Promenons nous dans les bois

dans DIVAGATIONS LOCALES

C’est fou ce qu’on peut trouver comme petites pépites à Bordeaux quand on ne reste pas scotché aux musées, et qu’on fouille un peu, qu’on se perd et qu’on ose aller là où nous ne serions jamais allé. Plus que de simples photos, c’est dans un univers à part que Champignon au Champagne nous a invité le 23 juin à Bordeaux.

Elle ne pose pas de questions, n’interroge rien ni personne. De toute façon elle n’aime pas les mots. Elle préfère ressentir et faire ressentir à travers des images. Son travail n’est que sentiments et émotions, sensations. Très inspirée par la poésie noire et par des personnes tel que David Lynch et Michel Leiris (son nom vient d’un de ses poèmes) elle reproduit des images qu’elle a vu. Où ? En rêve. Pour elle dormir, c’est travailler. Elle se base sur ses propres visions. En entrant dans cet espace qu’elle a habité le temps d’une soirée, on ne pouvait donc pas être plus proche de son monde. Elle nous le livre dans l’intimité d’une lumière sombre, tamisée, avec une douce violence.

Ses amis sont là. Son travail c’est aussi avant tout une histoire de personnes, de rencontres, de hasard et de destin. Ils sont tous là, ces modèles d’un jour, prêts à faire de cette soirée un moment à part. Beaucoup portent des costumes et servent de chevalet aux photos. L’artiste aime perturber l’œil, elle installe donc ses photos de manière peu conventionnelle.

Mais l’univers de Champignon au Champagne ne se résume pas à des photos. Ce soir là performance des danseurs d’impro Mathieu Grenier & Julie Oosthoek, musique et réalisation de son amie Fauste, artiste polymorphe, sont aussi de la partie. Le film « Tideland » de Terry Gilliam passe sans son pour se mêler à la perfection aux musiques choisies avec soin par Champignon au Champagne et Frau Marine Bernhard & Herr Quentin Gendrot qui occupent une partie de la soirée avec leur propre création musicale.
Une légère brume plane, de la mousse et des branches entourent les sculptures et agrémentent les coiffes des modèles (réalisées par Jane Brizard). Pendant une soirée, au cœur de Bordeaux, Le Type s’est retrouvé en pleine forêt.

Pour une première expo, c’est une réussite. L’artiste n’aime pas « exposer pour rien » et voulait marquer le coup. Elle a choisi le 23 juin car a eu 23 ans et est née un 23. Champignon au Champagne, c’est aussi ça, un jeu avec tout. Une innocente douceur mêlée à une poétique douleur.

Chez le Type, on attend sa prochaine exposition avec impatience.

Crédits photos : Artmony

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