approche de la tech-house et qui inspirera de nombreux autres artistes.

Bien sûr, aux côtés de Matias Aguayo comment ne pas parler de Ricardo Villalobos. Contrairement à Aguayo, Villalobos s’exilera à Berlin avec sa famille. C’est grâce à un label berlinois, Playhouse, qu’il gagne en notoriété dans les années 90. Aussi bien influencé par Depeche Mode que Philip Glass, il a une approche un peu moins club de la musique que Matias Aguayo et est, avec ce dernier, la figure de proue de la scène électronique chilienne.

A ces « anciens », bien qu’encore en activité, a succédé celui unanimement considéré comme un des plus talentueux de la nouvelle génération, Nicolas Jaar. Si talentueux que même le très exigeant (mais surtout très snob) Pitchfork a salué tous ces albums. Contrairement a ces deux illustres aînés, il navigue davantage dans un univers ambient que tech-house. Et comme tout ce qu’il touche se transforme en or, rappelons qu’il était la moitié de l’éphémère mais non moins excellent duo Darkside. Et pour ne rien gâcher au plaisir, signalons que sa mère est française !

Néanmoins, si ces trois noms sont extrêmement connus, d’autres jeunes artistes chiliens ont commencé à faire énormément parlé d’eux ces derniers temps. Principalement par l’intermédiaire du jeune label Comeme Records (Matias Aguayo, DJs Pareja, …), fondé en 2009, qui vise à accompagner de jeunes artistes sud-américains. En ce qui concerne la scène émergente chilienne, citons notamment Diegors qui a déjà sorti trois projets sur ce label.

Un autre label très engagé dans la promotion de la culture tech-house latino-américaine est Sanfuentes Records créé par Vicente Safuentes. On peut y retrouver Roman & Castro qui nous délivrent un son énergique, sombre, fou et résolument club-friendly. Leur dernier EP, Bajo, a d’ailleurs été salué par des mecs comme Tim Sweeney ou Boyz Noize.

Mais s’il ne devait en rester qu’un, ce serait Alejandro Paz. Le digne héritier de Matias Aguayo, qui reprend ses codes de productions tout en arrivant à moderniser le concept. Un excellent dernier EP, sorti en collaboration avec le parisien La Mverte, mais surtout un sublime premier EP, « Free », dont est tiré le très obsédant « Duro ». Ce petit tour d’horizon permet de se rendre compte de l’énorme potentiel de la scène chilienne. Et à ce niveau là, nul doute que l’avenir leur appartient.

[Interview] Cliché

dans MUSIQUE

Cliché c’est avant tout une bande de potes. Leur musique est délicate tout en restant énergique, et les paroles sont finement écrites. Le 2 décembre dernier, la veille de leur départ pour les bars en Trans à Renne, ils prenaient le contrôle de l’iBoat. Au menu : une soirée sous le signe de la pop. En entrée ils nous proposaient un concert de Cléa Vincent suivi d’un plat de résistance aux saveurs nouvelles avec un concert de Cliché avec des inédits et les nouvelles chansons de l’EP qui ne devrait pas tarder à arriver…

Pour l’occasion, Le Type a parlé de la French Pop, de pizza, des anglais et de Jacques avec deux membres du quintette bordelais, Eloi et Hervé.

Cliché, une petite présentation, qui êtes-vous ?

Hervé : Bon alors là, le groupe n’est pas au complet. Il y a le batteur Julien Grolleau, Eloi Potier qui fait du clavier et qui chante, moi Hervé Puvilland qui fait la guitare et le chant et Jean Godet qui sonorise le groupe. Et après il y a en plus François-Xavier Levieux à la basse et Jérôme Chadefaud qui est en haut sur le ponton avec sa pâte folle et qui joue de la guitare.

Du coup, comment est né ce projet ?

Hervé : C’est une longue histoire, avec Eloi on se connaît depuis qu’on a huit ans. On a commencé à faire de la musique ensemble quand on en avait dix-huit. A l’époque on s’appelait LZC : Le Zéro Contrainte. Meilleur groupe de la terre ! Et puis après on s’est séparé, on a un peu fait des projets chacun de notre côté et on s’est retrouvé lorsqu’on avait trente ans pour faire ce projet, Cliché.

Eloi : On jouait des morceaux qui existaient déjà depuis pas mal de temps, enfin du moins pour certains.

Hervé : Aujourd’hui on fait des morceaux qu’on a composé en 2002 – 2003.

Cette release party, c’est en l’honneur de quoi ?

Hervé : On avait envie de faire un concert et voilà.

Eloi : Oui, et puis aussi on sort un deuxième EP, mais on ne l’a pas là en fait. Il n’est pas encore pressé, ce n’est pas encore finalisé quoi.

Hervé : Disons que le disque est prêt mais après c’est toujours compliqué par rapport au label et tout. On ne sait pas encore trop dans quelles conditions on va le sortir. Après il ne faut peut-être pas en parler de ça.

Eloi : En gros l’EP sortira plutôt vers le mois de janvier. Mais ce soir on présentera quand même de nouveaux morceaux et même d’autres morceaux qui ne sont sur aucun des EP !

Hervé : Il y a des morceaux qu’on va jouer pour la première fois là, c’est vraiment l’événement.

En gros c’est un avant goût de ce qui va arriver en janvier ?

Hervé : Ouais c’est ça. Et peut-être même plus tard pour certain trucs. Il y a un morceau qu’on veut absolument mettre sur l’album qu’on fera peut-être à la rentrée 2016.

Donc il y a un album de prévu ?

Hervé : Souvent la logique c’est de faire deux EP et après un album. Ce n’est pas très original, on fait un peu comme les autres.

Demain vous êtes à Renne pour les Bars en Trans. Hâte ?

Eloi : Ouais, on joue au Dejazey !

Hervé : On avait déjà tenté l’année dernière, mais on n’avait pas eu de suite. Et puis là on va faire un concert, du coup on est content. Moi je l’avais déjà fait avec d’autres groupes avant et c’était top. C’est une super soirée, tu fais bien la fête. Tu joues dans un bar et après tu passes dans un autre bar. Et tu vas d’un bar à l’autre pour voir des concerts et c’est vraiment cool.

Eloi : En plus on a d’autre potes de Bordeaux qui jouent demain soir aussi, donc si on arrive à bien se combiner je pense qu’on va se retrouver. C’est I Am Stramgram qui est sur Les Disques du Fennec.

Yes, ça va être l’exportation des crus bordelais à Rennes en quelques sortes.

Eloi : C’est ça.

Hervé : Mais on ne joue pas dans le même bar, on se retrouvera après.

Eloi : D’ailleurs, ça aurait été bien qu’on joue dans le même bar, ça aurait été parfait !

J’ai vu que Trax, par rapport à votre premier EP, a dit que « la langue française apporte une indéniable délicatesse à l’ensemble ».

Hervé : Trax à dit ça ? C’est beau !

Ouais !

Hervé : Ah mais ce n’est pas Tracks de Arte, c’est Trax Magazine.

Eloi : Mais c’est super cool !

Du coup, parlez-moi un peu de ce choix de toujours chanter en français.

Eloi : Ça nous paraissait évident, moi j’écris en française parce que c’est ma langue. Enfin on ne se voyait pas utiliser une autre forme.

Hervé : C’est ce qui nous unie avec Eloi. En fait Eloi c’est plus l’auteur et moi je suis plutôt le compositeurs du groupe. Après qu’on ait arrêté de faire de la musique ensemble, vers 2003-2004, j’ai fais plein de groupe. Notamment de l’électro et aussi des groupes où l’on chantait en anglais. J’ai toujours eu un anglais à chier et au bout d’un moment t’en a un peu marre, tu te sens un peu comme un imposteur quand tu chantes un anglais que tu écris vite fait comme ça, ou bien quand le premier anglais qui écoute se fout de ta gueule. Du coup j’avais vraiment envie de refaire du français, et avec Eloi on a uni nos forces pour ça.

Eloi : Ouais voilà, le français c’est plus naturel.

Quelqu’un passant par là : Et vos premiers projets c’était en français aussi en plus, vous avez la voix de Gainsbourg et tout.

Hervé : Non c’est lui qui avait ma voix ! (rire)

Avec vos paroles en français, on vous rattache souvent au mouvement French Pop, qu’en pensez-vous ?

Hervé : Je ne sais pas ce que c’est, jamais entendu parlé. (rire)

Eloi : Ça nous fait un peu marrer.

Hervé : On ne va pas cracher dessus quand même car on a joué pour un festival qui s’appelle le French Pop. D’ailleurs, c’était l’un des premiers concerts de notre vie au French Pop, ici à l’iBoat. C’était peut-être même le deuxième concert qu’on ait fait. Bref, le style « french pop » c’est un peu fourre-tout. Parce qu’au final, tout les groupes que je connais à qui on donne cette étiquette disent qu’ils ne comprennent pas ce truc là. Au final ce sont simplement des groupes qui chantent en français. Après c’est peut-être à prendre d’une façon un peu désinvolte. Les groupes de french pop écrivent en français peut-être un peu comme les anglais écrivent leurs textes. C’est à dire que finalement le texte passe en second plan. Nous on attache quand même vachement d’importance à l’écriture, du coup je ne pense pas qu’on puisse dire que nous sommes un groupe de french pop.

Eloi : Puis même l’étiquette en elle même nous fait un peu rire car prendre une étiquette en anglais pour parler d’un truc en français, c’est ça la blague justement.

C’est assez paradoxal en effet.

Eloi : Oui un peu.

Hervé : D’ailleurs on a des copains, c’est le groupe Pendentif, eux c’est pareil. On dit toujours que c’est un groupe de French Pop, mais ils ne se sont jamais trop reconnu là-dedans. Même si eux ils font un peu parti du début de la vague, donc c’est vrai qu’ils ont un peu ce côté là d’écrire en français un peu comme les anglais écrivent leurs textes.

Eloi : Tu veux dire qu’ils écrivent avec les pieds ? (rire)

Hervé : Je pense qu’ils écrivent vite fait un texte sur un coin de table, ils n’accordent pas beaucoup d’importance aux textes. Enfin j’ai déjà discuté avec eux de ça et c’est vrai que, pour eux, ce qui est important c’est la musique, et le texte va plutôt être considéré comme un élément, un instrument en plus dans la chanson. Alors que nous le texte est aussi important que la musique.

Eloi : On rentre vraiment dans un univers, le but du jeu c’est un morceau, un univers. Et c’est grâce au texte aussi !

Parlons d’un de vos meilleurs souvenir de concert au sein de Cliché, qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Eloi : Je pense que c’est la première partie de Tellier au Rocher de Palmer, c’était quand même une jolie date, il y avait un super son sur scène, c’était assez agréable.

Hervé : Moi j’ai l’impression que les bons souvenirs ils sont pour plus tard. J’ai pas l’impression, maintenant, d’avoir encore trouvé ma place en live. J’ai encore plein de trucs à apprendre et j’ai l’impression que je kifferai plus tard en fait.

Eloi : La Get Wet c’était bien quand même, quand on avait joué à l’Heretic, c’était une bonne soirée.

Hervé : Ouais, c’est sur.

Eloi : On jouait avec Babe et Gomina, c’était bien !

Hervé : Quand j’y réfléchis il n’y a rien qui me vient… Pourquoi je fais ce groupe ? (rire)

Eloi : Au point Éphémère à Paris c’était cool aussi ! J’avais bien aimé cette date.

Hervé : Au point Éphémère c’était très chouette, c’est vrai. Là je réfléchis, et j’aimerai bien dire un truc mais il y en a eu tellement en fait.

Eloi : Notre meilleur souvenir ce sera ce soir…

Hervé : Enfin bon, si tu parles de la scène pure et dure, je me prends toujours la tête, j’espère qu’à un moment j’arriverai à être suffisamment à l’aise sur scène techniquement et aussi au niveau du chant. Et réussir à vraiment kiffer de A à Z. Car il y a toujours des moments sur scène où je suis là, et je me dis « ah mais là je l’ai mal chanté ». Alors je me prends sûrement trop la tête, mais je suis sûr qu’à un moment j’arriverai sur scène, je serai là, comme à la maison en mode Johnny Hallyday, tout va bien quoi !

Eloi : Ah mais ça c’est pour bientôt ! Bon après c’est du boulot aussi.

Maintenant, c’est le moment de ma question type : si Cliché était une garniture de pizza ?

Eloi : Et bien, ce serait une pizza avec une moitié végétarienne déjà.

Hervé : Moi je dirai avec du fromage…

Eloi : Peut-être une quatre fromages alors, enfin cinq fromages du coup. Chacun apporte son petit truc, une saveur particulière. C’est bien cinq fromages non ?

Hervé : En fait, base tomate avec juste une olive peut-être. Ah non, moi ce que j’adore dans les pizzas c’est qu’il y ait un œuf tu vois. Après, finalement l’œuf c’est un peu la cerise sur le gâteau, donc ça fait un peu truc en plus…

Eloi : On ne t’a pas demandé ta pizza préférée hein (rire) ! Il faut un truc indispensable, genre de la tomate ! On ne peut pas faire une pizza sans tomate. Hervé c’est la tomate et moi je suis l’olive.

Hervé : C’est marrant car je n’arrête pas d’en faire des pizzas en ce moment et je commence à avoir une bonne technique en plus !

C’est un signe ! Bref, Cliché on vous retrouve en janvier avec un EP normalement, pour le moment c’est la release party à l’iBoat. Il n’y aura pas d’autre concert à Bordeaux ?

Hervé : Non, il n’y a rien de prévu pour l’instant.

Eloi : Enfin on va voir car on a eu le Fair il n’y a pas longtemps. Donc ça va peut-être changer des choses. On va voir les dates, ça va se faire progressivement. Mais on va quand même prendre le temps de finaliser l’EP et il y a aussi des trucs perso qui font qu’on verra. Notamment il y a un heureux événement qui va arriver fin décembre…

Hervé : C’est parce que je vais être papa.

Eloi : On va se prendre un peu de temps en janvier, ça va être assez calme. Et on va un peu laisser Hervé pouponner.

Hervé : Moi j’ai surtout envie de faire de la techno en ce moment ! En plus j’ai réparé une machine là, donc ouais j’ai vachement envie de faire ça. Et Eloi il va passer son permis aussi !

En fait bientôt ce sera Hervé dans la cale du bateau pour un set techno et Eloi au volant d’une voiture !

Eloi : Mais en plus ça pourrait être possible. Fx le bassiste du groupe organise les Get Wet, parce qu’il fait parti de Vie Sauvage, et moi aussi d’ailleurs. Et là ils on fait leur première soirée où il y avait concert plus club à l’iBoat.

Ah oui j’y étais, enfin que pour la partie club, et Jacques c’était super !

Hervé : Le concert c’était Static Observer, un groupe dans lequel joue notre batteur, et Jacques ça avait l’air bien ouais !

Oui carrément, Jacques avait plein d’objets avec lesquels il fabriquait son live ! Il avait une corbeille à papier, un saladier… A un moment il a même gratté une grille du plafond de la cale pour récupérer le son que ça faisait. C’était top comme soirée.

Eloi : Je n’y étais pas moi.

Hervé : Je serai bien venu car j’aurais bien aimé voir ce que ça pouvait donner justement. Parce que bon, généralement à l’iBoat c’est un mec qui joue des disques ou des vinyles mais là c’est un gars qui fait un truc qui sort un peu de l’ordinaire. En plus il y a quand même une bonne partie des gens qui viennent à l’iBoat sans savoir ce qui joue, du coup je me demande bien comment les gens ont réagi en voyant ça.

En plus c’est cool ce format de faire un concert qui est suivi d’un club.

Eloi : Ouais c’est cool !

Hervé : Bon il y a toujours plus de monde en club qu’en concert hélas, mais ouais c’est top.

Eloi : C’est pas la même chose aussi, on espère que ce sera l’inverse ce soir !

D’ailleurs parlons de ce qui va constituer cette Release Party !

Eloi : Il y a une expo de Pierre Cordier. A la base c’est un bon pote, et je ne savais pas qu’il peignait. On discutait juste comme ça et il m’a montré sur son smartphone ses toiles et j’étais là « wow mais c’est hyper bien » et il commençait tout juste à peindre en plus Après ça a pris hyper rapidement. C’est assez simple, mais il y a vachement d’émotion qui se dégage de ses toiles. Même les couleurs, c’est vraiment bien !

Hervé : C’est la première fois qu’on fait venir quelqu’un comme ça pour une expo et c’est la première fois aussi un peu qu’on ne joue pas en première partie, ou plutôt c’est la première fois qu’on joue un peu en tant que tête d’affiche.

Cliché lors de la release party à l'Iboat
Cliché lors de la release party à l’Iboat

C’est bien quand même à un moment de devenir la tête d’affiche non ?

Eloi : A la maison, à Bordeaux c’est cool ! En plus à l’iBoat, c’est un lieu que je connais bien car j’y ai bossé deux ans. Fx connait hyper bien aussi vu qu’il organise des trucs ici.

Et en ce qui concerne le choix de Cléa Vincent pour ouvrir cette soirée ?

Hervé : Alors Cléa Vincent je l’avais sonorisé une fois, à Vie Sauvage justement. Elle avait joué dans un bar pour le Off du festival, c’était la première fois que je sonorisais de ma vie d’ailleurs. Je connaissais déjà et j’adore ce qu’elle fait.

Cléa Vincent
Cléa Vincent

Eloi : Ouais voilà, on l’aime beaucoup.

Hervé : En plus on a appris qu’elle aimait beaucoup Cliché aussi, du coup ça nous a fait encore plus plaisir.

Eloi : On est content de l’inviter et on est content qu’elle ait dit oui aussi.

Hervé : En plus ils sont hyper sympas !

Eloi : Il y a Baptiste qui joue de la basse avec elle et qu’on avait déjà rencontré ici. Il passait avec son groupe de grunge pendant une soirée un peu mémorable.

Hervé : Ouais en première partie de Jérôme Violent, un groupe dans lequel je fais de la basse. On avait passé une super soirée.

Dans la scène bordelaise tout le monde se connaît, on dirait que vous vous échangez les musiciens un peu.

Eloi : Bah ouais, c’est vrai qu’on a rencontré Fx et Vie Sauvage il y a quelques années déjà et on va dire que nous on est plus âgés quoi. Julien et Jérôme ont trente-cinq ans et eux ils ont presque huit ans de moins. Il y a deux sphères qui se sont rencontrées.

Hervé : Parce qu’on a peur de vieillir peut-être un peu.

Eloi : C’est vrai que l’on commence à bien connaître la scène de Bordeaux. Donc eux de les avoir rencontrés, des jeunes, c’est bien. Et on s’est rencontré à l’iBoat d’ailleurs avec Fx. Je faisais les lumières et Fx jouait de la basse et pendant les balances j’ai fais « oh il a un son de porc » et du coup je lui ai demandé « eh tu veux pas jouer dans mon groupe ? ».

Hervé : En fait on est une bande de potes musiciens

Bon et bien merci beaucoup Eloi et Hervé !

Hervé : C’est fini ?

Un dernier mot alors ?

Eloi : Euh, oui !

Hervé : Merde, pour nous ce soir.

Le Type remercie encore les membres de Cliché de lui avoir octroyé un peu de leur temps. Vous pouvez les retrouver sur les réseaux sociaux ici. Mais aussi en concert au Krakatoa le 11 mars prochain.

La liste qui pourrait vous sauver la mise !

dans ART ET CRÉATION

Ça y est, la dernière ligne droite avant noël est arrivé ! Dans les rues ça sent les marrons chaud, les décorations illuminent la ville, les enfants courent dans tous les sens, nous sommes susceptibles de croiser un père Noël à chaque coin de rue…. Eh oui, ça y est, cette fête si attendue par les petits et les grands approche à pas de géant… Horreur ! Vous n’avez toujours pas acheté vos cadeaux de Noël…Pas de panique, le Type a pensé à vous et vous propose une sélection de bouquins à offrir pour voir les yeux de vos proches s’illuminer au matin de Noël !

Pour les philosophes en herbe La planète des sages Tome I et/ou La planète des sages Tome II

Ces BD écrites par les philosophes Charles Pépin et Jul nous familiarisent avec les grandes idées de l’essentiel des philosophes les plus influents de manière ludique, mais surtout avec beaucoup d’humour. Pour se cultiver sans prise de tête !


Pour un voyage dans le temps Century ads

Ce livre vous fera revivre les 50’s et les 60’s en pubs ! Certaines sont drôles, d’autres carrément misogynes, parfois nous font réfléchir, nous étonnent, nous font sourire, rêver, donnent envie de vivre à ces époques,…..

Faites plaisir, on le recommande pour toutes les générations !


Pour les amoureux de la poésie américaine : Ecrits de jeunesse de Paul Whitman

Six nouvelles de Walt Whitman inédites en France, restées dans l’ombre jusqu’en 1927, pour inévitablement voir un sourire radieux apparaître sur le visage des littéraires !


Pour les petites curieuses Journal d’un corps de Daniel Pennac

Quoi de mieux qu’un petit résumé pour vous mettre l’eau à la bouche ? :

« 13 ans, 1 mois, 8 jours Mercredi 18 novembre 1936,
Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d’autre chose.

50 ans et 3 mois. Jeudi 10 janvier 1974,
Si je devais rendre ce journal public, je le destinerais d’abord aux femmes. En retour, j’aimerais lire le journal qu’une femme aurait tenu de son corps. Histoire de lever un coin du mystère. En quoi consiste le mystère ? En ceci par exemple qu’un homme ignore tout de ce que ressent une femme quant au volume et au poids de ses seins, et que les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l’encombrement de leur sexe.

86 ans, 9 mois, 16 jours Lundi 26 juillet 2010,
Nous sommes jusqu’au bout l’enfant de notre corps. Un enfant déconcerté. De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire. »


Pour les artistes 30,000 years of art 

« L’histoire de la créativité humaine à travers le monde et le temps », à offrir pour les passionnés, les artistes, les hédonistes, et tout ceux que la beauté de l’art transcende.


Pour les jeunes padawans Star Wars, la philo contre attaque, de Gilles Vervisch

Vous pensiez que Platon et Star Wars n’avaient rien de commun ? Ce livre vous prouvera le contraire en faisant l’analogie entre les deux, révélant alors toute la philosophie sous-jacente et méconnue véhiculée par ce mythe qu’est Star Wars.

Éveillez la conscience des jeunes padawans avec ce bouquin hors du commun !


Pour les fans de baskets : Sneakers story, toutes les baskets qui ont marqué l’histoire ou encore Sneakers, le guide 

L’un présente l’ensemble des sneakers qui ont révolutionnées l’histoire, des converses aux Nike Air,  l’autre est plus la Bible des sneakers de collection… vous serez alors sûrs de combler les amoureux de baskets !!!


Pour les féministes (… ou pas) : Les femmes qui pensent sont dangereuses

Portraits de 25 femmes de tous horizons qui ont contribué à changer la condition de la femme. Qui sont elles ? Que sont elles ? Comment-ont elles réussi à contribuer à une révolution permettant de bouleverser les modèles de pensée existants et, ainsi, profondément chambouler le quotidien des femmes pour une évolution vers la liberté et l’égalité ?


Pour un retour en enfance :  Leurs contes de Perrault

« Perrault, c’est ce dont on hérite au plus jeune âge et que l’on transmet parce qu’il s’adresse à tous. Vibrant hommage aux contes de la tradition orale, ses Histoires ou contes du temps passé avaient pour fin selon ses dires « moins de plaire que d’instruire». A l’heure où la question de l’instruction se pose plus que jamais, il nous semblait fondamental d’interroger Perrault en invitant 11 écrivains à le réinterpréter dans la collection « Remake ». Subversifs, burlesques, pleins de sagesse et de dérision, leurs contes de Perrault dressent un panorama de la littérature contemporaine dans toute sa diversité. De Hervé Le Tellier à Christine Montalbetti en passant par Cécile Coulon et Fabienne Jacob, l’écriture va de la gouaille à la poésie comme un ruisseau qui chanterait sur des pierres, en n’omettant pas de bousculer au passage une société qui en a bien besoin. Un nouvel éloge de la sagesse populaire. »

Guide pratique d’une soirée pluvieuse // en semaine.

dans DIVAGATIONS LOCALES

Il est 20h00, je suis chez moi, et en ce mercredi soir, pour combler le tout d’une journée sacrément chiante, il ne s’arrête pas de pleuvoir.

Pour commencer, j’ai pas eu mon café-clope matinal puisque mon école de com’ n’est pas foutue de faire venir un technicien, ma sensibilité artistique a encore fait un bide et mon date du soir m’a fait faux bond.

Je suis donc là, enfoncé dans mon canap’ à entamer ma 3ème heure consécutive de geekage à blanc, à vaciller entre « Ivre, il travaille dans la pub » et chattesbrulantesurcanapé.com

DING DONG. Damn, j’avais com-plétement oublié ma pote Ana qui devait passer récupérer ses bouquins de géopolitique pour son exposé sur le conflit démocratico-médiatique entre le nord de la Tanzanie et les régions basses de l’Iran.

Elle déboule toute dégoulinante dans mon salon et se jette sur mon frigo :
« Putain t’as rien à grailler ? J’ai une de ces dalles…»
Je baisse les yeux, l’air un peu gêné, et en quête d’une Solution Alimentaire d’Urgence. C’est là que je repense à mon pote Marco, avec lequel on s’était fait livrer indien, plutôt pas mal  et à l’heure.

Ana embraie :
« Euh ça te dit pas qu’on se commande un truc ? »
Du coup, ni une ni deux, je m’empare de mon computer et l’historique Google me remet sur la page. Américain, Chinois, Vietnamien, Français, Italiens, Africains, Thaï… Il y a de quoi répondre à nos désirs gustatifs du moment. J’entre mon adresse, et le Template en flat design fait défiler les propositions de resto.

Au final, le choix est assez rapide, mon quartier n’étant pas le plus fourni en bonnes adresses. Et puis on a envie d’exotisme asiatique anyway.
Cambodgien ce sera, à base de bœuf mariné, nems au poulet et bière de là-bas.

Ana avait ramené de quoi patienter et alimenter notre flot déjà continuel de paroles, j’en profitais aussi pour faire ma chialeuse sur cette journée, et sur le reste. Ça va, deux filles – une bouteille de vin, jusque-là rien d’étonnant, ils l’avaient fait des années plus tôt dans « 4 filles un jeans », puis dans Le journal de Bridget Jones, etc, etc….

Heureusement peut-être, je suis de nouveau interrompue par ma sonnerie. Je vais ouvrir à un livreur à l’heure mais trempé, le pauvre. Et dire qu’ils sont tous à vélo…

Ça y est, c’est là. Je l’apporte fièrement à ma pote qui ne quitte pas des yeux le sachet embué. L’odeur du riz parfumé et de bœuf mariné se mêle à ceux des nems dont j’imagine la peau croustillante se noyer dans la sauce nuoc-mâm pour ramollir juste un peu, avant d’entrer, brûlant dans ma bouche.

Il est temps de faire vivre ces belles images, fourchette en main et papilles acérées…

Capture d’écran 2015-12-16 à 23.37.55

Nos bouches sont à présent les temples gardiens de délicates saveurs agencées avec subtilité – loin du stéréotype de la cantine asiate qui décline « le plat qui plaît » sous toutes ces formes. Nos assiettes sont généreuses, honnêtes et riches. Elles nous remplissent de bonheur la bouche et le ventre.

Plus personne ne parle, on se regarde d’un air approbateur, pari gagné.
Quelques lampées de Tsingtao servie fraîche, mais un peu chère pour faire descendre.
Bilan positif pour un premier essai.
Ana me lance : « Deliveroo en vrai, ça fait le taff ! », et c’est vrai que ça fait le taff et en plus ils s’occupent l’air de rien, de muscler une sacrée équipe de gambettes Bordelaises et ça, j’achète.

Bon, pour le Cambodgien qui fait de ta bouche un film porno avec ses saveurs illicites, c’est : Nyam Baï.
Pour le faire venir tranquille chez toi, c’est ici : https://deliveroo.fr
Si les mots foodista et #foodporn te parle, c’est .

 Deliveroo-logo

Ana et moi, on va digérer au calme, et puis on dormira sur le dos.

Mes chers déboires #2

dans ART ET CRÉATION

Dans une forêt pleine de mystère d’un pays fort lointain, vivait un sage. Ce dernier, bien que respectant scrupuleusement le cahier des charges propre à sa fonction de sage vivant dans une forêt – cabane en chanvre, séance de médiation trois fois par jour, nourriture sans gluten… – avait un hobby. Un hobby pas comme les autres. Peu commun. Un hobby de niche. Une occupation qui le ravissait bien plus encore que toute autre chose. L’emplissait d’une joie unique, que même les mixtures à base de plantes qu’il utilisait pour, disait-il, « communiquer avec les animaux » – le mot n’avait pas encore été inventé, mais le sage avait tout du junkie -, ne parvenaient à lui procurer. A vrai dire, cette passion, il ne l’avait pas choisie. Le talent était inné, voilà tout. Son loisir préféré, celui auquel il s’adonnait de longues heures durant, consistait en la création de… poncifs. Oui, de poncifs. C’est ainsi que chaque troisième mercredi du mois, tandis que le Soleil atteignait la cime de l’arbre-horloge, le sage prenait place à bord de sa barque en bambou et remontait le cours du fleuve direction le nord jusqu’à rejoindre la clairière Merlin, là où se réunissent les membres de l’APP, l’Association des Amoureux du Poncif. Dans cet espace superbement aménagé par Mère Nature, la décoratrice d’extérieure la plus prisée du royaume, quand vint son tour d’énoncer un poncif, le sage dit « Ce qui s’est déjà produit une fois, a de fortes chances de se reproduire ».

Il y a quelques temps, je vous avais narré les funestes péripéties ayant abouties à ma déchirante séparation d’avec iPhone C, mon Smartphone d’alors. Cette fois-ci, le propos de mon malheur ne s’incarne pas dans les traits d’un objet matériel – bien que ce qui m’a été dérobé soit tout aussi précieux. Il s’agit d’une entité arbitraire n’ayant de valeur que celle que l’on veut bien lui accorder. Elle est toutefois indispensable. Dans notre société, tout tourne autour. On ne peut (sur)vivre sans. Certains prétendent qu’en posséder ne fait pas le bonheur. D’autres voix affirment qu’en avoir y contribue fortement. L’argent. Monnaie fiduciaire. Du latin Fiducia. Comme dans confiance. Confiant. Un peu comme moi, juste avant qu’on ne me déleste de mon portefeuille puis, quelques minutes plus tard, d’un grande partie des réserves placées sur mon compte en banque. Voyons voir, comment est-ce arrivé ?

C’était un samedi. J’aime bien les samedis. Tout le monde ne peut qu’aimer les samedis. Le week-end n’est encore qu’une jeune fleur pleine de promesse. Deux jours pour tout oublier. Pour effectuer un reset. Une liberté provisoire loin des tourments d’une semaine passée à prendre racine dans un fauteuil de bureau. A exécuter les ordres comme un automate, à engager d’éternels duels d’eye-contests avec l’écran d’un ordinateur , à ne pouvoir se dégourdir les jambes qu’en allant remplir son verre d’eau ou grâce au trajet menant aux toilettes. Loisirs. Détente. Alcool. La Sainte Trinité. Le triptyque gagnant. Les deux premiers mentionnés peuvent s’accomplir en solitaire ou avec des amis. Pour ce qui est de l’alcool, si vous choisissez de passer du bon temps en compagnie de la seule bouteille, c’est un problème autrement plus grave.

mes chers deboires

Un samedi disais-je. J’avais rempli les cases horaires de ma journée avec du divertissement – réveil tardif, visionnage d’épisodes de série et d’un match de foot. En début de soirée, je rejoignais des amis pour un apéro. Après quoi, s’ils décidaient de sortir quelque part, rien n’y ferait, je rentrerais chez moi. L’ambiance est sympa. Discutions. Quelques bières. Jeux à boire. Verres de vins. Pyramide. Vodka-Redbull. Cercle de feu. Shots de Jägerbomb. Quelqu’un propose de bouger. « Tu viens Quentin ? ». Non. « Si, tu viens ». Ma détermination qui s’étiole. Fondu au noir et me voici parmi un petit groupe éméché se dirigeant vers le métro. Quelqu’un mentionne un bar dansant et dit : « J’y ai étais plusieurs fois, c’est vraiment cool ». Argument massue. Adhésion quasi-totale. Ce sera donc le Bizz’art.

Un poisson dans l’eau. Antinomique. La danse et moi. Pareil à un végétarien face à des plateaux de viandes sur un buffet. S’il s’agissait là d’un matière scolaire et qu’un professeur devait rédiger une appréciation, elle ressemblerait à ceci : « Quentin n’aime pas danser. Il n’a aucun sens du rythme. Ses mouvements sont désastreux. Pourrait-il mettre ne serait-ce qu’une once de bonne volonté ? Davantage de participation attendue pour le prochain trimestre. Avertissement. Quentin doit faire de gros progrès sous peine de redoublement ». Ceci expliquant cela, vous et moi nous sommes déjà rencontrés. Du moins, pas personnellement. Plutôt l’un de mes semblables, honorable membre de la caste des clients qui ne dansent pas ou presque. Ce type accoudé au bar, sirotant une vodka-redbull à douze balles, et qui jette de mornes regards vers la piste de danse où s’amusent ses amis, c’est moi.

C’était donc un samedi. La première partie de soirée avait été fort sympathique. Ensuite, j’avais suivi le cortège de mes amis direction un bar-dansant, le Blizz’art. Une fois sur place, après le quart d’heure de rigueur à « danser » (rajouter encore des guillemets), je m’étais dirigé vers le bar, rassurant îlot de stabilité au milieu de la marée humaine mouvant au gré des ondulations de la musique. Le point de non retour. Les derniers instants passés en compagnie de mon portefeuille. N’apprend-on jamais de ses erreurs  ? « Fais exprès de faire attention », me réprimandaient mes parents chaque fois que je justifiais un dégât par « Mais je n’ai pas fait exprès ». La suite est un enchaînement d’adjectif. Confiant au moment de composer mon code bancaire. Naïf en omettant de placer ma main en visière, opération pourtant élémentaire afin de faire rempart entre vos doigts pianotant sur les touches et les regards de faucon des clients alentours. Dégoûté et dépité quand, quelques instants plus tard, je crois l’avoir fait tomber par terre. Pigeonné, découvrirai-je bientôt.
mes chers deboires

Le fin mot de l’histoire, c’est que j’ai d’abord été persuadé d’avoir perdu mon portefeuille. D’être la seule et unique personne à blâmer. Fautif. Le seul à devoir plaider coupable. Dans un acte militant pro-procrastination, je me suis convaincu qu’appeler le service pour faire opposition à ma carte bancaire pouvait attendre le matin. Oui, mais non. Enfin, ça n’aurait rien changé. Quoi que je fasse. Trois jours passent et je tiens toujours pour acquis qu’aucun élément autre que ma maladresse n’est intervenu dans la disparition de Feuifeuille. Comme ça, dans l’idée de faire un point sur l’état de mes finances, je décide de consulter l’application de ma banque. Devinez quoi ? 800 euros se sont volatilisés. Mon teint passe du pâle habituel au livide en un clin d’œil. J’avais pourtant vérifié le dimanche puis le lundi… Je me souviens alors qu’il faut plusieurs jours avant que les relevés ne tiennent compte des retraits en bornes. Ma première réaction est la colère. « Putain, mais qu’est-ce que tu peux être con ! » Je bouillonne. Un trop-plein de rage. Un volcan en éruption. Je balance le plat de main droite heurter le support bois de mon bureau. Ça fait mal. La douleur décuple mon aigreur. Je ne suis que colère. Idiot ! Je me maudis de ne pas avoir fait opposition dans le quart d’heure. Une demi-heure plus tard, je desserre les poings pour constater qu’il ne s’est pas écoulé plus de cinq minutes entre le moment où j’ai réalisé que ma poche avait été allégée de son contenu et celui où les ravisseurs ont retiré l’argent.

En fin de compte , c’est peut être le même mec compatissant, qui, me voyant plier en deux, les yeux plissés vers la pénombre, occupés à ratisser le sol à baisse altitude afin de traquer le fugitif à l’aide du ridicule faisceau de lumière projeté par l’écran d’un Smartphone, et qui m’a lancé « C’est pas cool, mec. Je suis vraiment désolé pour toi », peut être est-ce ce même connard qui m’a volé. La suite se compose d’une plainte au commissariat, de documents administratifs envoyés à l’assurance de la banque, de doutes, avec en filigrane l’idée que je ne reverrai jamais la couleur de ma thune – ou bien partiellement. Deux mois après l’incident, soulagement, j’étais enfin remboursé. Happy end.

2×2 places à gagner : Lomepal x Georgio @ Rock School Barbey 12/12

dans MUSIQUE

Le samedi 12 décembre, Georgio et Lomepal viennent défendre leurs projets respectifs à la Rock School Barbey et Le Type t’offre l’occasion de gagner deux places.

Les deux rappeurs en orbite autour de la constellation L’Entourage ont chacun sorti un album en 2015, ce qui leur a permis d’occuper une place à part entière et chère au vu de la densité du paysage du rap français cette année.

Après avoir sorti une série de clips sur Face B et collaboré avec Hologram Lo’, producteur de 1995, Georgio n’a pas attendu longtemps pour dévoiler son album Bleu Noir. Financé par les auditeurs sur la plateforme de financement participatif KissKissBankBank, Bleu Noir est teinté d’un rap mélancolique, les ombres de la Scred Connexion et Lunatic planant toujours au dessus du rappeur du 18ème. La rue, les soirées à cogiter et ses névroses, voilà les thèmes que Georgio affectionne. Et le rappeur semble s’être affranchi de ses mentors avec cet album plus personnel que jamais.

Lomepal est également issu de cette scène parisienne rayonnant à la fois dans les open mics et dans les suggestions YouTube. Avant de sortir l’album Majesté, Lomepal s’était fait remarqué avec son projet en collaboration avec Caballero et Hologram Lo’ sur le projet « Le singe fume sa cigarette » puis son projet solo « Cette foutue perle ». Mêlant introspection, observations et dérision, Majesté s’inscrit dans cette lignée, entouré du producteur parisien Stwo et de ses producteurs fétiches Meyso et Hologram’ Lo.

Maintes bonnes raisons d’aller (re)découvrir les deux rappeurs s’exercer en live…

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Mot d’ordre : Réconfort !

dans ART ET CRÉATION

Brrrrr…. la fatigue, le froid et cette grisaille ajoutés à l’ambiance pesante qui règne, conséquence des derniers événements en date… un seul mot d’ordre : RÉCONFORT !

Bonne nouvelle, on a la solution ! Un bon bouquin, de quoi grignoter, un plaid… bref tous les ingrédients d’une soirée cocooning ! Pour les gâteaux on vous laisse vous débrouiller, mais pour les bouquins on vous en présente 4 pour un moment de réconfort !

Pour rire aux éclats : Demain j’arrête ! de Gilles Legardinier

87540590_oPour qui avez vous fait le truc le plus stupide dans votre vie ?

Julie peut vous en parler ! Si elle a fait des choses stupides c’est bien pour ce voisin dont elle ne connaît que le nom et qui, pour elle, recèle un secret inavouable. Elle va alors se transformer en agent secret et sera prête à tout (je dis bien à TOUT) pour découvrir la « vie cachée » de cet homme qui l’obsède. Ce roman nous fait nous tordre de rire et nous prouve que le ridicule ne tue pas … !


Pour un moment de suspens : Avant d’aller dormir de S.J Watson

artoff104Chaque matin, Christine se réveille en pensant qu’elle a 20 ans alors qu’elle a en fait une quarantaine d’année. Lorsqu’elle se tourne elle s’aperçoit qu’à ses côtés se trouve un parfait inconnu, qui n’est en fait autre que son mari, Ben. Il lui explique alors tous les jours au réveil qui il est et qu’elle ne s’en souvient pas parce qu’elle est devenue amnésique, suite à un grave accident. Petit à petit, elle va pouvoir recomposer le puzzle de ses souvenirs dispersés grâce au Docteur Nash, neuropsychologue, son dernier espoir pour retrouver la mémoire. Elle va alors être confrontée à des incohérences, et va être amenée à se poser des questions sur la véracité des informations qui lui ont été données sur son passé. On lui cache des choses ! Mais pour quelles raisons…? Que s’est il réellement passé ?

Le suspens est à son comble, vous retenez votre souffle, impatients de connaître la suite, de connaître enfin le dénouement de toutes ses incohérences.

(Et si vous l’aimez, son nouveau bouquin vient de sortir, il s’agit d’Une autre vie ).


 

Pour un moment à l’anglaise : Une famille délicieuse de Willa Marsh

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Rejoignez Mina et Nest à Ottercombe autour d’un tasse de thé et écoutez les histoires et secrets de cette « famille délicieuse ». Le retour de leur sœur Georgie parmi elles aura pour conséquence le retour d’un passé angoissant, des souvenirs qu’elles avaient enterrés et qui alors resurgissent quand Georgie menace de révéler un secret. Souvenirs d’idylles, regrets, remords… la vie calme et tranquille de Mina est alors chamboulée laissant place à une angoisse constante que les secrets soient révélés et aux souvenirs qui occupent alors toutes leurs pensées. Pour un moment au coin du feu, une tasse de thé à la main… un moment « à l’anglaise


Pour un moment d’humour et de sagesse : Contes philosophiques du monde entier (Le cercle des menteurs II)

«  Les meilleures histoires du monde sont anonymes. Elles sont nées un peu 695-large_default
partout, elles sont indiennes ou chinoises, ou africaines ou juives. Elles sont zen
aussi bien que soufi. Elles sont drôles, elles sont graves, elles sont parfois
mystérieuses : tout comme nous. Histoires d’hier, histoires d’aujourd’hui : voici la seconde cueillette ». Ce livre rassemble une diversité de contes plus ou moins longs assez impressionnante. Tout est dit dans le résumé ci-dessus : on rit, on s’étonne, on reste sans voix, on réfléchit, on en retient quelques unes pour ensuite les partager…

Pour un moment de plaisir, à lire petit à petit ou en une fois, à votre guise ! Et pour finir, petit bonus : une playlist pour accompagner ce moment délicieux !

2×2 places à gagner Winter Camp @ Iboat 10/12 & 11/12

dans MUSIQUE

Pour ses 4 ans, le Winter Camp met les petits plats dans les grands, avec une programmation bien soignée qui fait la part belle aux artistes internationaux. Cet événement d’envergure nationale qui se déroule dans plusieurs villes de France jettera l’ancre à Bordeaux à l’iBoat, avec notamment l’américain Willis Earl Beal, qui, depuis son premier album Acousmatic Sorcery, ensorcelle les foules par sa voix saisissante. East India Youth et sa pop joviale teintée de noise-techno de Détroit feront partie de la fête pour la première journée des festivités (jeudi). Le vendredi c’est l’ancien conducteur de métro finlandais Jaakko Eino Kalevi et ses compositions pop ultra bien ficelées, ainsi que Sean Nicholas Savage et sa surf pop qui se chargeront de clôturer le Winter Camp. Pour l’occasion on se propose de t’offrir 2×2 pour aller apprécier la qualité des artistes et de ramener quelqu’un avec toi qui plus est.

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KAM Records présente la KAM ROOM

dans MUSIQUE

Un studio, des artistes, des tables de mixage, un site, une longue après midi : WELCOME TO THE KAM ROOM. 

Ça t’intrigue ? Nous aussi. On est donc allé poser quelques questions à Jack Striker, organisateur de la KAM Room.

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LE TYPE : Jack, parle nous un peu de ce concept de Kam Room ?

Jack : Tout d’abord, merci à toi de t’intéresser à ça. Le Type sera le premier Webzine à relayer l’information et c’est important pour nous.
La KAM Room est un concept à la fois simple et complet. Pour te mettre dans l’ambiance, imagine toi un samedi après-midi où tu n’as pas envie de sortir, tu as fais la bringue la veille et tu as envie de te poser chez toi avec de la musique sans avoir à te lever toutes les 10 minutes à cause des pubs qui défile sur ton lecteur audio… En bref, la KAM Room est un endroit où KAM Records invite des artistes (très souvent des amis) à mixer/jouer pendant plusieurs heures, le tout retransmis en streaming par AddictivMusic.com et enregistré pour une diffusion en replay, accompagné de commentaires concernant les artistes durant tout l’événement.
Trois caméras ou plus sont placées dans mon appartement (le Studio KAM Records, comme on l’appelle) et permettent une visibilité complète de la personne qui joue.
Chaque set dure en moyenne 1 heure et on essaie de faire jouer, au total, 7 à 10 artistes (parfois en duo).

Le concept est d’autant plus intéressant puisque c’est la journée, donc pas de soucis de voisinage (rires). Nos potes passent boire un coup en écoutant de la musique, on a le salon pour être tranquille… Bref, c’est comme à la maison.

Pourquoi est-ce intéressant pour des artistes, et en particulier pour KAM Records ?

Le premier point fort de cet événement est le fait que chaque artiste présent a, par la suite, un set d’une heure enregistré et filmé sous plusieurs angles. Ca peut paraître anodin, mais c’est un très bon support de promotion pour eux. Tout le monde n’a pas la possibilité de se filmer en jouant avec une bonne qualité audio, gratuitement.
Autre point fort, les rencontres. On essaie d’inviter des gens différents à chaque fois, des personnes qui ne se croiseraient pas forcément dans leurs clubs respectifs. Je dis ça, mais finalement c’est là où on se rend compte que Bordeaux est petit puisque la plus part du temps, les mecs se connaissent tous entre eux (rires).

12299347_764174117020868_2874602062079662303_nPour KAM Records, c’est un gros avantage puisque c’est un concept qui n’existe pas encore à Bordeaux. Certes, on peut se faire filmer en train de jouer en faisant appel à quelqu’un de spécialisé dans le domaine. Mais être filmé, retransmis et enregistré pour être diffusé en replay – encore une fois, gratuitement – ici, à Bordeaux… ça n’a jamais été fait.
Il y a déjà Boiler Room qui fait la même chose que nous. Le principe est le même. Cependant, ici, on fait jouer les connaissances ou les gens que l’on a envie de voir jouer, qu’ils soient connus ou non. C’est avant tout une partie de plaisir pour nous. Il faut aussi noter (encore) que Boiler Room n’est pas présent à Bordeaux.

Pour la petite histoire, il faut savoir que le projet avait été proposé à quelques clubs, mais il a été refusé, faute de moyens surement… Cependant, on est en pourparler avec une salle indépendante… Affaire à suivre de très près…

Pourquoi AddictivMusic.com ?

La rencontre avec AddictivMusic.com s’est faite en deux temps. D’abord l’interview réalisée l’année dernière sur tout mon parcours musical et, ensuite, l’émission faite cette année sur KAM Records.
Suite à ça, beaucoup de projets ont été imaginés… On en a discuté avec Alex (responsable d’AddictivMusic.com) et il était très enthousiaste. On s’est donc lancé comme on l’a toujours fait, sans vraiment savoir si les choses allaient fonctionner.

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La première KAM Room a été une réussite sur le plan musical, amical et de la découverte. La deuxième KAM Room… c’était bien plus que ça. On a vraiment sentit quelque chose d’important durant cette journée. On a donné le maximum et les résultats ont été concluants.
Pourquoi AddictivMusic.com ? Parce que Alex est quelqu’un qui bosse, il en veut et il connaît son boulot. C’est donc un plaisir de bosser avec lui. On s’entend bien, il est bon, il tient sept heures derrière son écran à gérer les caméras, le son et les invités… Voilà, tout est dit.

Les auditeurs sont-ils au rendez vous ?

Comme dit plus haut, la première a bien fonctionné. Les auditeurs étaient là. Pour la deuxième, on a eu 3 fois plus de monde qui nous ont regardé. Autant te dire qu’on est plus que satisfait. Les réactions ont été bonnes (que ce soit le bouche à oreille ou les réseaux sociaux) et le public était content.
Qui sait, la prochaine fois, les gens seront peut être plus devant leur PC que devant leur télé (rires).

Les artistes de Kam Records sont-ils emballés par ce projet ?

Demande ça à Stan, Charlotte, Julia et même Loïc et tu auras la réponse… (rires). Mais je peux te la donner : oui, ils le sont ! Ils sont vraiment contents de pouvoir se retrouver autour d’un thème qu’ils partagent tous. La KAM Room c’est aussi l’occasion de boire des coups et raconter des conneries avec tes potes, que tu mixes ou non. Si tu n’as pas l’occasion de les voir en semaine alors tu peux les retrouver chez moi le samedi, une fois par mois, c’est quand même sympa non ?

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A l’avenir, la Kam Room sera t-elle ouverte au public ?

C’est justement en projet ! On est maintenant en décembre, la KAM Room est mensuelle (sauf période de fête), on reprendra donc tout ça en janvier. La prochaine sera quelque peu différente. Le concept ne change pas, mais quelques paramètres vont évoluer : nouveaux horaires, temps de vidéos plus long, nouveaux artistes, nouveau lieu et donc ouvert au public ! Oui, en effet, la prochaine ne se déroulera pas chez moi mais dans la « cave » – oui, chez KAM Records on aime les caves (cf. soirées Under Loft et Under Garage) – d’un des artistes présent chez KAM. C’est une très bonne opportunité puisqu’on va pouvoir inviter plus de personnes, avoir une ambiance sonore encore plus poussée et peut être même une décoration différente à chaque fois… Encore une fois, affaire à suivre de très près parce que les places seront extrêmement limitées !

Le mot de la fin ?

Merci à Alex pour son travail énorme avant/après événement (on ne se rend peut être pas compte mais il y a beaucoup de boulot) et merci à son équipe qui bosse avec lui virtuellement (site, serveur, montage, mise en ligne des vidéos…). Son webmaster est quelqu’un de très bon.
Merci à ceux qui ont participé et à ceux qui vont participer, sans eux le projet n’aurait pas évolué. Encore une fois, restez connecté… L’année 2016 va être très décisive pour KAM Records (et Le Type sera le premier au rendez-vous ;)).

Merci à vous.

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LE TYPE : Merci pour ton implication Jack, ça nous fait plaisir de voir des artistes qui se bougent vraiment pour ce qu’ils aiment. Et bien sûr, on est heureux de partager tes rendez vous ;).

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[INTERVIEW] Marc Desse

dans MUSIQUE

Une soirée pop, pluvieuse et froide au Chicho, calée à la fin de l’été indien. C’est comme si la pluie bordelaise s’étais mise d’accord avec Marc Desse pour bien planter le décor de sa venue. En effet, cet « adopté » de Bordeaux Rock est plus cuir noir que paillettes, plus liqueurs brûlantes que lait-grenadine. Il délivre dans son album Nuit Noire un rock grinçant, faussement naïf, mais pas dénué de lumière.

Le Type est allé poser quelques questions à ce garçon clair/obscur, juste avant son concert. Un concert aux accents caniculaires, ibériques (les présents le savent) et salvateurs.

Question d’introduction, est-ce que tu as toujours voulu être musicien ou est-ce que tu as plutôt eu un déclic un beau jour, sans prévenir ?

J’ai eu un déclic assez tard en fait. J’avais fait de la musique quand j’étais petit, du piano. Je me suis servi d’un déménagement comme prétexte pour arrêter cette corvée du solfège. Ensuite, je suis parti vivre en Espagne et c’est plus tard, quand j’ai commencé la fac, vers 19-20 ans, que ça m’est venu. J’écrivais déjà des textes, j’étais un étudiant en lettres assez idéaliste et je rêvais d’écrire un bouquin. Mais en fait, j’ai adoré pouvoir mettre tout de suite mes textes en musique. J’ai jamais vraiment pensé à faire de la musique mais une fois que tu es lancé et que ça fait longtemps que tu fais ça, tu te vois pas faire autre chose.

Ok et comment s’est construit ton album ? Tu l’as fait seul ou en groupe ?

Tout seul. Je ne pensais pas être capable de faire tout un album. En fait, comme je faisais tout, tout seul, j’arrivais pas à trouver une cohérence entre les morceaux le temps de les produire. Mais pour cet album, je me suis vraiment lancé comme un devoir de le finir.

Mais c’était pas une corvée quand même ?

Non c’était pas une corvée, j’ai adoré ça. J’ai juste rarement été autant vraiment dans la musique, à penser à toutes les parties, à chaque instrument… J’y pensais jour et nuit à cet album, comme tout projet que tu élabores et construis en fait. Je faisais ça quand je pouvais, souvent le soir. Et je suis allé très vite, ce qui fait que j’ai réussi à avoir cette cohérence que je cherchais à obtenir. Quitte à laisser des imperfections.

Tu dis que tu as travaillé sur cet album surtout la nuit. C’est vrai qu’on sent sur tes chansons une ambiance nocturne bien particulière.

Ouais, même pour les voix, je chantais assez bas, j’essayais de pas faire trop de bruit… C’est vrai que je pouvais travailler sur les chansons le jour mais quand c’était le cas elles me plaisaient moins.

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En ce moment, j’ai l’impression que la scène française s’inspire beaucoup de la pop des années 80 type Daho ou Taxi Girl. Je pense notamment à La Femme, Lescop… Tu te reconnais là-dedans ?

C’est tous des potes. Après, musicalement, on a plein de choses en commun, on est de la même génération de musiciens…

Et tu penses pas qu’on assiste à une sorte d’émulation vu que tous ces projets arrivent à maturité presque en même temps ? 

Ouais enfin ça fait un petit moment je trouve qu’il y a cette émulation. Mais c’est vrai qu’avant, quand je jouais dans un autre groupe, c’était impossible de trouver un plateau de groupes qui chantaient en français. La Femme est arrivé après, il y avait déjà Mustang… Ça a fait réaliser à d’autres groupes qu’ils pouvaient y aller. Après, des groupes qui restent originaux et qui ont de la personnalité, pour moi, il n’y en a pas tant que ça. C’est vrai qu’on a appelé ça « le renouveau 80’s » mais pour moi c’est pas que ça. C’était peut-être un moyen justement pour chaque groupe de trouver son style propre.

Au niveau de tes clips et de tes visuels, c’est toujours très soigné. Est-ce que tu es directif pour ça, notamment avec les personnes avec qui tu travailles ?

Ça se fait au feeling, mais je sais ce que je veux. Pour les clips, ça a surtout été des rencontres à des soirées, comme avec Maéva Pensivy avec qui j’ai collaboré sur trois clips, dont « Ma Fiancée ». Pour le clip de « Griffith Park », j’avais rencontré un brésilien à Paris à qui j’ai proposé de réaliser le clip sur un coup de tête. Et à part pour ce clip où j’avais déjà une idée bien précise de ce que je voulais, tous les clips ont été conçus par les réalisateurs. Je leur ai laissé carte blanche.

C’est Hedi Slimane en personne qui a signé la pochette de ton EP. Comment ça s’est passé ?

C’était très chouette, un moment inoubliable. En fait, j’étais invité aux défilés Saint Laurent depuis presque deux ans, et puis on s’est présentés. On a déjeuné ensemble et ça s’est très bien passé. Et c’était sans savoir qu’on allait travailler ensemble un jour. Ça a vraiment été d’abord un ami. Je le vois comme un vrai mélomane avide de nouveautés.

Après il y a eu la fameuse campagne avec plusieurs groupes français.

Oui, exact. C’est venu après. Il invitait de plus en plus de groupes à ses défilés et un jour il nous a parlé de ce projet. C’était vraiment génial de tous se retrouver à Los Angeles pour ça.

Pour finir, j’aimerai te poser quelques questions par rapport à la nuit, thème central de ton album comme tu le disais. S’il y a un titre que tu peux écouter toute une nuit en boucle ?

Je vais te dire le titre que j’écoute le plus en ce moment : « Two weeks » par The Proper Ornaments. Ces derniers temps je l’ai vraiment beaucoup écouté. Après il y en a plein d’autres, c’est difficile…

Une personne avec qui parler toute la nuit ? Tu as le droit de ressusciter les morts.

Serge Gainsbourg. Ça pourrait être vraiment pas mal.

Plutôt lever ou coucher de soleil ?

Lever !

Et la meilleure ville la nuit ?

Hum… Écoutes, là tout de suite, j’ai envie de dire Bordeaux !

Je le note mais t’es pas obligé.

Je sais pas, il y a plein de villes que j’aime. Paris, Lisbonne, Los Angeles, Detroit – même si c’est un peu glauque, Madrid… Ouais allez on va dire Madrid !


Marc Desse est sur Facebook, Twitter et Instagram.

Photos : Miléna Delorme

[INTERVIEW] Bagarre

dans MUSIQUE

Master Clap, La Bête, Mus, Loup et Emmaï Dee sont les 5 membres du groupe Bagarre. En septembre dernier ils ont sorti leur deuxième EP, Musique de club, qui succède à Bonsoir nous sommes Bagarre. Et c’est un retour particulièrement remarqué. 

Bagarre compose une musique qui s’apparente à une sorte de chimère musicale aux multiples facettes. Ils sillonnent à travers plusieurs styles différents et peuvent aussi bien mélanger des éléments de la techno ou de la house avec des teintes hip-hop. Ils accompagnent le tout de textes finement écrits dans la langue de Molière. Et c’est cet éclectisme qui donne à leurs titres un aspect assez original, et ça marche très bien !

Le Type a donc voulu en savoir un peu plus à leur sujet, et les membres de Bagarre ont sympathiquement accepté de répondre à ses questions.


Ouvrons le bal avec une question qui doit être redondante mais quelle est l’origine de Bagarre ? D’où vient ce nom ?

C’est une excellente question, on se la pose encore.

Dernièrement vous avez fait sold out au Badaboum pour votre Release Party. Cette soirée devait être folle, on peut en avoir un retour ?

Oui c’était assez fou, c’était la première fois qu’on faisait un concert en notre nom vraiment sur Paris, et tous les tickets sont partis vite, on en revenait pas… Ce qui était vraiment important à nos yeux c’était de faire une soirée à notre image et donc de s’associer avec des gens qu’on aime, qui nous inspirent. Le collectif Fils de Vénus s’est chargé d’organiser cet événement et on a fait la programmation ensemble : Volcan, un très bon artiste électro assez dark, puis le crew de vogging House of Mizrahi avec un mix de Betty. Deux shows hyper différents mais avec cette idée que la nuit doit être festive, hargneuse, forte. On a créé notre petit club pour les gens ce soir-là.

D’où vous est venue l’idée de l’EP Musique de Club d’ailleurs ? Vous avez eu des sources d’inspirations particulières ? Et c’est quoi exactement de la « musique de club » ?

Le terme « musique de club » est une façon de rester très libre, très ouvert. Le « club » est un synonyme pour nous d’espace de liberté, ou de transgression, c’est un endroit où peut tout se permettre. Avec internet on peut aujourd’hui aller écouter de la musique du monde entier, et la digérer. On est allé chercher de la bounce de la Nouvelle-Orléans, des rim dim jamaïcains, de la musique traditionnelle libanaise. Les textes en Français, notre langue de tous les jours, sont venus naturellement, on s’est bien sûr adapté aux styles de musiques orales qui nous on inspiré pour retrouver du naturel, et incarner ces textes.

Et si Bagarre avait été un film, qu’est-ce que ce serait ?

End of the century, le documentaire sur les Ramones. On l’a regardé ensemble d’ailleurs en tournée. Ce sont des perdants magnifiques, et leur pugnacité est incroyable.

Après deux EP, est-ce que le dessein d’un futur album est a entrevoir ?

Nous allons continuer à sortir des morceaux en one shot, plusieurs singles clipés… et derrière faire un album dans l’année, progressivement.

Plantage de décor : vous êtes en studio, vous ne pouvez faire qu’une seule et unique collaboration, qui choisissez-vous?

Big Freedia.

Maintenant c’est quoi la suite de vos aventures?

Tourner, et continuer à écrire.

Pour conclure, quelle garniture de pizza représenterait le mieux Bagarre ?

Chévre, miel.

Le Type remercie bien chaudement Bagarre de lui avoir accordé un peu de leur temps.

Vous pouvez les retrouver et suivre tout leurs infos sur les réseaux sociaux , ici, ou .

Et si vous êtes dans le coin, il sont aussi en concert le 12 décembre au Théâtre des Miroirs à la Glacerie, une commune de Basse-Normandie.


Le bonus:

Pour ceux qui ont l’ouïe fine, Le Type offre une chocolatine à la personne qui arrivera à trouver la track qu’a revisité Bagarre dans ce titre…

 

2×1 places : My Tasty Techno @ Bootleg 03/12

dans MUSIQUE

Jeudi 3 décembre, les soirées My Tasty Techno reprennent du service au Bootleg, et le Type a des places à offrir. 

Le froid est là. Ton corps et ton esprit ont besoin de chaleur. Pour ce faire, KAM Records va t’insuffler suffisamment de chaleur pour supporter l’hiver. Viens agiter tes sucreries sous l’œil bienveillant de Jack Stricker, véritable amoureux de la techno : il a (croyez-moi) les moyens de vous faire fondre. Garde ton corps en mouvement, STAN risque fort ne pas te ménager. Passionné de house music, ses sets ont un petit goût « old school » pour notre plus grand plaisir. Entre rythmiques énervées et passionnelles, l’écurie KAM Records prendra soin de nos petits êtres frigorifiés. Plus on est nombreux, plus on aura chaud : le Type étant sympa, il t’invite.

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Où bien manger le midi à Bordeaux (et pas cher) ? #02

dans DIVAGATIONS LOCALES

A l’heure de la pause déj, le casse-tête est souvent de taille pour trouver une jolie adresse, peu onéreuse et surtout goûteuse. Le Type est serviable et te propose 2 nouvelles gargotes dans l’hyper centre de Bordeaux.

By Popote

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L’ambiance ?

Indus, lumineuse et soignée. En revanche, le restaurant n’est vraiment pas grand. Mieux vaut prendre à emporter ou opter pour la terrasse.

Qu’est ce qu’on y mange ?

Au choix : des english muffins, salades, woks… Les plats du jour changent en fonction des saisons et de l’inspiration d’Ingrid, la patronne. Avec ou sans viande, il est difficile de ne pas trouver son petit plat vu le choix. Les gros appétits seront aussi contentés avec une formule spéciale grande faim !

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A ne pas louper : les cookies qui sont la grande spécialité de la maison. Mention spéciale pour ceux à la fleur d’oranger <3

Pour qui ?

Pour ceux qui cherchent une pause déjeuner avec des saveurs qui changent et des gros cookies un peu foufous.

Et l’addition ?

7 – 10€.

C’est où ?

33, rue des Pilliers de Tutelle.


 Salt & Pepper

Salt & Pepper

L’ambiance ?

Régressive et chaleureuse. La patronne donne tout pour mettre à l’aise et renseigner sur sa carte. Et cerise sur le gâteau, la playlist est cool (The Smiths inside).

Qu’est ce qu’on y mange ?

Des salades, des pâtes farcies ou non, des tartines gargantuesques… Côté desserts, le côté régressif, voire enfantin, est parfaitement assumé avec notamment le tiramisu au Nutella.

Salt & Pepper

Pour qui ?

Pour les (très) grosses faims et les fans de bonnes pâtes au goût maison.

Et l’addition ?

10 – 14€.

C’est où ?

42, rue des Trois Conils.


Pour lire le premier numéro de cette série, rendez-vous ici. 

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